Skip to main content

Full text of "Espagne et Portugal"

See other formats


vc3*.u:A^ vt:iocîV o^-K^A. 



r> 



UNIVERSTTY OF TORONTO LIBRARY 
Référence Department 



ESPAGNE 

ET 

PORTUGAL 



KSPAGNH: LT POUTUCiAL 



LES GUIDES BLEUS 



ESPAGNE 

ET 

PORTUGAL 



PUBLIE SOUS LA DIRECTION DE 

MARCEL MONMARCHÉ 

Avec des aperçus historiques 
sur les ''^ Arts en Espagne " et en '■'Portugal ^ 

par EMILE BERTAUX 



34 CARTES KT 65 PLANS 



EDITION DE 1916 



LIBRAIRIE HACHETTE 

79, fid SAINT-GERMAIN, PARIS 



TOUS DROITS RESERVES 



AVIS TRES IMPORTANT 



Le Guide décrit nécessairement les itinéraires dans un sens 
déterminé; il choisit^ autant que possible, le sens correspondant 
au plus grand courant de voyageurs. 

Le touriste qui parcourra une route dans le sens contraire à 
la description, devra se rappeler que les indications relatives à 
la droite ou à la gauche, aux montées ou aux descentes, doivent 
être inversées. 




Toutes les mentions et recommandations contenues dans 
le texte des Guides Bleus sont entièrement gratuites. 



Cette nouvelle édition du guide Espagne et Portugal a été entiè* 
rement refondue sur un plan tout nouveau. 

Tout en continuant à suivre pour notre description générale les 
lignes de chemin de fer, nous avons ajouté, en tête de chaque 
itinéraire, des indications précises pour le voyage par la route. 
Enfin, nous avons fait dessiner et graver pour cette édition 24 carte» 
et 13 plans nouveaux. 

De précieux concours ont bien voulu se grouper autour de cette 
œuvre collective : M. Emile Bertaux, professeur à la Sorbonne, a 
bien voulu revoir toute la partie artistique de l'ouvrage et écrire 
deux précieux aperçus sur Les Arts en Espagne et Les Arts en Portugal, 

MM. Charles Dugas et Albert Mousset, tous les deux membres de 
l'Institut français de Madrid, Marcel Chevalier^ chargé de mission 
scientifique en Catalogne, Ed, Haraucourt, conservateur du musée 
de Cluny, le commandant Rabanis, nous ont également apporté d'im- 
portantes contributions. Enfin mon collaborateur, M. Gaston Beau- 
vais a coordonné tous ces mater iaux et mis en œuvre l'ensemble du 
guide. Que tous trouvent ici l'expression de notre sincère gratitude. 

Nous espérons que le lecteur bienveillant, au lieu d'exercer sur 
notre efl"ort une critique stérile, voudra bien l'encourager et y 
contribuer lui-même en nous envoyant ses observations, en nous 
signalant les erreurs ou les omissions qu'il aurait pu relever, et 
nous l'en remercions à l'avance. 

Marcel Monmarché, 
Directeur des Guides Bleus, 

P.-S, — Nous nous excusons auprès de nos lecteurs de ne pouvoir 
leur offrir encore actuellement qu'une réimpression de l'édition de 
i916. Les difficultés présentes ne nous ont pas permis de préparer 
une nouvelle édition entièrement mise à jour. En atteidant que 
cette refonte nous soit possible nous avons cru de notre devoir de 
ne pas laisser manquer un guide dont toute la partie descriptive, 
géographique, historique et archéologique garde sa valeur et qui 
peut encore rendre de grands services au voyageur à condition que 
celui-ci veuille bien noter avec indulgence que les renseignements 
d'ordre pratique datent de 1916. 

M. M. 
1'' Janvier 1921. 



* Les principales curiosités sont signalées par une astérisque. 
♦* Deux astérisques indiquent une curiosité de tout premier ordre. 



ait altitude. 

àsc ascenseur. 

aub.. auberge. 

c centimes. 

cap capitale. 

cent centimètres. 

ch chambre. 

chap chapelle. 

chautf chauffage central. 

ch.-l chef-lieu. 

ch. de fer. . chemin de fer. 

chev chevaux. 

cl classe. 

commenc... commencement. 

corresp correspondance. 

déj déjeuner. 

dep depuis. 

dilig diligence. 

dim dimanche. 

dîn dîner. 

dr droite. 

E est. 

embranch... embranchement. 

env environ. 

fr franc. 

g gauche. 

gar garage. 

h heure. 

hab habitants. 

haut hauteur. 

hôt hôtel. 

int intérieur. 

j jour. 

k kilomètres. 



kilog kilogrammes. 

mat matin. 

m mètres. 

min minutes. 

N nord. 

O ouest. 

P page. 

p peseta. 

pens pension 

pers personne. 

PI plan. 

pi place, plaza. 

prov province. 

R route. 

r reis. 

rest restaurant. 

s soir, siècle. 

S sud. 

St Saint. 

Ste Sainte. 

t. 1. j. tous les jours. 

V. voir. 

voit voitures. 

vol volumes. 

•{- mort. 

jlgg^ tramway, 

(D buffet. 

X bifurcation. 

^^ chemin de fer. 

^T route de voitures. 

^^ service automobile. 

J^ bateau à vapeur. 

\^ chambre noire. 



TABLE MÉTHODIQUE 



Préface v 

Abréviations et signes vi 

Table méthodique vu 

Renseignements généraux , xv 

Époque DU voyage, climat, xv. — Plan de voyage, xvi. 

— Principaiks curiosités monumentales, XIX. — Prin- 
cipales CURIOSITÉS naturelles, XXI. — BUDGET DE VOYAGE, 

XXII. — Passeport, bagages, douane, xxiii. — Langue, 
XXIV. — Monnaies, change, xxiv. — Moyens de trans- 
port, chemins de fer, bateaux a vapeur, XXV ; Voyages 
A prix réduits, billets circulaires a itinéraires fixes 

ou FACULTATIFS, XXVII ; COMPAGNIE DES WaGONS-LiTS, 
agences de VOYAGES, XXX. — GyCLISME ET AUTOMOBILISME, 

XXX. — Poste et télégraphe, xxxv. — Hôtels, restau- 
rants, CAFÉS, xxxv. — Tabacs, xxxvii. — Visite des édi- 
fices, xxxvii. — Relations avec les Espagnols, xxxviii. 

— Spectacles, courses de taureaux, xxxviii; Jeu de 
PAUME a la Basque ou jeu de pelote, xl; Ferias, pro- 
cessions xli 

Explication de quelques termes xlii 

Histoire sommaire de TEspagne xliu 

Aperçu historique sur les arts en Espagne lvii 

Index Alphabétique, à la Un du volume 521 



ESPAGNE 

ROUTES PRÉLIMINAIRES 

De Paris à Barcelone 

r Par Orléans, Limoges, Brive, Montauban, Toulouse, 

Narbonne et Port-Bou, 1. 
2° Par Lyon, Tarascon, Cette, Narbonne, Perpignan et 
Port-Bou, 3. 

De Paris à Madrid 

De Paris a Irun, 6. 

D'Irun a Madrid, 8. . ■ ^ 



VIII TABLE MÉTHODIQUE. 

ROUTES DE LA PREMIÈRE SECTION 
CATALOGNE. — BALÉARES. — ARAGON. — NAVARRE. 

t . De Perpignan à Barcelone 9" 

/4. Par Cerbère, Port-Bou, Gérone 9 

De Figueras à Olot, 11 ; — De Figueras à Rosas, 11 ; — 
DeSanJordi aux ruines d'Ampurias, 11 ; — DeFlassa 
à Palamos, 11 ; — De Gérone à San Féliu de Guixols, 
14; — De Gérone à Olot, 14; — D'Empalme à Bar- 
celone par la ligne du littoral, 15. 

B. Par la route internationale du Perthus 17 

C. Par la Cerdagne, 19 

2. De Toulouse à Barcelone par Ax-les-Thermes, Puigcerda 

et Ripoll 20 

r De Toulouse a Ax-les-Thermes 20 

2° D' Ax-les-Thermes a Puigcerda 21 

De Puigcerda à la Seo de Urgel, 23; — De la Seo 
de Urgel à Andorre, 23; à Galaf, 23. 

3° De Puigcerda a Barcelone 24 

De Ripoll à San Juan de las Abadesas, 25; — De 
San Juan à Olot, 25; à Gamprodon, 25. 

3. Barcelone et ses environs 26 

Le Montjuich, 44 ; — Sarria, Pedralbes, Vallvidrera, 45 ; 
— Le Tibidabo, 45; — La Rabassada, 46. 

4. De Barcelone au Montserrat 46 

A. Par le chemin de fer 46 

B, Par la route , 48 

5. Les Iles Baléares 52 

1° Majorque 54 

DePalmaà Miramar, par Valldemosa, Deya, Soller, 

Aufabia et Raxa, 60; — Grottes du Pirata, du 

Drach et d'Arta, 62; — Cabrera, 64. 

2° Minorque * 64 

3° Iviza 65 

6. De Barcelone à Tarragone et à Valence 65 

1** De Barcelone a Tarragone 65 

A. Par la ligne du littoral 65 

B. Par la ligne de Vintérieur 67 

Tarragone, 68; — De Tarragone à Lerida, par Reus, 

73; — Monastère de Poblet, 73. 
2° De Tarragone a Valence 74 

7. De Barcelone à Saragosse 77 

A. Par Reus et Caspe ", 77 

De Roda à Picamoixons, 77; Monastère des San tasCreus. 77 

B. Par Manresa et Lérida 79 

De Manresa à Cardona et à la montagne de sel, 80; — 



TABLE MÉTHODIQUE. IX 

De Manresa à Guardiola, 80; — De Lerida à la Seo 
de Urgel, 82; — Monastère de Sijena, 83. 

8. De Pau à Saragosse 83 

r De Pau a Jaca 83 

A. Par Oloron, Urdos et le Somport 83 

B. Par Laruns, Eaux-Chaudes et Panticosa 85 

2° De Jaca a Saragosse par Huesca 88 

9. De Bayonne à Pampelune et à Saragosse 89 

1° De Bayonne a Pampelune 89 

A. Par Saint-Sébastien 89 

B. Par Elizondo 90 

C. Par Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux 92 

2" De Pampelune a Saragosse 97 

De Tudela a Tarazona, 97; — De Gortesà Borja, 98. 

\ Saragosse 98 

De Saragosse à Carinena,105;àUtrillas-Montalban, 105. 

11. De Saragosse à Madrid 106 

De Calatavud à Valence, 107 ; — Monastère de Piedra, 
107; — DeTorralbaà Soria, 108. 



ROUTES DE LA DEUXIEME SECTION 

PROVINCES BASQUES. — VIEILLE -CASTILLE. 

12. De Biarritz à Saint- Sébastien 111 

A, Par le chemin de fer 111 

D'Irun à Fontarabie, 112. 

B. Par la route 114 

13. Saint-Sébastien et ses environs 116 

Pasajes, Lezo et Renteria, 127; — Fontarabie, 128; 

— Hernani, 129; — Tolosa, 130; — Elizondo, 130; — 
Zarauz et Guetaria, 131 ; Saint-Ignace-de-Loyola, 132. 

14. De Saint-Sébastien à Bilbao 134 

De Deva à Ondarroa et Lequeitio, 136 ; — Bilbao, 138 ; 

— Portuçalete, Puente Vizcaya, Las Arenas. 143; 

— De Bilbao à Lezama, 144; — De Bilbao à Valma- 
seda et à la Robla, 144. 

15. De Bilbao à Santander 145 

1° Par le chemin de fer 1 45 

Santona, 145. 
2° Par la route 146 

Santander, 147; — De Santander à Sardinero, 150; 
à Soiares, 150; à Ontaneda, 150; à Oviedo, 151. 

1 G. De Saint-Sébastien à Burgos 1 52 

De Zumarraga à Bilbao par Malzaga, 153 j — Burgos, 
156; — Environs de Burgos, 165. 



X TABLE MÉTHODIQUE. 

17 . De Bilbao à Saragosse 1 67 

18. De Burgos à Valladolid et à Médina del Gampo 171 

De Venta de Bafios à Santander, 170; — Valla- 
dolid, 173; — De Valladolid à Rio Seco, Palan- 
quinos, Villada, 176; — à Ariza, 177. 

19. De Médina del Campo à Madrid 1 77 

A. Par Avila , . . . 177 

B, Par Ségovie 183 

La Granja, 188. 

ROUTES DE LA TROISIÈME SECTION 
LÉON. — ASTURIES. — GALICE. 

20. De Venta de Bafios à Leôn, Oviedo et Gijon 193 

De Soto de Rey à Giano, 202 ; — Trubia, Govadonga, 206. 

21. De Venta de Bafios à la Corogne, Vigo et Saint-Jacques 

de Compostelle 208 

1** De Venta de Banos a Monforte 208 

2" De Monforte a la Gorogne 211 

De Betanzos au Ferrol, 211; — de la Gorogne à 
Saint-Jacques de Gompostelle, 214. 

3* De Monforte a Vigo 214 

4** De Vigo a Pontevedra et a Saint-Jacques de 

Gompostelle 216 

22. De Médina del Campo à Zamora 222 

23. De Médina del Campo à Salamanque 223 

De Salamanque à Astorga, par Zamora, 229. ' 



ROUTES DE LA QUATRIEME SECTION 
NOUVELLE-CASTILLE. — ESTREMADURE. 

24. Madrid et ses environs 230 

Le Pardo, 266; — L'Escorial, 267; — Aranjuez, 274; 
— De Madrid à Golmenar, 277; — à Almorox, 277. 

25. De Madrid à Tolède , 277 

A, Par la ligne directe 277 

B. Par Aranjuez et Castillejo 278 

D'Aranjuez à Guenca, 278; — Tolède, 279. 

26. De Madrid à Caceres 294 

Yuste, 295; — De Plasencia-Empalme à Salamanque, 
296; — De Gaceres à Merida, 297; à Trujillo, 297. 

27. De Madrid à Badajoz 298 

De Merida à Séville par Zafra, 302; de Zafra à 
Huelva, 302. 



TABLE MÉTHODIQUE. XI 

ROUTES DE LA CINQUIÈME SECTION 

ANDALOUSIE. — MURCIE. — VALENCE. 

28. De Madrid à Cordoue 305 

De iManzanares à Giudad Real, 306; — De Valde- 
penas à Puertollano, 306 ; — De Vadollano à Linares 
et à Espeluy, 307 ; — Cordoue, 308 ; — De Cordoue à 
Almorchôn, 315; à Marchena, 315. 

29. De Madrid à Séville 316 

De Guadajoz à Carmona, 317. 

30. Séville 318 

De Séville à Carmona, 340; à Cadix par le Guadal- 
quivir, 341; à Huelva, 341. 

3 1 . De Séville à Cadix, par Jerez 343 

32. De Séville à Grenade 352 

De Loja à Alhama de Grenade, 354. 

33. De Cordoue à Algeciras et à Gibraltar 354 

1° De Cordguiî: a Bobadilla 355 

2° De Bobadilla a Algeciras par Ronda 356 

3* D'Algeciras a Gibraltar 361 

34. De Gibraltar à Tanger et à Cadix 365 

1° De Gibraltar a Tanger 365 

2° De Tanger a Cadix 369 

35. De Madrid à Malaga 370 

A. Par Cordoue 370 

B. Par Jaén 371 

De Jaén à Grenade, 372; — De Malaga à Velez-Malaga 

et Vifmela, 376; à Coin, 376. 

36. De Madrid à Grenade 377 

A. Par el Arquillo et Moreda 377 

D'el Arquillo à Baeza et Ubeda, 377; — de Moreda à 

Almeria par Guadix, 378. 

B, Par Cordoue 378 

37. Grenade et ses environs 379 

Environs, 403; — Lanjaron, 403; — Motril, 404. 

38. De Grenade à Murcie, par Guadix, Baza et Lorca 404 

39. De Madrid à Murcie et à Cartagène 406 

40. De Madrid à Alicante 416 

De Villena à Jumilla, 416; à Agrès, 416; — d'Alicante 
à Dénia, 420. 

41 . D Alicante à Murcie, par Elche 420 

D'Albatera-Catral à Torrevieja, 422. 



Xn TABLE MÉTHODIQUE. 

42. De Madrid à Valence 423 

De Jativa à Alcoy, 425; — De Garcagente à Dénia, 
425; — Environs de Valence, 436. 



PORTUGAL 

Renseignements généraux 443 

Histoire sommaire du Portugal 448 

Les Arts en Portugal 451 

43. De Paris à Lisbonne 461 

De Villar Formoso a Lisbonne ' 452 

De Guarda à Abrantes, 462; ■— Vizeu, 403; — Le 
Bussaco, 463. 

44. De Madrid à Lisbonne 4(54 

A. Par Valencia de Alcantara 454 

B. Par Badajoz 465 

45. Lisbonne et ses environs 466 

Gascaes, 481 ; — Lumiar et Odivellas, 482; — Ajuda, 
483; — Cacilhas, Barréro, 483; — Belem, 484; -> 
Gintra, 486; — Ghâteau de la Pena, 488; — Gol- 
lares, 489. 

46. De Lisbonne à Evora 490 

De Pinhal Novo à Setubal, 490; — D'Evora à Villa- 
Viçosa, 494; à Mora, 494. 

47. De Lisbonne à Faro et à Villareal de Sào Antonio 494 

De Beja à Moura, 494; — De Tunes à Portimao, 495; 
— De Portimao au cap Saint-Vincent, 495. 

48. De Lisbonne à Porto 496 

A. Par Santarem et Coïmbre 496 

Thomar, 497 ; — De Goimbre à Lousa, 503. 

B, Par Torres Vedras et Leiria 504 

49. De Vallado à Leiria par Alcobaça et Batalha 506 

50. Porto et ses environs 510 

51 . De Porto à Salamanque et Irun 516 

De Regoa à Lamego, 516; — à Villa Real, Pedras 
Salgadas et Vidago, 516; — De Tua à Bragança, 
517. 

52. De Porto à Valença de Minho et à Guillarey 518 

De Trofa à Guimaraes et Fafe, 518; — De Famalicao 
à Porto, par Povoa de Varzim, 518; — De Nine à 
Braffa, 518. 



CARTES ET PLANS 



CARTES 

1. Carte générale de l'Espagne et du Portugal, dans la 
pochette à la fin du volume 

2. Carte-index des routes du guide 1 

3 à 8. Cartes des billets d'excursions en Espagne xxix 

9. Routes d'accès de France en Espagne . . * xxxi 

10. Catalogne 9 

11. De Perpignan à Puigcerda, profil 19 

12-13. D'Aix-les-Thermes à Puigcerda, profils 21-22 

14. Le Montserrat 46 

15. Majorque 55 

16. Minorque ». 64 

17. Iviza 65 

18-19. De Pau à Jaca, profil, p. 84; carte 86 

20. De Bayonne et Saint-Sébastien à Pampelune 90 

21. De Saint-Sébastien à Pasajes 126 

22. De Saint-Sébastien à Bilbao . 135 

23. Rampe d'Orduna 168 

24. Rampe de Barcena 172 

25. Descente du col de Pajares 201 

26. Descente de la Granja. 210 

27. Baie de Cadix 348 

28 à 33. Cartes des billets d'excursions en Portugal. . 444 et 445 

34. Cap Saint-Vincent , 495 



PLANS 



1. Alicante 418 

2. Avila 179 

3. Badajoz 304 

4. Barcelone (centre de la 

ville) 32 

5. — (plan d'ensemble). 42 
0. — (cathédrale) ... 37 

7. Batalha (monastère de). 508 

8. Bilbao 140 

9. Burgos 156 

10. — (cathédrale) ... 161 



11. Cadix 350 

12. Cartagène 414 

13. — (Baie de) ... . 415 

14. Coimbre 501 

15. Cordoue 309 

16. — (cathédrale-mos- 

quée) 312 

17. L'Escorial. ...... 270 

18. Gibraltar 363 

19. Gijôn 207 

20. La Granja 190 



XIV 



CARTES ET PLANS. 



21. Grenade 

22. — (cathédrale). . . 

23. — (Alhambra et Gé- 

néralife) .... 

24. — (palais de TAlca- 

zar) 

25. Jerez 

26. Leôn 

27. — (cathédrale) . . . 

28. Lisbonne (centre de la 

ville) 

29. — (plan d'ensemble) 

30. — (Environs de) . . 

31. Madrid (centre de la 

ville) 

32. _ (plan d'ensemble) 

33. — (Armeria) .... 

34. -— (Musée de peintu- 

re etde sculpture: 
rez-de-chaussée) . 

35. _ (Musée de peintu- 

re et de sculpture: 
étage principal). 

36. — (Musée de pein- 

ture et de sculp- 
ture : étage supé- 
rieur) 

37. —- (Musée archéolo- 

gique : rez-de- 
chaussée) .... 



382 

385 

391 

397 
345 
196 
198 

470 

480 
488 

236 
244 
249 



253 



254 



259 



262 65. 



Madrid (Musée archéolo- 
gique : 1«' étage). 264 

Malaga 374 

Merida 301 

Murcie ........ 409 

Oviedo 204 

Palma 57 

Pampelune 95 

Porto .510 

— (Environs de) . . 515 

Ronda 357 

Sagunto 437 

Saint-Sébastien .... 122 

Salamanque 225 

Santander 143 

Santiago 218 

— (cathédrale) ... 220 

Saragosse loo 

Ségovie 185 

Séville 322 

— (cathédrale) ... 327 

Tanger 366 

Tarragone 71 

Thomar (monastère de). 498 

Tolède 282 

— (cathédrale) ... 285 
Valence 428 

— (Musée de pein- 
ture) 433 

Valladolid 174 



RENSEIGNEMENTS GENERAUX 



Époque du voyage. Climat. 

A ne considérer que sa latitude, comme le font a priori trop de 
touristes, TEspagne est un pays méridional, méditerranéen, donc 
chaud et presque africain. Tel est bien, en effet, le climat qui y 
règne dans les plaines, notamment sur le littoral de la Méditerranée 
et en Andalousie : l'hiver y est à peine connu, le printemps y com- 
mence dès février et la moyenne isothermique de Tannée s'y élève 
à 20^ 

Mais il faut bien se garder d'étendre ces notions à l'ensemble de 
la péninsule, qui offre de violents contrastes au point de vue du 
climat comme dans ses paysages. Les hauts plateaux de Tintérieur 
connaissent un des régimes les plus rudes de l'Europe, tout en 
extrêmes : hivers longs et rudes, étés courts et brûlants, insuppor- 
tables quand souffle le solano ou vent du Sud. Un proverbe castillan 
définit le climat de Madrid : 9 meses de inmerno, 3 meses de injierno 
(9 mois d'hiver, 3 mois d'enfer) ; le thermomètre y descend jusqu'à 
— 10" en hiver et s'élève au-dessus de 40° (à l'ombre) en été. Et 
l'on y observe non seulement d'énormes variations entre Ie.« saisons 
extrêmes mais encore de brusques oscillations journalières du 
thermomètre. Au coucher du soleil et pendant la nuit, surtout au 
printemps et en automne, « tombe » une fraîcheur extraordinaire. 
Très souvent le soir, à Madrid, l'air est glacial après une belle 
journée. 

ba moyenne se rétablit quand des hauts plateaux de Castille et 
de Leôn on aborde la région des Pyrénées cantabriques et le char- 
mant littoral de la Biscaye, des Asturies et de la Galice baigné par 
l'Océan. Là, si le climat est assez pluvieux, il reste doux en été 
comme en hiver; c'est le régime de notre pays basque (Gambo, 
Biarritz, Saint-Jean-de-Luz), où la saison hivernale est presque 
aussi recherchée que la saison estivale et balnéaire. 

De ces conditions climatériques très variables, il résulte que la 
meilleure époque pour un voyage d'ensemble à travers toute la 
péninsule est le printemps, de la seconde moitié de mars à la fin 
de mai. Encore faudrait-il faire ce voyage dans le sens contraire à 
celui généralement adopté par les voyageurs venant du Nord; au 
lieu de s'arrêter en Gastille et à Madrid sur la route de l'Anda- 



XVt nENSËIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

lousie, il vaudrait mieux aller directement jusqu'à Séville i 
Grenade, et visiter les villes du nord sur le chemin du retour 
jouirait ainsi du premier printemps qui est délicieux en Andaloi 
alors que mai y est déjà très chaud, et on ne risquerait pas 
tomber à Burgos et à Madrid en plein hiver encore, comme 
arrive généralement à la fin de mars ou au début d'avril. 

De toute façon le voyageur devra s'attendre à de fortes v; 
tions de température et emporter des vêtements en conséquenc 
La fin de septembre et le mois d'octobre pourraient égalen 
être choisis, mais les jours sont plus courts; on aura alors Tas 
d'une grande étendue du pays, brûlé par le soleil d'été, et la n 
aura fait son apparition sur les hautes montagnes. 

Le meilleur conseil à donner aux touristes qui disposent de 
temps est de visiter l'Espagne en plusieurs voyages, par ré-i 
au lieu d'entreprendre une course fatigante et onéreuse aux qu 
coins de la péninsule. En effet les parcours sont longs, les cher 
de fer lents et il faut voyager de nuit. On prendrait plus d'int 
et de plaisir en consacrant plus de temps à une région d( 
minée et en la visitant à l'époque voulue : p. ex., la côte Levan 
et de la Catalogne, au printemps ou en hiver; l'Andalousie 
début du printemps; la côte Gantabrique, pendant l'été; les 
tilles, de préférence en automne ou mieux encore au printen 

Plan de voyage. 

Beaucoup de touristes ne consacrent à l'Espagne qu'un .« 
voyage de quelques semaines, généralement à ï'occasion di 
Semaine Sainte et de la Feria à Séville. A cette époque les billets 
chemins de fer délivrés spécialement sont, il est vrai, plus avai 
geux et tentants, mais le mince profit qu'ils offrent est bien peu 
chose à côté des prix exorbitants qui sévissent au même mom 
à Séville et en Andalousie, où l'on doit s'attendre en outre à t 
les inconvénients résultant de la foule, dans les trains et dans 
hôtels. 

Les touristes qui font ce voyage doivent généralement se bor 
aux principales étapes qui jalonnent la ligne directe de Paris 
Andalousie : — Burgos, avec promenades à la Gartuja de Mirajîi 
et à las Huelgas (1 j.; 2 j. de plus si l'on ajoute l'excursion, 1 
recommandée mais peu commode, de Silos); — Valladolid (1/2 j') 
Avila (1/2 j.); — l'Escorial (1/2 j.); ~ Madrid (séjour varia 
selon qu'on y ajoute les excursions recommandées à Aranjuez 
Pardo, Ségovie et la Granja); — Tolède (2 j.); — Cordoue (1 j )- 
Séville (séjour variable; 2 j. sufflsent en dehors des attractions' 



PLAN DE VOYAGE. XVIt 

Semaine Sainte et de la Feria); — Jerez et Cadix (2 j.; de Cadix 
peut faire l'excursion de Tanger et revenir directement sur 
:eciras-Gibraltar, ou inversement); — Ronda (1 j.); — Algeciras 
Gibraltar (1 j. ; voir l'observation ci-dessus, à Cadix); — Malaga 
.); — Grenade (2 ou 3 j.). — Les archéoloi^ues pourront profiter 
la faculté qu'offrent certains billets circulaires de faire Fun des 
ets, aller, ou retour, entre Madrid et Séville par Merida; ce 
et est long et peu commode, mais Merida est une des plus 
Pressantes étapes d'Espagne par ses antiquités romaines et l'on 
it y ajouter la visite de Câceres et de Badajoz ; ces étapes sont en 
re tout indiquées aux voyageurs qui iraient d'Andalousie à 
bonne. 

ur ce voyage classique et essentiel qui constitue pour la plupart 
touristes tout le voyage d'Espagne, on peut en grefl"er deux 
res : l'un à l'Est de la ligne Paris-Madrid-SévilJe, l'autre vers 
jest. 

a partie Est peut se visiter à l'aller ou au retour du voyage 
igné ci-dessus : certains billets circulaires permettent aux tou- 
es allant en Andalousie ou en revenant de faire un des trajets 
re la France et Madrid par Irun-Burgos, et l'autre par Port-Bou- 
celone-Saragosse ; d'autres billets permettent même de suivre 
te la côte levantine entre Port-Bou, Barcelone, Valence et 
rcie. 

n tout cas, toute cette région orientale et méditerranéenne de 
ipagne peut constituer à elle seule un fort beau voyage, dont 
principales étapes doivent être (en venant de France par Port- 
i) : — Gérone (1 j. : y ajouter, si possible, une excursion à la 
on volcanique d'Olot, si curieuse et si peu connue encore) ; — 
celone (2 ou 3 j.; de là excursions recommandées à Vich et à 
oll, au point de vue archéologique; à Manresa et à la Montagne 
et de Cardona, au point de vue pittoresque); — Montserrat (peut 
aire au besoin en un seul jour, de Barcelone, aller et ret.); — 
•ragone (1 j.; pour les archéologues, excursions aux monastères 
'^oblet et des Santas Creus); — Valence (2 ou 3 j., avec l'excur- 
1 à l'antique Sagunto); — Alicante (1 j.); — Elche et sa forêt de 
niers (1 j.) ; — Murcie (1 j.), d'où l'on pourra pousser jusqu'à Car- 
î/ie, intéressant seulement pour son admirable golfe. — Le 
tur devra se faire par Madrid et Sara gosse (1 ou 2 j,); entre 
Irid et Saragosse, arrêts recommandés à Alcala de Henarès^ 
lenza (pour la cathédrale) et au monastère de Piedra (gare de 
ama); entre Saragosse et Barcelone, à Lerida, d'où les touristes 
)osant de leur temps pourraient remonter la vallée et les admî- 
tes gorges du Segre, vers la Seo de Urgel et rentrer en France par 
-jcerda. 



XViri RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

C'est sur ce voyage de l'Est que peut être greffée, soit de Barce' 
lone, soit de Valence, l'excursion aux îles Baléares qui seraient 
aussi à elles seules dignes d'un voyage spécial. D'ailleurs ces îles 
se visitent surtout au cours d'un séjour, car elles attirent de plus 
en plus les hivernants et aussi les résidents de printemps et 
d'automne. 

Enfln la partie N.-O. de l'Espagne peut également faire l'objet 
d'un fort beau voyage spécial qui s'associe particulièrement bien à 
un voyage au Portugal (p. 443). Ce voyage partant d'Hendaye-Irun 
a forcément pour premières étapes Fontarabie et Saint- Sébastien, 
mais celte charmante région basque et navarraise avec ses excur- 
sions classiques à Pasajes, Hernani, Saint-Ignace-de-Loyola, Vitoria, 
Eiizondo^ Roncevaux et Pampelune, fait partie, peut-on dire, du voyage 
des Pyrénées et rentre dans le rayon d'excursions des résidents de 
Biarritz, Gambo et Saint-Jean-de-Luz. De même les hautes vallées 
de l'Aragon et de la Catalogne, Panticosa, Can franc j Jaca, V Andorre, 
la Seo de Urgel, les gorges du Segre^ la Co'dagne et Puigcerda sont 
généralement visitées en même temps que les sites des Pyrénées 
françaises. 

Considérant donc Saint-Sébastien comme le point de départ du 
voyage dans le N.-O., nous en fixerons comme suit les étapes essen- 
tielles : — la Corniche Gantabre, entre Saint-Sébastien et Bilbao 
(1 ou 2 j.); — Bilbao (1 j. avec N.-S. de Begona et Portugaleté)-^ — 
Santander(ii,^ avec Sardinero); — le littoral de Santander à Oviedo 
(1 j. ou 2 j. avec l'excursion de Covadonga); — Oviedo (1 j.); — 
Leôn (1 j.); — Lugo (pour les archéologues); — La Corogne (1 j. 
avec l'excursion en bateau au Ferrol); — Saint-Jacques de Gom- 
postelle (1 ou 2j.); — Pontevedra et Figfo(<lj.; intéressant seulement 
pour le paysage). — De là si l'on fait le voyage de Portugal on y 
entrera naturellement par Tuy, pour se diriger vers Porto et Lis- 
bonne. En sortant du Portugal, on visitera Salamanque et Zamora 
avant de rejoindre la grande ligne Madrid-Paris qui ramènera vers 
Saint-Sébastien et Irun. 

11 ne s'agit ici que d'indications générales destinées à aider le 
lecteur à tracer lui-même son itinéraire. 

Celui qui désirerait faire un voyage d'étude approfondi et qui 
serait particulièrement curieux de certaines formes d'art, devra lire 
attentivement le chapitre ci-après sur les Arts en Espagne, par 
Emile Bertaux; il trouvera mentionné là dans un tableau d'en- 
semble méthodique tout ce qui peut retenir son attention. 

Toutefois, pour faciliter les recherches rapides, nous donnons ci- 
dessous une liste par catégories de toutes les curiosités artistiques 
et pittoresques de l'Espagne, en nous bornant naturellement à 
celles de premier ordre, et sans prétendre à une énumération 



PRINCIPALES CURIOSITÉS MONUMENTALES. XLX 

complète. Le lecteur devra consulter ces listes comme un simple 
aide-mémoire, de façon à n*oublier aucune étape .essentielle dans 
son programme de voyage. 

Principales curiosités monumentales. 

Cathédrales (la plupart ont des cloîtres remarquables). — Les 
plus belles cathédrales romanes sont celles de Tarragone (p. GO), 
Vich (p. 25) avec un cloître gothique, Avila (p. 180), Lugo (p. 211), 
Saint-Jacques de Compostelle (p. 215), Zamora (p. 223), et la 
cathédrale vieille de Salamanqae (p. 227). — La cathédrale de 
Sigacnza (p. 101) est un des monuments les plus importants du 
style romano-gothique. 

Les cathédrales gothiques les plus remarquables sont celles de : 
Gérone (p. 12), Barcelone (p. 35), Palma (p. 57), Huesca (p. 88), Pam- 
pelune (p. 96), Saragosse (p. 101), Burgos (p. 158), Ségovie (p. 186), 
Palencia (p. 194), Leôn (p. 196), Oviedo (p. 204), Orense (p. 220), la 
cathédrale neuve de Salamanqae (p. 226), Tolède (p. 282), Séville 
(p. 324), Grenade (p. 383), Murcie (p. 410) et Valence (p. 429). 

Après avoir cité les cathédrales de style renaissance de Valladolid 
(p, 174), Plasencia (p. 296), Badajoz (p. 303) elMalaga (p. 374), il faut 
placer à part la grandiose cathédrale de Cordoue, l'ancienne Grande 
Mosquée des Maures. 

Eglises : — à Gérone (p. 13), San Pedro de Galligans ; à Barcelone 
Santa Maria del Mar (p. 3^J) et San Pau del Camp (p. 41) ; à Saragosse 
N.-S. del Pilar (p. 102); à Alcala, l'Iglesia magistral (p, 110); à Avila 
(p. 178), toutes les églises, qui comptent parmi les plus belles églises 
romanes de l'Espagne; à Bilbao, N.-S. de Begona (p. 143); à Burgos 
les éghses San Gil (p. 163), San Nicolas (p. 164) et San Esteban 
(p. 1.64); à Valladolid, Sauta Maria Antigua (p. 174) et San Pablo 
(p. 175); réglise de Coca (p. 183) avec ses tombeaux; à Léon, San 
Isidore (p. 199); à Salamanqae, Santo Domingo (p. 228); à Tolède, les 
églises San Juan de los Reyes (p. 289), Santa Maria la Blanca et 
le Transito (p. 290), Santo Gristo de la Luz (p. 292); à Jerez, San 
Miguel (p. 344); etc. 

Monastères : — de Santa-Maria à lïipoll (p. 25), du Montserrat 
(p. 46), la chartreuse de Valldemosa (p. 61) à Majorque, Santa-Maria 
de Poblet (p. 73), Santas Créas (p. 77), les monastères de Sijena 
(p. 83), Roncevaux (p. 93), Veruela (p. 98), Pledra (p. 107), San Ignacio 
de Loyola (p, 133), Las Huelgas (p. 165), la chartreuse de Mirajïores 
(p. 166), Santo Domingo do Silos (p. 167), San Millan (p. 169), la 
chartreuse def Paufar (p. 191), San Marcos à Leôn (p. \Qd),'Covadonga 
(p. 206), célèbre par les souvenirs du roi Pelage, San Lorenzo à 
ÏEscorial (p. 268), San Jeronimo de Yuste (p. 295), qui fut la dernière 



XX RENSEIGNEMENTS GÉNÉfiÂÙX. 

retraite de Charles-Quint, le couvent de Guadalupe (p. 297), la Rahida 
d'où partit Christophe Colomb vers l'Océan inconnu, et enfin la 
chartreuse abandonnée de Jerez (p. 344). 

Monuments civils : — à Barcelone, TAudiencia, la Casa Consis- 
torial et la Diputaciôn provincial (p. 34-35); à Palma, la Lonja (p. 58) 
et dans les environs le château de Bellver (p. 59); à Saragosse, la 
Lonja (p. 102), l'Audiencia (p. 103) et TAljaferia (p. 104); à Guada- 
lajara, le palais des ducs de l'Infantado (p. 109); à Alcala de Henarès^ 
le palais des archevêques de Tolède (p. 110); à Valladolid, les deux 
collèges San Gregorio (p. 174) et Santa Cruz (p. 175); le palais royal 
de la Granja (p. 189) dont les jardins avec leurs fontaines monu- 
mentales sont célèbres; à Salamanque, la casa de las Gonchas (p. 226) 
et la casa de la Salina (p. 229); les palais royaux de Madrid (p. 246), 
de l'Escorial (p. 273) et d'Aranjuez (p. 274); à Tolède, Phôpital 
Santa Cruz (p. 288), l'Alcazar (p. 288); à Séville, PAlcazar (p. 330) et 
la casa de Pilatos (p. 338); à Grenade, l'Alhambra (p. 390) et le 
Généralife (p. 400) ; à Valence, le Miguelete (p. 430) et la Lonja (p. 434). 

Monuments romains : — les ruines d'Amparias (p. 11); \e paente 
del Diablo (p. 67) près de Martorell : l'enceinte et l'aqueduc de 
Tarragone (p. 73); les murailles flanquées de 86 tours et le majes- 
tueux aqueduc de Ségovie (p. 184); les murailles et les tours de 
Lugo (p. 211); la tour d'Hercule à la Corogne (p. 213); le pont 
d^Orense (p. 220), dont l'origine est toutefois douteuse; le pont de 
Salamanque (p. 228); celui d'Alcantara (p.'297); l'enceinte de Caceres 
(p. 297); Merida (p. 299), qui conserve des restes considérables, 
pont, temple, théâtre, substructions, témoins de sa grandeur passée; 
l'intéressante nécropole de Carmona (p. 317); les ruines de la riche 
cité d^Iialica, près de Santiponce (p. 340) ; le théâtre de Sagunio (p. 438). 

Monuments militaires : — Aux enceintes fortifiées d'origine 
romaine citées au paragraphe précédent, on peut ajouter : l'arco 
de Santa Maria à Burgos (p. 157); le château fort de Pehafiel (p. 177); 
les ruines de la forteresse de la Mota à Médina del Campo (p. 177); 
l'enceinte de murailles d'Avila (p. 178), qui date du xi*" s.; le châ- 
teau de Coca (p. 183); l'Alcazar de Ségovie (p. 187); à Tolède, 
l'Alcazar (p. 288), la puerta del Sol (p. 292), la porte de Visagra 
(p. 293); à Malaga, le castillo de Gibralfaro (p. 375); etc. 

Ouvrages d'art : — Quelques lignes de chemins de fer sont 
particulièrement pittoresques et ont n^icessité des travaux d'art 
considérables. La voie qui relie Bilbao à Saragosse décrit, avant 
d'atteindre Miranda, une boucle savamment tracée de 45 k., que' 
Ton appelle la rampe d^Orduha, dans une belle région montagneuse 
(p. 168). — La ligne de Venta de Bafios à Santander traverse, entre 
Reinosa et Barcena (p. 171), la chaîne cantabrique par \es gorges 
sauvages du Besaya, et c'est au milieu de belles roches calcaires une 



PRINCIPALES CURIOSITÉS NATURELLES. XXI 

série de tranchées et de tunnels. — La ligne qui part des plaineà 
du Léon pour franchir, au col de Pajares (p. 200), la crête des monts 
asturiens, fort belle par ses courbes et ses lacets suivant tous les 
détours de la montagne et ses 60 tunnels, débouche sur un admi- 
rable spectacle de vallées vertes et riantes. — Et, si Ton continue 
plus loin vers la riche vallée du Sil et Monforte, c'est la descente de 
ta Granja (p. 209) avec sa boucle hélicoïdale de ô k. de tour. 

Principales curiosités naturelles. 

Parmi les curiosités naturelles méritant de retenir l'attention 
nous citerons : en Catalogne : les coulées de lave basaltique de la 
région d'Olot, à Castelfullit de la Roca (p. 11) et à Santa Pau (p. 14); 
les gorges du Segre entre Puigcerda, la Seo de Urgel et Lerida 
(p. 23-24); le Tibidabo (p. 45), sommet le plus élevé des collines qui 
dominent Barcelone; le Montserrat (p. 49), dont la crête découpée 
en dents de scie affecte les formes les plus bizarres; le roc de 
Peniscola (p. 76); la montagne de sel de Gardona (p. 80) ; à Majorque 
des Baléares, les grottes del Pirata, du Drach et d'Artâ (p. 63-64). 

La Biscaye et la Navarre ont d'admirables sites : aux environs de 
Saint-Sébastien, le château (p. 124), le mont Ulia (p. 125), le mont 
Igueldo (p. 125), le golfe de Pasajes (p. 127) ; la vallée de Baztan (p. 91), 
le col de Maya, Elizondo, le défilé de Vatcarlos (p. 92) et Roncevaux; 
la gorge de Pancorbo (p. 155), traversée par la grande ligne d'irun 
à Burgos; et toute la corniche cantabre (p. 136) qui offre le spectacle 
d'une côte aux merveilleuses découpures. 

La Galice, peu visitée, réserve pourtant bien des surprises ; on 
y suit la vallée d'un des plus beaux fleuves hispano-portugais, le 
Mino, ses ports, La Corogne (p. 213) et le Ferrol (p. 211), Vigo (p. 220), 
Pontevedra et Carril s'ouvrent sur des « rias » pareilles à des fjords 
et qui sont parmi les plus belles baies d'Europe. 

Si les Gastilles avec leurs grands plateaux vides et monotones, 
la Manche avec ses vastes plaines illustrées par le roman de Cer- 
vantes, l'Estremadure avec ses montagnes sauvages de Bejar, la 
sierra de Guadalupe et les mines de mercure d'Almaden (p. 299) 
ont moins d'attrait, l'Andalousie offre parmi tant d'autres paysages 
enchanteurs des sites particulièrement pittoresques : le chaos de 
rochers du Torcal, près d'Antequera (p. 353), Honda, ce nid d'aigle 
au bord d'un gouffre (p. 336), le grandiose défilé du Gaytan sur la 
ligne de Malaga (p. 370), la sierra Nevada recommandée aux alpi- 
nistes (p. 403), les richesses minières de Tharsis et du JRio Tinto 
(p. 362), la Guadalquivir (p. 311) et la baie de Cadix {p. 352), le cap 
Trafalgar (p. 369) et le racher de Gibraltar (p. 361). 

La province de Murcie, si originale par ses aspects africains 



XXII RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

et sa population berbère, a la baie de Cartagène (p. 415) et l'extra- 
ordinaire forêt de palmiers d^Elche {p. 421); et Valence enfin, une 
campagne orientale qui est une merveille de fertilité, grâce av 
système d'irrigation organisé par les Arabes et dont on peut se faire 
une idée par les réservoirs de Puentès (p. 406) et de Alpera (p. 423) 

Sur le littoral de Biscaye il y a de nombreuses stations bal- 
néaires en voie de développement : après Saint-Sébastien (R. 13) 
qu'il faut placer hors de pair, ce sont Zarauz (p. 135), Deva (p. 136), 
Ondarroa (p. 137), Portugalete avec son pont transbordeur (p. 143) 
QiLas Arenas. plages de Bilbao, Sardinero et Solares {p. 150), plages 
de Santander, Castro-Urdiales (p. 151) et nombre d'autres petits 
villages de pêcheurs où Ton trouve des petits hôtels convenables. 

Outre les stations estivales pyrénéennes, comme Puigcerda 
(p. 22), Camprodôn (p. 25), Ribas (p. 24), Elizondo (p. 91), Fontarabie 
(p. 112), etc., il y a, en Espagne, des stations thermales dignes 
d'un plus grand renom : Panticosa (p. 87) et Cestona (p. 132) en 
Biscaye; Ontaneda (p. 149) auprès de Santander; Orcnse (p. 220) 
dans la Galice; Fitero (p. 97) dans la Navarre; Arnedillo (p. 170) 
dans la Rioja; Alhama de Aragon (p. 107); Alhama de Murcie 
(p. 406); etc. 

Budget de voyage. 

Les dépenses d'un >oyage dans la péninsule ibérique varient, — 
comme dans tout autre pays, — suivant les goûts, les habitudes, 
le sexe des voyageurs et aussi suivant la région qu'ils se proposent 
de visiter et l'époque du voyage. Ainsi, p. ex., le séjour à Séville 
à l'époque de la Semaine Sainte, de Pâques et de la Foire d'avril, 
coûte plus cher qu'à toute autre époque de l'année. Dans les hôtels 
espagnols {V, ci-dessous) on paie un prix de tant par jour pour le 
logement, le service et les repas; on peut compter de 8 à 12 p. 
par j. dans les bons hôtels ordinaires et 15 à 20 p. par j. dans les 
hôtels d'une classe plus élevée; c'est donc au moins sur une dépense 
moyenne de 12 à 15 p. par jour qu'il faut compter (les frais de 
transport non compris), d'autant plus que les dépenses extraordi- 
naires sont nombreuses : il faut payer des droits souvent fort élevés 
pour voir les curiosités de toutes sortes : on exige jusqu'à 4 fr. par 
personne (cathédrale de Tolède) pour montrer aux visiteurs les tré- 
sors d'art contenus dans les églises, et encore ne leur laisse-t-on 
pas le loisir de les examiner à l'aise, chose d'autant plus nécessaire 
que les églises sont généralement très sombres. Enfin tout récem- 
ment un décret royal a établi en principe qu'on payerait dorénavant 
une taxe d'entrée pour visiter les musées, dont les plus importants 
étaient jusqu'ici librement accessibles au public. 



PASSEPORT. BAGAGES. DOUANE. XXlll 

Naturellement, en cas de séjour prolongée, ce chiffre, de 12 à 
25 p., pourrait être réduit. Enfin il est possible de voyager à beau- 
coup meilleur compte si Ton connaît la langue et les usages du 
pays et si l'on s'est résigné à accepter celte propreté très relative 
dont se contentent les Espagnols. 



Passeport Bagages. Douane. 

Passeport; pièces d'identité. — Le passeport n*est pas exigé 
en Espagne; il peut toutefois et dans certaines occasions rendre 
de véritables services. Dans les circonstances ordinaires, et surtout 
lorqu'il s'agit d'un voyage dans les grandes villes et dans les parties 
les plus fréquentées par les étrangers, le passeport peut être rem- 
placé par des pièces officielles constatant l'identité du voyageur; la 
meilleure, à notre avis, est le livret d'identité international, muni de 
la photographie du titulaire, que délivrent tous les bureaux de poste 
de France, de Belgique, de Suisse, d'Italie, etc., et qui sert à retirer 
toute sorte d'envois. 

Bagages. — Moins on emportera de bagage, plus le voyage sera 
agréable, économique et facile. Les bagages sont enregistrés direc- 
tement de France pour les principales villes pour lesquelles il est 
délivré également des billets directs. Chaque voyageur a droit au 
transport gratuit de 30 kilog. de bagages. 

Douane, octroi. — La douane espagnole ne difl'ère pas beau- 
coup des autres douanes; la visite des bagages aux gares d'Irun 
et de Port-Bou se fait assez rapidement et sans trop de mauvaise 
grâce. En sortant des gares, on peut être ennuyé par les agents de 
Foctroi des villes. 

Les touristes devront surtout penser, en faisant des achats ou 
des provisions en Espagne, à la douane française au retour : les 
voyageurs doivent, sous peine de confiscation ou d'amende, faire 
la déclaration de tous les objets — autres que vêtements et linge 
de corps usagés — qui sont contenus dans leurs bagages, notam- 
ment des tabacs, cigares et cigarettes, alcool, denrées de consom- 
mation, bijouterie, linge neuf. 

Par mesure de simple tolérance, les menues quantités de pro- 
duits constituant des restants de provisions de route que les voya- 
p:eurs portent dans leurs bagages à la main, sont admises en franchise 
à condition d'avoir été exactement déclarées. En ce qui concerne 
les tabacs, cigares et cigarettes, la tolérance ne peut s'étendre 
qu'à dix cigares, ou vingt cigarettes, ou quarante grammes de tabac, 
sans cumul; les femmes et les enfants ne peuvent bénéficier de 
cette dernière tolérance. 



XXIV RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX, 

Langue, 

En Espagne, beaucoup de personnes dans la bonne société com- 
prennent et parlent le français; en outre, dans tous les grands 
hôtels, on trouve des interprètes et un personnel polyglotte. Mais 
les gens du peuple, cochers, portefaix, employés de chemins de 
fer, sacristains, etc., auxquels on a souvent affaire en voyage, ne 
parlent que l'espagnol; il sera donc utile en bien des cas de savoir 
au moins quelques mots essentiels pour les circonstances les plus 
usuelles. C'est pour répondre à ce besoin que nous avons rédigé le 
petit interprète français-espagnol joint à ce guide; conçu à un point 
de vue uniquement pratique, il rendra de bons services à nos 
lecteurs. 

Monnaie, Change, 

L'Espagne a adopté le système décimal en usage en France et ses 
pièces de monnaie ont la même valeur nominale que les nôtres, 
ce qui rend leur emploi extrêmement facile pour nos compatriotes. 
La seule différence est que le franc s' appelle peseta (prononc. péceta) ; 
le mot centime est le même. Mais, par suite de la balance du com- 
merce, il y a un change dont le cours est variable, mais toujours au 
profit de l'argent français. Il faut bien faire attention aux pièces 
fausses et étrangères et ne pas craindre d'imiter les gens du pays 
qui contrôlent soigneusement toute pièce qu'on leur donne, et la 
font sonner avant de Taccepter. 

La monnaie d'argent comprend des pièces de 50 centimes, 1 peseta, 
2 pesetas et 5 pesetas. 

La monnaie de billon, en bronze, est représentée par des pièces 
de 5 centimes (dites vulgairement perro chico, perra chica, ou per- 
ritay « petit chien ») et de 10 centimes (dites perra gorda, « gros 
chien »). 

La monnaie de papier^ d'usage très courant, comprend des billets 
de la Banque d'Espagne (Banco de Espana), en coupures de 25 p., 
no p., 100 p., 500 p. et 1,000 p. 

La monnaie d'or existe en principe, avec des pièces de 10, 20 et 
25 p., mais, dans la pratique, on n'en voit presque jamais en 
circulation. 

Quoique la peseta soit depuis des années l'unité monétaire légale, 
on n'a toutefois pas entièrement perdu l'habitude dans le commerce 
de détail de compter en reaies (l'ancienne unité monétaire espa- 
gnole : 1 réal = 25 c; 4 réaies — 1 p.). Le peuple emploie aussi 
le terme de duro pour la pièce de 5 p. 

l,e change étant sujet à variations, on ne changera que dans les 



MOYENS DE TRANSPORT. XXV 

grandes banques. Les bureaux de change des gares-frontière comp- 
tent toujours un droit de change élevé ; on n'y changera donc que 
la petite somme nécessaire aux premiers besoins du voyage, si 
Ton n'a pas pris la précaution à l'avance de se munir d'argent 
espagnol. En principe ne jamais changer dans les magasins, se 
méOer des petits changeurs et surtout du personnel des hôtels. 

Moyens de transport. 

Chemins de fer. — Les chemins de fer espagnols (bureau 
commun à Paris, rue Chauchat, 20) laissent encore sur certaines 
lignes beaucoup à désirer. La lenteur de leurs trains est telle 
qu'on ne peut prendre pour les longs parcours que les trains 
express et, le plus rarement possible, les trains-poste (correo) ou 
mixte (mixto). De plus, il y a si peu de trains dans une journée 
qu'on hésite à s'arrêter dans telle ville que l'on pourrait visiter en 
quelques heures, mais dans laquelle on serait généralement obligé 
de coucher. 

Ppur ce qui est des trains express dits de luxe ou des trains 
rapides, les lignes d'Hendaye-Irun à Madrid, de Port-Bou-Barcelone 
à Madrid, de Madrid-Gordoue-Séville et de Madrid-Empalme de 
Séville-Cadix sont les seules qui en possèdent un ou deux quoti- 
diens. Leur vitesse moyenne n'atteint guère que 45 k. à Th., la 
plupart des lignes même importantes étant établies à voie unique 
et ayant des profils très accidentés. Sur les autres, on ne jouit de 
ce luxe que d'une à trois fois par semaine. >s express, dont fait 
partie presque toujours un v^^agon-lit {coche-cama), partent habituel- 
lement le soir, ce qui ne permet pas de voir le pays que l'on tra- 
verse; pour le voir il faudrait souvent se résigner à utiliser les 
trains ordinaires (courriers ou mixtes), qui font à peine 30 k. par 
heure et qui trop souvent ne parcourent que des tronçons de 
ligne. Quant aux trains de luxe (Sud-Express) organisés par la G'® 
des Wagons-Lits et des Grands-Express, entre Paris, Bordeaux, 
Madrid ou Lisbonne, ils sont à préférer, et comme marche, et sur- 
tout comme confort. 

En Espagne, le matériel roulant n'est généralement pas non 
plus à la hauteur des exigences modernes, sauf dans les express à 
longs parcours, composés, notamment sur le Norte, de grandes voi- 
tures à couloirs d'un type récent; dans la plupart des trains, sur les 
lignes ou les réseaux secondaires, il faut se contenter, d'anciens 
wagons, sans communication, souvent délabrés, et il n'y a de 
W.-G. que dans le fourgon des bagages. La plupart des étrangers 
voyagent en r^ cl. bien que les prix soient élevés, mais la 2^ cl. 
est souvent presque aussi acceptable, 11 y a dans chaque train de 



XXVI RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

quelque importance un compartiment de l'** cl. pour dames seules 
{para senoras) et un autre réservé aux personnes qui ne fument pas 
{para no famadores), seulement ce dernier n'est pas toujours assuré 
contre les fumeurs. 

Presque tous les trains rapides (express et luxe) des grandes 
lignes ont des voitures, dites voitures de luxe {coches de lujo), avec 
places de fauteuil {hutaca), coupé {berlinà), coupé-lits {berlina-canias) 
ou coupé-toilette (herlina tocador), etc., où l'on est sûr de pouvoir 
voyager commodément; le supplément pour ces places varie entre 
10 0/0 et 33 0/0; pour les places de fauteuil {asientos de hutaca) le 
supplément à payer est généralement de 10 0/0, plus l'impôt. On 
trouvera dans les Indicateurs espagnols {V. ci-dessous) de plus 
amples détails sur ces places dites de luxe, dont le prix varie d'une 
compagnie à l'autre. 

Les trains express de jour ont le plus souvent un wagon-restau- 
rant; les autres font généralement vers l'heure du déjeuner ou du 
dîner un arrêt assez long à une station munie d'un bulîet (fonda), 
où les voyageurs peuvent prendre leurs repas (déj. 3 fr., dîn. 
3 fr. 50 vin compris) : dans ces stations les buffets sont ordinaire- 
ment bons; dans les autres il faut s'attendre à ne trouver qu'une 
modeste buvette. 

Le soir, dans les plus grandes gares, on loue pour 1 p. un 
oreiller {almohada) ou une couverture. 

Il n'y a de consigne en Espagne que dans les gares de la G"' Ma- 
drid-Saragosse-Alicante et dans les gares les plus importantes de la 
G'^ du Nord (tarif : 10 c. par colis et par jour). Ailleurs il faut se 
résigner à porter à Thôtel ses bagages à la main, même quand on 
n'a pas l'intention de loger dans la ville. 

Les bagages enregistrés sont gardés en dépôt si on ne les retire 
pas à l'arrivée. 

Les gares, surtout les salles des guichets et d'attente, sont ordi- 
nairement malpropres. L'intérieur des gares est peuplé d'une 
légion d'hommes de peine {mozo de cuerda) qui assiègent les trains 
à leur arrivée et transportent les bagages (pourb. 25 c. à 1 p.). 

Dans les villes importantes, les compagnies de chemins de fer ont 
une agence {Despacho central) où l'on peut prendre d'avance ses 
billets et faire enregistrer ses bagages. 

Un omnibus (où l'on paye généralement 50 c. par pers.,25 c. par 
gros bagage et 15 c. par petit colis) conduit de la gare au Despacho 
central et vice versa. 

Il n'existe de billets d'aller et retour {billetes de ida y vuelta) qu'entre 
un petit nombre de localités et beaucoup de ces billets sont soumis 
à des conditions de trains, de saisons, etc. 

Les Indicateurs de chemins de fer {Gala gênerai de Ferrocarriles, ser- 



MOYENS DE TRANSPORT^ XXVU 

vicio officiai de las Companias, 75 c, le meilleur; Guia para los 
Viajeros de los Ferrocarriles, 50 c, qui comprend aussi les che- 
mins de fer portugais) emploient les abréviations ou indications 
suivantes : 

S. ou Sal. (salida), départ; — L. ou Lleg. {llegada)^ arrivée; — Cor. {correo), 
train-poste; — Ràp. (ràpido), train rapide; — Ex. ou Expr. {express), train 
express; — Mix. {mixto), train mixte; — Merc. (mercancias), train-marchan- 
• dises avec voyageurs; — Discr. {discrecional), train non quotidien, ou ne 
marchant que suivant les exigences du service; — F. {fonda)^ buffet;, — E. 
{empalme), bifurcation; — K. (kilometros), kilomètres; — P., pesetas; — 
Es. {estaciôn)^ station ; — m. {manana), matin; — t. (tarde), après-midi, soir; 
— n, (noche)^ nuit. 

Les heures sont comptées de t h. à S4 h. 

L'appel aux voyageurs pour les inviter à monter en voiture, 
accompagné d'un coup de cloche est : Sehores viajeros al trén! 
(MM. les voyageurs, au train!). 

Bateaux à vapeur. — Les navires des grandes compagnies 
françaises, anglaises, allemandes, italiennes et espagnoles sont con- 
fortables et peuvent être utilisés pour des voyages sur la côte d'Es- 
pagne et de Portugal; mais les bateaux de certaines petites compa- 
gnies locales, qui servent surtout au transport des marchandises, 
laissent beaucoup à désirer, soit comme installation, soit comme 
marche (toutefois, par un beau temps, par une mer tranquille et 
pour un court voyage, on pourra profiter de ces bateaux, qui, habi- 
tuellement, ne marchent que la nuit puisqu'ils utilisent le jour pour 
leurs opérations commerciales). 

Le plus gros ennui est le débarquement, surtout dans les ports 
de moindre importance, où les bateliers ne se font pas scrupule 
d'abuser du manque de tarif et de l'insouciance des agents des 
compagnies, pour écorcher les voyageurs. 

Voyages à prix réduits; billets circulaires à itinéraires 
Tixes ou facultatifs. — Le bureau commun des chemins de fer 
espagnols (r. Ghauchat, 20) et les principales agences de voyages 
à Paris délivrent toute Tannée : 

1° Des billets semi-circulaires avec parcours additionnels facultatifs j 
dont la validité peut être prolongée d'un tiers de sa durée primi- 
tive, moyennant un supplément de 10 0/0. 

l^"" ITINÉRAIRE (1,521 k.). — Port-Bou, Barcelone, Reus, Saragosse, 
Madrid, l'Escorial, Avila, Médina del Campo, Valladolid, Hurgos, Yitoria, 
Saint-Sébastien, Irun, Hendaye. — Validité 60 j. •— l'« cl., 109 fr. 80; 
2« cl., 83 fr. 05; 3« cl., 53 fr. 05. 

2» ITINÉRAIRE (1,682 k.). — Port-Bou, Barcelone, Tarragone, Valence, 
Alcazar, Aranjuez, Madrid, l'Escorial, Avila, Médina del Campo, Valla- 
dolid, Burgos, Yitoria, Saint-Sébastien, Irun, Hendaye. —Validité, 60 j. — 
l'« ci., 119 fr. 35; *2« cl., 88 fr. 60; 3« cl., 55 fr. 50. 



XXVIII 



RENSEIGNEMENTS GÉNÉBAUX. 




Hendaye 
Vitopia^^^'^- < 

\/alladoii( 

yiedina 

OMADRiD 

vn j ■ L Ciuda^f^^lcazar 

dérida 



'fendaye 

^alladolid 

}Afed/na 

Avi/a^ 

DRID^ 

, CiudadX AIÇ<izar ( 
iadaio:!^ ^^^fJr 
^erîaa 




259\05j9Sf30;Ï28fio. 



33l9kil 

Validité :90jours 

£47f60)l85r55.,l20r55. 



BILLETS SEMI-CIRCULAIRES A ITINERAIRE FI?tE 

3e ITINÉRAIRE (2,904 k.). - Port-Bou, Barcelone, Reus, 
rv^. '. 't.^?''*'''®^' ^^^^^^^ Cordoue, Séville, Tocina, Merida, Badajoz] 
Cmdad-Real, Maxlrid, rEscorial, Avila, Médina del Campo, Valladolid 
Burgos, Vitona, Saint-Sébastien, Irun, Hendaye. — Validité, 90 i - !'« d 
^08 fr. 95. j 2« cl., 157 fr. 85; 3e cl., 102 fr. ^' ' 



Moyens de transpoîit. xxi^ 

4* ITINÉRAIRE (2,768 k.). — Port-Bou, Barcelone, Tarragone, Valence, 
Alcazar, Cordoue, Séville, Merida, Badajoz, Ciudad-Real, Madrid, l'Esco- 
rial, Avila, Médina dei Campo, Valladolid, Burgos, Vitoria, Saint-Sébas- 
tien, Irun, Hendaye. — Validité, 90 j. — 1" çl., 197 fr. 50; î* cl., 147 fr. 10 ; 
3« cl., 94 fr. 45. 

D® ITINÉRAIRE (3,455 k.). — Port-Bou, Barcelone, Reus, Saragosse, 

Madrid, Aranjuez, Alcazar, Cordoue, Bobadilla, Grenade, Malaga, Séville, 

' Merida, Badajoz, Ciudad-Real, Madrid, l'Escorial, Avila, Médina dei 

Campo, Valladolid, Burgos, Vitoria, Saint-Sébastien, Irun, Hendaye. — 

Validité, 120 j. — 1" cl., 259 fr. 05; 2« cl., 196 fr. 30; 3« cl., 128 fr. 10. 

6« ITINÉRAIRE (3,319 k.). — Port-Bou, Barcelone, Tarragone, Valence, 
Alcazar, Cordoue, Bobadilla, Grenade, Malaga, Séville, Merida, Badajoz, 
Ciudad-Real, Madrid, l'Escorial, Avila, Médina dei Campo, Valladolid, 
Burgos, Vitoria, Saint-Sébastien, Jrun, Hendaye. — Validité, 90 j. — 
l'e cl., ^7 fr. 60; 2« cl., 185 fr. 55; 3« cl., 120 fr. 55. 

Pour les parcours additionnels, consulter le prospectus. 

N. B. ^- Tous les itinéraires peuvent être suivis dans un sens ou dans, 
l'autre.'— Pour chaque billet, franchise de 30 kilog. de bagages. — 
Les billets vendus hors d'Espagne comprennent l'impôt et le timbre 
espagnols. 

2° Des billets circulaires individuels à itinéraire tracé au gré du voya- 
geur, valables 45 j. pour les trajets de 1,500 k. minimum (V^ el., 
128 fr. 90; 2" cl., 96 fr. 70; 3° cl., 57 fr. 60) à 3,000 k. et de 60 j. à 
partir de 3,001 k. Ces billets peuvent être soudés aux billets facul- 
tatifs français. 

La demande doit être faite sur une formule imprimée spéciale et déposée 
avec une consignation de 10 fr. — La durée de validité court du lendemain 
du jour où le voyageur fait usage de son billet et peut être à deux reprises 
prolongée de moitié moyennant 10 0/0 pour chaque prolongation. — Pour 
les prix (comprenant l'impôt et le timbre espagnols), la manière de calculer 
le prix du billet et le choix de l'itinéraire, V. le prospectus. 

iV. B. — Pour chaque billet, franchise de 30 kilog. de bagages. 

A l'occasion des fêtes de la Semaine-Sainte et de la foire de 
Séville, il est délivré des billets aller et retour, à prix réduits, très 
avantageux, avec arrêts facultatifs, de Paris à Madrid et à Séville : 
V^ cl., 167 et 222 fr. ; 2« cl., 119 et 164 fr. 

3'' Des carnets kilométriques, soit individuels (2,000 à 12,000 k.), 
soit collectifs (3,200 à 12,000 k.) pour plusieurs membres d'une même 
famille, ou pour plusieurs associés ou agents d'une même affaire. 
Prix pour 2,000 k. : 1" cl., 172 fr. 60; 2^ cl., 126 fr. 60; 3* cl., 76 fr. 
(validité 3 mois); pour 6,000 k. : 1" cl., 469 fr. 30; 2° cl., 358 fr. 90; 
3" cl., 207 fr. 10 (validité 6 mois); pour 12,000 k. : V cl., 828 fr. 10; 
2« cl., 634 fr. 90; 3" cl., 372 fr. 70 (validité 12 mois). Joindre à sa 
demande une photographie; franchise de 30 kilog. de bagages. 
Ces carnets ne sont pas valables sur tous les chemins de fer de 
lEspagne (en particulier sur les petites lignes du Sud), mais ils le 



XXX RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

sont sur les lignes des compagnies les plus importantes : G^* du 
Nord, G* Madrid-Saragosse-Alicante, G'* des Andalous, etc. 

C'** des Wagons-Lits. — Agences : à Paris, bd des Gapucines, 5; - , 
au Grand-Hôtel, à l'hôtel Gontinental et au bureau spécial de la 
G'® en gare de Lyon; — à Bordeaux, à l'Agence Lubin, cours de 
l'Intendance, 40, à l'hôtel Terminus (gare Bordeaux-St-Jean), à 
l'agence des Voyages modernes, cours du Ghapeau-Rouge, 48, et , 
à l'Union des Touristes, cours du 30-juillet, 19; — à Marseille, r. de 
la République, 12; — à Barcelone, Grand-Hôtel, sur la Rambla; — 
à Gibraltar, Gook et flls, Waterport str. ; — à Hendaye-Irun, à l'hôtel 
Imatz, à l'agent de la G'® à la gare; — à Lisbonne, à l'hôtel Avenida 
Palace; — à Madrid, cal le de Alcalâ, 18; — à Porto, r. Don Pedro, 67; 
— à Saint-Sébastien, librairie Jornet, calle de Elcano, 2; — à Séville, 
callede Sierpes, 78; — à Valence, Banque commerciale, calle Péris 
y Valero, 5. 

Les voyageurs trouveront dans toutes ces agences : 1** places de 
trains de luxe et de wagons-lits (sleeping-cars) réservées à l'avance; 
2° billets de chemins de fer; 3** billets pour les principales lignes 
de paquebots; 4° renseignements gratuits dans les diverses langues. 
Ils devront également consulter le Guide continental officiel de la 
C® Internationale des Wagons-Lits et des Grands Express Européens, 
publication mensuelle de la G'*. 

Agences de voyages. — Plusieurs agences de voyages orga- 
nisent à certaines époques des voyages en Espagne moyennant un 
prix à forfait comprenant les frais de transport et de séjour; elles 
délivrent en outre des coupons d'hôtels. Les voyageurs feront bien 
de prévenir les propriétaires d'hôtels qu'ils sont porteurs de coupons. 

L'Office de tourisme des Guide- Joanne, bd Saint-Germain, 79, à Paris 
(représentant officiel des Chemins de fer Portugais), donne gratuitement 
aux touristes tous les renseignements de voyage, délivre les billets de ch. 
de fef et des C*«» de navigation et se charge également d'organiser des 
voyages à forfait. — Société Franco-Espagnole des Grands-Hôtels et des 
Voyages en Espagne et en Portugal, r. du Faubourg-Saint-Honoré, 129, à 
Paris. —Agence Lubin, bdHaussmann, 36 (succursale à Bordeaux);— Voyages 
Modernes, av. de l'Opéra, 4; — Cook, pi. de l'Opéra, l ; — Voyages Duchemin, 
r. de Grammont, 20; — Voyages Universels, bd Poissonnière. 25, et 
r. Auber, 10; — Les Grands Voyages (Le Bourgeois et G'*), r. du Helder, 1, 
et bd des Italiens, 38; — Voyages Pratiques, r. de Rome, 9. 

La Compagnie internationale des Wagons-Lits et des Grands Express 
Européens (bd des Gapucines, 5) délivre aussi des billets de chemins de fer 

Cyclisme ef aufomobilisme . 

N'était le mauvais état des routes, voyager en automobile serait 
le moyen le plus pratique de voyager en Espagne, car on pourrait 



^Kxil kÈNSEIGNEMENtS GÉNÉRAUX. 

se passer ainsi des trains lents et mal organisés et voir beaucoup 
de localités intéressantes qu'on renonce à visiter, vu la difficulté 
des communications. 

Droits de douane. — Bicyclettes et motocyclettes. — 
Importation définitive : tarif unique, 3 fr. le kilog. (payables en 
or). — Importation temporaire : on demande à la douane un bulletin 
d'importation temporaire (boletin de Importaciôn temporal) ^ valable 
pour 12 mois, qui coûte 75 c. ; on dépose le montant des droits 
qu'il faudrait payer (35 à 45 fr. par bicyclette) pour l'importation 
définitive, et Ton obtient la restitution de cette somme au dernier 
bureau de douane de sortie à condition de le quitter dans le délai 
prescrit. Ne pas s'étonner si remployé de douane qui fait la feuille 
d'importaciôn temporal retient une somme de 1 p. 50 à 3 p. suivant 
les endroits. C'est le paiement de son travail et jamais le rem- 
boursement n'en est effectué. 

Si l'on ne fait qu'une courte excursion en Espagne, dans le Val 
d'Aran, par exemple, en entrant et en sortant soit du côté de 
Luchon, soit du côté de Saint-Béat, on paie 1 p. pour la délivrance 
d'un passavant {pase temporal) qui dispense de la consignation des 
droits de douane. 

Pour les vélocipèdes ou motocyclettes de louage, le délai de vali- 
dité est réduit à 40 j. et la sortie doit s'effectuer par le bureau dt* 
douane d'entrée. 

Ces dispositions s'appliquent surtout aux cyclistes et aux moto- 
cyclistes résidant aux localités frontières et pour lesquels elles 
sont d'une véritable utilité pratique. Toutefois, par suite du délai 
de douze mois accordé, c'est un moyen dont tous les cyclistes ou 
motocyclistes peuvent faire usage. — ^ Ne pas oublier, avant d'entrer 
en Espagne, de prendre un permis de sortie à la douane française 
pour les motocyclettes et de faire plomber les bicyclettes. 

Automobiles. — Importation définitive: châssis, jusqu'à 1,000 kilog., 
80 p. les 100 kilog.; au-dessus de 1,000 kilog., 100 p. les 100 kilog. 
auquel il convient d'ajouter, en plus du droit sur le châssis, 200 p. 
pour les voitures découvertes et 320 p. pour les voitures fermées. 
— Importation temporaire : se munir d'un passavant à la douane de 
sortie; payer les droits à la douane espagnole; la somme sera res- 
tituée à la sortie sur production du reçu, si l'automobile quitte 
l'Espagne dans le délai d'un an. 

Les touristes allant excursionner de France en Espagne avec 
leurs automobiles peuvent s'entendre, à la frontière franco-espa- 
gnole, Biarritz, Hendaye, Cerbère, par exemple, avec des commis- 
sionnaires en douane ou avec l'Agence internationale. 

Ces commissionnaires se chargeront, à forfait, moyennant une 
rémunération variant de 10 à 20 fr., de les cautionner vis-à-vis de 



MOYENS DÉ tftANSPORT. XXXilt 

la douane espagnole et de remplir toutes les foiinàlitês en leur 
heu et place pour des promenades ou des excursions avoisinant la 
frontière franco-espagnole, mais la sortie doit avoir lieu par le 
même bureau de douane que celui de l'entrée. 

Le Touring-Glub de France délivre à ses membres des « permis 
d'importation temporaire » pour introduire leurs automobiles ou 
motocycles en Espagne. 

Ces permis (valables pour un délai de 4 mois et pour un nombre 
indéterminé de voyages, l'entrée et la sortie pouvant avoir lieu par 
n'importe quel bureau) se composent de trois feuillets, d'où leur 
dénomination de triptyques, un à remettre à l'entrée, un autre à 
la sortie, le troisième, la souche, à conserver par le sociétaire. 



du permis. — 1*» Remettre le volant n° / au bureau de douane 
d'entrée et le volant n" S au bureau de sortie ; avoir soin de faire apposer 
sur la souche la signature de Tagent de douane et le cachet du bureau, à 
l'entrée et à la sortie {Important). Cette souche, ainsi timbrée et paraphée, 
est nécessaire au sociétaire pour se faire rembourser. 

2» Le permis peut être utilisé pour plusieurs voyages; en ce cas, con- 
server le volant n° 2, mais ne pas manquer de le remettre à la dernière 
sortie, laquelle doit être constatée sur la souche, une constatation sur le 
volant R° 2 n'étant pas suffisante. 

Des formules de demandes sont à la disposition des sociétaires du "t. C. F.; 
elles devront être retournées, accompagnées du montant de la somme à 
déposer, au siège de l'Association en garantie des droits d'entrée, et au reçu 
de laquelle les triptyques sont envoyés. Cette somme est remboursée contre 
la preuve de réexportation du véhicule, preuve établie par la remise au 
siège de la souche visée et timbrée par les bureaux d'entrée et de sortie. 

Le passavant descriptif, — Il est expressément recommandé aux automo- 
bilistes sortant de France avec leurs automobiles ou motocycles, pour y 
rentrer ensuite, de se munir à la douane française d'un passavant descriptif, 
pièce contenant les indications propres à constater l'identité du véhicule. 

Ce passavant est indispensable pour éviter la réclamation des droits au 
retour; il doit toujours être visé par le bureau des douanes françaises de 
sortie. 

De l'étranger en France. — Les membres du Touring-Club de France rési- 
dant en Espagne peuvent introduire temporairement en France leurs auto-* 
mobiles ou motocycles sous le couvert de triptyques délivrés par l'Asso* 
dation. 

Circulation internationale. — Indépendamment du triptyque 
et du passavant descriptif (F. ci-dessus) pour les membres du 
Touring-Glub de France, du dépôt des droits et du passavant pour 
les autres automobilistes, tout conducteur de véhicule automobile 
est tenu, en exécution de la convention du 11 octobre 1909, concer- 
nant la circulation internationale des automobiles, de produire un 
certificat international Tautorisant à circuler librement de France 
en Espagne. 



XXXIV RExNSElGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

Pour obtenir ce certificat, il est nécessaire d'adresser une demande su 
papier timbré de 60 c. au Préfet de police (pour Paris et départ, de la Seine) 
a.'i Préfet du département (pour les autres départements) en ayant soin 
d'indiquer : 

]o Nom, prénoms «t domicile du propriétaire de l'automobile; 

2«> Nom, prénoms, lieu et date de naissance et domicile du ou des conduc- 
teui*s de l'automobile (ils ne doivent pas être âgés de moins de 18 ans); 

3" Genre de véhicule auquel s'appliquera le certificat, nombre de cylindres 
du moteur, puissance du moteur en chevaux-vapeur ou alésage des cylindres, 
forme et couleur de la carrosserie, nombre total des places et poids à vide 
àe l'automobile. 

A cette demande doivent être joints : 

1° Le récépissé de déclaration {carte grise) de la voiture ; 

2° Le certificat de capacité {carte rose) du conducteur ou de chacun des 
coDductours, les autorisant à conduire, soit des véhicules do tous systèmes 
et do toute puissance, soit des véhicules du système et de la puissance do 
l'automobile qui fait l'objet do la demande; 

3<* Un certificat délivré par le maire ou le commissaire de police ne datant 
pas de plus de trois mois et établissant l'adresse exacte du propriétaire et 
du condacteur ou de chacun des conducteurs de la voiture automobile ; 

4" La photographie du ou des conducteurs, do face ou de trois-quarts, en 
épreuve non collée, format de 4 cent, de haut sur 4 cent. 5 de large. 

Le certificat international de route est valable pour une année à dater du 
jour de sa délivrance. 

Jgn outre, toute voiture automobile, importée temporairement de France 
en Espagne doit être munie à l'arrière d'une plaque (de nationalité) ovale 
de 30 cent, de large sur 18 cent, de haut., portant la lettre F pour la France, 
mprimée en noir sur fond blanc, caractères latins majuscules, ayant au 
minimum 10 cent, de haut et le trait 15 millim. d'épaisseur. 

Pour les motoc3'cles et inotocyclettes, la plaque de nationalité doit mesurer 
seulement 18 cent, dans le sens horizontal et 12 dans le sens vertical; les 
lettres 8 cent, do haut et la largeur de leurs traits 10 millim. 

Circulation. — La vitesse maxima autorisée est de 28 k. à 
l'heure en campagne, de i2 k. dans les agglomérations. — Tous les 
véhicules doivent tenir la droite, — A rentrée de certaines villes, se 
soient des écriteaux indiquant la vitesse maxima à l'heure que 
Ton ne doit pas dépasser en les traversant. 

Cartes. — Il existe une carte des routes d'Espagne à l'échelle 
du 1 000 OOO*' dressée par le service statistique des Travaux publics, 
et une carte des routes d'Espagne, à l'échelle du 1 500000% en une 
feuille, avec distances d'une localité à l'autre, dressée par J. Mendez; 
cette carte est en vente à Madrid, calle de Isabel la Catôiica, 25 
6 fr. 50; entoilée, 8 fr.; franco, 6 fr. 75 et 8 fr. 50). De la carte 
(d'État-xMajor à l'échelle du 50 000"* il n'a paru qu'une centaine de 
feuilles concernant le SuÔ de l'Espagne. 



à 



POSTE ET TÉLÉGRAPHE. XXXV 

Poste et télégraphe. 

Poste (Correo), — L'organisation des postes espagnoles est assez 
bonne et les lettres s'y perdent beaucoup plus rarement qu'autrefois. 
On pourra même se faire adresser sans inconvénient des corres- 
pondances à la poste restante {carias en lista ou lista de correos) en 
ayant soin de s'y présenter muni de pièces d'identité. Mais, en 
général, il vaut toujours mieux se faire adresser toute missive à 
l'hôtel que l'on aura choisi d'avance, ce qui évite une perte de 
temps. Pour toute lettre qui renfermerait, non pas seulement des 
valeurs, mais le moindre papier de quelque importance, il est 
préférable de l'envoyer recommandée (certijîcado). 

Tarifs postaux : lettres : pour la ville même 10 c. ; pour le Portugal, 
Gibraltar ou Tanger, 10 c. ; pour l'Espagne, 15 c. ; pour l'étranger, 25 c. 
(jusqu'à 20 gr. ; 15 c. par 20 gr. en sus) ; — cartes postales {tar jetas postales) : 
pour la ville, le Portugal et Gibraltar, 5 c. ; pour l'Espagne et l'étranger, 
10 c; — imprimés (impresos) : pour l'Espagne, î/4 c. par 35 gr.; pour le 
Portugal, 2 c. par 50 gr. ; pour les autres pays, 5 c. par 50 gr. — Les boîtes 
aux lettres {buzon) se trouvent à l'intérieur des débits de tabac et c'est 
aussi dans les débits de tabac qu'on vend les timbres. 

Télégraphe. — Les dépêches (telegramas) peuvent être rédi- 
gées en langues étrangères, mais en caractères latins. Pour l'Es- 
pagne, on paie 1 p. pour 15 mots (50 c. si le télégramme est 
échangé entre localités d'une même province), plus 5 c. d'impôt; 
pour la France, 20 c. par mot, plus le change; pour la Belgique et 
pour la Suisse, 25 c. ; pour l'Italie, 28 c; pour l'Angleterre, 35 c. ; 
pour l'Autriche, 32 c, etc. (le tarif pour l'étranger est souvent 
modifié); les mots ayant plus de 15 lettres comptent double; le reçu 
(recibo) coûte 10 c. ; on paie la dépêche par des timbres (sellos de 
telegrafos) qui y sont apposés. 

Hôtels. Instaurants , Cafés. 

Hôtels., — Les hôtels de premier rang sont les seuls où puisse 
descendre, en Espagne, le voyageur étranger soucieux de se 
départir le moins possible de ses habitudes, soit comme logement, 
soit comme nourriture. Ils sont d'ailleurs les seuls, ou à peu près, 
où l'on trouve des employés parlant le français et, très souvent, 
l'italien, puisque plusieurs de ces hôtels sont tenus par des Italiens 
(de la province de Novare ordinairement) ou par des Suisses (de 
l'Engadine). Il existe, c'est vrai, des maisons espagnoles (casas de 
huespedes ou casas de viàjeros) où l'on peut vivre bien et à beaucoup 
meilleur marché, mais il faut, en ce cas, connaître les usages du 



XxxVî RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

pays et les admettre, ce qui n'est pas le fait du touriste qui passe 
quelques jours seulement en Espagne. Certaines de ces maisons 
sont du reste relativement très recommandables. 

Les prix ne sont pas trop élevés; l'habitude est de demander tant 
par jour pour la chambre (le service compris), le lunch {almuerzo," 
cena\ de 12 h. à 2 h.) et le dîner (comlda, de 7 h. à 9 h.), mais le 
petit déjeuner (desayuno) est rarement compris dans ce prix qui 
oscille entre 12 et 20 p. par j. dans les bons hôtels, et entre 8 et 
12 p., dans les hôtels secondaires. — Le petit déjeuner se compose 
6oit de café au lait, soit de ce chocolat à la cannelle que Ton sert 
partout en Espagne; et qu'on prépare de deux façons': à l'espagnole, 
c'est-à-dire à l'eau ; à la française, c'est-à-dire à la crème. — La 
table d'hôte est presque partout servie par petites tables; le vin est 
généralement compris dans le prix. Le vin est trop riche en 
tannin et en alcool; on ne se trouvera pas mal de le boire coupé 
avec de l'eau minérale (p. ex. celle, excellente, d'Insalus ou, 
à Madrid et à Barcelone, le Vichy catalan^ analogue au Vichy 
français). 

Les inconvénients qui frappent le plus vivement l'étranger obligé 
de se loger dans un établissement foncièrement espagnol sont : — 
le manque de water-closet ou une installation surannée et contraire 
à toutes les exigences du confort et de l'hygiène; — la cuisine, où 
dominent rhuile, la graisse, le piment et les pois-chiches; — les 
convives, qui ont certains usages et un sans-gêne sensiblement 
différents de ceux des autres pays. 

Que ce soit dans un hôtel, dans une fonda, ou ailleurs, il faut 
d'abord demander le prix et bien s'entendre avec l'hôtelier avant 
de rien conclure, d'autant plus que c'est du choix de la chambre 
que dépend le chiffre de la dépense journalière. Les repas restent 
identiques pour des prix différents de pensions. En cas de séjour 
prolongé, Ton peut obtenir des réductions de prix. — Demander la 
note dès la veille, si l'on doit partir de bon matin. 

Restaurants. — Seules les grandes villes en possèdent quel- 
ques-uns de recommandables; mais l'habitude est, en Espagne 
comme en Portugal, de prendre ses repas à l'hôtel où l'on loge. 

On consultera, pour les mets et les boissons, notre petit Interprète 
français-espagnol (avec la prononciation figurée). 

Cafés. — Ce n'est guère que dans les grandes villes, à Madrid et 
surtout à Barcelone, qu'on trouve de grands cafés très fréquentés 
et fournis de journaux étrangers. — Le garçon (camarero) qui vous 
•iert s'attend, en Espagne comme en France, à 10 c. de pourboii©. 

A Madrid, à Barcelone et à Valence on trouve des brasseries, sur- 
tout à Madrid, où depuis quelque temps on brasse une très bonne 
bière. Ailleurs, la bière s'implante de plus en plus, mais le climat, 



VISITE DES ÉDIFICES. XXXVII 

pendant les chaleurs, n'est pas propice à la conservation de cette 
boisson. 

On trouve dans les horchaterias des boissons rafraîchissantes très 
agréables, telles que horchata de chufaSy agrazy limon helado, etc. 

Les Espagnols boivent beaucoup d'eau, dont la crudité peut être 
combattue par l'emploi de ces pains ou biscuits nommés azucarillos 
ou refrescosy aux sucs d^orange, de citron, de fraise, etc.; on les 
broie entre les doigts et ils se dissolvent rapidement. 

Tabacs, Magasins. 

Tabacs. — Les débits (estancos), dépendent d'une compagnie qui 
a le monopole des tabacs. — Les meilleurs cigares (puros) de la 
Havane et des Philippines ne se trouvent qu'aux débits les plus 
achalandés; on paie un habano de 25 c. à 2 p. (ceux de 40 c. à 60 c. 
sont les plus demandés) et un fiUpino de 10 à 60 c. (ordinairement 
ce sont ceux de 20 à 30 c. que l'on fume). Les cigarettes (cigarrillos) 
se vendent par paquets (40 à 60 c); celles dites Valencias sont très 
fortes; celles de la Havane, plus parfumées, sont généralement 
faites avec d'assez mauvais papier. — Le tabac à fumer {tabaco 
picado; hebrà) se vend par paquets (depuis 40 c). — Les boîtes 
d'allumettes en cire (cerillas), bonnes et bon marché, se vendent 
5 et 10 c. 

Magasins. — Les magasins qui affichent des prix fixes (precios 
Jîjos) sont assez rares. Dans tous les autres, pour ne pas payer des 
prix exorbitants, il faut marchander et offrir au plus les deux tiers 
du prix que l'on demande. 

Visite des Edifices. 

Visite des églises. — Les cathédrales sont ouvertes jusqu'à 
5. h. du soir, sauf 2 ou 3 h. vers le milieu du jour. — Les petites 
églises, au contraire, ferment très souvent dès 9 h., parfois même 
avant, sauf les dimanches où elles restent ouvertes jusqu'à 10 h. 
ou midi. Il est difficile d'y circuler à son gré aux heures d'offices, 
car la surveillance est rigoureuse. On peut les visiter avec plus de 
liberté en s'adressant au sacristain (sacristân) qu'il n'est pas tou- 
jours aisé de trouver, malgré l'aide que les gamins sont disposés 
à prêter aux étrangers pour recevoir quelques sous. Il faut aussi 
avoir recours au sacristain, dans les grandes églises, pour ouvrir 
les chapelles, découvrir les tableaux; on doit prendre des billets 
pour visiter les trésors et les annexes, les tours, souvent même les 
chapelles. 

Pourboires. — Dans la visite des édifices, lorsqu'on no doit pa3 



XXXVIII RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

payer un droit fixe, il y a lieu de donner un pourboire (propina) 
au gardien ou au sacristain qui vous accompagne; ce pourboire 
est naturellement proportionné à l'importance de la visite et au 
nombre de personnes; il varie ordinairement de p. 25 (réal) à 
1 p. — Dans les hôtels, on pourra donner 50 c. par j. au garçon de 
restaurant et 25 c. à la femme de chambre. — Une cigarette est 
toujours bienvenue des personnes avec qui Ton entre en contact. 

T^lafîons avec les 'Espagnols, 

L'Espagnol est très ouvert et très bienveillant; sa politesse est 
maniérée, sa parole ampoulée, mais il n'en reste pas moins très 
sympathique (nous n'examinons ici que des relations superficielles). 
En revanche, on devra s'abstenir de toute critique qui pourrait 
atteindre son amour-propre national. L'Espagnol est fier; aussi 
devra-t-on éviter de blesser môme les domestiques, bien qu'ils 
soient très souples. — L'indolence et la négligence sont de règle 
chez les employés, les garçons et même les vendeurs; par contre, 
les officieux et les mendiants sont insupportables. Les pauvres et les 
gamins mendient sans la moindre honte, parfois sans nécessité; 
ils vous importunent dans les cathédrales, dans la rue et aux por- 
tières des trains dans les stations. Aussi ne se fera-t-on pas scru- 
pule, surtout pour les gamins, de ne pas les écouter ou de les ren- 
voyer : « onda, hombre! » 

En tout cela, comme en beaucoup d^autres détails, il faut se 
rappeler que Ton est dans un pays où la patience et le calme sont 
deux vertus indispensables, celles qui permettent le mieux d'obtenir 
ce que l'on désire. 

Spectacles, 

Théâtres. — En dehors des grands théâtres qui donnent des 
opéras (souvent en italien), des opérettes, des comédies ou des 
drames, la plupart des théâtres ont adopté aujourd'hui les repré- 
sentations par sections qui constituent une particularité de l'Espagne 
moderne. On joue de petites pièces en un acte mêlées de chant 
(zarzuelas), de courtes opérettes ou des farces ne durant pas plus 
d'une heure. Moyennant une somme modique, le spectateur peut 
choisir l'une des 4 sections qui composent ordinairement les spec- 
tacles entre 8 h. et minuit. Ordinairement on paye un droit général 
d'entrée (entrada) en sus du prix de sa place. Les meilleures places 
sont les fauteuils d'orchestre {butacas) et les loges (palcos). 

Courses de taureaux. — Ce genre de spectacle est la passion 
du peuple espagnol. Pas de ville qui n'ait sa Plaza de Toros. Les 
courses (corridas de toros) ont lieu pendant les jours de Feria et a 



SPECTACLES. XXXIX 

d'autres fêtes, parfois tous les dimanches de la bonne saison dans 
les plus grandes villes. Mais beaucoup de ces courses ne sont que 
des noviUadas, où les taureaux n'atleignenl pas 3 ans, et où les 
toreros (non toréador) n'ont pas reçu la consécration de V « alterna- 
tioa ». — La, plaza de toros est un vaste amphithéâtre pouvant 
souvent contenir jusqu'à 15,000 spectateurs : le prix des places 
varie suivant leur rang et suivant leur situation à l'ombre {sombra) 
ou au soleil (sol). Les places que préfèrent les connaisseurs {aficio 
nados)y sont les places du T' rang {delanteras)^ les plus voisines de 
l'arène, et ce sont les plus chères ainsi que les loges (palcos) du 
1" étage. Mais des gradins (gradas et tendidos) à la sombra, on a une 
meilleure vue d'ensemble que des delanteras. 

A l'heure fixée pour les courses (vers 4 h. ou 5 h.), le président 
de la corrida donne le signal de l'entrée. Après les saints d'usage 
des alguazils commence le paseo ou entrée des cuadrillas dans 
l'arène : en tête viennent deux alguazils à cheval, puis les espadas ou 
matadores (ordinairement deux), le plus ancien à dr. ; derrière eux 
des banderilleros suivis des picadores à cheval, puis les chulos ou 
serviteurs de la plaza et, en dernier lieu, les attelages de mules pour 
l'enlèvement des taureaux et des chevaux tués. Tous les toreros sont 
richement vêtus de costumes brodés de paillettes dorées; ils saluent 
la présidence. Un alguazil demande la clef du toril que lui jette le 
président de la corrida, pendant que les toréadors échangent leurs 
manteaux de parade contre les capas rouges. 

Le taureau sort du toril ayant ordinairement la divisa, flot de 
rubans dont les couleurs indiquent la ganaderia (parc d'élevage) et 
le nom du propriétaire. 

Outre les nombreuses sueries de capa (jeux de manteaux), la 
corrida se divise en trois phases distinctes : 1° Suertes ou jeux des 
picadores; 2" Suertes ou poses de banderilles; 3® Suertes ou passes 
de muleta et mort du taureau. 

1" Les chevaux des picadores (de vieux chevaux auxquels on bande 
l'œil droit) sont fournis par un entrepreneur qui les fait servir tant 
qu'ils tiennent debout. Le picador, dont les jambes sont protégées, 
doit, avec sa vara (pique), maintenir le choc du taureau qui fonce 
sur le cheval et souvent fait rouler cheval et cavalier. Alors un des 
toreros, qui sont auprès du picador, détourne l'animal avec sa capa : 
c'est ce qu'on appelle un quite. Le taureau prend ordinairement 
4 piques. 

2° La seconde partie du combat est le jeu des banderilles, qui con- 
siste à planter dans le garrot du taureau des banderillas, fortes ba- 
guettes enrubannées qui ont environ m. 90 de longueur et dont 
l'une des extrémités est armée d'un crochet en forme d'hameçon. 
Les banderilleros, par un saut de côté, évitent le taureau qui fonce; 



XL RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. 

ils mettent ordinairement 4 paires de banderilles. Si le taureau 
n'est pas brave (bravo) et n'a pas foncé sur les chevaux, on le siffle 
et on pose des banderillas de fuego, garnies de pétards. 

3^* Lorsque le président a fait sonner la troisième partie de la 
course, le matador, chargé de tuer le taureau, prend son épée, 
longue de 90 cent., et sa muleta (étoffe rouge écarlate, repliée sur 
un bâton) et va offrir (brindar) au président la mort du taureau. 
Avec la muleta, l'espada arrive, à la suite de passes diverses, où ii 
montre sa vaillance et son habileté, à trouver le moment propice 
pour frapper le taureau de son épée. Si les coups portent bien à 
Tendroit voulu, au sommet du garrot, la foule applaudit le matador; 
plusieurs coups sont souvent nécessaires. Si le taureau tombe à 
la première estocade, mais n'est pas tué suivant les règles, le 
torero est sifflé. Souvent, l'animal, bien que mortellement frappé, 
ne tombe pas tout de suite : alors l'espada lui plonge son épée 
dans la nuque, entre les deux cornes, et l'animal tombe foudroyé 
(ce coup est appelé le descabello). Lorsque le taureau, blessé, se 
couche, il est achevé d'un coup de poignard dans la cervelle par 
un torero appelé puntillero. Quand, d'un seul coup d'épée très 
régulier, le matador a tué le taureau, les spectateurs lui font une 
ovation indescriptible, lui jettent leurs chapeaux, des cigares, etc. 
Les attelages de mules emmènent au galop les cadavres du taureau 
et des chevaux. Et la course des autres taureaux (ordinairement 6) 
se poursuit arec les mêmes phases, mais naturellement avec des 
variantes de détails qui permettent aux aficionados d'apprécier la 
valeur des toreros. 

Jeu de paume à la basque ou jeu de pelote. — La pelote est 
une petite balle très dure. Les murs contre lesquels la pelote est 
lancée s'appellent frontons ou jeux de paume. Les frontons des villes 
sont des halls gigantesques. Jouer au blaid, c'est jouer contre le 
mur. On joue au blaid à mains nues ou avec chistera, sorte de grand 
gant creux, en cuir ou en osier, que le joueur s'attache à la main 
droite. Il y a deux camps; on joue deux contre deux, ou trois 
contre trois. Le jeu consiste à lancer la pelote contre le mur, et 
les adversaires n'ont qu'à la refouler, et ainsi de suite jusqu'à 
ce qu'une pelote soit manquée. Le camp qui l'a manquée perd un 
point, marqué au camp adverse. Les parties ont lieu généralement 
en 70 points. 

La partie de pelote au rebot, qu'on joue moins souvent, est plus 
grandiose. Au lieu, comme dans le blaid, de taper la pelote contre 
un seul mur, on se la renvoie de mur à mur. Les adversaires sont 
bien plus éloignés les uns des autres, et la balle, lancée avec 
force, décrit en l'air des courbes énormes. Les joueurs sont 5 
contre 5, et il y a toujours, comme dans le blaid, un buteur pa?" 



SPECTACLES. XLI 

camp. Le butoir^ sorte de tremplin, est placé à env. 30 m. d'un des , 
murs. Le buteur, qui tape d'abord la balle sur le butoir au lieu de 
la lancer en haut contre le mur comme dans le blaid, la lance en 
bas, et le camp adverse doit la renvoyer de l'autre côté du butoir, 
où se trouve le camp ennemi. II y a du reste entre les camps une 
raie ou ligne de division. Ce jeu, qui se joue en 13 phases, soit 
13 jeux de chacun 5 points, est assez compliqué et tend à disparaître. 

Les joueurs ou pelotaris sont des professionnels ayant presque 
tous été dans la République Argentine ou dans TUruguay, où ce 
jeu, importé par les Basques, qui y sont établis en grand nombre, 
est également très en honneur. 

Aller à Buenos-Ayres ou à Montevideo est, pour le joueur de 
pelote, la consécration officielle de son talent. De mèrne que les 
toreros, ces joueurs gagnent des sommes importantes et des paris 
considérables ont lieu entre eux et entre les spectateurs. 

Ferias. — La Feria est une foire qui est l'occasion d'une fête 
souvent merveilleuse, où l'entrain et la gaieté espagnols se 
donnent libre cours. La ville est alors d'une animation extraor- 
dinaire. Aux courses de taureanx et aux promenades, on verra 
encore les beaux costumes typiques, les coiffures originales, les 
mantilles, les mantons. Malheureusement bon nombre d'Espagnoles 
préfèrent les grands chapeaux et les modes de Paris. Les anciens 
vêtements nationaux s'adaptent cependant mieux à leur beauté 
faite plus de grâce que d'élégc^nce. — Les casinos et même des 
familles (surtout dans les petites villes de l'Andalousie et à Séville) 
élèvent des tentes-salons où l'on danse surtout les danses propres 
à chaque province; la « sévillane » (la séguedille) est la plus 
séduisante de toutes par la grâce de ses mouvements et de ses 
gestes. 

Processions. — Les processions sont fréquentes et ont gardé 
en partie leur cachet du moyen âge; les Espagnols y manifestent 
leur religion non par leur ferveur et leur recueillement, mais par 
leur allégresse. Les Vierges sont l'objet d'une vénération extraor- 
dinaire de la foule. Les plus célèbres processions ont lieu à la 
Semaine sainte et à la Fête-Dieu {Corpus) dans toutes les villes 
et villages. Les plus renommées sont celles de la Semaine sainte 
à Tolède, à Murcie et surtout à Séville (p. 321). 



EXPLICATION DE QUELQUES TERMES 



Alameda, promenade publique (plan- 
tée d'arbres). 

Alcazar, alcasaba, manoir seigneu- 
rial des Maures. 

Arrabal, faubourg. 

Artesonado, se dit d'un plafond à 
caissons. 

Audiencia^ cour d'appel. 

Ayuntamiento ^ municipalité (hôtel 
de ville). 

Azulejos, plaques de revêtement en 
faïence de couleurs. 

Barrio, faubourg. 

Calle, rue. 

Camarin, endroit où se trouve l'image 
ou la statue exposée à la vénéra- 
tion des fidèles. 

Capilla May or, sanctuaire d'une église 
renfermant le maître-autel et cor- 
respondant au chœur des églises 
françaises. 

Casa consistorial^ hôtel de ville. 

Cimborio, tour-lanterne des églises. 

Coro, chœur des chanoines ou des 
moines dans une église; le plus 
souvent dans la nef. 

Custodia, tabernacle pour le Saint- 
Sacrement. 

Fmpalme, bifurcation de chemin de 
fer. 

Fra, ère dite « de César », employée 
jusqu'au xiv« s. en Espagne et en 
Portugal pour dater les monuments; 
elle avance de 38 aps sur l'ère 
chrétienne. 

Ermita, église ou chapelle isolée. 

Feria, foire. 

fonda, hôtel; buffet (dans les gares). 



Hnerta^ campagne en verger et à 
culture maraîchère. 

Larqo, place. 

Lonja, bourse. 

Media naranja^ demi-orange; se dit 
des coupoles ou des grosses têtes 
de gros clous qui garnissent les 
portes. 

Mihrab, niche du sanctuaire des 
mosquées. 

Mirador, balcon, terrasse. 

Mudéjar (style), mélange du style 
mauresque, d'abord avec le style 
roman, et, plus tard, avec les styles 
gothique et de la Renaissance. 

Paseo, promenade publique. 

Patio^ cour. 

Posada^ auberge. 

Puerto, port ou col. 

Rambla : c'est, en réalité, le lit à seo 
d'un torrent ; en Catalogne ce mol; 
équivaut à celui de boulevard. 

Respaldos^ flancs (extérieurs) da 
coro espagnol. 

Bia, golfe profond, fiord. 

Bio, fleuve, rivière. 

Banda, boulevard. 

Seo, cathédrale (de sedes en latin). 

Sierra, chaîne de montagnes. 

Silleria, stalles d'un chœur (coro). 

Trascoro, partie postérieure (exté- 
rieure) de l'enceinte du coro. 

Tras-sagrario , déambulatoire qui 
sépare le maître-autel du cheveî 
d'une église. 

Vega, campagne en verger et à cul- • 
ture maraîchère (comme huerta), „i 

Venta, auberge de campagne. 



1 



APERÇU SOMMAIRE 

SUR / 

L'HISTOIRE DE L'ESPAGNE 



Les premiers habitants dont Thistoire fasse mention sont les 
Ibères, dont la marche semble avoir été du Sud au Nord, et les 
Basques, qui ont dû occuper en maîtres la plus gramle partie 
de la péninsule avant d'être repoussés dans les hautes vallées 
des Pyrénées occidentales. 

Dès le XV* et le xiv« s. avant notre ère, les Phéniciens abor- 
dèrent en Espagne et y établirent des comptoirs; ils furent suivis 
par les Grecs d'Asie et les Rhodiens. 

Cadix, Malaga, Sagonte, Rosas, Ampurias, furent ainsi créées 
comme villes d'échange entre les produits fabriqués d'Orient et 
les richesses minérales et naturelles de la péninsule. 

Tandis que les côtes avaient une population commerçante et 
stable, l'intérieur était parcouru par des tribus celtiques arri- 
vant du Nord et qui, en se mêlant aux Ibères, formèrent la 
nation des Cellibères. 

Après l'anéantissement de la puissance phénicienne en Orient 
(574), les colonies qu'elle avait créées prirent une grande impor- 
tance et souvent s'unirent entre elles, jusqu'au jour où Car- 
Ihage devint conquérante. 

En 238, Carthage commença la conquête de la. partie S. de la 
Péninsule et triompha de son ancienne alliée Cadix. Amilcar 
Barca, vainqueur de la Bétique, fonda Barcelone (la ville de 
Barca); mais les Romains vinrent combattre les Carthaginois et 
arrêtèrent Asdrubal sur les bords de l'Ebre, qui servit quelque 
temps de limite aux adversaires (227). Les Carthaginois bâtirent 
la forteresse de Carthagène (Carthago Nova). Le siège de 
Sagonte parAnnibal amena la seconde guerre punique ;219-204), 
qui ensanglanta la péninsule. Les Romains fondèrent Séville 
en 204.(^ville d'Italica) et acquirent la péninsule par le traité de 
Zaraa (201). 



XLIV HISTOIRE SOMMAIRE DE L'ESPAGNE. 

Espagne romaine. — Les Geltibères, qui s'étaient d'abord 
alliés aux Romains pour chasser les Carthaginois, se révoltèrent 
bientôt contre leuTS nouveaux maîtres et ce furent pendant un 
siècle des luttes acharnées auxquelles Rome gagnait de riches 
butins. En 134, Numance, le dernier boulevard des Geltibères, 
fut prise par Scipion Emilien ; la plus grande partie de la pénin- 
sule fut dès lors soumise. De 24 à 15 av. J.-C., les lieutenants 
d'Auguste triomphèrent des montagnards Asturiens et Basques. 

L'Espagne s'était vite latinisée; elle s'assimila la civilisation 
et les coutumes de ses vainqueurs; si bien que Sénèque, Mar- 
tial, Lucien, Quintilien étaient de vrais Romains. Les empe- 
reurs Trajan et Adrien naquirent en Espagne. La péninsule 
était divisée en trois provinces : Hispania Tarraconensis ou 
Giterior, Hispania Ulterior ou Betica,etLusitania. 

L'Espagne romaine fut très prospère, surtout au temps des 
Antonins, comme l'attestent de nombreux monuments de cette 
époque; après cette période de prospérité l'empire romain, 
attaqué de tous côtés, ne fut plus assez fort pour résister. 

En 409, des tribus germaniques, slaves et tartares, fran- 
chirent la barrière des Pyrénées; chaque bande avec son chef 
séparé, Suèves, Alains, Vandales se répandirent sur la pénin- 
sule et mirent tout à feu et à sang. Quelques cantons des pro- 
vinces orientales et plusieurs villes se maintinrent encore sous 
la domination romaine. 

Espagne gothique. — En 412, Tempereur Honorius donna, 
par un traité, à Ataulf, successeur d'Alaric, roi des Goths, le gou- 
vernement de l'Espagne Tarraconaise. Gelui-ci s'empara de Bar- 
celone et fut le premier des rois goths d'Espagne; ses succes- 
seurs, se disant tantôt indépendants, tantôt sujets romains, 
combattirent les autres barbares. Ils refoulèrent les Vandales 
dans les montagnes de Galice, exterminèrent les Alains, qui 
disparurent dès lors de l'histoire et ne respectèrent les Suèves 
que parce qu'ils se reconnurent tributaires de Rome. 

En 429, les Vandales qui avaient dévasté la Bétique, devenue 
Vandalusia ou Andalousie, passèrent en Afrique. Ils furent 
remplacés par les Suèves (457), qui se maintinrent dans l'ouest 
de la péninsule malgré les attaques des rois visigoths. Geux- 
ci, sous Eu7nc (466), s'unirent avec eux pour enlever à leurs 
anciens alliés les Romains, la plupart des places qu'ils tenaient 
encore. Euric étendit ses possessions en Gaule jusqu'à la Loire; 
ce fut une ère de prospérité et de paix. Les Goths conquérants, 
q\ii étaient Ariens, laissèrent aux catholiques le libre exercice 
4e îowr culte. 



ESPAGNE ROMAINE. XLV 

Au règne d'Euric succède, en 484, une époque troublée et con- 
tuse jusqu'au règne brillant et paisible d^Athanagild (554-567), 
qui fut reconnu roi de tous les Visigoths et eut pour capitale 
Tolède. A sa mort, la guerre civile éclata. — Leuwiyild (512-586) 
eut de nombreux soulèvements à réprimer et en vint à bout, 
grâce à une bonne administration. Il fut le premier qui se fit 
représenter sur des médailles la tête couronnée. 

Recared, son fils (586-601), convoqua à Tolède un synode de 
tous les évêques, abjura l'arianisme et se fit catholique. Après 
quelques règnes de peu de durée, Sisehuth (612-621) battit les 
Romains qui occupaient encore de nombreuses places sur la 
côte méridionale. Il conclut avec l'empereur Héraclius un 
traité par lequel ce dernier ne conservait que le petit territoire 
des Algarves; mais lui, par contre, consentait à ce que tous les 
Juifs, que l'empereur avait pris en horreur, fussent chassés 
d'Espagne. — Après ce règne, compétitions et guerres civiles, 
nouvelles persécutions des Juifs décidées par le iv* concile de 
Tolède. — Sous Receswinth (649-672), vm® concile de Tolède, une 
des plus importantes assemblées nationales de l'époque des Goths. 

Wamba (672-680), un des plus remarquables princes goihs, 
force les Vascons à payer tribut, organise la péninsule et 
embellit Tolède. Après quelques princes sans célébrité, Rodéric 
ou Rodrigue fut élu en 709, et la légende, qui seule subsiste, dit 
que le comte Julien, gouverneur de Ceuta, dont il avait outragé 
la fille, appela contre lui les musulmans d'Afrique. 

Espagne arabe. — Le comte Julien ayant livré Ceuta aux 
musulmans, ceux-ci envoyèrent une bande de cavaliers ber- 
bères reconnaître l'Andalousie (710). Puis Tarik, lieutenant de 
Moûsâ, vali de l'Afrique septentrionale, vint débarquer (711) une 
armée près du mont Galpé, au lieu appelé depuis djebel Tarik 
(Gibraltar). Le roi goth Rodéric essaye, de l'arrêter, mais il fut 
vaincu et tué sur les bords du GuadaiCte, près de Jerez, après 
une bataille acharnée et sanglante qui dura trois jours (bataille 
du Guadalete, 711). 

Teudemir rallia les chrétiens et se retira dans la provincfc 
carthaginoise, où il fut proclamé roi. 

Les musulmans, continuant leurs conquêtes, s'emparèrent de 
Malaga, de Gordoue et de Tolède, tandis qu'une foule de chré- 
tiens, disent les légendes, se réfugièrent dans les montagnes 
des Asturies et de la Biscaye, aimant mieux y vivre en liberté 
loin des villes et des ennemis du Ghrist. Ils se choisirent pour 
chef Pelage, descendant du roi goth Rodéric, qui remporta 
pendant 19 ans des succès merveilleux. 



XLVI HISTOIRE SOMMAIRE DE L'ESPAGNE. 

A peu près à la môme époque, vers 724, Garcia Ximénès cons- 
tituait le petit état de Sobrarbe, qui fut le berceau du royaume 
d'Aragon. 

Partout les Berbères musulmans trouvèrent peu de résistance. 
Ils ne pillaienl_pas et rassuraient les populations vaincues aux- 
quelles ils laissaient le libre exercice de leur culte et leurs 
biens, ne réclamant qu'un tribut qui était moins lourd que 
celui payé aux anciens rois goths. Tandis que Tarik montait 
jusqu'à Tolède, Moûsây le vali lui-même, avait débarqué en 712 
dans la péninsule, où il occupa les villes du bas Guadalquivir 
et du Guadiana, et ne s'arrêta que devant Mérida, qu'il finit 
par prendre grâce à des renforts arrivés d'Afrique. Abd el-Aziz, 
son fils, occupait l'est de la Bétique et forçait Theudemir à se 
reconnaître tributaire des musulmans. En moins d'un an, toute 
la péninsule était au pouvoir d-es musulmans. 

Abd el-Aziz (713-715), un des trois conquérants, fut désigné 
pour gouverner l'Espagne. La légende prétend qu'il épousa 
Égilone, la veuve de Rodéric, le dernier roi goth. Il prit Séville 
pour capitale; mais, au bout de deux ans, il fut assassiné par 
les ordres du calife ommiade de Damas. 

Les valis qui lui succédèrent continuèrent à étendre la puis- 
sance de rislam jusqu'au delà des Pyrénées dans la Gaule 
gothique, où ils furent arrêtés par la victoire d'Eudes, roi 
d'Aquitaine, devant Toulouse (721). 

Ahd er-Rahman (728-732) fit alors prêcher le djihad ou guerre 
sainte dans tous les pays musulmans et, à la tête d'une armée 
nombreuse, il franchit les Pyrénées, ravagea la Gascogne, prit 
Bordeaux, battit le comte Eudes et vint jusqu'à Poitiers. A 
l'approche de cet ennemi qui menaçait tout l'Occident, les Francs 
réunirent leurs forces. Charles Martel fit sa jonction avec les 
Aquitains, et les deux formidables armées se rencontrèrent sur 
les bords de la Loire, non loin de Poitiers. Les Arabes, chargés 
de trop de butin, furent vaincus après une lutte sanglante qui 
dura deux jours; leur chef fut tué et l'Europe chrétienne sauvée 
(bataille de Poitiers^ 732). 

Vers 743, un grand mouvement se fit, en Afrique, parmi les 
tribus berbères qui avaient embrassé le schisme des morabites 
(voués) et s'étaient révoltés contre les Arabes et les Syriens. 
Vainqueurs et vaincus débordèrent dans la péninsule, renver- 
sant les valis, refoulant encore les chrétiens dont ils prirent 
les terres, au milieu d'une confusion et d'une anarchie absolues. 

En 747, les chefs s'étant réunis, nommèrent Yousouf el-Fihrita 
pour rétablir l'ordre; alors s'élevèrent de nombreuses mosquée? 



ESPAGNE ARABE. XLVII 

et l'Espagne fut divisée en cinq provinces : Andalos, Toleitcla, 
Mérida, Saragosta, Arboima. 

En 750, l'unité politique de Tislamisme fut rompue; les Abbas- 
sides, descendant de l'oncle du prophète, ayant dépouillé les 
Ommiades de Damas du califat, Abd er-Rahman, un des descen- 
dants des califes dépossédés, échappé aux massacres, après de 
nombreuses aventures en Afrique, vint en Espagne avec quel- 
ques partisans, battit Yousouf, se rendit maître de la péninsule 
et se fit proclamer émir à Cordoue (756). Comme descendant 
des califes Ommiades, il ne reconnut pas la souveraineté des 
califes Abbassides d'Orient, et fit de la péninsule, jusque-là tri- 
butaire de Damas, un califat indépendant. Il eut à triompher 
de bien des ennemis : nausulmans, partisans de Yousouf venant 
d'Afrique, émissaires des Abbassides venant d'Asie; et enfin 
chrétiens des Asturies qui étendaient leur petit royaume, et 
avaient pris Oviedo pour capitale ea 759 ; ceux-ci furent sou- 
tenus par Charlemagne, qui, après avoir pris Pampelune, 
assiégea Saragosse (778) et fut battu à Roncevaux. 

DAbd er-Rahman date l'histoire de la civilisation arabe en 
Espagne. Ce prince généreux et magnanime, qui se défaisait de 
ses ennemis en se les attachant, fixa avec équité le tribut que 
devaient payer les chrétiens; il leur accorda une charte de 
protection où furent conservés et ratifiés les privilèges qu'ils 
avaient de s'administrer par leurs lois civiles et religieuses et 
d'obtenir liberté et sécurité pour leurs personnes et leurs 
biens. Il consacra les années paisibles de son règne à de grands 
travaux (F. mosquée de Cordoue), à développer l'instruction 
publique et à s'entourer de savants. 

Abd er-Rahman désigna pour lui succéder son fils Ilicham 
(788-796), qui, à peine sur le trône, vit la guerre civile se ral- 
lumer, le trône des califes n'étant ni héréditaire ni électif, car 
le Prophète avait dit : « Il n'y a de légitimité que celle qui 
s'acquiert par le triomphe des armes et la possession réelle du 
pouvoir souverain »; de là ces guerres civiles à la mort de 
chaque calife. De plus, chaque province étant gouvernée par un 
vali investi de tous les pouvoirs civils et religieux, ceux-ci, à 
chaque changement de règne, essayaient de s'ériger, chacun 
dans sa province, en souverain indépendant, et le nouveau calife 
avait presque toujours à reconquérir une partie de son 
royaume 
De 788 à 912 les califes eurent des règnes fort troublés. 
A la faveur de ces luttes les chrétiens se ralliaient et se for 
tifiaienl dans les montagnes des Asturies. Un des successeur» 



XLvm ttlStOIRE SOMMAIRE DE L^ËSPAGNÊ. 

de Pelage, Alphonse IIÏ (866-910), put étendre son royaume à 
la Galice, et Ordono II (914-924) transporta sa capitale d'Oviedo 
à Léon et prit le titre de roi de cette dernière ville. Pour se 
défendre des attaques des Maures, les chrétiens avaient cons- 
truit sur leur frontière de nombreux châteaux forts ou castillos, 
et les comtes de ces castillos, ou castilles, étaient devenus très 
puissants. Fernand Gonzalès, au ix* s., dispose à son gré du trône 
de Léon. 

Vers le même temps, Sanche P' de Navarre (905-925) conqué- 
rait le duché de Sobrarbe, dans la région montagneuse au pied 
des Pyrénées, duché qui fut le noyau du futur royaume 
d'Aragon, après avoir été uni à la Navarre jusqu'à la mort de 
Sanche III le Grand, en 1035. 

Abd er-Rahman III (912-961) fut le premier qui prit en Espagne 
le titre d'émir al-moumenin, ou commandeur des croyants. 
Sous son régne, qui fut le plus glorieux de l'époque musul- 
mane, l'Espagne jouit d'une prospérité qu'elle n'a plus retrouvée 
depuis; le commerce était actif et florissant, l'université de 
Cordoue avait une grande réputation : le clerc auvergnat Ger- 
bert alla chercher la science chez les musulmans avant de 
devenir le pape Sylvestre II; la marine remportait des avan- 
tages dans les mers du Levant sur celle du sultan d'Egypte. 
Partout s'élevaient de merveilleux édifices pour l'utilité et l'em- 
belUssement des villes. 

L'époque d'El-Hakem (961-976) fut comme un siècle d'Auguste 
qui marqua le point le plus élevé de la civilisation arabe. Un 
recensement de la population indique une prospérité véritable- 
ment inouïe. Le célèbre général Ghalib ajouta le Maroc aux états 
du calife de Cordoue. 

Sous Hicham H (976-1009), Mohammed ibn-Abi-Amir gagna le 
titre d'el-mansour par ses succès sur les chrétiens, auxquels il 
prit Astorga, Léon, Barcelone, Coimbre et Compostelle, mais il 
fut vaincu en 1002 à Calatanazor par les Asturiens, les Castil- 
lans et les Navarrais réunis qui reprirent l'offensive. 

A ce règne succède une ère de troubles, de désordres et de 
guerres entre les prétendants au califat (1009-1031). Les gouver- 
neurs ou valis des provinces' se déclarent indépendants du 
calife de Cordoue qui, sans autorité, ne peat défendre son 
royaume contre les berbères d'Afrique et les chrétiens du Nord. 

Hicham III, le dernier calife Ommiade, fut dépossédé en 1031, 
et en lui s'éteignait la dynastie qui avait régné pendant trois 
siècles sur l'Espagne et lui avait valu une ère de civilisaiion »i 
avancée et si florissante. 



LUTTES DES CHRÉTIENS ET DES MUSULMANS, xux 

Grandes luttes des chrétiens et des musulmans. — En 

1028, le comte Garcia de Gastille épousa la sœur de BermudolU, 
roi de Léon, et reçut de lui le titre de roi de Gastille, mais il fut 
assassiné cette même année. Sanche 111 le Grand de Navarre et 
Bermudo se disputèrent son héritage; celui-ci fut remis, en 1032, 
au fils de Sanche qui était gendre de Bermudo, à Ferdinand, qui 
fut vraiment le premier roi de Gastille et devint roi de Léon 
en 1037. 

A cette époque, l'Espagne musulmane est dans la plus grande 
anarchie; il y a des émirs indépendants à Grenade, à Tolède, à 
Séville, à Valence, à Murcie, à Ronda, à Badajoz, enfin dans 
toutes les villes d'une certaine importance : émirs souvent en 
lutte et incapables de résister aux chrétiens. 

Cependant les royaumes de Gastille, des Asturies et Léon 
étaient réunis sous Ferdinand 1*', qui s'emparait de Coimbre en 
1058, envahissait les terres des émirs de Tolède, de Séville 
(1063), de Valence (1064), et s'emparait de nombreuses villes. 
A la mort de ce premier conquérant chrétien (1065), son 
royaume fut ensanglanté par les luttes de ses fils. Alphonse Vf 
ayant triomphé de son frère Sanche II (1065-1072), fut un des 
souverains les plus remarquables de son temps. C'est l'époque des 
célèbres exploits du Gid (F. Burgos). Alphonse VI prit à Sanche, 
roi d'Aragon, la Biscaye, fit plusieurs campagnes heureuses contre 
les musulmans, et s'étant emparé de Tolède en 1085, il en fit sa 
capitale. De là, il étendit ses conquêtes, s'empara de Madrid, 
de Galatrava et de tout le cours du Tage, de Cuenca à Alcantara, 
11 avait ajouté à ses états un domaine fort étendu occupant 
le centre de la péninsule et appelé dès lors Nouvelle-Castille. 

Alors, les musulmans, se sentant en danger, appelèrent à leur 
aide une tribu saharienne nouvellement fanatisée par l'iman 
A-bdallah, qui, vers 1050, lui donna le nom d^ A Imor avides (voués) ; 
Jeurchef, Yousouf ibn-Tachfin, vint débarquer à l'île Verte (Algé- 
ciras), qu'on lui livra en 1086, s'empara de l'Andalousie et battit 
Alphonse VI à la sanglante bataille de Zalaca (1086). Après son 
retour en Afrique, les luttes des émirs ayant recommencé et 
les Castillans s'étant emparés de Lisbonne et de Santarem, en 
1093, Yousouf revint faire la conquête de la péninsule en 1097 
t't nomma émir, en 1103, son fils Ali. 

La puissance musulmane passa des mains des Arabes levan- 
tins ou Schargyn (Orientaux, d'où Sarrasins) aux Maures 
d'Afrique ou Maghrebyn (de Maghreb, couchant). 

A la mort d'Alphonse VI (1109) sa fille Urraca lui succéda en 
Gastille; elle avait épousé Alph/)nse.l^\ roi d'Aragon (1104-1134). 

tSFAGiNE. d 



L HISTOIRE SOMMAIRE DE L'ESPAGNE. 

Les deux royaumes furent un instant unis; Alphonse I" d'Aragon 
fut proclamé ^/p/io/25e III de Castille, mais les deux époux n'ayant 
pu s'entendre, reprirent chacun leur royaume (1114). La prépon- 
dérance resta aux Aragonais, qui remportèrent sur les Maures 
les victoires de TudeJa (1110) et de Cutanda (1120) et leur prirent 
Saragosse (1118), qui devint la capitale d'Alphonse I". A la mort 
de ce prince, le royaume d'Aragon fut divisé, et la suprématie 
passa à la Castille où Alphonse 7/7(1126-1157) avait succédé à sa 
mère Urraca. Ce prince se fit reconnaître à l'assemblée de Léon 
(1135) comme empereur suzerain de ses voisins de Navarre et 
d'Aragon. En 1139, le comte Alphonse de Portugal se faisait 
proclamer roi indépendant par les Gortès de Larnego et repre- 
nait aux Maures, en 1147, Santarem et Lisbonne. 

Alphonse VIII (1158-J214) fit de nombreuses expéditions contre 
les émirs Almoravides; ceux-ci, en face de cette concentration 
des forces chrétiennes, appelèrent à leur aide les Almohades, 
berbères d'Afrique, conduits par Abd el-Moûmin, qui, en 1160, 
substituèrent leur domination à celle des Almoravides. 

Le second successeur d'Abd el-Moûmin, Yaqoub el-Mansoûr 
(1184-1199), remporta sur Alphonse VIII la grande bataille 
idi'Alarcos (1195). 

En 1209, les Castillans, depuis longtemps en lutte avec leurs 
voisins de Navarre et de Léon, traitèrent avec eux, afin de 
reprendre l'offensive contre les Maures. Ceux-ci se voyant 
menacés firent encore appel aux tribus africaines qui vinrent 
en foule, disent les chroniqueurs. Toute la chrétienté s'unit à 
l'approche de cette formidable invasion : le Pape fit prêcher la 
croisade ; la France, l'Allemagne, l'Italie envoyèrent des ren- 
forts à l'Espagne chrétienne qui s'unit sous le drapeau de la 
Castille. L'invasion musulmane fut arrêtée et vaincue à la 
bataille de las Navas de Tolosa (1212). Cette bataille fut fatale à 
la puissance musulmane en Espagne, qui alla ensuite chaque 
jour en s'afTaiblissant. 

En 1214, à la mort d'Alphonse VIII, la Castille fut en proie aux 
compétitions et à la guerre civile pendant la minorité de HemH /"' 
sous la régence de sa sœur Berenguéla. A la mort de Henri I", 
en 1217, Bérenguela fit reconnaître comme roi de Castille son 
fils Ferdinand III, dit Saint Ferdinand (1217-12^2). En 1230, 
celui-ci hérita du royaume de Léon. Pour lutter contre les Maures 
il s'unit plusieurs fois avec son puissant voisin Jaime I^ 
d'Aragon (1213-1276) qui, après une minorité pleine de dissen- 
sions, avait pu conduire une croisade contre les infidèles des 
iles Baléares et conquérir Majorque en i232| tandis que Saint 



LUTTES DES CHRETIENS ET DES MUSULMANS. Ll 

Ferdinand remportait, en 1233, sur l'émir de Grenade, la vic- 
toire de JeVez, et, en 1236, s'emparait, après un long siège, de la 
grande et célèbre cité maure de Cordoue, jadis capitale des 
califes. 

De son côté, Jaime I" d'Aragon, continuant ses conquêtes, 
s'emparait du royaume de Valence et, en 1242, de l'île de 
Minorque et devenait ainsi un des plus puissants monarques 
de l'Europe, avec l'Aragon, le comté de Barcelone, jadis feuda- 
taire de la France, la Catalogne, Valence, le Roussillon, le 
comté de Montpellier et les îles Baléares. 

Saint Ferdinand avait aussi beaucoup agrandi la Gastille, 
définitivement unie au royaume de Léon; il n'avait laissé aux 
Maures, auxquels il avait pris Séville en 1248, que Grenade et 
le petit état des Algarves. La dynastie des Nasrides put y con- 
server l'étendard de l'islam, grâce aux dissensions intestines 
qui désolèrent le Gastille et l'Aragon à la mort des deux grands 
monarques Saint Ferdinand (1252) et Jaime I©' (1276). 

Sous les rois de Gastille, Alphonse X le Sage, Sanche IV le 
Brave et Ferdinand IV, c'est-à-dire de 1252 à 1310, et sous les 
rois d'Aragons : Pierre III (1276-1285), qui usa ses forces à guer- 
royer en Italie et en Sicile, Alphonse III, Jaime II, Alphonse IV, 
Pierre IV, Jean I" et Martin, c'est-à-dire de 1285 à 1412, la 
guerre civile et les révoltes des seigneurs occupèrent entière- 
ment les forces chrétiennes, qui ne purent attaquer les 
Maures. 

En Gastille, Alphonse XI (1310-1350), après une minorité très 
troublée, vainquit les Maures à Arcos, en 1344, et leur prit 
Algeciras. 

Son successeur, Pierre /"' le Gruel (1349-1368), quitta Valladolid 
pour faire de Séville sa résidence et sa capitale. Son règne est 
une longue suite de révoltes des nobles outrés de sa conduite 
et de ses crimes. 11 fit périr sa seconde femme, Blanche de 
Bourbon, combla d'honneurs sa maîtresse Maria de Padilla, 
qu'il chassa ensuite, fit assassiner presque tous ses parents, 
son ancien favori Alburquerque, fut en guerre avec l'Aragon el 
la France et finit par être tué en duel presque sous la tente de 
Duguesclin par son demi-frère Henri de Trastamare, qui lui 
succéda sous le nom de Henri II (1369-1379) et dut conquérir 
ville à ville son royaume révolté. Puis vinrent JeanP' (1379-1390), 
Henri lll le Malade (1390-1406), Jean II (1406-1454), qui eut pour 
régent, pendant sa minorité, son oncle Ferdinand (plus tard 
roi d'Aragon de 1412 à 1416). Jean II, avec le connétable de la 
Luna, fit une expédition contre les Maures et leur prit Ante< 



î^i HÎStOIRÈ SOMMAIRE DE j/ESPAGNÈ. 

quera en 1410; mais la guerre civile ayant recommencé en 
Castille, le roi fît condamner le connétable et mourut en 1454. 
Henri IV l'Impuissant déshérita sa fille Juana, dite la Bel- 
traneja (du nom du favori de sa mère, Beltran de la Gueva), 
pour reconnaître comme héritière sa sœur Isabelle. Celle-ci 
épousa Ferdinand II, fils de Jean U d'Aragon, qui avait hérité 
de la Navarre. Ainsi furent réunis le royaume de Castiile, du 
chef d'Isabelle, reine en 1474, et le royaume d'Aragon, du chef 
de Ferdinand, roi de Navarre en 1479. Les chrétiens d'Espagne 
étant unis vont chasser les derniers musulmans et faire dispa- 
raître cette civilisation orientale qui avait brillé d'un si vif 
éclat. Grenade, la dernière citadelle des Maures, lutta encore 
jusqu'en 1492. 

Espagne chrétienne. — Isabelle de Castille (1474-1504) et 
Ferdinand II d'Aragon (1479-1516), dits les Rois Catholiques (los 
Reyes Catolicos), régnèrent unis ; ils firent ensemble une cam- 
pagne de dix ans pour triompher du royaume de Grenade (1492) 
et décrétèrent en même temps l'expulsion de tous les Juifs du 
royaume. Cette même année 1492, Christophe Colomb décou- 
vrait le nouveau monde, qu'il offrait à ses souverains. 

L'Espagne, à peine unifiée, commença à intervenir dans la 
politique européenne. Ce fut à propos des guerres de la France 
contre l'Italie; au traité de Narbonne, en 1493, Charles VIII de 
'France céda le Roussillon et la Sardaigne à l'Espagne pour 
l'avoir comme alliée, ce qui n'empêcha pas Ferdinand II d'orga- 
niser la sainte ligue contre la France et d'envoyer Gonzalve de 
Gordoue rétablir son parent sur le trône de Naples (1496). Une 
longue guerre s'ensuivit avec la France. A la mort d'Isabelle de 
Castille (1504), sa fille Jeanne dite la Folle, hérita et Philippe le 
Beau, son mari, fut nommé roi (1504-1506). A la mort de ce der- 
nier, Ferdinand II d'Aragon exerça la régence au nom de son 
petit-fils Charles; il fut secondé par l'habile ministre Ximenes 
de Cisneros (1436-1517). Il guerroya contre Louis XII de France 
et conquit la Navarre (1515). 

Maison d^ Autriche (1516). — A la mort de son grand-père 
Ferdinand II d'Aragon, le prince Charles hérita du royaume 
d'Aragon et de ses dépendances et fut déclaré majeur en Cas- 
tille, où il prit possession du royaume de sa mère Jeanne la 
Folle, femme de Philippe le Beau, sous le nom de Charles Quint; 
de ce -prince date la réunion de toute l'Espagne en un même 
état. Par son père Philippe le Beau, fils de l'empereur Maximi- 
lien, il avait droit aussi à l'Allemagne, où il fut élu empereur, 
malgré les intriguer 4e François P'. Charles Quint s'occupa peu 



ESPAGNE CHRÉTIENNE. Llii 

des affaires de l'Espagne, qu'il mécontenta par son absolutismcs 
et ses préférences pour ses sujets flamands : aussi eut-il à sou- 
tenir la révolte des communeros (1521-1522). Il fit de longues 
guerres en Italie contre François P' et ne signa qu'en 1538 
une trêve de dix ans. En 1539, il réprime une révolte des Gan- 
tois et reprend la guerre contre François I", allié des Turcs et 
des réformés, de 1542 à 1544» Il avait fait condamner la doc- 
trine de Luther, mais ne put l'empêcher de se propager en 
Allema2:ne. Il lutta contre les Barbaresques, qui attaquaient les 
côtes d'Espagne, fut victorieux à Tunis en 1535 et subit un 
échec à Alger en 1541. En 1556, il se retira au monastère de 
Yuste, d'où il continua à diriger toutes les affaires de l'empire 
jusqu'à sa mort (1558). 

Philippe II, son fils, avait été reconnu roi d'Espagne, des Pays- 
Bas, avec la possession de territoires en Italie et en Amérique 
(1556). Il avait épousé Marie Tudor, reine d'Angleterre. Il eut à 
combattre le pape Paul IV (1557) et la France (1557-1559) et signa 
la paix qui termina les guerres d'Italie. Sous son règne, qui fut 
sombre et néfaste, l'Inquisition redouble ses rigueurs et, s'achar^ 
nant contre les Maures restés en Espagne, transforme en déserts 
des régions riches et fertiles. En 1571, la flotte, commandée 
par don Juan d'Autriche, frère naturel du roi, gagne sur les 
Turcs la bataille de Lépante. Les Pays-Bas se révoltent plusieurs 
fois pour secouer le joug de leurs gouverneurs (1567, 1574 
1578). En 1580, le Portugal est conquis. En 1588, l'invincible 
Armada, flotte nombreuse, se perd en se dirigeant vers l'Angle- 
terre. Une armée espagnole, soutenant la Ligue contre Henri IV 
(1590-1592), est défaite en France. Philippe II condamna à mort son 
fils don Carlos et fit, dit-on, empoisonner sa femme Isabelle ^e 
Valois et son frère Juan d'Autriche. 

Philippe III (1598-1621) a pour favori le duc de Lerma. Ses 
armées sont vaincues en Flandre, où il est forcé de signer la 
trêve de la Haye (1609) qui lui fait perdre 18 provinces. Sa flotte 
est battue par les Anglais. Il prend part à la guerre de la suc- 
cession de Mantoue (161 1-1617) et à la guerre de Trente Ans (1620). 
11 expulse ou extermine les derniers Morisques (1609-1610), et 
cet acte de cruauté inouï prive l'Espagne d'un million de ses 
plus laborieux habitants. Les rigueurs de l'Inquisition, l'émi- 
gration d'une foule d'Espagnols qui allait chercher fortune dans 
le nouveau monde, les guerres continuelles amènent bientôt la 
ruine de l'Espagne, qui perd à chaque nouveau règne quelques- 
unes de ses provinces. 
Philippe IV (1621-1665) a pour favori le comte d'Olivarèa. 



XIV HISTOIRE SOMMAIRE DE L'ESPAGNE. 

Guerres, sûmes de la perte du Portugal (1640), du Roussillon 
(1642) et de l'Artois (1659). 

Charles II (1665-1700), mineur. — Régence de sa mère, qui 
subit l'influence du jésuite Nithard. — Guerre contre Louis XIV; 
perte de la Franche-Comté (1679). A la mort de Charles II, 
guerres de la succession d'Espagne (1700-1714), pertes de toutes 
les possessions européennes hors de la péninsule, et de Gibraltar 
prise par les Anglais (1704). 

Maison de Bourbon, — Philippe V (1700-1724), petit-fils de 
Louis XIV, subit Tinfluence de Marie-Louise de Savoie, puis de 
la princesse des Ursins, enfin de sa seconde femme Elisabeth 
Farnèse, qui eut pour favori Alberoni. Expéditions malheureuses 
contre la Sardaigne (1717), la Sicile (1718), la France et TAngle- 
lerre réunies (1719). — Philippe V abdique en faveur de son 
fils Louis /" (1724), qui meurt après huit mois de règne. — 
Philippe V reprend la couronne (1724-1746). Après une guerre 
avec TAngleterre, la reine Elisabeth obtient pour son fils don 
Carlos le duché de Parme (traité de Vienne, 1732), puis, après 
la guerre de la succession de la Pologne (1733), Naples et la 
Sicile (1734). L'Espagne était encore mêlée à la guerre de la 
succession d'Autriche lorsque le roi mourut. 

Ferdinand 7/(4 746-1759) signe au traité d'Aix-la-Chapelle (1748) 
qui confirmait les acquisitions des fils d'Elisabeth Farnèse en 
Italie. Les Anglais et les Français en lutte cherchent des alliés 
en Espagne et leur influence trouble les partis. 

Charles III (1759-1788), fils d'Elisabeth Farnèse, demi-frère du 
précédent, donne sa couronne de Naples à son second fils et 
vient prendre possession du trône d'Espagne. En 1761 il signe 
avec la France le pacte de famille. Il prend part à la guerre de 
Sept Ans et à celle de l'indépendance des États-Unis (1779-1783), 
espérant reprendre aux Anglais Gibraltar. Il fait des expéditions 
malheureuses contre le Maroc (1774) et Alger (1775-1785). A 
l'intérieur, Charles III accomplit quelques réformes utiles et 
réorganisa un peu le royaume. 

Charles IV (1788-1808), esprit étroit et caractère faible, se 
laissa dominer par Godoy. le favori de la reine. En 1793, 
l'Espagne déclare la guerre à la Convention, est d'abord victo- 
rieuse, puis est vaincue en 179 i par Dugommier et Moncey et 
signe la paix à Bâle (1795). — Godoy est nommé prince de la 
Paix, — Guerre contre l'Angleterre et alliance avec Bona- 
parte; perte de la flotte à Trafalgar (1805). — Dissensions 
dans la famille royale : le prince Ferdinand est arrêté, le 
peuple se soulève en sa faveur, le roi abdique; Napoléon 



ESPAGNE CHRÉTIENNE. LV 

profite de ces troubles pour nommer son frère Joseph roi cVEs- 
pagne. 

Alors éclate une guerre acharnée, dite guerre de V Indépendance 
(1808-1814), où le peuple espai^nol fit preuve d'un patriotisme et 
d'une cojistance vraiment extraordinaires. En 1812, les Cortès, 
réunies à Cadix, donnent au pays une constitution libérale qui est 
accueillie avec enthousiasme. 

Enfin Napoléon, vaincu, traite à Valençay avec Ferdinand VII^ 
qui renverse l'œuvre des Cortès et rétablit le pouvoir absolu. 
En 1820, une révolution, qui éclate à l'île de Léon, établit un 
gouvernement constitutionnel, dit gouvernement des Gortès\ 
mais une armée française, appelée par Ferdinand, et commandée 
par le duc d'Angoulême, le renverse en 1823 pour rétablir le 
pouvoir absolu. 

C'est sous Ferdinand VU qu'éclatèrent en Amérique, à partir 
de 1810, les révolutions qui ont enlevé successivement à l'Es- 
paççne toutes les colonies qu'elle possédait sur le vaste continent. 

En 1833, mort de Ferdinand VII, qui avait rédigé une prag- 
matique par laquelle il léguait sa couronne à sa fille Isabelle, 
encore enfant, sous la tutelle de Christine, sa mère. Celle-ci, 
après une longue lutte contre don Carlos, frère du dernier roi, 
qui ne fut expulsé qu'en 1839, et contre le parti révolution- 
naire, se vit forcée, en 1840, d'abdiquer la régence, qui fut 
déférée par les Cortès au général Espartero. Ce dernier fut 
renversé en 1843, et Isabelle proclamée majeure. Elle épousa en 
1846 son cousin, l'infant don François d'Assise. Son règne fut 
troublé par de nombreuses révoltes ou insurrections militaires, 
dont la dernière (sept. 1868) la déclara déchue, ainsi que sa 
famille. Un gouvernement provisoire est institué; Serrano 
nommé régent du royaume (1869). Isabelle abdique en faveur 
de son fils Alphonse. En 1870, des Cortès constituantes, nommées 
par le sufl'rage universel, appellent au trône Amédée, duc 
d'Aoste, de la maison de Savoie, qui abdique après trois ans de 
règne (déc. 1870-fév. 1873). La république est proclamée, mais le 
fils aîné d'Isabelle, Alphonse XII, est rappelé par un pronuncia^ 
miento du général Martinez Campos (30 déc. 1874) et reconnu 
roi en 1875. 

11 termina la guerre carliste, donna une constitution qui lais- 
sait le pouvoir à deux chambres (1876) et eut à réprimer bien 
des agitations et des émeutes. Il mourut en 1885, laissant la 
régence à sa seconde femme, Marie-Christine d'Autriche, qui 
accoucha quelques mois après d'un fils proclamé sous le nom 
d'Alphonse XIII, Les ministres libéraux, progressistes avec 



LVi HISTOIRE SOMMAIRE DE L'ESPAGNE. 

M. Sagasta, et conservateurs avec M. Canovas del Gastillo(f 4897), 
se succèdent au pouvoir^ amenant une ère de tranquillité, trou- 
blée seulement par les guerres contre Cuba et les Philippines 
révoltées. — En 1898 la guerre éclata entre les États-Unis et 
l'Espagne, qui perdit définitivement ses plus riches colonies 
d'Amérique et d'Asie : Cuba, Porto-Rico et les Philippines. 
La même année l'Espagne cédait à l'Allemagne l'archipel des 
Carolines. 

Le royaume d'Espagne (y compris les Canaries et les pos- 
sessions de l'Afrique septentrionale) mesure 504,567 k. carrés 
de superficie et comptait, d'après le recensement de 1900, 
18,617,956 d'hab. (37 par k. carré). Les colonies d'Afrique (Fer- 
nando Po, Annobon, Gorisco, etc.) occupent env. 212,700 k« 
carrés et comptent env, 291,000 hab. 



LES ARTS EN ESPAGNE 

Petit guide historique 
par EMILE BERTAUX, 

Chargé de cours à la Faculté des Lettres do Paris. 



Avant'propos. — Le voyageur de bonne volonté qui entre en Espagne, 
pressé d'atteindre Madrid et de gagner l'Andalousie, n'ignore pas qu'il est 
attendu au Musée du Prado par Vclâzquez et par Goya, avec lesquels il n'a 
pu avoir, dans d'autres musées, que des rencontres fugitives, mais inou- 
bliables pour un œil sensible à la « pointure ». Il attend à Séville, les 
extases de Murillo, où la lumière céleste lui apparaîtra peuplée de brunes 
Andalouses. Il rêve des promesses de Grenade et de l'acropole vermeille, 
qui doit lui révéler, à la sortie d'un bois sacré, le monde des féeries orien- 
tales. 

Des surprises lui sont réservées, bien avant Madrid : Tune des premières 
et des plus fortes à l'étape de Burgos. Voici que la route des paradis 
mauresques est comme barrée par la grande cathédrale dont le vaisseau est 
celui d'une cathédrale française et qui élève au-dessus du triste plateau 
' ^stillan ses deux flèches ajourées de cathédrale germanique. A l'intérieur, 
ies chapelles sont autant de petits musées où l'on pa^o en revue, sous le 
commandement du bedeau, tous les styles européens du moyen âge et de 
la Renaissance. En avançant à travers l'Espagne et jusqu'en pleine Anda- 
lousie, on se croira plus d'une fois, devant un édifice ou un tombeau, trans- 
porté en France, en Flandre, en Allemagne ou en Italie. Longtemps avant 
que les rois d'Espagne, devenus maîtres d'une moitié du monde, se tissent 
collectionneurs et enrichissent leurs palais des tableaux flamands et véni- 
tiens que nous admirons au Prado, les moines, les prélats, les grands 
avaient réuni pendant plusieurs siècles, dans la construction et la décora- 
tion dos églises ou des palais, tous ies arts qui avaient été créés dans les 
pays du Nord et en Italie. L'Espagne devint pour quelques-uns do ces arts 
étrangers une seconde patrie. 

Si l'on est étonné de reconnaître les formes les plus septentrionales de 
l'art chrétien transplantées et acclimatées en Espagne, on ne le sera pas 
moins, eu apercevant déjà, eu Castille et en Aragon, l'art musuhnan, que 
l'on pouvait croire confiné daus les provinces méridionales. Les détails 
mauresques percent de tous côtés dans ies monuments les plus compacts 
de l'art importé du Nord, comme les pousses d'une végétation profondé- 
ment enracinée au sol. L'art de l'islam vaincu garde, môme alors qu'il est 
réduit à de menus ouvrages d'artisan, sa vitalité et son prestige. Au milieu 
dos arts multiples qui ont formé l'art espagnol, il faut souvent, pour 



LVIII LES ARTS EN ESPAGNE. 

découvrir le socret de combinaisons dëconcertantes, invoquer la réaction 
prolongée du vieux ferment musulman. 

La péninsule européenne qui s'avance vers l'Afrique a été ainsi pour les 
arts les plus oppo3és un terrain de rencontre et un champ d'expériences, 
jusqu'au temps où l'Espagne trouva, pour exprimer ce qu'il y avait de plus 
profond et de plus « espagnol » dans son peuple, à la fois réaliste et mys- 
tique, les grands maîtres, dont les uns peignirent ce qu'ils voyaient, tel qu'ils 
le voyaient, et les autres ce qu'ils croyaient, comme s'ils le voyaient. Dans 
ies siècles qui ont précédé ces portraitistes souverains de leur peuple et de 
leur foi, la multiplicité des formes d'art qui se trouvent rapprochées et 
combinées en Espagne offre aux analystes an divertissement qui se renou- 
velle sans cesse au cours du voyage. Ceux qui seront assez sûrs de leur 
estomac et de leur castillan pour aller chercher loin des villes les plus hos- 
pitalières le pittoresque bariolé qu'ont trouvé les romantiques, auront peu 
de chances de rencontrer des tableaux des grands maîtres comparables aux 
Zurbaran dont le monastère de Guadalupe possède une collection, à deux 
jours de tout chemin de fer; mais une église oubliée, avec ses tombeaux et 
ses retables, résumera parfois pour eux tout un tour d'Europe, avec une 
excursion en Orient. Tolède, si facile à visiter de Madrid, est à elle seule le 
plus varié et le plus somptueux des spectacles historiques. On risquera seu- 
lement de s'égarer au milieu de la prodigieuse concrétion de tous les arts 
que les siècles ont déposée sur le rocher superbe, comme on se perd infail- 
liblement dans le dédale des ruelles désertes. Pour s'orienter à travers le 
passé magnifique et touffu de l'Espagne, peut-être ne trouvera-t-on pas 
inutile de parcourir, avant le guide topographique, un petit guide histo- 
rique. Ce guide offrira, dans un résumé élémentaire, les données les plus 
récemment acquises sur les différentes époques d'un art qui, d'année en 
année, attire plus fortement la curiosité des chercheurs et qui réserve 
encore bien dos découvertes à ceux qui savent regarder. 

L'époque primitWe. — Les débris de monuments sans âge, en pierres 
sèches, qu'il faut chercher dans les Baléares ou en Estremadure, restent en 
dehors des routes praticables. Les voyageurs qui admirent en Italie la 
grandeur des murailles « préromaines » en verront de formidables à 
Tarragone, avec des linteaux de porte qui pourraient couvrir un dolmen. 
Quant aux origines des arts plastiques en Espagne, on les trouvera résu- 
mées suffisamment, selon l'état actuel de nos connaissances, dans une salle 
du Musée archéologique de Madrid. Les morceaux qui y ont été réunis, 
céramiques grossières et tessons de vases grecs, bijoux à décor géomé- 
trique, petits bronzes et grandes têtes de bœufs (celles-ci provenant de 
M inorque et analogues à certaines idoles mycéniennes et sardes), statues 
d'animaux on de monstres et statuettes de pierre, montrent déjà ces 
mélanges d'éléments européens et orientaux qui se reformeront aux époques 
les plus brillantes de l'histoire d'Espagne. L'art « égéen » antérieur à 
l'époque homérique, l'art ionien des colons phocéens ont été transportés aux 
rivages occidentaux de la Méditerranée, comme l'art phénicien ou punique, 
par le commerce de mer. Un art grec et un art oriental qu'il est malaisé 
de définir exactement se sont combinés dans le sud-est de l'Espagne pour j 
former une sculpture qui peut être rapprochée d'autres formes de l'art j 
gréco-oriental. Les statuettes déterrées au Cerro de lot Scmtos (pi-ov. d'Al- ; 
baoete) reBsemblent, môme par leurs coifiures étranges et leurs pesants col- 



LES ARTS EN ESPAGNE. ITX 

liera, aux statues et aux bustes retrouvés à Palmyre. Ce sont des ouvrages 
sommaires et très inégaux, difficiles à dater, et qui restent mêlés dans les 
vitrines avec des faux dus à l'imagination d'un horloger d'Yecla. La seule 
sculpture gréco-orientale d'Espagne qui soit une œuvre d'artist© et qui ait 
pu être attribuée à un Grec, est le fameux buste de femme retrouvé à Elche 
et conservé au musée du Louvre. Les Parisiens qui se préparent à un 
voyage d'Espagne doivent une visite à cette « Carmen » ibérique, parée 
comme une Salammbô. 

La domination romaine. — L'art du Cerro de les Santos, dont l'apogée 
a été placée, sans preuves, au siècle de Phidias, paraît avoir survécu obscu- 
rément jusque sous la domination romaine. Après une première « Guerre de 
l'Indépendance », qui dura deux siècles, la soumission des régions les moins 
accessibles fut achevée au temps d'Auguste. La Gaule même n'a pas été 
romanisée plus complètement que l'Espagne, qui envoya à Rome des écri- 
vains et des rhéteurs fameux, et un empereur tel que Trajan. 

La plus grande et la plus riche des villes de l'Espagne romaine fut 
Mérida : aujourd'hui simple bourgade, dont le sol et les maisons sont rem- 
plis de marbres antiques, et qui peut montrer des ruines de tous les monu- 
ments officiels de ses plaisirs, y compris la naumachie. Tarragone, dont les 
murailles romaines ont été élevées très haut sur le soubassement des blocs 
cyclopéens, possède un petit musée de restes antiques, où l'on verra de 
beaux morceaux de sculpture décorative, provenant sans doute d'un temple 
augustéen de Jupiter. La tour funéraire et le petit arc de triomphe qui se 
sont conservés à quelque distance de la ville ne peuvent être comparés aux 
monuments romains de la Provence. Pour l'Espagne, ce sont les aqueducs 
qui apparaissent vraiment, selon le mot do Frontin, comme les témoins les 
plus solennels de la grandeur de l'Empire. L'aqueduc de Tarragone égale 
un « Pont du Gard », pour la beauté de l'édifice et du site ; les aqueducs de 
Mérida, cette « seconde Rome », sont dignes de la Campagne romaine; et la 
puissance d'Auguste et de Trajan semble régner encore sur le faubourg de 
maisons naines que domine l'aqueduc de Ségovie» 

Les origines de Part chrétien. — Les sarcophages de marbre, décorés 
de reliefs, qui se multiplient dans tout l'Empire, après la diffusion des 
religions orientales, sont moins nombreux en Espagne qu'en Gaule. Ils sem- 
blent avoir été importés d'Italie ou de Provence. Les sarcophages à sujets 
chrétiens ont la même origine. Cependant l'Espagne a reçu, avant la fin 
de l'Empire, un nouvel apport d'art oriental, sans doute par le commerce 
des Syriens. On a retrouvé en Catalogne des restes particulièrement défi- 
gurés de chapelles à coupole {San Miguel^ dans l'ancienne Tarrassa). Des 
motifs géométriques d'origine orientale sont adoptés par les artisans bar- 
bares, incapables d'imiter la sculpture gréco-romaine# L'arc en fer à cheval 
se montre sur des stèles du ii" et du m* s. (dont l'une est au Musée archéo- 
logique); il est employé comme élément de décoration dans la plus grande 
partie de l'Espagne, longtemps avant l'invasion musulmane. 

L'art visigothique. — Tolède entre dans l'histoire au temps où le roi 
visigoth Athanagild fixe sa résidence, vers le milieu du vi« s., sur le rocher 
qui a pour fossé le Tage. L'Espagne connut, sous le règne de ce Barbare et 
de ses successeurs, pendant un siècle et demi, une civilisation qui rivalisa 
avec celle du royaume ostrogoth d'Italie pour la culture du droit, de» 
lettres et des sciences. Les industries de luxe qui prospérèrent dans la 



LX LES ARTS EN ESPAGNE. 

nouvelle capitale sont encore représentées par le trésor qui a été retrouvé 
dans une ancienne cachette, à Guarrazar, non loin de Tolède. On peut étudier 
au musée do Clany les couronnes votives jadis données par les roi? gotlis; 
une seule de ces couronnes est conservée à l'Armeria de Madrid ; un bras de ., 
croix, provenant de Guarrazar, est gardé sous clef au Musée archéologiqio, 'f. 
avec des bijoux visigoths do provenances diverses. Ces ouvrages, cloisonnés % 
et garnis de grenats ou de pierres fines, sont imités d'ouvrages persans de 
l'époque sassanide, que les Barbares venus de l'Europe orientale avaient . 
connus dans leur pays d'origine. De l'architecture visigothique, Tolède n'a 
conservé que des chapiteaux, assez grossièrement imités de modèles 
romains. L'église de San Juan de Banos, sur laquelle on lit encore l'inscrip- 
tion dédicatoire du roi Réceswinthe (milieu du vii« s.), dont la couronne 
votive est à Paris, a été complètement restaurée. Les arcs eh fer à cheval ] 
de la nef semblent avoir conservé leur tracé primitif, qui se retrouve dans 
de très vieilles églises do la Galice. Les architectes visigoths ont adopté 
dans leurs constructions l'art oriental, employé avant eux par les sculpteurs 
espagnols dans les arcades décoratives des pierres funéraires. 

L'art musulman. — I. Le califat de Cordoue. — L'invasion musulmane, 
qui franchit le détroit en l'année 710, anéantit le royaume visigoth, refoula 
les chrétiens qui résistaient encore dans les montagnes des Pyrénées et des 
Asturies, et allait inonder l'Europe, lorsque le flot fut arrêté à la journée dite 
de Poitiers (732). L'Espagne, avec ses villes historiques et ses riches cam- , 
pagnes, restait aux pouvoirs des émirs. Elle eut, un demi-siècle après la ■ 
conquête musulmane, une nouvelle capitale, Cordoue^ qui devint bientôt la * 
rivale de Bagdad et de Byzaoce, pour la grandeur et la splendeur de ses 
monuments, au milieu desquels vivait une population évaluée à un million • 
d'hommes. La mosquée qui a été le centre religieux de l'Espagne et de • 
l'Afrique du Nord conserve, dans son enceinte de citadelle basse, une forêt ^ 
de colonnes qui a été à peine entamée par les coupes pratiquées au milieu 
de l'édifice, pour la construction de la haute cathédrale. La mosquée elle- 
même avait d'abord pris la place d'une église. Ses colonnes sont antiques ', 
la plupart de ses chapiteaux, visigoths. 11 est possible que des artisans .; 
chrétiens aient construit les premières arcades en fer à cheval; mais le . 
second étage d'arcades, qui gagne de la hauteur pour les toitures, sans 
danger pour la solidité, est certainement imité de l'un des aqueducs 
romains de Mérida (« los Milagros »). Quant au plan, il semble avoir été 
imité, dès l'origine, d'une mosquée primitive, analogue à celle de Fostat, 
au bord du Nil. Comme cette mosquée égyptienne, la mosquée de Cordoue : 
a grandi, en même temps que la ville : elle s'est développée en deux sen$ . 
différents, par une multiplication de travées, qui eût été interdite à une église 
chrétienne, et qui pi^vait étendre indéfiniment^la vaste salle do prières. 
Deux de ces agrandissements ont eu lieu au x*' s., après que le souverain qui 
régnait à Cordoue eut pris le titre de Calife. La décoration du sanctuaire 
réservé au calife et aux grands a été achevée en 965 par les soins de Hakem IL 
C'est un résumé des magnificences do l'Orient, à une époque où l'Europe 
chrétienne était rentrée dans les ténèbres. Les mosaïques florales sont faites 
de cubes d'émail envoyés de Byzance par Constantin Porphyrogénète. Les 
lambris de marbre, dont les sculptures dessinent d'inextricables dentelles, 
les arcs lobés qui s'entre-croisent, les coupoles singulières, avec leurs 
trompes d'angle et leura nervures étoilées, qui ont été imitées à Tolèd« 



LÈS ARTS EN ESPAGNE. I >^'î 

©n OSO, dans lo sanctuaire d'une mosquée (« Cristo de la Luz »), tous ces 
motifs peuvent êlFe retrouvés dans des ruines éparscs aux bords de 
l'Euphrate. Ils ont dû être apportés on Espagne par des artistes venus des 
contins de la Perse. Quelques-uns d'entre eux se sont arrêtés au Caire et à 
Kairouan. Mais le sanctuaire de la mosquée de Cordoue reste un monument 
sans pareil et le seul qui nous rende, dans une vision qui est une réalité 
solide et mtacte, la splendeur disparue de Bagdad. 

Lo palais qui communiquait avec la mosquée de Cordoue n'a pas laissé 
(Je trace; d'un autre palais, celui (ÏAzzahra, bâti hors de la ville, et qui fut 
le Versailles des califes, des fouilles, commencées en 1910,- n'ont retrouvé 
jusqu'ici que des fragments fort intéressants de reliefs en stuc et de céra^ 
mique à reflets dorés. La décoration de ces palais était plus riche et plus 
variée que celle de la mosquée elle-même et comportait des figures d'hom- 
mes et d'animaux, qui, bien que proscrites par la loi religieuse, furent 
longtemps tolérées dans l'art profane de l'Islam. On peut se faire une idée 
do cette décoration par les reliefs des ivoires qui ont été ciselés à Cordoue 
au x« et au xi" s. pour les califes ou leurs ministres. L'un des plus précieux est 
une boîte ronde que possède le Musée du Louvre ; le plus grand et le plus 
beau est un coffret conservé au trésor de la cathédrale de Pampelime. Les 
figurines dont il est orné étaient directement imitées de l'art de Bagdad ; 
pour nous, leurs minuscules silhouettes peuvent évoquer le temps des 
souverains, à la fois pontifes et empereurs, qui se plaisaient à la chasse, à 
la musique et au vin, en dépit du Prophète, et qui continuaient en Espagne, 
comme en Orient, la vie voluptueuse et violente des anciens rois de Perse. 

IL Du démembrement du califat à la chute du royaume de Grenade. — 
L'art oriental qui avait fait de Cordoue la merveille de l'Occident ne 
disparut pas avec le califat ; il continua de fleurir, avec des formes de plus 
en plus compliquées, dans quelques-unes des viHes où rognaient les petits 
princes qui avaient remplacé un Empire par une anarchie féodale. Au xi® s., 
la décoration du sanctuaire de la mosquée de Tlemcen diffère peu de celle 
de VAljaferia, le palais élevé par les Béni Hud hors de l'onceinte de Sara- 
gosse, et qui conserve un reste important de sa petite mosquée. Deux portes 
de ce palais, très richement et bizarrement ornées, ont été transportées au 
Musée archéologique de Madrid. De nouvelles invasions de Sahariens ou 
de Berbères rétablissent pour peu de temps l'unité musulmane en Espagne 
et y abolissent en même temps la civilisation profane du califat. Sous les 
Almohades, dont le vaste empire s'étendait sur tout le Maghreb, Séville 
devient capitale. La fameuse Giralda, minaret de la grande mosquée, dont 
la cour a gardé son plan dans lo Patio de los Naranjos, est décorée d'ar^ 
cades entrecroisées, comme la Kotoubieh de Marrakech, qu'elle dépasse en 
hauteur et en richesse. 

Une dernière vague de peuples sembla jeter l'Afrique sur l'Espagne, pour 
réèister à l'effort suprême de la croisade qui enlevait une à une les princi- 
pautés musulmanes et dont les armées comptaient des volontaires de tous 
les royaumes d'Europe. Apr^s le choc décisif de Las Navas de Tolosa (1212), 
l'Andalousie elle-même est ouverte aux chrétiens. Ferdinand le Saint prend 
Tordoue en 1226, Séville en 1248. Alors tout ce qui resto de vie et de splen- , 
deiir dans l'Espagne musulmane se concentre dans le ])etit état des sul- 
tans de Grenade. Au milieu des jardins de sa « Vega », la ville que les 
poètes comparaient à un morceau du ciel tombé sur terre eut encore deux 



LXn LES ARTS EN ESPAGNE. 

siècles de prospérité et de joie, dont le souvenir nous restera visible tant 
que VAlhambra ne se sera pas effondré sur son rocher. -Construction légère 
et trompeuse, faite pour des princes qui voulaient épuiser à la hâte ce que 
leur offraient la vie et l'art, décor fait de brique, de lattes, de plâtre et de 
pisé, le palais des sultans n'est qu un château de cartes. Pourtant il retiendra 
dans son réseau d'enchantements ceux mêmes qui auront le mieux compris 
la noblesse antique et vénérable du sanctuaire de Cordoue. L'Alhambra est 
l'unique ensemble d architecture profane qui nous reste du moyen âge 
musulman. La figure humaine n'y paraît plus que dans des peintures de la 
fin du XIV* s , scènes de roman et de chasse, portraits des sultans, qui sont 
l'œuvre d'un chrétien, peut-être sévillan. Les lions enfantins rangés autour 
de la célèbre fontaine sont seuls à rappeler la ménagerie d'or et d'argent 
qui était dispersée jadis dans les palais des califes de Cordoue. Les fantai- 
sies les plus imprévues pour nous auxquelles se soient joués les décora- 
teurs de l'Alhambra sont géométriques ou épigraphiques. Mais les gigan- 
tesques toiles d'araignée dessinées par les polygones, les coupoles, incom- 
préhensibles ruches d'alvéoles et de stalactites, ont encore le don de nous 
éblouir. L'harmonie en bleu., blanc et or a gardé sa séduction délicate 
dans les salles que les restaurateurs n'ont pas saccagées. Ces jeux 
d'abstractions, changeants comme les eaux qui murmuraient partout, se 
mêlaient aux fumées des brûl»-parfums pour égarer l'imagination des 
contemplateurs impassibles dans un monde affranchi de l'action, comme 
de la pesanteur, et où des yeux « accordés » autrement que les nôtres ont 
joui de ce plaisir profond que peut donner le rythme dans l'indéfini — 
ivresse de raffinés, que l'Européen a fini par trouver dans la musique. 

L'art Juif et mudéjar. — La prise de Grenade par les Rois Catholiques, 
en 1492, mit fin à la Beconquista. Pendant les cinq siècles de ce duel épique 
entre l'Islam et le Christianisme, les trêves avaient été fréquentes et les 
échanges continuels. La civilisation musulmane donna à ses ennemis plus 
qu'elle ne reçut et conquit ses vainqueurs, en Espagne, comme en Sicile 
et dans l'Orient Latin. 

Tolède avait été prise dès 1085 par le roi Alphonse VI. La ville royale des 
Visigoths reprit son rang de capitale, au milieu des provinces reconquises , 
qui reçurent le nom de Nouvelle Castille. Mais elle resta à demi orientale. 
Les rois de Castille montrèrent pendant plusieurs siècles une tolérance toute 
musulmane pour les juifs et les musulmans eux-mêmes. Les infidèles eurent 
à Tolède, et dans les grandes villes chrétiennes, leurs quartiers, leurs 
magistrats et leurs prêtres. Les Juifs, déjà nombreux en Espagne au temps ^ 
des Visigoths, avaient adopté, sous la domination musulmane, la langue, le .^ 
costume et les arts des conquérants : ils les conservèrent sous les rois cas- 'i 
tilians. Tolède possède encore deux monuments qui forment un groupe unique 
en Europe : deux synagogues du moyen âge. Celle qui est devenue l'église 
de Santa Maria la Blanca est une vraie mosquée à cinq nefs, élevée au 
XIII* s. ; des rosaces géométriques parent seules, comme des' applications de 
dentelles, l'intérieur du monument, tout habillé de plâtre blanc. La syna- 
gogue qui a été bâtie vers 1360 par le trésorier du roi Pedro, dit le Cruel 
(aujourd'hui Santa Maria del Transite) est une salle de palais, ornée d'une 
haute frise où les inscriptions arabes sont remplacées par des inscriptions 
hébraïques en l'honneur du roi et de Samuel Ben Lévi. 

Les musulmans n'avaient pas de mosquées officiellement recoanues, comme 



LES ARTS EN ESPAGNE. IXlll 

ces synagogues : mais ils célébraient chez eux leur culte fait de prières. On 
les appelait mudéjars. Plus industrieux encore que les Juifs, ils fournis- 
saient aux rois et aux prélats des ouvriers d'art, qui transportèrent dans les 
palais et jusque dans tes églises les formes les plus brillantes et les plus 
pures de l'art musulman. Tolède est encore pleine de monuments et d'ou- 
vrages de l'art « mudéjar », que l'on peut suivre du xii« s. au xv«, des 
arcades do la Puerta del Sol, porte monumentale do l'ancienne enceinte, aux 
stucs dorés de la Casa de Mesa, palais dont le grand salon semble attendre 
des in vités du xiv* s., et aux plafonds de marqueterie {artesonados)^ que chaque 
couvent conserve dans sa clôture. 

Le palais du roi Pedro à Tolède n'a laissé que des restes insignifiants. 
Le grand palais que ce roi se fit bâtir à Séville, dans l'enceinte deYAkazar 
des Almohades, où avaient résidé les successeurs de saint Ferdinand, fut 
décoré par des artisans venus de Tolède et prêtés au roi par le sultan do 
Grenade. Sur les lambris décorés de faïences et do stucs, les inscriptions 
latines imitent l'arrangement des inscriptions arabes, dont elles sont rap- 
prochées. 

Cet Alhambra de roi chrétien serait l'un des monuments les plus extra- 
ordinaires et les plus brillants du monde, si les restaurations du xix« s. ne 
lui avaient malheureusement donné le grossier bariolage d'un hammam. 
Les jardins, vingt fois transformés, sont encore délicieux. 

L'art « mudéjar » atteint son apogée au xiv* s. dans l'Espagne chrétienne. 
Les infidèles travaillent à des monuments religieux : il n'en est pas de plus 
étonnant que le grand cloître du monastère de Guadalufe (Estremadure), 
avec ses arcades mauresques, ses fontaines décorées de faïences, ses eaux 
courantes. Cet art oriental s'établit fortement dans le Nord de TEspagne. 
Saragosse a sa moreria, d'où un archevêque tire des ouvriers, vers 1380, 
pour décorer de faïences et de stalactites une chapelle qu'il fonde au chevet 
de la Seo. Ce sont des Maures qui avaient élevé, à quelques pas de là, la 
grande tour penchée qui a été récemment démolie, et dont plusieurs clo- 
chers de Saragosse reproduisent la décoration, faite de jeux de briques et 
d'incrustations de faïences. Des tours semblables, dont les dernières ont été 
oâties au xvi* s., dominent encore Teruel et Tarazona, En Castille, en 
Navarre même, les palais du xiv* et du xv« s. sont décorés de stucs maures- 
ques, de coupoles de bois, de plafonds à stalactites, dont un fragment, 
transporté au Musée archéologique et provenant de Guadalajara laisse voir 
le curieux assemblage de « jeu de patience ». Le château de Coca, apparte- 
nant aux Fonseca, et dont les ruines sont encore superbes, a été entière- 
ment bâti en brique et décoré de stucs et de peintures par des Maures. 

L'art de la céramique à reflets métalliques, pratiqué par les Musulmans à 
Malaga, où a dû être exécuté, au xiv" s., le fameux « vase de l'Alhambra ». fut 
transporté ^u xv« s. à Manises, à Valence et à Majorque. La céramique 
« hiapano-fnauresque », que le Musée archéologique de Madrid permet d'étu- 
dier, en attendant le Musée que D. Guliermo de Osma doit former avec son 
incomparable collection, est l'une des formes les plus attrayantes de l'art 
« mudéjar ». Après la prise de Grenade, les mudéjars furent peu inquiétés, 
alors que les Juifs étaient expulsés on masse. Un Maure a ciselé les stucs 
de la porte de la salle capitulaire ajoutée par le cardinal Cisneros à la 
cathédrale de Tolède; un autro a collaboré avec des chrétiens, vers 1510, à 
U décoration de la porte de la chapelle de l'Annonciation, dans la cathé- 



LXIV LES ARTS EN ESPAGNE. 

drale do Sigûenza, dont les stucs forment un mélange, aussi narraonieuxque 
singulier, d'art musulman, d'art gothique et d'art italo-an tique. La richesse 
de la décoration musulmane fait encore oublier les motifs de la Renaissance 
dans l'Alcazar des Ribera {Casa de Pilatos), bâti à Séville au temps de 
Charles-Quint. Même après l'expulsion des Morisques par Philippe III, les . 
tracés musulmans sont conservés par les charpentiers chrétiens : ils ne dis- 
paraissent pas en Andalousie avant le xviii« s. 

Les commencements d'un art espagnol dans les nouveaux royaumes 
chrétiens. — L'art chrétien avait commencé à reparaître dans l'enceinte des 
Pyrénées asturiennes. 11 y végétait sous des formes rustiques, au temps où 
Cordoue éblouissait le monde. Cependant les modestes et petites églises que 
Ton peut visiter d'Oviedo, sur les premiers gradins des montagnes, s.ont des 
édifices d'un grand intérêt, s'il est vrai qu'ils aient conservé dans leur soli^ 
iude les dispositions primitives de leur architecture du ix*» s. Ce sont des 
constructions de plan presque Qarré, de masse compacte, à la façon des 
églises byzantines, ot entièrement voûtées, comme semblent l'avoir été, en 
France même, quelques églises de l'époque carolingienne, imitées de 
modèles orientaux. Dans la décoration sculptée, qui n'est qu'une sorte de 
gravure sommaire, les entrelacs, les rosaces et les monstres barbares con- 
tinuent les traditions visigothiquos, à côté de copies enfantines d'ivoires 
byzantins {San Miguel de Lino). L'imitation de l'art musulman est mani- 
feste dans les plaques ajourées qui garnissent les baies. 

L'art asturien, où se reformaient déjà des combinaisons imprévues ethar*- 
dies d'éléments visigoths, « carolingiens » et musulmans, resta confiné 
dans ses montagnes, où il s'éteignit bientôt. Le vieil art visigoth survécut 
dans l'art populaire des Asturies et de la Galice, jusqu'au xiii® s. Lorsque 
les armées chrétiennes eurent descendu victorieusement à travers les hauts 
plateaux, l'art qui, avant le xii® s., jalonna d'églises et de monastères les 
nouveaux royaumes de Léon et de Castille ne fut, lui aussi, qu'un prolon- 
gement de l'art visigoth, à peine modifié par deux siècles d'occupation 
musulmane. C'est l'art que les érudits espagnols appellent « mozarabe », du 
nom donné aux chrétiens qui avaient conservé leur cultp et leurs traditions 
sous le joug des infidèles. Les arcs en fer à cheval conservent leur tracé le 
plus ancien; les nefs ne sont couvertes qu'en charpente, dans les églises 
de grandes dimensions, comme San Miguel de Escalada (prov. Léon). A San 
Pedro de la Nave (prov. Zamora), un sculpteur indique sur les chapiteau^ 
quelques sujets chrétiens qui resteraient inintelligibles sans les inscription;^ 
Ces monuments archaïques du moyen âge espagnol sont encore assez non> 
breux dans les provinces du Sud-Ouest et parfois bien conservés, parcip 
qu'ils sont restés isolés loin des habitations; mais, pour la môme raison, 
ils sont difficiles à visiter. On jugera au moins do la barbarie des premiers 
efforts d'une « sculpture espagnole », par les bas-reliefs de la cuve baptisr 
maie de San Isidro de Léon, 

L'art dos orfèyres et des ivoiners est plus savant. Il est encore repré- 
senté par des pièces vénérables dans les trésors historiques de la Camara 
Santa à'Oviedo et de San Isidro de Léon. La croix donnée par le roi Ferdi- 
nand à ce monastère, et qui a été transportée au Musée archéologique de 
Madrid, les plaques de reliquaire qu'il faut encore aller chercher dans le 
lointain monastère de San Millân de Suso (Rioja) sont des ivoires très remar- 
quables de la première moitié du xi* siècle, où l'influence de l'art « post- 



LES ARTS EN ESPAGNE. tXV 

i arolingien » du Nord, venue peut-être par Je Languedoc, est plus sensible^ 
que celle des coffrets musulmans trouvés dans le butin des victoires. 

C'est pourtant lart musulman qui triomphe, à la fin du siècle du Cid, dans 
ce vaste et délicieux cloître de Santo Domingo da Silos, qui attirerait bien 
des pèlerins, s'il ne fallait une journée de diligence pour l'atteindre, en 
partant de Burgos (par Covarrubias). 

Les monstres des chapiteaux, tout « persans » par leur souplesse et leur 
élégance nerveuse, sont certainement l'ouvrage des esclaves musulmans du 
monastère (comme le grand calice du trésor). Cet ensemble extraordinaire 
devait rester unique. Vers le milieu du xii* siècle, la décoration du cloître 
do Silos fut complétée par une suite de bas-reliefs, qui comptent parmi 
les plus importants de l'époque « romane » ; cette fois les sculpteurs étaient 
venus de Toulouse. 

L'importation de Tart français ; la grande époque monastique. ~ Au 
temps d'Alphonse VI, le roi qui prit Tolède, commença en Espagne une véri- 
table invasion française, qui devait se continuer pendant deux siècles. Cette 
invasion pacifique, où chevaliers et aventuriers n'apportaient leur épée que 
pour combattre aux côtés des Castillans, où les pèlerins de Compostelle se 
rencontraient avec les essaims de moines, implanta au delà des Pyrénées 
toute une civilisation qui fit d'abord disparaître, dans les régions qu'elle 
atteignit, les dernières traces de la tradition visigothe, relégua dans l'ombre, 
pour longtemps, les formes de la civilisation musulmane, et étouffa les pre- 
miers germes d'un art vraiment « espagnol ». 

L'Espagne était, au commencement du xii* s., la « province » là plus 
florissante de l'Ordre de Cluny hors de France. L'influence de la plus riche 
architecture monastique de la Bourgogne se manifeste dans une église 
importante et ancienne comme San Vicente d'Avila : elle semble y per- 
sister pendant près d'un siècle en s'accentuant à plusieurs reprises dans 
les sculptures les plus diverses (portails, tombeau-reliquaire), comme dans 
les différentes étapes de la construction : cependant le rôle de Cluny a été 
moins d'importer l'art bourguignon en Espagne que de favoriser l'expansion 
do l'art français du Midi et du Sud-Ouest au delà des Pyrénées. La basi- 
lique de Compostelle, la plus ancienne, la plus grande et la plus imposante 
des églises romanes d'Espagne, est, pour le chevet et pour les proportions 
des travées, identique à Saint-Serain de Toulouse. Les deux églises sont 
contemporaines : elles descendent l'une et l'autre d'un prototype auvergnat 
ou limousin. Un atelier toulousain a travaillé vers 1140 à l'étonnante bro- 
derie de sculptures qui couvre le transept méridional de la basilique de 
Compostelle {Piieria de Platerias) ; ce même atelier paraît s'être transporté 
à San Isidro de Léon, pour décorer le porche latéral de l'église qui fut con- 
sacrée en 1147. 

Les formes d'architecture « romane » qui s'acclimatèrent le plus prompte- 
ment en Espagne et qui y pénétrèrent le plus avant sont les plus robustes 
et les plus élémentaires : les voûtes en berceau élevées sur les nefs des 
églises do la région poitevine, appuyées sur des murs épais et aveugles, 
combinées avec des voûtes en berceau, ou en demi-berceau, ou avec des 
voûtes d'arêtes sur les bas côtés étroits et obscurs, et avec de?« coupoles 
sur trompes, qui surmontent la croisée du transept. Ce type primitif, avec 
les variantes qu'il comporte, est répété en Catalogne, dans une série t o 
petits monuments {San Pau del Camp, à Barcelone, San Père de Gai- 



LXVI LES ARTS EN ESPAGNE. 

ligans^ à Gérone, San Père do Roda, etc.), en Aragon (San Pedro do 
Huesca), dans le pays do Léon la Vieille Castille, depuis San Martin de 
Frômista [près Palencia] jusqu'à Santo Domingo de Soria). L'école poite- 
vine de sculpture semble avoir exercé une influence étendue on Espagne : 
<;ette influence peut se reconnaître aussi bien à Santo Domingo de Soria 
qu'à Sangûesa, en Navarre, où des façades sont couvertes d'arcatures et de 
reliefs, comme celles do Notre Dame la Grande, à Poitiers, et de la cathé- 
drale d'Angoulôme. Il est probable que des artisans seront venus de cette 
région, avec les marchands ou les moines qui ont importé en Espagne tant 
d' « ouvrages de Limoges », dont quelques-uns, encore parfaitement conser- 
vés, n'ont pas d'égaux en France pour la grandeur et la richesse (statue de 
la Vierge de la Vega, à Salamanque; devants d'autel de San Miguel in 
Excelsis, près de Huarte Araquil, en Navarre, et de Santo Domingo de Silos^ 
au Musée de Burgos). 

Les cloîtres romans d'Espagne, encore très nombreux, enclosent dans 
leurs colonnades des jardins dont quelques-uns sont aussi luxuriants et aussi 
parfumés qu'un jardin de mosquée. Les visiteurs qui se détourneront des 
orangers et des fleurs pour regarder les vieux chapiteaux historiés y liront 
mieux que partout ailleurs l'histoire des rapports artistiques qui ont uni si 
étroitement, au xii« et au xiii« s., la France du Midi et l'Espagne du Nord 
La sculpture toulousaine qui a établi ses avant-postes les plus lointains à 
Compostelle, pénètre en Navarre et dans le Haut Aragon : par le Somport, 
elle gagne Jaca (cloître de San Juan de la Pena) et Euesca (cloître de San 
Pedro); par Roncevaux, Pampelune (chapiteaux do Fancien cloître de la 
cathédrale) et Estella (cloître de San Pedro la Rua). La Catalogne doit 
moins à Toulouse qu'à la Provence; au contact de l'école savante dont le 
centre était à Arles, les sculpteurs catalans abandonnent le décor géomé- 
trique et barbare dont on trouve les restes dans les cloîtres peu accessibles 
A'Estany et de Lluça. Ils imitent librement l'art provençal et s'en dégagent 
bientôt pour regarder la vie et la transporter sur leurs chapiteaux en groupes 
spirituellement caractérisés. C'est une école vraiment catalane qui a tra- 
vaillé, de 1150 à 1250 environ, aux cloîtres à'Elne (Pyrénées-Orientales), de 
Gérone, de Barcelone^ de Tarragone. Le seul artiste de cette école qui ait 
signé son ouvrage est Arnall Catell, auteur du charmant cloître de San 
Cugat del Valls^ près de Barcelone. La çculpture catalane du xii® s., comme 
l'architecture, a pu profiter du passage des Comaciui qui ont élevé dans le 
Roussillon des clochers massifs à « bandes lombardes ». La façade de l'église 
de lîipoll, véritable mur de bas-reliefs, rappelle par l'abondance de sa 
décoration les porches de Vérone. 

L'Espagne est à peine moins riche que la France en peintures murales 
du moyen âge. Les plus anciennes de ces peintures, de style à demi fran- 
çais, sont perdues dans des églises catalanes voisines des Pyrénées. Le cycle 
d'images saintes qui décore les voûtes du narthex funéraire de San Jsidro 
do Léon est d'une conservation remarquable. Les fresques de la salle capi- 
tulaire de Sijena (Aragon) sont d'un style archaïque pour la date (xiii« s.), 
et superbe. Le Musée de Vick a réuni nombre de très anciens panneaux 
peints, des devants d'autels du xi« au xiii» s., qui forment une série unique 
en Europe. 

Les monastères cisterciens. — Vers le milieu du xii* siècle, la déca- 
dence de l'ordre de Cluny se précipite en Espagne; mais déjà l'ordre de 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXVII 

Citeaux a fondé dos établissements dans tous les rojaumos do la péninsule. 
Les Cisterciens apportent en Espagne, comme ils ont fait dans l'Europe 
entière, leur art, conforme à leur règle. L'Espagne a conservé une incompa- 
rable série de ces grandes maisons de prières, qui font en pays étranger 
des îlots bourguignons • en Catalogne, Poblet, qui a perdu ses tombeaux 
royaux, dans les dévastations de 1835, mais conserve son enceinte de ville 
forte et la majesté de sa grande église pieine de débris; Santas Cï'ew*, autre 
nécropole royale; en Navarre, Fitero (par Castejon); dans la même région, 
Veruela (par Tarazona); en plein Aragon, Piedra, visitée pour ses alentours 
pittoresques ; Bueda^ au bord de l'Ebre, en face d'Escatron ; près de Burgos, 
Las Huelgas, monastère de dames nobles, où l'architecture sévère des Cis- 
terciens a été égayée d'ornements « mudéjars » (les parties les plus curieuses 
sont enfermées dans la clôture); dans la province de Léon, Aguilar de 
Campo, et dix autres monastères, plus ou moins ruinés. Il y a peu de monu- 
ments plus saisissants et plus admirables que ces villes monastiques, d'où la 
sculpture est bannie et où toute la beauté réside dans les proportions et la 
force d'un corps de construction fait pour braver le temps. 

Les premières cathédrales espagnoles; le Porche de la Gloire. — 
L'architecture des Cisterciens de France, qui donna à l'Italie les premiers 
éléments de son architecture « gothique », semble avoir été prise pour modèle 
par les architectes qui élevèrent, à partir des dernières années du xii*" s., 
une suite de grandes et robustes cathédrales, groupées dans l'est de l'Es- 
pagne, à Tarragone, Lérida (xiii* s., ruinée), Siguenza, Tudela. Ce sont des 
édifices couverts de solides voûtes d'ogives et sévères à l'extérieur comme 
des forteresses. Il faut mettre à part la cathédrale d'AuiZa, plus imposante, 
plus complexe, et dont le chevet, bâti, avec des formes archaïques, sur 
un plan nouveau et savant, est enfermé dans une énorme tour d'enceinte, 
comme dans une armure. En Galice, les cathédrales de Lugo et û.'Orense 
combinent le vieux modèle languedocien de Compostelle avec des voûtes 
bourguignonnes. A l'extrême Ouest de la Castille, un autre groupe de cathé- 
drales, aussi robuste que le groupe de l'Est et aussi « militaire », éleva au- 
dessus des hauts plateaux ses étranges couronnements. C'est le groupe des 
cathédrales de Toro^ Zamora, Salamanque et Ciudad Rodrigo. Dans leur 
système de voûtes, les berceaux subsistent (Toro), à côté de voûtes d'arêtes 
surélevées en forme de dômes, et soutenues par des branches d'ogives et 
des liernes, selon une mode venue certainement de l'Ouest de la France. 
La coupole (détruite à Ciudad Rodrigo par les boulets de Napoléon) prend 
une importance extraordinaire à la croisée de ces cathédrales. Elle élève à 
^.'extérieur un couronnement de clocher, tout en pierre, flanqué de quatre 
clochetons, dont la ressemblance avec une église byzantine à cinq coupoles 
est toute fortuite; à l'intérieur, elle est montée sur des pendentifs ornés de 
statues et sa calotte, renforcée d'une couronne serrée de branches d'ogives, 
retombant sur des colonnettes, rappelle les coupoles godronnées, byzan- 
tines ou musulmanes. La part do l'Orient a été exagérée dans ces cathédrales 
castillanes, si puissantes sur les imaginations, surtout lorsque le couchant 
dore la « Fortis Salmantina ». Pourtant l'Orient n'est jamais tout à fait 
absent des œuvres les plus originales du moyen âge espagnol. Des archi- 
tectes castillans ont imité, vers la fin du xii« s., des nervures entrecroisées 
et étoiléos, dont les modèles étaient, non pas en France, mais à Cordoue. 
Ce tracé, que l'on trouve dans une très curieuse chapelle d'A/macan, puis, 



LXVIII LES ARTê EN ESPAGNE. 

combiné avec des tracés aquitains, dans une chapelle du cloître de Id 
Cathédrale Vieille de Salamanque, reparaîtra dans les prodigieuses étoiles 
des « cimborios » du xvi« s. 

Nous ne savons rien des architectes qui ont dessiné les monuments les 
plus originaux de l'art roman d'Espagne. Seul l'architecte sculpteur qui a 
élevé le Porche de la Gloire, devant la vieille basilique de Compostelle, a 
signé son œuvre. Maître Mathieu^» (\m se nomme, à la date de 1183, avait 
voyagé dans le NoM et le Midi de la France, avant de concevoir cette épopée 
de granit; mais, par les combinaisons d'arts différents qu'il a réalisés, par le 
sens de la beauté plastique et de l'expression dramatique qu'il a possédé, 
il n'a pas d'égal en Europe, parmi ses contemporains. 

Les cathédrales franco-espagnoles. — L'art roman, qui, vers la fin de 
son développement, était représenté en Espagne par des artistes originaux 
et par un sculpteur de génie, aurait pu s'y transformer spontanément en un 
art nouveau. L'essor de l'art espagnol fut. arrêté encore une fois par une 
nouvelle intervention de l'art français, qui avait terminé plus tôt sa prodi- 
gieuse évolution, grâce à des découvertes comme celle de l'arc-boutant. Les 
rapports de la Castille avec la France étaient devenus plus étroits à la suite 
du mariage de l'infante Blanche avec le prince qui devait être le père de 
saint Louis. Au temps du roi Ferdinand, qui fut un saint, comme son cousin 
le roi de France, des maîtres d'œuvre et des imagiers laïcs, venus de France 
après les architectes cisterciens, élèvent au cœur des Castilles des églises 
cathédrales comparables aux plus grandes œuvres de l'architecture française 
en pays germanique, comme les cathédrales de Strasbourg et de Cologne. 

La plus archaïque de ces cathédrales françaises d'Espagne est celle de 
Cuenca, dont le triforium a dû être dessiné par un architecte anglo-normand. 
La cathédrale de Burgos, fondée en 1221 par l'évêque Mauricio, dont le 
tombeau de cuivre émaillé est une œuvre de Limoges, est imitée librement 
de Bourges; un atelier venu de Reims a dû travailler aux portails des 
transepts, d'une sévérité classique, et aux statues de rois du cloître. Ce 
cloître, à deux étages, a été achevé au xiv« s. Le chantier de Burgos 
a fourni l'architecte de la cathédrale de Burgo de Osma, et formé un 
groupe de sculpteurs castillans, qui ont décoré cette petite cathédrale, d'une 
construction élégante et sobre. La cathédrale de Léon veut rivaliser avec • 
Amiens ; le maître d'œuvre, qui connaissait des détails champenois, a élevé 
dans la capitale déchue du vieux royaume, non loin de la vénérable église de 
San Isidro, une cathédrale toute française, et si légère, avec ses arcs boutants 
audacieux, qu'il a fallu au xix» s. la restaurer complètement.. Les vitraux, 
qui formaient une collection presque unique, depuis le xiii* s. jusqu'au xvi% 
ont beaucoup souffert : l'effet reste merveilleux. Le grand porche est direc- 
tement imité, pour les dispositions d'ensemble, des porches latéraux de 
Chartres ; le maître imagier avait probablement passé par Bourges. Rien 
de plus frais que la scène de l'entrée des élus au Paradis; rien de plus 
délicieusement jeune que la Vierge blanche (Nuestra Seiïora la Blanca). 

La Primatiale de Tolède^ commencée en 1227, presque en même temps 
que la cathédrale de Burgos, est la plus vaste et la plus solennelle des cathé- 
drales françaises d'Espagne : elle a cinq nefs. Le plan du chevet, avec la 
division des voûtes en triangles, donne la solution la plus parfaite du pro- 
blème des doubles déambulatoires. Des artisans mudéjars ont travaillé à 
cette partie de l'église, dont les arcades hautes, dentelées à la façon 



LES ARTS EN ESPAGNE. I^IX 

mattresque, étonnent sous les voûtes d'ogives. Les nefs soni plus purement 
françaises : elles reproduisent le modèle de Bourges, avec dos formes plus 
trapues et moins de hauteur. L'ensemble est aussi original qu'imposant. 

La cathédrale de Tolède attendit longtemps sa décoration sculptée. Les 
ateliers français se dispersent : seul l'atelier de Léon continue pendant le 
xiv» s. la décoration du cloître de la cathédrale. L'art français d'Espagne 
reate confiné dans la Navarre, qui a été un prolongement du royaume de 
France, de 1231 à 1343, et qui est restée jusqu'au xv^ s. en rapports con- 
stants avec Paris. La cathédrale de Pampelune possède une pièce d'orfè- 
vrerie envoyée par saint Louis, un précieux tableau français peint vers 1300. 
Le cloître du xiv» s. est un petit musée de sculpture du Midi de la Franco, 
où un groupe de l'Adoration des Mages porte la signature de Jacques Pérut. 
L'ancienne cuisine des chanoines sert aujourd'hui de chapelle funéraire au 
magnifique tombeau d'albâtre du roi Charles le Noble, à la cour duquel 
les artistes français et flamands se rencontrèrent avec les décorateurs 
mudéjars. Son tombeau, qui rappelle ceux des ducs de Bourgogne, est 
l'œuvre de Jean Lomme, de Tournai (1416). Dans le cours du xiv« s., d'autres 
ateliers français ont travaillé, hors de la Navarre, au porche très remar- 
quable de la cathédrale de Viioria. 

Les sculpteurs castillans formés par les imagiers français reviennent 
bientôt aux formes romanes, comme le montrent les deux portails ajoutés, à 
la tin du xiii« siècle, aux cathédrales de Toro et de Ciudad Rodrigo. 

Quelques traditions de la sculpture française se conservent jusqu'au 
milieu du xiv* s., dans les riches tombeaux des évêques de Burgos; elles 
se combinent avec les frises de stalactites dans les tombeaux de la Cathé- 
drale Vieille de Salamanque et avec les stucs mudéjars dans les extra- 
ordinaires tombeaux de Citellar. Pendant la première moitié du xiv* s. la 
cathédrale de Tolède s'enrichit d'un merveilleux mobilier de marbre doré : 
la clôture du sanctuaire, dont les arcades superposées conservent des tracés 
mauresques, et la clôture du chœur des chanoines, au milieu de la nef. Ces 
murailles intérieures, précieusement ornées de statues et de bas-reliefs 
étaient imitées des clôtures de chœur et des jubés qui avaient été élevés au 
xm" s. dans les cathédrales françaises. Elles ont été multipliées, à partir 
du XIV* s., dans les églises d'Espagne, où le voyageur français, qui ne voit 
plus dans les cathédrales de notre pays les clôtures monumentales, détruites 
l'une après l'autre par les chanoines, s'étonne de trouver la perspective 
des nefs barrées par le trascoro. 

L*architecture et la sculpture catalane. — Le royaume d'Aragon 
entre, au commencement du xiv« s., dans une époque de puissance et de 
prospérité qui dure jusqu'à la fin du xv® s. Les possessions méditerranéennes 
des rois d'Aragon comprennent, avec les Baléares, la Sardaigne et la 
Sicile ; au xv* s., ces rois ont une de leurs capitales à Naples. Pendant 
cette époque se développe en Catalogne et dans la région de Valence une 
civilisation très brfllante, qui adopte et modifie des formes d'art empruntées 
à la Ftance et à l'Italie. 

Le lianguedoc avait appliqué, dès la fin du xin'' s., le système des voûtes 
d'ogives à de grandes églises entièrement diiférentes des cathédrales du 
Nord et dont les proportions s'étendaient plutôt en largeur qu'en hauteur. 
Ces vastes salles, dont la aathédrale d'Albi est un exemple magnifique, 
servirent de type, pendant le xiv* s., aux cathédrales neuves qui s'élevèrent 



LXX LES ARTS EN ESPAGNE. 

dans i'Espagne « levantine ». Le plan ordinaire est à trois nefs, toutes 
trois largos et- spacieuses, avec déambulatoire. Ce plan était celui de la 
cathédrale de Valence, dont l'intérieur a été complètement modernisé. Le 
portail du transept méridional est un reste de l'église du xiii® s., et une 
copie du portail à demi mudéjar de la vieille cathédrale de Lérida; le por- 
tail du transept N, qui est du xiv« s., garde (malgré les dégradations) l'élé- 
gance des meilleures œuvres françaises. L'énorme lanterne [cimborio) est, 
de môme que le fameux clocher octogonal (Miquelete), d'un type provençal. 
La cathédrale de Barcelone, dont la construction, commencée en 1298, dura 
un siècle et demi, est Tune des plus solennelles églises d'Europe, avec ses 
arcades, aussi larges que celles d'une cathédrale toscane, ses voûtes sombres, 
ses profondes tribunes et son chœur rayonnant de vitraux clairs. Le cloître 
du xv« s., égayé par sa fontaine, est un enchantement. La cathédrale de 
Barcelone a servi de modèle aux cathédrales de Manresa et de Palma de 
Majorque. La cathédrale de Gérone, commencée sur un plan à trois nefs, fut 
très audacieusoment achevée par la construction d'une nef unique, bordée 
de chapelles et d'une extraordinaire largeur. Vers la fin du xiv» s., un style 
original d'architecture civile achève de se constituer dans les grandes villes 
commerçantes de la Catalogne, où la vie municipale est favorisée par les 
rois. Les restes des palais publics de Barcelone sont des édifices vraiment 
admirables pour l'élégance des détails, la sobriété des formes et la science 
de la construction. Le type des grandes salles de Bourse est déjà indiqué 
au XIV® siècle par la Lonja de Barcelone, dont les immenses arcades rap- 
pellent la Loggia dei Lanzi, à Florence. Guillem Sagrera commence en 1426 
la Lonja de Palma^ si élégante, avec ses tours légères et ses hautes colonnes 
pareilles à des palmiers. Cet édifice, chef-d'œuvre de l'architecture cata- 
lane, sert de modèle, un peu plus tard, à la Lonja de Valence, et, au xvi» s., 
à la Lonja de Saragosse. Dans cette ville, l'influence de l'architecture cata- 
lane s'était déjà manifestée dans la construction de la Seo, qui, avec ses 
cinq nefs d'égale hauteur et ses piliers qui montent jusqu'aux voûtes, élève 
sur un plan carré, développé en tous sens par addition successive do tra- 
vées, à la manière des mosquées, une sorte de gigantesque « Lonja ». 

Les marbriers et les orfèvres catalans travaillent au xiv® et au xv° s. 
pour les palais autant que pour les églises : la précieuse statuette de la 
cathédrale de Gérone, dite de saint Charlemagne, est le portrait du roi Père 
le Cérémonieux. Los auteurs de plusieurs œuvres remarquables sont 
connus : prophètes du grand portail de Tarragone, par Jaime Castayls 
(1383), qui avait sculpté des tombeaux royaux de Poô/e^ (pleurants au Musée 
de Tarragone); portail de la Mer, à Palma, par Père Morey et Guillem 
Sagrera, auquel s'est joint un Jean de Valenciennes \ tombeau de larcho- 
vêque Lope de Luna, à Saragosse (vers 1382), par Père Moragues de Barce- 
lone, imagier et argentier, autour du reliquaire des corporaux miraculeux 
de Daroca; grand autel d'argent de Gérone, par maître Bartomeu, Père 
Bernés de Valence et Ramon Andrcu de Gérone (1325-1360). Les retables 
sculptés deviennent au xv* s. de véritables monuments, qui s'élèvent jus- 
qu'aux voûtes des cathédrales de Catalogne et d'Aragon. Un maître catalan, 
qui a connu l'art flamand et dont le réalisme savant égale la fantaisie, 
Père Johan de Vallfogona, sculpte en 1426 la prédelle et les grandes statues 
du retable d'albâtre de la cathédrale de Tarragone, terminé par un artiste 
inférieur, et commence le grand retable d.e la Seo de Saragosse, 



LES ARTS EN ESPAGNE.^ LXXI 

Premières influences italiennes. — L'art italien pénétra en Espagne 
par lo royaume d'Aragon, dont la poliliquo et le commerce étaient orientés 
vers l'Italie. Un disciple de Giovanni Pisano sculpte en 1339 le sarcophage 
reliquaire de Sainte Eulalie, dans la crypte de la cathédrale de Barcelone; 
le tombeau de l'archevêque infant Juan d'Aragon, dans la cathédrale de 
Tarragone, est l'œuvre d'un disciple d'Andréa Pisano; au commencement du 
XV* s., le Florentin Giuliano laisse dans la cathédrale de Valence des bas- 
reliefs inspirés de Ghilberti. Ces étrangers ne trouvent pas d'imitateurs parmi 
les sculpteurs catalans. En revanche, l'art des peintres siennois, connu en 
Catalogne à la fois par l'Italie et par Avignon, fleurit déjà, vers 1350, aux' 
portes de Barcelone, dans les pointures murales du couvent royal de 
Pedralbes, œuvre du Catalan Ferrer Bassà, qui reste invisible aux pro- 
fanes. Le peintre florentin Siarnina, dont Vasari a rappelé les voyages 
d'Espagne, paraît avoir séjourné à Valence; peut-être le triptyque donné 
par un chartreux de Porta Cœli et conservé au Musée de Valence doit-il lui 
être rendu. En tout cas l'influence de ce Florentin fut négligeable. C'est 
l'art siennois qui règne pondant trois quarts do siècle à Valence et à Bar- 
celone, comme à Avignon, à Cologne et à Paris. Il est représenté après 
Bassà par Père Serra, auteur du grand retable de Saint Esprit (1394), à la 
cathédrale de Manresa, par Luis Borrassà, dont le Musée de Vich a recueilli 
un grand retable peint en 1415, et par bien d'autres dont on peut voir les 
œuvres anonymes dans les musées de Barcelone et de Palma. 

Avant la fin du Trecçnto, la peinture florentine avait été importée dans 
le royaume de CasùUe, soit par Starnina, soit par l'Italien inconnu qui 
peignit la chapelle de San Blas, clans le cloître de la cathédrale de Tolède. 
Un atelier « giottosque » travaille vers 1400 à Séville : c'est probablement 
de cet atelier qu'est sorti le peintre qui fut appelé à décorer trois petits 
plafonds de l'Alhambra. 

Un autre Florentin, JDello di Nicolo^ alla chercher fortune en Castille, où 
il mourut vers 1465. Il a laissé dans l'abside romane de la Cathédrale 
Vieille de Salamanque un ensemble très important de peintures authentiques, 
grand retable à compartiments multiples, grande fresque du Jugement der. 
nier, où les peintres castillans n'ont pas su lire l'enseignement que leur 
apportait un messager de la jeune Renaissance. 

La peinture hispano- flamande. — L'art franco-flamand, qui avait 
ajouté à la peinture siennoise, devenue la peinture européenne, un accent 
nouveau de drame et de caricature, fut connu en Espagne à la fin du xiv« s. ; 
il est représenté au Musée de Valence par une œuvre capitale, le retable 
do la Sainte-Croix. Son influence s'est prolongée jusqu'au milieu du xv« s. 
Elle domine, en Catalogne, dans les œuvres vigoureuses du « Maître de 
Saint Georges » dont les panneaux sont partagés entre la collection Ferrer 
Vidal, de Barcelone, et le Musée du Louvre ; elle apparaît dans les scènes 
de la vie de St Froilan, qui forment une partie du grand retable composite 
de la cathédrale de Léon. 

L'art nouveau des frères Van Eyck fut imité do bonne heure par deux 
peintres d'origine valencienne : Luis Dalmau, qui alla lui-même en Flandre, 
dès 1431, et qui, après son retour, signa en 1445 le tableau des conseillers de 
Barcelone (Musée), avec ses portraits ressemblants et secs; Jacomart Baçô, 
qui connut sans doute l'art de Van Eyck par un Flamand établi à Valence, 
et qui passa plusieurs années à la cour do Naples. Ses œuvres authentiques, 



tXXII ,LES ARTS EN ESPAGNE. 

le triptyque du cardinal Alfonso Borgia, à Jdtiva, et le retable de 
St Martin, à Ségorbe (Clarisses), sont faciles et brillantes. 

Jean Van Eyck en personne avait voyagé en Portugal avec l'ambassade 
bourguignonne qui alla en 1428 demander la main de l'infante Isabelle pour 
le duc Philippe le Hardi. Il travailla pour la Castille : l'Église et la Syna- 
gogue, le fameux tableau du Prado, est une copie ancienne d'une de ses 
œuvres, qui se trouvait à Palencia et qui est perdue. 

Cependant l'école de peintres qui se forme en Casiille, vers le milieu du 
XV* s., en imitant habilement la technique flamande, s'inspire, non pas des 
Van Eyck, mais du « Maître de Flémalle » et de Roger van der Wcyden. 
Le centre de cette école hispano-flamande fut Salamanque ; son représentant 
le plus fécond ©st Fernando Gallego, dont on peut voir les oeuvres écla- 
tantes et brutales, à Salamanque même, à Zamora, Toro (San Lorenzo), 
Trujillo. 

Gallego a eu des émules et des successeurs, encore mal connus, comme 
le peintre des scènes de la vie de St Jean-Baptiste qui ont été transportées 
de la chartreuse de Miraflores au musée du Prado. Le peintre de la Vie de 
la Vierge, dont les panneaux, provenant de la Sisla^ près de Tolède, sont 
au Prado, s'est germanisé en imitant des gravures de Schongauer. 

L'influence de l'école hispano-flamande de Castille s'est étendue de bonne 
heure vers le Nord de l'Espagne, comme le prouvent le grand retable de la 
cathédrale de Tudela, peint vers 1490 par Pedro Diaz d'Oviedo^ ceux de 
Fromista et de Santillana de Mar. 

La reine Isabelle la Catholique avait formé une véritable collection de 
tableaux flamands, dont il reste, dans la Chapelle Royale de Grenade, un 
grand triptyque de Thierry Bouts, avec d'autres petits panneaux de cô 
maître et de Memling^ enfermés dans des armoires. 

La reine eut à son service plusieurs peintres flamands, dont l'un, Juan 
de Flandes, disciple délicat de Gérard David, a su introduire dans les 
panneaux du retable monumental de la cathédrale de Palencia, des types 
et même des paysages castillans. 

Nombre de tableaux de Gérard David lui-môme et de ses disciples bru- 
geois Isenbrandt et Benson furent importés en Castille au commencement 
du XVI* s. Des tableaux importants de cette école se trouvent à Ségovie 
(grand tripityque à San Miguel) et à Avila, d'où une série do panneaux a 
été transportée au Prado. 

Ils ont été imités par des maîtres castillans, dont les tableaux sont 
encore difficiles à distinguer de leurs modèles flamands. 

La peinture flamande pénètre jusqu'en Andalousie. A Séville, Juan Nunez, 
le médiocre peintre qui a signé la petite Pietà de la cathédrale (Sacristie 
des Calices), se rattache, comme les peintres castillans de son temps, à la 
tradition de Roger van der Weyden. 

Pedro de Cordoue, auteur d'une Annonciation datée - de 1475, qui est 
restée dans la cathédrale-mosquée, couvre d'or ses figures raides et 
sèches. C'est un vrai « primitif ». 

La peinture catalane et aragonaise. — La technique de l'huile ne fut 
pas adoptée au xv® s. dans le royaume d'Aragon, où les peintres restèrent 
fidèles à la claire tempera de l'ancienne peinture siennoise. Ils se conten- 
tèrent de charger les fonds d'or de reliefs de stuc et s'enhardirent peu à peu 
à grandir leurs personnages jusqu'à la taille naturelle, celle des figures dp 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXXIII 

fresque. Jacomart Baço n'eut d'imitateurs qu'à Saragosse (panneaux de 
l'archevêque Mur, à l'archevêché) et dans la région de Valence (retable de 
Rubielos de Mora). Quant à Dalmau, il n'eut pas de disciples. Les peintres 
catalans ne gardent presque rien des formes flamandes ; leurs personnages, 
plus vivants que ceux d'un Borrassà, sont aussi doux, avec un air résigné. 
Ces peintres, qui ont parfois une ressemblance lointaine avec les Siennbis 
de leur temps, ont été nombreux à Barcelone et fort achalandés par les 
corporations. On connaît aujourd'hui les i^oms de Jaime Buguei, le peintre 
du retable des saints Abdon et Sénen, à San Miguel de Tarrassa; ceux des 
Vergés, une famille de peintres qui travailla vers 1490 au grand retable 
de Granollers et au retable des corroyeurs de Barcelone, encore conservé 
dans l'oratoire de la corporation. Parmi les œuvres anonymes, qui se placent 
entre Huguet et les Vergés, on remarquera le retable royal de Santa Agueda 
(Musée archéologique de Barcelone), et les panneaux du retable de Sarria 
(Musée du Parc), où les types populaires sont dessinés avec une si franche 
bonhomie. Les tableaux de ce style sont encore nombreux en Catalogne : en 
passant de l'un à l'autre, on sera bientôt fatigué par les redites et les copies 
d'un art qui s'épuise par sa fécondité même. 

La peinture catalane domina au xv« s. la peinture aragonaise : vers la 
fin du siècle, quelques tableaux aragonais, dont on trouve des exemples 
dans les Musées de Huesca et de Saragosse, montrent un dessin plus vigou- 
reux et des silhouettes plus sombres sur des tonds d'or moins chargés. La 
plus remarquable de ces œuvres locales, qui restent anonymes, est le grand 
triptyque de Saint Martin, dans l'église Santo Domingo de Daroca. 

Architectes et sculpteurs flamands et allemands. — L'Espagne 
avait connu la peinture flamande du xv* s. par l'intermédiaire de tableaux 
flamands et de peintres espagnols. A défaut de peintres, des architectes et 
des sculpteurs flamands et allemands vinrent travailler au delà des Pyré- 
nées, comme avaient fait jadis les imagiers français. 

Une influence germanique semble avoir dominé la construction de la 
gigantesque cathédrale de SéviUe, bien que les premiers architectes de 
l'édifice portent des noms espagnols. Si le plan couvert par les cinq nefs 
est celui de la mosquée dont la cathédrale a pris la place, les voûtes laté- 
rales, presque aussi hautes que la voûte de la nef, rappellent les disposi- 
tions des « Hallenkirchen ». En Castille, les architectes venus du Nord 
fondent des dynasties d'ajtistes. Le Bruxellois Anequin de Eycken {de Egas), 
difigc, avec la collaboration de sculpteurs allemands, la construction du 
portail du transept méridional de la cathédrale, et la décoration du pour- 
tour de la Capilla Mayor. Il a deux fils, architectes comme lui. A Burgos, 
ffans de Cologne élève sur les tours de la cathédrale les deux hautes flèches 
ajourées. Ses fils, Simon et François sont, après lui, « Maestros de las obras ». 

Des sculpteurs flamands et allemands parcourent toute l'Espagne; un 
maître Hans termine en 1480 le grand retable de la Seo de Saragosse, qui 
ressemble au retable sculpté vers le même temps par Veit Stoss à Notre- 
Dame de Cracovie. Un Allemand inconnu sculpte le grand retable de 
Ste Anne, dans une chapelle de la cathédrale de Burgos construite par Hans 
de Cologne. Le flamand Dancart commence le prodigieux retable de la 
cathédrale de Sévillo, qui sert de modèle au retable de la cathédrale de 
Tolède. Celui-ci est exécuté, sous la direction d'Anequin de Egas, pyr Is 
Hollandais Copin et le Castillan A Imonaçid* 



LXXIV LES ARTS EN ESPAGNE. 

Les pins simples des stalles dont les chœurs de chanoines se meublent 
dans toute l'Espagne, pendant le xv« s., sont seules exécutées par des artistes 
locaux et ornées de marqueteries à entrelacs mauresques; les plus riches se 
couvrent dfe reliefs, qui sont l'œuvre de sculpteurs du Nord. Dancart termine 
les stalles de la cathédrale de Séville, commencées par Nufro Sanchez; 
r allemand Michel Locher surmonte les stalles de la cathédrale de Barcelone 
d'une dentelle de bois : un maître Théodoric sculpte les grandes figures et 
les groupes dramatiques des stalles de Léon; un Allemand inconnu décore 
dans le même style, mais avec plus de richesse et de fierté, les stalles de 
Zamora; Rodrigo Alemân montre une imagination abondante dans les stalles 
finement ouvragées de Plasencia et de Ciudad Rodrigo ; il raconte sur les 
stalles de la cathédrale de Tolède la glorieuse histoire de son temps et la 
chronique de la guerre de Grenade. 

L'époque des Rois Catholiques; le style « Isabelle ». — Le grand 
siècle historique de TEspagne commence à la date du mariage de Ferdinand 
d'Aragon et d'Isabelle de Castille (1468), qui unit deux royaumes longtemps 
rivaux. La conquête du royaume musulman de Grenade (1492) achève 
l'œuvre d'unité. Le mariage de l'infante Juana avec un fils de l'empereur 
Maximilien, la prise de possession d'un nouveau monde ouvrent à l'Espagne 
des ambitions illimitées en Europe et au delà de l'Océan. Cependant la 
puissance d'Isabelle et de Ferdinand s'exerce encore presque tout entière 
dans les limites de l'Espagne. Les « Rois Catholiques » ont dû leur nom au 
zèle qu'ils ont déployé contre l'hérétique et l'infidèle, qui était pour eux 
l'étranger. Leur règne a été une époque de volonté et d'activité nationale. 

Le voyageur rencontre depuis Santiago de Galice jusqu'à l'Alhambra les 
emblèmes dont les Rois Catholiques ^ ont marqué leurs monuments : le 
joug et le faisceau de flèches, qui symbolisaient l'union des époux royaux ; 
l'écussoû chargé des armoiries de leurs royaumes et porté par un aigle 
nimbé : l'aigle de Saint Jean l'Evangéliste, pour lequel la reine Isabelle pro- 
fessait une particulière dévotion. A côté des Rois, des prélats puissants et 
opulents, les Pedre de Mendoza, les Juan de Fonseca font sculpter de tous 
côtés leurs armes ; le plus grand de ces hommes d'église, le cardinal Cis- 
neres, devint régent des Espagnes, après la mort de Ferdinand, et continua 
royalement l'œuvre des Rois Catholiques. 

Les constructions les plus importantes de Ferdinand et Isabelle furent 
des chapelles royales à une seule nef, avec des tribunes pour les religieux 
des monastères auxquels ces chapelles étaient attenantes. Les plus grandes, 
San Juan de los Reyes, à Tolède, et la Capilla Real de Grenade furent 
successivement destinées à recevoir les tombeaux des denx époux. L'archi- 
tecte du premier de ces édifices fut un Juan Guas; celui du second, Enrique 
de Egas, le fils d'Anequin. 

Après les sculpteurs allemands et flamands déjà établis en Castille, l'or- 
fèvre Enrique de Arfe (Harfe, « La Harpe ») vient de Flandre, avec Philippe 
le Beau, probablement en 1506. Il exécute pour Léon, Sahagun, Cordouo et 
Tolède ces « custodias » monumentales, imitées des ostensoirs allemands e*. 
pareilles à des clochers flamands, qui furent dorées avec l'or de l'Amé- 
rique. Celle de Léon seule a disparu. Comme Hans de Cologne et Anequin 
de Egas, Enrique de Arfe fut le chef d'une famille d'artistes. 

Pendant le xv* s., le fer, que battaient les armuriers de Tolède, avaiti 
été *"^^<?:é en Catalogne par des artistes, qui avaient élevé à l'entrée de- 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXXV 

toutes les chapelles de la cathédrale de Barcelone des grilles hérissées de 
fleurons aigus. En Castillc, des grilles monumentales commencent vers 1500 
à barrer l'entrée des chapelles et môme de la Capilla Mayor. Le modèle de 
ces grilles, où les arabesques gothiques se combinent avec des motifs héral- 
diques et des silhouettes d'animaux volants, d'un goût tout espagnol, paraît 
avoir été donné par un Français, Juan Francés, qui fut « Maestre Mayor » 
à Tolède, et dont les œuvres signées sont restées intactes dans la cathé- 
drale de Burgo de Osraa. 

Des sculpteurs de pierre et d'albâtre s'étaient formés «en travaillant avec 
les maîtres venus de Flandre et d'Allemagne. Les portails de la cathédrale 
de Séville, sculptés par Pedro Millân, pourraient passer pour une couvre 
allemande. Il est difficile de faire la part des étrangers et celle des Espa- 
gnols dans la décoration touffue et vivante du cloître de San Juan de los 
Reyes, à Tolède. Les chapelles de famille se remplissent de tombeaux très 
riches, et des formes les plus diverses, où les défunts sont tantôt gisants, 
tantôt agenouillés : tombeaux princiers, où parfois le sarcophage a pour 
gardes d'honneur des statues agenouillées (Alvaro de Luna, le décapité, et 
sa femme, par Pablo Ortiz, à Tolède); tombeaux de capitaines morts à la 
guerre de Grenade (Vasquez de Arce, à Sigiienza); tombeaux de dignitaires 
ecclésiastiques, où les cycles théologiques se développent comme sur les 
retables (Fernando Diaz de Fueute Pelayo, 1492, chapelle Sainte Anne, à 
Burgos; Juan de Grade, 1507, à Zamora; Pedro de Carranca, 1517, à Santo 
Domingo de la Calzada). 

Tandis qu'une sculpture castillane se dégageait de la sculpture germanique, 
l'art mudéjar, qui avait été pendant le moyen âge le seul art vraiment 
espagnol, restait vivant et florissant à la cour même des Rois qui prirent 
Grenade et expulsèrent les juifs. L'art mauresque se combine de la façon la 
plus fantaisiste et la plus brillante avec Tart gothique dans les galeries et 
les plafonds des appartements royaux de l'Aljaferia de Saragosse, dans 
la décoration féerique du palais du duc de Tlnfantado, à Guadalajara, 
dans la collégiale et le palais archiépiscopal d'Alcalâ de Henares. De 
longues inscriptions en lettres gothiques prennent la place des inscriptions 
arabes, que les juifs de Tolède avaient déjà imitées au xiv® s. dans leurs 
inscriptions hébraïques. Allemands et Flamands subissent eux-mêmes en 
Espagne l'influence de l'art mauresque. Les grandes chapelles funéraires de 
plan octogonal, comme la chapelle du Connétable, à Burgos, le cimborio de 
la Sco de Saragosse, œuvre d'Enrique de Egas, ont des voûtes dont les ner- 
vures s'entro-croiscnt pour dessiner des étoiles de tracé musulman. Le 
principe même de la décoration musulmane, qui répète ses motifs à l'indé- 
fini, s'est imposé à Juan Guas, quand il a aligné dans le chœur de San 
Juan de los Reyes la majestueuse assemblée des grands aigles porte- 
écussons. La décoration sculptée de l'église des chartreux de Miraflores, 
que la reine Isabelle transforma en chapelle funéraire pour son père et sa 
mère, fut confiée à Git de Stloe, dont l'origine resté mystérieuse. Ses 
statues et ses figurines, véritables orfèvreries d'albâtre ou de bois 
polychrome et doré, sont d'un style tout flamand. Cependant la prodigieuse 
richesse des reliefs se joue sur des tracés dont l'origine musulmane n'est 
pas douteuse : grands cercles du retable, étoile à huit pointes qui dessine le 
plan du tombeau royal. L'éblouissement qui empêche de distinguer les 
détails dans ce kaléidoscope de sculptures (ou dans la grande rose de 



LXXVI LES ARTS EN ESPAGNE. 

figurines qui forme le milieu du retable de San Nicolas, à Burgos), on 
l'éprouvera do même devant les stucs de l'Alhambra. 

A Valladolid, qui fut l'une des résidences préférées des Rois Catholiques^ 
Gil de Siloe, un de ses collaborateurs de Miraflores, Diego de la Cruz^ et un 
Macias « Carpintero » ont décoré les façades de San Pablo et du collège de 
San Gregorio comme d'immenses retables de pierre, chargés des motifs les 
plus compliqués. La décoration de ces façades forme à l'extérieur de l'édifice 
un revêtement de sculptures exactement comparable aux revêtements poly- 
chromes réservés à» l'intérieur des palais musulmans. La façade de la collé- 
giale d'Aranda de Duero, un peu plus tard celle de la cathédrale de Sala- 
manque, sont décorées suivant les mêmes principes. Le goût musulman 
de la répétition indéfinie se retrouve encore dans la décoration de façades 
de palais comme celui de Guadalajara, la « Maison des Coquilles » (Las Con- 
chas), à Salamanque, ou le séminaire de Baeza, en Andalousie. La « Clia- 
pelle dorée », fondée en 1524 dans la Cathédrale Neuve de Salamanque, est 
encore avec sa polychromie et ses faïences précieuses, un joyau d'art 
gothique, brillant d'une richesse orientale. 

Rien n'est plus espagnol que ce style opulen-t et bizarre, combinaison 
imprévue d'art germanique et d'art musulman, que l'on peut appeler lo 
« style Isabelle ». Il a été imité en Portugal sous le règne de Manuel le 
Fortuné. L'art « manuélin », d'origine castillane, s'est encore enrichi et 
chargé de nouveaux éléments orientaux qui étaient venus de l'Orient 
musulman et de l'Extrême-Orient, après les expéditions de Vasco de Gama 
dans l'Inde, et qui se combinèrent, pour achever le chaos, avec les motifs de 
la Renaissance italienne. 

Les commencements de la Renaissance. Les Italiens en Espagne. 
— Il y a solution de continuité entre les importations de modèles toscans du 
Trecento qui avaient formé la première école do peintres catalans, les 
voyages des Italiens, peintres ou sculpteurs, qui avaient suivi, et la victoire 
de la Renaissance italienne, qui, après l'art français du xiii» s. et l'art 
flamand ou germanique du xv®, fit la conquête de l'Espagne. Une avant- 
garde de sculpteurs italiens se disperse à travers la péninsule, au commen- 
cement du XVI® s., après que d'autres venaient de suivre Charles VIII en 
France. Quelques-uns de ces voyageurs sont des Florentins, qui araient déjà 
travaillé hors de Florence avant de gagner l'Espagne (comme les « Juste » 
de Fiesole, qui s'établissent à Tours). Domenico Fancelli de Settignano, qui 
sculpte après 1504 le tombeau de l'infant Juan, à San Tomas d'Avila, et 
qui commence tout au moins le tombeau des Rois Catholiques, à Grenade, 
fait du sarcophage un lit de parade, disposé comme celui du pape Sixte IV, à 
Saint-Pierre de Rome; le tombeau de l'archevêque Diego Hurtado de Mendoza 
(1509), dans la cathédrale de Séville, œuvre du Florentin Michèle, est une 
réduction du mausolée du pape Paul II. Le souvenir des tombeaux romains 
du XV* s. est encore manifeste dans le monument du cardinal Pedro de 
Mendoza (cathédrale de Tolède, vers 1500), qui paraît être du Florentin 
Andréa. A Jaca, Giovanni Moreto de Florence signe en 1523 la décoration 
d'une chapelle de la cathédrale; on peut lui attribuer un retable de 
Tarâzona aux armes de Jules II (avant 1513). Ce Florentin apportait en 
Aragon des formes plus lombardes que toscanes; il ava^t dû être employé 
dans les ateliers de Gênes, où se rencontraient Florentins et Comaeini. 

La grande ville maritime, (^ui était le port du marbre, a contribué p.lu3 



LES ARTS EN ESPAGNE. iXXVn 

que tout© autre à l'expansion de la Renaissance, en exportant ses marbres 
tout sculptés et ses marbriers. Dès 1510 des Lombards décorent, pour un 
Mendoza le château de la Calahorra, près de Guadix, en pleine Andalousie 
mauresque. Les ateliers génois qui avaient travaillé pour la France au temps 
de Louis XII exécutent, sous le règne do Charles-Quint, de somptueux 
monuments funéraires pour Tolède et pour Séville (à Tolède, dans l'église 
San Juan de la Penitencia, tombeau de Tévêque d'Avila, Francisco Ruiz, 
1526; à Burgos, tombeaux du Connétable Pedro de Velasco et de sa femme, 
dans leur grande chapelle ; à Séville, tombeaux magnifiques des Ribera, par 
Pace Gagini et les Apriîe de Carona (1536), aujourd'hui dans l'église de 
l'Université; tombeaux des Ayala, transportés au xix» s. de Séville dans 
l'église de San Lorenzo, près de Santiago de Compostelle, à l'extrémité 
opposée do l'Espagne). Ces marbres sont envoyés par mer, comme le tom- 
beau du vice-roi Ramon de Cordona, sculpté àNaples en 1525 par Giovanni 
de Nola, et qui se trouve perdu à Bellpuig, en Catalogne. Séville s'enrichit, 
pendant tout le xvi® s., de colonnes et de portes de marbre commandées à 
Gênes. Elle avait donné l'hospitalité à deux Florentins, qui n'étaient pas, 
comme Michèle, des marbriers. 

En 1503, Nicoluso de Pise apporte à la ville des azulejos la polychromie 
des Délia Robbia, que Girolamo délia Robbia lui-même devait faire con- 
naître peu de temps après à Paris : il décore de reliefs en terre cuite 
émaillée le charmant portail de Santa Paula, et peint le retable de l'ora- 
toire des Rois Catholiques, à l'Alcazar, fait d'un assemblage de carreaux. 
Les dessins qu'il exécute sont donnés par Pedro Millân; cette décoration 
composite n'est pas imitée par les artisans qui, vers le milieu du xvi« s., 
remplacent, sur leurs carreaux de faïence, la géométrie musulmane par les 
arabesques italiennes. Un Florentin errant, le sculpteur Torrigiani, qui vint 
à Séville après avoir passé par Londres, exécuta des statues de terre cuite, 
analogues à celles de Guide Mazzoni, qui avait suivi Charles VIII en France. 
Son St Jérôme et sa Vierge assise, œuvres d'un réalisme à la fois savant 
et populaire, devaient servir de modèles à de grands sculpteurs espagnols, 
mais longtemps après que le sculpteur florentin, poursuivi, dit-on, par 
l'Inquisition, fût mort en prison (1522). 

L'Italianisation de la sculpture. — L'action des marbriers italiens et 
des marbres de Gênes s'est exercée très promptement sur les fils mêmes 
des étrangers qui avaient importé en Espagne la sculpxure germanique. 
Il est probable qu'avant les artistes dont nous avons les noms, des scar-, 
pellini lombards étaient allés pratiquer leur métier au cœur de la Vieille 
Castille. Enrique de EgaSy l'architecte des Rois Catholiques, avait dû con- 
naître quelques-uns de ces passants oubliés, lorsqu'il a dessiné la façade 
du collège de Santa Cruz, fondé à Valladolid par le cardinal Mendoza : 
œuvre d'un novateur audacieux, qui ne se copia pas lui-même. L'hôpital, 
fondé à Tolède sous le même titre par le même prélat et construit par le 
môme architecte, à partir do 1504, montre une façade d'une extrême 
richesse, où les motifs du répertoire lombard sont audacieusement plies aux 
courbes d'an portail gothique. Une autre combinaison de la tradition germa- 
nique avec les motifs italiens est tentée en 1516 dans un portail élevé à 
Burgos, au chevet de la vieille cathédrale, par Francisco de Cologne, fils de 
Limon. Avant lui, un Bourguignon, Philippe Biguerny, de Langres, s'était 
montré initié à l'art nouveau dès 1499, alors qu'il sculptait le premier des 



LXXVIII LES ARTS EN ESPAGNE. 

bas-reliefs du trascoro, où beaucoup de types restent français et dont 
l'encadrement est purement gothique. A Tolède, il acheva de s'italianiser 
en travaillant dans la Capilla Mayor à côté d'un Florentin; il commença en 
même temps à s'hispaniser : dans le retable de la Chapelle Royale de 
Grenade, il donna le premier exemple d'une adaptation aisée des formes 
importées par les marbriers lombards au modèle des retables espagnols 
et à la technique du bois peint et doré. Ce Bourguignon a su évoquer, au 
temps de Charles-Quint, le temps des Rois Catholiques, qui semble revivre 
dans les deux statues des Rois, agenouillées à côté de bas-relièfs historiques. 

Les progrès de l'italianisme, si rapides dans le groupe des sculpteurs d'ori- 
gine étrangère établis en Castille, se manifestent de la manière la plus sai- 
sissante en Aragon, dans la série des retables monumentaux sculptés par 
Damian Forment, un Valencien qui, pour la puissance et la fécondité, comme 
pour les raffinements du ciseau, remporte de loin sur un Adam Krafft, et 
dont le nom devrait avoir une célébrité européenne. Il avait connu à Valence, 
où venaient sans cesse des Italiens, quelques motifs de la Renaissance qui 
paraissent déjà dans ses premières œuvres (portail de la collégiale de 
Gandia). A Saragosse, où M va s'établir, il rencontre Juan Mortanes et sou 
fils Diego, qui élevèrent de 1505 à 1519 le portail de Santa Engracia dans un 
style lombard pur de toute réminiscence gothique, mais beaucoup plus sec 
que le stylo du Florentin Moreto. Forment lui-même élève, de 1505 à 1511, 
le grand retable d'albâtre de la basilique du Pilar, directement imité du 
retable germanique de la Seo. L'architecture des énormes dais reste gothique, 
et les menus motifs italiens sont relégués sur le soubassement; mais les 
types, les draperies, toutes les formes plastiques doivent à l'Italie une part 
do leur ampleur et de leur beauté, vivifiée par des détails réalistes. Dans 
le retable de Huesca, commencé en 1520, l'architecture n'a pas changé; 
mais les formes se sont amollies dans une élégance plus conventionnelle. 
Une transformation complète du cadre d'architecture s'accomplit dans le 
retable de bois de Santo Domingo de la Calzada; elle s'achève, peut-être 
sous l'influence du Florentin Moreto, dans le retable de Barbastro, dont le 
soubassement d'albâtre, seul terminé à la mort de Forment, vers 1543, est 
une forte et magnifique construction italo-antique, étrangement animée par 
une foule d'êtres mythologiques et de demi-dieux nus. 

En Castille deux contemporains de Forment se montrent, dès leurs pre- 
mières œuvres, entièrement maîtres de la « Obra à lo rornano ». Domenico Fan- 
celli a été, à Avila, le maître ou le modèle de Vasco de la Zarza, auquel des 
recherches récentes ont permis de rendre le tombeau de l'évêque Alfonso 
Carrillo de Albornoz (1514), dans la cathédrale de Tolède, et le magnifique 
monument commémoratif de l'évêque Alfonso de Madrigal (<?/ Tostado), placé 
derrière le chœur de la cathédrale d^ Avila. Bartolomé Ordonez de Burgos 
avait dû être formé, lui aussi, au style nouveau, dans sa patrie, et aux côtés 
de Vigarni, avant d'être envoyé à Carrare, en 1517, pour diriger la bottega 
d'où furent envoyés à Coca les tombeaux des Fonseca. Au retour, il com- 
mence le « trascoro » de la cathédrale de Barcelone ; mais il repart pour Car- 
rare où il doit exécuter des commandes aussi importantes que celles qui 
étaient confiées, dans la génération précédente aux maîtres italiens. C'est, en 
1524, le mausolée du cardinal Cisneros, destiné à Alcalà do Henares, et dont^ 
Fancelli avait laissé lo dessin, à sa mort, en 1517; deux ans plus tard lo tom- 
beau des parents de Charles-Quint, réplique enrichie du tombeau du cardinal 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXXiX 

souverain. Dans la ChapelieP Royale de Grenade, où elle a pris place, 
l'œuvre d'Ordonez apparaît plus chargée et plus boursouflée que le tombeau 
florentin des Rois Catholiques, dont elle conserve Tordonnance : le scul- 
pteur do Burgos s'était rencontré à Carrare avec des disciples de Michel- 
Ange. 

Le « style Charles-Quint ». — A côté des premiers maîtres espagnols 
qui ont su trouver dans la sculpture italienne le style et la vie d'un art nou- 
veau, nombre de praticiens n'ont vu dans la Renaissance qu'un répertoire 
d'arabesques qui remplaça bientôt, dans la pierre ou l'albâtre, les grandes 
décorations composées de motifs gothiques, comme celles-ci avaient rem- 
placé les revêtements de dessin mauresque. 

Les menus reliefs qui semblent parfois copiés de la Chartreuse de Pavie 
couvrent des façades entières : « Casas consistoriales » de Séville, cons- 
truites à partir de 1527 par Diego de Riaîio', couvent de San Marcos à Léon, 
commencé en 1537' par Ôrozco, continué par un Juan de Badajoz, peut-être 
flls de celui qui avait donné à la chapelle de Santiago, dans la cathédrale, une 
si élégante décoration de style flamboyant. Les ciselures des arabesques 
lombardes ont gardé toute leur finesse dans la pierre dorée de Salamanque : 
la façade de l'Université fameuse, où l'aigle de Charles-Quint surmonte le 
médaillon des Rois Catholiques, est une broderie où l'œil se perd. 

Le décor lombard déploie ses fantaisies à l'intérieur des églises, où les 
entrées des chapelles, comme les niches funéraires, prennent une allure de 
portes triomphales. A Tolède, Covarrubias bâtit dans le nouveau style la 
somptueuse chapelle des Rois Nouveaux, au chevet de la cathédrale 
Dans la cathédrale de Sigiienza, où le style nouveau fait son apparition 
dès 1509, des sculpteurs venus de Tolède s'inspirent du tombeau du cardinal 
Mondoza, pour exécuter le tombeau de Fernando de Arce, évoque des 
Canaries, 1522) et le mausolée gigantesque du prince-évcque D. Fadrique 
de Portugal (f 1539), accompagné du monument reliquaire de Ste Livrada. 
Des monuments funéraires de même type, mais beaucoup plus chargés, sont 
sculptés vers 1530 par un groupe d'artistes d'Avila, à droite et à gauche du 
retable de l'église du Parral, près de Ségovie, où ils forment un ensemble 
d'une richesse pesante et bizarre. A Léon, le trascoro do la cathédrale, dont 
les reliefs opulents et l'arcade solennelle contrastent si fortement avec la 
décoration toute gothique des stalles, à Cuenca, dans la vieille cathédrale, 
la grande porte romano-lombarde de Jamete, semblent célébrer la victoire de 
la Renaissance. 

Les sculpteurs de stalles adoptent la décoration italienne; Bartolomé Fer- 
nandes de Ségovie l'emploie en 1526 pour encadrer les reliefs encore tout 
gothiques de la silleria du Parral (près de Ségovie), aujourd'hui transportée 
à Madrid, et partagée entre le Musée archéologique et l'église de San 
Francisco el Grande. Les arabesques italiennes se mêlent aux motifs héral- 
diques et aux découpures flamboyantes dans des grilles, dont la plus riche 
est peut-être celle qui entoure le tombeau plus ancien de l'archevêque 
de Diego de Anaya, dans une chapelle du cloître de la cathédrale de Saûla- 
manque. Les motifs gothiques disparaissent complètement des grilles exé- 
cutées par Fray Francisco de Salamanque, dans la cathédrale de Séville 
(1518-1531) et par Bartolomé de Jaén, en 1518, dans la Chapelle Royale d© 
Grenade. Des figurines et des scènes entières compliquent de leurs silhouottof 
la dontoilo de fer. Un maître novateur, Cristobal de Andino, exécute en 



LXXX LES ARTS EN ESPAGNE. 

1523 la grille de la Chapelle du Connétable, aans la cathédrale de Burgôs, 
et en fait une architecture de proportions presque classiques. 

Les motifs italiens se superposent aux dessins gothiques jusque dans les 
monuments de l'orfèvrerie. Ils triomphent dans la custodia de Médina de 
Rioseco, œuvre d'Antonio de Arfe, le fils de Enrique. Les érudits espa- 
gnols ont donné à tout ce style décoratif d'origine lombarde, dont les 
détails semblent ciselés dans la pierre comme dans l'argent, le nom de 
style d'orfèvrerie, plateresco. Il faut remarquer que les orfèvres n'ont fait 
que l'emprunter aux marbriers. 

Ce style prend vers 1530, surtout à Burgos et à Salamanque, des formes 
redondantes, au milieu desquelles les monstres mythologiques se mettent à 
pulluler. On a donné à cette forme emphatique et bizarre do la décoration 
lombarde, qui est toute castillane, le nom de style monstrueux, monstruoso. 
En réalité le plateresco et le monstruoso se font suite et souvent se con- 
fondent. Leur réunion forme, dans la décoration sculptée, un « style Charles- 
Quint », lequel ressemble de fort près au style français d'origine lombarde, 
qui a fleuri surtout en Normandie, et que nous appelons « style François I*' ». 
Des architectes et des sculpteurs français sont venus travailler en Espagne 
pendant la première moitié du xvi« s. ; leurs œuvres, très dispersées (portail 
de Santa Maria de Calatayud, par Etienne Obray et Juan de Talaverà, 
1523-28) ; retable de Teruel, par Gabriel Joli, avant 1538 ; collège d'Oiïate, 
dans les Provinces Basques, par Pierre Picard^ ne diffèrent pas des œuvres 
espagnoles les plus savantes. 

L'Italianisme dans la peinture. — Avant la fin du xv« s., des peintres 
espagnols ont fait le voyage d'Italie, où l'un d'eux, élève du Pérugin, a 
rendu célèbre son surnom de Spagna. Un Jacopo de Valence, disciple 
médiocre de Bellini, signe une série de tableaux, dont les dates vont de 
1485 à 1509. Il est dilfîcilo d'établir un rapport entre ce Valencien de Venise 
et le premier imitateur de la Renaissance italienne qui ait peint à Valence 
même, maître Rodrigo d'Osona (Crucifiement signé à San Nicolas), dont le 
fils (tableau signé Lo fill do Maestro Rodrigo, à Londres) a laissé à Valence 
un grand polyptyque de St Denis (sacristie de la cathédrale). De même on 
ne sait par quelle voie l'influence vénitienne a pénétré en Andalousie, où 
elle se combine avec la technique flamande, pour formera Cordoue une école 
savante et originale. Le premier maître de cette école, Bartolomé Vermejo, 
qui a signé le St Michel tout flamand de la collection Wernher, à Londres, 
a peut-être voyagé en Italie, avant de séjourner à Barcelone, où il a 
signé en 1490 une œuvre à demi vénitienne, la Pietà, avec le portrait du 
chanoine Desplà, superbe et bien espagnol. Après lui, Aîejo Fe mandez de 
Cordoue met une science égale au service d'un tempérament d'artiste très 
différent. Ses œuvres, dont plusieurs se trouvent encore dans la cathédrale 
de Séville, où il alla travailler en 1508, font penser tantôt à Gérard David, 
tantôt à Bellini ; mais le charme mélancolique de sa Vierge à la Rose 
(Santa Ana de Triana) n'appartient qu'à lui. Il a formé un atelier, dont les 
œuvres charmantes sont dispersées à travers la province (Ecija, Marchcna). 

Un peintre castillan, Pedro Berruguete, contemporain de Vermejo et plus 
italianisé que le maître de Cordoue, a su garder toute la rude énergie do 
son accent et de sa foi. On ne connaît encore que ses dernières œuvres. Le 
retable de San Tomas d'Avila, les panneaux du Prado, provenant de la 
même église, célèbrent dignement l'Ordre de Saint-Dominique, au temps 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXxxt 

du grand inquisiteur Torquemada, en montrant, à côté des miracles et des 
moines en prières, l'image authentique d'un des premiers « autos de fé ». 

Par qui Berruguete avait-il été initié à l'art italien? Peut-être par un Bour- 
guignon, dont on a fait sans raison le frère de Philippe Biguerny, et que les 
Espagnols appellent /uan de Borgona. Ce peintre délicat avait dû passer par 
Florence avant de gagner Tolède, où il est nommé pour la première fois 
en 1495. Ses fresques de la salle capitulaire de la cathédpale, commandées 
par le cardinal Cisneros (1508-1511), et qui forment une suite unique on 
Espagne, sont d'un disciple de Ghirlandajo, qui n'a pas oublié la France 
et qui se plaît à la richesse des architectures espagnoles. Juan de Borgona 
ne quitta Tolède que pour achever le retable de la cathédrale d'Avila, 
auquel avaient travaillé Berruguete et un autre italianisant, Santa Cruz. 
Les « manières » des trois peintres se laissent distinguer sans peine dans 
ce magnifique ensemble. 

Un Anversois établi à Tolède, Francisco de Amberes, imite assez servi- 
lement le Bourguignon italianisé : ses panneaux, fort agréables dans leurs 
petites dimensions, sont nombreux à Tolède, et l'église San Juan de la 
Penitencia en possède une collection. Tandis que l'art énergique de Ber- 
ruguete est vite oublié, Juan de Borgona reste le maître de l'école de 
Tolède, dont le représentant fécond est Fray Juan Correa, artiste pieux et 
doux, qui a probablement reçu de nouvelles influences italiennes. 

Une école de peinture s'est développée à Valence parallèlement à l'école 
de Tolède : elle a entretenu des rapports plus directs avec l'Italie et a 
compté des artistes plus puissants. L'Italien Paolo da San Leocadio, qui 
avait fait un premier voyage à Valence, en 1472, apporte en 1501 à Gandia, 
capitale du petit duché des Borgia, un art éclectique, intermédiaire entre 
Costa et Francia. Il a quelques élèves. Mais dès 1507, le chapitre de la 
cathédrale avait signé un contrat, pour les douze grands panneaux du retable 
monumental, avec deux peintres, tous deux originaires de la Manche, et 
appelés tous deux Fernando, qui venaient de B^lorence, où ils avaient connu 
Fra Bartolommeo et travaillé dans l'atelier de Léonard de Vinci. L'un de 
ces deux voyageurs, Fernando Yanez de ï Almedina, est un maître : tout en 
se souvenant constamment de Florence, il sait peindre les animaux et les 
paysans avec une vérité « picaresque » qui fait de lui un précurseur des 
grands réalistes espagnols. L'autre, Fernando de Llanos, est plus gauche et 
plus mou. Leur influence à tous deux se prolonge à Valence pendant un 
demi-siècle. Yanez a formé un peintre énergique, Vicente Macip, auteur 
du grand retable dont les panneaux sont épars dans la cathédrale de 
Ségorbe. Le fils de Vicente, Juan, est devenu célèbre et l'est resté, sous 
son surnom de Juan de Juanes. Il n'a été en fait que le continuateur des 
deux Espagnols venus de Florence; il paraît même avoir suivi le plus 
médiocre des deux, Fernando de Llanos. C'est en vain qu'il s'essaie aux 
scènes violentes et aux mouvements tourmentés, comme dans la suite de 
l'histoire de St Etienne, qui le représente au Prado. Peintre froid et âme 
mystique, il a donné des images conventionnelles de la sainteté et do 
l'extase qui conservent des dévots. On copie encore son Christ eucharistique. 
Le meilleur élève de Juanes a été peut-être son fils, également appelé 
Juan, dont le Prado possède deux panneaux authentiques, provenant de 
Bocairente. Cette école pieuse a été féconde; elle compte parmi ses repié- 
Bentants un moine, le P. Bofràs. 

ISPAGKB. / 



IXXXn LES ARTS EN ESPAGNE. 

L'architecture de la Renaissance en Espagne. — En Espagne, comme 

en France, l'architecture gothique conserve le système compliqué de ses 
voûtes et de ses piliers très avant dans le xvi« s. Los grandes cathédrales 
qui s'élèvent, sous le règne de Charles-Quint, en Aragon, comme en Castille, 
imitent les plans les plus spacieux du xv* s. ; la cathédrale de Barbastro est 
une réplique de celle de Huesca, achevée en 1515; Gil de Hontarion s'inspire 
de la cathédrale de Séville en construisant la cathédrale neuve de Sala- 
manque; son fils Rodrigo ajoute au plan de celle-ci un déambulatoire, 
lorsqu'il bâtit la cathédrale qui couronne le rocher de Ségovie. 

A l'intérieur de ces édifices, la décoration italienne se borne à quelques 
médaillons. Elle s'empare, à Plasencia, de la façade du transept de la cathé- 
drale neuve et enrichit de ses formes les plus luxuriantes les murs et les 
piliers mêmes du chœur. Parmi les architectes qui ont travaillé à la cathé- 
drale de Plasencia figure Diego de Siloe, le fils de G-il, qui avait ciselé 
l'albâtre et le bois pour Isabelle la Catholique. Il fut le grand novateur 
dans l'architecture espagnole de la Renaissance et fit pénétrer le premier 
dans l'organisme de la construction les formes italiennes, qui n'étaient 
encore qu'un vêtement de mode nouvelle plaqué sur l'architecture gothique. 

En construisant le chœur de la cathédrale de Grenade, dont le plan, donné 
par Enrique de Egas, était celui de la cathédrale de Tolède, il éleva, au 
milieu du déambulatoire, une rotonde composée de robustes piliers et sur- 
montée d'une coupole, qui remplaça au-dessus du sanctuaire la dentelle des 
cimborios. Le maître castillan7 qui avait sans doute fait le voyage d'Italie, ^« 
souvenait de la coupole de Brunelleschi et du grand projet de Bramante; 
mais il entoure sa rotonde de contreforts; il conserve dans le dessin de la 
nef, qui fut achevée longtemps après lui, les voûtes du tracé flamboyant; 
il unit intimement les deux styles qu'il s'est assimilés, dans les piliers, 
composés de pilastres corinthiens, et qui peuvent rappeler ceux de Saint- 
Eustache de Paris. La cathédrale d© Grenade est imitée à Malaga et à 
Jaén. La coupole et la voûte à caissons tendent à remplacer partout les 
voûtes d'ogives dans les vastes et magnifiques dépendances qui s'élèvent 
autour des cathédrales, et dont la plus riche est la Chapelle Royale de 
Séville, commencée par Martin Gainsa. La décoration lombarde, compli- 
quée et boursouflée par le goût espagnol, ne recule que lentement devant 
les progrès de l'architecture classique : le lierre touffu du style « nions- 
truoso » enveloppe cette architecture et poursuit sa vie débordante sur les 
pilastres, les voûtes et jusque sur les coupoles. Les caissons de la voûte qui 
couvre la sacristie monumentale de la cathédrale de Sigûenza logent une 
assemblée de trois cents « têtes d'expression ». 

Une décoration non moins abondante semble sortir de la pierre des palais, 
entre les colonnes : cette richesse reste précieuse dans des édifices de pro- 
portions réduites, comme l'Hôtel de Ville de Jerez, œuvre iïAndrés de 
Ribera. Un maître plus complètement italianisé que Diego de Siloe, Pedro 
Machuca, a commencé dès 1526 le palais que Charles-Quint voulut se faire 
bâtir sur le rocher de l'Alhambra, et qui, inachevé et désert, serait admiré 
comme la plus noble ruine de la Renaissance, s'il ne masquait une mer- 
veille trop différente de lui. L'une des entrées monumentales a été ornée 
encore de bas-reliefs génois, œuvres d'un Niccola da Corte ; la cour circu- 
laire, destinée aux fêtes et aux joutes, et qui est la première des « Plazas 
de Tores », a l'ordonnanco sévère et pure d'un dessin bramanteaque. 



LES ARTS EN ESPAGNE. lAXXIU 

L'étude des ordres et de leurs proportions occupe, pendant la seconde* 
moitié du xvi* s., les orfèvres, aussi bien que les architectes. Juan de Arj^ 
le petit-fils de l'Allemand Enrique, publie en 1585 à Séville son traité do 
la Varia Commensuracion, analogue aux écrits théoriques de Philibert 
Delorme. Ses œuvres d'orfèvre, les custodias d'Avila, de Séville (1580-K)8';), 
de Valladolid, auxquelles on peut rattacher la custodia de Palencia, œuvro 
de Jîian de Benavente, conservent, sous leur petite coupole de tempieUn 
à plusieurs étages, la richesse et la vie de la Renaissance espagnole. A la 
dernière génération dos Arfe correspond, dans l'art du fer, le maître Villal- 
pando et l'école tolédane qui a élevé dans les cathédrales des deux Castillos 
de hautes grilles d'une ordonnance sévère et magnifique. 

Au milieu de cet art opulent, Juan-Baptista de Tolède et l'Asturien Juan 
de Herrera apportèrent de Rome, où Michel-Ange régnait, après Bramante 
et Raphaël, une architecture puissante, austère et nue. De ces deux archi- 
tectes, le premier commença et le second acheva l'immense Escorial, palais, 
couvent et sépulcre, auquel Philippe H collabora même pour le plan, avant 
de loger son incurable ennui dans cette demeure surhumaine, d'où l'huma- 
nité semble bannie, avec la sculpture. L'église du monastère, dans laquelle 
triomphe l'ordre colossal, réalise le projet de Michel-Ange pour Saint-Pierre 
de Rome, en le simplifiant jusqu'à l'abstraction : elle a été imitée par Juan 
de Herrera et par ses nombreux disciples dans des églises cyclopéennes, 
comme la cathédrale de Valladolid. Herrera, qui exerça dans toute l'Espagne 
son autorité de Maestro de las Obras Reaies, a laissé son nom à ce style de 
mathématicien, qui s'oppose lugubrement à la légère et brillante géométri© 
de l'art musulman, peu d'années avant l'expulsion des Morisques. L'art 
officiel de Philippe II, qui se continue sous « les Philippe », contraste même 
avec les oeuvres les plus classiques des architectes de Charles-Quint, dans 
les monuments qui ont été achevés par Herrera, comme l'Alcazar de Tolède 
Les Disciples espagnols de Nichel'Ange. — La domination de Michel- 
Ange, que subirent en Espagne les architectes eux-mêmes, s'était imposée 
aux sculpteurs dès le commencement du xvi* s. Avant d'atteindre Ordone? 
à Carrare, elle s'était emparée à^Alonso Berruguete^ le fils du peintre Pedro, 
qui travailla, dit-on, à Florence, avec Michel-Ange, en même temps que deux 
peintres espagnols travaillaient avec Léonard. Peut-être Berruguete s'arrêta- 
t-il en Aragon, vers 1520, à son retour d'Italie : un sculpteur qui lui ressemble 
souvent, Tudelilla, commence dès 1538 le trascoro de la Seo de Saragosse, 
sur lequel des motifs imités directement de Forment se compliquent de 
silhouettes michelangelesques pareilles à celles que 1© Rosso apportait, verc 
le même temps, de Florence à Fontainebleau. Les œuvres authentiques do 
Berruguete sont on Castille. D^ns son pays natal, le sculpteur retrouve son 
accent de réalisme, même pour le travail du marbre. Le tombeau célèbre 
du cardinal Tavera, commencé en 1554 à Tolède, conserve le motif du lit do 
parade; le mausolée de D. Juan de Rojas, dans l'église de San Pablo, à 
Palencia, reproduit le type tout espagnol du grand monument funéraire, 
élevé sur l'un des côtés d'un sanctuaire, et d'où les statues agenouillées ont 
l'air de suivre l'office à jamais. Dans le travail du bois, dédaigné par les 
Italiens de la Renaissance, Berruguete mêle les bizarreries du style mons- 
truoêo aux souvenirs déformés de Michel-Ange, Jusqu'à réaliser les figures 
efl'rayantes et superbes qui upparaissent sur les stalles de la cathédrale de 
'^olèdd (commencées par Yigarni) et dans les restes du retable do ISan 



IXXXIV LES ARtS EN ESPAGNE. 

Benito de Valladolid, recueillis au Musée. Ici les couleurs puissantes do 
ïestofado achèvent de faire oublier l'Italie. C'est sans doute Berruguete 
qui a initié à Michel-Ange Francisco Giralte, le décorateur de la Capilla 
del Obispo, près de San Andrés, à Madrid, dont le retable polychrome et 
les tombeaux opulents forment un ensemble unique dans la capitale et trop 
peu connu. 

Le plus vigoureux des disciples de Berruguete fut un Français que les 
CastjUans appellent Juan de Juni, et qu'il faudrait sans doute nommer 
Jean de Joigny. A Valladolid, où il s'établit, ses œuvres sont encore nom- 
breuses dans les églises et au musée. Il n'a sculpté que le bois et l'a paré 
do couleurs somptueuses appliquées sur une première couche d'or. Juan de 
Juni arrive aux contorsions les plus extravagantes dans les sujets les plus 
calmes (groupe de Ste Anne et de la Vierge, dans la Cathédrale Neuve do 
Salamanquo). Ses grands retables de Miranda et d'Osma ont une confusion 
magnifique qui rappelle, au milieu des architectures classiques, les fan- 
taisies mauresques et gothiques de l'époque des Rois Catholiques. 

Gaspard Becerra^ de Baeza, alla à Rome trente ans après que Berruguete 
fut revenu de Florence : il y trouva encore Michel-Ange. Il devint scul- 
pteur de Philippe II et entreprit de grands ouvrages, dont le plus important 
est le retable de la cathédrale d'Astorga. Comme Berruguete, dont il 
balança la renommée, il mêle des violences réalistes à de froides copies, 
et il revêt ses œuvres colossales de^la plus magnifique polychromie. 

D'autres sculpteurs de bois ont montré plus de calme et de sévérité, sans 
échapper à l'obsession de Michel-Ange, et perdu des talents dignes d'estime 
dans la foule de ces gigantesques retables dont tout le nord de l'Espagne 
s'est enrichi à partir du milieu du xvi« s., et pendant une centaine d'années. 

Les Leoni. — Charles-Quint, vers la fin de son règne,' eut pour sculpteur 
en titre un Italien, Leone Leoni d'Arezzo, plus proche de Cellini que de 
Michel-Ange. Ses statues, pour la plupart en bronze, furent envoyées de 
Milan en Flandre et de là en Espagne, où elles sont groupées aujourd'hui au 
Musée du Prado. Le fils de Leone, Pompeo Leoni, alla à Madrid en 1556 et 
devint le sculpteur du fils de Charles-Quint. Il continua la série des fiers 
portraits de son père dans iMie suite solennelle de portraits funéraires. Le 
mausolée du cardinal inquisiteur Francisco de Valdès, à Salas (Asturies), 
achevé en 1587, a été imité du tombeau élevé par Alonso Berruguete dans 
l'église de San Pablo, à Palencia, et en face duquel Pompeo lui-même 
devait placer plus tard le tombeau plus sévère de D. Francisco de Rojas. 
La grande œuvre du sculpteur italien de Philippe II est dans l'église do 
l'Escorial; il a peuplé de statues de bronze doré les gigantesques architec- 
tures de marbres polychromes dessinées par Herrera pour le retable et pour 
les portiques des mausolées au milieu desquels Charles-Quint et Philippe II 
sont agenouillés, avec leurs familles. Juan de Arfe, l'orfèvre sculpteur, 
travailla à ces mausolées ; il a lui-même exécuté après 1600, pour la famille 
des ducs de Lerma, des statues funéraires de bronze doré (le duc et 1& 
duchesse au musée de Valladolid; l'archevêque de Se ville à Lerma), qui onn 
été longtemps attribuées à Pompeo Leoni. Les mausolées de l'Escorial ont 
été imités au loin : par Giraldo de Merlo à Guadalupe, vers 1600; dans 
le grand couvent de Monfortô de Galice, dont Tarchitecte était un disciple 
d' Herrera. 

Lrôs peintres maniéristes. — klonso Berruguete et Gaspar Becerra ont 



LES ARTS EN ESPAGNE. lAXXV 

été peintres, en même temps que sculpteurs : leurs tableaux, assez rares 
(pour Berruguete, au musée de Valladolid), sont bien plus sages et plus 
impersonnels que leurs reliefs polychromes. Nombre de peintres espagnols 
firent, au xvi« s., le voyage d'Italie. Ils se formèrent un art éclectique, aussi 
savant et aussi froid que celui des maniéristes italiens. Pablo de Cespedes, 
le peintre poète, qui fut le théoricien de cet art étranger à la vie, en a donné 
la formule, dans une réplique citée par Pacheco : « Votre Grâce ne sait-elle 
pas que les portraits ne se font plus ressemblants? Il suffit. Monsieur, de 
peindre une tête avec bravoure. » L'école la plus florissante au milieu du 
xvi« s., est celle de Séville, où Luis de Vargas se souvient du Corrège, dans 
le tableau fameux de la cathédrale de Séville, peint pour un raccourci de 
jambe (« la Gamba »). Les maîtres les plus vigoureux, à Séville même, sont 
des Flamands « romanistes », comme le Bruxellois Pierre de Kempeneer 
{Campana) qui conservent dans leurs tableaux de sainteté une gravité 
archaïque, vivifiée par un réalisme qui n'est plus italien. Luis de Morales^ 
qui travaille dans l'Estremadure, et qui a été longtemps considéré comme 
un artiste original et isolé, n'est qu'un disciple des Flamands do Séville qui 
retrouve leur technique minutieuse et leur coloris émaillé. Ce faux « pri- 
mitif » se fit le peintre de l'ascétisme prêché par son compatriote et con- 
emporain St Pierre d'Alcantara. La tristesse et la maigreur de ses Ecce 
Homo et de ses Dolorosas aussi conventionnels que les Christ de Juanes, 
lui attirèrent des imitateurs médiocres et lui ont valu le surnom de 
« Divine ». 

Les peintres de Philippe II. — Charles-Quint connut Titien en Italie. 
Le prince des peintres, devenu comte palatin et conseiller aulique, rejoignit 
deux fois l'empereur à Augsbourg : c'est là que fut réglée l'ordonnance de 
la Trinité {la Gloria, Prado). Titien n'alla pas en Espagne, non plus que 
Leone Leoni. Philippe II entretint avec le grand vieillard une longue 
correspondance. Les commandes du roi, tableaux religieux ou « Poésies », 
qui étaient des nudités mythologiques, forment au Prado, avec les portraits 
de Charles-Quint, les Tintoret et les Véronèse achetés par Philipe II et Phi- 
lippe III, Ja plus riche collection vénitienne que l'on puisse admirer hors de 
Venise. Philippe II avait réuni bien d'autres trésors d'art. Le monarque 
taciturne fut le plus grand collectionneur et le premier connaisseur de pein- 
ture de son siècle. Il fit acheter ou copier dans les Pays-Bas le plus qu'il 
put de chefs-d'œuvre anciens, dont quelques-uns sont encore à l'Escorial 
(Roger van der Weyden) ou à Madrid (Bosch). Il s'attacha, comme portrai- 
tiste, à défaut de Titien, le Hollandais Antonio Moro, digne successeur do 
Holbein. Ce maître forma une école de portraitistes officiels, dans laquelle 
se succèdent Sanches Coello, qui abandonne parfois la précision fla- 
mande, pour s'élever au style de Titien, Pantoja de la Cruz, plus minu- 
tieux et plus sec, enfin BartolorAé Gonzalez. Ces portraits espagnols ne 
sont pas sans ressemblance avec les portraits français des Clouet et de 
leurs contemporains, dont l'école a, de même, ses origines dans l'art 
néerlandais. La série que forment au Prado les tableaux de Moro et de ses 
successeurs nous transporte dans cette cour silencieuse, où des princes 
tristes et pâles se meurent d'ennui, à côté de leurs mornes boufl*ons. 

Tandis que la peinture à l'huile était employée par les portraitistes espa- 
gnols, selon la technique flamande, comme elle l'avait été, dès le xv« s,, 
par les peintres de tableaux religieux, la peinture à fresque, plus rapide ot 



LXXXVI LES ARTS EN ESPAGNE. 

plus sommaire, restait le fait des Italie^s. Des peintres de « grotesques »j. 
imitateurs des décorations des « Loges » de Raphaël, où revivaient les déco- 
rations des villas et des Thermes antiques, viennent de Toscane et de Lom- 
bardie en Espagne, après les marbriers, et forment, eux aussi, que.ques 
élèves : Giulio de Aquilès, aidé par Pedro de Raxis^ do Grenade, couvre 
d'arabesques mythologiques les murs mêmes de l'Alhambra. 

Philippe II voulut égayer et ennoblir de fresques italiennes l'intérieur de 
son Escorial aux façades de granit. Il se contenta d'abord de peintres de 
« grotesques », dont deux venaient d'Urbino : leurs fantaisies semblent 
alléger les voûtes de la salle capitulaire. Pour l'église, pour les cloîtres, 
pour la bibliothèque, le roi fait venir les peintres les plus féconds en vastes 
compositions et en figures gigantesques : d'abord des Génois, comme Luca 
Cambiaso, puis des Florentins, dont les principaux furent Romulo Cincinnati^ 
Peregrino Tibaldi et Francesco Zwccaro. Philippe 11 no fut point dupe du 
savoir-faire de ces improvisateurs : il congédia bientôt le plus fameux 
d'entre eux, Zuccaro. Pour les énormes tableaux d'autel, qui devaient être 
peints à l'huile, il se contenta d'Espagnols, plus graves et plus pieux, parmi 
lesquels figurait Sanchez Coello, dont les tableaux religieux et les portraits 
semblent les œuvres de deux hommes différents. Parmi ces peintres de 
l'Escorial se trouvait un artiste sourd-muet, dont l'œil fut sensible à la 
fête que donnaient dans le palais glacé les œuvres de Titien. Les œuvres 
de Navarrete, dit El Mudo, dispersées dans l'Escorial, sont très dignes 
d'attention. Si la mort n'eût enlevé prématurément, en IS'TO, l'Espagnol 
qui avait trouvé dans l'art vénitien les moyens d'expression de sa piété et 
de son réalisme, peut-être le « Muet » aurait-il remplacé, à sa manière, le 
Véronèse, que Philippe II ne put faire venir. 

Le Greco : Celui qui vint, et que personne n'attendait, fut un Grec de 
Candie, Domenikos TheotoJcopouloSy le plu» extraordinaire météore qui ait 
traversé le monde de l'art. 

Ce qu'il avait appris à Venise d'abord, puis à Rome, d'autres l'avaient , 
révélé à l'Espagne ; mais cet étranger unit le dessin michelangelesque et 
la couleur vénitienne dans une synthèse qui n'avait pas été réalisée même 
par le Tintoret, son maître. A travers l'éducation italienne, le Greco 
avait conservé des souvenirs de la peinture byzantine, de son coloris de 
fresque et de ses types ascétiques. 11 s'établit à Tolède vers 1575 : sa gra- 
vité morose et sa sensibilité nerveuse se trouvèrent en harmonie avec la 
superbe et triste ville qui venait de perdre son rang de capitale, mais qui 
était encore riche de noblesse. Le Greco devint le peintre des hidalgos 
pensifs, contemporains des grands mystiques et du Chevalier à la Triste 
Figure. Dans ses portraits (dont une série admirable se trouve au Prado), 
comme dans ses visions (dont la plus saisissante est peut-être la Gloria 
de Philippe II, à l'Escorial, si dififérerite de la Gloria de Charles-Quint, 
peinte par Titien), il employa les couleurs froides et pures avec une fran- 
chise de brosse qui dépassait les plus audacieux des. maîtres vénitiens. 
Portraitiste et visionnaire unique en son temps, il a concentré tout son 
art, puissant et étrange, dans le grand tableau de l'église San Tome de 
Tolède, V Enterrement du Comte d'Orgaz, Jusqu'à la fin de sa vie, il garda 
sa sûreté de touche dans le portrait, tandis que ses derniers tableaux do 
sainteté ne sont plus que des hallucinations, au milieu desquelles les formes 
humaines apparaissent comme d'étranges éclairs. Le fils naturel du Greco, 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXXXVII 

Jorge Manuel^ et son disciple préféré, Luis Tristan, ne devaient être que 
des ombres de ce génie bizarre qui a été à la fois l'évocateur le plus puis- 
sant de l'Espaprno de Sto Thérèse et do Cervantes, et le plus impétueux 
précurseur de l'impressionisme moderne. 

Réalisme et mYsticisme. Les Valeneiens. Ribalta et Ribera. — Le 
réalisme vigoureux avec lequel Fernando Yaîîez, le « Manchego », revenu 
de Florence avait peint les hommes du peuple mêlés par lui aux sourires ■ 
do Léonard, s'était perdu à Valence dans la dévotion doucereuse de Juanes. 
Il reparaît à Valence, dans la seconde moitié du xvi« s., et fait la force 
d'un peintre trop peu connu, Francisco Ribalta. Lui aussi a séjourné en 
Italie; au lieu de suivre les maniéristes florentins, il s'est attaché au Cor- 
rège. L'influence du souverain maître du « clair-obscur » est visible dans 
le retable monumental des Dominicains de Carcagente, où l'ombre l'emporte 
déjà sur la lumière. Mais l'Espagnol retrouve le peuple dans les couvents. 
Il se fait peintre de moines, après Pedro Berruguete, et avec une science 
et une profondeur nouvelles. Ses visions de St François, dont l'une est au 
Prado, et dont il faut voir la plus saisissante au musée de Valence, sont 
les premiers modèles vraiment espagnols d une peinture catholique, où réa- 
lisme et mysticisme se mêlent et semblent se confondre. 

Ribalta eut un disciple, Jusepe Bibera, de Jâtiva, qui a fait oublier son 
maître, bien que lui-même ne l'ait jamais oublié en Italie, où il étudia, 
dans leurs œuvres, les maîtres les plus différents : le Corrège, qui avait 
déjà séduit Ribalta, et Michel-Ange de Caravage, cet Italien qui eut une 
affinité si étrange avec les grands réalistes de l'Espagne. « Lo Spagnoletto », 
comme on l'appela, ne revint jamais dans sa patrie, mais il resta en Italie 
un Espagnol. Etabli, après de longues pérégrinations, à Naples, où régnait 
un vice-roi espagnol et où il menait lui-même grand train, il envoya dans 
toute l'Espagne ses œuvres, peintes en présence de modèles pris dans le 
peuple napolitain, dont les types, à demi orientaux, ressemblent à ceux du 
peuple de Valence. La salle du Prado qui est réservée à ce maître fécond 
permet de juger sa science impeccable du dessin et du relief, et aussi 
d'apercevoir dans son œuvre des asf>ects peu connus. Ribera a célébré par- 
fois la beauté et la jeunesse avec des accents dignes du Corrège : la Made- 
leine du Prado, le grand et magnifique tableau d'autel qui glorifie Vlmma- 
culée Conception^ dans l'église des Augustines de Salamanque, sont des 
fleurs do vie saine et superbe qui font pâlir Murillo. Elles sont égarées 
dans le monde le plus noir, parmi les ombres nocturnes, près des vieillards 
ravagés par les macérations, à côté des scènes de martyres et de torture 
détaillées avec des raffinements de bourreau. Les œuvres de Ribera, les plus 
poétiques, comme les plus atroces, se trouvèrent d'accord avec les extrêmes 
de la sensibilité espagnole : leur action, assez faible à Valence sur A'^pinosa, 
un peintre d'un réalisme simple et franc, qui remplace les noirs par des 
ombres rougeâtres, a été profonde sur l'école de Séville, qui, au xvn* s., 
donne à l'Espagne ses plus grands peintres. 

L'école de Séville. Zurbaran. — Un maître, le « licencié » Juan de 
Roelas, avait détourné les peintres sévillans du maniérisme italien et du 
« romanisme » flamand. Il fut aussi original que Ribalta et plus puissant, en 
même temps que plus doux. Après le voyage d'Italie, qu'il fit, comme tant 
d'autres, il semble qu'il ait rapporté à Séville un reflet de Venise. Dans la 
lumière dorée qui baigne ses toiles, les anges donnent des concerts laa- 



LXxxVïII LES ARTS EN ESPAGNE. 

goureux; l'Immaculée marche sur les nuées (Académie de Madrid; Musée 
de Séville). En même temps, les scènes épiques ou pathétiques prennent 
un accent de vérité nouveau. Le Saint Jacques à la bataille de Clavijo 
(Cathédrale de Séville), est, comme l'a dit Ponz, « plein de feu ». On peut 
rapprocher de l'Enterrement du Comte d'Orgaz, sans qu'il y ait imitation, 
la Mort de St lldefonse (église de ce nom à Séville), cette solennelle et 
pieuse réunion de portraits ecclésiastiques dans une église, pointe par un 
artiste qui avait été chanoine dans la collégiale d'Olivares et était chapelain 
de San Salvador de Séville. 

Le disciple le plus fameux de Roelas fut Francisco Herrera^ dit le Vieux, 
dont la fougue a longtemps passé pour celle d'un créateur, et qui est encore 
cité comme le fondateur de l'école de Séville. Expert dans toutes les 
techniques, il pratiqua les genres de peinture les plus opposés : scènes de 
cabaret, imitées sans doute de tableaux napolitains et qui furent en Espagne 
les premiers bodegones, grandes fresques religieuses. Les unes et les autres 
de ces peintures ont disparu. Herrera est tout entier dans ses énormes 
toiles du musée de Séville (ou du Louvre), avec son réalisme trivial qui 
exagère la carrure populaire des moines, sa verve d'improvisateur qui 
s'exerce sur les figures colossaies, attaquées comme sur le mur, à grands 
coups de brosse, son tempérament brutal, associé, dit-on, à un caractère 
intraitable, et qui achève de donner aux géants du ciel une fureur démo- 
niaque. 

Ces violences, qui font penser à celles de la peinture romantique, furent 
imitées faiblement par le fils à! Herrera {el Mozo, le Jeune) : elles eifrayèrent 
bientôt les autres disciples qui furent attirés par le maître redoutable ; 
les peintres de Séville et ceux qui venaient se former dans cette capitale 
de la peinture espagnole revinrent aux enseignements graves et doux de 
Roelas, et les complétèrent par l'étude des toiles plus sévères de Ribera, qui 
arrivaient de Naples. 

Un fils de paysan, Francisco Zurbaran, venu d'un village de l'Estrema- 
dure, apprit de Roelas à peindre les hommes d'Église. A peine essaya-t-il, 
une fois, de rivaliser avec Herrera, dans sa colossale Apothéose de St Tho- 
mas d'Aquin (musée de Séville). Dès sa jeunesse la réalité de la vie monas- 
tique Pavait attiré : bien qu'il n'ait jamais reçu les ordres, il passa des 
années entières dans les grands couvents de l'Andalousie et de l'Estrema- 
dure, où il peignit les moines, leur histoire et leurs visions, comme s'il avait 
été l'un d'eux. Des suites importantes qu'il avait laissées, une seule est encore 
intacte, dans la solitude du monastère de Guadalupe ; on pourra voir à Madrid, 
à l'Académie de San Fernando, cinq admirables portraits de religieux de la 
Merci. Zurbar^n a su marquer le caractère des différents ordres, dans les 
.iuances de la dévotion, comme dans la couleur de l'habit. Les franciscains 
terreux, dont une foi farouche illumine la face de cadavre, sont moins nom- 
breux dans son œuvre que les chartreux et les hiéronymites, qui portent 
%vec une majesté grave les larges plis de la bure blanche. Pour la tech- 
nique, les tableaux enfumés par les noirs de Ribera font bientôt place à 
des toiles claires, glacées de couleurs froides et ombrées de gris fins. Au 
milieu de la lumière pâle et légère, qui modèle franchement les reliefs, la 
gloire dos apparitions intervient sans transition, plus jaune, mais toujours 
froide. Les anges, vêtus de bleu, de rose et de jaune clair, sont presque 
tous les portraits d'une même femtoo aux yeux douloureux ; lo Christ, vêtu 



LES ARTS EN ESPAGNE. LXXXIX 

des mêmes couleurs voyantes, a aussi le corps d'un vivant ; mais sa beauté 
mélancolique apporte sur terre un rayon d'une douceur infinie. 

Cet art qui, sans jamais perdre de vue le modèle et la vie réelle, pénètre 
si avant dans le monde des âmes, était une discipline trop rigoureuse pour 
d'autres que le peintre des moines. Antonio de Castilto, qui peignit nombre 
de tableaux religieux à Cordoue, n'a plus rien de commun avec Zurbaran. 
L'école de Séville tempéra par des imitations nouvelles et des élégances 
apprises la sévérité du réalisme pur. 

Madrid et l'école de Séville. Mupillo. — Madrid, dont Philippe II avait 
fait en 1561 la capitale de l'Espagne et que Philippe III et Philippe IV 
continuèrent d'enrichir des plus illustres tableaux de l'Italie et des Flandres, , 
reçut en 1628 la visite de Rubens. La Cour (c'est le nom que l'on donnait 
déjà à la ville : « Corte ») avait attiré dès le commencement du xvii* siècle 
les peintres de l'Andalousie ; elle leur offrit un enseignement complet dans 
les palais de l'Alcazar et du Prado, devenus d'incomparables musées : le 
voyage de Madrid remplaça le voyage d'Italie. 

En 1637, Alonso Cano, un peintre gentilhomme, originaire de Cordoue, 
qui, après avoir appris le métier de sculpteur de retables avec son père, 
avait peint à Séville, dans l'Académie italianisante de Juan de Castillo, est 
obligé de prendre le large, pour avoir eu le poignard trop prompt. Il gagne 
Madrid, où il trouve le Sévillan Velâzquez établi au palais, comme premier 
peintre du roi. Grâce à ce puissant protecteur, Cano étudie à loisir les col- 
lections royales, et il se forme, en copiant les Vénitiens, Rubens et Van 
Dyck, un style aussi éclectique que celui des Bolonais. Son Christ mort, du 
Prado, soutenu par un Ange, est une œuvre savante et noble, qui pourrait 
être attribuée à un Anversois aussi bien qu'à un Sévillan. Cano, qui s'est 
souvenu parfois de Zurbaran, lorsqu'il a peint des religieux, finit sa carrière 
en possession d'un canonicat, à Grenade, où son meilleur disciple fut Fray 
Bocanegra. 

Pendant son long séjour à Madrid, Cano avait vu arriver en 1543 un jeune 
peintre qui avait été son condisciple chez Castillo. Estéban Murillo avait 
commencé à gagner sa vie en brossant des « pacotilles » pour la « feria » ou 
pour les « Indes ». Mais, ambitieux et ardent, il avait eu la révélation de Rubens 
et de Van Dyck, alors plus glorieux que les Italiens, par Pedro de Moya^ 
qui avait aussi travaillé avec lui dans l'atelier de Castillo, et qui, après être 
parti pour les Flandres avec l'équipement du soldat, en revenait chargé de 
copies et de dessins. Murillo voulut faire le même voyage; il s'arrêta à 
Madrid, où il trouva les grands Flamands, les grands Italiens, et l'art vivant 
de Velâzquez. Le génie le plus heureux qu'ait produit Séville se révéla 
à lui-même dans les palais-musées de Madrid. Murillo était de retour dès 
1645, avec le bagage d'éclectique sur lequel devait vivre Alonso Cano ; lui- 
même garda de ses études et de ses souvenirs multiples cette diversité de 
« manières » qui parfois déconcerte. Cependant il avait été reconquis par ce 
qu'il retrouvait dans sa patrie, les traditions d'art et le spectacle de la vie. 
Séville n'a gardé, même dans son musée, que des épaves des grands ensem- 
bles de tableaux dont Murillo avait paré le couvent des Capucins ou l'Hos- 
pice de la Caridad. L'œuvre de Murillo est aujourd'hui dispersée à travers 
l'Europe, et partout elle a des admirateurs, pour sa facilité, sa douceur, sa 
tendresse, et aussi pour ce qu'elle a gardé, même dans les formes et la cou- 
leur, de conTOûtionnel et de cosmopolite Mais cette œuvre, son sens et sa 



XC LES ARTS EN ESPAGNE. 

vie profonde ne seront pleinement compris ni au Louvre, ni à Madrid même, 
où le Sévillan occupe toute une salle du Prado, et où il reste un étranger. . 

A Séville, Murillo s'est souvenu de Roelas, de Ribera, de Zurbaran 
même. La blonde lumière de ses gloires, c'est Roelas qui l'avait entrevue; 
elle enveloppe le grand tableau de Saint Antoine de Padoue, peint en 1649 
pour la cathédrale de Séville ; puis elle devient de plus en plus pénétrante 
et chaude, jusqu'à fondre les formes, dans les derniers tableaux, pour les- 
quels les Espagnols ont inventé le mot de style « vaporoso ». Le peintre qui 
a fait monter de sa palette cette buée ardente aimait le soleil. Sa piété 
même évite l'ombre et la douleur. Elle adoucit et affaiblit les visions épi- 
ques : le Christ en croix du musée de Séville, qui tend ses bras décloués à 
St François n'a plus la sombre grandeur du Christ que Ribalta a peint dans 
la même attitude (musée de Valence). Mais Murillo triomphe dans les extases 
langoureuses qui montrent aux saints et aux fidèles l'apothéose de la Femme, 
dans la personne de la Purisima, au milieu des anges enfants. Marie n'est 
plus pour lui une Italienne de convention, mais une vraie Sévillane, sou- 
riante et souple, brune et dorée. Dès son retour de Madrid, Murillo s'était 
servi de ce que lui avaient appris lesmaîlres étrangers pour faire le portrait 
du peuple de Séville, en s'inspirant des « bodegones » de Herrera et de 
ceux de Velàzquez. L'Espagne n'a rien gardé de ses nombreux tableaux de 
« muchachos », gamins et m-cndiants, que l'on peut voir au Louvre et à 
Munich; mais on retrouve ces petits pouilleux dans plus d'un tableau de 
sainteté; ils jouent leur rôle dans l'une des dernières œuvres du peintre, la 
Ste Elisabeth de Hongrie soignant les teigneux, qui se trouve au Prado. 
Deux grands tableaux qui ont fait partie du même ensemble sont restés en 
place dans l'église de la Caridad. La Multiplication des pains et l'Eau jaillis- 
sant du rocher du Thabor ne sont que deux scènes populaires, glorifiées par 
la lumière. Dans le tableau que le peuple appelle « VEau », femmes de 
Séville et muchachos ont l'air de goûter la fraîcheur d'un oasis : jamais 
artiste n'a fait sentir aussi naïvement que Murillo, le plus Andalou des 
peintres, que l'Andalousie est déjà l'Orient. 

Le succès de Murillo fut triomphal et sa domination universelle parmi les 
peintres de Séville. Après les imitateurs directs, comme Osorio et Juar» 
de Séville^ déjà plus ternes et plus froids que le maître, l'école de Murillo 
se prolonge jusqu'à la fin du xviii» s., avec Tobar. Rares sont les peintres 
qui échappent à la séduction de cet art facile et heureux, comme Juan de 
Valdés Leal, qui avait apporté de Cordoue l'affectation du réalisme le plus 
horrible : dans l'église de la Caridad, ses deux tableaux fameux, hantés par 
les larves des sépulcres, racontent les terreurs et la pénitence du fondateui 
de l'hôpital, ce don Miguel de Manara, qui fut l'une des incarnations de 
« don Juan ». 

Velàzquez et Técole de Madrid. — Le peintre souverain que Murillo 
trouva à Madrid en pleine force et en pleine gloire avait fait lui aussi son 
apprentissage dans sa ville natale de Séville. Diego Velàzquez travailla 
plusieurs années dans l'atelier de Francisco Pacheco, qui professait les 
mêmes théories académiques que Juan de Castillo, et qui les a formulées 
dans son Traité de la Peinture. Le jeune peintre épousa à dix-neuf ans la 
fille de son maître. Le sévère portrait de Juana Pacheco qu'il a peint à Séville 
et qui est au musée de Madrid suffirait à prouver que Velàzquez ignorait les 
grâces italiennes. Il s'était appliqué, en suivant l'exemple de Herrera, à 



LES ARTS EN ESPAGNE. XCl 

pcindro les scènes et les types populaires de Séville. Ses bodegones, d'une 
franchise robuste, ont passé à l'étranger, comme les muchachos de MuriUo. 
Ses premiers tableaux de sainteté, comme ï Adoration des Mages, peinte à 
Séville en 1619, et qui se trouve au Prado, ressemblent étrangement aux 
premières œuvres de Zurbaran. Velâzquez vint chercher fortune à Madrid 
en 1622 : l'année suivante, il était peintre du roi, et, depuis lors, il ne cessa 
de travailler pour la cour, où il exerça des charges d'honneur. C'est pourquoi 
la plupart de ses tableaux et les plus importants sont restés à Madrid. 
Velâzquez est le seul grand peintre qui soit tout entier dans un musée : en 
faisant le tour d'une salle du Prado, on a parcouru le développement com- 
plet d'une œuvre unique au monde et qui ne doit presque rien aux maîtres 
dont les salles voisines montrent des tableaux fameux. 

Velâzquez semble avoir passé indifférent au milieu des collections royales 
qu'il ouvrit à Cano et à Murillo. Des augustes portraits de Titien, à peine 
a-t-il regardé la technique. En 1628, il vit dans la familiarité de Rubens, 
qui apporte ou improvise à Madrid d'éblouissantes esquisses et des mytho- 
logies triomphantes; or, l'année suivante Velâzquez peint, sous le titre officiel 
de Bacchus, les Borrachos, cette réunion do paysans, sortis d'un « bodegon », 
et dont chacun est un « morceau », qui, pour le relief, imite et dépasse les 
plus étonnantes réussites de Ribera. Du voyage à Rome qui suit immé- 
diaieuient ce tableau, qu'est-ce que le peintre a rapporté, avec les pièces 
de collection destinées au roi? Deux études de la Villa Médicis, enlevées 
avec une franchise d'impression dont l'Italie ne lui offrait aucun modèle, 
et la Forge de Vulcain, où il n'y a d'italien que les modèles qui ont posé 
devant le peintre des « Borrachos ». 

Les peintres dont l'exemple semble avoir le mieux profité à Velâzquez 
sont des Espagnols. 

11 avait trouvé à Madrid, avec les œuvres des portraitistes de la cour 
dont ir devait prendre la suite, une petite école très vivante dont les 
origines sont encore mal connues; des religieux, comme Fray Juan Baptisla 
del AJayno et Fray Juan Bizi, qui font penser parfois à Zurbaran ; des 
peintres officiels, comme Eugenio Cajes et José Leonardo^ qui voyaient un 
tableau de bataille comme une réunion de portraits. La plupart de ces 
peintres employaient des couleurs froides et limpides : ils ont pu éclaircir 
la palette sôvillane de Velâzquez. 

Le peintre dé Philippe IV connut le Greco, non par d'indignes 
disciples, mais par les œuvres les plus saisissantes de Tolède et de 
l'Escorial. Le souvenir de V Enterrement du Comte d'Orgaz est manifeste 
dans le portrait dit du Comte de Benavente; celui du Saint Maurice 
dans une couvre aussi originale que la Beddition de Breda (« les Lances »). 
Avant Velâzquez. Theotokopoulos avait possédé en Espagne le secret 
de faire de la lumière avec des noirs et des gris. Pourtant il ne faut 
pas exagérer l'influence qu'un maître toujours frémissant et fiévreux a 
pu exercer sur le peintre qui a donné l'exemple de la plus parfaite 
impassibilité dont un créateur puisse s'enorgueillir. Devant les nobles 
vaincus de Flandre et les Castillans vainqueurs, devant les princes 
d'une race dégénérée et les monstres, dont ils faisaient leur amuse- 
ment, Velâzquez n'est qu'une main au service de deux yeux. Ces instru- 
ments de son art, il les a perfectionnés, dans une lutte continuelle et 
froide avec la nature, jusqu'au miracle, qui perpétue non seulement les 



XCII LES ARTS EN ESPAGNE. 

êtres qui ont posé devant le peintre, njais le lieu où il a travaillé et jus- 
qu'à l'heure du jour, et qui nous fait a'pparaître les Menines et Velâzquez 
lui-même, tels que les ont vus, dans une grande et triste salle de rAlcazai 
de Madrid, depuis longtemps brûlé, le roi et la reine dont nous apercevona 
les pâles visages dans la glace embuée du fond. 

L'école de Madrid, vers le milieu du xvii« s., devient l'école de Velâz- 
quez. Le grand peintre avait eu pour élèves son esclave Pareja et son 
^ndre /. B. del Maso. Les formules qui pouvaient être tirées des dons du 
portraitiste sans égal furent appliquées avec un bonheur parfois extraordi- 
naire par les deux portraitistes de Charles II, le roi avec lequel s'éteini 
lamentablement la Maison des Habsbourg d'Espagne et que l'étonnant 
tableau documentaire de Francisco Risi montre sur l'estrade d'un autodefé 
(Prado). Des figures de cauchemar revivent dans les cadres de Juan Carreno 
de Miranda: la reine mère en costume de nonne, l'enfant géante, un monstre 
tout rouge ; et Claudio Coello, lorsqu'il a peint, au fond de la grande sacristie 
de l'Escorial, l'immense toile où Charles II apparaît à genoux devant l'hostie 
miraculeuse (« Sagrada Forma »), entouré des courtisans et des prêtres, 
dans une salle qui semble continuer la sacristie, a refait les « Ménines », 
sans la simplicité du génie. 

Le siècle de Velâzquez finit à Madrid dans les apothéoses théâtrales du 
Napolitain Luca GiordanOy le fameux Fa presto, que Charles II appela pour 
terminer les grandes fresques de l'Escorial par un dernier bouquet d'impro- 
visations. Il revint bientôt dans sa patrie, après être resté quelques mois au 
service du nouveau roi, Philippe V, qui était un Bourbon de France. 

Le réalisme dans la sculpture polYchrome. — Les successeurs de 
Philippe II firent ériger à Madrid des statues équestres fondues à Florence, 
mais dont les modèles avaient été envoyés de Madrid : la statue de Phi- 
lippe III fut exécutée par Jean Bologne^ d'après un portrait de Pantoja; 
pour celle de Philippe IV, commandée à Pietro Tacca, un dessin fut donné 
par Velâzquez et une maquette par son ami, le sculpteur Montanés. La 
sculpture religieuse resta fidèle aux traditions espagnoles pour la matière 
et la couleur. Le marbre italien est délaissé : les sculpteurs se contentent 
du bois, destiné à recevoir les tons de chair et les couleurs opulentes de 
r « encarnador » et de 1' « estofador ». Les grands retables, aussi hauts qu© 
les églises, sont abandonnés peu à peu pour les groupes de ronde bosse ou 
les statues isolées, qui descendent des autels dans les jour^ de fête, et vont 
figurer dans les processions. La vogue des représentations religieuses, les 
« autos », contribua sans doute à celle des pasos, ces tableaux vivants de 
bois polychrome que le mouvement des porteurs devait achever d'animer. 
Cet art, qui parlait à la foule, eut pour représentants, dans le grand siècle 
de la peinture espagnole, des sculpteurs illustres, dont les œuvres furent 
achevées par des peintres de renom. Le réalisme, dans la sculpture, comme 
dans la peinture, l'emporta sur l'italianisme. 

A Valladolid, où le musée permet de suivre pas à pas les transformations 
de la sculpture polychrome, Gregorio Hernandez abandonne les contorsions 
par lesquelles Juan de Juni avait cru imiter les poses héroïques de Michel- 
Ange. Il ne prête de grimaces qu'aux soudards à mine de brigands qui 
iouent leur rôle brutal et comique dans la Passion. Les statues de la Vierge, 
tenant sur ses genoux le corps du Christ, ou seule dans sa douleur, sont 
d'un© vérité populaire et d'une émouvante simplicité. L'or a disparu do la 



Lès arts en ESPAGNE. XCIII 

guimpe monacale et de la robe sombre ; les puërilos gouttes de verre, fixées 
aux joues dé la Vierge des Angoisses (Chapelle de la Santa Cruz), sont do 
vraies larmes. 

Hernandez, qui meurt en 1636, laissait des disciples qui travaillèrent 
jusqu'en Galice : il n'eut pas d'égal dans l'Espagne du Nord. C'est l'Anda- 
lousie qui, pendant le xvii« siècle, a été l'école la plus féconde en maîtres, 
dans la sculpture comme dans la peinture : l'un d'eux, Alonso Cano, s'est 
partagé entre les deux arts. Peut-être la technique du bois polychrome 
fut-elle apportée de Castille ; mais Séville pouvait offrir aux sculpteurs des 
modèles de réalisme dans les statues en terre cuite polychrome laissées 
par Torrigiani. Le St Jérôme du Florentin et ses autres œuvres, négligées 
pendant le xvi® s., furent imitées librement parle premier des sculpteurs 
réalistes de Séville, Martiyiez Montanés : (-î* 1649). Ce grand artiste, que 
l'on ne peut connaître que dans sa patrie, sculpta pour les confréries pieuses 
des statues du Christ et de la Vierge, dont la plupart furent peintes par 
Pacheco, le beau-père de Velâzquez. Toutes les douleurs humaines et 
divines sont concentrées dans ces visages sacrés dont les noms populaires 
disent la puissance sur les âmes {Cristo del gran Poder). La vérité et la 
noblesse des attitudes et des formes, admirable dans le Crucifix de la Sacristie 
des Calices, est trop souvent dissimulée sous des oripeaux de velours. 

Les sculpteurs sévillans contemporains de Montanés lui sont inférieurs : 
le plus digne d'attention est Pedro Roldan (f 1700), qui a sculpté des reta- 
bles composés comme de grands tableaux et qui a eu pour disciple sa 
propre fille, la JRoldana. Alonso Cano, le maître de Grenade, n'a laissé à 
Madrid, avec ses toiles, qu'une œuvre de sculpteur : le crucifix de Santa 
Isabel. C'est dans sa patrie seulement que l'on peut connaître, en contem- 
plant des Vierges de gloire ou de douleur, Purisima ou Soledad, le Murillo 
de la sculpture. Cano eut en José de Mora un disciple dont les œuvres ont 
été souvent confondues avec celles du maître. Un autre disciple de Cano, 
Pedro de Mena, cisèle des statuettes d'un réalisme précieux, comme le 
fameux Saint François de Tolède ou la Madeleine moins connue du couvent 
de la Visitacion, à Madrid. 

Au xviii« s., la sculpture polychrome perd le grand style et la technique 
raffiné des maîtres ; elle devient de plus en plus populaire. Un Napoli- 
tain, Francesco Zarcillo (1748), qui vient s'établir à Murcie, mêle à la tra- 
gédie de la Passion la trivialité des figurines de crèches (les « presepi » 
napolitains) et les saillies de sa verve endiablée. D'autres, surtout en Cas- 
tille, ne cherchent plus que l'horreur : après les têtes coupées, les cadavres 
décomposés. Le musée de Valladolid a des coins de musée Tussaud. Au 
fond des chapelles de Burgos apparaissent des Crucifiés, sur lesquels pond 
une perruque de vrais cheveux et dont le corps zébré de plaies semble 
celui de quelque malfaiteur empaillé pour l'exemple. 

La couleur est tout ce qui reste dans la sculpture des traditions glorieuses : 
après avoir résisté à la Renaissance, qui s'était avancée, parée de la blan- 
cheur du marbre, elle imposa sa parure voyante à la décoration baroque, 
importée d'Italie vers la fin du xvii« s. Les plus étranges folies des suc- 
cesseurs de Borromini sont dépassées par des architectes sculpteurs commet 
Churriguera (f 1725), qui donne son nom en Espagne à un style extrava 
gant. La richesse de certaines façades, comme celles de Valence (cathé- 
drale ott palais du marquis de Dos Aguas), chargées de reliefs confus, 



XCIV LES ARTS EN ESPAGNE. 

rappelle parfois les fantaisies mi-gothiques, mi-mauresques du temps des 
Rois Catholiques ou même les folies du style « manuélin » : on dirait que 
rOrient se mêle une dernière fois à l'Italie en Espagne. La couleur achève 
de brouiller les formes, en couvrant de ses notes vives les retables tara- 
biscotés. Quand tout un ensemble apparaît grouillant de ces ornements 
difformes et de ces couleurs exaspérées, le baroque semble rejoindre le 
mauresque : la chapelle de Sainte-Thècle, dans la cathédrale de Burgos, 
est un Alhambra monstrueux et fou. 

Le cosmopolitisme du XVIII* siècle. — La sculpture polychrome con- 
servait seule, dans ses excès, quelques traditions vraiment espagnoles, 
au milieu de la nouvelle invasion d'artistes étrangers qui avait suivi en 
Espagne l'avènement de la dynastie de Bourbon. Philippe V, le petit-fils 
de Louis XIV, voulut créer un Marly à San lldefonso, près de Ségovie, 
où un château et un vaste parc à la française eurent pour décor de fond 
les montagnes sévères de la Castille. Les bosquets et les eaux, plus abon- 
dantes et plus riches en jeux que celles de Versailles même, furent animés 
de tout un peuple de statues mythologiques et allégoriques, et parés de 
vases monumentaux. Ces marbres occupèrent trois générations de sculp- 
teurs venus de France : d'abord René Carlier^ secondé par René Frémin et 
par Jean Thierry; puis Jacques Rousseau; enfin Hubert Demandre et Pierre 
Pitué, qui, les uns après les autres, continuent en Espagne l'art dos 
Coyzevox et des Coustoti. D'autres Français sont occupés à décorer le luxu- 
riant oasis d'Aranjuez, où le château de Philippe II, détruit par un incendie, 
est remplacé par une résidence nouvelle. A Madrid même l'incendie de 
l'Alcazar, qui fait périr en 1734 tant d'œuvres d'art, est bientôt suivi de la 
construction d'un immense palais, auquel un architecte do Turin, Sacchetti, 
donne la grandeur classique du palais de Caserte. Le roi Charles III, un 
Bourbon de Naples, achève ces entreprises fastueuses. Organisateur et 
réformateur dans les arts comme dans les finances, il protège l'Académie de 
San Fernando, fondée par Philippe V en 1744, et qui devient le sanctuaire 
de l'art néo-classique, le plus étranger au réalisme espagnol. Le marbre est 
traité à l'italienne et parfois avec une pompe brillante par les sculpteurs 
qui ont paré le jardin du Prado de ses grandes fontaines, le Neptune do 
Juan Pascual de Mena^ la Cybèle de Francisco Gutierrez^ avec lequel colla- 
bore un dernier Français, Robert Michel, 

Pour décorer le palais de Madrid, Charles III fit appel en 1761 au Véni- 
tien G. B. Tiepolo^ le peintre fécond comme Luca Giordano et magnifique 
à l'égal du Véronèse, qui avait fait le voyage d'Allemagne pour parer de 
ses rêves les plus fastueux et les plus profanes le palais du prince arche- 
vêque de Wurtzbourg et qui venait d'évoquer dans le palais Labia les fêtes 
de Cléopâtre. Tiepolo avait soixante ans; il se rendit à Madrid avec ses 
deux fils. Après avoir achevé le plafond de la salle du Trône, où resplendit 
« La gloire de l'Espagne », et avoir trouvé le temps de brosser quelques 
tableaux de sainteté, qui ont été transportés au Prado, il mourut à Madrid, 
en 1770. Son successeur, qui avait été son concurrent, fut un autre étranger, 
qui ne lui ressemblait guère : Raphaël Mengs, ce théoricien allemand du 
plus froid purisme, en qui ses contemporains croyaient voir revivre le 
génie de la Grèce. Ses grandes compositions, dont la plus renommée fut 
y Apothéose de Trajan, l'empereur « espagnol », au Palais Royal de Madrid, 
•ont aussi complètement mortes pour nous que ses tableaux religieux; 



LES AllTS EN ESPAGNE. XGV 

mais, en prenant la suite des portraitistes do la cour, Mongs a détaillé les 
fanfreluches des costumes de couleurs gaies avec une minutie qui semble 
revenir à Pantoja, par delà Velâzquez, et parfois avec une grâce un peu 
raide qui a son agrément, même à côté des portraits français points pour 
Philippe V par Bonasse, Banc, et Louis-Michel Van Loo. 

Tandis que les commandes et les charges vont aux peintres français, ita- 
liens ou allemands, la peinture espagnole végète à Madrid, entre les 
œuvies péniblement légères dos artistes qui essaient d'imiter le brillant 
napolitain Corrado, lumière de l'Académie, et les natures mortes de Luis 
Ménendez (Prado) dernier asile du réalisme, réduit aux o bodegones », par 
lesquels avaient commencé les maîtres. 

Goya. — Le peintre le plus fécond et le mieux doué de l'école académique 
fut Francisco Bayeu, de Saragosse, à qui la faveur de Mengs valut des 
commandes de vastes peintures murales au Palais-Royal do Madrid, à San 
Ildefonso, à Aranjuez, à Tolède. C'est lui qui attira à Madrid un peintre 
aragonais, plus jeune que lui de quelques années, i^rancwco Go^/a (né en 1746), 
qui devait épouser sa sœur. A vingt ans Goya put étudier dans les palais 
royaux les Vénitiens, Velâzquez et Carreno. Bientôt après il alla à Rome, où 
il se rencontra avec David; mais l'Italie lui resta aussi étrangère qu'à 
Velâzquez. Il était né, lui aussi, pour peindre les hommes et les choses 
d'Espagne. Il le fit avec un entrain infatigable et avec une sensibilité qui se 
trahit dans les moindres touches : on croit voir se refléter dans le vernis 
de ses toiles le masque grognon et sarcastique de l'impitoyable observa- 
teur, si différent du peintre gentilhomme dont Goya reprenait, après un 
siècle, la tradition glorieuse. 

Dès son retour d'Italie, il s'attaqua joyeusement à une commande royale, 
les cartons de tapisseries qui devaient représenter des scènes de la vie 
populaire de Madrid, alors brillante et colorée, et à laquelle les courtisans 
se mêlaient volontiers aux jours de fêtes, endimanchés en costumes 'de 
majos (portrait de la marquise del Llano, par Mengs; Académie). On verra 
au Prado la suite complète de ces grandes pochades, d'une gaieté toute 
madrilène, qui étaient aussi éloignées des paysanneries théâtrales de Bou- 
cher que des mendiants et des loqueteux trop réels des grands peintres de 
Séviile. La verve avec laquelle Goya avait enlevé ces légères études 
de mœurs se trouva assez mal à l'aise dans les grandes compositions reli- 
gieuses qui lui furent confiées. Il s'en tira en peuplant les voûtes de San 
Antonio de la Florida, près Madrid, de saintes et d'anges qui sont des 
femmes aussi provocantes que celles qui venaient jouer de l'éventail à l'office, 
dans cette église de la Cour. De bonne heure Goya avait commencé à graver 
à l'eau forte, pour lui-même, ses « Caprices »,qui formaient déjà un recueil en 
1799. L'esprit satirique qui faisait si librement courir sa pointe se retrouve 
dans ses portraits officiels : la Famille du roi Charles JV, datée de 1800 
Prado, avec les merveilleuses études) et tous les portraits de la reine 
Marie-Louise sont des pamphlets à poino dissimulés sous une peinture étin- 
celante. Dans les portraits de ses amis de tous les mondes, Goya se montre 
plus grave et plus profond. Ses portraits de femmes sont souvent exquis, 
surtout ceux qu'il a peints dans sa maturité, en connaisseur. Il passait pour 
un « Tenorio j (nous disons : Don Juan), et il se peut que la duchesse d'Albo 
ait posé pour les deux Majas, dont l'une est le nu le plus savoureux, sans 
doute, qui existe en peinture. 



XCVÎ LES ARTS EN ESPAGNE. 

La Guerre de l'Indépendance, ce grand réveil natio/aal qui suivit les igno- 
minies du règne de Charles IV, ne pouvait laisser indifférent le peintre 
national que l'Espagne avait retrouvé. Goya, qui, par les tendances de son 
esprit frondeur, était un afrancesado^ se vengea des envahisseurs avec ses 
armes de peintre et de graveur, dans les deux terribles toiles du musée du 
Prado et dans la suite fameuse des Désastres de la Guerre^ dont le réalisme 
est plus eiîroyable que tout le fantastique de Callot. 

Après le départ de Joseph Bonaparte et la restauration de Ferdinand VII, 
Goya, fort mal en cour, se retira dans sa maison de campagne, au bord du 
ManzanareSi et en couvrit les murs de rêves plus sombres et plus affreux 
que ceux qu'il avait gravés. Ces peintures de cauchemar ont été transportées 
au Prado, où elles contrastent étrangement s^vec les cartons des joyeuses 
tapisseries, œuvres de jeunesse. Le vieux peintre finit par quitter l'Espagne, 
où il n'avait plus d'amis, et se retira à Bordeaux. Il y mourut en 1828. Dans 
ses derniers portraits, il adopta une facture précise et sèche, qui devait être 
imitée par Vicente Lopez^ ce Baron Gérard de Madrid. Il ne laissa d'autres 
disciples que des pasticheurs, comme Lucas, dont les petites toiles noirâtres 
sont mises trop souvent sous le nom du maître. 

Goya est représenté au musée du Prado aussi complètement que Velâzquez ; 
mais quelques-uns de ses portraits les plus étonnants et les plus « modernes » 
sont restés dans les grandes familles et les collections particulières. I>es 
amateurs d'art se plairont à les chercher un à un. S'il n'y a pas de plus 
grand peintre que Velâzquez, Goya est l'artiste le plus vivant, le plus subtil 
et le plus riche quo l'oo puisse apprendre à goûter dans un voyage d'Espagne 



Guides Joanne . 



ESPAGNE El 



SI 
Betanxûs 



J5 
^Carril J^orfort 



Vo(:eriçfL chMùjJui " 
Zapiorcu 



>Leon ^i 



■ VIA 



qocLi 



lîwSeœ< 
incasc 



Valladolid 



TlLCL 



C^ V.\forrrwso j^ 



Âm. 



Àtmi 






y%M ^BussaeJ ^^<^0cùx / v o- 

yiAl/arellos/ i^ J^^' JL _ 

Z1 PuertoUajw jS 

210U 






\Times 



Thjorsts 



^^ 



LCordouex 28^ 






afJerez de^f^ 

r la ïronleijrX' 



HACHETTE ft C?Fari s 

vçrs Cette e\ Marsetlle 



. y>v JacaA PRoitùooscu 
ToJDbcu 



•lesThennes ] 



>oW 



te 



24 

^nardAOrejau 



intrOloLS 
Tenjuel 




ESPAGNE 



ROUTES PRÉLIMINAIRES 



Route A. - DE PARIS A BARCELONE 

" Par les Aubrais (Orléans), Limoges, Brive, Montauban, 
Toulouse, Narbonne et Port-Bou. 

^ 1,144 k.; réseaux d'Orléans (Paris à Toulouse) et du Midi (Toulouse à 

Port-Bou); départ des gares du quai d'Orsay et d'Austerlitz. — Trajet en 

20 h. 40 par l'express du soir (P«, 2® et 3« cl. entre Paris et Port-Bou, 

Port-Bou et Barcelone); et en 23 h. 33 (arrêt de 3 h. 30 à Toulouse) par 

l'express du mat. (l'®, 2°, 3« cl. entre Paris et Port-Bou et 1'® et 3® cl. entre 

Port-Bou et Barcelone). — Billets simples: l'^cl., 130fr.90; 2e cl., 90fr.25; 

3* cl., 58 fr. "75. — Cest ïitinéraire le plus direct et le moins coûteux. 

Wagon-lits et wagon-restaurant. — Des wagons-lits, comportant des 

salons-lits à 3 lits, des compartiments à 2 lits et des couchettes, font partie 

de lexpress du soir, entre Paris et Port-Bou (suppl. : peuple salon-lit, 54 fr. 35; 

30ur le compartiment à 2 lits, 36 fr. ; pour la couchette, 20 fr. ; de Port-Bou 

à Barcelone, par place de wagon-salon, 8 p. 75); un wagon-rest. est attelé 

à l'express du matin entre Paris et Limoges. 

Douanes et changements de trains. — En allant de France en Espagne 
c'est à Port-Bo7i{\\s\te de la douane espagnole) que l'on prend le train espa- 
gnol; en venant d'Espagne en France, c'est à Cerbère (douane française) 
que l'on prend le train français. — Les bagages sont enregistrés directe- 
ment de Paris à Barcelone et de Barcelone à Paris, mais la visite se fait 
à Port-Bou à l'aller, et à Cerbère au retour. 

N. B. -^ Pour la description du trajet de Paris à Perpignan, V. les Joanne : 
Auvergne et Centre et Pyrénées. 

La voie longe la rive g. de la Seine jusqu'à (23 k.) Juvisy, puis 
parcourt la vallée de l'Orge jusqu'à (36 k.) Brétigny (à dr. tour de 
Montlhéry) et la jolie vallée de la Juine jusqu'à (60 k.) Etampes. — 
On traverse ensuite le plateau fertile mais monotone de la Beauce, 
et la forêt d'Orléans. 

123 k. Les Aubrais (g), gare de transit d'Orléans. — La voie 

ESPACNK. 1 



2 - [R. A] Il DE PARIS A BARCELONE. || 

coiUourne Orléans en tranchée, fraiichit la Loire (à dr. belle vue 
sur ia ville), et parcourt la Sologne (plantations de pins).. — On 
traverse le tunnel de VAlouette (1,234 m.) pour descendre dans la_j 
vallée du Cher. '; 

204 k. Yierzon (g). — La voie passe dans un tunnel, franchit 
successivement TYèvre, le canal du Berry et le Cher, puis remonte 
rAnion, et plus loin la Théols. — 240 k. Issoudun (la ville étagée 
à a. et dominée par la Tour Blanche). — On franchit l'Indre. 

267 k. Châteauroux (g). — Au delà du tunnel des Petites-Roches 
(l,OiO m.), on franchit la Bouzanne sur le viaduc de Chabenet (à dr. 
château de Chabenet, xv" s.), puis on débouche sur les versants dr. 
de la vallée de la Creuse. — 298 k. Argenton (g). — La voie franchit 
la Creuse et s'élève sur un plateau granitique (châtaigniers) qui 
niar<iue le commencement du Massif Central. — 326 k. Saint-Sébas- 
tien. — Beau viaduc de Rocherolle (187 m.; 2 étages d'arcades), sur 
le ravin sauvage de la Gartempe. — 371 k. Saint-Sulpice-Laurière (g). . 
— Trajet pittoresque à travers les petites montagnes du Limousin 
et descente dans la vallée de la Vienne. • 

404 k. Limoges ©. — La voie passe en tunnel sous la ville, 
franchit la Vienne sur un viaduc de 23 arches (belle vue de 
Limoges) et remonte la vallée de la Briance (à dr., ruines de Cha- 
lusset; plus loin, Pierre-Buffière). — Au delà de (462 k.) Uzerche, la 
voie descend par les gorges de la Vézère, profondes et sauvages, 
(nombreux tunnels; ponts; trajet pittoresque), dans la vallée de la 
Corrèze, qu'elle franchit. 

503 k. Brive (g). — Trajet pittoresque et accidenté entre les 
vallées de la Corrèze et de la Dordogne; nombreux ouvrages d'art 
et vues très étendues. Avant (540 k.) Souillac (g) on franchit la Cor- 
rèze sur un viaduc de 30 arches, et l'on débouche dans la vallée 
de la Dordogne, que la voie suit à flanc de coteau (magnifiques 
paysages), pour la franchir au delà de (544 k.) Cazoulès. — 562 k. 
Gourdon. — Après un tunnel sous la falaise du château de Mercuès, 
la voie descend en corniche dans la vallée du Lot (très belle vue), 
dont elle côtoie la rive dr. 

603 k. Cahors (g). — En quittant la gare, on aperçoit à dr. le 
célèbre pont Valentré avec ses tours (xiv*' s., restauré), on franchit 
le Lot et on remonte au S. le vallon du Quercy pour déboucher, au 
delà de (64Î) k.) Réaloille, dans la large vallée de VAveyron, que Ton 
franchit, puis dans la vallée du Tarn, que l'on franchit également, 
avant de rejoindre la ligne de Bordeaux à Cette. 

666 k. Montauban d). — On parcourt la large plaine de la 
Garonne. 

717 k. Toulouse (Cigare de Matabiau),yi\\e de 150,000 hab., ch.L \ 
du départ, de la Haute-Garonne, sur la rive dr. de la Garonne. — 
On parcourt la fertile plaine du Lauragais et l'on passe par la 
large dépression de Naurouze sur le versant de la Méditerranée. — 
782 k. Castelnaudary, sur une éminence. 

818 k. Carcassonne (g), ville de 31,000 hab„ dont on aperçoit ': 
sur une colline, au-dessus de l'Aude, à dr., la Cité ou ville haute, 
avec ses anciennes fortifications, une des principales curiosités et 



Il DE PARIS A BARCELONE. |1 [R. Aj — 3 

une des merveilles monumentales de la France. — La voie franchit 
le canal du Midi puis l'Aude; vues au N. sur la Montagne Noire 
(Cévcnnes), au S. sur les Corbières. Riches vignobles. 

870 k. Narbonne (g), où l'on rejoint, à g., la ligne venant de 

Nîmes, Montpellier et Cette. — Entre Narbonne et Perpignan la 

j voie longe, près de la mer, une suite d'étangs littoraux dominés 

jà rO. par les contreforts dénudés des Corbières (curieux paysages). 

' — 802 k. La Nouvelle, — A dr., pittoresque château fort de Saices. 

— 920 k. Rivesalles où Ton franchit l'Agly. — Belle plaine du Uous- 
sillon dominée à dr. par le massif imposant du Canigou (2,785 m.). 
-— On Iranchit la Têt en arrivant à Perpignan. 

934 k. Perpignan, ville de 39,000 hab., sur la Têt et la Basse, 
cli.-l. du départ, des Pyrénées-Orientales, à 11 k. de la mer. — 210 k. 
de Perpignan à Barcelone (R. 1). 

1,144 k. Barcelone (gare de France), R. 3. 

2° Par Lyon, Taraseon, Cette, Narbonne, Perpignan 
et Port-Bou. 

^ 1,213 k.; réseaux P.-L.-M. (Paris à Cette) et Midi (Cette à Port-Bou); 

départ de la gare de Lyon, bd Diderot. — Trajet en -22 h. 38 par le rapide 

du matin (L'« et -i® cl.) et en 22 h. 6 par le rapide du soir (l»"* cl.); en 31 à 

35 h. par les 4rains express (P«, 2^, 3« cl.). — Billets sinaples : l*"» cl., 

, 138 fr. 95; 2» cl., 95 fr. 60; 3« cl., 62 fr. 10. 

LitS'Saïons ou fauteuils-lits. — Des lits-salons ou fauteuils-lits font partie 

des rapides et express de nuit. — Suppl. : lits-salons, Paris-Port-Bou, par le 

rapide, 55 fr. 15; fauteuils-lits, Cerbère-Paris, 24 fr. 70. 
N. B. — Pour la description du trajet de Paris à Narbonne, V. les Jeanne : 

Bourgogne. Provence^ Cévennes et Languedoc. 

La voie franchit la Marne, à Charenton, suit la rive dr. de la 
Seine jusqu'à Villeneave-Saini-Georges, puis la vallée de TYères (joli 
paysage à Brunoy). — On revient ensuite vers la Seine qu'on fran- 
chÎL — 45 k. Melun. — De JMelun à Montereau les trains suivent, 
soit la ligne de la rive dr. de la Seine par Héricy, soit la ligne de 
la rive g. qui traverse une partie de la forêt de Fontainebleau et 
dessert (59 k.) Fontainebleau (viaduc courbe de Ghangis) puis (67 k.: 
Morel (X de la ligne du Bourbonnais; viaduc courbe sur le Loing> 
-— Les deux lignes se rejoignent à (79 k.) Montereau, où l'on quitte 
la Seine pour remonter la vallée de VYonne (jolis paysages). — 
113 k. Sens et sa cathédrale, à g. — 146 k. Joigny, à g. — Pont sur 
TYonne. 

155 k. Laroche d). — Vallée de VArmançon. — 197 k. Tonnerre 
(jolie vue à dr.). — 243 k. Monthard (jolie vue à g.). — 257 k. Les 
Laumes. A dr., on voit le Mont Auxois, emplacement de l'oppidum 
gaulois ^d'A/e^ia, avec la statue colossale de Vercingélorix, par Millet. 

— La voie monte. — 288 k. Blaisy-Bas et tunnel de Biaisy (long. 
4,100 m.; ait. 405 m.), par lequel on passe du versant de la Seine 
sur celui de la Saône et du Rhône. — Belle descente sur le ver- 
sant E. de la Côle-d'Or, en dominant à dr. la vallée de TOuche; 
tunnels, tranchées, viaducs. On remarque Malain, domiué par un 



4 — [B. A] Il DE PARIS A BARCELONE. \\ 

vieux château, la chapelle de N.-D. de l'Etang sur une montagne 
au-dessus de Velars, puis le joli village de Plombières. 

315 k. Dïjon (g). — La voie longe à dr. les collines et les célèbres 
vignobles de la Côte d'Or : Chambertin, Vougeot, Nuits. — 352 k. 
Beaune. — A dr., vignobles renommés de Pomard, Volnay, Meur^ 
sault. — 367 k. Chagny, — 383 k. Chalon-sur-Saône. — La voie suit 
désormais, sur la rive dr., la vallée de la Saône jusqu'à Lyon;, 
jolies vues à g. sur la rivière, à dr. sur les petites montagnes du 
Gharolais, du Maçonnais et du Beaujolais. — 409 k. Tournas et sa 
belle église Saint-Philibert, à g. 

441 k. Mâcon @. — 478 k. Villefranche (la ville à dr.). — Trajet 
très pittoresque entre Saint-Germain-au-Mont-d'Or et Lyon; à g., 
jolies vues sur la Saône; à dr., massif verdoyant du Mont-d'Or 
lyonnais. — Après la gare de Lyon-Vaise, où les rapides ne s'ar- 
rêtent pas, tunnel de Saint-Irénée (2,175 m.), puis pont sur la Saône 
(belle vue). 

512 k. Lyon-Perrache (g). — Pont sur le Rhône (belle vue 
en arrière, sur Lyon, Notre-Dame de Fourvière et les collines du 
Lyonnais). — De Lyon à Tarascon, la voie descend la grande vallée 
du Rhône, sur la rive g. (très beaux paysages). Vues à dr., au delà 
du Rhône, sur les Gévennes, notamment sur le beau miassif du 
Pilât. — 544 k. Vienne (tunnels derrière la ville). — 577 k. Saint- 
Rambert-d'Albon. — A dr., au delà du Rhône, les Gévennes de TAr-, 
dèche; à g., au loin, les Alpes. — 600 k. Tain, qui fait face à 
Tournon (rive dr.). — On franchit l'Isère. ' 

618 k. Valence (g). — A dr., sur un rocher, ruines de Crussol 
(rive dr.). La vallée prend un aspect méridional. — 635 k. Livron. 

— On franchit la Drôme (belle vue). — 663 k. Montélimar, — On 
aperçoit sur la rive dr. les ruines de Rochemaure, les grands fronts 
de carrières à chaux du Teil, puis le rocher de Viviers avec sa cathé- 
drale, avant de traverser le pittoresque défilé du Rhône, appelé 
Robinet de Donzère; au delà, vue à g. sur le Venteux, à dr. sur les 
Gévennes du Vivarais. — A g. ruines pittoresques de Mondragon et 
de Mornas. — 715 k. Orange. 

745 k. Avignon (g), vue à dr. sur les remparts, la ville et le 
palais des Papes. — Pont de 534 m. sur la Durance. 

764 k. Tarascon, où la ligne de Gette se détache à dr. de celle 
de Marseille et franchit le Rhône (pont de 597 m.) en aval du pont 
suspendu reliant Tarascon (rive g.) et Beaucaire (rive dr.) qui se 
font vis-à-vis avec leurs pittoresques châteaux. — 765 k. Beaucaire. 

— Viaduc et tunnel à travers les carrières de Beaucaire. 

791 k. Nîmes (g). Du viaduc qui porte la gare, vue à dr. sur la 
ville (célèbres monuments antiques). — 818 k, LuneL 

841 k. Montpellier ©. — La voie se dirige vers le littoral et 
longe ou traverse des salins et des étangs. — 862 k. Frontignan. — 
La voie traverse le vaste étang d'Ingril puis court jusqu'à Cette sur 
un étroit bourrelet de sable entre l'étang et la mer (très curieux 
paysage). 

869 k. Cette (g), jonction des réseaux P.-L.-M. et du Midi. Vue 
à g. sur le port et la ville bâtie au pied de la montagne de Saint- 



Il DE PARIS A MADRID. || [R. B] ~ 5 

Clair isolée entre la mer et les étants. En quittant Cette, la voie 
court sur une étroite langue de terre entre la mer à g., les salins 
de Celte et Tétang de Thau, à dr. — A g., Pic Saint-Loup, ancien 
volcan (sémaphore) et île basaltique de Brescou. — 893 k. Agde, où l'on 
franchit THérault. — 914 k. Béziers, 52,268 hab., sur une colline 
dominant l'Orb et le canal du Midi; on franchit l'Orb. — Tunnel 
(500 m.) sous le col de Malpas. — Belle vue, à dr., sur les Cévennes. 

939 k. Narbonne (D, où l'on rejoint la ligne de Toulouse (F. 
ci-dessus, 1"). 

1,003 k. Perpignan. — 210 k. de Perpignan à Barcelone 
(R. 1). 

1,213 k. Barcelone (R. 3). 



Route B. — DE PARIS A MADRID 

PAR BORDEAUX, IRUN ET MEDINA DEL CAMPO 

^ 1,455 k. (par Avila) ou 1,449 k. (par Ségovie) ; réseaux d'Orléans (Paris 
à Bordeaux), du Midi (Bordeaux à Irun) et du Nord de l'Espagne; départ 
aux gares : d'Orsay et d'Austerlitz. — Trajet : en 26 h. env. par le Sud- 
Express ( V. ci-après); en 28 h. env. par le rapide du soir (P® et 2* cl.) qui 
ne circule pas le dimanche sur le parcours espagnol; en 33 h. env. par 
train express comportant des voit, de toutes classes entre Paris et Irun 
©t des voit, de l'° et 3« cl. (nombre de places limité en 3« cl.) sur le par- 
cours espagnol; et en 40 h. par le train-courrier comportant des voit, des 
trois classes. — Billets simples : l'« cl., 161 fr. 65; 2« cl., 116 fr. 65; 3« cl., 
73 fr. 20; pour le Sud-Express les voyageurs munis de billets de P« cl. 
doivent payer un supplément de 15 fr. 60 de Paris à Irun et de 39 p. 55 
d'Irun à Madrid. 

Sud-Express. — Ce train international de luxe (wagons-lits, wagon-salon 
et wagon-restaurant) quitte Paris t. 1. j. p0ar Madrid entre midi et 1 h. 
gare dOrléans-quai d'Orsay). Nous conseillSns d'avoir soin de retenir les 
places à l'avance à la C'« des Wagons-Lits, bd des Capucines, 5, ou 
aux autres bureaux de la C® (au Grand-Hôtel et à l'hôtel Continental), à 
Paris. En ce cas, il faut compter en plus l'impôt gouvernemental d'env. 
4 fr., et le montant de la location (3 fr.) pour la place prise à l'avance (ce 
qui est à recommander aux époques où l'affluence des voyageurs est plus 
grande : au printemps et en automne). Les repas à prix fixe coûtent : 5 fr. 
le déj. et 1 fr. le dîn. (vin non compris). 

Voitures directes, wagons-lits et wagons-restaurants. — Des voit, 
directes de 1" cl. (avec lits-toilette et couchettes) et de 2® cl. circulent entre 
Paris et Irun, oïli l'on change toujours de train, la voie espagnole étant plus 
large que la voie française. Le rapide partant do Paris le soir comprend un 
wagon-lits de Paris à Irun (suppl. 32 tr. 80); d'Irun à Madrid, il comprend 
une voiture de 2« cl. et au lieu de voitures de l""* cl. des voitures de luxe 
(suppl. de 10 0/0); il y a un wagon-rest. entre Alsasua et Madrid. Les 
express de nuit, entre la frontière et Madrid et vice versa, comprennent 
un wagon-lits; suppl. 25 0/0 d'Irun à Madrid, plus 2 p. pour la location de' 
la place. 

Toutes ces indications devront être contrôlées sur le plus récent Indicateur 
et sur le Guide Continental de la C'*' des Wagons-Lits (publication ^mensuelle}. 
T- Pour les repas on devra se renseigner dans les wagons-restaurants. 



6 — [R. B] Il DE PARIS A MADRID. || 

Bagages. — Les bagages sont enreofistrés directement pour Madrid et les 
principales villes d'Espagne pour lesquelles il est délivré des billets directs. 

Changement de trains, douane, . buffet et monnaie. — Les voyageurs 
venant de France changent de train et prennent la voie espagnole à Iruu 
(c'est là que se fait, à l'aller, le long arrêt), tandis que les voyageurs venant ' 
d'Espagne changent de train et prennent la voie française à Hendaye (c'est 
là que se fait, au retour, le long arrêt). — C'est dans ces deux gares interna- 
tionales, où il y a des buffets, qu'a lieu la visite des bagages; la douane 
espagnole est à Irun et la douane française à Hendaye. — A Irun, en sortant 
de la douane, on trouve près du guichet des billets et du bureau d'enregis- 
trement des bagages (gratuité de 30 kilog. ; 10 c. de droit d'enregistrement), 
le bureau de change (cambio de monetas ; si l'on n'a pas emporté de Paris de 
l'argent espagnol, changer là une petite quantité d'argent français pour le 
billet de ch. de fer et les menues dépenses jusqu'à la première grande ville 
espagnole, ou mieux à Madrid, où l'on changera à de meilleures conditions; le 
changeur parle français) et, près du bureau de change, la bibliothèque (on 
parle français : acheter l'indicateur du mois : Guia de ferrocariles, 75 c). 

A^. B. — Pour la description du trajet de Paris à Irun, V". les Jeanne : 
Bords de la Loire et Sud-Ouest et Pyrénées, 

De Paris à Irun. 

^ 824 k., réseau d'Orléans de Paris à Bordeaux (588 k.), réseau du Midi 
de Bordeaux à Irun (236 k.). — Trajet direct en 10 h. 50 par le train de 
luxe de jour quotidien Sud-Express\ en 11 h. 25 par le train de luxe de 
nuit Pyrénées-Côte d" Argent ; en 12 h. 30 à 14 h. par les rapides et express. 
— Prix dos billets : 92 fr. 30, 62 fr. 30, 40 fr. 65; suppl. pour le Sud- 
Express, 15 fr. 60; suppl. pour les Pyrénées-Côte d'Argent : salon-lit, 
46 fr. 15; wagon-lit, 32 fr. 80; wagon-couchette, 16 fr. 

123 k. de Paris aux Aiz5rais-Oriéaz2s(R. A. l°),où la ligne 
de Bordeaux se détache à dr. de celle de Toulouse, pour suivre la 
vallée de la Loire qui coule à g., mais hors de vue. 

182 k. Blois (g). — Avant la gare de Blois, vue à g. de la ville 
et du château; en (luittant Ja gare, belle vue à g., sur la vallée de 
la Loire. — Plus loin, les châteaux de Chaumont, puis d'Amboise se 
n)ontrent au loin à g. — On franchit la Loire à (227 k.) Vouvray 
(belle vue). 

235 k. Saînt-Pierre-des-Corps (D, gare de transit de Tours 
(on laisse la ville àdr.). — La voie franchit le Cher, monte sur un 
plateau, puis franchit la vallée de l'Indre, sur un viaduc de 59 arches, 
long de 751 m. — Entre Villeperdue et Sainte-Maure, viaduc haut 
de 51 m. sur la vallée de la Manse, qui sillonne le plateau de Sainte- 
Maure. — 281 k. Port-de-Piles ®. — On franchit la Creuse, et, à 
partir des Ormes, on suit à faible distance (à dr.) la vallée de la 1 
Vienne. — 303 k. Châtellerault (|). — La voie franchit la Vienne, et •' 
s'engage dans la vallée du Clain. En arrivant à Poitiers, belle vue 
à g. sur la ville étagée sur sa colline. 

336 k. Poitiers (g). — En quittant la gare, vue à g. sur quel- 
ques restes des anciennes murailles, puis tunnel de 300 m. à la j 
sortie duquel on franchit le Clain (jolie vue en arrière sur Poi- I 
tiers). De "la vallée du Clain (à g. Saint-Benoit-, à dr. abbaye de ] 
Ligugé), on passe dans celle de la Bouleuvre^ puis on parcourt un pla- 



Il DE PARIS A MADRID. || [R- B] — 7 

teau. — 402 k. Ruffec (g). — On descend dans la vallée de la Cha- 
rente cjue Ton croise à (420 k.) Luxé, pour s'en rapprocher de 
nouveau aux abords d'Angoulême (belle vue en avant de la ville 
bâtie sur une colline); pont sur la Touvre. 

449 k. Angoulême (g). — La voie passe en tunnel sous Angou- 
lême (à la sortie, belle vue en arrière sur la ville ; un peu plus 
loin à dr., belles ruines de l'abbaye de La Couronne). — Par la 
vallée de la Boëme, on s'élève sur un plateau, on passe dans le tunnel 
de Livernant et l'on redescend dans la vallée de la Tude (vue à dr. 
sur Montmoreau et son château, puis Chalais), puis dans la vallée de 
la Dronne. — 531 k. Coatras (|). — La voie franchit l'isle, et en 
descend la large vallée. 

547 k. Libourne (g) (la ville à dr.). — Ponf, puis viaduc (1,180 m.; 
100 arches) sur la vallée de la Dordogne, que Ton suit quelque 
temps (à dr.) puis qu'on laisse à dr., pour traverser VEntre-Deux- 
Mers, région couverte de vignobles, et gagner la vallée de la Ga- 
ronne. Entre plusieurs petits tunnels, avant et après Lormont, on a 
de belles vues à dr., sur la Garonne et sur Bordeaux. On franchit 
la Garonne en amont de la ville, sur un pont tabulaire de 500 m. 

588 k. Bordeaux (gare Saint-Jean : (g), hôtel Terminus, cabi- 
nets de toilette, salons de coiffure; grande gare de jonction des 
réseaux d'Orléans, du Midi et de l'Etat; faculté d'arrêt de U8 h. à 
Bordeaux pour tous les porteurs de billets directs pour les Pyrénées), 
ville de 242,593 hab., sur la rive g. de la Garonne en face du fau- 
bourg de la Bastide. 

De Bordeaux à Dax, la voie parcourt les Landes, plaine jadis 
inculte et insalubre, auj. complètement transformée par les plan- 
tations de pins; elle s'y développe en ligne droite sur 140 k. à tra- 
vers une immense forêt de pins qui s'étend jusqu'aux approches de 
Bayonne. — On franchit la Leyre. 

628 k. Lamothe (D, où se détache à dr. l'embranchement pour 
(16 k.) Areachon. — 697 k. Morcenx @, où se détache à g. la ligne 
de Tarbes. 

736 k. Dax (g), ville et station thermale de 11,210 hab., sur 
TAdour. — La voie longue à distance la rive dr. de l'Adour. 

786 k. Bayonne, ville de 26,488 hab. et port important sur 
l'Adour, aq confluent de la Nive et à 6 k. de l'Océan. — La voie 
passe dans un tunnel et franchit l'Adour sur un pont métallique, 
long de 270 m. A dr., vue sur l'Adour et la ville de Bayonne. — 
Tunnel de Mousserolles (218 m.). — La voie franchit la Nive et en 
longe à distance la rive g. — A dr., petit lac Brindos. 

796 k. Biarritz-Négresse, station où se détache Tembranch. de 
(799 k.) Biarritz- Ville. — A dr., lac de Mouriscot, dominé par le bois 
de Boulogne. — Tunnel de la Négresse (325 m.). — 801 k. Bidarl, 
dans le vallon de l'Ouhabia. — 803 k. Guéthary, petite station de 
bains de mer. — La voie longe la mer. 

809 k. Saint'Jean'de-Luz, charmante station de bains de met, 
sur la baie du même nom, à l'embouchure de la Nivelle. 

La voie franchit la Nivelle (vue à dr. sur Saint-Jean-de-Luz et sur 
Ciboure). Par une échappée à dr., on découvre la pointe et le fort 



8 — [R. B] Il DE PARIS A MADRID. || 

de Socoa. — Après un tunnel (404 m.) sous le mamelon des Redoutes, f 
on voit à dr. au bord de la mer les toitures rouges de la maison de 
convalescence de la Ville de Paris, les rochers les Jumeaux, la plage 
d'Hendaye et la baie de la Bidassoa, qui sépare la France de l'Es- 
pagne. Sur la rive espagnole, en face d'Hendaye apparaît la pitto- 
resque petite ville de Fontarabie au pied de la montagne de Jaiz- 
quibel (584 m.) qui se termine par le cap du Figuier. Vers le fond de 
la baie, jolie vue sur les montagnes notamment sur la Haya ou les 
Trois-Couronnes (839 m.). 

821 k. Hendaye @ (hôt. : Grand Hôtel de France et d'Angleterre; 
Imatz et du Commerce; de la Plage; douane française, bureau de 
change), 3,331 hab., dernière station française. 

Le train français continue jusqu'à Irun, où il faut changer de voi- 
tures, la voie ferrée étant plus large de 30 cent, en Espagne qu'en 
France. La voie française et la voie espagnole sont installées côte 
à côte entre les deux gares de Hendaye et Irun. — A 300 m. de la 
gare de Hendaye, on franchit la Bidassoa sur un pont interna- 
tional, long de 110 m. (belle vue à dr., sur Fontarabie). 

824 k. Irun (g) (change; douane espagnole et visite des bagages; 
changement de voitures), première station espagnole (p. 111), 

Dlrun à Madrid. 

^^ 631 k. par Avila, 625 k. par Ségovie; réseau du Nord, en 15 h. 30 env. 
par le Sud-Express ou par le rapide du mat., quotidien, sauf le dim. (voi- 
tures de luxe et 2® cl., wagon-rest. ; nombre des places limité) en 17 h. 
Ear l'express de l'après-midi (1" et 3® cl., wagon-lits) ou en 22 h. 50 par 
î train-correo (l'S 2* et 3« cl.); 79 p., 59 p. 30, 35 p. 60; suppl. pour le 
Sud-Express 39 p. 45, pour les wagons de luxe 10 p., pour le wagon-lits 
25 p. 10 (en sus du billet de 1" cl.). 

17 k. darun à Saint-Sébastien (R. 12); 251 k. de Saint-Sébas- 
tien à Burgos (R. 16); — 163 k. de Burgos à Médina del Gampo 
(R. 18); — 194 k. ou 200 k. de Médina del Gampo à Madrid (R. 19). 

631 k. d'Irun (1,455 ou 1,449 k. de Paris). Madrid (R. 24), gare 
du Nord (g). 



M 



i n 



WmfWmf 



PT{BJmÈJ(B SBCTJOTi 

CATALOGNE. — BALÉARES. — ARAGON. 
NAVARRE 

GÉRONE.— BARCELONE.— PALMA. — TARRAGONE. — LERIDA 
SARAGOSSE. — JACA. — HUESCA. — PAMPELUNE 



f f/Var6û/?/?eMk . 



Route 1. — DE PERPIGNAN A BARCELONE 

À. — Par Cerbère, Port-Bou, Gérone. 

^ 210 k. : réseaux du Midi et de la C® Madrid-Saragosse-Alicante (Red 
catalan). — Trajet en 5 h. env. par express et en 10 h. par train omnibus ; 
27 fr. 20, 20 fr. 10, 12 fr. 90/ — A Port-Bou, changement de train et visite 
de la douane espagnole, toujours faite de façon méticuleuse : ne pas 
emporter d'objets neufs si l'on no veut pas s'exposer à payer des droits 
d'entrée fort élevés. Au retour, visite de la douane française à Cerbère. 

La voie parcourt la 
plaine du Roussillon. 

— A dr., belle vue sur 
le Caiiigou. — 13 k. Elne, 
sur une petite colline 
(belle cathédrale du 
XI® s. et admirable cloî- 
tre roman de style cata- 
lan). — Laissant à dr. 
la ligne d'Amélie-les- 
Bains, la voie franchit 
le Tech (pont de 175 m.). 

— 16 k. Palau-del-Vire. 

— 22 k, Argelès-sur-Mer, 
au pied des montagnes 
des Albères,qui forment 
Textrémité orientale de 
la chaîne des Pyrénées, 
et dont la voie va con- 
t ou mer les dernières 
croupes plongeant dans ^ 
la Méditerranée (vues 
superbes, à g.). — Tun- 
nel (567 m.). — 27 k. Coi- 
lioure, petit port pitto- 
res(jue sur une baie 




ROUTES 1et2 



40 — [R. 1] Il DE PERPIGNAN A BARCELONE. || 

semi-circulaire. — Tunnel de 840 m., sous le fort Saint-Elme. 

29 k. Port'Vendres, port animé au fond d'une belle rade. — 3 tun- 
nels. — A g., dans l'anse des El mes, sanatorium pour les EnlVuits 
Assistés de la Ville de Paris. — Tunnel. — 34 k. Banyals-sur-Mei\ 
station de bains de mer et d'hiver, renommée pour ses vins (labo- 
ratoire de zoologie maritime, fondé par H. de Lacaze-Duthiers). — 
Pont sur le Baillouzy. — Tunnel de Peyrejîtte (1,222 m.), et tunnel 
de 85 m. percé dans le cap Canadell. 

41 k. Cerbère (§) (Cerhera\ douane française)^ dernière station 
française, où les voyageurs venant d'Espagne changent de train. 
Jolie plage. 

A 5U0 m. plus loin on entre en Espagne par le tunnel des Ballias- 
tres (1,071 m.), percé sous le col du môme nom (260 m. d'alt.), à 
1,50() m. du cap Cerbère, qui, dès le temps de la domination 
romaine, séparait la (iaule de l'Espagne. 

43 k. Port-Bou ® (bureau de change; douane espagnole), petit 
port de pêcheurs au fond d'une crique, première station espagnole, ; 
où les voyageurs venant de France changent de voiture; le train 
de Barcelone stationne à TO. de la gare qu'il faut traverser. 

Au delà du tunnel de Pineda (827 m.) la voie parcourt des sites i 
rocheux, incultes et très accidentés, avec la mer à g. : vue admi- 
rable sur le cap de Oeus, formé de granit rose. 

46 k. Calera, — Viaduc sur le Gulera; tunnel de San Antonio 
(400 m.); pont sur la riera de Garbet et tunnel de Grifeu (600 m.). 
— 50 k. Ltansd (clocher fortifié), à g., dans une conque de verdure j 
dominée par le massif de Rosas. — La voie, s'éloignant de la mer, ' 
monte sur le contrefort 0. de la sierra de Rosas, passe dans le 
tunnel de Molino (160 m.) et franchit l'arête dans le tunnel de 
Canellas (1,350 m.), puis descend au milieu des vignes et des chênes- 
lièges. 

58 k. Vilajuiga (château de Garamanso). A dr., belle vue sur les 
Pyrénées (Ganigou, Puigmal, etc.). 

[De Vilainiga, un chemin muletier conduit en 3 h. au vieux monastère tio 
San Cristobal de Roda, situé presque à la crête de la sierra de Rosas. Vue 
admirable sur les deux versants (golfe de Cerbère et golfe de Rosas); une 
route, passant à (3 k.) Pau et (5 k.) Palau, mène à (10 k.) Rosas {Y. ci- 
dessous).] 

63 k. Perelada, dans la large plaine de VAmpurdan, encerclée de 
montagnes au N. et à l'O. — Pont de 110 m. sur le Muga. 

70 k. Flgueras (hôt. : del Comercio ; de Paris, tenu par Lagresa), 
ville et place forte de 1 1,640 hab. (ait. 38 m.), dans la grande plaine 
du Haut-Ampurdan, avec le castillo de San Fernando construit sous 
Ferdinand VI et servant actuellement de bagne. 

Fête populaire. — A Figueras a lieu, le dernier lundi de mai, ou le pre- 
mier lundi de juin, une procession nommée le profaso de la Tramontana. 
Cette fête, une des plus importantes de la contrée, date de 1612. Une grave 
épidémie désolait tout l'Ampurdan; on se porta en foule vers le sanciuaire 
do la Ermita de Nuesira Senora de Requesens, dans la montagne, à 5 h. N. 
de Figueras, pour demander le vent du nord qui se fît bientôt sentir. — La 

Frocossion se rend au sanctuaire et la fête dure trois jours, l'un pour aller, 
autre pour séjourner dans la montagne, le troisième pour revenir. 



Il FIGUERAS. — AMPURÎAS. H [R. 1] — il 

DE FIGUERAS A OLOT (^ 46 k. O. ; de Figuoras à Besalù route mau- 
vaise et poussiéreuse avec des pentes de 10 0/0; service régulier do tar- 
tanes partant chaque jour de Figneras k Ih. s., et d'Olot à 8 h. mat.; trajet 
en 5 h., 4 p. 50). — On suit toute la vallée du rio Fluvia: échappées admi- 
rables sur le massif du Canigou au N. et la sierra de Finestras au S. — 
23 k. Desalû (fonda Felippe) petite ville ancienne (vieux pont, église 
romane), d'où une route conduit vers (13 k.) Banolas et (30 k.) Gérone. — 
28 k. Arc/elaguer; fabriques de papier et filatures de lainages. 

38 k. Castelfullit de la Roca, pittoresque village construit sur le bord 
d'une plateforme constituée par cinq * coulées de lave basaltique superposées 
et formant une muraille à pic de 50 m. au-dessus du Fluvia, muraille com- 
parable, par son aspect, aux orgues célèbres de Bort, en Auvergne; magni- 
fique pont sur la rivière. 

.Après Castelfullit on remonte la coulée de lave jusqu'au petit col de San 
Cosme. Vue magniîique au N. sur le massif du Canigou et les Pyrénées, au 
S. sur la petite plaine d'Olot et la sierra de Santa Magdalena. 

46 k. Olot (p. 15). 

DE FIGUERAS A ROSAS (^ 18 k.. route on plaine). — 10 k. Castellôn 
de Ampurias : ancienne forteresse; église avec retable gothique. 

18 k. Rosas, la Bhode des Grecs, petit port de pêche avec une belle vue 
sur le golfe (grottes marines). A. 2 k. San Pedro de Roda^ avec les ruines 
d'un monastère bénédictin, d'architecture romano-byzantine, très singulière; 
ascension du château San Salvador (beau panorama). Une route, franchis- 
sant la crête de la sierra de Rosas entre ses deux principaux sommets 
(672 m. et 619 m.), aboutit au petit port de (16 k.) Cadaquès. 

DE FIGUERAS AUX RUINES D'AMPURIAS : route de voitures de 
Figueras à la Escala, par Vilademat; service quotidien de tartanes; en 
6 h. env. ; 3 p. ; 4 k. de la Escala à Ampurias, tartane, 1 p. — Pour Ampurias, 
V. ci-dessous. 

La voie parcourt une immense plaine bien cultivée, parsemée de 

nombrçux villages : c'est le Haut-Ampurdan. A g., belle vue sur la 

•sierra de Rosas; à dr., échappées sur les Pyrénées. — 79 k. San 

Miqiiel, à g. (église avec tour romane). — Pont de 160 m. sur le 

Fluvia. — On franchit le Ter. 

91 k. San Jordi, point d'accès aux ruines d'Ampurias. 

[Ruines d^Ampurias (^ 22 k., jusqu'à la Escala, par Vergés, puis 4 k. 
de la Escala à Ampurias, tartane, 1 p.). — Ampurias est l'ancienne cité 
à.'Emporion, bâtie sur les bords du golfe par les Grecs phocéens au vi« s. 
av. J.-C. La ville, entourée de murailles du type cyclopéen, n'était pas 
habitée par les Ibères indigènes oui habitaient à côté une cité à part. Plus 
tard cependant, les Grecs et les ibères se réunirent et entourèrent les deux 
cités d'une muraille commune. C'est à Emporion que débarqua Scipion, au 
temps de la 2» guerre punique (219 av. J.-C). César y créa une colonie de 
vétérans. Les Barbares détruisirent la cité qui fut peu à peu recouverte 

Sar les sables. Grâce aux fouilles méthodiques exécutées sous la direction 
l'archéologue Don Manuel Cazurro, on a remis à jour une partie du port, 
avec son môle. On a exhumé des sables : des fragments de la muraille 
cyclopéenne et de l'enceinte romaine; des fragments de temples avec 
colonnades; des rues avec maisons, citernes, etc. On a trouvé des mon- 
naies, vases, statuettes, mosaïques, sarcophages grecs, ibériens, romains 
qu'on peut voir au musée municipal de la Escala et surtout au musée du 
Parque à Barcelone, et au musée de Gérone.] 

94 k. F lassa, que précède un pont sur le Ter. 

DE FLASSA A PALAMOS {^ 35 k. S.-E. ; Q 32 k.). — 14 k. La Btsbal, 



42 — [R. 1] Il DE PERPIGNAN A BARCELONE. || 

important marché de bestiaux, relié par une bonne route à (27 k.) la Escala 
et aux ruines d'Ampurias à travers la large plaine du Bas-Ampurdan où ser- 
pente le rio Ter, transformée dans beaucoup d'endroits en rizières, surtout 
entre Vergés et Toroella de Montgri. 

35 k. Palamos (fonda Buena Vista), petit port militaire situé sur un pro- 
montoire des monts Gavarras. Une bonne route côtoyant la mer va de Pala- 
mos à (12 k.) San Feliu de Guixols (p. 14). 

La voie se rapproche de l'extrémité des monts Gavarras qu'elle 
traverse dans un beau défilé, en côtoyant le Ter. — En arri- 
vant à Gérone, pont sur TOna; à g., vue très pittoresque sur 
la ville. 

110 k. GÉRONE © (Gerona; hôt. : de los Italianos, 8 p. par j.; 
del ComerciOy 6 p. par j.), ancienne ville forte de 15,800 hab., ch.-i. de 
la province du même nom, bâtie à 70 m. d'alt. au pied de deux 
hauteurs fortifiées, est séparée en deux parties, la ville haute et la 
ville basse, ou el Mercadal, par la rivière Ona, qui y baigne un 
pittoresque fouillis de vieilles maisons et va se jeter dans le Ter, 
au N., en aval du faubourg de Paente-Mayor à 3 k. La ville haute, 
aux rues étroites et tortueuses, dominée par la cathédrale et l'église 
San Feliu, s'échelonne en amphithéâtre jusqu'aux anciennes mu- 
railles du moyen âge, qui sont encore bien conservées et flanquées 
de nombreuses tours. 

Histoire. — Gérone, l'antique Gerunda^ était autrefois ch.-l. d'une princi- 
pauté dont le titre a appartenu aux fils aînés des rois d'Aragon. Point straté- 
gique important, la ville eut souvent à soutenir des sièges rigoureux. En 
785 Charlemagne s'empara de la cité, alors occupée par les Maures qui, 
dix ans plus tard, la reprirent et la détruisirent; mais les comtes de Barcelone 
la reconstruisirent par la suite. — Lors de la réunion de la Catalogne à 
l'Aragon, le prince royal d'Aragon prit le nom de prince de Gérone. En 1225 
la ville fut assiégée par Philippe le Hardi. Mais le siège le plus célèbre 
qu'elle eut à soutenir fut celui de 1809 contre une armée française de 
35,000 hommes commandés par Augereau, Verdier et Gouvion Saint-Cyr. 
La défense dura sept mois; les habitants, soutenus par une petite garnison 
espagnole, se montrèrent héroïques et les femmes elles-mêmes participèrent 
aux combats. Le premier défenseur de la place, Mariano Alvarez, devint 
fou à la suite des fatigues et des privations et fut remplacé par Samaniego. 
Ce dernier fut contraint par le manque de vivres et de munitions à capi- 
tuler (12 déc. 1809). Les Français détruisirent les forts en les faisant sauter 
à la mine. On peut encore, en montant sur les collines de l'est, sur les- 
quelles s'appuie la ville, voir les murailles bouleversées par les explosions 
(fort de las Pedreras, fort des Capucins) et non reconstruites. 

ITINÉRAIRE, — Au delà de la place de la station^ la courte 
avenue de Barcelona à g. débouche dans la calle del Progreso, qui 
conduit au puente Isabel II sut V Ona (belle vue sur les vieilles mai- 
sons à multiples et pauvres balcons étages). On voit ensuite à g., 
sur la rive dr., la rambla de Alfonso XII, centre du mouvement; 
on atteint plus loin la plaza de la Constituciôn, d'où à g. la calle de 
CiatadanoSy puis la calle de la Forza mènent au N. à la cathédrale. 

La ^cathédrale, gothique, un des édifices religieux les plus inté- 
ressants de la Catalogne, a été commencée, en 1316, par Henri de 
Narbonne et continuée par Jacques Favari, L'abside fut la pre- 
mière partie achevée (1347); la nef, dont le plan fut dressé ea 



Il GÉRONË. Il [ï^. 1] — 13 

141G par Guillermo Boffy, ne fut achevée que vers la fin du xvi'' s.; 
le clocher date de 1581. La façade, précédée d'un escalier m/onu- 
mental de 86 marches, date de 1607 et a été modernisée en 1733. 
Sur le côté dr., grosse tour octogonale, avec campanile. Au portail 
latéral S,, commencé en 1394 par Guillen Morey, sculptures en 
terre cuite {les Apôtres) de 1458. 

Intérieur. — Nef unique, énorme, large de 23 m. et longue de 63 m. ; des 
chapelles en absidioles sont pratiquées entre les contreforts. A la hauteur 
du sanctuaire se dressent d'immenses piliers cantonnés de colonneltes. — 
Au-dessus de la porte de la sacristie, tombeau (xiv® s.) de don Ramon Bérenger, 
comte de Barcelone (f 1082), surnommé Cap de estopa; en face, à égale liau- 
teur, celui de sa femme, la comtesse Ermesinde {-]■ 1057). — Capilla Mayor : 
tombe de don Bérenger Anglesola, évêque de Gérone (xv® s.) ; maître-autel 
(1325-1360) : surmonté d'un ciborium, remarquable pai la richesse de son orne- 
mentation en bois sculpté et doré, couvert en partie de xamelles d'argent, avec 
émaux translucides de travail catalan et de style italien; le retable est 
formé de 3 étapes de bas-reliefs en argent repoussé (scènes du Nouveau 
Testament) ; trois dais ajourés sont surmontés chacun d'une bejle croix. Sur 
l'autel, divers reliquaires, entre autres un précieux' coffret mauresque en 
argent (x« s.). — Dans la !'• chapelle, à g. ^de San Pablo), beau monument 
de don Bernard de Pau (xv« s.). — Le trésor (un chanoine en a la clef) 
possède une magnifique et célèbre custodia de style gothique du xv« s. 
Dans une salle du chapitre, statuette en albâtre polychiomé d'un roi d'Aragon 
(xiv® s.), remarquable exemplaire de V Apocaltjpse avec miniatures espa- 
gnoles du xi" s., et Bible du xiii« s., sur vélin, qui a appartenu au roi de 
France Charles V. Dans une autre salle, grande broderie du xi® s. (Création 
du monde), tableaux d'autel des xiv« et xv« s. 

Sur le flanc N. de la cathédrale (entrée dans la 2" travée de g.), beau 
cloître roman (xii* s.), voûté en berceau et en demi-berceau (beaux chapi- 
teaux, un peu détériorés), et entièrement pavé <ie nierres tombales. En sor- 
tant, on a, de la porte extérieure, une vue snperbe sur la campagne et les 
nciennes fortifications. 

Près de la cathédrale, ancienne porce avec deux grandes tours 
rondes, et église collégiale de San Feliù (1245-1318),' dont le clo- 
cher octogonal (1392) est surmonté d'une flèche pyramidale tronquée. 

Intérieur. — Au maître-autel, grand retable et sarcophage doré {xiv s.) ren- 
fermant le corps de St Félix; anciens sarcophages chrétiens et sarcophages 
romans. — Dans la chapelle modernisée de San Narciso, beau monument 
(1880), par Sanol, à la mémoire de Mariano Alvarez de Castro, héroïque 
• défenseur de Gérone lors du siège de 1809. 

Au N., sur la rive opposée d'un ravin au fond duquel coule un 
affluent de l'Ona, l'église San Pedro de Galligans, de Tépoque 
romane, est intéressante (joli portail d'entrée, voûte en berceau, 
curieux chapiteaux). Son charmant petit cloître (voûtes en demi- 
berceau), contemporain du cloître de la cathédrale, sert de Musée 
provincial : sarcophages grecs et romains, provenant des fouilles 
d'Ampurias ; sculptures et chapiteaux de l'époque médiévale ; échan- 
tillons de céramique; souvenirs du siège de 1809. 

Tout à côté de cette église une ancienne petite chapelle romane 
est occupée par une scierie. 

Au delà de San Pedro, porte de l'enceinte d'où l'on peut monter au 
fort abandonné de Montjuich {belle vue). Au N.-O. de la basie ville 



14 ~ [R. 1] Il DE PERPIGNAN A BARGELOiNE. || 

(sur la rive g. du ruisseau Giiel qui se jette dans TOna au pont du 
chemin de fer), s'étendent les promenades et jardins de la Deliesa. 
Derrière la promenade s'ouvre une bonne route, qui traverse le 
Ter sur un très beau pont, et se dirige vers la jolie vallée du 
LIemana (anciens volcans avec coulées de lave solidifiée). 

DE GÉRONE A SAN FELIU DE GUIXOLS (^ à voie étroite, 40 k., 
en 2 h. env. ; 4 p. 55 et 2 p. 75). — Lo ch. de fer suit presque constam- 
ment la route qui longe le pied des monts Gavarras; forêts de chênes- 
lièges. 

40 k. San Feliù de Guixols (prononc. Guichols), ville de 11 ,000 hab., et port 
important à cause de son industrie du liège; plus de 200 fabriques débou- 
chons, où l'on emploie le liège de la région et celui importé de toute la 
Catalogne, do Valence, d'Estramadure, d'Andalousie et même de Corse. 

- DE GÉRONE A OLOT. — A. Par Bariolas et Santa Pau (P 50 k.). Prendre 
la route de Figueras jusqu'à (3 k.) Puente Major et Sarrin- à a sortie de 
ce village, laisser la route de dr. et continuer vers le N. un passe non loin 
du château de Montagut à g., de Cornella à dr., avant d'arriver à Baîïolas. 

17 k. Banolas (fonda de la Flora, 6 p. pur j.), petite ville de 5,200 hab., à 
120 m. d'alt.,.où se tient un marché imr.'.rtant de mules, mulets et chevaux; 
établissement thermal d'eaux sulfureuses calciques froides. 

[Excursions. — 1° Lac de Banolas, à 200 m. de la ville : on peut le con- 
tourner jusqu'à (1 k. 5 env.) Porqueras^ dont l'église possède un joli fron- 
tispice de style romano-byzantin. — 2® Ermitage de Roca-Corba, à 992 m., 
3 h. d'ascension facile. Admirable panorama : au N. les Pyrénées, avec le 
massif du Canigou, les Albères, la Méditerranée et plus près la plaine de 
l'Ampurdan avec les nombreux villages qui s'y éparpillent, Banolas et son 
lac; à l'E., la ville de Gérone, les monts Gavarras et toutes les ondulations 
se dirigeant vers San Foliû de Guixols; à l'O., les sierras de Santa Magda- 
lena, les Guillerias, plus loin le Montseny; enfin tout à fait à l'horizon la 
silhouette du Montserrat.] 

On quitte Banolas en prenant à g. de la place la route (médiocre) de (25 k.) 
San Miquel de Camp major qui longe, en sortant, une partie du lac, passe à 
l'établissement thermal et monte au pied d'une ancienne tour télégraphique 
{torre de Ginesta). La route descend ensuite rapidement jusqu'à San Miquel 
(petits lacs intermittents) en un trajet très pittoresque jusqu'à (31 k.) 
Alieras. Bientôt elle passe dans la vallée du Ter et atteint Lellent. 

41 k. Santa Pau, à 490 m. : curieuse église fortifiée du moyen âge; à 
2 h. 30 de Santa Pau, par un sentier facile, ermitage de Finestras (splccdide 
panorama). A partir de Santa Pau les * formations volcaniques se rencontrent 
à chaque pas. En remontant la route, on passe à côté des célèbres grederas 
(ravins creusés dans les cendres et lapillis lancés par les volcans environ- 
nants) et aussi des volcans jumeaux de la Roca Negra et de la Roca Subia. 
On atteint bientôt le point culminant un peu au-dessus de la chapelle Santa 
Lucia et au pied du volcan de Santa Margarita à g. (remarquer au passage, 
le long de la route, la quantité considérable de petits fossiles plats, sem" 
]>lable9 à des pièces de monnaie, dits nummulites). Un peu plus loin à dr. 
s'élève le gigantesque cône de cendres et de lapillis du Cruscat. — La route 
descend ensuite presque continuellement jusqu'à (50 k.) Olot. 

B. Par Amer et San Feliû de Pallerols (^ à voie étroite, 55 k. en 2 h. 30 
par express ; 6 p. 90, 5 p. 20, 3 p. 45; ^ 50 k., la route, très pittoresque, suit 
presque continuellement la voie ferrée). — Le ch. de fer longe la rivière 
Ter jusqu'à (17 k.) Angles (large vallée plate). — 25 k. ^mer, à 174 m. On 
suit la vallée, très encaissée, du rio d'Hostolès dont le cours s'embellit, par 
places, de belles orgues basaltiques. — 32 k. 5. Las Planas. La vallée s'élar- 
git, trois rios se rejoignent; belles vues à dr. sur la sierra et la chapelle de 
^/ Fai'o {U h. de montée depuis Las Planas) et à g. sur la sierra de Fines- 



Il BANOLAS. — SANTA PAU. — OLOT. || [R. 1] — 15 

tras et ses contreforts dont l'un est surmonté par le vieux château (ÏHnstnlès. 

37 k. 5. San Feliû de PalLerols, village pittoresque d'où l'on peut monter 
en 1 h. à laSalud (pèlerinage très fréquenté l'été; beau panorama). —43 k. 
Col de San Esteban que la voie traverse en un tunnel de 400 m. de long., et 
qui sépare le bassi-n du Ter, dont les eaux coulent vers le S., de celui du 
Fiuvia, dont les eaux coulent vers le N. — 48 k. San Esteban de Bas, pitto- 
resque village situé sur une petite éminence (463 m.) près de la route. La 
station est plus bas dans la plaine du Fluvia. Vue magnifique à l'O. sur la 
sierra de feu n ta Magdalena. 

A partir de San Esteban, la route et la voie ferrée cheminent à travers 
des terrains très plats (ancien fond de lac desséché) où serpente le rio Fluvia. 
Remarquer à g. de la voie l'église et le village du Alallol, construits sur 
une petite colline (autrefois îlot dans l'ancien lac); à dr. le village de San 
Pedro de las Presas, bâti au pied de la sierra del Corp. — Un peu avant 
Olot, la voie suit le front d'une coulée de lave, dont l'aspect rappelle les 
« cheires » d'Auvergne; la route traverse directement cette coulée, en gra- 
vissant la partie supérieure de la lave (belle vue sur Olot et les 2 volcans 
du Montolibet et Montsacopa). 

55 k. Olot (fondas : Europa, S p.; del Parque^ 7 p.J, ville industrielle 
de 8,000 hab. (fabriques de papier, de bonneterie, etc.), bâtie, à 424 m. 
d'alt., au centre d'un amphithéâtre de montagnes, à la base desquelles 
s'échelonnent des formations volcaniques. Bon centre d'excursions pour 
visiter les sites des sierras avoisinantes (ermitages de Finestras, de la 
Salud, de Cabrera^ de Santa Magdalena, etc.), Olot est l'été le rendez-vous 
de nombreux touristes espagnols. — Visiter le musée Jelaberty intéressante 
collection des produits volcaniques de la région. 

[Excursions. — i® Olot est situé entre deux volcans dont les cônes sont 
des plus nets, le Montolibet^ à l'O., et le Montsacopa^ au N., au sommet 
duquel on monte en 15 min. (belle vue). A côté se dresse le volcan de la 
Gajrinada, cône égueulé contenant deux grands cratères avec, à la base, 
le « bufador », courant de gaz carbonique, très froid. — 2® (^ 6 k. N.) San 
Juan de las Fonts (nombreuses fabriques) : au bas de la nouvelle église, 
superbes orgues basaltiques comparables à celles de Castelfuliit. — 3° (3 h. O.» 
sentiers faciles) San Julia del Monte (825 m.), vue admirable sur les 
Albères et le Canigou au N., les sierras tertiaires au S., le golfe de Rosas, 
tout l'Ampurdan, et la Méditerranée à l'E. — 4° (^ 6 k. 5. S.-O. et 25 min. 
dascension facile) le Cruscat (730 m.) et le Santa Margarita (710 m.), les deux 
volcans géants de la région : on trouve, disséminées dans la cendre et les 
lapillis, des bombes volcaniques de diverses grosseurs. — 5» (^ 23 k. N.-E., 
dont 15 k. de montée dure) San Juan de las Abadesas, p. 25.] 

En quittant Gérone, la voie suit l'Ona et se dirige vers le S.; 
vue à dr. sur le Montseny et à g. sur les monts Gavarras. 

120 k. Caldas de Malavella^ avec un établissement d'eaux thermales 
(57*') chlorurées calciques et magnésiennes. Les eaux, analogues 
tomme goût et composition aux eaux de Vichy, sont recueillies et 
vendues dans toute l'Espagne sous le nom de Vichy-Catalan. 

132 k. Sils, à dr. — Région de collines boisées. Tout proche, grand 
marécage malsain engendrant le paludisme. A 11 k. N.-O. de Sils 
(bonne route; diligence), on trouve Santa Colomd de Farnès, gros 
village où jaillissent des sources bicarbonatées calciques. 

140 k. Empalme (p) (ce nom signifie en espagnol bifurcation), 
X des lignes de l'intérieur et du littoral; les voyageurs pour la 
ligne du littoral changent de train. 

D'EMPALME A BARCELONE, PAR LA LIGNEDU L(TTORAL(^ 75 k.» 
igné très pittoresque ; en 2 h. 15 à 3 h. ; 9 p. 60, 7 p. 35, 5 p. ; les billets directe 



16 — [R. 1] Il DE PERPIGNAN A BARCELONE, jj 

poui' Barcelone pris à la frontière ne sont pas valables pour la ligne du 
littoral; prendre un billet jusqu'à Empalme^ puis un billet d^Empalme à 
Barcelone par le littoral). — On laisse à dr. la ligne de l'intérieur et l'on 
suit la rive g. du rio Tordera en contournant la sierra de Montnègre. 

9 k. Tordera (le village est à 2 k. S.-O.) : fabriques de dentelles renom- 
mées. — 15 k. Bldnes, petit port de pêche; fabriques de dentelles. — La 
voie franchit le Tordera et vient longer la mer ; elle va dès lors courir 
jusqu'à Barcelone sur la plage même de la jolie côte du Levant ou Marina, 
bordée de près par la sierra du même nom. — 19 k. Malgrat. — A dr., 
sierra de Montnègre. — 26 k. Calella, bourg de pêcheurs et de dentellières. 

— Petits tunnels et tranchées; tunnel (250 m.) sous l'éperon qui porte la 
chapelle de San Pol. — 30 k. San Pol de Mar. — Pont sur le ruisseau de 
San Pol ; tunnel de 63 m. — 34 k. Canet de .War, jolie petite ville de 2,900 bab. 

— La voie passe sur le quai, entre la mer à g. et la ville à dr. — Tunnel de 
la Serp. * 

37 k. Arenys de Mai* (fonda rfei Siglo), ville de 4,600 hab. (école nautique), 
au pied du Monte Calvario. — Au delà d'un tunnel (200 m.), on laisse à g. 
ï établissement de bains de Titus (source chlorurée sodique), et plus loin, 
sur un mamelon, la torre dels Èncantats. — 39 k. Caldetas ou Caldaa 
d'Fstrach (sources chlorurées sodiques à 41°, dans la ville haute). 

47 k. Matapô @ (fonda : de Montserrat ; del Universo), ville de 19,750 hab., 
l'antique Iluro, port de mer assez important. La cité est divisée en deux 
parties : la ville haute (très ancienne) et la ville basse (moderne); impor- i 
tantes fabriques de bonneterie; dans la belle église Santa Maria, boiseries, 
tableaux. — 53 k. Vilasar. Dans la ville haute {villa de dalt) on voit encore 
quelques tours de guet du moyen âge, de Fépoque où le littoral était ravagé 
par les pirates. — 56 k. Premid de Mar. — 60 k. Masnou, 3,400 hab., en 
amphithéâtre sur les pentes de la sierra. — Tunnel. — 64 k. Mongat, joli 
village avec un château, célèbre depuis la guerre de l'Indépendance (1808). 

— On franchit le ruisseau d'Allela et le torrent de Tava. — Petit tunnel. 
66 k. Badalona, ville très industrielle de 19,400 hab., d'origine antique 

(Bgetulo) est un véritable faubourg de Barcelone; jardins d'orangers; jolie 
plage bordée par un boulevard planté de palmiers. (On peut aussi aller de 
Badalona à Barcelone par un tram électrique qui s'arrête plaza Urquinaona). ' 
Au-dessus de la ville, la Puntigala est un rocher escarpé (beau coup d'ceil 
sur la mer et les côtes) sur lequel est gravée une inscription dédiée à 
Apollon. — La voie franchit le Besos, souvent à sec. On traverse une cam- 
pagne parsemée de villas et de jardins. — 72 k. Pueblo Nuevo (à dr.), fau- 
bourg de Barcelone. 
75 k. Barcelone (gare de France au paseo de la Aduana; visite des 
0, R. 3. 



Au delà d'Empalme, la ligne de l'intérieur franchit le torrent 
de Santa Goloma, et tourne à l'O.-S.-O., en se rapprochant du rio - 
Tordera, qui descend du massif du Montseny. 

145 k. Hostalrich, à g., qui possède des murailles et tours du 
moyen âge (on les aperçoit un peu avant d'arriver à la station), a 
joué un rôle important dans les guerres entre la France et l'Es- 
pagne. Un service d'autobus relie Hostalrich, par- (16 k.) Arbûcias 
(d'où on peut faire l'ascension du Montseny, 1,724 m.), aux bains de , 
San Hilari-Sacalm (hôt. Martin 10 à 12 p. par j.) dans une haute 
vallée des Guillerias. — Petit tunnel. — Pont sur un torrent. — 
A dr., massif du Montseny, que l'on voit jusqu'à Barcelone. — 
150 k. Breda. — A dr., ruines du château de Montsoliû. — 153 U. 
Gualba, a g., sur le rio Tordera. — Région de collines boisées. — 
158 k. San Celoni, — Pont sur le rio Tordera. — La voie monte et 



Il BADALONA. — GRANOLLERS. || [R. 1] — 1"^ 

passe dans les tranchées. — 162 k. Palaiitordera. — Tunnel. — 
Plateau. — 168 k. Llinâs. — 172 k. Cardedeu. — La voie descend 
dans la vallée du Gongost, et laisse au N. la ligne de Vich et de 
San Juan de las Abadesas. 

182 k. GranoUers (g) (hôt. : de Espana; de Europa) ville de 
6,755 hab., capitale de la région du Vallès, située à 145 m., 
sur la rive g. du Gougost, affluent du Besos. Le presbytère contient 
les panneaux d'un retable peint par les Vergos et achevé en 1500. 
Nombreuses fabriques de tissus de coton. 

[Aux environs : à 4 k. E., château de la Roca\ — à 1 k. 5, église romane 
de" San Feliû de Canovellas; — ermitage de N. S. de BelCula-, — et, à San 
Miguel del Fay, les pittoresques gorges (cascades) que le Miguel s'est 
creusé dans les roches éocènes. 

De GranoUers, voie de raccordement pour (3 k.) la station de las Fran- 
quesas, ligne de Barcelone à San Juan de las Abadesas (II. -2, 3°).] 

La voie suit la rive g. du Congost, au milieu d'une large vallée, 
puis franchit la rivière. — A dr., château de la Roca. — 187 k. 
Montineloy à 80 m. d'alt., au confluent du Gongost et du Mogent. 
. 191 k. Mollet, à dr. 

[Caldas de NontbuY (^ 16 k. N.; billets directs à prix réduits délivrés 
de Barcelone), petite ville de 3,685 hab., station thermale avec 7 établisse- 
ments (eaux chlorurées sodiques, à 63°, <ol° et 70°).] 

La voie croise des affluents du Gongost qui, un peu plus loin, 
prend le nom de Besos. — 197 k. Moncada (château ruiné). — La 
voie suit en tranchée la rive dr. du Besos, en laissant à dr. la ligne 
parallèle de Manresa et de Saragosse. 

201 k. Santa Coloma de Gramanet (villas). — 202 k. San Andrés de 
Palomar, localité industrielle et commerçante. — 206 k. El Clôt, 
annexé à Barcelone (fabriques et usines). — Le train contourne le 
parc et passe près des arènes de Barceloneta. 

210 k. Barcelone (gare dite de France, estacion de Francia, située 
paseo de la Aduana; visite des bagages par l'octroi), R. 3. 

B. — Par la route internationale du Perthus. 

^ 203 k. — Service automobile entre Perpignan et Figueras, en 3 h. 15 env., 
aller 4 fr. 50. — On peut prendre le ch. de fer jusqu'au (30 k.) Boulou (sta- 
tion de la ligne dAmélie-les-Bains ; changer de train à Elne) et ensuite 
l'auti nobile "pour Figueras. 

La route internationale, qui passe par la dépression du Perthus, est la 
seule faisant communiquer le Roussillon avec l'Ampurdan. Avant la cons- 
truction du chemin de fer elle était très fréquentée. De tout temps ce pas- 
sage a été suivi par les armées d'invasion. Aunibal lui-même, l'aurait, dit-on, 
franchi au printemps de l'an 218, lors de sa marche sur Rome. — Route 
plate et monotone jusqu'au Boulou. De ce village à la Junquera, trajet très 
accidenté. De la Junquera à Figueras et à Gérone, route légèrement ondulée 
descendant à peu près continuellement. De Malgrat à Barcelone la route 
longe le bord de la mer. 

Douane. — La visite de la douane espagnole se fait à la sortie du village 
franf;ais du Perthus. Les droits se paient en or. 

21 k. Le Boulou, bourg de 1,768 hab., sur la rive g. du Tech, 

ESPAONK. 2 



iS -. [R. 1] Il DE PERPIGNAN A BARCELONE. |I 

aL\ecune église du xi®s. bâtie par les Tenipliers(beau portail en marbre 
blanc; à î'int., grand retable du xvii* s. et anc. panneaux peints). 
Fabrique de bouchons de liège. — La route franchit le Tech sur 
un beau pont suspendu. 

23 k. Bains du Boulou (à g. de la route; hôt. : de V Etablissement 
thermal, 6 fr. 50 à 10 fr. par j.). Les eaux l'roides, bicarbonatées, 
sodiques, ferrugineuses et gazeuses, analogues aux eaux de Vichy, 
s'emploient surtout en boisson et s'exportent en grande quantité. 

La route remonte la rive dr. du ruisseau de Rom. Sur la rive g., 
très vieille église de Saint-Martin-de-Fenouillard, appelée la Mahut 
(restes de peinture murale du xii° s). — A dr. route de Géret (près 
du carrefour, deux énormes chênes-lièges, dont l'un est célèbre sous 
le nom de chêne des Tabucaîres). — On dépasse, plus loin, les restes 
de la clase del Mitg (vieux mur) et ceux de la cluse Haute appelés 
châteaux des Bomains. La route passe au-dessous de la cluse Haute 
où passait la route du xviii® s. Plus loin on franchit le ruisseau sur 
un beau viaduc. Au fond du ravin se voient les traces des vieilles 
routes romaines et du moyen âge. 

30 k. Le Perthus (hôt. Cassagnes), 550 hab., doit son nom 
au col où il est situé, à 290 m. d'alt., sur la frontière d^Espagne 
(douane française). Le col du Perthus est commandé par le fort 
français de Bellegarde (420 m.), reconstruit en 1679 par Vauban. 
Dans le fort se trouve le tombeau du général Dugommier qui, 
en 1794, battit les Espagnols au Boulou, les chassa de Bellegarde, 
mais fut tué au pont de Campmany. — A PO. du fort, le col des 
Panissars, autrefois plus fréquenté que celui du Perthus, a été rendu 
impraticable parle génie militaire. — Environ 300 m. après la sortie 
du bourg, frontière et douane espagnole. 

La route descend en Espagne dans la vallée du Llobregat (belles 
forêts de chênes-lièges). — 36 k. La Janguera, gros bourg industriel 
à 113 m.; poste sanitaire. — 44 k. Pont de Campmany, sur le 
Llobregat. — 49 k. Pont del Molins, pittoresque village à 41 m. 
sur la Muga; vieux pont curieux. 

54 k. Figueras(p. 10). — 12 k. plus loin, la grande route royale 
traverse à gué le rio Fluvia (passerelle pour les piétons), — 70 k. 
Bascara. La route remonte, puis s'abaisse jusqu'à Gérone. 

93 k. Gérone (p. 12). — On sort de Gérone par la route qui longe 
la station du ch. de fer de San Feliù de Guixols. — 105 k. Fran- 
ciach, à g. — La route coupe la voie ferrée de Gérone à Empalme, 2 k. 
avant Sils^ longe les marécages et descend au S. pour traverser 
la chaîne montagneuse côtière au Suro de la Palla, puis, après 
avoir croisé la ligne ferrée du littoral et franchi le rio Tordera, 
atteint (128 k.) Tordera. — On suit alors la sierra.de Montnègre 
à flanc de coteau en dominant la vallée du Tordera : belle vue 
sur Blajaes et les monts Gavarras. — Légère descente sur (133 k.) 
Malgrat. 

A partir de ce village, la route suit la voie ferrée du littoral 
jusqu'à Barcelone (très mauvaise de Matarô à Barcelone) : vue con- 
tinuelle sur la Méditerranée à l'K., et la chaîne côtière à PO.; pour 
la description des localités, p. 16.— 137 k. Pineda. — 143 k. Calella, 



Il LE PERTHUS. || 



[R. 1] 



19. 



— 147 k. San Pol de Mar, — 151 k. Canet de Mar. — 155 k. Arenys 
de Mar. — 1G6 k. Matarô. — 172 k. Vilasar, — 17G k. Preraiâ. — 
180 k. Masnoa. — 184 k.^Mongat. — 194 k. Badalona, 
203 k. Barcelone (R. 3). 



C. — Par la Cerdagne. 

Itinéraire touristique, très pittoresque et recommandé, auquel il faut con- 
sacrer trois jours, en visitant Puigcerda, Ripoll et Vick. 

DE PERPIGNAN A PUIGCERDA 

^^ du Midi, 103 k. : traction à vapeur en 1 h. 30 env., jusqu'à Villefranche- 
de-Conflent, oik Von change de train ; traction électrique do là à Bourg- 
Madame en 3 h. : c'est le chemin de fer le plus élevé de France; trajet très 
piltoresque. 

Auto-cyclisme : — ^ 100 k.; bonne route, sans côtes jusqu'à Villefranche, 
irès accidentée après Fontpédrouse, montées pour atteindre les cols de la 
Perche et de Riagt; descente vers Bourg-Madame {douane française); à 
Puigcerda, douane espagnole. 
Pour la description détaillée de la région V. le Joanne : Pyrénées ou 

la monographie Joanne illustrée : Ver net- les- Bains et la Cerdagne (1 fr.). 




La voie court à l'O. à travers la belle plaine du Roussillon, en 
suivaut à distance la rive dr. de la Tél. — 17 k. Millas. La vue du 
Ganigou à g. devient magnifique. Après (23 k.) llle, la vallée se 
resserre. On franchit les vallons de Uigarda et de Nantilla avant 
d'arriver à (41 k.) Prades (hùt. Jannavy) ch.-l. du pays de Con- 
tient, à 35U m. au pied du massif du Ganigou. — 45 k. Ria. 
. 47 k. Villefranehe-de-Confient ® (hôt. Lhosle ou du Midi), 
petite ville forte de 561 hab., fondée en 1095, à 435 m., au con- 
Iluent de la Têt et du vallon de Vernet; la cité, encore entourée de 
ses fortifications, est composée de deux rues parallèles, dont la 
principale est très pittoresque avec ses maisons romanes et ses deux 
bîutes tours. 

[Une bonne route do voitures de 6 k., remontant les vallées de Fillols et 
de Vernet, relie la gare do Villefranche à Vernet-les-Bains, célèbre station 
thermale et hivernale; ^^ et voii. à tous les trains, 75 c. — V. la mono- 
graphie Joanne illustrée : Vernet-les-Bains.] 



20 — [B. â] Il DE TOULOUSE A ËARGËLONE. |t 

La voie remonte la rive dr. de la Têt, encaissée entre de grands 
escarpements rouges. — 57 k. Olette, à 613 m. — 61 k. Thuès- 
Canaveilles, halte à 783 m., qui dessert les établissements ther^ 
maux de Graus de Canaveilles (eaux sulfurées, alcalines, silicatées» 
de 25"* à 64°) et de Tliuès-les-Bains (sources sulfureuses chaudes, sili- 
catées, alcalines légères). 

La voie s'engage dans le sauvage défilé des Graûs et atteint 
(63 k.) Thuès-ViUage, puis passe sur le magnifique viaduc Séjourné 
(16 arches en granit) qui franchit la Têt à 65 m. de haut. — 67 k. 
Fontpédrouse. — Après (70 k.) Santo, à 1,221 m., on revient sur 
la rive dr. de la Têt en franchissant la rivière sur le superbe pont 
suspendu Gisclar. 

75 k. La Cahanasse (1,511 m.), station desservant Montlouis 
(hôt. : de France ; des Pyrénées), curieuse petite place forte fondée 
en 1681 par Vauban. 

La voie continue à monter jusqu'au col de la Perche (1,577 m.), 
grand plateau gazonné, commandé par la citadelle de Montlouis. 
Elle descend ensuite sur l'autre versant, en décrivant de larges 
courbes échelonnées d'où on a une vue admirable sur la Cerdagne. 
Au fond se voit la sierra del Gadi au pied de laquelle coule le rio 
Segre. — 82 k. Odeillo-Via, à 1,584 m., gare qui dessert la station 
d'altitude et le grand hôtel de Font-Romeu (1,776 m.); — 92 k. Sail- 
lagouse, à 1,303 m. 

103 k. Bourg-Madame (hôt. Salvat), dernier village français, 
bâti, à 1,140 m., entre le Segre et le Raour. Le pont du Raour 
marque la frontière entre la France et TEspagne; de là une route 
de 1 k. gravit la pente du plateau où est située Puigcerda. 

104 k. Puigcerda, et 166 k. de Puigcerda à Barcelone, R. 2. 



Route 2. — DE TOULOUSE A BARCELONE 

PAR AX-LES-THERMES, PUIGCERDA 

ET RIPOLL 

Ùet itinéraire sera entièrement desservi dans Vavenir par un chemin de fer 
transpyrénéen encore en construction. Actuellement la voie ferrée s'arrête du 
côté de la France à Ax-les-Thermes, et en Espagne à Ripoll. Mais en atten- 
dant, une excellente route, desservie par des services publics et offrant une 
magnifique traversée des Pyrénées, relie Ax à Puigcerda et à Ripoll. Les tou- 
ristes peuvent donc dès maintenant se rendre très facilement de Toulouse à 
Barcelone par cette voie en deux jours [f^' j. : de Toulouse à Ax et à Puig- 
cerda; 2^j. : de Puigcerda à Ripoll et à Barcelone) ^ ou mieux en trois jours 
pour, avoir le temps de visiter Puigcerda, Ripoll et Vich {très recommandés). 

/° De Toulouse à Jtx-les-Thermes. 

^ Midi, 124 k., en 2 h. 50 à 4 h. ; 13 fr. 90, 9 fr. 35, 6 fr. 10. 

La voie franchit la Garonne à (14 k.) Pinsaguel et remonte ensuite 
constamment la vallée de l'Ariège, par (65 k.) Pamzers, (83 k.) Foix, 



AX-LES-THERMES. 



Il [B. 2] ~ 21 

Pour la description de cette route, F. 



le 



et (98 k.) Tarascon. 
Joanne : Pyrénées. 

124 k. Ax-les-Thermes (hôt. : de la Paix; de France; de Bor- 
deaux, etc.), ch.-l. de c. de 1,624 hab., station thermale à 702-736 m. 
dans un magnifique bassin de montagnes au confluent de l'Ariège 
avec rOriège, la Lauze et ^le torrent de Sargeat. — 61 sources 
d'eaux sulfurées sodiques. 



2** 'D'Jlx-leS'Thermes à Putgcerda. 

^ en construction. — ^ 56 k. — Serv. de voit., t. 1. j. jusqu'à (55k.) Bourg- 
Madame (frontière franco-espagnole), départ d'Ax 6 h. mat., arrivée à 
Bourg-Madame 4 h. s. ; prix 7 fr. 

Auto-cyclisme : — Belle route carrossable, mais très sinueuse et moyenne- 
ment accidentée, remontant le cours de l'Ariège jusqu'à l'Hospitalet. De 
L'Hospitalet au col de Puymorens, montée en lacets; au delà du col, 
longue descente par de grands lacets dans la vallée de Carol, que l'on 
descend jusqu'à Bourg-Madame et Puigcerda. 



2 '--S: 

C; 1700 C^ 
O I500§ 




5o 56JUI 



A 1 k. S. d'Ax, la grande route d'Espagne franchit TAriège et 
s'engage dans la haute vallée de l'Ariège qu'elle remonte jusque 
vers son origine. —8 k. Mérens (aub. Mouchard), à 1,055 m. 

18 k. L'Hospitalet (hôL S oulé), à 1,436 m,, cascade dMr^ues, utilisée 
pour Vusine électrique créée pour le percement du tunnel 'de Puy- 
morens. La route s'élève par un triple lacet de près de 6 k. de 
développement. — 25 k. La routes tournant brusquement à Ve. 
s'éloigne de la vallée de l'Ariège. 

29 k. Col de Puymorens (maison cantonnière, cantine), à 1,918 m. 
sur la ligne de faîte entre l'Océan et la Méditerranée :.au N les 
eaux vont à l'Ariège et à la Garonne; au S.,auSegre et à l'Ebre. Le 
ch. de fer en construction perce le col par un tunnel de 7 k. — On 
descend en lacets vers la vallée de Carol. — 34 k. Por/e (aub. Mi- 
chette), à 1,623 m., au confluent des vallons de la Vignole et de 
Fontvive qui forment l'Aravo ou rio de Carol. — 38 k. Porta à 



22 



[R. 2J 



Il DE TOULOUSE A BARCELONE, jj 



'^^^j^ 84-1 K. de Paris 
AX-les-Thermi 

CastdyMcajy^ 



1,509 m. — La route continue à descendre la vallée de Garol; àdr., 
les deux loixrs de Carol (xiii^ s.) sur un rocher de granit. 

i7 k. Latoar-de-Carol (hôt. Paig),h 1,240 m. — Kn aval, la vallée 
s'élargit; belle vue sur la Gerdagne. — 48 k. Enveitg, à 1,263 m. — 
150 k. La route touche à dr. la frontière espagnole et laisse de ce 

côté une route de 2 k. 5 conduisant 
directement au S. à Puigcerda; 
tournant au N., on descend à : — 
51 k. f/r, à 1,190 m. (à Véglise, pein- 
tures anciennes), au confluent des 
torrents de Brangoly et d'Angous- 
trine formant le Raour, que Ton 
franchit pour en suivre au S. la rive 
g. — On croise le chemin neutre qui 
conduit à 1,600 m. à g. dans Ten- 
clave espagnole de Llivia et pénètre 
à dr. sur le territoire espagnol par 
le pont de Llivia sur le Raour. 

^ok. Bourg-Madame, où Ton rejoint 
la route venant de Perpignan et 
Montlouis (p. 20). 

56 k. Puigeerdjaou Paycerda(h6i, : 
Tixaire, déj. 3 fr., dîn. 3 fr. 50, ch. 
2 à 4 fr., pens. 8 à 10 fr., gar. ; 
d'EuropUy déj. dep. 3 fr. 50, dîn. dep. 
4 fr., ch. dep. 2 fr. 50 à 5 fr., pens. 
dep. 10 fr., bains, gar.), ancienne 
ville forte de 2,800 hab., capitale 
de la Gerdagne, fondée en 1177 par 
Alphonse II d'Aragon, est bâtie à 
1,190 m. sur le rebord d'un plateau 
dominant la rive dr. du Segre. 

La ville, très animée, pleine de cou- 
leur locale, est fort intéressante pour 
les étrangers, surtout le dimanche où 
l'on y afflue de toute la Gerdagne aussi 
bien française qu'espagnole. Aux types 
locaux s'ajoutent les uniformes de la 
garnison et, en été, les élégances de 
la haute société espagnole, car Puigcerda est devenu une station estivale 
fort recherchée surtout par les liabitants de Barcelone ; elle a de bons 
hôtels, un Casino monumental et à côté do la vieille ville aux rues étroites, 
aux maisons 5. balcons, s'est bâtie une nouvelle ville d'agrément. 

L'église, basse et sombre, à trois nefs, ofl're un beau portail inté- 
rieur en marbre, de style ogival, et une profusion de retables 
(retable du xv® s. dans la nef g ). De la tour, admirable panorama 
sur la Gerdagne et les montagnes environnantes. 

La caile Santa Maria, artère principale de la ville, relie l'église à 
la plaza Mayor, entourée de vieux « couverts » et ornée de la statue 
en muibre de Qahrinely, (jui défendit la ville contre les Carlistes en 




tl PUIGGERDA. — SEO DE URGEL. || [R. 2] — 23 

1875. A dr.. VAywUamicnlo, ou Casas Capitulares (hôtel de ville), 
donne sur une place en terrasse d'où la vue embrasse toute la 
Cerdagne. — Sur la plaza Câhr'niety, obéiisque en marbre rouge 
érigé en mémoire de la défense de la ville. — Un ancien couvent 
des Dominicains, fondé au xni* s., sert d'école (bâtiment conventuel 
avec 3 étages de galeries à arcades surbaissées ; à l'église, beau 
portail du xv® s.). 

Des villas entourées de jardins s'éparpillent au N. sur le plateai^ 
autour d'un petit lac servant de réservoir à la ville et alimenté pat 
un canal de 14 k. venant de la vallée de Garol. 

DE PUIGGERDA A LA SEO D'URGEL (^ 53 k.; route accessible seu- 
lement aux tartanes légères, mais qui doit être améliorée et desservie par des 
automobiles : s'informer). — La route descend constamment la vallée du Segre, 
d'abord à travers la plaine de Cerdagne, puis par une succession de défilés 
très pittoresques qui alternent avec des bassins. — Les principaux points 
du parcours sont : — 16 k. Bellver (hôt. Viayna, 5 p. par j.), village pittoresque 
de 600 hab., à 1,016 m., sur une roche escarpée au-dessus de la rive g. du 
Segre. — 25 k. £e Martinet (posada Isidoro Alart Bajo, repas, 2 p.) ; à 45 min. 
dans la montagne, au N., mine de cuivre; à 30 min., dans le vallon du rio 
Aransa, établissement des Bains de Sanillers. — Pont de Bar et défilé. — 
Etablissement thermal de San Yincens (eau sulfureuse, 35"). — Pont d'Arsé- 
quel, très pittoresque (-2 arches). 

53 k. La Seo de Upgel (ou Seu d'Urgell; posadas Riamhau, 4 p. par j.; 
Andritty 5 p. ; guides, montures, voitures), ville de 3,000 hab. env., siège 
d'un évêché qui existait déjà en 527, est située à 700 m. d'alt. dans une plaine 
ou cuenca fertile, sur la rive dr. du Segre et près du confluent de la Valira 
qui descend de la vallée d'Andorre. Les rues, généralement tortueuses, sauf 
la rue principale, sont bordées d'arcades pittoresques; les maisons sont 
décorées de balcons en fer ouvragé, quelques-unes même de fresques. 

La ♦cathédrale, ou la Seu, dédiée à St Odon, a été bâtie par St Armen- 
gol, dans la première moitié du xi" s., avec le beau cloître (un côté a 
été démoli au xviii* s.) qui s'appuie sur son flanc dr. ; on remarque surtout 
le grand portail (belles sculptures), l'abside, fort belle, et la porte latérale 
dr., très ornementée, ouvrant sur le cloître; le chœur des chanoines, le sanc- 
tuaire^ la chaire et le maître-autel^ très riches, datent du commencement 
du xvp s.; dans le chœur, sous le petit orgue, chapelle Saint-Odon (xi* s.) 
ornée de sculptures charmantes; dans la chapelle Sainte-Croix (transept), 
châsse du B. Pons de Ptanèdes (xiii® s.); dans la chapelle des Stes Lucie et 
Madeleine, châsse du B. Bernard de Traversères (xiv s.). 

Le palais épiscopal est un imposant édifice de diverses époques, restauré 
et surmonté de tours crénelées. — Une fontaine de la ville est ornée de 
chapiteaux du moyen âge. — A l'O. d'Urgel, le village de Castelciutat est 
dominé par trois collines couronnées par trois forts : la citadelle, immédia- 
tement au-dessus du confluent du Segre et de la Valira; le Castillo, plus au 
N. ; la torre de Solsona, du côté d'Andorre. 

[DE LA SEO DE URGEL A ANDORRE (26 k. ; 4 h. 30 à 5 h. ; chemin muletier). 
— Le chemin remonte la vallée de la Valira. — 2 h. 10. Poste espagnol do la 
Farga de Moles et frontière d Andorre. — 3 h. San Julia de Loria^ pre- 
mier village andorran. — 4 h. 30. Andorre -la-Vieille, capitale du curieux 
petit Etat à' Andorre qui jouit d'une indépendance presque complète sous la 
co-snzeraineté exercée depuis le moyen âge par l'évêque d'Urgel et les 
comtes de Foix (auxquels a succédé le gouvernement français). — Pour plus 
de détails, V. le Jeanne : Pyrénées. 

DE LA SEO D'URGEL A CALAF (^ 110 k. ; belle Touto dossorvie par des auto- 
mobiles, en 5 h.; 14 p.). — La route descend, au S., la vallée du rio 



24 — [E. 2] Il DE TOULOUSE A BARCELONE, jj 

Sôgre qui offre des sites admirables. Au delà à.'Hostalet, on traverse les 
gorges d'Organa, formidable défilé ouvert dans un massif calcaire dépendant 
de la sierra del Cadi (on y voit le pont du Diable). 

27 k. Organa (506 m.), dans un bassin après lequel on traverse de nou- 
veau d'admirables défilés : le Paso de Très Ponts, puis le Graho (échelle) 
de la Grande, long de 3 k., large de 30 m. en moyenne avec des escarpe- 
ments de nuances rosées qui s'élèvent jusqu'à 300 m. au-dessus du Segre. 
En sortant des gorges, on arrive à (50 k.) Oliana (à l'église, beau portail). 
— 61 k. Castellnou de Basella, d'où une route se détache vers (17 k.) Sol- 
sona et (36 k.) Cardona (p. 80). — 67 k. Tiurana. 

77 k. Pons (aub.), petite ville,où l'on quitte la vallée du Segre et la route 
de (70 k.) Lerida (p. 81), pour remonter vers l'E. là vallée du rio Llo- 
bregos jusqu'à Calaf. 

110 k. Calaf (^ 100 k. de Barcelone, 7 p. 35 et 4 p. 10; ligne de Barce- 
lone à Saragosse par Lérida, R. 7, B).] 

5° De Puigcerdà à Barcelone, 

166 k. : 1° ^ 60 k. de Puigcerdà à Ripoll; ^ l'été seulement, 10 p., dép. 
à 9 h. mat., trajet en 3 h. ; voit. 6, 8, 10 p. suiv. la place, dép. à 5 h. mat. 
traj. en 9 h. 30; — -2« ^ de Ripoll à Barcelone, 106 k. en 4 h. 15; 13 p. 25, 
9 p. 95, 6 p. ; — billets directs de Puigcerdà à Barcelone, 16 p. 55 en 2« cl., 
13 p. 90 en 3* cl. 

AUto-cyclieme: — De Puigcerdà à Ripoll, Y. la description ci-après. Au delà 
de RipoU, la route, médiocre, suit la rive dr. du Ter, passe à (15 k.) San 
Quirce, et (38 k.) Vich ; plate et mauvaise, elle suit le rio Gurri, passe sur 
l'autre versant et suit le rio Congost. A Granollers, prendre la route de 
(95 k.) Masnou, accidentée mais bonne jusqu'à (98 k.) Mongat, d'où 1© 
sol redevient très mauvais par endroits jusqu'à (112 k.) Barcelone. 

La route descend légèrement jusqu'au (4 k. 5) Pont de Soler où 
elle traverse le rio Segre; elle remonte ensuite continuellement 
jusqu'au col de Tôsas. — 6 k. Escadars, beau panorama sur la Ger- 
dagne et la sierra del Cadi. 

On laisse à dr. la route de Bellver-Seo deUrgel et Ton entre dans 
des gorges étroites et sauvages. — 13 k. La Molina, avec un poste 
de carabiniers et une petite hôtellerie. La route étant à péage, une 
chaîne la barre la nuit et les voitures doivent payer 'un droit de 
passage (8 p.). — On monte très fortement en grands lacets qui 
serpentent au milieu d'une forêt. 

22 k. Col de Tôsas ouvert à 1,800 m. entre la sierra del Cadi et 
le massif de Puigmal; beau panorama sur les Pyrénées. 

Une nouvelle route est en construction entre le col de Tôsas et Puigcerdà; 
le trajet en sera beaucoup plus facile pour les voitures. 

La route descend à TE. par de grands contours (7 à 10 0/0) sur 
les versants g. de la vallée du Rigart. 

45 k. Ribas (fondas : de Espana; de Catalunya; San Antonio), petite 
ville de 2,200 hab., au confluent de trois rivières qui forment le 
Freser (sur un mamelon, ruines du château de Saint-Pierre), bon 
centre d'excursions dans les monts de Nuria et les massifs de 
Puigmal et de Garença. 

En remontant la vallée du Freser et en traversant le col de la Marane^ 
on arriverait au chalet-refuge de l'Ull de Ter construit à 2,325 m. par le 



I! RIPOLL. — VICH. Il [H. 2] — 25 

« Centre Excursionista de Catalunya » qui organise chaque année à Ribas 
une semaine de sports d'hiver. — Jolie excursion et bon sentier de llibas 
à Camprodon par la collada Verde. 

La route, à peu près plate, mais mauvaise, descend au S. la vallée 
du Freser, passe aux (51 k.) Bains de Ribas (eaux bicarbonatées 
sodiques) puis à Campdevanol, gros village industriel, avant d'at- 
teindre 

60 k. Ripoll (fondas : de Espana ; Monasterio, déj. 3 p., dîn. 2 p. 50, 
ch. 1 à2 p., pens. 6 p.), ville industrielle de 4,920 hab., située sur 
le rio Ter, ruinée en 1835 et 1839 par les Carlistes, puis rebâtie. 
Le célèbre ^monastère de Santa-Maria (Bénédictins), fondé au xi^ s. 
par Wilfrid le Velu et dont la construction dura jusqu'au xvi* s., 
renferme les tombeaux des comtes de Barcelone et de Besalù ; l'église 
(5 nefs voûtées en berceau), presque totalement reconstruite sur 
les fondations du xi® s., est flanquée d'une tour carrée et précédée 
d'un admirable portail couvert de sculptures du xii^ s.; chapelles 
latérales des xiii* et xiv® s.; chœur du xvi^ s.; le cloître à deux 
étages de galeries (xii®-xv* s.) est une des merveilles de l'architec- 
ture romane en Catalogne. 

DE RIPOLL A SAN JUAN DE LAS ABADESAS (^ 10 k., 1 p. 25, p. 95 ; 
Ç, route nouvellement construite). — 10 k. San Juan de las Abadesas(fonda 
t'spana, pens. op.), ville industrielle de 2,200 hab., située à 787 m. d'alt. surla 
rive g. du Ter, au centre d'un bassin houiller et de nombreuses mines de fer ; 
curieuse église romane de 1150 avec un retable du xvi« s. et un groupe de 
la Descente de croix, en bois, du xiii® s.; pont de 1130. 

[DE SAN JUAN A OLûT {0 23 k, ; voit, publique en 3 h., 2 p. 50; excursion 
recommandée). — Montée, douce pendant 4 k., puis très dure jusqu'au (7 k.) 
col de Santigosa, à 1,062 m. — Descente, peu rapide, dans la vallée de 
Viayna, jusqu'au col de Cubet. — 11 k. de descente rapide vers Olot, en sui- 
vant la vallée de Ridaura. — 23 k. Olot (p. 15). 

DE SAN JUAN A CAMPRODON (^ 15 k. ; service quotidien de tartanes, 1 p. 50). 
— La route, à peu près plate, passe à (8 k.) Santa Pau de Seguries. 

15 k. Camprodon (ait. 900 m. ; fonda de los Pirineus), petite ville pitto- 
resque de 1,200 hab., et station estivale fréquentée par les Catalans, située 
au confluent du Ritort et du Ter et dominée par un petit fort; au centre 
de la ville, vieux pont sur le Ter, avec une tour carrée. 

De Camprodon on peut facilement passer en France, à Prats-de-Mollo, dans 
la haute vallée du Tech, ou Vallespir, en 4 h. par un bon sentier : monter à 
Mollo (église romane) et au col d'Arrès (env. 2 h. 30) d'où l'on descend à Prats 
en 1 h. 30 env. en passant à la chapelle de Sainte-Marguerite (1,394 m.).] 

En quittant Ripoll, le ch. de fer suit la rive g. du Ter. — 72 k. 
San Qiiirce de Besora, à 575 m. ; aux environs, magnifiques ruines du 
château de Besora, à 900 m. — 81 k. ToreÛo, station estivale avec 
quelques fabriques de fil. — 89 k. Manlleu, ville industrielle (fila- 
tures) de 5,000 hab., où la voie, après avoir traversé le Ter, quitte la 
vallée de cette rivière pour remonter le cours de son affinent le 
Gurri. 

97 k. Vich (481 m.; hôt. : Colon-, Peremetus), importante ville 
industrielle de 12,000 hab., siège d'un évêché. — La ^cathédrale, 
fondée en 1040 et reconstruite de 1781 à 1803 à Texception de la 
tour du clocher (xi* ou xn" s.), est flanquée au S. d'un beau cloître 



26 — [R. 3] II BARCELONE ET SES ENVIRONS. \\ 

dp XIV® s. remanié au xix* (au centre, monument funéraire du phi- 
loàophe vichois J. Balraès). Ce cloître a des fenêtres ornées de ner- 
vures très remarquables. La bibliothèque du chapitre renferme un 
grand nombre de précieux manuscrits. La cathédrale a un maître- 
autel de 1420, en marbre, où se voient des scènes de la vie de 
St Pierre, et dû au maître Pedro Oller; le trésor renferme une belle 
custode de 1493. 

Important *Musée archéologique constitué en 1891 par Tévêque 
B. José Morgadès. 

Visite : — entrée par le palais épiscopal, à côté de la cathédrale; ouv. 
de 11 h. à 1 h. les dim. et jeudis, 1 p.; catalogue 3 fr. ; conservateur Don 
José Gudeol. 

Une vingtaine de salle^ renferment : de riches séries de peintures sur 
bois, notamment des devants d'autel de l'époque romane; les panneaux 
du grand retable des Clarisses par J^uis Borrassâ (1415); des tissus du ix* 
au xiii® s.; des broderies (chape anglaise du xiv« s.; devant d'autel fla- 
mand ducommenc. du xv« s.); des objets d^orfèvrerie religieuse, des manus- 
crits, etc., tous objets d'importance capitale pour l'histoire de Fart dans les 
pays catalans. 

Petit temple de Tépoque romaine découvert en 1882 lors de la 
démolition du palais Moncada (à Tint, musée lapidaire : fragments 
antiques et médiévaux). — Aux environs de Vich, les Français bat- 
tirent les Espagnols en 1810 et en 1823. 

108 k. Balenyâ. — La voie pénèLie dans un étroit défilé. — 
113 k. Centellas (château ruiné du xvm® s. ; grottes et cascades de 
San Miguel del Fay). 

128 k. La Garriga^ petite station thermale sur la rive g. du Con- 
gost. — 147 k. Granollers (p. 17) où l'on rejoint la grande ligne de 
Perpignan à Barcelone. 

166 k. Barcelone (R. 3) 



Route 3. — BARCELONE ET SES ENVIRONS 

BARCELONE (Barcelona), ville de 543,861 hab., ancienne capi- 
tale de la Catalogne, auj. ch.-l. de la province de Barcelone et siège 
d'un évêché, est la première ville de l'Espagne par son industrie 
et son commerce; sa population est à peu près égale à celle de 
Madrid; elle est la ville d'Espagne qui, par son activité et par sa 
physionomie générale, ressemble le plus aux autres grandes villes 
européennes. 

La ville, remplie d'une animation extraordinaire qui rappelle Mar- 
seille, s'étend sur une immense surface, dans une plaine entourée 
de montagnes et descendant en pente douce jusqu'à la mer. Une 
colline abrupte et isolée, le Montjuich, s'élève au S. Vers la fin du 
XIX* s. et grâce surtout à l'initiative de son alcade, Rius y Taulet, 
Barcelone s'est absolument transformée et, rompant la ceinture de 
remparts qui l'enserrait, elle s'est taillé un vêtement d'une telle 
ampleur qu'elle peut continuera s'y développer à son aise. « Gomme 



II BARCELONE : — SITUATION. H 



[R. 3] — 27 



Vienne, comme Edimbourg, dit M. Boileau, Barcelone possède un 
noyau, une vieille ville qui a gardé sa physionomie originale, où 
les rues sont enchevêtrées à Tancienne mode espagnole, et dans 
laquelle on visite avec intérêt nombre de monuments artistiques ou 
historiques; en dehors de ce noyau primordial, la cité nouvelle 
représente au moins cinq fois ^ancienne comme étendue et découpe 
ses rues avec une telle régularité que son plan a Taspect d'un 
immense échiquier. » 

La vieille ville est limitée : vers le S.-O., par la large calle del 
Marqués del Duero, mieux connue sous le nom de Paralelo^ et par 
la rondade SanPablo; vers le N.-O., parles rondasde San Antonio, 
de la Universidad et de San Pedro, boulevards construits sur l'empla- 
cement des anciens remparts ; vers le N.-E., par le Salon de San Juan 
et le paseo de la Industria, qui la sépare du Parque. Du port à la 
vaste place de Catalogne, elle est traversée perpendiculairement 
par le magniflque boulevard des Ramblas, qui la coupe en deux 
quartiers (Tun à TE., Tautre à VO. de cette ligne). Le quartier E. 
est partagé de son côté, du S.-O. au N.-E., par une artère en ligne 
droite, très fréquentée, qui porte les noms de calle de Fernando VII, 
plaza de la Constituciôn, calle Jaime I"' et calle de la Princesa. On 
est en train dV percer trois nouvelles grandes artères qui achève- 
ront de transformer la vieille ville : Tune du S.-O. au N.-E., allant 
de la Ronda de San Pablo au Salon de San Juan, est traversée en 
croix par les deux autres qui joignent la Ronda Universidad au 
Paralelo, et la Ronda de San Pedro aux anciens remparts du côté 
des quais qui ont fait place à une promenade plantée de palmiers 
(paseo de Golôn). 

La nouvelle ville, ou Ensanche (agrandissement), dont le péri- 
mètre s'étend, vers l'O. et vers le N., au delà de la place de Cata- 
logne et des Rondas, jusqu'aux hauteurs de Gracia, de San Ger- 
vasio et de Sarrià, est bâtie sur un plan régulier, aux rues spa- 
cieuses se coupant à angle droit, aux grandes avenues larges de 30 
à 40 m. plantées de beaux arbres. 

Le port (124 hect. y compris Tavant-port), accessible aux navires 
du plus fort tonnage, et en voie d'agrandissement, est le plus fré- 
quenté de toute l'Espagne. La jetée se dirigeant du N. au S., et qui 
part du faubourg de Barceloneta, a 1,270 m. de longueur; celle 
qui se détache à l'O., du pied du Montjuich, a 641 m. Les quais 
(nombreux magasins) sont pourvus de nombreuses grues hydrau- 
liques et de plates-formes de déchargement couvertes. 

La moyenne de la température est : hiver 9°,8, printemps 14°,4, 
été 20°, automne 17°,8. Le printemps et l'automne sont quelquefois 
pluvieux. La ville est abiit»^'^ contre les vents du N. par les collines 
du Tibidabo et du S.-O. par la montagne de Montjuich. 

J{enseignemenh pratiques. 



ARRIVÉE 

Oares : — Oare d© rrance {estacidn 
de Francia), paseo do la Aduana : 



pour les lignes de Gérone-Port-Bou, 
de Reus-Caspe-Saragosse-Madrid et 
de Tarragone-Valonce; — Gare du 
Nord {eataciôn del Norte), paseo San 



28 — [R. 3] 

Juan : pour les lignes de Lérida- 
Saragosse et de San Juan de las 
Abadesas; — Halte (apeadero) du 
Paseo de Gracia, où s'arrêtent tous 
les trains des lignes de Saragosse 
par Reus et Caspe et de Tarragone- 
Valence; on n'y enregistre pas les 
bagages; — Gare de Sarriâ, place 
Catalogne : pour la ligne (électr.) 
locale de Sarriâ et Vallvidrera. 

Omnibus : — des hôtels, aux gares 
de France et du Nord ; les principaux 
ont des automobiles; l'omnibus géné- 
ral {coche central) conduit à la rambla 
del Centre (25 c. par colis et par pers.). 

Commissionnaires {Mozzo de cuer- 
da) : — Aux gares et sur les ramblas. 

— Ceux autorisés portent un bonnet 
rouge, et une plaque de cuivre indi- 
quant leur numéro. — Chargement des 
bagages (1" et 2® zones des voit, de 
placé) : malle 50 c. ; valise 25 c; 
petit colis 10 c. — Transport des 
bagages (l""® zone) : 1 p. env. — Con- 
duite au domicile (l"^» zone) : 50 c. 
Pour la 2« zone, les prix sont doubles. 

RENSEIGNEMENTS DE SÉJOUR 

Hôtels : DE 1*' ORDRE (prix élevés, 
tout le confort moderne). — Grand- 
Hôtel, rambla del Centre, 35, en face 
du Teatro Principal (dep. 12 p. 50 par 
j. ; ch. dep. 4 p.; rest. ; bureau de la 
C'« des Wagons-Lits) ; — Grand Hôtel 
Colon, pi. de CataluSa, 10 (dîn. 
6 p. ; dep. 15 p. par j.) ; — Continental^ 
pi. de Cataluna et rambla de Cana- 
letas(avec grand café; déj. 4 p., dîn. 
5 p.; 100 ch. 5 à 10 p.; pens. 11 p. à 
17 p. 50 ; 50 ch. avec salle de bains) ; — 
Palace-Hôtel, avenida San Pedro (déj. 
4 p., dîn. 5 p.; 165 ch. dep. 4 p.; 
pens. dep. 10 p.). 

Moins chers: — de Inglaterra,^\. de 
CataluHa(dep.lOp.parj.;asc.,chauff., 
bains ; rest.) ; — de Oriente, rambla del 
Centre, 20 (asc, jardin-rest., gar. ; 
dep. 10 p. par j. ; cuisine française) ; 

— Falcon, pi. del Teatro, 5, rambla 
del Centre (bon; asc, bains, chaufF. 
dep. 8 p. 50 par j.; rest.); — Maison 
Martin, rambla del Centre, 5 (quelques 
bonnes ch. : la maison est spéciale- 
ment connue comme rest.; lunch et 
dîn. dep. 4p.); — de France, rambla 
Sta Monica, 21. 

Plus simples : — Peninsular, calle 
San Pabîo, 34 (dep. 6 p. par j.); — 



Il BARCELONE. || 

Espana, calle San Pablo (dep. 7 p. 50 
parj.); — Universo, pi. Palacio (dep. 
6 p. par j.); — Marina (bon hôtel, 
2» ordre, 6 p. par j.). 

Maisons meublées {casas de Hues- 
pedes) : —Ranzini (asc, bains, chauff., 
dep. 6 p. par j.), paseo de Colon, 22, 
près du port ; — François, calle de Es- 
cudillers, 5; — Maison meublée, ram- 
bla del Centro, 37, etc.; — consulter 
aux annonces le journal et Diluvio. 

Restaurants : — dans la plupart 
des principaux hôtels;— il/ai5onZ)or^e, 
pi. de Cataluna, 22 (maison française, 
l«f ordre, serv. à la carte; déj. 5 p., 
dîn. 6 p., vin compris; thés; sou- 
pers) ; — Martin, rambla del Centro, 5 
(cuisine française; prix modérés; à, 
la carte et à prix fixe, 4 p.) ; — Mun- 
dial Palace, pi. de la Paz, au port 
(repas 3 p. 50) ; — Idéal Boom, 10, calle 
Conde Asalto (luxueux, bonne cuisine 
française ; à la carte et à prix fixe, 
3 p.) ; — Miramar, à Montjuich (repas 
dep. 4 p. ; très fréquenté pendant la 
belle saison; très belle vue), etc. — 
Dans beaucoupdecafés( 7. ci-dessous). 

Cafés : — Maison dorée, pi. de Ca- 
taluna, 22; — Continental (avec rest.) 
pi. de Cataluna et rambla Canaletas; 
— Novedades (avec rest.), paseo de 
Gracia, un des plus grands de Bar- 
celone; — Oriente et salon Condal, 
rambla del Centro, 20-22 ; — Lion d'Or 
(avec rest.) pi. del Teatro, rest. 
de nuit; — Café Suizo (avec rest.), 
rambla del Centro et pi. Real; — 
del Liceo, rambla del Centro, 4, à 
côté du théâtre ; — Central, à l'hôtel 
Falcon, plaza del Teatro; — Petit 
Pelayo (avec rest.), rambla Canale- 
tas; — sur la calle Marques del 
Duero {Paralelo), grands cafés popu- 
laires avec séances de cinéma, attrac<- 
tiens, orchestres, etc.; —Àpolo, Cadiz, 
Séville, etc. 

Brasseries (cervecerias) : — Lœwen- 
brssu, rambla del Centro; — Gambri- 
nus, rambla Santa Monica ; — Lion- 
d'Or, pi. del Teatro, etc.; — on y 
débite de la bière allemande (cerveza 
de Munie) et de la bière fabriquée â 
Barcelone (cerveza del pais). 

Bains {baflos) : — Etablissement %- 
drothérapique, pasaje de la Paz, 3 
(près de la Rambla) ; '— Bains russes, 
calle Mina, 6; — Bains de mer, fau- 
bourg de Barceloneta et à Badalona. 



RENSEIGNEMENTS PRATIQUES. \\ 



[H. â] — 20 



Cabinets d'aisances : — pi. de Ca- 
taluSa, paseo de Gracia, pi. del Pala- 
cio, ronda San Pedro, etc. 

Poste : — bureau central, pi. 
Urquinaona (le bureau des lettres 
recommandées, ou ceri//^'cac^a5,venaût 
de l'étranger, est ouvert de 7 h. à 
11 h. et de 4 h. à 8 h.; la poste 
restante, lista de correo, de 8 h. mat. 
à 9 h. s., dim. inclus) ; — succursales : 
Mundial Palace, pi. de la Paz, au 
port; calle de Casanova, 33, etc. 

Télégraphe : — bureau central, 
ronda de la Universidad, 17; — suc- 
cursale, pi. del Teatro, 1 (on peut 
aussi envoyer des télégrammes des 
gares de France et du Nord). 

Téléphone : — calle Avino, 11 et 13, 
et pi. de Cataluna, 7. 

Banque et change de monnaies 
{bancos y casas de cambio) : — Crédit 
Lyonnais, rambla del Centre, 28 et 
pi. Urquinaona; — Banco de Espa- 
na, 27, rambla Santa Monica, etc. 

Agence des chemins de fer {Despa- 
cho central) : — rambla del Centre, 6, 
à côté du Liceo pour la C'® Madrid- 
Saragosse-Alicante, et rambla del 
Centre, 5, pour la C'« del Norte. — 
On peut prendre directement son 
billet à cette agence, ainsi que le 
coche central qui part de ses bureaux 
environ 3/4 d'h. avant le départ des 
principaux trains quittant Barcelone 
pour Saragosse et Madrid ; Tarragone 
et Vaieuce; Gérone et la France. 

Agence de la C'« des Wagons-lits : 

— Grand-Hôtel, rambla del Centre, 37. 
Agences de voyage : — Cook, calle 

Fontanella, 19 ; — Marsan* Bof, ram- 
bla Canaletas, 2. 

Syndicat d'initiative : — Sociedad 
de Atracciôn de foj^asteroSy tambla 
del Centre, 30, à l'entresol (de 9 h. à 
1 h. et de 3 h. à 7 h. ; téléph.). 

MOYENS DE TRANSPORT 

Voituresdeplace: — coches de plaza 
ou carruajes de alquiler (à la course 
et à l'heure) : — 1» Dans la ville inté- 
rieure ou l'e zone : à 1 chev., course 
de 1 p. à 1 f). 75 suiv. le nombre de 
voyageurs, l'heure de 2 p. à 2 p. 75; 
à 2 chev., course 2 p., l'heure 3 p. 50. 

— 2» Dans la 2« zone : Th. 2 p. 50 à 
3 p. 50 suivant le nombre des voya- 
geurs. — 3» Tarif de nuit : moitié en 
plus du tarif de jour. 



Voitures à taximètre : — 1° Serv. 
de jour : les prix varient suiv. la 
distance (ou la durée), le nombre de 
pers- et la zone, avec minimum de 
50 c. pour 6 min. — 2° Serv. de nuit : 
moitié en plus du tarif de jour. 

Taxis-autos (C® Générale et C'« Ca- 
sany) : — 1° Serv. de jour : les prix 
varient comme ci-dessus (sans qu'on 
tienne compte des zones) avec mi- 
nimum de 1 p. (C'o Générale) pour 
10 min. ou de 65 c. (C* Casany) pour 
6 min. — 2** Serv. de nuit : C*« Géné- 
rale, moitié en plus du tarif de jour; 
C'« Casany, tarif de jour compté avec 
une pers. de plus de celles prises en 



Omnibus : — 1° (pancarte : Pro- 
venza-Parque) de la calle de Provenza 
et de la rambla de Cataluna, par les 
Ramblas du centre, au paseo de 
Colon, au paseo de Isabel II et au 
Parque; 10 c. ; — 2*» (pancarte : Plaza 
de Tetuan- Parque) de la plaza de 
Tetuan, par le paseo de Gracia, la 
rambla de la place de Cataluna, les 
ramblas du centre, le paseo de Colon, 
le paseo de Isabel II, le paseo de la 
Aduana, au Parque ; 10 c; — 3° (pan- 
carte : Plaza de Tetuan-Plaza del 
Angel) par le paseo de San Juan, la 
calle del Comercio, le pas«o de la 
Princesa à la plaza del Angel ; 10 c. ; — 
4° (pancarte : Plaza Universidad- Arco 
del Triumfo) ; 5 c. ; etc. 

Tramways électriques {tramvias) : 
— fr. 10 par section ; une seule 
classe. Principaux : — pancarte : Ata- 
razanas (PI. B, 4) à Gracia (signal 
jaune) par les Ramblas, la plaza de 
Cataluna et le paseo de Gracia; — 
pancarte : Gracia- Ramblas (signal 
rouge), du monument Coldn à Gracia 
(calle Salmeron) par les ramblas du 
Centre et le paseo de Gracia (2 sec- 
tions); — pancarte : Avenida del Tibi- 
dabo-Plaza de Cataluna (signal bleu 
avec B blanc), de la plaza de Cataluna 
en face de la station de Sarriâ, au 
tram électr. conduisant au funiculaire 
du Tibidabo, en passant par le paseo 
de Gracia et la calle Salmeron à 
Gracia (30 c. de la plaza de Cataluna à 
l'av. du Tibidabo; 10 c. de ce point au 
funiculaire); — pancarte : Ramblas- 
Avenida del Tibidabo-Bonanova (si- 
gnal rouge et bleu avec B blanc) du 
monument Colon à Bonanova (église 



30 



[R. 3J 



par les ramblas du Centre, le paseo 
de Gracia : — pancarte : San Antonio- 
Aslillero (signai blanc à croix bleue) 
du marché San Antonio (PL A, 2) à 
Barceloneta (bains de mer, pi. D, 4) 
par les vieilles arènes (antiguas are- 
nas) et le Paraleio (calle Marques del 
Duero); — pancarte : San Antonio- 
Orientalea (signal croix bleue sur 
fond blanc), du marché San Antonio 
aux Orientales; — pancarte : Plaza 
Palacio-Gran Via-Plaza de Cataluna 
(signalcroix rouge sur fond blanc; tram 
dit : de Media-Circumvalaciôn) par la 
plaza Palacio (PL D, 4), le paseo de 
Colon, les ramblas du Centre, la plaza 
de Cataluna, la calle Certes, la plaza 
Tetuan (PL E, 1) le paseo San Juan, 
l'Arco del triamfo (gare du Nord), le 
Parque et la station de France ; — ça,ïi- 
csivie: San Antonio-Plaza Palacio- Arco 
del triumfo (signal vert avec C blanc; 
tram dit : de Circumvalaciôn^ parce 
qu'il fait le tour de la vieille ville), 
par la plaza Palacio, le paseo de Colon, 
le Paralelo (calle Marques del Duero), 
les rondas SauPablo, San Antonio, de 
la Universidad, la plaza de Cataluna, 
la rondaSan Pedro, l'Arco del triumfo 
(gare du Nord), le salon San Juan, le 
Parque et la station de France; — 
pancarte : Arenas-Plaza de Cataluna- 
A/ara*anas(signaljaune avec A noir), 
des nouvelles Arènes à la rambla 
Santa Monica; — pancarte -.Plaza. 
Palacio-Pucblo nuevo (signal blanc 
avec un P noir); — pancarte : Plaza 
Urquinaona-Badalona ^ partant en 
face de l'Administration dos Postes 
(pi. D, 1) et allant aux bains de mer 
de Badalona; 50 c. — Un autre tram 
part de la rambla Santa Monica (PL 
B, 4) en face de la caserne et va à 
la Casa Anlunez^ par le cimetière du 
Sud-Ouest {cementerio nuevo). 

Nombreuses lignessuburbainespour 
Ilorta, Sarrià., Sans^ etc.; dép.delapl. 
de Catalufia, à côté de la stat.de Sarriâ. 

Autogarages : — Barcelonès^ via 
Diagonal, b\.2; — Intemacional, calle 
Mallorca, 385. 

Bateaux-mouches {Vapores golon- 
drinas) : — toutes les 10 min. de la 
Paz, devant la colonne de Colomb, à 
Barceloneta, 10 c. ; aller et ret. 15c.; 
transport des passagers de l'embar- 
cadère à bord d'un navire ou vice 
v«/'sa, par barques légères {boteê)^ 



II BAKGELONE. || 

50 c. par pers. — Canots automobiles 
pour visiter le port. 

Bateaux à vapeur : — services 
nombreux indiqués par affiches, chez 
les agents des différentes C'*» et dans 
les hôtels. — Principaux services 
côtiers : — O* Transatlantica (direc- 
tion à Barcelone, pasaje de la Paz, 
10 bis) : deux ou trois foiS par mois ; 
pour Valence, Alicante,Malaga (55 p., 
40 p , 25 p.) et Cadix (110 p., 90 p., 
40 p.) et pour Marseille (40 p., 30 p., 
25 p.). Cette C'« a des grands bateaux 
organisés pour recevoir convenable- 
ment des passagers; les trajets se 

font ordinairement de nuit; 

C*« Ibarra, deux fois par sem. pour 
Tarragone, Valence, Alicante, Carta- 
gène, Almeria, Malaga et Cadix. — 
Pour les îles Baléares (excursion de 
quelques jours, très recommandée), 
vapeurs partant de Barcelone pour ; 
Palma, à 6 h. s., 4 fois par sem. ; de 
Palma pour Barcelone, 5 fois par sem. ,• 

DISTRACTIONS ET SPORTS 

Théâtres : — del Liceo, sur la ' 
rambla del Centre ; spectacle d'opéras i 
(troupe Italienne); — Principal, dit ^ 
aussi Théâtre Catalan, rambla del ^ 
Centre ; opéras (au printemps ; troupe ! 
italienne), ballets, drames; — Tivoli, ] 
calle de Caspe, transformé en cirque ; j 
— de Novedades, calle de Caspe; \ 
opéras italiens pendant la belle sai- i 
son, opérettes, etc. — Eldorado, 
pi. de Cataluna; opérettes, comé- 
dies; — au Paralelo (calle Marques 
del Duero) : Comico, Lirico, Condal, 
Apolo, Soriano (opérettes, zarzuelas, 
drames, comédies, alternativement). 

Cafés-concerts : — très nombreux; 
consulter les affiches et le pro- 
gramme quotidien dans le journal 
el Diluvio. 

Music-Halls : — Eden-Concert, calle 
Conde Asalto, 10; — Alcazar, calle de 
la Union; — Teatro Arnau et Teatro 
Gayarre,a.ViPara\e\o; — Buena-sombra, 
en face du café du Lion d'Or, ni. del 
Teatro. 

Concerts : — Palacio de la Musica 
Catalana, sal le de concerts de V « Orfeo 
catalan », calle alta de San Pedro; 
festivals de musique classique. 

Cinématographes : — Doré, rambla 
de Catal uîîa ; — ^;ra« Via, calle Certes; 
— Circo- Barcelone* , calle Montserral 



[R. 3] - 31 

del Centra t calte Palayo^plaza Real, et 
surtout calle Fernando VU (notam- 
meDt aux d»" 14, 16 et 23). On y voit 
tous les articles catalans (draps de 
Sa^adell, bonneterie de Mataro, ma- 
gnifiques dentelles de Tordera, Bla- 
nès, etc.) et aussi les produits de l'Es- 
pagne (armes et lames, bijoux dacier 
et d'or fabriqués à Tolède, éventails, 
etc.) et de l'étranger (parfumerie de 
France, machines d'Angleterre, bron- 
zes d'art et poteries d'Italie, etc.). — 
Boucles d'oreilles catalanes {arraca- 
das)y calle de Platerias. — Nom- 
breux antiquaires, surtout près de la 
cathédrale. — Grands magasins « el 
Siglo », rambla de los Estudios, con- 
struits et aménagés sur le modèle 
dos plus grands magasins pari- 
siens. 

Consulats : — de France (PI. D, 1), 
calle Cortes(gran via) 647, 1*», et Bruch, 
52; — de Belgique, calle Mondez 
Nu3ez, 18; — de Suisse, calle Certes, 
601 ; — d'Italie, calle Mallorca, 233, l® ; 

— de Russie, pasaje Mercaders, 8; 

— d'Angleterre, paseo de Gracia, 



Il HISTOIRE. Il 

et calle Santa Madona; — Diorama, 
Poliorama, Beliograph, etc., sur les 
ramblas centrales, et au Paralelo. — 
Prix : tous, 25 c. (entrée générale) et 
50 c. (preferencia); dans toutes ces 
salles, des attractions allernent avec 
le déroulement des films. 

Arènes tauromachiques ^— 1® An- 
tiguas Arenas {vieilles arènes), à Bar- 
celonota (14,500 places); — 2° plaza 
nueva ou las Arenas (20,000 places), 
grandioses arènes, calle Cortes (ou 
gran Via) près desquelles passent 
do nombreux trams, les uns venant de 
la plaza de Cataluna, les autres de la 
plaza de la Paz (monument de Co- 
lomb) et de la rambla Santa Monica. 
Les jours de corridas (tous les dim. 
du lundi de Pâques à la fin d'oct.), 
les trams qui s'y rendent portent la 
pancarte : Tores. 

Concours hippiques : — au prin- 
temps. 

Jeu de paume {fronton Condal), très 
fréquenté par un public d'amateurs 
et de parieurs, calle Rossellon. Le prix 
des places varie suivant les joueurs. 

... „„ 41, l*»; -^ des Etafs-Unis, calle Mal- 

Curiosités et magasins : — Les plus Chambre de commerce française : 

beaux magasins sont sur les ramblas — calle Ancha, 2 bis. 

Histoire. — La fondation de Barcelone est attribuée aux Phocéens. 
Sous la domination romaine, l'importance de la ville s'accrut. Au v« s., elle 
fut un moment capitale de la monarchie des Goths (auxquels la Catalogne 
doit probablement son nom, formé de Gothalania). En 712, la Catalogne fut 
conquise par les Maures; puis vinrent les Francs, qui prirent Barcelone 
et y instituèrent un comté, feudataire de leur empire, vers 780, Charle- 
magne constitua la Catalogne en Marche espagnole ; elle était la plus impor- 
tante partie de la Septimanie lorsque Charles le Chauve la céda à Wilfred, 
qui se fit reconnaître comme marquis ou comte de Barcelone et de la Marche 
espagnole. Cet état d'indépendance dura de 801 à 1162 et fut la plus belle et 
la plus glorieuse période de l'histoire catalane. — En 1137, par suite de 
l'union de Ramon Béranger IV avec une princesse d'Aragon, la Catalogne 
lut réunie à la couronne d'Aragon. Elle s'enrichit au xiv® et au xv" s. par 
le commerce de mer, lorsque l'Aragon eut pour colonies méditerranéennes 
les îles Baléares, la Sardaigne. la Sicile et le royaume de Naples. En 1474, 
par le mariage de Ferdinand d'Aragon avec Isabelle de Castille, la Catalogne 
fut annexée à la Castille ; c'est alors que Barcelone perdit ses prérogatives 
de capitale. En 1639, Philippe IV ayant po^ié atteinte aux privilèges de la 
province, elle se souleva et battit le vice-roi avec l'aide des troupes fran- 
çaises. En 164], Louis XIII ayant accepté la souveraineté de la Catalogne, 
cette province fut, pendant plus de onze ans, le théâtre de combats san- 
glants, et Don Juan d'Autriche s'empara de Barcelone. Le reste du pays 
rentra sous la domination de l'Espagne par le traité des Pyrénées (1659). 

Lors de la guerre de Succession, la Catalogne prit parti pour l'archiduc 
Charles. En 1714, Barcelone, assiégée par une armée franco-espagnole com- 
mandée par Berwick, fut obligée de se rendre après une défense hr^roïque. 
La Catalogne fut cruellement châtiée par Philippe V do la part qu'elle avait 



32 — [R. â] llBARGELONE.il 

prise à la lutte; mais, grâce à son énergie, elle se releva assez promptement. 

Surprise en 1808 par l'armée française, Barcelone resta occupée par une 
garnison jusqu'en 1813. En 1828, nos troupes trouvèrent Barcelone défendue 
par une milice nationale bien organisée et par une garnison qui avait pour 
capitaine général un vieil ennemi des armées françaises, Mina. Il résista 
jusqu'au moment où la dispersion de l'armée libérale dans le reste de l'Es- 
pagne eut rendu la lutte inutile, et il remit la place, par une honorable capi- 
tulation, au maréchal Moncey. 

Les pronunciamientos qui ont eu lieu depuis 1823 jusqu'à nos jours ont 
fourni chaque fois un exemple de la facilité avec laquelle les Barcelonais, 
impatients du joug, prennent parti dans les agitations politiques du royaume. 
On se rappellera la révolution de 1835 qui ramena Mina à la capitainerie 
générale; les scènes cruelles qui signalèrent en 1837 et 1838, le rôle de 
Barcelone dans la guerre civile; le mouvement de 1840 qui contraignit la 
reine à s'embarquer pour Valence; les terribles luttes de 1842, où la villes 
soulevée expulsa les troupes et les autorités, etc. 

L'ancienne principauté de Catalogne ne subsiste plus, la Catalogne est 
représentée de nos jours par une capitainerie générale embrassant les 
quatre provinces de Barcelone, Tarragone, Lérida et Gérone. 

L'activité forme le fond du caractère catalan ; si elle peut dégénérer en 
brusquerie là où elle n'a point été polie par l'éducation, il faut reconnaître 
toutefois que cette activité, ce besoin de mouvement, ont fait entreprendre 
aux Catalans de grandes choses. C'est elle qui, du temps des comtes de 
Barcelone et des rois d'Aragon, rangea souvent la victoire sous leur dra- 
peau ; qui les conduisit en Grèce et dans le Levant ; qui leur donna les 
Baléares et la Sardaigne ; qui les a portés à travers les mers dans toutes 
les parties du monde connu; et qui, enfin, de nos jours, a fait de la Cata-: 
logne la plus industrieuse et la plus riche des provinces espagnoles. \ 

La langue catalane, dure, mais énergique et poétique, a son histoire et ses? 
titres de noblesse à côté de l'espagnol ; c'est un membre distinct de la mémej 
famille. Elle a ses attaches dans le vieux provençal et en général dans les 
dialectes compris sous le nom de « langues d'oc ». 

Fêtes populaires et religieuses : — 17 janv., fîesta de San Antonio (devant 
plusieurs églises on bénit les chevaux); — une quinzaine de jours avant 
le dim. gras et jusqu'à la fin du carnaval, balles de mascaras (bals travestis i 
et masqués); — dim., lundi et mardi gras, défilé carnavalesque; — dim. 
des Rameaux, fête des Palmes; — jeudi et vendredi saints, visite publique 
de Montjuich; — du jeudi saint à Pâques, processions qui attirent un 
nombreux public; les églises sont tendues de noir; les femmes portent le 
deuil; samedi saint, foire des agneaux; — lundi de Pâques, marché des 
roses dans la cour de l'Audiencia; — en mai, jeux floraux {jochs florals), 
analogues à ceux du Midi de la France; — le jour de la Fête-Dieu, grande. 
procession à laquelle prennent part les autorités civiles, militaires, reli- 
gieuses et toutes les troupes de la garnison; — 24 sept., jour de la Santa* 
Mercedes, fiesta major, ou fête patronale; — 1 et 2 nov., visites aux cime- 
tières, on allume dès lanternes près des tombes qu'on couvre de fleurs ; — 
24 déc, foire aux dindons. ; aspect très pittoresque du grand marché 
couvert, Mercado San José, qui reste ouvert toute la nuit. 

Yieille ville, 

LES RAMBLAS; CASA CONSiSTORIAL; CASA DE LA DIPUTACIÛN; AUDIENCIA 
CATHÉDRALE; ÉGLISE DE SANTA MARIA DEL MAR 

Les "^Ramblas sont à Barcelone ce que les grands boulevards 
sont à Paris : le centre du mouvement urbain, le rendez-vous des 
promeneurs. G^estune suite de belles avenues, qui, se dirigeant du 



C(x -^ 



Il RAMBLAS. — PLAZA DE LA PAZ. || [R. 3] — 33 

S.-E. au N.-O. de la place de la Paz à la place de Catalogne, 
divisent la cité en deux parties à peu près égales. Chaque avenue 
est formée par une allée centrale ombragée de platanes et réservée 
aux piétons, avec une chaussée à dr. et à g., où circulent de nom- 
breux trams et bordée de trottoirs le long des maisons, dont un 
certain nombre sont occupées par de beaux magasins. 

La vaste plaza de la Paz (PI. B. 4) est dominée par le *monu- 
ment de Christophe Colomb, construit de 1882 à 1890, sur les plans 
de Bohigas, et dont le large soubassement, orné de reliefs et de sta- 
tues, porte une colonne gigantesque s'élevant à 56 m. au-dessus 
du quai (belle vue du sommet; asc. 1-2 pers., 2 p.) et couronnée 
par la statue en bronze du grand navigateur, par Atché. — A PO., 
le vieux fort d'Atarazanas a été transformé en caserne d'artillerie. 
Au S., la nouvelle Douane. Au N.-E., entre le beau paseo de Colon 
{V. ci-dessous) et le port, à côté de Vemharcadero de la Paz, se 
trouve le Mundial Palace, station maritime avec poste, télégraphe, 
téléphone, restaurant, etc. 

Chacune des Ramblas est désignée sous un nom différent. C'est 
d'abord, vers le S.-E., la rambla Santa Monica, qui commence à la 
plaza de la Paz. — Vient ensuite la rambla del Centra, sur laquelle 
s'élèvent : le Théâtre principal (PI. 20), avec en face, le monument 
du dramaturge Soler (PI. 27), par Quérol; le théâtre del Liceo (PL 21), 
l'un des plus grands de l'Europe, construit de 1845 à 1847 
(5,000 spectateurs), et les principaux hôtels; elle communique à 
dr. (N.) avec la plaza Real, entourée d'arcades et de constructions 
uniformes à pilastres corinthiens et dont le centre est formé par 
un square où se dressent de superbes palmiers. — A la rambla del 
Centro succèdent la rambla de las Flores ou de San José (marché aux 
fleurs) qui coupe la nouvelle artère en percement, puis la rambla de 
Los Estadios (tous les mat., marché aux oiseaux), sur laquelle s'élèvent 
à g. Véglise de Nuestra Sehora de Bélen, de style baroque (xvm® s.), 
et les grands magasins de El Siglo, et enfin la rambla de CanaletaSy 
qui aboutit à la plaza de Cataluna. 

La plaza de Cataluna, centre du mouvement et point de croi- 
sement des plus importantes lignes de tramways, est une vaste 
esplanade, d'où se détachent, vers le N.-O., la rambla de Cataluna 
et le paseo de Gracia {V. ci-dessous : nouvelle ville), et vers le S.-O. 
et l'E., les grandes avenues de la Ronda, qui contournent la 
vieille ville. A l'angle 0. de la place se trouve la gare du ch. de 
fer de Sarriâ (p. 45). 

De la plaza de la Paz se détache, au N.-E., le '^paseo de Colon, 
large allée plantée de palmiers, qui occupe l'emplacement de l'an- 
cienne « muraille de mer », mais d'où, malheureusement, on ne 
voit ni le port ni la mer, que masquent les magasins des quais; 
on croit que, lors de son séjour à Barcelone, Cervantes habita 
l'endroit où se trouve le n'' 33. En suivant cette promenade on 
laisse à g. d'abord la petite plaza Medinaceli (fontaine surmontée 
d'une colonne, dédiée à l'amiral catalan Galceran Marquet), puis la 
Capitainerie générale. Le paseo de Colon se termine par la plaza Anto- 
nio Lapez, avec la statue, par Mestres et Vallmitjaua,d'ylnionio LopeZy 



34 — [R. 3] Il BARCELONE. || 

marquis de Gomillas, le fondateur de la Compagnie Transatlon- 
ti(}ue espagnole. C'est là qu'aboulit la nouvelle voie qui vient de la 
ronda de San Pedro. 

Au delà de cette place commence le paseo de Isabel Segunda, dont 
le côté g. (N.-O.) est occupé par la Lonja (Bourse; PI. 14; grande 
salle à 3 nefs et 3 travées, de style gothique, bâtie en 1382, remaniée 
au xvni* s.; escalier orné de statues). 11 aboutit à la plaza del 
Palacio, ornée d'une fonlaine, érigée sur les plans de Molina, en 
1856, en marbre de Carrare (au-dessus, génie ailé; statues des pro- 
vinces catalanes de Barcelone, Gérone, Lérida et Tarragone; sur la 
face principale, armes de Bernardo de Quiros, marquis de Campo 
sagrado, ancien capitaine général, sous l'administration duquel fut 
construit l'aqueduc de Moncada). — Au coin de la place, à dr.- 
vers le N.-E., s'élève l'ancien palais de la Aduana, construit par le 
comte Roncalli sous Charles IV, où sont installés le Gouvernement 
civil, y Administration des Finances et la Douane, — Ici commence le 
paseo de la Aduana; à dr. est la Estaciôn de Francia {gare de France), 
principale gare de Barcelone, qui va être agrandie considérable- 
ment au détriment du parc voisin; à l'extrémité s'ouvre la grille 
du Parque (p. 42) et à g. commence vers le N.-O. le paseo de la , 
Industria, large avenue, qui sépare du Parque le quartier E. de la 
vieille ville. — A l'extrémité N.-O. de cette avenue on atteint, à g., 
la cal le de la Princesa qui mène à la plaza de la Constituciôn 
(V. ci-dessous). 

Quartier à l'E. des Ramblas. — Ce quartier de la vieille ville 
est celui qui renferme les édifices les plus importants. 11 est tra- 
versé, dans la direction S. -0. -N.-E., par la calle Fernando Vif (beaux 
magasins; église San Jaime, construite en 1394, agrandie au 
xvn* s.), qui aboutit à la plaza de la Constituciôn (PI. C, 3) 
sur laquelle s'élèvent : au S.-E., la Casa Consistorial et, à côté, au 
N.-E., à l'angle de la rue Jaime PS l'élégant édifice de la Caisse 
d'épargne et du Mont-de-Piété (PI. 13); au N.-O., la Casa de la Dipu- 
taciôn. 

La Casa Consistoriaî ou Ayuntamiento (PI. 7; visible de pré- 
férence le matin entre 10 h. et midi) a, sur la place, une façade 
moderne, ornée des statues de Jaime I" le Conquérant et du con- 
seiller Fivaller, et, dans la petite calle de la Giudad (au N.), sa 
façade ancienne, de style gothique catalan (1369), et charmante 
dans son irrégularité. 

Belle cour : au 1" étage, jolie galerie ogivale. Un grand escalier monte 
au !«*■ étage et à la galerie qui donne accès au salôn de Ciento {salle des 
Cents), grande salle des séances du conseil municipal langue do 30 m. env. 
et large de 14 (belle porte Renaissance à colonnes torses; inscription com- 
mémorative de la l" séance du conseil tenue dans cette salle le 14 août 1373; 
plafond ouvragé; élégantes fenêtres à 3 baies). A dr., Sala nueva ou dei* 
GoNSiSTORio, moderne et assez bien décorée, servant aux séances ordinaires 
du conseil. 

Au 2® étage, Archives municipales (t. 1. j., dim. et fêtes exceptés, de 10 h. 
à l h. et de 4 h. à 6 h.), formées de plusieurs milliers de volumes de docu- 
ments, depuis la fin du xii* s. 



Il PL. DE LA GONSTITUGIÔN. — AUDIENCIA. || [R. 3] — 35 

Derrière rAyuntamiento, dans la bajada de San Miguel, l'ancien 
palais de<i condes de Centellas a un beau patio du xv® s., restauré. 

La Diputaciôn provincial (PL 6; visible de préférence le matin 
entre 10 h. et 1 h.; pourboire) est un vaste édifice du xv® s. avec 
façade du xvi" s.; il est attenant à celui de l'Audiencia (V. ci-des- 
sous), avec lequel jl communique. 

Un spacieux vestibule aboutit à un perron flanqué de deux lions et qu'une 
grille sépare de la voûte qui donne accès aux portes latérales du palais et 
à la cour de l'Audiencia {V. ci-dessous). — A dr. du vestibule, un riche esca- 
lier moderne (architecte, Roman Prats) monte au l*"" étage : 

Salon de San Jorge, à 3 nefs supportées par des piliers élevés. — A dr., 
Gran Salon de Sesiones, salle des séances du conseil provincial : Bataille 
de Tétuan, immense toile, la plus grande composition ae Fortuny, malheu- 
reusement inachevée, d'une grande vigueur de coloris. 

Du salon de San Jorge on passe directement dans la galerie du 1«' étage 
de l'Audiencia. 

L'Audiencia (ancienne Cour d'appel; PL 10), palais, contigu 
à la Casa de la Diputaciôn, construit au milieu du xv* s., et du 
style gothique le plus élégant. La * façade principale s'élève sur 
l'étroite calle del Obispo; la porte y donnant accès est fort simple, 
mais le couronnement, avec un St Georges terrassant le Dragon 
dans un élégant médaillon, est un véritable modèle du style cata- 
lan. La façade sur la rue Honorato est également ancienne; elle a 
des fenêtres à fines colonnettes. 

La ♦cour est une évocation du xv« s., du gothique le plus pur et le plus 
délicat. Un charmant escalier en pierre, avec rampe en marbre artistement 
fouillée, monte à la double galerie formant cloître supérieur autour de la cour 
et dont les arceaux sont supportés par des chapiteaux d'une grande finesse 
de détails qui n'a d'égale que la sveltesse des colonnettes sur lesquelles ils 
reposent. « Tout, dans ce petit hôtel, semble garder le cachet de cette belle 
efflorescence artistique qui précéda la Renaissance, et on n'est pas étonné 
de voir çà et là un mariage heureux des deux styles. » (Forestié.) 

De la galerie du l*"" étage, on passe dans le joli patio de los Naranjos 
(cour des Orangers, récemment restaurée), espèce de courbante, entourée 
de bâtiments (belles croisées; nombreuses et curieuses gargouilles) et 
dominée par une tour. Dans les salles on peut voir quelques beaux plafonds 
à caissons. 

La *capilla de San Jorge (pourboire), dont la porte, curieusement tra- 
vaillée, est à dr. de celle de la cour des Orangers, appartient à deux 
époques différentes : le vestibule, du xv« s. (belle voûte), et la coupole, 
plus moderne. Au-dessus de la porte d'entrée, dans un cadre (excellent 
morceau de sculpture sur bois), St Georges ; tentures flamandes du xvi® s. 
à grands personnages ; dans une armoire de la sacristie, chasubles brodées, 
missel avec enluminures; reliquaire en argent doré. 

De la place de la Constitution, \Q.calle del Obispo, qui s'ouvre à dr. 
dé la Casa Consistorial et dans laquelle se voit à g. la façade prin- 
cipale de l'Audiencia (V. ci-dessus), conduit à la cathédrale. 

La ** cathédrale, ou Basilica de Santa Ealalia (PL 1), date des 
premiers siècles chrétiens et prit, vers 878, le nom de Santa 
Eulalia, lorsqu'on y eut transporté les restes de la sainte patronne 
de Barcelone. Ramon Bérenger 1"^ la réédifia en 1058, et, deux 
siècles après, en 1298, les rois d'Aragon commencèrent la construc- 



U — [R. â] Il BARCELONE. || ; 

tion de réalise actuelle, dans laquelle fut ménagée une vaste .J 
crypte, terminée en 1339, en l'honneur de la sainte ; cette construc- i 
tion se poursuivit jusqu'au xv® s. Parmi les architectes ayant A 
dirigé les travaux on cite Jayme Fabre de Majorque (depuis 1317) i 
et maître Roque (fin du xiv° s.). La façade sur la plaza de la ] 
Gatedral est moderne (achevée en 1892); les deux tours octogonales 
aux extrémités du transept datent du xiv* s. Très belle flèche '^ 
ajourée, en pierre, de construction récente. L 

En faisant le tour extérieur de l'église on voit sur le flanc N.-E. i 
que longe la calle de los Condes de Barcelona, la poHe de San Ivo | 
ou de V Inquisition : au-dessus, statue de St Ivo-, de chaque côté, ] 
inscriptions relatives à la construction de l'église et datant de 1298 j 
et de 1329; bas-reliefs représentant le combat du chevalier Vilardell ] 
avec un dragon : le chevalier élevant son glaive au-dessus de sa ;i 
tête pour célébrer sa victoire reçoit les gouttes de venin qui en 
découlent et meurt, « Bios castigando su vana gloria >>, ainsi que 
rexplique la légende. — Dans la calle de la Piedad, à côté de 
Tabside, la porte de la Piedad, qui donne accès au cloître {V. ci- 
dessous), est ornée d'un bas-relief du xv® s. {la V. au pied de la 
Croix). — Sur le flanc S.-O., vers la calle del Obispo, la porte de 
Santa Eulalia, du plus pur style gothique, est richement ornementée : 
sous un dais finement sculpté, Ste Ealalie. — Enfin, à l'angle 
S.-O., sur la calle de Santa Lucia, la porte de Santa Lucia, qui '. 
donne accès à la chapelle du même nom, est un beau spécimen 
d'architecture romane. 

Intérieur (très sombre) : — trois n^fs, longues de 83 m. et larges de ^ 
37 m.; la haut, sous clef de la voûte principale est de 25 m. 50. A chacune 
des travées de la nef centrale correspondent, sur les bas-côtés, le long des 
murs latéraux, 2 chapelles pratiquées entre les contreforts et de forme poly- 
gonale. Les fenêtres, très petites, sont garnies de vitraux du xv« s. On 
remarquera la disposition des galeries supérieures, des bas-côtés, et l'élé- 
gance et la hardiesse des piliers de la nef et du chœur. 

IV. B. — Il est difficile de voir les chapelles, d'une part à cause du manque 'ï 
de lumière, d'autre part parce que les clefs ne sont pas toutes dans les mains 
d'une seule personne. 

Trascoro. — Quatre beaux *bas-reliefs (épisodes de la vie de Ste Eulalie), 
aeux par Bavt. Ordoîlez (1520) et les deux autres par Pedro Vilar (1564). 

Coro. — Profusion d'ornements et de figures : boiseries et stalles, d'une 
grande richesse, la partie inférieure par l'Espagnol Mafias Bonafé (1457), la 
partie supérieure par les Allemands Locker et Friedrich [Ûd du xv« s.) ; cha- 
que siège supérieur est surmonté d'un dais très élancé et finement découpé; 
au-dessus de ces sièges sont peints les noms et les armoiries des chevaliers 
qui reçurent la Toison d'Or dans le premier chapitre de cet ordre tenu en 
1519 par le roi Charles I" (l'empereur Charles-Quint); à dr. (en regardant 
le maître-autel) est le siège épiscopal à dais sculpté qui' termine la rangée 
des stalles. — Au pilier à g., en sortant du coro, chaire épiscopale couverte j 
d'ornements : on remarquera Vescalier qui y monte en dehors du coro, et sa ,( 
porte d'entrée. -: 

Transept. — Lustres remarquables. — Dans le bras g. (N.), au-dessous de ! 
l'orgue, on a placé, suivant l'usage catalan, une grosse tête de Maure barbue j 
(crins naturels) et coloriée. ^ 

Capilla May or. — Maître-autel gothique (xv« s.), précédé d'une haute \ 
grille et auquel on monte par deux escaliers latéraux; c'est un gracieux ;» 



Il CATHÉDRALE. || 



[R. 3] — 37 



ensemble de trèfles, de découpures en pierre de couleur sombre, au milieu 
desquelles apparaît, au-dessus du tabernacle, Jésus en croix. — Au-dessous 
du maître-autel, sous un ^rand arc surbaissé, crypte ou chapelle souter- 
raine dk Santa Eulalia (on y descend par 25 marches) : mausolée en marbre 
avec bas-reliefs, roniermantles restes de la sainte et que supportent 8 colonnes 

de marbre, toutes dilférentes, 



Ca/J 



œuvre toscane d'un élève de 
Giov. Pisano (1339); à la voûte, 
nombreuses lampes. 

Bas-côté di\ — A dr. de la 
grande porte, vaste chapelle de 
S. Olegario ou del Santi- 
^ ^ siMO Sacramento (on peut 
^^;, y entrer aussi du cloî- 

Q^^ tre); c'est en quel- 
que sorte une an- 




Puerta. 
Mkjrvr 

Plaza de la Cat 



îdr'al 



Calle 



"- Lucia. shucnsL 



CATHÉDRALE DE BARCELONE 

©'après Street, avec l'autorisation de M. J. Murray. 

nexe de l'église dont elle est séparée par une grille en fer très artistement 
travaillée ; dans la chapelle, d'une architecture élégante et hardie, grand 
tombeau de l'évêque St Olégarius (f 1136), sculpté en albâtre au xvii® s. 
— Les autres chapelles, toutes ornées de retables des xvi®, xvii» et xviii» s., 
tantôt en bois, tantôt en marbre, tantôt en cuivre repoussé, n'otfrent en 
général rien de bien remarquable. — '2« chap. (de S. Clémente): riche tom' 
beau gothique de doîïa Sancha Ximenez de Cabrera. — 5« chap. (de S. Rai- 
MUNDO DE Penafort): bcau sarcophage renfermant les restes de ce saint. 
•e Déambulatoire (Tras-Sagrario). — Grandes fenêtres garnies de vitraux. -»^ 



38 — [R. 3] Il BARCELONE. || 

A dr., porte ogivale de la sacristie (on y conserve un grand nombre d'objets 
destinés au culte et d'ornements religieux d'une grande valeur artistique et ,. 
archéologique, entre autres la célèbre custodia du début du xv« s. placée sur 
Je riche siège en vermeil du roi Martin I'^'" d'A.ragon, 1395-1412). — '2« chap. ' 
(de San Miguel) : riche tombeau du prélat Bérenger de Palou (f 1240). — ; 
3« (del Patrocinio) : à g., tombeau de l'évêque Ponce de Gualba (f 1334). 
— 5° (del Santo Cristo de Lepanto), consacrée au crucifix que l'on y vénère 
et que l'on suppose être celui qui se trouvait à la poupe de la galère de 
don Juan d'Autriche, le jour de la bataille de Lépante (6 oct. 1571) : retable 
de l'autel, moderne; deux riches tombeaux. — 7« (de S. Esteban) : quelques 
belles peintures de Tramullas. — 8« (de la Aparicion) : retable assez ori- l 
ginal avec profusion de figures en relief. — 10« (de los Santos Inocentes) : j 
tombeau de l'évêque Ramon de Escaler, belle œuvre du style gothique (fin j 
du XV» s.). i 

Bas-côté g. (en descendant). — Dernière chapelle (du Baptistère) : fonts \ 
baptismaux; petit monument en albâtre; vitrail de 1495 dessiné par Bart. \ 

Vermejo. ' 

* Cloître. — De l'église on y pénètre par la belle porte de San Severo, de , 
style roman, qui s'ouvre à l'extrémité du transept dr. — ,Le cloître, com- \ 
mencé par maître Roque et terminé en 1448, est d'une architecture assez '\ 
(rrégulière; les arcades, d'inégale largeur, offrent d'intéressants chapiteaux ] 

scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament). — Le patio est planté de 

galmiers et autres arbres. — Galerie S.-E., en face de la porte de San 
evero : à g., porte de la Piedad, donnant sur la rue du même nom; à dr., 
sous un double arc dentelé, pabellon de S. Jorge ou le Lavadero, élégant 
pavillon (à la voûte, cul-de-lampe représentant St Georges, par Anton Cla- 
perôs) abritant une fontaine; à côté, petit bassin, la fuente de las Ocas 
(fontaine des Oies). A l'extrémité de cette aile sont les archives (nombreux 
documents). — Galerie S.-O. : belle porte de Santa Eulalia, conduisant à 
la calle del Obispo ; dans l'avant-dernière chapelle, fermée par une belle 
grille, retable gothique avec peintures du xv« s. — Galerie N.-O. : cha- 
pelle romane de Santa Lucia, par laquelle on peut sortir sur la calle do 
Santa Lucia. Dans une niche creusée dans le mur de la galerie, sar- j 
cophage en bronze surmonté d'une statue dont le costume bizarre est 
décoré de grelots; une inscription latine indique que ce sépulcre a reçu le 
corps do « Mossen Borra, glorieux chevalier » : c'était le bouffon du roi 
Alphonse V d'Aragon. — Sala Capitular (s'adresser au sacristain) renfer- 
mant quelques peintures de l'école catalane du xv« s., notamment une Pietà, 
très abîmée, de Bart. Vermejo (1490) et une Madone, bas-relief florentin 
dans le style de Desiderio da Settignano, et Secretaria del Capitulo. Dans 
une niche de la galerie, tombeau du chantre Despla (1453). A l'angle N., 
porte de San Olegario (en catalan : Olaguer) dont l'ornementation offre de,: 
très jolis détails ; elle donne accès à la chapelle du Santisimo Sacramento 
( y. ci-dessus). 

Du haut d'une des deux tours de l'église on jouit d'un beau panorama 
(s'adresser au sacristain, à côté de la sacristie). 

La cathédrale est eatourée des édifices remarquables suivants : 
A l'extrémité 0. de la calle de Santa Lucia, le Palais Episcopal (PI. 12) , 
offre des restes de Tédifice primitif, du style roman, qui s'étendait 
jusqu'à la plaza Nueva et touchait à l'ancienne enceinte romaine' 
dont une des tours fait partie du palais actuel; celle qui se trouve 
en face appartient au colegio de Abogados, 

En face de la cathédrale, calle de Santa Lucia, 1, le Colegio de Abo- 
gados (PI. 11), ancienne maison de l'archidiacre, auj. siège de 
l'Ordre des Avocats, fait corps, du côté de la plaza Nueva, avec 
une des tours de l'antique enceinte. Du côté de la calle de Sauta 



Il MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE. || [R. 3] — 39 

Liicia, celle maison présente deux corps de bâtiment aux fenêtres 
riclienient décorées et réunis par un mur de clôture au milieu 
duquel s'ouvre une belle porte Renaissance (à côté, curieuse boUe 
aux leltres, en marbre sculpté). 

A Tint, (s'adresser au bureau, au l*"" étage), charmante petite cour avec 
escalier découvert et quelques pièces d'une décoration assez originale. 

A dr. du colegio est la Canonja (presbytère), du xv® s. 

A TE. de la cathédrale, la callc de los Condes de Barcelona, puis à 
g. une courte rue (bajada de Sta Clara) conduisent à la pittoresque 
petite plaza del Rey, qui occupait autrefois le centre du palais 
des comtes. 

A g., VArchivo gênerai de la Corona de Aragon (Archives générales 
du royaume d'Aragon; PI. 9) occupe un édifice bâti sous Charles- 
Quint par Carbonell. — A dr., dans la cour (pourboire au cas où 
la grille serait fermée), escalier avec un très riche plafond en bois 
sculpté. 

Au !«' étage, les archives (de 9 h. à 1 h.) forment une magnifique collec- 
tion de plusieurs millions de documents, dont le plus ancien date de 841 et 
qui a été continuée jusqu'à nos jours. 

Au N.-E. de la plaza del Rey, le Museo Arqueôlogîco pro- 
vincial (PI. 16; t. l. j. de 9 h. à 1 h.; catalogue, 3 p.) est installé 
dans l'ancienne chapelle royale de Santa Agueda, qui date du 
xHi* s. (beau clocher octogonal). A l'extérieur, une colonne romaine 
cannelée provient de l'édifice romain dont les restes se trouvent 
calle de Paradis (F. ci-après). 

La collection, intéressante mais trop à l'étroit, est formée de fragments 
divers et de sculptures sur pierre de l'époque romaine et du moyen âge, de 
sculptures sur bois, de mosaïques anciennes, de pièces de céramique, de 
monnaies et de médailles, etc. — 716. Femme romaine drapée. — 869 et 870. 
Sarcophages romains. — 832. * Reliquaire en bois doré, du xiii® s. — 848. 
Retable de l'autel de Santa Agueda, du xv« s., œuvre très remarquable de 
l'école de peinture de Barcelone, à la suite du maître Jaime Huguet. — 
1613. Statue couchée d'un abbé (xvi^ s.). 

Signalons encore dans ce quartier voisin de la cathédrale : — 
calle de Paradis (elle va de la place de la Constitution à la calle 
Piedad, derrière la cathédrale), au n° 10, siège du Centra excursio- 
nista (clu b touristique) de Catalogne ; dans une cour vitrée, trois belles 
colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens, restes d'un ancien édi- 
fice romain (devant la porte de ce même n° 10, dans le pavé, une 
meule de moulin indique que c'est le point le plus élevé de la ville). 

De la place de la Constitution, la calle Jaime, prolongement de la 
calle Fernando VII, et, à dr., — après avoir traversé la Gran Via Laye- 
tana, nouvelle artère qui va de la place Lopez (à dr.) à la ronda 
de San Pedro (à g.), — la calle de Platerias (ou la Plateria tout court) 
conduisent à la plaza de Santa Maria. 

L'* église Santa Maria del Mar (PI. 3), le plus important édifice 
religieux de la Barcelone ancienne, après la cathédrale, date du xiv" s. 
et appartient à la dernière période du style ogival. Le grand por- 
tai/ est surtout remarquable. Aux deux côtés de la porte, sous deux 



40 — [R. 3] Il BARCELONE. |! 

gracieux petits dais, statues de St Pierre et de Si Paul-^ sur la porte 
même, deux figures de portefaix, en bronze, rappellent le concours 
efficace apporté par cette corporation à la construction de l'église, 
grâce au transport gratuit des matériaux. 

Intérieur. — L'int., très dégagé et d'un grand effet (3 nefs soutenues par 
15 piliers octogonaux), est imposant par ses dimensions (long. 75 m., haut, 
de la nef centrale 34 m.). On remarquera les hautes et étroites arcades entre 
lesquelles s'ouvrent les chapelles des bas-côtés. — Le maître-autel, derrière 
lequel se trouve, disposition exceptionnelle en Espagne, le coro, jure, par 
son exubérante ornementation, avec le reste de l'église. Les beaux lampa- 
daires, de style gothique, sont de Francisco Duran. — Tableaux du Vila- 
domat au tras-sagrario et dans quelques chapelles. 

Au N. de cette église, on peut voir, dans la calle Moncada^ au 
n° 20, la casa Dalmases (Pi. 22; très intéressant patio avec un I 
escalier en pierre sculptée remarquable) et, aux n°* 12, 23, 25, etc., 
plusieurs anciennes et curieuses habitations particulières. 

Derrière l'église, le marché del Borne, qui sert de halle aux fruits 
et au poisson, est très animé le matin. 

Le quartier de Ribera renferme encore quelques églises intéres- 
santes : 

Santos Justo y Pastôr (PL 2, à TE. et tout à côté de la Casa Consis- 
torial) a été construite sur l'emplacement d'une très ancienne église, 
en 1345, dans le style ogival, avec deux tours polygonales à la 
façade (celle de dr. n'est pas achevée). 

Sania Maria del Pino ou Nuestra Senora de los Reyes (PL 4 ; plazas 
del Pino et del Beato Oriol) a été construite au xv** s. sur l'empla- 
cement d'un édifice plus ancien. La façade 0. a une grande rosace 
et deux tours inachevées. — Le côté N. (plaza del Beato Oriol) a 
une porte romane (xii® s.). 

Intérieur. — Belle nef unique, longue de 54 m., large de 16 m. et haute 
do 27 m. — Au-dessus de la grande porte un arc surbaissé supporte l'orgue 
dominé par la belle rosace de la façade. — Dans la 3® chap. à dr. est enterré 
le peintre Viladomat (f 1755). — Le maître-autel est placé au-dessus d'un 
arceau sous lequel s'étend une crypte. 

San Pedro de las Paellas (Saint-Pierre-des-Pucelles ; PL 5; plaza 
de San Pedro), fondée au milieu du x* s., mais défigurée, garde 
des restes de sa structure romane primitive. — Le côté S. a une 
porte ogivale surmontée d'une vieille statue de St Pierre assis et 
bénissant, * 

L'int., en partie roman, est précédé d'une sorte de vestibule avec, à dr., 
le tombeau gothique de l'abbesse Eléonore de Belvehi (f 1452). 

Santa Ana (PL C, 2; calle de Sta Ana, 29, près de la plaza de Cata- 
lufia), fondée au xii* s., est encore intéressante malgré les modifi- 
cations qui en ont altéré la forme primitive. Elle est précédée d'une 
cour de forme irrégulière sur laquelle s'ouvre une porte ogivale, 
surmontée de l'image de Ste Anne. 

Intérieur. — L'int. a la forme d'une croix latine ; 3 Dras de la croix sont 
de style roman, le 4« est de àtyle gothique. — A g. do la porte principale, 
tombeau de Miguel de Boera, général de Ferdinand le Catholique et de Charles- 



Il SAN PABLO DEL GAMPO. || [B. 3] — 41 

Quint. — Chapelle du Sacrement (à g. du maître-autel) : très ancienne ginlle 
en fer du style romano-byzantin. — Le joli cloître, du xiv® s., où l'on peut 
accéder aussi de la plaza de Cataluna, a 2 étages (colonnettes élancées). 

L'antique église de Santa Ana, classée comme monument natio- 
nal, sera remplacée pour le culte par une église qu'on bâtit à côté. 

Quartier à l'O. des Ramblas. — Par la calle de San Rablo^ 
très animée, dans un quartier très populeux, ou par la calle del Conde 
de Asalto, qui commence à la rambla del Gentro et où l'on voit, 
à g., tout près de la Rambla, l'étrange hôtel construit par l'archi- 
tecte Gaudi pour M. Gûell, on se rend à l'église de San Pablo del 
Gampo, qui est à peu près le seul édiflce notable de ce quartier. 

*San Pablo del Campo, en catalan San Pau del Camp^ bâtie au 
X* s., hors de l'enceinte urbaine (d'où son nom « del Gampo »), 
fut réparée vers 1120 par Guiberto Guitardo. G'est un monument 
très intéressant. La façade est de style roman. Les colonnes du 
portail ou, du moins, leurs chapiteaux proviennent peut-être d'édi- 
fices antérieurs à l'invasion arabe. La rosace est d'une époque pos- 
térieure. 

L'int., formé par 2 nefs se coupant k angle droit et voûtées en berceau, 
est dominé par une coupole octogonale et se termine à l'E. par trois absides. 
— Au S.-E., un petit cloître (en restauration), à colonnes gémellées et arcs 
trilobés et quintulobés, est très intéressant. 

San Antonio Abad, au bout de la rue du même nom, avait un 
intéressant retable (épisodes de la vie de St Antoine), peint par 
Pablo Vergos (2^ moitié du xv® s.), et qui a péri dans un incendie 
pendant les troubles de 1909. Tout au bout de la calle San Pablo, 
on atteint le Paralelo (calle Marqués del Duero), large voie où sont 
réunis presque tous les théâtres et cafés populaires. 

^Nouvelle ville. 

LE PARQUE; MUSÉES ARTISTIQUES MUNICIPAUX 

Sur la place de Gatalogne s'ouvre, vers l'O., la ronda de la Univer- 
sidad, aboutissant à la plaza de la Universidad {monument du 
D' Robert par Betliure), sur laquelle l'Université, bel édifice du 
^tyle romano-lombard, a été bâtie de 1863 à 1873, sur les plans de 
Rogent. A l'intérieur, quelques beaux tableaux et la grande salle 
du Paraninfo. 

Au N.-O. de la place de Gatalogne, la rambla de Cataluna forme 
la continuation des ramblas de la vieille ville. On y voit le monu- 
ment de Giiell (économiste national, 1800-1872), par Martorell et 
Nobas, et, plus loin, le monument de Clavé (compositeur et poète, 
1824-1874), par Vilaseca et Fuxd\ enfin, à l'angle de la calle de Ro$- 
sellon, le grand Fronton Condal (Jeu de Paume). 

Parallèlement à la rambla de Gataluna, le *paseo de Gracia, — 
magnifique avenue, bordée de curieux édifices de style moderne, 
longue de 1,200 m. et large de 61 m., qui monte jusqu'au faubourg 
de Gracia, — constitue l'une des principales et des plus vivante^ 



42 — [R. 3] Il BARCELONE. || 

artères de la nouvelle ville; cVst un lieu de promenade fréquenté 
comme les ramblas centrales. 11 s'y trouve plusieurs théâtres d'opé- 
rettes et de spectacles divers, ouverts surtout pendant la belle 'j 
saisoii, tels que le teatro de Novedades, etc. C'est cette avenue que 
suit le tram qui conduit au Tibidabo (p. 45). 

Dans le ({uartier tout moderne qui s'élève au N.-E. du paseo de 
Gracia il faut signaler le vaste et monumental Fronton Barcelonés 
(F. plan d'ensemble), bâti sur les plans de Sagnier, et les églises 
suivantes : 

Uéglise de la Sagrada Familia {Iglesia expiatoria de la Sagrada 
Familia\ V. plan d'ensemble), remarquable par son extravagance, . 
actuellement en construction sur les plans de Gaudi. %{ 

La crypte, à laquelle descendent deux grands escaliers, est accessible au I 
public; elle renferme 7 grandes chapelles. 

Véglise de la Concepciôn (calle de Aragon, près de la gare du 
paseo de Gracia), avec un beau cloître gothique qui a de jolies 
colonnettes (patio planté de beaux palmiers), transporté là, ainsi 
que l'église, du couvent détruit des religieuses de Junqueras. 

L'église de las Salesas (église et monastère des Salésiennes ou 
Visitandines; F. plan d'ensemble), récemment achevée dans le 
style ogival sur les plans de Martorell. i 

De la place de Catalogne se détache, à TE., la ronda de San 
Pedro, par laquelle on se rend à la gare du Nord, aux différents 
musées, au Parque et à la gare de France. 

A l'extrémité E. de ce boulevard, un arc de triomphe, gigantesque 
construction en briques, élevé en 1888 sur les plans de Vilasecay 
précède le Salon de San Juan, esplanade plantée d'arbres, sur laquelle 
se voient : — à g., le nouveau Palacio de Justicia, œuvre de MM. Sa- 
gnier et Domenech Estapâ, qui contient les magnifiques tapis- 
series bruxelloises du xvi® s. (notamment une suite des « Triom- 
phes »), ornant autrefois les salles de la vieille Audiencia; —à dr.,' 
la Salle des Fêtes et palais des Expositions des Beaux-Arts et d'Industrie 
artistique (PI. 18), édifice, d'une architecture originale, construit en 
1888 sur les plans d'Auguste Font Carreras. 

Le * Parque est une belle promenade créée au N.-E. de la vieille 
ville, sur les terrains occupés jadis par la citadelle. 

On y pénètre par 4 portes : — la 1", au S., s'ouvre en face du 
paseo de la Aduana (p. 34); elle est ornée de deux statues allé- 
goriques de la Marine et de V Agriculture; — la 2% au S.-O., 
débouche sur le paseo de la Industria, en face de la calle de la 
Princesa; — la 3% au N.-O., ornée des statues du Commerce et de 
V Industrie, donne accès au Salon de San Juan (F. ci-dessus); 
devant cette porte s'élève le monument (par Fuxa et Falqués) de Rius ^ 
y Taulet (PI. 29), l'alcade à qui Barcelone est redevable de son 
développement; — la 4® se trouve au N.-E., vers le paseo de Sicilia. 

Si l'on entre dans le Parque par la porte de TAduana on trouve 
en face de soi la statue équestre du général Prim (f 18-0), par Puig- ^ 
janer. — A g. s^ouvre Pavenue dite paseo de los Tilos (promenade j 
des Tilleuls); en face, un groupe d'édifices est formé par le pabellon m 



GBre I 




L . Herwa rm, del. 




Barcelone 



SMVÎARTIN DE PROWNSALS 

'OQQQQODOffiOrn 



^oo.^^^os 



S^iaQQOOOOGli 



%2>ë; 



ooaoQj; 



)00 






fC il O ISAN MARTIN 



GGOGQQor 



îOQilDÉGOO 






J Cri - '... 

OGûc 



j n [ J G O G G I Puôb/oNuevi^ n G 



OOO 
ODO 

OOO 



^ -vcL^eMetrenro-^ 



Ciinetifepe_ 



3-2^ Imp.Jh/^r&rujy , Pcœis. 



Il PARQUE. — MUSÉES MUNICIPAUX. || [R. 3] — 43 

delà Reina Régente, par Tancienne église de la citadelle transformée 
en Panthéon des Catalans illustres (il n'est pas encore installé) et, 
plus loin, par Tancien Palais-Royal, naguère arsenal, datant du 
temps de Philippe V et aujourd'hui palais des Musées artistiques 
municipaux. 

Le palais des ^Musées artistiques municipaux (PI. 17; 
t. 1. j. de 9 h. à 6 h., sauf le lundi) renferme actuellement le musée 
des moulages, le musée des arts décoratifs et les tableaux anciens. Une 
annexe, en construction, sera consacrée aux peintures modernes 
actuellement installées dans le hall destiné aux expositions tempo- 
raires (T. ci-dessous), qui sera prochainement démoli, la partie du 
parc où il se trouve devant faire place à la nouvelle gare de France. 

Rez-dechaussée. — Cour, galeries, cage de l'escalier : moulages d'œu- 
vres de sculpture antique, du moyen âge et de la Renaissance, photogra- 
phies, etc. — Quelques salles à dr. (18 à 24) contiennent des documents se 
rapportant à l'histoire de Barcelone, aux fêtes, etc. 

l*' étage. — Salle 2 (en face de l'escalier) : baldaquin roman peint, du 
xiii" s. — Salle octogone (à dr. de la précédente) : divers devants d'autel 
romans, peints; stalles du xv* s.; vitr. renfermant des manuscrits et des 
incunables. — Salle longue (à dr. de la précédente) : sculptures du moyen 
âge (provenant notamment du monastère de Poblet, p. 73); peintures de 
lécole catalane (xiv« et xv® s.). — On tourne à g. dans un couloir où s'ouvre 
à dr. une petite salle contenant provisoirement des peintures qui doivent 
passer dans les annexes en construction : 273. Luis Dalmau (peintre valen- 
cien influencé par les Van Eyck). La Y.,rEnf. Jésus, et les conseillers de la 
ville de Barcelone (1445) ; 282. liibera. Martyre de St Barthélémy; devant 
d'autel brodé du xvi° s. représentant St Georges et le Dragon, provenant de 
la Audiencia. — Salle 28 (au fond du couloir) : reproductions d'objets en 
bronze, en or, en argent. — Bibliothèque des Beaux-Arts (ouv. t. 1. j. de 
10 h. à 1 h., sauf le lundi). 

On revient sur ses pas et on suit en face de soi un corridor qui contient 
des moulages. — A g. de ce corridor sont plusieurs salles. — Salle 27 : 
■objets de ferronnerie, du xiv* au xviii* s. — Salle 26 : belle collection de 
croix en bois, en cuivre, etc., plusieurs d'époque romane avec peintures et 
émaux. — Salle 25 : objets antiques en bronze. — Salle 23 : monnaies de 
l'antiquité et du moyen âge (intéressante collection de monnaies antiques 
d'Espagne). 

On tourne à dr. : Salles 21 et 20 : reproductions de meubles. — Salle 19: 
instruments de musique. — Salle 18 : collection d'armes. — Salles 17 et 
14 : meubles et étoffes. — Salle 13 : étoiles, dentelles, verreries. — Salles 
12, 11 ET 10 : tissus et vêtements sacerdotaux des xv« et xvi» s. (à remar- 
quer une belle soie siculo-arabe du xv® s. et des chasubles historiées du 
xvi" s.). — Corridor 4 (à dr. des salles précédentes) : étoffes et dentelles. 
— Salle 9: céramique : poteries à reflets métalliques hispano-arabes: azu- 
lejos catalans du xvi* s. — Salles 8 et 7 : céramiques des fabriques d(| 
Talavera, Triana, Buen Retire, etc. ; céramiques étrangères. 

De la salle 8 on passe dans une Grande Salle (ramenant à la salle octo- 
gonale) : céramique antique. — Salles 6 et 5 (à g. de la précédente) : 
reproductions de céramiques étrangères. 

Les peintures et sculptures modernes exposées dans l'édifice destiné aux 
expositions temporaires (dans la partie S.-E. du Parque) seront installées 
dans les ailes en construction du palais des Musées artistiques municipaux. 

Parmi les tableaux notables de cette section nous citerons : — 55. Barrau. 
Gerona (1809). — 257. Bartles. Bateaux pêcheurs dans le Zuiderzee. — 284. 
De Dock. Paysage. — 266. Corot. Paysage. — Fortuny. Jeune seigneur 
dans un parc; Odalisque; etc. — 45. Mon, Lagune à Venise; 48. Procession 



44 — [E. 3] Il ENVIRONS DE BARCELONE. || 

dans une rue. — 34. Masriera. Portrait de femme. — 258. Mesdag. Marine. 
— 97. Mi)\ Paysage. — Peliicer. Enterrement d'un pauvre. — 261. Pieters. 
Champ de choux. — 263. L. Van Aken. Misère humaine. — 265. Van Leem- 
putten. Procession. — 135. Carlos Vazquez. Paysans déjeunant. — 133. 
Zuloaga. Deux amies. 

La partie N. du Parque est occupée par un jardin anglais. Dans 
l'angle N., magnifique cascade monumentale avec escaliers, groupes 
et statues allégoriques, grottes. Dans l'angle 0., monument d'Arribau, 
poète catalan, par Fuxd. Au centre, joli petit lac, avec café-restau- 
rant et pavillon pour la musique. (Voir tout à côté une reconsti- 
tution en pierre, très exacte, d'un mammouth.) 

Dans la partie S.-O. du Parque, sur une allée parallèle au paseo 
de los Tilos, s'élèvent VUmhraculo et VInvernaculo, belles serres, 
dont la dernière pour les palmiers, et entre les deux, le Museo Mar- 
torell (PI. 19; t. 1. j., excepté le lundi, — le mardi quand le lundi 
est férié — de 9 h. à midi et de 3 h. à 5 h. d'oct. à février et de 4 h. 
à 6 h. de mai à sept.), avec les collections d'histoire naturelle. 

Vestibule : collections de fossiles de Catalogne. — Aile dr. : minéralogie 
et paléontologie. — Aile g. : zoologie et conchyliologie. 

Plus loin, vers l'O., un édifice ayant l'aspect d'un château médiéval 
est occupé par l'Ecole municipale de musique. 

Dans la partie S.-E. du Parque, qui doit disparaître pour faire 
place à la nouvelle gare de France, est un assez grand édifice 
occupé temporairement par le Musée de peintures modernes (F. ci- 
dessus). Remarquer, non loin de là, une reconstitution minuscule 
du massif du Montserrat. 

Enfin, sur le côté N.-E. du Parque, formé par le paseo de los 
OlmoSj se trouve la très belle collection zoologique contenant un très 
grand nombre d'animaux, et surtout une intéressante collection de 
fauves et d'oiseaux. 

Au S. du Parque, au delà de la voie ferrée (ligne de France), le 
paseo de San Carlos passe devant les anciennes arènes de toros 
et sépare la ville proprement dite du faubourg maritime de BarcC" 
lonetay où se trouvent les bains de mer. 

r 
'Environs de "Barcelone, 

1° LE MONTJUICH (45 min. env. à pied; 35 min. env. en voit. ; on ne peut 
qénétrer dans le fort. Du tir aux pigeons et du café-restaurant Miramar^ 
au tiers de la montée, belle vue sur la ville et le port). — Cette colline 
{Mons Jovis ou Mons Judaicus?) de 213 m., très escarpée du côté de la mer, 
et dont les flancs sont en partie éventrés par les carrières, est dominée 
par un fort servant aussi de prison, tristement célèbre .par les tortures 
qu'on y faisait subir encore récemment aux prisonniers. La citadelle fut 
étadlie lorsque Barcelone, soulevée par les vexations des agents de Phi- 
lippe IV (1640), se plaça sous la protection du roi de France et se prépara 
à une héroïque résistance. Elle fut prise plusieurs fois, notamment en 1705 
par le comte de Peterborough pour l'archiduc Charles d'Autriche, compéti- 
teur le Philippe V. Sa forte position en faisait la clef de la ville. En 1808 
le fort de Montjuich fut pris par les Français commandés par le général 
Dufresne. 



Il MONTJUIGH. — TIBIDABO. || [ft. 3] — 4^ 

Au S. du Montjuich, on peut aller au grand Cimetière du Sud-Ouest appelé 
aussi Cementerio nuevo, aménao^é comme un parc et offrant de beaux points 
de vue. Cette nécropole contient des monuments remarquables qui font songer 
au Campo Santo de Gênes (défense de photographier). Pour s'y rendre, , 
prendre le tram électrique à la rambla Santa Monica, en face de l'église, 
ligne de casa Antunez. — Au delà du cimetière et dans la plaine du Llobregat 
se trouvent l'hippodrome et le champ d'aviation. 

2°SARRIA, PEDRALBES, VALLVI DRERA (^ électr. de la place de 
Catalogne à Sarrià, 5 k. N.-O., 30 c, 20 c. ; cette ligne se prolonge, sans 
transbordement, sur 2 k. 5, jusqu'au pied du funiculaire de Vallvidrera). — 
On se rend d'abord à Sarrià, localité de 6,600 hab. (nombreuses villas). 

[A l'O. de Sarriâ, au pied des collines, est Pedralbes, dont le couvent de 
Franciscaines possède une magnifique église gothique, de la première moitié 
du xiv« s. (belle porte; intérieur à nef unique, d'une remarquable beauté 
de lignes; dans le chœur, monument de dona Elisabeth de Moncada).] 

De Sarriâ un funiculaire (1 p. 20, 75 c; aller et ret., 2 p. 10, 1 p. 30; de 
Barcelone à Vallvidrera, 1 p. 35, 85 c; aller et ret., 2 p., 1 p. 50), long de 
800 m. env., monte à Vallvidrera (hôt. : Duenos-Ayres \ Panorama; San 
Jordi; rest. Baldiro), localité à 315 m. env. d'alt., très fréquentée en été 
(nombreuses fontaines) et d'où la vue est très belle. De Vallvidrera on peut 
revenir à Barcelone par le funiculaire du Tibidabo. Il suffit de suivre à pied 
le sentier facile qui va, par la crête de la montagne, de Vallvidrera au 
sommet du Tibidabo (environ 30 min.) : très beau panorama. 

De Sarriâ ou peut revenir à Barcelone (place de Catalogne) par un tram 
électr. qui passe par Bonanova {église moderne, curieuse par les innombra- 
bles ex-voto qu'elle renferme), terminus du tram conduisant de la place de 
Catalogne à l'avenue du Tibidabo, et San Gervasio, bourg qui contient les 
restes de l'ancienne maison de campagne des rois d'Aragon, nommée Bel- 
lesguart (Beau-Regard), et les deux asiles d'aliénés de Belen. 

3° LE TIBIDABO {j^^ électr., 30 c. jusqu'à l'avenue du Tibidabo, d'où 
un autre tram électr., 10 c, monte à la gare du funiculaire; funiculaire : 
1 p. 50 classe commune et 2 p. classe de luxe, aller et ret.; 1 p. et 1 p. 50 
montée seulement; dép. toutes les 30 mii\. ; promenade très recommandée; 
on peut déjeuner ou, mieux, dîner au restaurant du sommet). — La colline 
du Tibidabo, haute de 532 m., domine Barcelone au N.-O. et commande un 
magnifique ** panorama. — Au sortir de la place de Catalogne le tram suit le 
beau paseo de Gracia jusqu'au faubourg de Gracia, très populeux (au N. 
de ce faubourg le Parque Gûell, sur le versant de la colline, est parsemé de 
villas modernes d'un goût extravagant). Au delà, la montée s accentue et 
les villas et les jardins apparaissent sur les pentes des vallons. Bientôt le 
tram tourne à g. et, à 25 min. de la place de Catalogne, on quitte le tram 
(qui continue vers l'église de Bonanova, terminus) à l'entrée d'une avenue, 
avenida del Tibidabo, à dr., pour prendre un autre tram qui monte par un 
lacet, en 8 min., à (1 k. 276 m. du point de départ) la gare inférieure du 
funiculaire (à côté, café-restaurant) située à 229 m. sur une plate-forme d'où 
l'on découvre une vue étendue sur la ville et sur la mer. 

[En continuant par le tram (60 c. depuis l'avenue du Tibidado; 50 c. depuis 
la station du funiculaire) qui suit une route en lacets sur les flancs du 
Tibidabo, on pourrait monter à Vallvidrera, V. ci-dessus, 2°.] 

Le wagon du funiculaire monte (pente 26 0/0; longueur 1,150 m.) à 
travers pins et rochers, dépasse à g. V observatoire météorologique, sismolo- 
gique et aaironomique (un peu au delà, halte à dr. ; pour y descendre, on 
doit le demander avant le départ du train), construit aux frais de M.-C. Fabra, 
et alfeint en 8 min. la gare supérieure (514 m. d'alt.). Sur la terrasse voisine 
on trouve : un pavillon de tir Flobert, un pavillon de pigeons voyageurs de 
la Société colombophile de Catalogne, des lunettes d'approche, une buvette- 



46 — [B. 4] Il DE BARCELONE AU MONTSERRAT. |1 

restaurant, un grand hôtel-café-restaurant (quelques cli. ; 12 p. 50 par j.) et. 
à côté, une église, avec crypte, dédiée au Sacré-Cœur. Sous le terre-plein d* i 
la terrasse, une grande salle renferme une exposition de photographies-, ^ 
on y vend également des souvenirs du Tibidabo. Au sommet de la colline 
(532 m. d'alt.) se dresse la tour, haute de 45 m. (asc), de la Société des 
Eaux de Barcelone. En suivant la route qui contourne le sommet on découvre, 
à g., tout un magnifique panorama de montagnes d'où se détache le Mont- 
serrat; au loin sont les Pyrénées et le Montseny. 

4° LA RABASSADA [^^ électr., 25 c. jusqu'à la Casa Gomis d'oiî un '|| 
autre tram conduit en 45 min. à la Rabassada, 60 c. ; — de la gare supé- 
rieure du Tibidalbo, ^^ 50 c). — De Barcelone à la Casa Gomis, V. ci- 
dessus; la route continue en lacets (vue continuelle sur Barcelone) jusqu'au 
casino de la Rabassada, à 400 m. d'alt. et entouré de bois (attractions variées, 
petits-chevaux, hôtel et rest.). A quelques k. de là est le monastère roman , 
de San Cugat del Vallès, qui a un beau cloitre, œuvre à!Arnal Catell, artiste^ 
de l'école catalane du xii® s., et dont l'église contient des peintures des 
XIV® et XV® s., notamment un retable de L. Dorassa (commenc. du xv* s.) 
et un tableau d'Alf. de Baena (1473). 



De Barcelone a Perpignan, R. 1 en sens inverse; — a Ax-les-Thermes, 
R. 2 en sens inverse; — a San Juan de las Abadesas, par RipoU, R. 2, 3" 
en sens inverse; — au Montserrat, R. 4; — aux îles Baléares, R. 5; — 
A Tarragone et a Valence, R. 6; — a Saragosse, R. 7. 

Distances par 2a route : de Barcelone à : — Perpignan^ 203 k. par le Per- 
thus, R. 1, C ; — Puigcerda, 182 k., R. 2, 3° :— Saragosse, 307 k., par (162 k.); 
Lérida; — Tarragone, 97 k.; — Valence, 281 k. 



Route 4. — DE BARCELONE AU MONTSERRAT 

N.-B. — Cette * excursion, une des plus attrayantes que Von puisse faire aux 
environs de Barcelone, est aussi Vune des plus intéressantes de toute V Espagne : 
on ne peut lui comparer en Catalogne que celle de la Roca Corba près de 
Gérone. On peut en un jour, si Von est bon marcheur, voir les environs immé- 
diats du couvent et aller à San Jeronimo. Mais on se trouvera bien de rester 
davantage et de faire la plupart des excursions mentionnées ci-dessous. 

A. — Par le chemin de fer. 

^^ 59 k. : P Ligne du Norte en 2 h. env. jusqu'à Monistrol, 6 p. 40, 4 p. 80, 
3 p. 55; — 2° Ch. de fer de montagne, à crémaillère (système Abt), dont les i 
départs sont en coïncidence avec les trains de la ligne du Nord, 8 k. en 
1 h. env., montée : 5 p. 55 cl. de luxe, 3 p. 25 cl. générale; montée et 
descente, 10 p. 45, 5 p. 85; se placer à droite, dans le sens du départ du 
train, aussi bien à l'aller qu'au retour. — Billets directs aller et ret. de 
Barcelone à Montserrat, valables 6 j. : 17 p. 10, 11 p., 8 p. 80. 

La voie court parallèlement à celle de Gérone (p. 17) jusqu'à 
(11 k.) Moncada, puis tourne à TO. et entre dans la vallée de San 
Gu^at. Vers le S.-O. on aperçoit les roches dentelées du Montserrat. 

23 k. Sabadell (ait. 180 m.), ville de 26,000 hab. dont au moins; 
15,000 sont ouvriers dans une centaine de fabriques de drap Ht de^ 
filatures de coton : les tissus de Sabadell ont une grande renommée \ 
et cherchent à concurrencer les draps anglais sur les marchés: 



^pTJjkJ\ g . 




Bj9nl/ejjedsj\ 



48 — [R. 4] Il DE BARCELONE AtJ MONTSERRAT. || 

espagnols. — A dr. montagne de «San Lorenzo, criblée de cavités; à 
g. jolie vallée (el valle del Paraiso) et ruines d'un vieux castel. 

33 k. Tarrasa (hôt. Peninsular), ville de 15,000 hab., à 310 m.; 
église de San Miguel avec beau retabledes saints Abdon et Sénen, 
par Jaime Huguet (p. lix et lxxiii); baptistère avec colonnes ro- 
maines; fabriques de drap. 

41 k. Olesa, au pied de la montagne de Casa Llimona, de l'autre 
côté de laquelle se trouve la Puda (bains d'eaux thermales sul- 
furées sodiques, de 30° env.). — Viaduc sur le torrent de Buxadell 
et petits tunnels. — Sur la g. le Montserrat aux crêtes dentelées, 
séparé du ch. de fer par les profondeurs où coule le Llobregat. 

51 k. Monistrol. La station, située sur la rive g. du Llobregat, 
est à 4 k. S.-E. de la ville. C'est là qu'on prend le ch. de fer à 
crémaillère. 

De Monistrol a Lérida et Saragosse, R. 7. 

De la station de Monistrol, située à la cote 193, la ligne descend, 
par des rampes de 6 0/0 au maximum, jusqu'à la Bauma (ait. 
140 m.) puis franchit le Llobregat sur un pont métallique de 112 m., 
situé à l'altitude de 135 m. 

55 k. Monistrol-Villa, station desservant la petite ville de Monistrol 
(posada du Llobregat; importantes filatures de coton), 2,600 hab. 
située à g. sur la rive dr. du Llobregat. 

La voie s'élève par des rampes atteignant 150 p. 1,000, à travers 
des vignobles et des olivettes, puis elle longe une forêt de pins et 
de chênes verts (belle vue sur les rochers aux formes bizarres cou- 
ronnant la montagne). — Tunnel de 196 m., au-dessous de l'ermi- 
tage des Apôtres {ermitaje de los Apostoles); on passe au pied de 
celui de San Acisclo et on arrive sous les murailles du monastère, 
qui se dresse à dr. au-dessus de la voie. 

59 k. Station terminus du Montserrat (715 m.). — De la sta- 
tion une rampe monte à la petite place où se trouvent le restaurant 
(bon; repas à 3 p. et 5 p.), le café, le bureau des logements, un 
débit de comestibles et quelques dépendances du couvent, devant 
lesquelles on passe pour monter, à dr., vers le couvent. 

Arrivé sur une place où s'élève une colonne de la Vierge (1904) on 
a à g. les restes de l'ancien monastère et devant soi le nouvel édi- 
fice dont l'aspect sombre s'harmonise bien avec le paysage grandiose 
et sauvage qui l'entoure. 



B, — Par la route. 



La route remonte la vallée du Llobregat. — 3 k. Sans, — 10 k. ■ 
San Feliu de Llobregat. — 14 k. Molins del Rey. — 18 k. Pellejâ. —i 
27 k. Martorell (p. 67). — Champs de blé, oliviers et vignobles. ^ 
31 k. Esparraguera, où l'on a le choix entre deux routes : 
1^ Par Monistrol. — Prendre la route de dr. qui suit la rive da 
Llobregat et court au milieu de collines de grès rouge et vert. On| 
voit, de i'aulre cùLé du fleuve, Olesa de Montserrat et la Putia,.j 



J 



, Il LE MONTSERRAT. || fR_ 4^ _ ^9 

avant d'atteindre (42 k.) Monistrol (V. ci-dessus) La rontP ,'8 t ^ 

Pour monter directement de Collbatô au monastère il est hnn 
mais pas nécessaire, d'avoir un guide ,'3 à 4 n\ On nô ,t f • ?' 
trajet avec un cheval mais on ne fa pas^plus vFte au'à nfed r2 h'i^ 
env.). Une heure après avoir quitté Collbatô on passeTuPaJ^ 
^hTmi^n-'i^uTette^v "nan^ ,^1"^ ^^ % P^p^ «ù'^pa^^t 

îl^-ifp^tTnd^ldéS^^^^ 

^e^irVu-t at;i^^r^î^,::;:tî: "•"'^"^ '^ ^- «' 

LE MONTSERRAT 

seuses colorées en rouge fonS par roxvdJ A ^« ^«^^es gré- 

nummulitique. Le sommet ressemhlp i ,^?f / ^î'' ®^^ appartenant à l'étage 
les uns au-dessus de? autres ab^o^^^^^^^^ entassés 

a.l7'<ol7aîi^r"au""bu?iiu'' deTZÎf P'^^serJ^ nuit au monastère il faut, 
moine a/'o^en^a^o^est cha^é des foTeme'ntl'^H?"'^ ''"°' ''P°'^''">s) ; lé 
y est gratuite; on laisse un?offrandeludéDLlTff T"''*''* d'hospitalité 
(liatement un guide et des mnntnr»= ^„ P. V' " f''"' aussi retenir immé- 
Mais cela n'est pas nécessaTre cir il'^?»!? lendemain, si l'on en désire, 
des sentiers. On peut °o^f/e>alèmtnt à^'A^v I'j^°™?,i°'^'''''*"'^«^ '« lo°g 
b en situé sur la rout^de SsTroî miif Ll^"'""' (*^ * ? P' P"J-)- trSs 

da^\rÔrs"fou?s'' On °ll,fr"f°"''>' ''^*'^- ^ ^^J»'"'''^^ «» monastère que pen- 
couvertu;ei,°ma"s'^l"l ^rfa'Srrâî eir::rr/°:«'^ "''^'^'^l' '^ "*-- '"^ 



ESPAGNE. 



50 — [R. 4] Il DE BARCELONE AU MONTSERRAT. || 

fondé au ix" s. en l'honneur d'une image miraculeuse de la Vierge. 
En 976 il échut aux bénédictins de Ripoll qui vinrent l'habiter. 
En 1410 le pape Benoît XIII l'avait érigé en abbaye indépendante, 
mais en 1874 il fut de nouveau subordonné à l'évêché de Barcelone. 

11 était autrefois très riche, mais en 1811 les troupes françaises y 
restèrent pendant trois mois, brûlèrent une partie du monastère 
après ravoir mis au pillage et détruisirent les ermitages construits 
dans la montagne auxquels, dans les derniers temps, on avait 
donné l'apparence de petits forts. 

Le monastère actuel est construit à 725 m. d'alt. sur une terrasse 
étroite et à une vingtaine de m. au-dessus de Téchancrure qui 
sépare en deux la montagne. L'ancienne église n'existe plus et il 
ne reste de l'ancien couvent que des dépendances et des ruines 
(galerie de cloître de 1460, restaurée). Au centre de l'édifice, entre 
deux vastes bâtiments à plusieurs étages et à portiques, s'élève 
l'église moderne. 

L'église, avec portail à colonnes corinthiennes, construite au xvi*s. 
sous Philippe II, mais fortement remaniée depuis, se compose d'une 
seule nef longue de 68 m., large de 15 et haute de 33, très dégagée, 
bien proportionnée et élégante. Les côtés sont occupés par deux 
étages de chapelles que sépare une large corniche. La façade est de 
1900. L'abside (d'un très bel effet, surtout à l'extérieur) date de 1880, 

Intérieur, — Entre la 5* et la 6« chapelle, une belle grille en fer ferme la 
partie supérieure de la nef; les arcs qui se détachent des deux côtés de la ' 
6" chapelle soutiennent une petite coupole ou lanterne. L'ornementation, en ^ 
général peu riche, se ressent d'une restauration précipitée. — Dans la sacris- 
tie est déposé le trésor, auj. fort réduit. — Derrière le maître-autel, deux 
escaliers accèdent au CamaHn (chambre ou sanctuaire) de la Vierge, cha- 

Eelle octogonale dont la voûte est supportée par 8 élégantes colonnes dou- 
les, en marbre, relices par des arceaux richement sculptés. La statue de 
la Vierge (dont le visage est noir], sculptée, d'après la tradition,' par St Luc, 
et apportée en Espagne par St Pierre, est placée en arrière du maître-autel. 

Outre les bâtiments occupés par les Pères et ceux destinés aux 
visiteurs et aux pèlerins (le monastère peut loger 2,000 personnes), 
il faut citer VEscolania, très ancienne et célèbre école de musique, 
dont les élèves contribuent à l'éclat des grandes cérémonies. 

Dans Vaposento de San Placido, à côté de l'église, on a installé, au 
rez-de-chaussée, un petit musée sans aucune importance. 

Sous la dernière voûte de g. de la grande cour s'ouvre une 
sombre ruelle, à l'extrémité de laquelle se trouvent une grande 
citerne' dite le Safrelx, de la contenance d'env. 10,000 hectol. et ' 
décorée de grandes statues en pierre, et le Mirador de los Monjes 
(Belvédère des Moines; très belle vue), au pied duquel s'étendent les 
jardins du monastère, près de l'ermitage de San Acisclo et de Santa 
Victoria. A g. se détache le chemin des Degotalls (F. ci-dessous) et 
au-dessous de l'éperon supportant ces chapelles passe la route 
d'igualada, par Santa Cecilia {V. ci-dessous), au delà de laquelle 
on voit l'ermitage de los Apostolcs. / 



Il EXCURSIONS DU MONTSERRAT. || [R. 4] — 51 

Excursions du Monfserraf, 

Pour los promenades aux alentours du monastère, on trouve des mon- 
tures à louer au débit près de la porte du couvent (tarif affiché de 2 à 5 
ou 1 p. suivant les courses, guide compris). 

10 Les Degotalls (25 min. O. ; on pourrait descendre des Degotalls à la 
route d'Igualada, aller à Santa Cecilia et revenir au monastère par cette 
route, V. ci-dessous : Santa Cecilia; en ce cas il faudrait compter env. 
1 h. 45 en tout). — On passe à côté des jardins du monastère ( V. ci-dessus, 
p. 50) et de l'ermitage de San Acisclo et on suit, à g., un chemin à mi-côte 
qui domine la routo de Manresa. On passe par un canton d'une très belle 
végétation (belle* vue, très étendue, sur la Catalogne jusqu'à l'Aragon et sur 
la chaîne des Pyrénées, de la Malacietta au Canigou) et on atteint les Dego- 
talls^ petite source sortant d'une anfractuosité rocheuse. 

2° Cueva de la Virgen {grotte de la Vierge; 20 min. S.-E. ; guide, 1 p., 
inutile; nombreux indicateurs). — Le sentier, qui commence à l'E. de la 
station (indicateurs « Sendero de la Virgen »), aboutit à une anfractuosité 
au bord d'un escarpement rocheux, sur lequel s'élève la petite chapelle de 
la Cueva de la Virgen, bâtie à l'endroit où fut trouvée, en 860, la statue de 
la Vierge. 

8° Chapelle de San Miguel (20 min. S.-E.; •guide, 1 p., inutile). — On 
suit le chemin de mulets de Collbatô qui monte en longeant de hauts rochers 
jusqu'à une bifurcation (à g., sentier qui descend, en 2 à 3 min., au Mirador, 
belvédère avec croix en fer forgé, point do vue d'ensemble sur le monastère 
et d'où l'on domine la Cueva de la Virgen; déjà on aperçoit le Montseny et 
les Pyrénées). Quelques pas plus loin est la chapelle de San Miguel, ermi- 
tage (belle vue). 

4» Chapelle de Santa Cecilia (1 h. 20 N.-O. : guide, 2 p. 50, inutile). — 
On suit la routo d'Igualada qui longe le flanc N.-E. de la montagne et domino 
la vallée du Llobregat. — A dr., ermitage de los Apostoles (p. 48). — 
20 min. env. On laisse à dr. la route de Monistrol qui descend dans la vallée; 
à g., sentier pour les Degotalls {V. ci-dessus) et cime du C avait Bernât. — 
1 h. env. Capilla de Santa Cecilia (curieux clocher), ermitage bâti en 872 
au piedduTurô de San Jerônimo; à côté de la chapelle se trouve une petite 
auberge; à quelques minutes jaillit une Source. — Le Castillo Marro, que 
l'on aperçoit aux environs, est l'une des forteresses élevées sur le Montserrat 
au ix« s. 

5° San Jerônimo (3 h. env. aller et ret. ; guide, 2 p. 50 à 3 p.; mulet 6 à 
7 p., guide compris ; promenarfe particulièrement belle. — On peut suivre 
pendant env. 20 min. le chemin de Collbatô jusqu'à la chapelle de San 
Miguel ( V. ci-dessus, 3"), puis tourner à dr. vers le N.-O. et longer les rochers 
de Trenca Barrais (belle vue); dans la montagne on aperçoit çà et là plu- 
sieurs chapelles ou ermitages abandonnés. — On peut aussi prendre à dr. 
en sortant du monastère un chemin plus direct, qui passe à côté de la Casa 
de los pobres, remonte immédiatement une gorge sauvage, où il s'élève 
rapidement par des degrés taillés dans le roc, et rejoint plus loin, à côté du 
torrent, le chemin précédent, qui descend du versant opposé. 

On remonte le Val Malo, parcouru par le torrent de Santa Maria et 
dominé par les étranges Penascos (rochers pelés) du Cavall Bernai, do San 
Antonio, etc. — On atteint enfin la chapelle de San Jerônimo (en catalan 
San Geroni); un peu plus loin est un petit restaurant (ouv. seulement l'été), 
d'où l'on atteint aisément en quelques minutes le Turô de San Jerônimo 
(1,238 m.), dont le sommet, surmonté d'une chapelle et d'un belvédère, 
ofl're un admirable '«^ point de vue. 



52 — [R. 5] Il LES ÎLES BALÉARES. |f" 

G** Collbatô (2 h. env. S,-0. par le chemin direct : guide et mulet, 5 p.; 
4 h. env. par San Jerônimo : guide et mulet, 6 à 7 p. ; en hiver, où la cantine 
de San Jerônimo est fermée, emporter quelques provisions; excursion un 
peu fatigante, mais fort intéressante.) 

1° Par le chemin direct. — Ce chemin passe (20 min. env.) près de la 
chapelle de San Miguel ( V. ci-dessus, 3°) et laisse à dr. le chemin de San 
Jerônimo (V. ci-dessus, 5") par le Val Malo. — l h. 30 env., Fuente Seca, 
source tarie. — Nombreux lacets, à travers les vallons broussailleux jusqu'à 
Collbatô. 

1° Par San Jerônimo. — Du monastère à San Jerônimo, V. ci-dessus, 5°. — 
De San Jerônimo, on descend en suivant d'abord le chemin que l'on a par- 
couru en montant, puis on le quitte pour se diriger à dr. (belle vue sur les 
rochers dominant le Val Malo). — On pénètre dans de petites vallées inté- 
rieures boisées. A dr., le Canal del Puente (cirque de rochers); à g., le 
Castillo. Au delà d'un bois de pins on rejoint le chemin venant (à g.) direc- 
tement du monastère. 

Pour Collbatô, p. 49. — De Collbatô on peut revenir à Barcelone par 
Martorell (de ce côté la vue est beaucoup moins belle que sur le versant N.). 
Dans ce cas on descend à (5 k.) Esparraguera, où l'on rejoint la grande 
route de Barcelone à Saragosse par Manresa. On se rend en dilig. à (10 k.) 
Martorell, d'où l'on gagne (34 k. en 1 h. ; 4 p. 15, 3 p. 55) Barcelone par le 
chemin de fer (ligne de Tarragone). 



Route 5. — LES ILES BALÉARES 

L'archipel méditerranéen dos Baléares, qui égrène ses îles, ses îlots et 
ses écueils, entre P5' long. O. et 2°5' long. E. de Paris, entre 38«40' et 
40*^6' latit. N., forme deux groupes insulaires : les Baléares proprement 
dites et les Pityuses. Le groupe des Baléares se compose de Majorque 
{Mallorca ; prononcez Majorque et Mayorca; 3,500 k. carrés et 250,000 hab.), 
ou la Grande-Baléare, Minorque {Menorca, 780 k. carrés et 39,000 hab.) ou 
la Petite-Baléare, et d'îlots, dont Cabrera (42 hab.) est le plus notoire. 

Les principales Pityuses sont Iviza ou Ibiza (prononcez Iviça ; 592 k. carrés ; 
23,000 hab.) et Formentera (96 k. carrés; 2,250 hab.); les autres ne sont que 
des îlots ou écueils sans importance. L'archipel entier a 4,565 k. carrés de 
superficie et une population de 342,649 hab. 

Histoire. —Après les Carthaginois et les Romains, les Maures furent les 
maîtres des Baléares de 798 à 1229, avec de courtes intermittences de domi- 
nation franque et génoise. L'archipel fut conquis en 1229 par don Jaime 1*" 
d'Aragon, qui en fit le royaume de Majorque. En 1343, par la conquête de 
don Pedro d'Aragon, cet Etat fut réuni au royaume d'Aragon, avec lequel 
il se fondit plus tard dans la monarchie espagnole. Les Anglais possédèrent 
Minorque de 1708 à 1782 (sauf deux périodes d'occupation française, l'une en 
1756, l'autre en 1782); de nouveau occupée par les Anglais en 1799, la paix ' 
d'Amiens (1802) la donna définitivement à l'Espagne. Les Baléares forment 
actuellement une province d'Espagne, avec un capitaine général résidant à 
Palma. 

Aspect général. — L'archipel est montagneux. Majorque est traversé du 
S.-O. au N.-E. par une chaîne calcaire qui atteint 1,455 m. au Puig Mayor. 
Minorque est un plateau de pâturages. Iviza est très tourmentée et boisée 
de beaux pins maritimes. Les îles qui offrent le plus d'intérêt aux touristes 
sont Majorque et Iviza. 

Productions. — Les Baléares sont avant tout des terres pastorales, habi- 
tées par un peuple d'agriculteurs et de marins, et elles n'ont d'autres 



Il ASPECT GÉNÉRAL. || [R. 5] — 53 

industries que celles qui utilisent les produits des îles. Les oranges, les 
figues, les amandes (surtout les amandes : exportation, 32 millions de 
pesetas), les caroubes et surtout les abricots de Palma (les villes de pro- 
duction des abricots sont Manacor, Felanitz, Binisalem^ et quelques autres 
du centre de l'île) donnent lieu à une exportation assez considérable de 
fruits secs et de fruits confits. Les olives sont excellentei; mais l'huile est 
mal fabriquée et s'exporte dans le Midi de la France, où elle est travaillée 
dans les raffineries. Les vins de Majorque, qui alimentent une exportation 
encore importante, malgré les droits d'entrée, vers les ports de Cette et de 
Marseille, ont beaucoup de corps et de bouquet et méritent leur réputation, 
en dépit des procédés de fabrication trop élémentaires. Les forêts de 
Majorque et d'Iviza, très réduites par une exploitation outrancière, four- 
nissent des bois à l'ébénisterie et à la construction, et on extrait des car- 
rières de Majorque des pierres de taille et des marbres. L'élevage du 
cheval donne des bêtes remarquables et celui du porc est une ressource 
considérable pour Majorque, qui en exporte un grand nombre en Espagne. 
Minorque a un nombreux Détail, qui donne d'excellent beurre et un fromage 
sec justement réputé. 

Population. — La population des Baléares présente un ensemble de traits 
ethniques qui lui assignent une origine mauresque. Les hommes sont grands, 
élancés, bien faits, avec le teint basané. Les femmes ont les pieds petits, 
les mains mignonnes, le teint mordoré et mat, les hanches proéminentes, la 
taille souple, la poitrine développée, les bras ronds et charnus, la chevelure 
opulente et noire, de grands yeux noirs au regard expressif et velouté. Le 
costume national, qui n'est pas sans analogie avec celui des Bretons, n'est 
plus guère porté que par les vieillards de la région de Pollensa. Les femmes 
portent le gracieux rebosillo, ou volant (selon qu'il est pointu ou arrondi), 
guimpe double dont la partie supérieure couvre la tête et s'arrête sous le 
menton, laissant le visage seul à découvert, s'étendant sur les épaules et 
tombant jusqu'à mi-dos. Les pointes se croisent et s'attachent par devant 
sur un corset baleiné recouvert en soie noire et dont les manches, très 
étroites, sarrêtent au pli de Tavant-bras, laissant sortir la chemise, dont la 
dentelle se replie sur les manches, fixée par des boutons d'or. Les Major- 
quines aiment les bijoux et mettent, comme, du reste, les hommes, leur 
coquetterie à être parfaitement chaussées. A la campagne elles sont, sur- 
tout dans les classes moyenne et inférieure, demeurées assez fidèles à ce 
costume d'une réelle beauté; mais, dans les villes de Palma et Seller, elles 
l'abandonnent pour les modes de Paris. 

Langage. — La langue est le dialecte majorquin, variété du catalan ou 
plutôt de l'ancienne langue romane du Languedoc; il y a beaucoup de res- 
semblance avec le dialecte de Montpellier. L'espagnol ou castillan fait de 
grands progrès et est compris partout; mais le majorquin se maintient à la 
campagne et à Palma de Mallorca. 

Climat. — Le climat des Baléares est très agréable en hiver, au prin- 
temps et à l'automne : il faut cependant faire une restriction pour Minorque, 
qui souffre beaucoup des vents du nord. La température moyenne de Palma, 
pendant l'hiver, est de ll^ô; celle du printemps, 16°3; de l'été, 25°; de l'ap- 
tomne, 19M; de l'année entière, 18® 1. 

De la saison où il faut visiter les Baléares. — La saison la plus propice 
est le printemps; les îles disparaissent alors sous la verdure et les fleurs. 
L'automne est aussi une bonne époque; mais la terre est dénudée par de 
longs mois de sécheresse. L'été, quand souffle le vent d'Afrique, la tempé- 
rature est accablante, dans les plaines surtout, et difficile à supporter pour 
des gens du Nord. Palma serait une station recommandable si les installa- 
tions y étaient plus complètes : les hôtels sont des hôtels de passants et non 
de résidents et les maisons meublées, très propres (car la propreté est une 



54 — [R. 5] Il LES ÎLES BALÉARES. || 

vertu des habitants des Baléares), sont peu nombreuses et manquent de 
confort. 

Communications. — Des bateaux à vapeur font communiquer Palma et 
Alcudia, ports de Majorque, avec Barcelone, Valence (le mardi) et Alicante 
(le vendredi). Mahon, capitale de Minorque, est desservie par les bateaux 1 
à vapeur de Palma et reliée à Barcelone par un service direct et un autre 
service qui fait escale à Ciudadela et à Alcudia. Iviza est une escale des 
lignes de Valence et d'Alicante à Palma, à l'aller comme au retour. — En 
dehors de ces services réguliers, Palma est relié à Cette et à Marseille par 
des services commerciaux de vapeurs prenant des passagers (s'informer : 
il y a un service hebdomadaire régulier (le mercr.) entre Marseille et Palma, 
«t vice-versa (le dimanche; 35 p., 25 p., 15 p.). 

Durée du séjour et emploi du temps. — Majorque et Iviza offrant le plus ' 
d'intérêt aux touristes, nous engageons ceux-ci à se rendre de Barcelone à 
Palma et de rentrer en Espagne par le vapeur à destination de Valence ou 
d'Alicante, qui s'arrête à Iviza. 

Il faut consacrer au moins 3 j. à Majorque, employés de la manière sui- 
vante : — le l®*" j. (arrivée de Barcelone dans la matinée), visiter la ville et 
se faire conduire au château de Bellver, puis arrêter avec l'hôtelier une voit, 
partie. (15 p. par j.) pour accomplir, les deux j. suivants, l'itinéraire ci- 
après ; — le 2® j. (emporter des provisions pour le déj.), partir en voit, à 6 h. 
mat. pour Valldemosa (visiter la Chartreuse), Miramar (visiter le Museo 
Balear et la propriété; déj. à Vhospedaria avec les provisions apportées de 
Palma), Deyâ, le port de Soller et Soller, où l'on dînera et couchera; — le 
3" j., partir de Soller en voit, à 6 h. mat. et, en s'arrôtant pour visiter Aufabia 
et Raxa, rentrer à Palma vers midi pour déj. (les personnes parties le mer- 
credi s. de Barcelone et qui voudront rentrer par la même voie peuvent 
accomplir cet itinéraire dans Majorque et repartir pour Barcelone le sam. s.). 
Si l'on dispose de 2 j. de plus, on les emploiera comme suit : — le 4« j., 
départ par ch. de fer de Palma pour Manacor ; à la gare de Manacor, prendre 
une voit. (22 p. 50 pour les 2 j.) pour Porto-Cristo (déj. à l'aub. sur le port; 
visiter les grottes du Drach, ou celles du Pirata, si l'on n'a pas le temps de 
les visiter toutes les deux, ce qui est à faire), puis pour Arta (y_ dîner et 
coucher; propre, mais peu confortable); — le 5« j., avec la voit., on va 
visiter les grottes d'Artâ; on reviendra déj. à Artâ, et (se faire arrêter à la 
sortie du village devant un talayot-, Y, ci-dessous, p. 63) la voit, conduira 
les touristes à Manacor, où ils arriveront à temps pour le train du s. (dîner 
en rentrant à Palma). 

\ Une 6« journée pourrait être agréablement employée à la visite du menas- ; 

' tère de Lluch (ch. de fer de Palma à Inca, belle route de montagne d'Inca, ' 
où l'on trouve des voit., à Lluch), et une 7« journée à se rendre par le ch. 
de fer à Felanitx, où l'on fabrique des urnes très artistiques. 

Ces divers itinéraires peuvent s'accomplir, partie en ch. de fer et partie 
en voit., sans aucune fatigue. Quant aux amateurs de courses en montagne, 
à pied ou à mulet, nous leur recommandons, de Soller, de monter au Puig 
Major, et d'aller, par le Gorch Blau, coucher au monastère de Lluch ; le 
lendemain, de se rendre de Lluch à Pollensa, puis à Alcudia, d'où la diligence 
ou une voit, ramènera au ch. de fer pour Palma. 
Les routes de Majorque soùt bonnes et bien entretenues. 

lo MAJORQUE 

230 k. de Barcelone; ^ (traversée de nuit) tous les j., sauf jeudi et 
dimanche; 1" cL 25 p., 2® cl. 15 p., S» cl. 10 p. ; 5 p. en plus pour les ser- 
vices rapides (mardi et vendredi) qui font la traversée en 8 h. de Barce- ; 
lone à Palma; le mercredi et le dim., de Palma à Barcelone. — N. B. Oa r" 



Il MAJORQUE. Il [R. 5] — 55 

peut prendre son billet à bord; mais il est préférable do le prendre 
d'avance au bureau. Il est recommandé do surveiller son bagage en s em- 
barquant, de se faire donner immédiatement sa place de cabine par le 
maître d'hôtel et d'y installer les colis à la main en marquant sa cou- 
chette. Le dîner est servi dès le départ de Barcelone ; il est préférable de 
manger en ville avant de s'embarquer, afin de voir les côtes. 

Le bateau sort du port, passe sous la citadelle de Montjuich, longe 
le rivage bordé de collines arrondies, puis gagne la pleine mer. Au 



MAJORQUE 

(MALLORCA) 




bout de quelques heures, Majorque s'annonce à l'horizon par le 
phare de la I)ra(jonera. A\)vès avuïr longé d'énormes falaises rocheuses, 
perpendiculaires, au sommet bizarrement découpé, on double Vîlot 
de La Dragonera (séparé de Majorque par un étroit bras de mer où 
s'engage le bateau par temps calme), en passant au pied du phare 
et l'on pénètre dans la baie maje:>lueuse et bien abritée de Palma, 
encerclée de hauteurs sur lesquelles s'étagent de blanches villas. 
Bientôt la capitale des Baléares s'olîre aux yeux, divisée en deux 
parties par le lit de la Biera, torrent presque toujours à sec : à g., 
dominé par la colline boisée de pins que couronne le château de 
Bell ver (K. ci-dessous), le faubourg moderne de Santa Gatalina; 
à dr., la ville piroprement dite, lancienne cité aux remparts admi- 
rablement conservés, aux maisons d'une éclatante blancheur, et 
dont deux monuments attirent les regards : la Lonja sur le quai, 
et à dr., au-dessus du mur d'enceinte, l'énorme vaisseau do la 



56 — [R. 5] 



Il LES ÎLES BALÉÂ^RES. jj 



cathédrale; plus loin, du même côté, des moulins à vent en enfi- 
lade jettent une note caractéristique dans ce paysage à la fois orien- 
tal et africain. Le bateau pénètre dans le port et accoste à quai. 

PALMÂ ou Palma de Mallorca, ville de 63,937 hab., cap. des 
Baléares, résidence du capitaine général et siège d'un évêché, 
s'échelonne le long et au-dessus de la baie qui porte son nom. Pro- 
tégée des vents du N. par les montagnes, ouverte aux souffles chauds 
du S., elle jouit, l'hiver, d'une température des plus douces. 



Hôtels : — Grand-Hôtel, pi. du 
Théâtre, avec une succursale hôtel 
Victoria (jardin ; tennis), à Porto Pi, 
au bord de la mer (très bien tenu ; 
confort moderne; électr. ; asc, etc.; 
pens. dep. 10 p.); — Fonda de Mal- 
lorca, calle del Conquistador, 18 
(pens. dep. 6 p.); — Alhambra, pi. de 
la Libertad; — Ca's Catala {1 p. 50 et 
8 p.) au bord de la mer, à 7 k. de la 
ville (p. 60). 

Poste : — calle San Felio, 22. 

Télégraphe : — calle de la Union, 6. 

Voitures de place : — 1 p. 50 la 
course en ville, 2 p. 50 Th. 

Tram : — du haut de la ville (place 
de CoU), à Porto Pi (25 c), par le 
Terreno (15 c). 

Voitures particulières : — s'adres- 
ser aux hôt. ; env. 15 p. par j.; pour 
Raxa, 8 à 10 p.; pour Valldemosa, 
Miramar, Soller et retour (en 1 j.), 
25 p. 

Bateaux à vapeur : — {Compagnie 
Jslena Maritima) de Palma : à Mar- 
seille^ le dim. ; — à Barcelone, t. 1. j. 
sauf mardi et vend., serv. rapides 
mercr. et dim.; — à Valence, le 
mardi, 25 p., 15 p., 12 p. ; — à Ivisa 

ITINÉRAIRE, — En descendant du bateau sur le quai, prolongé 
par une jetée (omn. des hôtels; voit, de place), on a devant soi la 
calle de la Marina, dominée à dr., au-dessus du rempart, par le palais 
royal (F. ci-dessous) et qui aboutit à un petit square avec, au S., 
le Teatro Lirico (opéras, opérettes; représentations variées t. 1. s.). 

Contiguë à ce square est la plaza de la Constitucion, appelée 
vulgairement el Borne, large promenade plane, au centre dallé, 
avec deux sphinx aux extrémités et aux côtés bordés d'arbres : 
c'est le salon de Palma, la promenade favorite de la population le 
soir (certains jours, musique militaire). Le bureau central des postes 
est à g. de el Borne, à l'entrée de la calle S. Félio. 

A dr. du square commence la calle del Conquistador, autre 
grande voie de Palma; au début de cette artère, à dr., des esca- 
liers, conduisent à la calle del Palacio et, toujours à dr., à la ter- 
rasse sur laquelle s'élèvent, à g., la cathédrale (F. ci-dessous) et 



(15 p., 11 p., 9 p.) et Alicante (25 p. 
15 p., 12 p.), le vend.; — à Alqer, le 
jeudi; — à /visa et Valence, le merc, ; 

— à Cabrera et de Cabrera à Palma, 
les lundis, merc. et vend., 1 p. 50. 

— Ces indications sont sujettes à 
changements. 

Banques : — Crédita Balear, calle 
del Palacio, 77-81 ; — Martinez y Pla- 
nas, calle San Juan, etc. 

Consulats : — de France, calle Con- 
quistador ; — de Belgique,d'Italie,etc. 

Cercle : — Circula Mallorquin 
(salles de fêtes, de lecture, etc.), calle 
del Palacio, 38 : les étrangers 
peuvent le fréquenter pendant 30 j., 
s'ils sont présentés par un membre. 

Syndicat d'initiative : — Fomento 
del Twrzsmo, plaza de la Constitucion, 
36. Guides-albums, renseignements 
gratuits ; toute l'année organisation 
de voyages économiques à forfait 
(passage en bateau, hôtels, chemins 
de fer, voitures, entrées à Bellver, 
aux grottes, etc.). 

Spécialité : — bourses on or et en 
argent, hijos de Miguel Mire, Pla- 
teria, 51. 



MAJORQUE : — PALMA. | 



[E. 5] — 57 



àdr. le palais royal ou Almudaina (on ne visite pas; jeter un coup 
cl'œil dans la cour; belle porte de la chapelle; ancien puits), l'an- 
cienne résidence des rois maures, actuellement occupé par la capi- 
tainerie générale. 

La * cathédrale (on entre par la porte N., à g. de la façade prin- 
cipale), gothique, fut commencé immédiatement après la con- 
quête (1229), sur les ordres du roi Jaime P% et ne fut terminée 
qu'en 1601. Elle forme un rectangle qui s'étend de l'E. à PO., côté 



umeUfre detfalma 



K./aPueùla.MaââïE. 




PALMA 

Principaux Hôtels 
'^ Grand^-HôteL 

Fonda deMallorccu 

Mètres 



OÙ se trouve la façade principale, datant du xix*" s. (la porte prin- 
cipale ou paerta Major est, toutefois, de la fin du xvi^ s.); du côté S. 
est le remarquable portail dit del Mirador, commencé en 1389 par 
Pierre Morey (f 1394), continué par Jean de ValencienneSy GuiÙem 
Segrera, etc. 

Intérieur. — Long. 100 m., larg. 40 m., haut. 45 m.; 3 nefs, aux voûtes 
ogivales soutenues par deux rangs de T piliers très élancés (20 m. de hau- 
teur sur un diamètre de 1 m. 75). — Superbes stalles sculptées au fond de 
la grande nef, dite Capilla Real. — Sala Capitular : tombeau de l'anti- 
pape Clément Vlll (Gil Munos), mort évêque de Majorque en 1447. — 
Chap. de la TniNiTÉ : tombeaux des rois Jaime 1*"" et Jaime IL — Chap. du 
Corpus Christi : tombeau de la fin du xiv* s. du premier évoque de 
Majorque, Torrella {f 1266). — Chap. de San Martin : trophées de guerre 
et écussons. — Chap. de Ntra Sra de la Corona : tombeau gothique de 
l'évoque de Galiana (1375). — Chap. de los Salas : mausolée élevé, en 1811, 
par les Certes, à la mémoire du général marquis de la Romana, chef de 
partisans dans la guerre de l'Indépendance. — Baptistère : fonts ea mar- 



S8 — [R. 5] I) LES tî.ES BALÉARES. H 

bre et en stuc doré. — Dans le trésor^ reliquaire avec un morceau de la 
vraie croix et riches ornements d'or et d'argent, notamment deux superbes 
candélabres. 

Laissant à g. le palais épiscopal (en arrière de la cathédrale), on 
descendra de la terrasse, par des escaliers, sur une place plantée 
d'arbres, que prolonge la promenade des remparts (belle vue), 
très fréquentée Taprès-rnidi en hiver, le soir en été. Suivant cette 
promenade à dr., on descendra- au quai pour aller visiter la Lonja. 

La *Lonja, jadis la Bourse de Palma et auj. Musée provincial 
(public le dim. et le jeudi, visible t. L j. pour les étrangers, en 
s'adressant au portier, qui demeure en face, calle de la Doteria, 10; 
pourboire), commencée en i426 et terminée en 1448, par Guillem 
Sagrera, est l'un des plus intéressants monuments gothiques de 
l'Espagne. 

Intérieur. — Il se compose d'une très grande sallo, fort élevée (6 colonnes 
cannelées en spirales d'une extrême légèreté; fenêtres d'un dessin exquis; 
aux murs, tableaux anciens et sans valeur pour la plupart; aux portes des 
encoignures, quelques sculptures, écussons, etc.). — De la grande salle on 
sort dans le jardin pour voir la façade (porte et deux fenêtres très belles). 
Un escalier en pierre d'un seul bloc et une rampe en pierre conduisent à la 
terrasse (curieuses gargouilles du côté du port), d'où l'on monte, par 
l'escalier intérieur d'une des quatre tours d'angle, sur une petite plate-forme 
(belle vue sur la rade en face, et, en arrière, sur la ville). On descend par 
un autre escalier à support cannelé, sur lequel s'ouvre une petite tribune en 
saillie sur l'intérieur, avec vue sur la salle. 

En sortant de la Lonja, on remarquera à g. et à côté de cet 
édifice, la maison du Consulat de la Mer, ancien tribunal de com- 
merce, auj. Ecole supérieure de Commerce (façade avec très belles 
colonnes à la galerie extérieure et loggia). Par la calle de la 
Marina, on regagnera la calle del Palacio ( F. ci-dessus), qui aboutit 
à la plaza de Cort, sur laquelle, à dr., se trouve la Casa Consîs- 
torial, ou hôtel de ville (xvi** s.) : le toit, s'avançant en auvent de 
3 m. env., est soutenu par des caissons à rosaces richement 
sculptées sur bois et par de longues cariatides couchées; la façade, 
restaurée à la suite d'un incendie, est beaucoup moins remarquable. 

Intérieur. — Nombreux tableaux : Martyre de St Sébastien, par van Dyck; 
curieux tableau représentant les Funérailles de Jiamon Lull; portraits de 
célébrités majorquines. — Curieux manuscrit et armoriai du xv® s., conte- 
nant les armes de la famille Bonapart, dont un membre, Hugo Bonapart, 
natif de Majorque, aurait été envoyé en Corse, en 1411, en qualité de gou- 
verneur, par le roi Martin d'Aragon, ce qui assignerait aux Bonaparte une 
origine majorquine. 

Attenant à Thôtel de ville est le palais de la Diputaciôn, près 
duquel se trouve Véglise gothique de Santa Eulalia {restaurée). On 
laisse en face la calle Golôn {V. ci-dessous), pour prendre à dr. la 
calle de San Francisco, qui débouche sur la plaza de San Francisco, 

Uéglise San Francisco, du xvv s., est remarquable par les sculp- 
tures de son portail (xviii* s.) et la superbe rosace qui le surmonte. 
A Tint., tombeau (xiii® s.) du bienheureux Ramon Lull, le plus célèbre 
des Majorquins, martyrisé à Bougie. A cùlé de l'église, cloître à 
double galerie, d'un gothique très fin. 



Il MAJORQUE : — PALMA. |1 [R. 5] — 59 

Dans les petites rues du voisinage, notamment dans la calle de la 
Almadaina, on peut voir d'anciennes maisons aux portes et aux 
fenêtres sculptées, et dont les patios ou cours intérieures offrent de 
ravissants motifs d'architecture. 

Revenant sur ses pas jusqu'à la Casa Consistorial, on prend en 
face la commerçante catle Colôn^ suivie par le tram, sur laquelle 
une petite rue à g. mène au A/a/c/te (curieux pour l'étude des types 
du pays). La place du Marché est contiguë à la plaza del Teatro, où 
s'élève le Grand Théâtre et où commence la Rambla, boulevard 
planté d'arbres où se trouvent la Plaza de Toros et la gare du ch. 
de fer de Felanilz; on pourrait aussi s'y rendre en continuant à 
suivre la calle Côlon jusqu'à la plaza Mayor, et en prenant, au 
delà, la longue calle de San Miguel {église de San Miguel, ancienne 
mosquée avec un beau portail j^u xii* s.; au n** 86, belle cour à 
colonnade du Jazgado), 

Nous recommandons aux touristes qui séjourneront à Palma de 
se faire conduire à la casa Font y Roig, pour voir (dans le jardin) 
les bains arabes, et aux casas du marquis de Vivot, du vicomte 
d'AyamanSy du marquis de SoUerich et Oleza, dont les patios méritent 
une visite. Ces vieilles maisons patriciennes renferment de fort 
beaux meubles, des tableaux de maîtres, des curiosités dignes 
d'intérêt et de belles tapisseries flamandes. Parmi les collection- 
neurs, nous pouvons citer : le marquis de Palmer, calle del Sol 
(superbe façade; vieilles armes); — M. Quint Zaforteza, calle San 
Felio (armes et antiquités); — M. Jaime Planer, calle Merced (archéo- 
logie); — le marquis de Campo/ranco, calle Pueyo (buste de Q. Geci- 
Jius Metellus Balearicus, conquérant romain); etc. 

On peut encore visiter : la Biblioteca provincial (entrée par la 
calle del Seminario; 20,000 vol. recueillis pour la plupart dans les 
couvents supprimés en 1835, dont 200 incunables); — et le Museo 
Luliano, plaza de la Sapiencia (archéologie; incunables; curiosités; 
manuscrits de Ramon Lull). 

[Environs. — i° * Château de Bellver (3 k. 5 env. G.; route g^oudronnée 
jusqu'au Terreno; voit, de place, 2 p. 50 1 h. ; on peut prendre le tram de 
Port-o-Pi, partant de la place CoU, dans le haut de la ville, avec arrêt au 
port, jusqu'au Terreno, 15 c. ; de là, 10 à 15 min. à pied). — On passe à côté 
de la Lonja, le long du port, puis on franchit le Riera et l'on traverse l'im- 
portant faubourg de Santa Caialina. La route, très poussiéreuse, se tient 
entre des murs blancs. — 2 k. El Terreno^ arrêt du tram; on prend à dr. 
la route du château (suivre les poteaux du téléphone : ne pas prendre le 
chemin qui se détache à g.). On arrive ainsi à l'entrée de l'enceinte, oà 
l'on a le choix entre la route de voit., qui décrit des lacets dans les pins, 
et un sentier rapide qui monte directement. 

3 k. 5. Château de Bellver, forteresse construite par Jaime II, devenue 
plus tard une prison d'Etat et que le roi Alphonse XllI a donnée à la ville 
de Palma. On monte d'abord à la tour (vue très belle et étendue; quand 
le temps est clair, on découvre Cabrera), puis on visite le superbe patio 
(colonnes et voûtes en ogive ; puits) et diverses pièces, notamment celle 
où fut détenu Jovelanos, le savant écrivain, ministre de Charles IV, et celle 
où François Arago, venu à Majorque en 1808 pour mesurer le méridien, 
fut gardé quelques mois pour être soustrait à la populace surexcitée. Une 
plaque de marbre dans un mur signale l'endroit où fut exécuté, le 5 juillet 1817, 



60 - [R. 5] Il LES ÎLES BALÉARES. || 

le lieutenant général Lacy, pour avoir conspiré avec les libéraux contre 
Ferdinand VII. 

2° Popto-Pi et Bendinat (^ 4 et 9 k. O. ; jg^ jusqu'à Porto-Pi, 25 c. ; 
voit, partie, de Palma à Bendinat, 1 p. 50 Th. ; demander l'autorisation au 
propriétaire de Bendinat : l'hôtelier se chargera de l'obtenir). — 2 k. jus- 
qu'au Terreno {V. 1°). 

4 k. Porto-Pi (terminus du tram), charmante petite anse où l'on peut louer 
des barques de promenade. Ce fut au moyen âge un port militaire, fermé 
par une chaîne de fer reliant les deux fowrs de Portopi (phare) et des 
Pelaires (celle-ci servait pour la quarantaine, la première qui fut établie). 
— La route longe le rivage, puis s'en éloigne. 

7 k. Cas Catalâ, confortable hôtel-rest. (belles ch. et cuisine continentale), 
avec terrasse sur la mer et que fréquentent, le dim. surtout, les bonnes 
familles palmesanes ; on s'y installe aussi, l'été, pour les bains de mer et 
pour la pêche, facile et abondante. — 8 k. On quitte la route pour prendre 
à dr. l'avenue, bordée de pins, du chât^u de Bendinat. 

9 k. Palais de Bendinat, construit sur remplacement d'une maison où, 
selon la légende, après le débarquement, le conquérant dîna de pain et d'ail 
et s'écria après ce repas sommaire : « Ben dinat, j'ai bien dîné ». C'est une 
construction carrée, flanquée de quatre tours carrées, avec de beaux 
salons ; mais on visitera surtout les admirables jardins qui entourent le 
palais et l'on montera, à travers les allées, au pavillon rustique dénommé 
le Belvédère, d'où la vue est fort belle sur la baie de Palma. 

8» Château et Musée de Raxa (^ 12 k. N.-N.-O. ; voit, partie, 8 à 10 p. ; 
©xcurs. d'une demi-journée, aller et ret., et qui peut se combiner avec celle 
de Valldemosa-Mimarar-SoUer, décrite ci-dessous; on peut aussi prendre la 
diligence de Soller et se faire déposer à l'intersection des chemins con- 
duisant en 10 min. à Raxa; autorisation nécessaire pour visiter : l'hôtelier 
se charge de l'obtenir). — On suit la route de Soller ( V. ci-dessous). — 
11 k. On quitte cette route pour prendre, à g., Tembr. de Raxa. 

12 k. Château de Baxa, anciennement au comte de Monténégro (s'adresser 
au majordome, qui conduit et explique; la visite dure 1 h.; pourboire). 

Au rez-de-chaussée, à g., sous la porte d'entrée, galerie de sculptures et 
d'antiquités romaines (le catalogue imprimé est sur la table de la grande 
salle, à la disposition des visiteurs), belle collection de sculptures, et inscrip- 
tions provenant de fouilles de l'Ariccia, près de Rome ; une petite salle 
renferme des urnes, bronzes, fragments de sculptures, silex, etc. A dr., 
sous la porte d'entrée, chapelle : reliquaire avec reliques de la bienheureuse 
Catalina Tomas. — Dans l'escalier, sculptures. — A Fétage supérieur : 
GRANDE SALLE : tablcaux ; SALLE A MANGER : faïcnccs majorquines; petite 
SALLE : faïences et mobilier entièrement majorquins; boudoir : meubles 
anciens en marqueterie; chambre a coucher : lit majorquin ; suite d'appar- 
tements dont un salon renfermant de belles tapisseries et des chambres a 
coucher décorées de gravures, dessins et sanguines. — De la terrasse, vue 
splendide sur la mer. 

On passe dans le jardin, où un escalier monumental mène à un tertre d'où 
l'on embrasse un grand horizon ; on monte à une petite grotte, puis on se 
rend à un pavillon (belle vue) sous lequel un trompe-l'œil assez curieux 
représente un gendarme surprenant des joueurs, et la visite se termine par 
les ruines informes d'une ancienne habitation.] 

DE PALMA A MIRAMAR, PAR V ALLDEMOSA, DEYA, PORT DE 
SOLLER, SOLLER, AUFABIA ET RAXA (superbe excurs. que l'on peut 
faire on 1 j. en voit., en partant le matin de Palma; déjeuner à Soller, visite 
du port et retour direct à Palma; voit, particulière, 25 à 30 p.). — N. B. 
Soller est desservi par la ligne du ch. de fer de Palma à Soller (^^ 28 k., 
2 p. 25, 1 p. 65). 

Sortant de Palma par la porte Pintada (près de la station du ch. de fer de 



Il MAJORQUE : — RAXA ; VALLDEMOSA. || [R. 5] — 61 

Manacor, qu'on a à dr.), on laisse bientôt à dr. la route directe de Soller 
(y. ci-dessous) et la route de Valldemosa, tracée dans la huerta ou plaine 
de Palma, côtoyant la Riera. On longe, à dr., une partie d'ancien aqueduc 
arabe ; puis la route pénètre dans les étroits de Valldemosa, défilé escarpé 
(oliviers convulsés) dans lequel elle monte en zigzags. 

17 k. 5 (2 h. en voit.) Valldemosa, à 450 m, env., sur une arête formant 
col, est célèbre par sa Chartreuse (on visite ; s'adr. à l'entrée et, pour l'église, 
au curé du village), construite du xiv au xv^ s., agrandie au xviii« s., et 
sécularisée en 1825. Les bâtiments, en bon état, ont été convertis en'appar- 
tements dont des familles majorquines font leur résidence d'été. — On visi- 
tera la cellule qu'habita George Sand lors de son séjour à Majorque avec 
Chopin, en 1838, la Botica ou la pharmacie monacale (vieux pots avec pein- 
tures curieuses) et l'église (xiv» S;., remaniée) : devant d'autel en marqueterie ; 
stalles bien conservées; chaire provenant du couvent des Carmélites de 
Palma; dans la sacristie, reliquaire de Tancienne église des Chartreux; dans 
la salle capitulaire, vieux tableaux et superbe devant d'autel. — On peut 
encore voir, à Valldemosa, Son Guai^ autrefois aux comtes de Saint-Simon 
et actuellement propriété de l'archiduc Louis Salvador (tour crénelée d'ob- 
servation datant des incursions des Barbaresques). 

A 5 min. plus loin en voit., Son Moragues (423 m.) et Museo Balear (ouv. 
t. 1. j. aux étrangers), créé par l'archiduc : antiquités et industries de l'ar- 
chipel; meubles de Majorque; poteries de Mahon; curiosités locales; lit 
antique; salle de peinture avec paysages insulaires. En face du musée, une 
terrasse-belvédère offre une vue splendide. 

La route vient border à une grande hauteur le rivage, aux nombreuses et 
superbes découpures, de la côte N. de l'île, éblouissante corniche d'où le 
regard plane sur un grand nombre de promontoires, au-dessus d'un fouillis 
d'arbres des essences les plus diverses. 

22 k. 5. Hospederia de Miramar, hôtellerie appartenant à l'archiduc, gra- 
cieusement mise à la disposition des touristes. 

23 k. Entrée de la propriété de ^Mipamar à l'archiduc Louis Salvador, qui 
a fait de son domaine un Eden d'amant de la nature. La propriété (où l'ar- 
chiduc n'habite plus) est sillonnée de chemins carrossables et de sentiers 
délicieux disparaissant sous d'épais ombrages. Il faut au moins 2 h. pour 
visiter très sommairement Miramar, en commençant par la demeure du 
maître (monument, par Tantardini, à la mémoire de Wratislaw Viborny, 
ami de l'archiduc, mort à Palma en 1877), partie de l'édifice où le bienheu- 
reux Ramon Lull fonda, en 1276, son collège des langues orientales pour 
former des missionnaires, origine de la Propagande. Derrière la maison, sur 
les ruines de l'ancien collège, on peut voir des piliers gothiques du xiii« s. 
qui appartenaient au cloître de Sainte-Marguerite, à Palma. La chapelle de 
ia Trinitad est le reste de l'ancienne église. 

Dans le domaine, nous signalerons : — le portail d'une maison de Palma 
qu'habita Charles-Quint; la chapelle (298 m. d'alt.) avec la statue de Ramon 
Lull (autour, galerie offrant une belle vue de mer et de falaises ; en face, 
promontoire de la Foradada (la Trouée), haut de 83 m., roche percée pro- 
filée en bec étroit dans les flots); — à 127 m. d'alt., la blanche maison de 
VEstaca^ au-dessus de vignobles en terrasses dominant le goulet du même 
nom ; — une terrasse avec toutes les plantes intéressantes de l'île (belle 
vue), etc. 

La route, toujours en corniche au-dessus de la mer, laisse à g. la maison 
de Son Marroig et un grand mirador, avec terrasse-balustrade en marbre 
blanc, accessible aux voit., et d'où l'on domine le mieux la Foradada. 

32 k. Deyâ, beau village dans une vallée agreste, aux flancs de monts de 
1,000 m. d'alt. — Au delà de la vallée de Deyâ, la route quitte le rivage de 
la mer pour franchir un seuil et descendre dans la vallée de Soller (belles 
vues). Laissant d'abord la ville sur la dr., on descend la rive dr. du torrent 
du Soller jusqu'au port. 



62 -- [R. 5] Il LES ÎLES BALÉARES. || 

41 k. Port de Soller (J^ pour Barcelone; ^^ électr. pour Soller), véri- 
table « concha » minuscule et délicieuse, encaissée entre de hautes falaises 
et peu accessible du large. La falaise de dr. est dominée par la chapelle de 
Santa Catalina (on peut y monter par un sentier assez raide, et demander 
au concierge la clef du mirador, terrasse au-dessus de la falaise à pic; 
vue splendide; à g., on entend la mer s'engouffrer dans le Bufador^ trou du 
Souffleur). — On reviendra par la même route à Soller. 

45 k. Soiier (hôt. : Murina, en ville; bon), 8,506 hab., le second port de 
l'île, est une florissante petite cité dans une vallée d'orangers, de citronniers 
et d'oliviers, encadrée par les plus hauts sommets de l'île. Soller fait un 
grand commerce de fruits, de vin et d'huile avec Cette et Marseille. Un 
assez grand nombre de ses habitants émigré dans les départements des 
Bouches-du-Rhône, de Vaucluse et de la Drôme, où ils font généralement 
do bonnes afi'aires avec les produits de leur pays. Enrichis, ils rentrent à 
Soller, de même c|ue d'autres qui ont fait fortune aux Antilles, et s'y font 
bâtir de belles maisons qui bordent la route allant de la ville au port. On 
appelle les premiers les « Français », les autres les « Américains ». Soller 
a d'importantes fabriques de chaussures. 

[Courses de montagnes recommandées : — l' de Soller au (6 h. E. à pieJ) 
Puig Major (1,456 m.), le point culminant de l'île, d'où l'on peut descendre 
sur le chemin de Lluch, au delà du Gorch Blau; — 2** de Soller à PoUensa 
(p. 63), en 9 j. : le 1" j., de Soller à Lluch (p. 63), par le délilé du 
ùorch Blau (emporter des vivres pour déj.; dîn. et coucher au monastère 
de Lluch) ; le 2« j., de Lluch à PoUensa d'où l'on peut aller visiter l'étrange 
faille du torrent de Pareys ou de Pareils, Alcudia, et d'Alcudia venir prendre 
à la gare de la Puebla (voit, publ.) le train pour Palma.] 

La route directe do Soller à Palma {incomparablement belle) franchit un 
ravin, puis s'élève par une série de 36 lacets, en face de montagnes, très 
belles de forme et de tonalité. 

1 h. 20 (en voit.). A dr., maison de cantonniers, puis maisons de campagne 
sur une terrasse cultivée. 

1 h. 30. Col. — Descente par 34 lacets. 

2 h. A g. de la route, Aufabia ou Alfabia (à l'entrée, remarquer l'intéres- 
sante toiture arabe), propriété de D. Juan Burgues de Zaforteza, qui laisse 
visiter (pourboire; beaux jardins; curieux jeux d'eau ; cloître; à Tint., anciens 
meubles majorquins, tableaux anciens; dé la terrasse, belle vue). — 2 h. 10. 
A g., auberge et débit de tabac. — Plaine plantée d'oliviers. — 2 h. 20. A 
dr., chemin qui mène à (lOmin.)Raxa {V. 3°). 

30 k. de Soller (3 h. 30 en voit. ; 5 à 6 h. si l'on s'arrête en route pour 
visiter Aufabia et Raxa), Palma. 

GROTTES DU PIRATA, DU DRACH ET D'ARTA (à l'E., à l'E.-S.-E. et^ 
àl'E-N.-E.; excurs. de 2 ou 3 j.; télégraphier d'avance à l'hôtel Continental, 
à Manacor, pour s'assurer voit, et guides, et au guide de la route de Pirata 
à Manacor pour qu'il se trouve à la gare dès l'arrivée; une voit, coûte env. 
10-12 p. par j. et peut servir pour 4-5 pers.). — Le 1" j., prendre à la gare 
de Palma le premier train du mat. pour Manacor (4 p., 2 p. 55, l p. 35; bien 
s'assurer qu'on se trouve dans un wagon allant jusqu'à Manacor). Si, dei 
Manacor, on veut aller visiter les grottes du Pirata, en fera cette excur-. 
sion le l®"" jour et on reviendra coucher à Manacor. Le lendemain, on ira en! 
voit, à Porto-Cristo pour visiter les grottes du Drach (déjeuner à l'aub. sur le 
port), et de là à Artâ, où l'on dînera et couchera, pour se rendre le lende-^ 
main mat. avec la voit, aux grottes d'Artâ, les visiter, revenir déjeuner à; 
Artâ et se faire reconduire à la gare de Manacor à temps pour le train qui 
arrive à Palma vers 8 h. s. 

La voie ferrée se tient en plaine dans une campagne où dominent les oli- 
viers. — 1 k. Pont d'inca. — 9 k. Marratxi. 

15 k. Santa Maria^ d'où se détache un embrancb. de ch. de fer pour (43 k. ; 






Il MAJORQUE : — SOLLER: ARTA. || [R. 5] — 63 

3 p. 35, 2 p. 10) Felanitz (fonda Ferres), petite ville do 11,000 hab., où 
l'on fabrique des urnes et des jarres très artistiques (difûci)o d'eu trouver 
à Palma; il faut les acheter à Felanitz "l et dont le port, Puerto Colom^ est 
à 1 h. 30 en voiture. 

19 k. Conseil, d'où part le train pour (4 k.) Alaro, 

A g., montagnes. — 2-i k. Binisnlem. — 25 k. Lloseta. — Moulin à vent. 

29 k. Inca (liôt. : de Espana, bon; voit, à louer dans le village, vas à la 
gare), stat. d'où se détache la superbe route de montagnes en lacets pour 
le (2 h. 30 en voit.; 10 p.; aller et rot., 14 p.) monastère de Lluch, dont la 
Vierge vénérée est un but de pèlerinage et où l'on peut séjourner 3 j. (vivres 
et repas à payer suivant tarifs; liis gratuits). De là on peut se rendre, soit 
à Sollcr ( V. ci-dessus), soit (recommandé; l j. à pied), par l'admirable cou- 
pure du torrent de Pareys ou de Pareils, le clou des beautés pittoresques 
do la côte N.-E. de la Majorque, à Pollensa (V. ci-dessous). 

30 k. Son Bordils ou Empalme. 

[Excursions. — De cette gare se détache l'embranchement pour (13 k. 
N.-N.-E. ; 1 p. 5, 75 c.) la Puebla, stat. d'où partent des voit. publ. : — 
pour (10 k.) Pollensa (fonda Destard), ville de 8,452 hab., avec un pont 
romain et de curieuses rues bordées d'aloès, sans contredit la cilé de 
Majorque oô la civilisation a le moins pénétré et où les vieilles coutumes et 
le costume national se sont le mieux conservés; — et pour (10 k.) Alcudia 
(fonda Marina, au port, à 2 k. de la ville, où l'omnibus s'arrête; payer le 
suppl. pour le port), petite ville entourée de remparts anciens très bien 
conservés, flanqués de tours carrées et percés de poternes; les marais 
d'Albufera, qui ont donné à Alcudia un mauvais renom à cause des fièvres 
intermitteiites, sont en grande partie drainés et assainis.] 

64 k. Manacor (hôt. Continental), ville de 12,400 hab. 

[Les *grottes del Pirata (à 12 k. env. E. ; entrée, de 1 à 5 pers., 5 p.), se 
trouvent dans le domaine de San J^ortesa ; elles sont aussi belles, sinon 
plus, que celles d'Artâ ; mômes formes fantastiques, mêipe blancheur imma- 
culée. Les plus intéressantes sont la Rotonde, le Retiro del Pirata et la 
gruta del Puente avec le lac Victoria, entouré de stalactites d'une blan- 
cheur de neige.] ^ 

De la gare de Manacor, après ajroir traversé la ville, on prend la route, 
monotone et cahoteuse, de Porto Cristo; on laisse à g. la route d'Artâ. 

1 h. 20 en voit. Porto Cristo, petit port, où l'on fera prévenir le guide 
des grottes du Drach, pendant que Ton déjeunera à l'auberge du port. 

Les ♦grottes du Drach ou du Dragon (10 min. à pied de i'aub. de Porto 
Cristo; entrée : de 1 à 5 pers., 7 p. 50; chaque pers. en plus, 1 p. 50; éclai- 
rage suppl., 2 p.; plan des grottes, l p. 50; visite facile en 2 h. 10 env.), 
explorées complètement par M. E.-A. Martel avec le guide Armand, s'ou- 
vrent dans la falaise qui domine la petite plage de Porto Cristo. La partie 
découverte par M. Martel s'appelle grotte des Français. Dans ces grottes, 
propres et bien aménagées, les stalactites sont d'une éclatante blancheur. 
A remarquer le chapelet de lacs : lac Noir, lac de las Delicias, lac Martel 
ou des Français (800 m. de long); le bain de la Sultane et le bain de la Reine. 

La première partie de la route de Porto Cristo à Artâ est un mauvais 
chemin rural, cahoteux et à ornières. 

1 h. 15 en voit, (de Porto Cristo). San Lorenzo, où l'on rejoint la bonne 
route qui passe dans des tranchées rocheuses et traverse une contrée boisée 
et charmante. 

2 h. 40. Artâ (hôt. Armcngol), petite ville aux rues étroites et pitto- 
resques (belle église neuve, sur la hauteur). Aux environs se trouvent une 
quantité de faZa^of*, monuments préhistoric^ues, sortes de dolmens ou pierres 
levées sur lesquels il a été beaucoup écrit sans que leur origine soit bien 
éclaircie. On pourra se faire conduire à l'un de ces tala)ofs, situé aux 
portos liiôincs d'Artâ : le paysage est curieux, étrange, et la vuo quo l'on a 



- [B. ê] 



LES ÎLES BALÉARES. H 



de là sur Capdepera, arc-bouté à une falaise grise avec laquelle ses maisons 
semblent faire corps, est fantastique. 

Pour visiter les grottes d'Artâ (prendre le guide dans la ville), on se 
fait d'abord conduire en voit, (assez mauvaise route plane ; 9 k. en 1 h.), au 
delà de la massive tou7^ gothique de Canamel, dans un enclos où on laisse 
le véhicule et d'où l'on se rend à pied, en 35 min., à l'entrée des grottei 
par un sentier qui descend à la plage (sable non résistant), contourne une 
lagune et s'élève ensuite dans les pins (tables en pierre pour pique-nique), 
au-dessus de la baie. La dernière partie du sentier, assez caillouteuse et 
raide, aboutit à un escalier de 44 marches, qui mène à la majestueuse entrée 
des grottes, arceau de 20 m. d'élévation, reposant par une extrémité sur 
un pilier monumental, au-dessus de la mer. 

Les * grottes d'Artâ (visite en 1 h. 30; 7 p. 50 de 4 à 8 pers. ; 3 flammes de 
Bengale, 4 p. 50), très bien aménagées et dont le parcours n'offre aucune 
difficulté, ont des salles grandioses et d'admirables stalactites et stalagmites, 
malheureusement très noircies par la fumée des torches. 

D'Artâ, il faut 2 h. en voit., par une jolie route accidentée (belles vues), 
pour se rendre à Manacor, où l'on reprend le train pour Palma. 

CABRERA (au S.-E. ; 50 k. en 3 à 4 h. ; ^ hebdomadaire). — L'îlot de 
Cabi^era, séparé de la côte S.-E. de Majorque par un bras de mer semé 
d'écueils, est tristement célèbre pour avoir servi de prison, après la capitu- 
lation de Bailen, de 1809 à 1811, à 8,000 soldats français qui y souffrirent 
atrocement de la faim et de la soif. Les maladies et les privations en rédui- 
sirent le nombre de moitié avant la lin de cette inhumaine captivité. Un 
pli de terrain de l'île, la Vallée des Morts, fut à demi comblé par l'entasse- 
ment des cadavres. Une colonne commémorative a été élevée à la mémoire 
de ces martyrs. 

20 MINORQUE 

La visite de Minorque peut se faire en 3 j. : ^^ de Palma pour Mahon, le 
jeudi (ret. le mardi); — de Mahon à Barcelone, le vend. (ret. le dim.); à 
Ciudadela et Alcudia, le dim. (ret. le mercr.). 

Le 1" jour sera consacré à la capitale, Mahon (hôt. : Bustawante; 
de Paris), ville de 17,542 hab., dont^l'admirable havre est Tun des 

plus sûrs de la Méditerranée 
(belle route de 5 k. vers San 
Lais, fondé par les Français). 

Le 2® jour, on traversera l'île 
en voit, partie, de Mahôn, — en 
faisant, de Mercadal^ l'ascension 
du Monto Toro, d'où l'on domine 
toute l'île (avec le beau port de 
Fornells, sur la côte N.), — à (38 k.) 
Ciudadela (fonda Feliciano), l'an- 
cienne capitale de l'île (sur la 
côte 0.), ville de 9,000 hab., avec 
un petit port bien abrité et de 
nombreuses manufactures d'ex- 
cellentes chaussures. On peut y visiter la cathédrale , gothique 
(1360), et, dans les environs, des grottes et des talayots {V. ci-dessus, 
p. 63), dont la plupart ont été relevés et reproduits en photogra- 
phie par M. E. (^artailhac. Ces talayots, plus nombreux qu'à Major- 
que, sont aussi plus intacts. 



ni— — : — i — ^. 7r2\ 





10 


2okii: 


= 


351= 


1= 


^ 


-^sUa- 


H /errer 


î 






=r 


¥^ 


^on^ ^ 


^^^%= 






Z^-^'-^^ 


J^ 


^^t? 




^= 


^^^^ 


MUNQI 


1 


M t: D r TE R R AA^~7rTC=^ 












— 1 



MINORQUE. — IVIZA. 



[ït. 6] - 65 



Le 3* jour, partant de Giudadela ou mieux de Ferrerias, on visi- 
tera les Barranco d'Algendar et S eu Fideus, causses d'une exubé- 
rante richesse de végétation. 

II y a un service journalier d'automobiles entre Mahon et Giuda- 
dela, par Alayor, Mercadal et Ferrerias. 

30 IVIZA 

. De Palma ^ pour (268 k.) Valence, ou pour (280 k.) Alicante, touchant 
1 un et 1 autre à Iviza, p. 54 et 56. 
Le bateau se dirige au S.-O.; en arrière, très belle vue sur 
Palma, les côtes et les montagnes de Majorque. Au fur et à mesure 
que s atténue la vision de la grande 
île apparaît en face la rocheuse Iviza, 
dont le vapeur se rapproche pour en 
longer la côte E. très découpée. Avant 
de pénétrer dans le port d'iviza, on 
distingue au S. Formentcra, l'autre 
Pityuse, séparée dMviza par un cha- 
pelet de gros écueils (^ dlviza à 
Formenlera, p. 75). 

Iviza (hôt. la Moderna), ou Ibiza, 
cap. de l'île du même nom et de l'ar- 
chipel des Pityuses, ville de 6,327 hab., 
dans une situation éminemment pit- 
toresque, est construite partie au bord 
de la mer, partie sur une falaise 
escarpée : c'est là, dans la ville pro- 
prement dite, que se trouvent le châ- 
teau et la cathédrale. Devant la cathé- 
drale, un très curieux portail gothique donne accès à Fantique 
Casa Consistorial. Le Musée de la Société archéologique possède les 
objets provenant de tombes puniques découvertes récemment dans 
l'île : les figurines en terre cuite sont spécialement intéressantes. 
L'île, « petite Corse, montagneuse et sauvage, aux mœurs de 
contrebande et de vendettas >>, est une succession de vallées sépa- 
rées par des monts de 400 m. env., encore très tapissés de pins 
d'Italie; on peut y faire d'agréables promenades {Santa Eulalia et 
Es Cubelis sont les plus beaux sites). 




Route 6. - DE BARCELONE A TARRAGONE 
ET A VALENCE 

/° De Barcelone à Tarragone. 
A. — Par la ligne du littoral. 

^ gare de France, 91 k., en 2 h. à 4 h.; 13 p. 30, 10 p. 35, 6 p. 85. 
Aato-cyclisme : - @ 97 k.; route recommandée, très bonne iusqu a Ven- 
drell, presque constamment au bord de la mer; de là à Tarragone, assez 

ESPAGNE. K 



66 — [R. 6] Il DE BARCELONE A TARRAGONE. l| 

bonne, un peu ondulée et pittoresque. — On sort de Barcelone par les 
calles de las Certes et de Sans. —4 k. Sajis : à dr. route de Lerida. — 9 k. 8 
Cornella. — 16 k. Viladecans. — 21 k. Castelldefels. La route se rapproche 
de la mer. Après (30 k.) Puerto de Garraf, montée de 10 0/0 (vue magni- 
fique) et descente sur (35 k.) Vallcarca-, montée de 2 k. à 7 0/0 et descente 
en nombreux lacets sur (40 k. 5) Siiçes. — 48 k. 7. Villanueva y Geltrû (pren- 
dre les calles del Membrillo et da; la Habana). — 57 k. Cunit, — 03 k. Ca- 
lafell; montée de 7 à 10 0/0 et descente en lacets. — 68 k. Vendrell (pren- 
dre les calles de Marti et del Olmo). — 83 k. Torredembarra. — 86 k. Alta- 
fulla. — 92 k. Molnas. — 97 k. l'arragone. 

La voie passe à côté de la Antigua Plaza de Toros de BarceJone, 
décrit une grande courbe, contourne la ville, croise la ligne du 
Nord et traverse en tranchée, au milieu de la calle Diagonal et de 
la calle de Aragon, toute la nouvelle ville. — Halte (apcadoro) à 
rintersection de la calle Aragon et du paseo de Gracia. Celte halte 
ne prend et ne débarque que des voyageurs sans bagages. 

5 k. Gare succursale du Paseo de Gracia. 

8 k. SanSy faubourg industriel. — A g., le Monljuich et le cime- 
tière de VOeste\ à dr., montagne de San Pedro martir, couronnée par 
une tour en ruines de télégraphe. 

La voie traverse la Campina de Barcelona, arrosée par leLlobregat, 
que Ton franchit (pont de 116 m.). 

15 k. Prat Llobrcgat. — 23 k. Gava : ruines du château des barons 
de Aramprunâ. — On atteint le bord de la mer. — 27 k. Castell- 
defels : église romane et S'estes de l'ancienne enceinte. — Jusqu'à 
San Vicente, parcours agiéable et pittoresque le long de la mer. — 
Tunnels. — 42 k. Sitges (hôt. Sabiir, 6 p. par j.), pittoresque station 
de bains de mer (collection de ferrures et serrurerie, visible sur 
demande, du peintre catalan Rossinhol; bons vins). 

50 k. Villanueva, ou Villanueva y Geltrû (g), ville commerçante 
de 13,704 hab. — Museo Balaguer, fondé par ce poète : antiquités 
égyptiennes et romaines; quelques sculptures et peintures; collec- 
tion ethnographique, bibliothèque, etc. 

Tunnel. — 55 k. Cabellas. — Pont sur le Foix. — 63 k. Calafell. 

67 k. San Vicente de Caiders (g), à la jonction des lignes de 
l'intérieur (F. ci-dessous, B) et du littoral. 

De San Vicçnte a Martobell et a Barcelone, V. ci-dessous, B, en sens 
inverse; — a Saragosse et a Madrid par Reus, R. 7; — a Picamoixons- 
Lérida, par Roda, p. 77. 

A 5 k. env. de San Vicente, à dr., Portai de Barâ; haut de 
12 m., cet arc de triomphe qui a 5 m. d'ouverture et présente 
sur chaque face 4 pilastres cannelés, a été élevé par Lucius Sergius 
Sura dans les premières années du if s., ainsi que l'indiquait sur 
la frise une inscription effacée au début du xix" s. — Belles plages 
à g. — Tunnel de 400 m. — 78 k. Torredembarra^ près du cap Gros. 

80 k. Altafulla, avec un (>hâteau. — Pont sur le Gayâ. — A dr., 
collines plantées de pins. A g., près de la mer, château fort ruiné; 
à dr., ruines sur un mamelon isolé; plus loin, à dr., monument 
romain, haut de 8 m. et datant probablement de la fin du i*' s., dit 
Torre ou Sepulcro de las Escipiones et qui renfermerait, d'après une' 



IIVILLANUEVA Y GELTRÙ. || [R. 6] — 07 

tradition peu fondée, « les restes des Scipions >► balliis et tués par 
les Carthaginois, en 212 av. J.-C, à la])atailie d'Anilorgis (Alcaniz, 
p. 78). — La voie passe entre la plage et la hauteur abrupte qui 
porte Tarragone. 
91 k. Tarragone @ (p. 68). 

B, — Par la ligne de l'intérieur. 

^ gare de France, 107 k. en 3 h. 20; 13 p. 30, 10 p. 35, 6 p. 85. 

Auto-cyclisme : — (^97 k. On sort de Barcelone parles callos de las Cortes, 
de Sans et de Madrid; la route est mauvaise jusqu'à (11 k. 5) San Feliâ 
de Llobregat. — 16 k. Molins del Bey : 2 k. plus loin on laisse à dr. la route 
de Lerida. — 22 k. Vallirana; la route passe sur le beau viaduc du Lln- 
doner, haut de 22 m., à double rang d'arcades (la l""" ligne compte 7 arches 
de 8 m. 50 d'ouverture; la seconde, 13 arcs supportés par des piles cons- 
truites sur 3 étages). — 33 k. 5". Esteban del Ordal. — 46 k. Villafranca 
del Panades, d'où l'on peut rejoindre à (17 k.) Villanueva la route du littoral. 
— 50 k. Monjôs. — 57 k. Arbos. — 63 k. JJellvey. — 68 k. Vendrell. De là 
à (97 k.) Tarragone, V. !« A. 

8 k. Sans, où on laisse à g. la ligne du littoral (F. ci-dessus. A). 

12 k. Hospitalet Llobregat, petite ville de 4,900 hab., dans une 
plaine fertile, avec un vaste institut agricole San Isidro, — 15 k. 
CornclUi Llobregat (filatures). — A g., sur une colline, San Boy de Llo- 
bregat dont l'église est surnommée « la cathédrale du Llobregat ». — 
18 k. San Feliû de Llobregat. — La voie remonte la vallée du Llobregat. 

22 k. Molins del Bey, petite ville dans une région de fruits et de 
vin. A g., grand pont de Molins (15 arches). — Tunnel. 

25 k. Papiol (vieux château). — La voie s'élève en rampe; à dr., 
à l'horizon, cime dentelée du Montserrat. A g. s'élale le lit sablon- 
neux du Llobreo^at, borné par une ligne de collines sur lescfuelles 
on aperçoit le village de San Andrès de la Barca. — Tranchée et 
tunnel de 800 m. au sortir duquel on aperçoit à g. Martorell, et en 
deçà, au-dessus du Llobregat, le *puente del Diablo, pont romain 
plusieurs fois reconstruit, la dernière en 1753 (immense arc ogival; 
sur la rive g., restes d'un arc de triomphe romain). — La voie fran- 
chit le Llobregat. 

34 k. Martorell (D; à la station, voit, pour Collbatô, d'où Ton 
monte au Montserrat (p. 49). 

[De Barcelone à Martorell, il y a une autre ligne do ch. de fer partant de la 
parc de liiera Magoria, desservant (27 k.) Martorell-viUe et se prolongeant 
bur Igualada. 

Igualada (^ 39 k. N.-O. en 1 h. 45; 4 p. 65, 3 p. 60, 2 p. 45), ville de 
10,442 hab. (nombreuses filatures et tanneries), d'où une route conduit au 
monastère de Montserrat (p. 49).] 

La voie contourne la colline sur laquelle est situé Martorell, et 
passe dans la vallée du Noya dont on remonte la rive g. et qu'on 
franchit sur un pont de 130 m. — 40 k. Gciida. — A g., au sommet 
d'un rocher élevé, ruines d'un ancien château de l'époque romaine 
et église paroissiale. — La voie franchit deux fois le Noya. — Pio- 
fondes tranchées. — Belle vue au N.-N.-O. sur le Montserrat. 

47 k. San Sadurni ou San Saturnino de Noya, la No:'!a de Pline, 



68 - [R. 6] Il DE BARCELONE A ÎARRAGONE. || 

a la prétention d'avoir été fondée par Noé (sur l'écusson de la ville 
est figurée une arche). — Longue tranchée de 1,200 m. 

55 k. La Granada. village au point culminant de la ligne. 

59 k. ViUafranea del Panades, ville de 7,750 hab., à 539 m., au 
milieu d'une plaine fertile. — Eglise du xiv* s., défigurée, avec une 
haute tour. — Quelques habitations fort anciennes : palais des rois 
d'Aragon, palais du baron de Rocafort, casa Pia Almana, anc. 
hôpital de pèlerins, etc. 

[A 11 k. N.-O., sur une colline, San Martin de Sarroca possède une belle 
petite église du style romano-byzantin, avec une abside considérée comme 
l'œuvre la plus complète que le xi® s. ait laissée en Catalogne.] 

64 k. Mônjos. — 71 k. Arbos, dans une situation charmante, 
dominant la belle campagne du Panades : à la façade de la belle 
église SanJulian, flanquée de 2 tours, 4 statues et groupe de la Vierge 
et l'Enfant (à Tint., retable); villas dont Tune, très curieuse, de style 
mauresque, avec une haute tour semblable à la Giralda de Séville. 
— 76 k. Vendrell, ^,1^0 hab. (tour octogonale). — La voie descend 
vers la mer. — 83 k. San Vicente de Calders (p. 66). 

107 k. TARRAGONE ® (Tarragona), ville de 23,292 hab., ch.-l. de 
la province du même nom et siège d'un archevêché, s'étend en amphi- 
théâtre sur une colline qui domine la mer. Une enceinte de forti- 
fications modernes, auj. abandonnées, l'enveloppe presque com- 
plètement; derrière se dressent les vieilles murailles romaines 
construites sur des murs cyclopéens. Le quartier qui avoisine la] 
gare et le port n'oiîre aucun intérêt; il renferme la fabrique de 
liqueur {Union Agricola) des Pères Chartreux expulsés de France. 



Omnibus : — des hôtels à la gare. 

Hôtels : — de Paris, rambla de San 
Carlos (lunch 3 p., dîn. 4 p. ; ch. dep. 
4 p. ; pens. dep. 10 p. ; électr.) ; — Con- 
tinental, Apodaca, 30 (recomm. ; ch. 
hygién., pens; 6 p.; électr.). — Eu- 
ropa, rambla de San Juan (lunch 3 p. 50; 
pens. 7p.); — del Centra, rambla de 



San Juan, 63 (pens. dep. 6 p.); — 
National, rambla de San Carlos. 

Poste et télégraphe : — calle de San 
Augustin. 

Voitures : — pour le tombeau des 
Scipions, 10 p. (à 2 chev.). 

Syndicat d'initiative : — rambla 
de San Juan. 



Histoire. — Cette très ancienne cité, autrefois le centre de la puissance 
romaine en Espagne, la résidence des consuls, des préteurs, des Scipions,' 
(i'Octave-Auguste et d'Adrien, avait tous les privilèges de Rome : un 
amphithéâtre, un cirque, des palais, des temples, une enceinte immense. 
Sa puissance s'éclipsa sous les G-oths; les soldats d'Euric la détruisirent 
en 467; les Maures la dévastèrent en 714. Deux fois conquise par Louis 
d'Aquitaine et parRamon Bérenger, elle retomba sous le joug des Maures, 
après des luttes nombreuses et sanglantes, et devint définitivement catalane 
et chrétienne par la conquête d'Alphonse le Batailleur en 1220. Longtemps 
oubliée pendant toute la période chrétienne qui succéda à la domination des 
Maures, Tarragone, en 1640, prit parti dans le soulèvement de toute la 
Catalogne contre les ministres de Philippe IV, mais ne sut pas résister à 
l'armée qui vint l'assiéger. Plus tard, après la mort de Charles II, elle se_ 
donna à l'archiduc Charles d'Autriche, et ne rentra sous le pouvoir de Phi-- 
lippe V qu'avec le reste de la principauté, lors du traité du 14 mars 1713, 
En 1811, le général Suchet vint assiéger Tarragone, qui ne se rendit qu'a- 
près une résistance des plus opiniâtres. 



Il TARRAGONE. || [R. 6] — 69 

ITINÉRAIRE. — De la gare les voitures montent à la ville haute, 
où se trouvent les hôtels et les principaux monuments, par une 
route (à dr.) qui décrit un lacet. Les piétons monteront encore plus 
à dr., par un large escalier, à la cuesta de Toro, boulevard en cor- 
niche qui aboutit à l'extrémité S.-O. de la rambla de San Juan, 
large voie plantée d'arbres, bordée de maisons modernes et très 
fréquentée. A cette extrémité S.-O. s'élève la statue de Roger de Loria, 
^ar Ferrer (1888). 

Ici commence le*paseo de Pi y Margall, belle promenade en 
terrasse qui domine la mer et d'où l'on jouit d'une vue admirable 
sur la Méditerranée. On domine le Presidio (prison), où l'on dis- 
tingue quelques restes d'un amphithéâtre datant du temps d'Auguste. 
A g. s'ouvre la rambla de San Carlos et, plus loin, on voit le Torreôn 
de Pilatos, antique donjon servant de prison, reste du palais d'Au- 
guste. Le côté N. de cet édifice donne sur la plaza del Rey (assez 
belle fontaine). 

A l'extrémité du paseo de Pi y Margall, en face de la Casa de 
Beneficiencia, précédée d'un petit jardin public, devant lequel s'élève 
une belle croix Renaissance {Cruz de S. Antonio), s'ouvre la puerta 
de San Antonio, que l'on franchit pour se rendre, par les vieux 
quartiers, à la cathédrale. 

La * cathédrale, bâtie sur remplacement d'une mosquée, entre 
la fin du xii' et le milieu du xiii* s., couronne un petit plateau au 
point le plus élevé de la ville. 

La * façade, de style gothique, précédée d'un large escalier, pré- 
sente un vaste portail formé d'arcs ogivaux concentriques, flanqué 
de deux piliers carrés terminés en pyramides. A la naissance des 
arcs, et sur les trois faces des piliers, au-dessus du soubassement, 
22 niches renferment des statues d'apôtres et de prophètes. Le por- 
tail a été commencé en 1278 par maestre Bartolomé : la Vierge au 
trumeau et les 8 apôtres de l'ébrasement sont de cette époque; les 
autres statues sont l'œuvre de Jayme Castails (1475); les vantaux 
(remarquables heurtoirs) de la porte centrale datent de 1510. A dr,. 
et à g. de chacun des gros piliers, deux autres portes à arcs plein 
cintre sont d'un style plus ancien. Au-dessus de la porte de dr. est 
un ancien sarcophage chrétien. Une grande et magnifique rose 
circulaire se développe au-dessus du porche ; plus haut, la façade 
est restée inachevée. — On a, à l'E., un coup d'oeil pittoresque sur 
l'extérieur de l'abside, la tour octogonale de 60 m. et le dôme octo- 
gonal qui coiffe la croisée du transept avec la nef principale. 

Intérieur. — L'intérieur (fermé de midi et demi à 3 h.; pourboire au 
sacristain qui montre les chapelles ; pour 2 p. on obtient la permission de 
photographier toute une journée dans la cathédrale et le cloître) a conservé 
tout le caractère de sa très ancienne origine. Il est vaste, d'un aspect ma- 
jestueux, d'une grande sobriété d'ornements, mais un peu lourd en raison du 
peu d'élévation de ses trois nefs et des proportions massives des piliers 
(doubles colonnes engagées sur chaque face) et des arcs. La croisée est 
d'un bel effet, plus élevée que le reste de l'église et dominée par un cimborio 
(coupole) octogonal; les deux bras du transept sont éclairés par deux rosaces 
(beaux vitraux, très restaurés, de 1574). 

Trascoro. — A g *owbeau de Jaime el Conquistador (Jacques I", roi 



70 — [R. 6] Il DE BARCELONE A TARRAGONE. || 

d'Aragon, -•- 1976), refait en 1856 en partie avec des fragments de l'ancien 
tombeliu (xvi® s.) transportés du monastère do Poblct (p. 73); à g. du 
tombeau, bénitier du xiii® s. — Sur le côté N. (à g. en entrant), petite chap. 
DEL Santo Sevulcro, trcs curieuse, renfermant un saint-sépulcre (figures 
en pierre coloriée et, sous verre, sur un antique sarcophage romain, Christ 
en marbre sculpté par Francisco Gomar). 

Coro. — Construit dans le style gothique au xiv« s. — Belles grilles. — 
A dr. et à g., ambons du xiii* s. — Stalles du style gothique fleuri (xv» s.), 
avec, à dr. en entrant par le trascoro, le siège épiscopal (ces sculptures, 
allouées en 1478 à Franscisco Goynar^ mais qui paraissent dater en partie 
du commenc. du xvi« s., se ressentent de l'influence de la Renaissance); 
sculptures de l'orgue par Juan Amigô (1563). 

Bas-côté dr. — l""® chap. (de las Virgenes) servant de baptistère ; grand 
sarcophage antique (peut-être était-ce une baignoire), magnifique bassin de 
marbre, long de 3 m., large de 1 m.. 50, trouvé dans les ruines du palais 
d'Auguste. — 3^ chap. (de Sta Tecla), richement ornée de marbres et datant 
du xviiie s. : reliques de la sainte, patronne de Tarragone. — 5« chap. (de 
LA Sagrada Familia) : bas-relief en bois peint imitant le marbre, du xvi« s. 
Présentation au Temple). 

Capilla Mayor. — C'est une des parties les plus anciennes de l'église. — 
* Maître-autel orné d'un grand retable en marbre sculpté (commencé en 1426; 
p. Lxx), œuvre do Père Johan de Vallfogona et de Guillen de la Mota 
(scènes do la vie du Rédempteur et de la vie de Ste Tecla; statues de la 
V., de St Paul et de Ste Tecla ; les sculptures de la prédello sont remar- 
quables par leur élégance et leur finesse extrême; 3 dais délicatement 
ajourés s enlacent à une grande hauteur. — De chaque côté, splendides 
portes gothiques. — A dr. du maître-autel, tombeau (belle statue funéraire) 
de l'archevêque Juan de Aragon, fils de Jaime II (f 1334), œuvre italienne de 
V école d'A. Pisano, et, de l'autre côté, pierre tombale do don Alfonso de 
Aragon. 

Transept g. — A dr., chap. de los Sastres (des Tailleurs) : jolie galerie 
gothique ; retable en pierre, du xiv* s. ; sur la paroi dr., urne cinéraire 
d'un patriarche d'Antioche (xiv° s.). — Porte conduisant au cloître {V. ci- 
dessous). — A g., CHAP. DEL Sacramento, bâtieon 1586, dans le stylo de 
la Renaissance (deux colonnes antiques proviendraient du Forum de la cité 
romaine); elle communique avec l'aile S.-O. du cloître. 

Bas-côté g. — Chap. de la Concepcion (la 3* depuis l'entrée), riches 
tombeaux du chanoine Girôn de Rebolledo (f 1682) à g., ©t do son frôro 
Godefroi, à dr. ; ils sont conçus dans le style pompeux de la décadence et 
présentent : le premier, les allégories et les emblèmes des sciences; le 
second, les allégories et les emblèmes de la guerre. — 2* chap. (de l'Anun- 
ciata) : à g., élégant mausolée do l'archevêque Jacobo de Cardona (f 1531), 
belle œuvre do la Renaissance italienne. 

La cathédrale possède une riche collection d'étofl*es brodées et de tapis- 
series des XV®, xvi« et xvii« s. (quelques-unes d'après des cartons de Jor 
daens) : on les expose à certains jours de fêtes, notamment à l'époque de 
la Fête-Dieu et le 23 sept., jour de la fête de Ste Tecla, 

Le ** cloître, contigu au transept N., est charmant, avec son jardin au 
centre. On y accède par un très intéressant portail orné de sculptures 
romanes, notamment les très curieux chapiteaux où rep.osent les arcs et 
celui du trumeau. — Le cloître de style roman (xn® et xiii« s.), avec des 
voûtes en arc d'ogive est d'une grande légèreté et d'une élégance achevée. 
Les chapiteaux sont richement sculptés et décorés ; on remarquera celui 
du 3e pilier (2^ grande arcade), à dr. du portail de l'église, représentant la 
Procession de las Ratas (des rats procèdent à l'enterrement do chats qui font 
semblant d'être morts). — En continuant de ce côté, on arrive, à l'angle 
S.-lv, ti la chapelle du Corpus Christi (s'adresser, le matin, au chapelain), 
précédée d'une porte accostée de fenêtres géminées et qui était jadis la 



72 — [R. 6] Il DE BARCELONE A TARRAGONE. || 

chapelle du Chapitre; elle renferme quelques bonnes statues de saints, du 
xiv« s. A côté sont les archives et la nouvelle salle du Chapitre. — Dans 
l'aile E., la chapelle de Sta Maria Magdalena renferme un retable de 
l'école espagnole du xv® s. — Dans l'aile N. et à l'anp^le N.-E., une image 
de la Vierge, sculpture' romane (xi* ou xii® s.) en bois, est connue sous le 
nom de la Virgen de la Guia (les murs de cette partie du cloître sont 
presque en entier ceux de lantique Arx romaine). — Dans l'aile O., entre 
la porte de la chapelle dcl Sacramento et celle qui donne sur la calle de la 
Carniceria, on voit une arcade aveugle en forme de niche, de construction 
arabe, avec une inscription de l'an 960 (347 de l'hégire) et, près de là, quelques 
fragments romains et du moyen âge. 

A côté et au N. de la cathédrale est le Palacio Arzohispal (arche- 
vêché), édifié au commenc. du xix® s., sur remplacement du Gapi- 
tole et appuyé sur l'antique muraille romaine (vieille ioar; pourb.). 

Par la calle de San Pablo, qui contourne à TE. le cloître de la 
cathédrale, on arrive à la Capilla de San Pablo, bâtie au xiii® s. et 
dont rentrée se trouve dans la cour du Seminario conciliai' (sémi- 
naire), édifice moderne construit sur l'emplacement de l'ancien 
couvent de San Pablo. 

A l'angle de la calle de San Pablo et de la calle de Vilamitjana 
est l'antique petite église de Santa Tecla, du xii® s., époque à laquelle 
elle servit de cathédrale. — Dans la calle de la Vitaniitjana rnème, 
qui lonp:e le flanc S. de la cathédrale, on peut voir, au n" 3, les 
restes d'un édifice roman (arcs, chapiteaux) emmurés dans un 
bâtiment postérieur. 

Revenant au Llano de la Catedral et suivant, en bas de l'escalier, 
la calle Mayor, on arrive à la pla:a de la Fuenle, sur laquelle ie 
trouve un puits cyclopéen (ou plus probablement romain), profond .; 
de 47 m. et dans lequel on pouvait descendre par un escalier en 
bois (actuellement prohibé) de 11 étages. — C'était ici l'emplace- 
ment de l'ancien cirque romain. 

A l'extrémité N. de la place est la Casa Consistojnal, où, au rez- 
de-chaussée, à dr., le Museo arqueolôgieo provincial (t. 1. j. 
non fériés de 9 h. à I h. et de 3 h. à 5 h.; pourboire) renferme une 
intéressante collection d'antiquités de l'époque romaine et du J 
moyen âg-e. 

Salle d'entrée : sarcophages, fragments divers de l'époque romaine 
(entre autres, un moulin). — Grande salle à g. ; statues (beau torse d'un ' 
jeune Bacchus; torse d'une Vénus; torse de Pomone); beau ♦lampadophore 
en bronze (jeune nègre, portant un plateau pour 3-^ déposer les accessoires); 
bustes d'empereurs; mosaïques (au pavement cenrral, remarquable *tête de 
Méduse); collection numismatique intéressante, surtout pour les pièces phé- - 
Diciennes et ibériques, etc. — Dans la salle en face de l'entrée (à la suite 
de la l""* salle), on a réuni ce qui a pu être sauvé de la dévastation du 
monastère de Poblet : tombeau du comte de Santa Coloma,; débris du ma^^-ni- 
fique tombeau en marbre de don Jaime avec bas-reliefs remarqualdes; 
statues; fragments de statues, statuettes et sculptures diverses, chapi- 
teaux, etc. — Le gardien montre dans un corridor adjacent le modèle du . 
puits de la Fuente (F. ci-dessus). 

A quelques min. N. de la Casa Consislorial on peut aller voir, 
la puerta del Rosario, les restes de 1'** enceinte pélasgique ou cyclo : 
péenne, formée de gros blocs irrégiiliers, qui a servi de substruc- 



îl MONASTÈRE DE POBLET. || [R. 6] — 73 

tion à Tenceinte romaine (une petite porte à g. date de cette der- 
nière). — En sortant par la porte del Kosario on jouit d'un intéres- 
sant coup d'œil sur la campagne, et à dr. sur les murailles avec la 
haute torre del Arzobispo. 

[Environs. — i° * Aqueduc romain (4 k. env. N.-O. ; voit, à 2 chev. 10 p., 
prix exagéré; à 1 chev. 1 p. ; traj. en 25 min.; promenade recommandée, de 

I h. 30 env.), — A Textrémité de la rambla San Juan, une route descend 
à g. rejoindre la grande route de Valls, qui remonte la vallée du Francoli 
et que Ion suit à dr. Après quelques montées et descentes on atteint une 
petite plaine admirablement cultivée. Tout à coup, à dr., dans un petit 
vallon, on aperçoit l'aqueduc, d'un ton jaune doré. Par un chemin à g. du 
vallon, on monte à pied jusqu'au-dessus des arcades du magnifiqne puenie 
de las 2 erreras ou del Diable, à 2 rangs d'arcades (la rangée infér eure, da 

II arcades, est longue de 73 m. et haute de 13 m. 6; la rangée supérieure, 
de 25 arcades, est longue de 217 m. et s'élève à 28 m. 7). Cet aqueduc, qui 
prenait les eaux du rio Gaya, alimentait la ville. 

2° Tombeau des Scipions (8 k. env. E.), p. 66. 

3° Monastère des Santas Creus. — On peut faire cette excursion en 1 j., 
soit par San Vicente (F. ci-dessus, A), soit par Valls (V. ci-dessus, A), et 
où' conduit aussi une voit, publique partant 2 fois par j. de Tarragone, 
p. 77.] 

DE TARRAGONE A LERIDA, PAR REUS; EXCURSION AU MONAS- 
TÈRE DE POBLET (^ du Nord, 103 k. ; en 4 h. env.; 12 p. 90, 9 p. 70) 
7 p. 10; pour visiter Poblet il faut descendre à Espluga, d'où une assez 
mauvaise route de 4 k. env., desservie pendant la saison par des voitures 
pas trop commodes, conduit au couvent ; de Tarragone on peut faire cette 
excursion en une journée). — Laissant à g. la ligne de Valence, la voie 
franchit le Francoli et parcourt une grande plaine (le Campa de Tarragona^ 
bien cultivée. — 9 k. Villaseca. — On contourne Reus. 

16 k. Beus (p. 78), où l'on croise la ligne de Barcelone-San Vicente- 
Reus-Saragosse (R. 7, A). — La voie s'élève. — 23 k. Selva, au pied des 
hauteurs qui bornent le Campo. — On longe la base des montagnes. — 
29 k. Alcover, dominé par des montagnes dénudées. — On remonte la valléo 
du Francoli, que l'on traverse à une grande hauteur sur un beau viaduc en 
deux travées supportées au centre par une tour; vue magnifique. 

34 k. Picamoixons (g), où l'on rejoint, à dr., l'embr. de Roda de Barâ-Bar- 
celone (p. 77). — 37 k. La Riva ou Biba, petite ville industrielle, en 
amphithéâtre sur la rive g. du Francoli. — On franchit le Francoli. — 39 k. 
Vilavert. — La voie franchit plusieurs fois le torrent et pénètre dans une 
vaste plaine (la conca de Barbera). — 44 k. Mordblanch, petite ville de 
5,200 hab., entourée de murailles flanquées de tours (église du xiv* s.). — 
La voie franchit la haute sierra de Pradès. 

50 k. Espluga de Francoli (hôt. de Villa Engracia, fermé en hiver), petit 
village à la limite N. de la conca de Barbera. Aux environs, Fuente del 
Eierro est une villégiature d'été fréquentée (nombreux chalets). 

[monastère de POBLET (^ 4 k. env. N. ; 40 min. env. en voit.; en été 
on trouve à la gare d'Espluga des voit, pour le couvent, 3 p. par pers.; se 
renseigner à Tarragone). — On traverse le village sur la dr. — 15 min. 
Croix de pierre. — 30 min. Groupe de statues brisées. — On prend à g. 
une avenue qui conduit jusqu'au mur du monastère, que l'on contourne 
jusqu'à la porte (40 min.). 

Le ♦monastère Santa Maria de PoLI -t. qui a été un des plus beaux et 
des plus riches de l'Espagne, doit son nom à un saint ermite qui vivait dans 
le pays vers l'an 1120. Fondé, en 1153, par le comte de Barcelone, Ramon 
Bérenger IV, qui le donna h. l'ordre de Cîte'aux, le monastère fut successive- 



74 — [B 6] Il DE TARRAGONE A VALENCE. || 

ment augmenté et enrichi par les rois d'Aragon, qui y bâtiront un palais 
et y établirent leurs sépultures. Pendant le^s troubles civils de 1835, les 
moines s'cniuirent, emportant les objets les plus précieux et, profitant de 
cet abandon, aes bandes de malfaiteurs mirent à sac le monastère, brisèrent 
les tombeaux pour y chercher des trésors, et, tinalement, l'incendièrent. — 
Auj. classé comme monument historique, ce monastère est encore très 
intéressant à visiter et ses ruines donnent l'idée de sa richesse passée. 

On pénètre dans une cour bordée par les anciennes dépendances. A dr. 
est une chapelle gothique de 1443. Une porte donne accès dans une autre 
cour. — On a devant soi la porte de la 3® enceinte, encadrée entre deux 
grosses tours d'un aspect imposant; elle s'ouvre sur le palais construit par 
le roi don Martin. 

En traversant ce palais on pénètre dans le cloître, de style romano-ogival, 
et assez bien conservé. En face, se trouve la salle capitulaire (11 grandes 
pierres tombales recouvrent les sépultures des abbés). 

A dr. (S.) du cloître est Véglise, bâtie par Alphonse II d'Aragon au xii« s.; 
le maître-autel avec retable en marbre richement sculpté, est l'œuvre authen- 
tique de Damiân Forment (1527); sa partie supérieure est seule bien con- 
servée; à dr. et à g., tombes royales. 

De la terrasse qui couvre les galeries du cloître on peut apprécier les 
élégantes fenêtres du palais du roi Martin, merveilles de légèreté.] 

55 k. Vimbodi, pittoresquement situé aux bords du Milano (dans l'église, 
plusieurs retables provenant du monastère de Poblet; ruines du château de 
Milmanda, anc. résidence des prieurs de Poblet). — 59 k. On atteint le point 
culminant (1,011 m.) de la ligne. — 63 k. Vinaixa. -- La ligne descend vers 
la plaine d'Urgel. traverse le Bnigent dont elle suit de près la rive dr. — 
78 k. Borjas. —83 k. Juneda. — 91 k. Puigvért-Artesa. 

103 k. Lerida(g)(p. 81). 

2"" De Tarragone à Valence. 

^ du Nord, 275 k. en 7 à 10 h.; 30 p. 95, 19 p. 80, 14 p. 65. 

Auto- cyclisme : — @ 283 k.; route la plupart du temps monotone, avec 
quelques passages difficiles; ainsi, entre Gambrils et l'Hospitalet, les 
gués sont impraticables par temps de pluie; de même après Villareal 
un autre gué a 40 cent. deau. — 9 k. Vilaseca. — 18 k. 5 Cambrils. — 
33 k. Hospitalet. La route devient très accidentée, descente rapide par 
10 lacets; les montées et les descentes se succèdent. — 60 k. PerelLô. — 
91 k. Tortosa (on sort par les calles de Tablas Viejas et de la Càrcel). 
4 passages à niveau. — 105 k. Santa Barbara: route plane. — 120 k. 
Ulldecona. — 136 k. Vînaro:;. — 143 k. Benicarlô. La route est parallèle 
à la voie ferrée. Après (165 k.) Alcalâ de Chisvert, 4 passages à niveau. 

— 177 k. Torreblanca. — 192 k. Oropesa-, descente rapide et pittoresque. 

— 201 k. Bénicasim. — 214 k. Castellon de la Plana (on sort par la calle de 
Madrid). La route est presque plane, sol médiocre, et traverse de nom- 
breuses plantations d'orangers. — 221 k. Villareal. — 232 k. Nules. — 
246 k. Almenara. — 256 k. Sagunto. De là à (283 k.) Valeiice, mauvaise 
route à travers une belle huerta parsemée de nombreux villages (^u'on 
traverse. 

La voie laisse à dr. la ligne de Lerida (F. ci-dessus), et franchit 
le Francoli (belle vue sur Tarragone). — 13 k. Salou, port de la 
ville de Reus {V. ci-dessous) à laquelle il est réuni par un embranch. 
de 8 k.; ancienne ^owr de guet à la pointe du cap Salou. — 19 k. 
Cambrils {église à grosse tour carrée percée de meurtrières, comme 
un donjon). — La montagne se rapproche de la côte; on aperçoit 



Il TORÏOSA. Il [R. 6j - 75 

à g. sur le rivage une pittoresque tour en ruines. — 33 k. Ilospitalet 
de Tarragona, anc. hôpital de pèlerins (bâtiment ogival flanqué de 
4 tours), que Ton aperçoit tout près de la mer. — A dr., castillo de 
Balaguer sur une montagne nue (737 m.). — 49 k. Amcila, Au S 
on voit s'avancer dans la mer le vaste delta de VEbre, plaine basse 
d'alluvions bordée de sable blanc. 

61 k. Ampolla, village de pêcheurs au fond du golfe de Saint- 
Georges, ou puerto del Fangal, que ferme au S. la plaine du delta. 
La voie s'éloigne du rivage et court au pied de la montagne à la 
lisière de la plaine marécageuse formée par lesalluvions de l'Ebre; 
on aperçoit au loin les phares de la pointe del Fangal et du cap de 
Tortosa, extrémité la plus saillante du delta, à l'embouchure prin- 
cipale du fleuve (il se divise en deux bras, dits Gola del Norte et 
Gola del Sud, séparés par VileBuda). — 74 k. Amposta^ petite ville de 
2,000 hab., située à 4 k. S.-O. de la gare, sur la rive dr. de TEbre, 
et à l'entrée du delta; le lit du fleuve étant encombré par des 
bancs de sable en aval, on a ouvert en ce point un canal qui 
aboutit au S. à San Carlos de la Rapita, au fond de la baie des 
Aliaquès. — Tournant au N.-O. la voie s'engage dans la fertile vallée 
de Timbre dont elle remonte la rive g. jusqu'à Tortosa. 

84 k. Tortosa (g) (hôt. de VEurope^ omnibus), ville de 24,500 hab., 
évêché, sur la rive g. du fleuve, dans une plaine étroite bordée par 
une ligne de hauteurs escarpées; c'est le centre d'un commerce 
actif d'huiles et de vin. 

Histoire. — Tortosa est l'antique Dertosa Julia Augusta des Romains. 
Assiégée et prise par Louis le Débonnaire en 811, reprise par les Maures 
qui en firent un nid de pirates, elle revint enfin, en 1148, au comte 
Ramon Bérenger IV. Une nouvelle attaque des Maures ayant été repous- 
séo ^râce à l'héroïsme des femmes, Bérenger IV leur octroya en souvenir 
un insigne figurant une hache et le droit de préséance sur les hommes dans 
les cérémonies officielles. 

La cathédrale, fondée par Tévêque Gaufredo (f 1178) sur l'em- 
placement d'une mosquée datant de 914, a été rebâtie en 1347 dans 
le style gothique et déflgurée plus tard par des ramaniements de 
style baroque; la tour, dite Almudena, est d'origine mauresque. 

A Tint., belle chaire, grille et stalles du chœur de la fin du xvi» s., par 
Cristnbal de Salamanca ; chapelle Santa Cinta, très ornée et qui conserve 
une ceinture delà Vierge; dans la chapelle Ste Candie, tombeaux des quatre 
premiers évoques jusqu'à 1251; dans la sacristie, inscription rappelant la 
fondation de la mosquée primitive; bibliothèque nombreuse et riche do 
350 manuscrits. 

Le collège est de style Renaissance. En montant près de la gare 
à VAlameda, on a une vue magnifique sur les murailles, les hautes 
tours, la ville et la vallée de l'Ebre. 

En quittant Tortosa, la voie franchit l'Ebre, en suit quelque 
temps la rive g., puis s'en éloigne au S. en s'élevant. On a à dr. 
les hautes montagnes du Maestrazgo, et à g. la petite sierra de la 
Rapitaqui cache le port des Alfaquès.— 113 k. Ulldecona, 6,510 hab., 
[tour octogonale), au pied du Montsiâ (764 m.). — A dr., tour d'un 
ancien château. —La voie redescend vers la mer pour franchir le 



76 — [R. 6] Il DE TARRAGONE A VALENCE. I 

Génia, qui forme la limite entre la Catalogne et l'ancien royaume 
de Vnlence. 

128 k. Vinaroz, ville de 8,600 hab., avec un petit port de commerce. , 
C'est ici que mourut en 1742 le duc de Vendôme dont Philippe V * 
fit transporter les restes à l'Escorial. 

[Morella (^ 60 k. N.-O, diligence en 9 h., 6 p., fonda S. José), 7,300 hab., 
l'antique Castia-JElia, puis importante place frontière du royaume de 
Valence, est bâtie au sommet d'un piton escarpé qui se dresse au milieu i 
d'un cirque de montagnes. — Eglise Santa Maria la Mayor, gothique 
(1317), où un escalier tournant accède au chœur surélevé sur des arceaux 
et des piliers (tableau de Ribalta : Jacques I®"" d'Aragon apportant und « 
relique de la Vraie Croix). — Ancienne tour de la Saloquia.] 

La voie franchit le rio Seco ou Calig. — 134 k. Benicarlô, 7,250 hab. : 
(vieux château; belle église avec un dôme revêtu d^azulejos bleu 
foncé et un clocher octogonal). — La voie monte pour s'éloigner de 
la mer, puis parcourt un plateau bien cultivé (vignes, olivettes, j 
caroubiers). On aperçoit à env. 7 k. à g. l'ancienne place forte de 
*Peniscola, assise sur un roc escarpé et isolé, de 75 m. de haut., qui 
ne tient à la terre ferme que par une langue de sable souvent 
couverte d'eau. On l'a comparée à Gibraltar. 

C'est, dit-on, Tancienne Acralefke ou Cartago vêtus, fondée par Hamilcar 
et où le jeune Annibal « jura aux Romains une haine éternelle ». Jaime . 
d'Aragon la prit aux Maures en 1233 et la donna aux Templiers; sous 
Alphonse V, en 1429, elle revint à la couronne. Les Français l'assiégèrent' 
en 1811 et elle capitula après onze jours de feu. 

156 k. Alcalâ de Chisvert (joli clocher octogonal). — A g., petite 
chaîne de hauteurs avec quelques restes de châteaux ruinés. La^ 
voie descend et se rapproche de la mer. — 171 k. Torreblanca. — 
A g., étang de Albalat. — 185 k. Oropesa, au bord de la mer, près 
du cap d'Oropesa {tour carrée et phare), à Textrémité d'une ligne 
de hauteurs aux silhouettes découpées. — Tranchées; tunnels. — 
194 k. Benicasim. — La plaine, couverte de caroubiers et d'oliviers, 
puis d'orangers, est bordée à g. par la mer et à dr. par les monts 
de la Pena Golosa. 

206 k. Castellôn de la Plana (hôt. de la Paz 5'uiso), ville moderne 
de 29,904 hab., ch.-l. de la province du même nom, dans une plaine 
fertile, à 6 k. env. de la mer. — Près de la gare, sur le paseo de 
Ribalta^ obélisque commémoratif de la guerre carliste (1837) et 
monument du peintre Ribalta (f 1628). Sur la place qui porte son 
nom, statue en bronze de Jacques P' d'Aragon, fondateur de la 
ville (1251). — Eglise Santa Maria, de style ogival (façade avec 
portail du xiv® s.; à Tint., Ascension par Carlo Maratta et un tableau 
de Ribalta). Des œuvres du même peintre se voient aussi à l'hôteL 
de ville et à l'Institut d'enseignement secondaire, calle Mayor, 29. ; 

[A 2 ou 3 k. N. sur la hauteur, ermitage de Ste Marie-Madeleine sur 
l'emplacement de la ville primitive. 

^^ à voie étroite de la ville au port (5 k.), appelé Grao de Castellôn. — Un 
autre ^ qui passe à (5 k.) Almazora et à (8 k.) Villarreal{V. ci-dessous) mène 
^(22 k.S.O.) Onc^a, petit© ville d© 4,948 hab. (nombreuses fabriques d'azulej os). J 



I CASTELLÔN DE LA PLANA. — RODA. || [R. '^] — 77 

La voie franchit le Mijares et le canal de Gastellôn creusé par 
les Maures pour irriguer le pays. — 210 k. Almazora, 

214 k. Viilarreal, 16,670 hab., au milieu d'une forêt d'orangers 
admirablement irrigués qui s'étend jusqu'à la mer (à Téglise, belle 
tour octogonale en briques); tram à vap. pour Gastellôn et à Ouda 
(F. ci-dessus); pour (7 k.) Burriana et (11 k.) le Graode Burriana. — 
224 k. Nules, 5,300 hab., entourée de murailles flanquées de tours, 
sur un plan à peu près carré. A 4 k. N.-O., sources thermales de 
Villavieja de Nules (eaux carbonatées ferrugineuses, 29°-44o; hôt. 
Cervdlôn). 

237 k. Almenara, avec un château fort en ruine (à dr.) qui 
passait pour la clef de Valence et où Jacques P' battit les Maures 
en 1238 avant de prendre la ville (chapelle commémorative). — La 
voie franchit le Palancia. 

247 k. Sagunto (p. 438). — A dr. colline de Sâgunto, dominée 
par la citadelle; plus loin, à dr., ligne de Teruel-Galatayud. — 
On s'éloigne des montagnes pour se rapprocher de la mer. — 
254 k. Pazol {château crénelé) dans une plaine d'orangers. 

257 k. Puig, au pied d'une colline qui porte les ruines du 
castillo d'Eutenza; église renfermant des tombeaux remarquables, 
surtout celui du chevalier Guiilen de Eutenza (xm® s.) avec de 
îurieux reliefs en marbre; à côté, vastes bâtiments d'une ancienne 
Gharlreuse, avec tours d'angle. 

On traverse la campagne ou huerta de Valence; dans la végéta- 
lion luxuriante émergent de pittoresques maisons aux toits de 
chaume. — 271 k. Cabanal (bains de mer; p. 436). — A g., la 
mer et le Grao (p. 436); à dr., ancien couvent de San Miguel de los 
Reyes, auj. prison. La voie franchit le Turia, puis passe devant la 
Plaza de Toros, à dr. 

275 k. Valence (p. 427). 



Route 7. - DE BARCELONE A SARAGOSSE 

A, — Par Reus et Caspe. 

^ de Madrid-Saragosse-Alicante (gare de France), 344 k. ; en 7 h. 30 paf 
les express et en 11 h. par le train-correo ; 44 p. 90, 33 p. 85, 21 p. 35. 

67 k. de Barcelone à San Vicente de Calders (R. 6, l^ 
A, p. 65), où Ton quitte la ligne de Tarragone pour se diriger vers 
rO. — A g., arc monumental romain, dit portai de Sara (p. 66). 

74 k. Roda de Bard @ (belles carrières de pierre blanche). 

DE RODA A PICAMOIXONS (^ 29 k. en 1 h. 20 env. ; 5 p. 55, 4 p. 20, 
2 p. 80). — On laisse à g. la ligne de Saragosse par Reus ( V". ci-dessous). 
— Tranchées, tunnels et viaducs. — 8 k. Salomo. — 3 tunnels, 2 viaducs, tracé 
en lacets. — 14 k. Viliabella. 

2-2 k. Valls (D (hôt. : Comercio ; Rosa), ville industrielle de 13,000 hab., 
avec enceinte de murailles flanquées de tours. 

[MONASTÈRE DES SANTAS CREUS (^ 10 k. N.), fondé en 1157 par Ramoii 
Berenger IV, détruit en grande partie par un soulèvement populaire en 1835. 



78 — [R. 7] Il DE BARCELONE A SARAGOSSE.il 

Beaux cloîtres des styles roman et gothique contenant de nombreux tom- 
beaux. Dans l'église, au transept, magnifiques tombeaux en albâtre des rois 
Pierre III (f 1285) et Jacques II (f 13-27) avec sa femme la reine Blanche 
d'Anjou, et, à côté, tombeau du célèbre amiral italien Roger de Loria 
(f 1304), le vainqueur de la flotte de Charles d'Anjou à Naples en 1284; 
dans le chœur, tombeaux de Raraon et Guillermo de Moncada (-i- 1229).] 

La voie passe sur 3 viaducs et dans un tunnel. 

29 k. Picamoixons (g), stat. terminus, également nommée la Plana, 
auprès de laquelle passe la ligne de Tarragone-I>erida (p. 73). La sta- 
tion, dans un site très pittoresque, domine un défilé profond avec la rivière 
Francoli, la route de Montblanch et, en corniche, le ch. de 1er do Lerida. 

Tunnel. — 77 k. Pohla, — 82 k. Riera. — Viaduc courbe. — 84 k. 
Cattlar, à dr. — Viaduc et 2 tunnels. — 91 k. Secuila-Perafort, 
à 103 m. — Pont sur le ravin du Godony. — La voie descend. 

— Tunnel et pont sur le Francoli. — 95 k. Morell. — Au loin, à 
g., cathédrale de Tarragone. — Pont sur un ravin. 

105 k. Reus (g) (hôt. : de Londres; Continental; de Catalogne; de 
Paris), ville manufacturière (filatures et tissages) de 30,000 hab., à 
140 m., au pied des montagnes qui limitent à l'O, le Gampo de 
Tarragone. — Reus est la patrie du peintre Forluny (1838-1874) et 
du général Juan Prini (1814-1870), qui fut nommé comte de Reus 
en 1843. — Eglise S. Pedro avec tour octogonale haute de 66 m. 
(belle vue jusqu'à la mer). — Reus est relié par un ch. de fer (9 k,; 
départs fréquents, 75 c, aller et ret. 1 p. 05) au port de Satou (p. 74). 

De Reus a Tarragone et a Lerida, p. 73; — la. gare du Nord esta 5 min. 
de la gare Àfadrid-Saragosse-Alicante (omnibus entre les deux gares). 

La voie franchit plusieurs torrents. — 134 k. Marsa-Falset, 
A Falset (3,980 hab.), restes d'un ancien château et excellent vin 
d'eî Priorato. — 154 k. Mora la Nueva (g), où Ton franchit l'Ebre 
dont on va remonter la vallée dominée vers le S. par la sierra' de 
la Llena. — 193 k. Fayon, sur la rive dr. de TEbre, au confluent de 
la Matarrana, dominée par les monts de la Fatarella. — La voie 
traverse les contreforts vS. de la sierra de Mequinenza et le rio 
Guadalupe. 

232 k. Caspe, 7,735 hab., au confluent du Guadalupe et de 
TEbre (belle église collégiale). — 263 k. Samper. — On franchit le 
rio Martin. — 272 k. Puebla de Hijar, stat. à 5 k. N. de la ville, 
située dans le Val de Zafran. De là part un embr. de 32 k. qui 
mène à Alcahiz, petite ville de 7,800 hab., centre de la production 
des huiles du bas Aragon (ligne en construction d^Alcaniz à Tortosa). 

— 279 k. Azaila, sur une colline. — La voie franchit l'Aguas et se 
rapproche de la rive dr. de TEbre. — 300 k. Quinto (sources sulfa- 
tées calciques). — 309 k. Pina de Ebro, petite ville de 2,400 hab. 

316 k. Fuentes de Ebro (château des comtes de Fuentes). — 
327 k. El Burgo. — A g., canal impérial d'Aragon, creusé latérale- 
ment à la rive dr. de l'Ebre, commencé sous le règne de Charles- 
Quint et resté inachevé depuis. — A dr., l'Ebre. — On contourne 
Saragosse en traversant l'Ebre. 

344 k. Saragosse, gare del Sepulcro (g) (omnibus pour les 
hôtels; voit, de place; visite des bagages par l'octroi), R. 10. 



nn:us. — manresa. || [h. 7] — 70 

B. — Par Manresa et Lerida. 

^^ du Nord (estaciôn del Norte), 366 k. en 11 h. 30 par le train-corrco, 
en 15 h. par lo train mixte. — 45 p. 75, 34 p. 35, 25 p. 20. 

Auto-cyclisme : — ^ 306 k. ; bonne route en général mais très poussiéreuse, 
mauvaise entre Barcelone et Molins del Rey, Lerida et Fraga, imprati- 
cable en temps de pluie entre Bujaraloz et Saragosse ; conduire avec pré- 
caution. — 11 k. 5. San Feliû de Llobregat. — 16 k. Molbis del Rey, laisser 
à g. la route de Tarragone. — 27 k. 8. Martorell. — 38 k. Esparraguera. 
La route, très pittoresque, serpente au pied de la sierra de Montserrat. — 
42 k. Collbatô (à dr. route du monastère de Montserrat). — 48 k. Bruch 
Alto; montées, descentes, lacets. — 58 k. 5. CasteUoli. — 67 k. Iqualada. 

— 104 k. Cervera; route meilleure, presque plane. — 127 k. Belïpuig. — 
139 k. Mollerusa. — 144 k. Sidamunt. — 148 k. Bell-Loch. — 161 k. J^erida 
(on sort de la ville par la calle de Alcade Costa et la calle de Madrid). 

— 172 k. Alcarruz; mauvaise route, très sinueuse jusqu'à (190 k.) Fraga 
où elle devient légèrement ondulée. — 218 k. Candasnos. — 227 k. Penalba. 

— 236 k. 7. Bujaraloz \ le sol devient mauvais. — 274 k. Osera. — 288 k, 
Alfajarin. — 2v>2 k. Puebla de Alfinden. — 306 k. Sa?'agosse. 

51 k. de Barcelone à Monistrol, station d'où part le ch. de 
fer à crémaillère de Montserrat (R. 4, ^1). — Série de tunnels et 
de tranchées. — 57 k. San Vicente de Castellet, — On franchit le 
Llobregat puis son affluent le Gardoner, près de Manresa. 

65 k. Manresa (g) (hôt. Santo Domingo), ville ancienne de 
23,416 hab., la Munorisa des Romains, jadis capitale du pays des 
Jacetani, est bâtie en amphithéâtre sur la rive g. du Gardoner que 
franchissent un vieux pont de pierre étroit en dos d'àne, de fon- 
dation romaine, une passerelle métallique et en amont un autre 
pont de pierre. 

Itinéraire. — De la gare, on franchit la passerelle et Ton monte 
à dr. vers la collégiale entourée en partie par une place plantée 
d'acacias, d'où Ton découvre une belle vue sur la rivière et les 
montagnes de la rive dr. (on y voit la torre Santa Calalina, point de 
vue que Ton peut atteindre en 30 min. de la gare). 

L'église Santa Maria de la Seo, ancienne collégiale, est un beau 
monument ogival, commencé vers 1320, et achevé au xv" s., à 
l'exception de la façade 0., qui est moderne. La tour est de la fin 
du xvr s. 

A Tint., beaux vitraux, notamment la rose O., retable du Saint-Esprit 
peint par Père Serra (1394), tombeau du chanoine Moletavec statue couchée 
et, dans le coro, boiseries du xv« s. Devant le maître-autel on bois sculpté 
et doré, quelques marches descendent à la crypte. — Dans la sacristie, 
petit Musée contenant notamment un très beau devant d'autel brodé par le 
Florentin Geri di Lapo (vers 1400). — A dr. du portail de l'église une porte 
romane accède à un cloître moderne. 

Il faut descendre des degrés vers l'Est, franchir sur un pont le 
lorrent de St Ignace puis remonter un peu pour aller visiter la 
Cneva de San Ignacio, sorte de grotte où St Ignace de Loyola vint 
faire pénitence et écrire son livre des « Exercices spirituels » . Au-dessus, 
sur les rochers, s'élève le couvent des Jésuites avec Véglise Saint- 
Ignace (belle façade S.). 



80 — [R. 7] [1 DE BARCELONE A SARAGOSSE. || 

On peut encore voir dans la ville Véglise gothique dei Carmen, 
Véglise Santo Domingo, et à dr. de celle-ci la chapelle du Rosaire. ; 

DE MANRESA A CARDONA ET A LA MONTAGNE DE SEL (^ 29 k. : 
N.-O. jusqu'à Cardona; service public d'autobus 1 ou 2 fois par j., 2 fr. 75, ■ 
dép. près de l'hôt. S. Domingo). — On remonte la vallée du Cardoner, entre 
des montagnes pelées, avec quelques bouquets de pins, des myrtes et des 
genévriers. — 21 k. Suria. — La route monte par de nombreux lacets. 

29 k. Cardona (aub. Bellavista), petite ville de 4,000 hab., très pittoresque* : 
ment bâtie sur une haute colline conique (516 m.), couronnée par une ancienne 
et imposante citadelle, et dont le Cardoner entoure presque complètement 
la base. — Eglise du xiv« s. 

A 15 min. au-dessous de la ville, sur les pentes de la colline, on visita 
la célèbre * Montagne de Sel (dite la Saline dans le pays), une des curiosités , 
naturelles de l'Espagne, déjà signalée par Strabon. Cet énorme gisement 
de sel gemme est situé dans une sorte de cirque naturel et se présente 
sous la forme d'une masse glauque et vitreuse, aux flancs ravinés, étince- 
lante au soleil; elle mesure env. 80 m. de haut; on estime sa masse à 
500 millions de tonnes. 

Des gardiens font visiter la Saline (rémunération) qui appartient au duc 
de Medinaceli. On y remarque un certain nombre de petits lacs; dont les 
berges sont érodées dans le sel même ; l'eau en est si complètement saturée 
que les blocs qui y baignent n'y fondent plus. — Parmi les gros blocs 
détachés de la masse, un grand nombre ont l'aspect du marbre ; ils sont 
veinés de rouge, de jaune et d'orangé et doivent ces colorations à divers 
oxydes de fer, qui s'y sont infiltrés, sans toutefois s'amalgamer avec le 
sel. — Un certain nombre de sources coulent sur le sol, où elles se creu- 
sent un lit, tout hérissé de petites aiguilles de sel. — Des grottes, creusées 
par la pluie ou par les sources, trouent de place en place la montagne; 
elles sont tapissées de stalactites de sel, de formes étranges et d'une blan- 
cheur immaculée. On remarquera également les puits d extraction. Les 
ouvriers de la Saline sculptent dans le sel divers petits objets qu'ils ven- 
dent, comme souvenirs, aux visiteurs. 

Une route desservie par des autobus relie Cardona à (19 k. N.-O.) Solsona 
bâtie sur un rocher élevé au-dessus de la rive g. du rio Negro(dans Téglise, 
chapelle de la Vierge du Cloître, but de pèlerinage) ; de là la route se 
prolonge vers (36 k.) Castellnou de Batella où elle rejoint la vallée du Segre 
et la grande route de la Seo de Urgel à Calaf et à Lerida (p. 24). 

DE MANRESA A GUARDIOLA (^ du Nord, 71 k., en 3 h. env.; 8 p., : 
5 p. 35). — La voie franchit le Cardoner, se dirige vers le N.-E. et passe le ; 
rio Llobregat un peu avant d'arriver à (19 k.) Sallent. — On remonte vers 
le N. le cours du rio Llobregat, tantôt sur la rive g., tantôt sur la rive dr. 

— 24 k. Balsareny. — 29 k. Navas. — 38 k. Puigreig. — 46 k. Gironella. — 
50 k. Olvan, station qui dessert (10 k. O. ; corrèsp.) la petite ville de Berga. 

— 57 k. La Baells. — 60 k. Serchs. — 64 k. Figols Las Minas. 

71 k. Guardiola, à l'entrée de la conca de Llobregat, est reliée par "un 
eh. de fer à (10 k.) Pobla de Lillet. 

La voie monte par des rampes considérables pour traverser la 
sierra de Calaf et franchit quatre fois le Rajadell. — Petit tunnel. 

— 77 k. Rajadell, à g. — 6 tunnels. 

100 k. Calaf (restes d'un ancien château : murailles et cinq tours), 
station reliée par un service d'automobile à (35 k.) Pons et à (110 k.) 
la Seo de Urgel par la haute vallée du Segre (p. 24). — 2 tunnels. 

— La voie atteint, au pied du vieux couvent de San Guim (à dr.), le 
point culminant de la ligne (737 m.). — 112 k. San Guim, — La 
voie descend. — A dr., sur des hauteurs, vieux château maure de 



(iGARDONA. -- ËELLPUiG. — LERIDA. || [R- 7] — 81 

Santa Fé, et plus loin, hameau de Montfalcô Murallat ressemblant 
à une forteresse ; plus loin, couvent de San Ran%ôn. — A l'horizon, les 
Pyrénées. 

126 k. Cervera, ville de 4,232 hab., à 484 m. au sommet d'une 
colline: vastes bâtiments de l'ancienne Université, dont Philippe V 
avait doté Gervera en 1718 pour la récompenser de son dévoue- 
ment et pour punir en même temps Barcelone de s'être donnée 
à l'archiduc Charles d'Autriche. 

140 k. Tdrrega, petite ville fort ancienne sur les bords du fleuve 
Gervera; au N. route et voit, publique vers (17 k.) Agramant et 
(31 k.) Artesa de Segre, p. 82; au S. Verdh, célèbre par sa foire 
aux mulets, en avril. — On franchit le canal de' Urgel. 

151 k. Bellpuig (aub. Posada de la Estaciôn), petit bourg de 
2,374 hab., dominé par. les ruines d\i château d'Anglesola. — A 10 min. 
est l'église (pourboire au gardien qui habite à côté). 

A Tint., magnifique ♦tombeau en marbre blanc de don Ramon de Car- 
dona, vice-roi de Sicile (f 152-2), et de sa femme doSa Isabel, chef-d'œuvre 
du sculpteur italien Giovanni da Nola (1525). 

A 10 min. S. de l'église est l'ancien couvent des Franciscains, 
fondé au xii*" s. par les comtes d'Urgel (clef chez l'hortelano, près 
de l'église). 

La sacristie de l'église renferme une espèce de tabernacle ou d'armoire 
pour les vases sacrés, ornée d'arabesques d'une grande finesse. — Un 
escalier tournant, dont l'entrée est un chef-d'œuvre de symétrie et d'exécu- 
tion, conduit au cloître (3 étages de styles différents; gothique du xvi® s. en 
bas; classique du xvii« s. en haut). 

160 k. Mollerusa : embranch. de la ligne de (26 k. ]^.'0.)Balaguer^ 
ville de 5,000 hab. sur la rive dr. du Segre (pont de 5 arches) et sur la 
route de Lerida à la Seo de Urgel (p. 82). 

170 k. Bell-Lloch, dont le nom (Beaulieu) contraste avec la suite 
de landes qui précèdent Lerida. -- Pont (200 m.) sur le Segre. — 
A g., sur une petite colline isolée, se dresse Lerida. 

183 k. Lerida (D (hôt. : Palace, ouvert en 1915, asc, chauff., 
bains; de Espaha, consulat français dans la même maison; Suizo), 
Vllerda des Romains, ville de 24,531 hab., ch.-l. de la province du 
même nom et siège d'un évèché, situé sur la rive dr. du Segre qui 
descend d'une admirable vallée pyrénéenne. 

Histoire. — L'antique Ilerda est connue par un brillant fait d'armes pen- 
dant la première guerre civile entre César et Pompée. Les Maures s'empa- 
rèrent de Lerida à la fin du viii® s. et la reconstruisirent entièrement. 
Vers la moitié du xii^ s. la ville fut reconquise par le dernier comte de 
Barcelone, don Ramon Bérenger IV. Quelques années plus tard, les Certes 
d'Aragon et de Catalogne s'y réunirent et, en 1300, Jaime II d'Aragon réor- 
ganisa l'université. Sous Philippe IV, en 1642, Lerida assiégée repoussa 
toutes les attaques du prince de Condé ; la ville célèbre encore par une 
fête cette délivrance, qui fut le signal du retour de la Catalogne sous 
l'autorité de la monarchie espagnole. Pendant la guerre de Succession, 
Lerida fut assiégée par l'armée franco-espagnole, sous les ordres du duc 
à'Orléans, et prise d'assaut le 12 octobre 1707. Il en fut de même en 1810, 
où le général Suchet commandait l'attaque. 

CSPAQNS. 6 



82 — [R. 7, B] il DE BARCELONE A SARAGOSSE. || 

Itinéraire. — De la gare, à l'E. de la ville, non loin de la rive 
dr. du Se^re, on traverse le paseo del Principe Alfonso et on pénètre 
dans la ville par une longue rue parallèle au cours de la rivière, 
et qui aboutit à la plaza Mayor ou de la Constituciôn, sur laquelle 
se trouvent la Casa consistorial (xvi*et xix*' s.) et Véglise de San Juan, 
reconstruite de nos jours dans le style roman. Près de la place, 
une ancienne porte puis un pont, bâti sur les restes d'un pont 
romain, conduit à la promenade des Campos Ëliseos (théâtre), sur 
la rive g. du Segre. 

La petite plaza de la Paveria et la calle Mayor qui lui succède (au 
n° 45, Gobierno militar, où l'on doit prendre le permis pour visiter 
La vieille cathédrale) conduisent à la Catedral Nueva, bâtie à la fin 
du xviii® s. A g. VHôpital est un ancien couvent avec une Vierge 
gothique au portail. 

La calle de la Palma, au N. de la nouvelle cathédrale, mène à 
Véglise San Lorenzo, du xm® s. (tour octogonale du xv® s.), remar- 
quable par la solidité massive de sa construction (nef centrale 
romane, nefs latérales ogivales ; maître-autel, avec retable du xiV s.); 
elle a remplacé une ancienne mosquée qui n'aurait été elle-même 
qu'un temple romain transformé. 

De San Lorenzo la calle de Tallada conduit à VInstitato Provin- 
cial (entrée, calle de Gaballeros, 17; pourboire au gardien), qui 
contient un intéressant petit musée : belles sculptures du moyen 
âge, tombes provenant de l'ancienne cathédrale, mosaïques ro- 
manes, etc. 

La calle de Tallada aboutit au château qui domine la ville et 
dans l'enceinte duquel s'élève la vieille cathédrale. 

La ^ Catedral antigua (vieille cathédrale), depuis longtemps aban- 
donnée (permission d'entrée au Gobierno militar, V. ci-dessus), est 
un magnifique reste de l'architecture romano-gothique, avec un < 
mélange de style mauresque. Elle fut commencée en 1203, par don 
Pedro P% le Catholique, et consacrée en 1278. Sur la croisée s'élève 
une tour octogonale. Le portail, malheureusement mutilé, conserve 
encore une belle élégance et une réelle richesse de détails. La 
grande porte latérale S., dite dels Fillotj (des Infants), a une riche 
ornementation. 

L'int., que Philippe V fit transformer en caserne, n'a plus forme d'église. 
— A Tétage supérieur, les curieux chapiteaux des piliers fournissent une 
étude complète des ornements du style romano-gothique. — Le cloitre, du 
XIV® s. avec une tour octogonale au S.-O., présente de grands arcs et des 
chapiteaux à dessins variés. Une ogive est entourée d'un câble en spirale ; 
trois autres, de grecques du style byzantin. 

DE LERIDA A LA SEO DE URGEL (@ 147 k. N.-E. ; bonne route desservie 
par des voit, publiques, et automobiles à partir de Pôns). — La route 
remonte constamment la belle vallée du Segre. — 28 k. Balaguer, où aboutit 
un ch. de fer venant de Mollerusa (p. 81). — 55 k. Artesa de Segre. — 
70 k. Pons où l'on rejoint la route de Calaf et 77 k. de Pons à la Seo de 
Urgel (services automobiles ; p. 24 en sens inverse). 

De Lerida a Montblanch, Reus et ïarragone, p. 73. 

201 k. Raymaty station isolée dans une plaine sablonneuse, appelée 



' Il MONZÔN. — SIJENA. || [B. 8] — 83 

la Nogueray bordée de buttes pelées mais bien cultivée. — 207 k. 
ALmacellas. — On franchit au milieu d'un pays nu et désert la 
limite entre la Catalogne et l'Aragon. — 223 k. farnarite-Alborricôn, 

— 228 k. Binefar. Les oliviers reparaissent. On franchit le Sosa. 
239 k. Monzôn (hôt. de Alcober), ville de 3,800 hab., sur la rive 

g. du Cinca, autour d'une roche jaunâtre que surmonte un impor- 
tant c/id/cau donné en 1143 aux Templiers par Ranion Bérenger IV; 
un second chàleau s'élève sur une colline plus basse. — Eglise 
St Jean, gothique. — Ancien bâtiment dit le Jeu de Pelote^ où se 
réunissaient les Cortès d'Aragon et de Catalogne. 

244 k. Selgua : embranch. pour (20 k. N.) Barbastro, petite ville 
épiscopale de 7,000 hab. sur le Yero, avec une cathédrale du xvi° s. 
(retable par Damidn Forment, p. Lxxvni). — 266 k. Lastanusa, — 
Tunnel. — Pont haut de 25 m. sur l'Alcanadre. 

276 k. Sarinefia, petite ville sur une colline, entre l'Isuela et 
l'Alcanadre. 

i^Monastère de Sijena {<^ 15 k. S.-E.), fondé au xii® s. : très beau portail 
roman; fresques et plalond mudejar du xiiie s., p. lxvi ; tombeaux de plu- 
sieurs abbesses et, dans la capilla de San Pedro, sépulture du roi don 
Pedro, de ses sœurs et d'autres chevaliers tombés dans la lutte contre 
Simon de Montfort au xiiio s. — Petit musée et trésor; précieux petit 
reliquaire en or émailié et nacre, travail français (vers 1400). — De Sijena 
à Huesca (p. 88) service d'autobus.] 

288 k. Polinino. — On franchit l'izuela dont on suit le cours. — 
298 k. Grafien. Au N., la chaîne des Pyrénées, qui borne Thorizon 
depuis Calaf, apparaît grandiose; on voit le Mont Perdu, la Brèche 
de Roland dominant les roches rouges du Saut de Roland et, plus 
à dr., ie Goliella. 

314 k. Tardicnla, d'où se détache, à dr., Tembr. de Huesca et 
Jaca (p. 89). — 323 k. Almudevar (château ruiné). — Pont sur le 
Gâllego dont on descend la vallée (rive dr.) jusqu'à Saragosse. — 
340 k. Zuera (églUe très ancienne). — 354 k. Vitlamieva del Gâilego. 

— 358 k. San Juan de Mozarrifar. 

366 k. Saragosse, gare dite del Arrabal (g), située au N.-O. de 
Saragosse, dans le faubourg d'Altabas, R. 10. 



Route 8. — DE PAU A SARAGOSSE 

/° De Pau à Jaca. 
A, — Par Oloron, Urdos et le Somport. 

De Pau à Oloron : ^ Midi. 35 k. en 1 h. 5 (3 fr. 90, 2 fr. 65, 1 fr. 70), par 
(20 k.) Buzy, (25 k.) Oyeu-les-Bains, et (29 k.) Escou; — ^ 31 k., par 
(8 le.) fJan et (18 k.) Belair. 

D'Oloron à Jaca : ^ 91 k.; route desservie, du côté français, par une voit. 
pubi. jusqu'à Urdos seulement, 4 fr. 20, et, du côté espagnol, par une dili- 
gence de Canfranc à Jaca, 3 p. ; voit. part, en 2 j. d'Oloron à Jaca, 60 fr. ; 



84 — [R. 8] 



I DE PAU A SAKAGOSSE. || \ 



service d'automobiles assez régulier l'été, se renseigner; ^ en con- 
etruction. 

N. B. — Pour la description détaillée de ce parcours, Y. le Jeanne : Pyré* j 
nées. 






ùin mngs3jm .v^f exagérées /5 fois 

--§ — 5=:?^ ^=S^H^ 




fc 


m.ï 




^-fÇ^î^ 








^ 


^fc lis 


•s 


2r. 35. to 5» 6o 70 


80 


^L. 


loe ao 


"dfflwfty. 



D' Oloron-Sainte-Marie (hôt. : Louslalot ; de la Poste ; de. France), 
la route remonte la rive dr. du Gave d'Aspe, dans une vallée large 
et fertile. — 5 k. Gurmençon. — 6 k. Arros. — 9 k. Asasp. — On 
entre dans la vallée d'Aspe proprement dite, resserrée entre de 
hautes montagnes. 

16 k. Escot (de l'autre côté du Gave; pont). — Défilé de Pêne 
d'Escot {chapelle de N.-D. de Bonsecours). On passe sous le viaduc du 
ch. de fer (en construction) et devant le petit établissement ther- 
mal des Fontaines d' Escot. — Pont de Sarrance. — 19 k. Sarrance au 
bord du Gave (fontaine miraculeuse de N.-D, de Sarrance). — 21 k. 
Pont Suzon. 

25 k. Bedous (hôt. de la Poste '^ ancien château à tourelles). — 
26 k. 5. Petit établissement de Suberlaché. 

29 k. Accous (hôt. de France), ch.-l. de c. de 1,024 hab., ancienne 
capitale de la vallée d'Aspe : obélisque à la mémoire du poêle 
Despourrins (1699-1759). ~ Bains de Bulasquet. 

La vallée se resserre entre les murailles du Pêne d'Es^quit 
(1,993 m.) à rO., et du Pic d'Arapoup (1,669 m.), à TE. — 34 k. 
Cette-Eygiin. — 37 k. Etsaut {tour rainée; maison du Chien, du 
XV'' s.; vieux pont pittoresque). — La route franchit le Gave sur le 
pont de Sebers, tout couvert de verdure, et s'engage dans un défilé 
dominé en face par le fort d'Urdos sur un rocher surplombant le 
torrent de 150 m., et communiquant avec la route par lepont d'Enfer 
et un escalier de 506 marches. — A la sortie du défilé, pont d'Urdos. 

44 k, Urdos (aub. Vidailhet), dernier village français, à 760 m. 
sur le versant dr. du Gave. — La route s'engage dans un défilé, puis 
entre dans un second bassin. — 47 k. Aub. de Peillou. — 49 k. La 
Fonderie, ancienne usine. — La route contourne un promontoire 
que recouvre la forêt de hêtres de Sansané. Après plusieurs lacets 
elle traverse l'ancienne route, près de l'auberge dePeyrenère, pour 
gravir obliquement la montagne. • 

54 k. Somport [Summus Portas) ou port d' Urdos (1,640 m.) passage- 
frontière (pyramide commémorative de la construction de la route) 
par lequel, ainsi que par ceux de la Navarre, Abder-Rhaman Ht 
passer la redoutable armée qui, en 732, menaça la chrétienté. — On 
tourne à dr. pour descendre, à travers des pâturages, dans la 
vallée espagnole du rio Aragon, et l'on passe à la base d^ua rocher 






IlJACA.II [B. 8] - 85 

qui porte les ruines de V hôpital de Santa Cristina, fondé en 1108 
par Gaston, vicomte de Béarn, en faveur des pèlerins de Saint- 
Jacques de Gompostelle et des voyaiieurs, — La route suit la rive dr. 
du rio Aragon. Un fort protège les abords 'de Canfranc. 

66 k. Canfranc (hôt. Sisas), à 1,040 m., sur la rive dr. du rio 
Aragon, et dominé par un château du xvi^ s. 

70 k. Villanua. — 77 k. Castiello. — On pénètre dans Jaca par la 
porte de France (belle vue). 

91 k. Jaca (hôt. : La Paz, calle Mayor, 39, déj. et dîn. 3 fr. 50, 
ch. de 1 à 3 fr., pens. de 6 à 10 fr. ; Mur, calle Santa Orosia, 1, 
repas 4 p., ch. à 1 lit 2 p. 50, à 2 lits 5 p.), ville forre de 4,500 hab. 
env., siège d'un évêché, à 819 m. sur une colline de la rive g. de 
TAragôn et entourée de murailles crénelées flanquées de tours car* 
rées. En dehors de Tenceinte, un boulevard planté d'ormeaux entoure 
la ville et offre de curieuses vues au S. sur la plaine cultivée et, à 
l'horizon, sur des sierras pelées. Sur une éminence au N., s'élève 
une massive citadelle (vue magnifique), commencée par Philippe II, 
en 1593, achevée par Philippe III, restaurée par les Français en 1810. 
Jaca est la tête de ligne de la voie ferrée qui, par Huesca, va 
rejoindre à Tardienta la ligne de Saragosse à Barcelone. 

Histoire. — Jaca montre encore dos restes de fortifications romaines. 
Vers 760, le gouverneur maure de Huesca vint attaquer Jaca, mais le roi 
lûigo et le comte Aznar repoussèrent les Maures. Sar le champ de bataille, 
au lieu appelé las Tiendas, on éleva une chapelle à N.-D. de La Victoire (à 
3 k. O.), en commémoration de cette victoire à laquelle les femmes de Jaca 
contribuèrent autant que la population mâle; et le 1®'' vendredi de mai, les 
jeunes filles s'y livrent à des combats simulés pour rappeler le courage des 
héroïnes, leurs ancêtres. Au mois de juin ont lieu les tètes d'un caractère 
local très pittoresque et la procession de Ste Orosie, patronne de Jaca, 
qui attirent une foule de pèlerins de tout le haut Aragon. 

La cathédrale gothique avec une tour carrée, élevée en 1040 et 
reconstruite au xv* s., a un beau portail (à Tint., admirables scul- 
ptures en albâtre de la chapelle de Saint-Roch, par Giovanni Moretax 
sculptures du tombeau de l'évêque Pedro). — Casa Consistoriai (1554) : 
fenêtres garnies de grilles massives en fer forgé (à Tint,, on peut 
voir attaché sur une table par une chaîne, le livre des droits et des 
lois particulières de la commune). — Vieille priso/i, surmontée d'une 
tour. — Chez le pharmacien de la calle Mayor, on peut demander 
à voir un beau plafond à caissons du xv* s. 

[Ascension facile de la Pefîa de Aroêl (1,760 m., au S.-S.-E. ; chemin mule- 
tier, montée 3 h.); sur ses flancs, l'ermitage de la Virgen de la Cueoa occupe 
l'entrée d'une grotte où, d'après la tradition, 300 gentilshommes pro- 
clamèrent en 724 l'indépendance chrétienne et fondèrent le royaume de 
Sobrarbe, origine du royaume d'Aragon. — Excursion d'une journée aller et 
ret. au vieux monastère de San Juan de la Pena, dominé par d'énormes 
rochers en surplomb, et sépulture des premiers rois d'Aragon.] 

B. — Par Laruns, Eaux-Chaudes et Pantîcosa. 

De Pau à Laruns : M 39 k., en 1 h. 30 env. ; 4 fr. 40, 2 fr. 95, 1 fr. 95. — 
@ 38 k. par (8 k.)~an, (17 k.) Rébénacq, (23 k.) Sévignacq, (22 k.) Lonvie- 
Juzon , route plate jusqu'à Gan, puis quelques côtes sans importance. 



86 — [R. 8] 



II DE PAU A SARAGOSSE. || 



De Laruns à Sabinanigo : ^ 106 k. ; route belle et pittoresque, mais sans 
parapets, avec virages dangereux, courbes de trop faible rayon, et tour- 
nants brusques en Espagne. Du 15 juillet au 15 sept., 3 fois par semaine, 
service public d'automobiles, arrivée à Panticosa-les-Bains pour le déjeu- 
ner ; 15 fr. (ce service pouvant changer d'une année à l'autre, se rensei- 
gner) ; de Panticosa service de voit, et d'autos pour (45 k.) Sabinanigo. 
De Sabinanigo à Jaca : ^ 16 k. 

De Laruns (hôt. : des Tourisles-, de France, etc.), la route sort au 

S., franchit le Gave d'Ossau, 

\S3uyeterre K^\Dax près du village de Pon (à g.) 

et s'élève rapidement,. 

1 k. 8. Bifurcation; laissant 
à g. la route d'Eaux-Bonnes, 
on prend à dr. la route d'Eaux- 
Chaudes qui s'élève sur la 
rive dr. du Gave d'Ossau (côte 
de 1,200 m.), et traverse la. 
sombre gorge du Hourat, 
(pont à 504 m. d'alt. 

5 k. 8. Eaux-Chaudes, sta- 
tion thermale. — La route 
remonte au S., la magnifique 
gorge boisée du Ga ve de Gabas, 
franchit le pont d'Enfer (au- 
dessous, à g., croix) et suit la 
rive g.— 11 k.5. Adr., maison 
cantonnière; en face, pic lier- . 
rana (2,065 m.), puis nouveau 
défilé où la route s'élève en 
lacet. A un détour, on voit 
tout à coup se dresser le pic du 
Midi d'Ossau dans un décor 
merveilleux. A g., en contre- 
bas, c/iape/^e fondée en 1121. 
14 k. 150. Gabas (douane 
française; hôt. : des Pyrénées^ 
Berges, du Pic du Midi), hameau 
àl,030m.d'alt.(e^^/seduxv«s.). 

— La route remonte la vallée 
étroite du Gave de Brousset, 
en décrivant de grands lacets. 

— 16 k. 5. Pont de Sagette 
(1,199 m.). — Pont de Camps. 

— 24 k. Pont de Louradet. — La route s'élève par le défilé de Tournon. 
28 k. 850. Col du Pourtalet (L758 m.), frontière avec l'Espagne, 
entre le pic d'Anéoii {2,119 m.) au S.-O., et le pic d'Esiremère (2,116 m.) 
au N.-E. — Belle vue mais très âpre sur les montagnes du Haut 
Aragon, en arrière le pic du Midi d'Ossau (2,885 m.) dresse sa 
pointe grandiose au-dessus du pic de Peyreget (2,473 m.). — La 
route descend en pente douce dans la vallée supérieure du rio Gâl- 




Il SALLENT. — PANTICOSA. || [R. 8] — 87 

loiro, dite Formigal ou Val Roumigas; magnifiques pâturages à g. 
pyramicle grise de la Pefia Forada (2,313 m.). 

34 k. Cuartel de Socotor, à 1,520 m. 

36 k. Sallent (1,307 m.; fonda Bergua, rudimentaire; guides; 
douane espagnole : caution nécessaire ou gros dépôt à payer pour voit.. 
et autos), bourgade très animée dont la population (1,625 liab .j est 
restée fidèle au costume traditionnel ; elle est bâtie en amphithéâtre 
à la base de la formidable Peùa Forada, au confluent de TAgua 
Limpia (eau pure) avec le Gâllego. — Ùéglise possède un riche 
trésor. 

La route continue à descendre la vallée sévère du Gâllego. — 
42 k. Lanuza ou Lanussa. — La roule, taillée à pic dans le roc, 
pénètre dans un tunnel, puis franchit le rio. A g., Escarilla (anc. 
église fortifiée). — Laissante dr. la route de Sabinanigo et de Jaca, 
la route de Panticosa franchit le magnifique pont d'Escarilla e* 
remonte l'abrupte gorge du Caldarès, dite d'Escalar, 

54 k. Panticosa {Gran Hôtel Oriente, neuf et vaste), en contre- 
bas de la route (remar(]uer le cimetière avec ses pierres tombales 
placées les unes sur les autres). — La route décrit des lacets courts, 
aigus, dans la gorge d'Escalar, sauvage, aride, bordée de monta- 
gnes grises où croissent quelques maigres sapins et des touffes de 
buis. En arrière, la Pena Telera (2,760 m.). 

61 k. Bains de Panticosa (Aguas de Panticosa; hôl. Continental et 
Gran Hôtel, déj. 4 p., dîn. 5 p., ch. 3 à 15 p. ; nombreuses pensions 
de famille à prix modérés; Casino au nouvel établissement, concerts 
t. 1. j.), station médicale bien organisée et fréquentée par Tarislo- 
cratie espagnole, â 1,639 m. dans un site grandiose mais rude, près 
d'un petit lac. 

Les 4 sources (-26», 4 à 31») ont un débit de 882 hectol. en 24 h. Ce sont 
les sources sulfatées del Higado (du foie), qui ne s'emploie qu'en boisson, 
et de los Herpès (des dartres ou de Iherpès), qui ne s'emploie guère qu'en 
bains; la source sulfatée, légèrement amôre, de la Laguna, purgative; la 
source sulfureuse del Esiomogo, qu'alimente le Bain de la Pradera. Les 
artections chroniques non tuberculeuses de la poitrine, la dyspepsie, les 
rhumatismes, les maladies cutanées en dehors de l'état aigu, les manifes- 
tations du lymphatisme et de la scrofule sont traitées avec succès à Pan- 
ticosa. 

De Panticosa on rejoint la route venant de Sallent. La route monte 
au plateau de Prieyo {château de M. de la Roca taillada), carrefour où 
aboulissent la vallée de Tena, la gorge du rio Gâllego et d'Escalar, 
et le vallon de Tendenera. — On laisse à dr. les villages de Pie- 
drafitta et de Tramacastilla. — A g., couvent (but de pèlerinage) et 
fort de Santa Elena, plantés sur un rocher à pic. La route descend 
la vallée de Tena, resserrée, sauvage et pittoresque. 

90 k. Biescas (bonne posada André Fananas y Chances), ou Viescas 
(864 m.), bourg de 3,000 hab., divisé en 2 quartiers par le rio Gâllego 
que franchit un pont de bois (péa.L»-e); dans la vieille cité, maisons 
anciennes à grands écussons. — De Vermitage de San Sébastian, qui 
domine le bourg et la vallée, on a une très belle vue. 

La route, côtoyant le rio Gâllego, court au S. à travers un pays 



88 — [R. 8] Il DE PAU A SARAGOSSE. |1 

plat et sablonneux, parsemé de genêts. A g., montagnes boisées. 
106 k. Sabinanigo (g); ch. de fer pour (16 k.) Jaea (p. '85), 

2° De Jaca à S ara gosse par Ttuesca, 

^ Nord, 185 k. en 6 h.; 21 p. 80, 16 p. 40, 11 p. 65. 

Pont sur le rio Gas. — 6 k. Navasa. — La voie franchit le Par- 
denilla et le Tulivana, dont elle suit la vallée, vers TE. — 16 k. ■ 
Sabinanigo (autos et voitures pour les bains de Panticosa, V. ci-des- 
sus). — Pont sur le Tulivana, tunnel, viaduc. — 37 k. Orna — Pont 
sur le Gâllego. — 47 k. Caldearanas. — Pont sur le Rimtariz. Tun- 
nels. — 51 k. Anzânigo, 594 m., sur une terrasse dominant le con- 
fluent du Gâllego et de ITsabel. — Tunnel. Viaducs. On franchit le 
Gâllego. — Près de la voie, pittoresque pont en dos d'âne. — 57 k. 
La Pehay groupe de ventas. — A dr., vers l'E., sierra de la Pena, 
grande muraille de calcaire gris, séparée par le Gâllego de la sierra 
de Riglos. — Pont sur le Gâllego. — A dr., sur la rive dr. du Gâl- 
lego, Murillo de Gâllego, petite ville pittoresquement groupée sur 
les pentes d'une terrasse. — 6 petits tunnels. — La voie contourne 
les flancs de la gigantesque masse de poudingues roses des Malles 
de Bigles (belle vue). — 75 k. Ayerbe, k 576 m. {Casa Consistorial du 
style ogival). — Ponts sur le Soton et sur le Benia. — 104 k. Alerre. 

111 k. Huesfea(hôt. : Grand-i/d^e? ; de £^spa^a), ville de 12,264 hab., 
ch.-l. de la province du même nom, se développe en amphithéâtre, 
à 475 m. d'alt., sur les pentes d'une hauteur dominant la belle 
plaine de la Haya de Huesca, 

Histoire. — Osca, capitale des Vescitani^ était déjà ftnportante au temps 
de Sertorius, qui y réunit comme otages les fils des principaux chefs espa- 

fnols, et en fit la capitale de son éphémère république d'Ibérie. Sous la 
omination des Maures, Huesca devint une de leurs principales places fortes. 
Plusieurs fois les rois d'Aragon tentèrent inutilement de la leur enlever; en 
1094, le roi Sanche-Ramirez vint mettre le siège devant la ville, mais il fut 
tué d'un coup de flèche. Avant sa mort, il obligea par serment son fils, 
Pierre P»", à continuer le siège. Celui-ci défit une armée de secours et s'empara , 
de Huesca en 1096. 11 en fit la capitale du royaume d'Aragon et rétablit . 
l'évêché. En 1247, le roi Jaime le Conquérant publia, à Huesca, le fuero ou ; 
code de Huesca, qui devait être appliqué à toutes les parties du royaume ^ 
qui n'avaient pas de fueros particuliers. 

Itinéraire. — Sur une vaste place au N. de la ville s'élève la i 
cathédrale, commencée au xv" s., achevée en 1515 (façade mi» , 
gothique, mi-Renaissance; clocher octogonal). 

Intérieur. — Belle nef centrale très élevée, avec un transept et des nefs 
latérales basses et sombres ; maître-autel, avec un beau * retable en albâtre, 
représentant la Passion (Damiàn Forment y travailla de. 1520 à 1533; dans 
l'un des médaillons se trouve son portrait). 

Le cloître, délabré, est antérieur à l'église et garde les traces de son style 
primitif qui se rapproche du roman; une aile, bâtie vers 1453, est gothique. . 

En face de la cathédrale, la Casa Consistorial date du xvi® s. — - 
A côté, petit musée de peinture et d'archéologie légué par l'histo- 
rien Garderera (panneaux du grand retable de Sijena). — L'ancienne 
université du temps des rois d'Aragon est auj. VInstiiut provinçiaL 



Il HUESCA. Il [B. 0] - 89 

On peut y visiter (rétribution) une salle voûtée du xii® s. où se serait 
passée daprès la tradition la scène de la « Cloche de Huesca » (1136) : le 
roi Ramiro JI v réunit, dit-on, les seigneurs révoltés pour leur faire voir 
« une cloche qui serait entendue dans tout le pays « ; puis il fit décapiter 16 
d'entre eux; 15 têtes furent disposées sur le sol de façon à représenter le 
bord inférieur de la cloche, et la 16« fut pendue au milieu en guise de battant. 

Plus au N., l'antique église de San Juan (style roman) et celle de 
San Miguel (belle abside ogivale) touchent à Venceinte médiévale 
(grosse tour à mâchicoulis). 

Dans le quartier S., Véglise de San Pedro (xii* s.; restaurée), à 
3 nefs et 3 absides avec un beau cloître (p. lxvi), est un des pjus 
anciens édifices romans du nord de l'Espagne. 

[A 5 k. N., ruines du célèbre monastère de Monte Aragon (xi« s.), lieu de 
sépulture de plusieurs rois. 

De Huesca, on peut aller visiter le monastère isolé de Sijena (p, 83); ser- 
vice d'autobus, 3 h.] 

On traverse le Llano de Violada. — 133 k. Tardienta (à g. la ligne 
de Lerida). — 52 k. de Tardienta à Saragosse (p. 83). 
• 185 k. Saragosse, gare del Arrabal ®,(K, 10). 



Route 9. —DE BAYONNE (BIARRITZ) 
A PAMPELUNE ET A SARAGOSSE 

j"" De Bayonne à Pampelune. 
A. — Par Saint-Sébastien. 

^^ : — De Bayonne a Irun et Saint-Sébastien, 48 k., R. 12; — de Saint- 
Sébastien A Pampelune, 2 lignes ; A. 138 k. par Alsasua où l'on change 
de train, réseau du Nord, trajet en 4 h., 17 p. 25, 13 p., 7 p. 75; B, 93 k, 
par Lccumberry, nouvelle ligne directe ouverte en 1914, départ de la gare 
de Bilbao, trajet en 3 h., 14 p. 30, 10 p. 75, 7 p. 10. 

De Saint-Sébastien à Pampelune par Alsasua, — On 
suit la grande ligne de Burgos-Madrid (R. 16), jusqu'à (86 k.) 
Alsasua, où la ligne de Pampelune-Saragosse se détache à g. et 
franchit TAraquil dont elle descend la vallée. — Adr., la sierra d^ 
Urbaza. — 96 k. Echarri-Aranaz. — La voie franchit l'Âraquil. 
— 105 k. Huarte-Araquil; au-dessus de Huarte, sur le mont Araler, 
chapelle de San Miguel de Excelsis (p. lxvi). — A dr., sierra de 
Andia; à g., sierra de Aratar. — 116 k. Irurzun (426 m.). — Petit 
tunnel d'Asquia; grande courbe; deux ponts sur l'Araquil. — 129 k. 
Zuasti. — La voie franchit le Loza. — 138 k. Pampelune (p. 94). 

De Saint-Sébastien à Pampelune par Lecumberry. — 
La nouvelle ligne directe de Pampelune suit la ligne de Bilbao 
(R. 14) Jusqu'à (8 k.) Lasarte, puis remonte la vallée de l'Oria 
jusqu'à (i6 k.) Andoain, où elle croise la grande ligne de Burgos, 
pour s'engager dans la vallée du Leizaran. — 42 k. Leiza. — 52 k. 
Huici. — 57 k. Lecumberry au point culminant de la grande route 



90 — [R. 9] 



Il DE BAYONNE A PAMPELUNE. || 



de Tolosa à Pampelune (p. 130). On dftscend d«nns la vallée de 
(65 k.) Latasa puis dans celle de l'Araciuil. — 70 k. Iriirzun, égale- 
ment desservi par la ligne d'Alsasua. — 88 k. Pampelane-Empatme, 
— 93 k. Pampelune-Ville (p. 94), 



B. 



Par Elîzondo. 



Jll6k. — Services réguliers d'automobiles, toute l'année, de Saint-Sébastien 
à Elizondo (par Irua et Vera, 9 p.) et d'Klizondo à Pampelune. — Ex(:ur- 
sions en automobiles, organisées pendant la saison, de Biarritz et de 
Saint-Sébastien à Pampelune (s'adresser aux Syndicats d'Initiative). 

Sortant de Biarritz par l'avenue de la Liberté, on prend à dr. (3 k.) 
près de la gare de la Négresse la route d'Espagne, puis aussitôt 

après le deuxième ^ 
passage à niveau, on ' 
quitte la route natio- 
nale pour monter (à 
g.) sur le plateau 
d'Haraasta (très belîe 
vue). Laissant d'a- 
bord à dr., la route 
d'Arbonne, on prend 
bientôt à dr. la route 
d'Arcangues. 

7 k. Arcangues 
(église du xni* s., 
modernisée). Du ci- 
metière où le lieut.- 
col. Ilill-James a fait 
élever un monument 
aux soldats anglais 
et français tués au- 
tour de Bayonne en 
1813-1814, très belle 
vue; beau château 
moderne sur un ma- 




melon planté de chênes séculaires. Dans le village on laisse sur 
la dr. une route pour Arbonne. 

On entre bientôt dans les bois de Saint-Pée, par endroits très pit- 
toresques; à dr. par moment très belle vue sur l'Océan, depuis le 
cap du Figuier jusqu'au phare de Biarritz. — Longue descente 
avant d'arriver à Saint-Pée; puis on laisse à dr. à l'entrée du village i 
une route pour Saint-Jean-de-Luz, puis à g. la route d'Espeletle. 

22 k. Saint-Pée (hôt. : de ta Nivelle; Santiago; restes d'un château 
du XV® s.). — La route remonte la vallée de la Nivelle qu'elle fran- 
chit plusieurs fois et laisse à dr. la route de Sare, puis peu après, 
à g., celle de Aïnhoue et Cambo. Belle vue à dr. sur la Rhune. La 
route, souvent dans les bois, fait de nombreux coudes. 

35 k. Dancharinea, village frontière (bonne auberge en France; 
vieilles maisons en bois). Laissant à g. dans le village une roulo 



Il ÉLIZONDO. Il [R. 9] - 91 

pour Cambo, on tourne à dr. et, franchissant la Nivelle, on passe 
en Espagne. — 35 k. Landibar (douane espagnole). Très jolie route 
en montée assez rapide. A dr. dans la vallée, village d'Urdax (aub.; 
sombre église du xvi" s., avec cloître du xvii' s.). Vue à g. sur le 
Mondarrain, l'Arsamendi et les montagnes de Cambo. La route 
monte en lacets. — Belle vue à dr. (au 1" plan, le pic Atchuria). 
45 k. Col de Maya. (Sur la hauteur à dr., à 7 ou 8 min. de la route, 
vue admirable : vers l'O., la Rhune, le pic Atchuria, la Haya; au 
N.-E., les montagnes de Cambo; au N., la plaine basque, Biarritz, 
Bayonne, plus près Dancharinea et Aïnoha, enfln la côte de l'Océan). 
Descente dans la vallée du Baztan; vue splendide sur la g. On 
passe au pied du pic de Alcarrunz. — Descente par de grands lacets. 

— 53 k. Mayay village pittoresque. — 55 k, Urrasun. — A g. se 
détache la route de Saint-Etienne-de-Baigorry par le col d'Ispeguy. 

— La route descend toujours, laissant à g., au pied du pic d'Aro, le 
village dWriscun, puis plus loin, au pied du pic de Hausa, Elvétéar. 

— Jolie vallée encadrée de montagnes verdoyantes. 

57 k. Elizondo (hôt. : Julian Lazaro; Galarza; Jaurregui, déj. et 
dîn. 3 p., ch. 2 p., pens. 10 p.; Vve Ripe), 1,500 hab., capitale de la 
vallée ou « Université » de Baztan. — La vallée de Baztan, très 
bien cultivée, une des plus riches de la Navarre et dont cependant 
la population basque émigré en masse vers la Plata, formait jadis 
une petite république dont tous les membres étaient nobles; auj. 
encore, chaque maison est ornée d'écussons. — Eglise ir es curieuse 
(remarquer sur le sol les paniers à provisions destinées au curé, et 
les rals-de-cave plus ou moins gros suivant la fortune des fidèles). 
Au rez-de-chaussée du palacio de los Gobernadores (xvi® s.), une vaste 
galerie sert de jeu de paume; à côté s'ouvre une arcade qu'il faut 
franchir et s'avancer de quelques pas, pour voir Elizondo, avec ses 
deux ponts de pierre, sous son aspect le plus pittoresque. 

La route continue à descendre la vallée du Baztan dont elle 
franchit un tributaire pour passera (60 k.) Ururita, (63 k.) Arrayoz, 
(66 k.) Mugaïre (fonda Aizpiiria, bon hôt.-rest.), où on laisse à dr. 
la route d'irun et de Saint-Sébastien. 

La route remonte le cours du Marin (en arrière, vue magnifique; 
travaux d'art; pont de 20 m. de haut., à 3 arches, en marbre), et 
rejoint la route qui descend de Berroeta ou Berructa (sources minérales). 

72 k. Almandoz, à 428 m. — La route s'élève à travers de magni- 
flques forêts de hêtres jusqu'aux abords du port de Velate (868 m.). 

80 k. Venta Quemada (aub.; on peut s'y faire servir un repas 
passable). — Etroit défilé menant au col de Matacola, dont le versant S. 
est tapissé de futaies de chênes. — 87 k. Venta Arraiz. — 93 k. Olayiie, 

99 k. Osliz, sur l'Ulzama, dont la route descend dès lors la rive g, 

— 106 k. Sorduren^ où, en 1813, l'armée française essuya une san- 
glante défaite, qui lui coûta 3,000 hommes.— On franchit l'Ulzama. 

ItO k VUlanueva ou Villava, 1,300 hab. (ruines d'un monastère 
roman; maisons ornées de sculptures de la Renaissance), d'où l'on 
aune vue admirable sur la plaine de Pampelune et où l'on rejoint 
la route de Roncevaux et Saint-Jean-Pied-de-Port. — On franchit 
l'Arga, et on monte le long d'un plateau : à g., Pampelune se détache 



92 — [B. 9] Il DE BAYONNE A PAMPELUNE. || 

sur le fond de montagnes dont le pic de Relate est le point le plus 
élevé. — 116 k. Pampelunc (p. 94). 

C. — Par Saint-Jean-Pied-de-Port et Roneevaux. 

De Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port : ^ Midi, 52 k., en 1 h. 40 à 2 h., 
5 fr. bO, 3 fr. 95, 2 fr. 55. 

Dp Saint-Jean-Pied-de-Port à Pampelune : @ 75 k. ; dilig. 4 fr. jusqu'à Bur. 
guete ; 5 p. de Burguete à Pampelune. 

53 k. de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port, F. le Joanne : Pyrénées. 

En sortant de Saint-Jean-Pied-de-Port, on laisse à dr. la route 
de Bayonne et l'on descend dans la gorge de la Nive d'Arnéguy ou 
petite Nive dont on remonte la rive dr. — 7 k. Les Pintes (douane 
française), où l'on rejoint la vieille route. 

8 k. Arneguy, dernier village français. Pont-frontière. La Nive 
franchie, on est en territoire espagnol. La route décrit de nom- 
breux lacets, tournants très dangereux. Jolie vue sur la vallée de 
la petite Nive dans un cirque de belles montagnes. — Douane espa- 
gnole. La route montant à Valcarlos est assez dangereuse. Très 
belle vue. 

12 k. Valcarlos (hôt. : Masquera, déj. 2 fr. 50, dîn, 3 fr., ch. 1 fr. 50 
à 2 fr., pens. 6 fr. par j., gar. ; Marcellinos; établissement hydro- 
thérapique; mines de cuivre), 1,035 hab. env. — 14 k. Premier 
péage- La route s'élève en lacets dans le défilé de Valcarlos et 
monte sur les flancs du Haut de Caïndela et du Mont de Doray, som- 
mités se dressant à dr. et qui appartiennent à l'Espagne; à g., la 
Nive qui en longe la base, forme la frontière française. A g. on voit 
le réservoir d'eau de la grande usine électrique de Valcarlos (elle 
éclaire Gambo). On traverse une gorge étroite bordée à g. par une 
haute muraille de rochers. Las Pehas de Francia, jusqu'à Gaînecoteta, 
puis on longe le flanc de la montagne d'Altobiscar. De la venta de 
Gorosgaray jusqu^au col, en passant par la maison cantonnière, la 
route monte au milieu de rochers et de magnifiques hêtraies. i. 

27 k. Port ou col d'Ibaheta ou de Roneevaux (1,057 m.), et ruines * 
insignifiantes de ce qui fut la chapelle de Charlemagne. — On descend. \ 

29 k. Roneevaux (en espagnol RoncesvaUes\ en basque, Orhia), | 
pauvre village, à 981 m., doit sa célébrité à la défaite de l'arrière- | 
garde de l'armée de Charlemagne. 

Histoire. — C'est dans le charmant vallon boisé, où coule le ruisseau 
descendu du pic d'Altobiscar, que, le 15 août 778, fut consommée cette san- 
glante défaite. D'après le roman, le paladin Roland et les douze pairs de 
l'empereur furent écrasés sous les rochers que les Basques ïirent rouler sur 
eux, mais on ne saurait préciser Tendroit où eut lieu ce désastre. — En 
810, Louis le Débonnaire, alors roi des Aquitains, au retour d'une expédi- 
tion en Espagne, passa à Roneevaux et préserva son armée de toute 
jattaque en enlevant comme otages les lemmes et les enfants des l^asques. 
En 8-22, l'armée franque descendit jusqu'à Pampelune; au retour les Arabes 
et les Basques réunis s'embusquèrent dans les bois et les rochers du passage 
de Roneevaux et attendirent l'armée d'Aquitaine, qui fut égorgée ou prise 
jusqu'au dernier homme. — En 1794, le général Marbot battit le duc d'Os»,- : 
^ un a au port 4^ Roneevaux. £îa 1813, le mg.réchal Soult, voulant de nou- ^ 



Il RONCËVAUX. Il [Ê. 9] — Oa 

veau pénétrer en Espagne pour secourir Pampelune, passa le port de Ron- 
cevaux à la tête de 35,000 hommes et attaqua à î'improviste les 18,000 Anglais 
postés dans la vallée. Il les poursuivit jusqu'à Sorauren où s'engagea une 
bataille décisive que termina la déroute des Français. 

Description. — Au milieu du village s'élève le * Couvent, vaste 
bâtiment massif, ayant toute l'apparence d'une forteresse et que 
domine l'église primitive. 

La u royale et insigne collégiale » de Roncevaux est considérée en 
Espagne comme l'un des plus célèbres sanctuaires de la chrétienté; elle 
prend place, après Jérusalem, Rome et Saint-Jacques de Compostelie. sous 
la protection immédiate du Saint-Siège et sous le patronage direct du roi 
d'Espagne, qui en nomme le prieur. Ce dignitaire et les six chanoines de 
la collégiale portent sur leur robe, au côté gauche, une croix de velours 
vert recourbée en crosse au sommet et terminée en pointe d'épée et une 
médaille d'or ou d'argent avec cette même épée. C'est le seul souvenir qui 
reste de l'ancien ordre militaire de Roncevaux. 

L'église actuelle, fondée par Sanche le Fort (xni" s.), possède 
la célèbre image de la Vierge que les pèlerins viennent vénérer, 
statue française de la fin du xiii* s., en bois revêtu d'argent. 

On y voit en outre : un Évangéliaire à reliure d'argent (xii« s.), sur lequel 
les rois de Navarre prêtaient serment lors de leur sacre; un reliquaire en 
forme d'échiquier, orné d'émaux translucides, ouvrage de Montpellier 
(milieu du xiv" s.). 

En dehors de ce trésor, l'un des plus importants d'Espagne, on peut voir 
à la Collégiale le tombeau renfermant les restes du fondateur et de sa 
femme; deux fragments des chaînes conquises à las Navas de Tolosa (F. 
cathédrale de Pampelune); une chape brodée en or par Ste Elisabeth, reinô 
de Portugal; une curieuse statue de la Vierge, dont les yeux, éclairés d'une 
certaine façon, semblent remplis de larmes grâce à des diamants habilement 
combinés; un beau tableau de Joannès; un triptyque flamand, don du duc 
d'Orléans; enfin les deux masses du paladin Roland et les pantoufles de Turpin. 

A côté du monastère, promenade des Abbés (arbres en boulingrin). 

La cliapelle Sancti Spiritus, dans une autre partie du village, a été 
érigée, dit-on, au-dessus de la fosse où furent inhumés les preux 
de (ilharlemagne. Elle est ouverte au culte au mois de mai et des 
messes y sont dites pour le repos de l'âme de Roland et de ses 
douze pairs. 

11 y a à Roncevaux une auberge où les amateurs de pittoresque 
trouveront une cuisine espagnole avec foyer central autour duquel 
cuisent autant de petits pots qu'il y a d'hôtes dans la maison. 

Pour plus de confort on fera bien de remonter la vallée pour 
aller chercher repas et gîte à (32 k.) Burgaete (hôt, des Postes^ ch. 
2 p.: —péage). 

On laisse à g. la route de Aoïz qui mène également à Pampelune. 

36 k. Espinal (péage). — On traverse Viscarret, pour entrer dans 
des régions arides. — 48 k. Erro (relais). — Montée. — 55 k. Au 
sommet de la côte (péage), maison cantonnière. — Longue descente. 
— 56 k. Zubiri. — On suit la vallée de l'Arga. — 63 k. Aquaram 
(péage). — 67 k. Zabaldica. — 69 k. Huarte, où l'on tourne à dr. — ■ 
On franchit PArga. — 71 k. ViUanueva, ou Villava (p. 91). — 
On entre dans Pampelune par. la porte San Nicolas. 



94 



[R. 9] 



Il DE BAYONNE A PAMPELUNE. 1 



75 k. PAMPELUNE (Pamplonà), la Pompaelo ou Pompejopolis des 
Romains, ville fortifiée de 29,014 hab.,ch.-].de la province de Navarre 
et siège d'un évièché, est située à 420 m. d'alt., sur la rive g. de 
l'Arga. La gare du Nord (@; ligne de Saragosse à Alsasua) est à 
env. 2 k. de la ville; la gare de la nouvelle ligne de Saint-Sébastien , 
«st beaucoup plus rapprochée, près de la porte Saint-Nicolas. Les 
ci>urses de taureaux y sont fort brillantes, surtout aux grandes 
fêtes de juillet (du 7 au 12). 

Omnibus : — des hôtels. 

Hôtels : — Grand-Hôtel, pi. de las 
Escuelas, ouvert en 1913, confort 
moderne; — de la Perla, pi. de la 
Constituciôn, 1 (déj. 4 p., dîn. 5 p.; 
ch. de 3 à 6 p.; pens. 12 p.; électr. ; 
chautf., bains); — Quintana, pi. de la 



Constituciôn ; — del Norte, pi. de la 
Constituciôn (déj. ou dîn. 3 p.; pens. 6, 
7et8p.); — Maisoîinave {chBinff. .bains). 

Trams : — de la gare à la plaza 
de la Constituciôn. 

Poste et télégraphe : — paseo de 
Sarasate. 



Histoire. — On attribue la fondation de Pampelune à Pompée, auquel 
elle aurait dû son nom de Pompaelo. Il est plus certain qu'Euric s'y établit 
en 465, et que, près d'un siècle après, elle tomba au pouvoir des Francs 
qui la conservèrent jusqu'à l'invasion des Goths. En 738, elle fut prise par 
les Maures, qui s'y maintinrent douze ans. Les Navarrais expulsèrent les 
Maures, se placèrent sous la protection de Charlemagne, et celui-ci, devenu 
pour Pampelune un ennemi plus redouté que les Maures, profita de son 
passage à main armée, quand il marcha sur Saragosse, pour ravager le 
pays et renverser les murailles de la ville. La déroute de l'arrière-garde 
de Charlemagne à Roucevaux fut la vengeance des Navarrais. 

Pampelune devint le ch.-l. du comté de Navarre, lorsque Garcia lîïigo 
(ou Ximenez) s'etibrça, au milieu du ix« s., de reconstituer son indépen- 
dance; ensuite elle fut la capitale do la monarchie que Sancho Abarca 
fonda en 905. Le 22 juin 1512, une armée envoyée par le roi de Castille 
Ferdinand le Catholique vint mettre le siège devant Pampelune, qui ouvrit 
ses portes au bout de deux jours. Jean d'Albret, alors roi de Navarre, 
tenta, en 1521, avec le secours du roi de France, de reprendre sa capitale; 
à cette prise d'armes fut blessé, en prenant part à la défense de la ville, 
un jeune capitaine au service du roi catholique, Ifiigo Lopez de Recalde, 
qui, depuis, fut St Ignace de Loyola. Lorsque son nom fut devenu célèbre, 
les habitants de Pampelune érigèrent à la mémoire de St Ignace, sur la 
place même où il était tombé, une chapelle qui subsiste encore. 

En 1808, la division française 'du général d'Armagnac entra dans Pam- 
pelune. Après la triste déroute de Vitoria (juin 1813), Joseph Bonaparte se 
réfugia à Pampelune et s'opposa à la destruction des murailles que ses 
généraux voulaient renverser en se retirant. La place fut laissée sous le 
commandement du général Cassin, qui y soutint pendant quatre mois un 
siège pénible, et qui fut enfin obligé de capituler. 
. En 1823, Pampelune fut encore occupée par les troupes françaises 1 
envoyées en Espagne pour le rétablissement de la monarchie absolue. 

L'ancien royaume de Navarre forme de nos jours la province du môme nom. 
Les Navarrais, qui habitent le nord de la province, ressemblent aux Basques 
dont ils parlent la langue; mais vers le S., dans la partie basse du pays 
que l'on appelle la R'wera, ils parlent castillan. 

ITINÉRAIRE. — Le centre de Pampelune est le paseo de Sarasate : 
auquel fait suite la plaza de la Constituciôn. 

Le paseo de Sarasate (poste, télégraphe) est une belle prome- ] 
nade plantée d'arbres et ornée de statues, avec Véglise San Nicolas 
(xii*' el xiii® s.) et le monument élevé en 1803 en souvenir des Fueros 



Il PAMPELUNE. 



[R. 9] 



95 



de Navarre. Il est bordé a i'E. par le paJais de la Diputaeiôn pro- 
vincial, précédé d'un petit jardin (entrée plaza de la Constituciôn). 

A Tint, (pourboire), salle du Trône ornée des portraits des anciens rois 
de Navarre; dans une petite salle près do la chapelle, vitrine renfermant 




une bêche, qui servit au maréchal Mina dans sa jeunesse (1813), et un habit 
de gala du môme général; portrait en pied du violoniste Sarasate (1908); sur 
un petit écrin, fragments des chaînes de Las Navas {V. ci-dessous : cathé- 
drale). 

La plaza de la Constituciôn, où se trouvent les grands cafés, 
entourée entièrement de maisons à arcades, est bordée au S. par 
le théâtre principal, derrière lequel est la Plaza de Toros. 

La calle Heroes de Estella, à g. de l'hôtel de la Perla, puis à g. la 
calle de Mercadéres conduisent à la plaza Conslstoi^ial, où se trouve 
la Casa Consistorial (fin du xvii^ s.) avec le Musée Sarasate. 

La porte d'entrée est pavée de pierres et d'ossements d'animaux (ins- 
cription en os : année 1741). Le Musée Sarasate est ouvert de 10 h. à 1 h. ; en 
dehors de ces heures, demander au'concierge. Il est composé des meubles, 
collections et souvenirs légués à la ville par le violoniste Sarasate, né à 
Pampelune le 10 mars 1844, calle San Nicolas, 19. Dans l'escalier, portraits 



96 — [R. 9] Il DE BAYONNE A PAMPELUNE. || 

de rois de Navaire et de Castille. On monte un petit escalier à g. — 1'® pièce : 
Violons de Sarasate; plusieurs portraits de l'artiste, par Paezta et Lopes 
Mezquita; meubles ayant appartenu à Sarasate; cadeaux de rois, empereurs 
et personnages célèbres, etc. — 2* pièce : Diplômes divers parmi lesquels on 
remarquera celui du l«'"prix remporté par Sarasate au Conservatoire de Paris, 
le 8 décembre 1857, à l'âge de 13 ans ; décorations et souvenirs ; affiche 
d'un concert donné à Londres le 31 juillet 1832, par Paganini. — 3* pièce : 
Lit dans lequel Sarasate est mort à Biarritz en 1908 ; bibliothèque et partitions. 
On voit encore dans la Casa Consistorial : dans la salle du Conseil Muni- 
cipal^ portrait d'Alphonse XIII, par Zubiri. Dans le salon de réception, por- 
trait du ténor Gayarre, né en Navarre, et de Sarasate, par Asenjo; Isa- 
belle II et son mari François d'Assise, par Madrazo, etc. 

Reprenant la calle de Mercadéres à laquelle fait suite la calle de 
la Curia, on arrive à la cathédrale. 

La * cathédrale, du xiv* s., dédiée à la Vierge « del Sagrario » 
(du Sanctuaire) est un des édifices religieux les plus importants et 
les plus complets de l'Espagne. La façade, de la fin du xYin*" s., 
contraste peu heureusement avec le style gothique du reste de 
l'église. Les tours sont hautes de 50 m. 

Intérieur, — L'int. se compose de 5 nefs. — Coro : belle grille, chef- 
d'œuvre de la Renaissance; stalles (1530) d'un beau travail, par Miguel de 
Ancheta (les dossiers du premier rang sont occupés par des personnaq-eg. 
en demi-relief, hauts de plus d'un mètre et représentant des saints, des pro- 
phètes, des patriarches); sur le lutrin, missels remarquables. Derrière le 
coro : Christ, par Alonso Cano et peintures de Balmes, peintre de la maison 
royale au xix® s. — Capilla Mayor :très belle grille (1517) par Guil. Ervenat. 
— Abside : retable d'autel avec peintures de 1507. — Nep de dr. (croi- 
sillon S.) : magnifique portail, orné d'un bas-relief {Mort de la Vierge), une 
des plus belles œuvres que nous ait laissées la fin du xiv« s., et donnant 
accès au cloître. 

Le '♦"cloître, magnifique et bien conservé, renferme des trésors de sculpture. 
Il faut citer : la porte ( V. ci-dessus) qui communique avec l'église ; le tom- 
beau en marbre du général Mina; le mausolée du comte de Gages, ancien 
vice-roi de Navarre ; le tombeau de don Lionel de Navarre et de sa femme ; 
une sculpture représentant V Adoration des Mages par Jacques Perut; le 
tombeau de l'évêque don Miguel Sanchez de Asyain; la Barbazana, belle 
chapelle gothique contenant le tombeau de l'évêque Barbazan, où l'on con- 
serve de précieuses reliques; la porte (xiv« s.) qui conduit à la salle Pré- 
cieuse; enfin, dans le préau, la chapelle de la Santa Cruz, fermée par une 
grille forgée avec les chaînes conquises à la bataille de Las Navas de Tolosa 
(16 juin 1212) et qui entouraient la tente de Mohammed-Aboù-Abd-Allâh (il 
existe aussi des fragments de ces chaînas dans la salle de la Diputacion 
provincial, dans la cathédrale de Tudela et à Roncevaux). 

Dans le trésor de la cathédrale on voit un superbe coffret arabe en ivoire 
sculpté provenant de Cordoue, une statue de la Vierge lamée d'argent, un '. 
Saint-Sépulcre en argent donné par St Louis, un reliquaire de la Vraie * 
Croix donné par Charles le Noble, et d'autres objets remarquables. 

En Sortant du cloître on peut visiter l'ancien réfectoire, et l'ancienne cui- 
sine des chanoines, bâtie avec foyer central, dans le style des anciennes 
cuisines espagnoles, et où a été transporté l'admirable tombeau en albâtre 
de Charles III de Navarre et de sa femme Leonor de Castille, avec statues 
couchées, commandé en 1416 à Jannin Lomme, sculpteur de Tournai (les 
bas-reliefs représentent les ordres religieux de l'époque). 

Derrière la cathédrale se trouve Tévêché. Revenu à la plaza Con- 
sistorial, la calle Saturnino passe à V église San Saturnino, romano- 



Il PAMPfiLUNE. — TUDELA. |1 L^- ^J — ^"^ 

gothique (ancienne sculpture). Puis la calle Mayor (d'après la tra- 
dition, ce fut avec l'eau d'un puits auj. recouvert d'une dalle, à 
Tançle de la calle Mayor et de la calle de la Pellejeria, que St Sa- 
.^urnin, premier évêque de Pampelune, baptisa les premiers chré- 
tiens) mène à Véglise San Lorenzo et à la belle promenade de la 
Taconcra (terrasse avec belle vue) d'où l'on regagnera le paseo de 
Sarasate par la calie de Taconera et la calie de las Navas de Tolosa. 

DE PAMPELUNE A SANGUESA {^^ électrique, 54 k. E. S. E., en 
2 h. 16, l p. 60). — Départ du paseo de Sarasate. — 5 k. Villava. — 7 k. 
Huarte. *- 21 k. Urroz. — 27 k. Empahne :'X à g. vers (4 k.) Asiz, sur 
rirati. — 54 k. Sangûesa, petite ville ancienne, sur la rive g. de i'Aragon 
(vieux pont), en face du confluent de l'Iratl. 

2"" De Pampelune à Sara gosse, 

^ 182 k., en 5 h. 10 par express; 22 p. 60, 16 p. 95, 10 p. 20. 

La voie franchit TArga, puis par deux fois TElorz, et passe sous 
l'aqueduc qui alimente Pampelune. — 13 k, Noain. — A g., vieux 
château de Tiebas. — 21 k. Biurrun-Campanas. — La voie traverse la 
sierra de Alaiz, à une ait. de 595 m., puis descend. — 34 k. Gari- 
noain. — Pont sur le Gidacos. — 43 k. Tafalla (ruines du palais des 
anciens rois de Navarre construit par Charles IIl). — La voie fran- 
chit encore le Gidacos. 

48 k. Olite : ruines d'un palais du xv" s. construit par Gharles III 
de Navarre; église San Pedro, du xn® s. (beau portail roman eï 
curieuse tour à flèche octogonale); église Santa Maria, du xiii« s. 
(riche portail du xiv® s. et fonts baptismaux remarquables). 

On suit la vallée du Gidacos. — 60 k. Caparrosso, dominé par les 
ruines du château de Saint-Martin. — 68 k. Marcilla (palais de Falcès). 

Pont (475 m.) sur I'Aragon, dont on voit la vallée à g. — 74 k. 
Villafranca. — 79 k. Milagro (château arabe de Blanche de Navarre). 
— Pont sur l'Ebre (700 m.; 21 travées). 

88 k. Castejôn (g), où l'on rejoint la ligne de Bilbao et Miranda 
à Saragosse. Un ch. de fer en construction reliera Castejôn à Soria 
(p. 108) en desservant les bains de Fitero et Arguedas. 

De Castejôn a Miranda de Ebro et Bilbao, R. 17, en sens invers©- 

104 k. Tudela, petite ville de 9,500 hab. : belle cathédrale du 
style de transition, xn° s. (à Tint., grand retable peint vers 1490 
par Pedro Diaz d'Ovîedo) ; église Santa Maria romane, mais défigurée j 
vieux pont curieux de 19 arches, toutes de formes différentes. 

DE TUDELA A TARAZONA (^ 22 k. en 1 h. 15, 2 p. 75, 2 p. 10, 
1 p. 95). — 11k. Cascante, 5,000 hab. (église du xyiii* s.). 

22 k. Tapazona, petite ville de 7,900 hab. située sur le Queiles (dans la 
cathédrale, du xii^ s., beau retable du xv«). On peut faire de là l'excursion 
de (U k.), Veruela {V. ci-dessous). 

On s'éloigne de PEbre au lieu dit Bocal, origine du canal impérial 
d'Aragon. — A dr., à l'horizon, la Moncayo, arête centrale de 
l'Espagne, qui domine I'Aragon vers le N. et la Nouvelle-Gastille 
vers le S. — 114 k. Rihaforada, à g. 



98 - [R. 10] IISARAGOSSE.il] 

126 k. Cortcs (châteaa des comtes de Zaldivar), dernière localité 
de Ja Navarre espagnole. 

[Borja (^ 18 k. S. en 1 h. ; 2 p. 25, 1 p. 10, 1 p. 05), petite ville dans la 
vaiJée de rùuecha, fut le berceau de la famille des Borja (Borgia), dont on 
voit encore le château. — C'est do Borja que l'on fait le mieux l'excursion 
(à cheval) au célèbre vionasfère des Cisterciens de Veruela (église à 3 nefs; 
beau cloître gothique du xiv® s., salle capitulaire, etc.).] i 

Pont sur le ravin de laMarga, grand remblai, tranchée. 

136 k. Gallur (église très élevée avec joli campanile), d'où un 
embranch. remontant au -N.-E. la vallée de TArba, dessert (10 k.) 
Tauste et (34 k.) Egea de Los Cabarellos, 3,000 hab., au confluent des 
2 branches de TArba. dans la région des maigres pâturages déserts 
diis Bardenas; celte ligne doit être prolongée vers Sabada. — 144 k. 
Luceni et, sur la rive g. de l'Ebre, Praditta. — Au delà de l'Ebre, à 
g., Alcala de Ebro. — 148 k. Pedrola (somptueux palais du duc de 
Villahermosa : on visite). — 157 k. Alagôn (élégante église). — 
A g., au delà de l'Ebre, ruines du château de Castejar. — Pont sur 
le Jalon. — 161 k. La Joyosa. 

166 k. Casdas. A dr., la ligne de Madrid (R. 11). 

170 k. Utebo-Monznlbarba (maisons de campagne). — La voie 
passe à côté du château de la Aljaleria, franchit TEbre sur un pont 
de 340 m., de 5 travées (belle vue à dr.), revient toucher la rive g. du 
fleuve en face de la cathédrale de la Virgen del Piiar et se détourne 
vers le N.-O. à la gare del Arrabal. 

182 k. Saragosse (D (li. 10). 



Route 10. — SARAGOSSE 

SARAGOSSE (Zaragoza), ville de 111,701 hab., ch.-I. de la pro- 
vince du même nom, est située à 184 m. d'alt. sur la rive dr. de 
l'Ebre) et limitée vers le S. par le rio Huerva. Un pont en pierre et 
un pont en fer la réunissent avec le faubourg ou arrabal d'Altabas^ 
où se trouve la gare de la ligne du Nord. C'est une ville des plus 
intéressantes, soit par ses souvenirs historiques, soit par son aspect 
et ses monuments. On y retrouve encore la vieille cité aragonaise, 
où presque chaque maison, du solar de la noblesse à l'habitation du 
bourgeois, était une petite forteresse. 

Les environs, appelés la huerta^ contrastent par jeur belle végé- 
tation avec l'aspect général si désolé du pays d'Aragon. Une des 
noies caractéristiques de la huerta sont les grandes roues destinées 
à conduire Peau dans les jardins et dans les champs. 

Gares : — Gare del Sepulcro @ Pampelune-Irun et de Barcelone, via 



(PL A, 5), du ch. de fer de Madrid- 
Saragosse-AIicante, pour les direc- 
tions de Madrid et de Barcelone, 
via Caspe et Reus ; — Gare del 
Arrabal (B) (PL B. 1), du ch. de fer 
du Nord, pour les directions de Cas- 
tejôn-Miranda de Ebro, Castejon- 



Lerida et Manresa; — Gare de Ca- 
RiNENA, au S.-O. do la ville; — Gare 
d'Utrillas, au S.-E. 

Hôtels : — Universo y Cualro Na- 
clones, calle de Bon Jaime I, 52 (bon; 
asc, chauff., bains, l^i, café, bil- 
lards; dop. 10 p. par j.; on reçoit 



Il HISTOIRE. 



[R. 10] 



99 



pacho central) : — calle dcl Coso, ^S, 

Bains : — calle de la Indepen- 
dencia, 56; — plaza de la Constitu- 
ciôn, 5. , 

Vcitiires de place : — 2 personnes ; 
la course 1 p., rheuro 1 p. 50; chaque 
pers. eu plus, 50 e.; le double la 
nuit (dep. 9 ou 10 h. s.); chaque 
pers. en plus, 1 p. — Voit, à 2 chev., 
la course 2 p. 50, l'heure 3 p.; le 
double la nuit. 

Trams : — de la plaza do la Con- 
stituciôn : à la gaj^e d'Arrabal, par 
la calle de Don Jaime; à la gare del 
Scpulcro, par la calle de Pignatelli; 
à Torrero, par la calle de la Indepen- 
dencia ; — de circonvallation, par le 
Coso et le quai de l'Ebre (rive dr.). 
— Prix uniforme, 10 c. 

Théâtres : — Principal, calle de 
Don Jaime I; — Pignatelli, calle de 
la Independencia, 31 ; — Iberia, Va- 
riedades, môme rue. 

Plaza de Toros : •— dans le quar- 
tier de ro. 



les coupons Cook) ; — Palace-ffOtet, 
pi. de la Constituciôn, 4 (neuf; asc, 
chauff.. bains); — de Europa, plaza 
de la Constituciôn et calle del Coso 
(bonne maison; bains; café; dep. 

10 p. par j.); — Continental, calle del 
Coso, 52 (dep. 8 p. par j.; chaurf'. 
bains); — Elias, calle AÎfonso I, 24 
(dep. 7 p, parj.; chautf.); — Barrio. 
calle de la Independencia, 21 (plus 
simple); — Oriente, Coso, 13 (dep. 
6 p. par j.); — Regina (confort mo- 
derne); EeimandeZy Coso, 92 (dep. 
6 p.). 

Cafés : — Ambos Mundos, vaste 
local, Suizo, Matossi, tous trois calle 
de la Independencia; — Gamhrinus 
et Eiiropa, pi. de la Constituciôn. 

Pâtisseries-confiseries : — Zorra- 
quino, calle de Coso, 58; — Jordana, 
calle AIfonso, 2. 

Poste : — calle de San Jorge, 3 et 5. 

Télégraphe : — calle de la Inde- 
pendencia. 

Agence des chemins de fer {Des- 

Histoire. — Saragosse est l'antique Salduba ibérique, transformée, l'an 728 
de Rome, par Auguste, en colonie militaire sous le nom de Cœsarea Augusta. 
Les Goths en firent Cesaragosta, puis les Maures Saracusta, qui devint la 
rivale de Cordoue, de Tolède et de Mérida. 

Un instant menacée par Charlemagne, qui vint l'assiéger, en 778,' avant 
sa sanglante retraite à travers les défilés de Roncevaux, elle resia riche, 
grandissante et civilisée, sous l'autorité des califes, jusqu'au moment où ce 
petit noyau de chrétiens qui avait formé le royaume de .Sobrarbe, envahit 
peu à peu la Navarre et TAragon, et vint asseoir, en 1118, à Saragosse, le 
trône du royaume nouveau. 

Lorsque, vers la fin du xv" s., les rois catholiques Ferdinand et Isabelle, 
réunissant, sous leur autorité, la Navarre, l'Aragon et la Castille, posèrent 
les bases de la future monarchie espagnole, Saragosse cessa d'être la 
résidence des rois et ne fut plus que le chefrlieu de l'Aragon, qui essaya de 
conserver ses « fueros » et de défendre son autonomie. Cela conduisit 
Philippe II à l'acte de tyrannie qui amena la mort de Laniiza, le dernier 
des grands juges d'Aragon, l'héroïque gardien des libertés provinciales, 
décapité en place publique. Plus tard Saragosse essaya de prendre parti 
dans la guerre de Succession (1707-1710) en se mettant du côté de l'archiduc 
Charles contre Philippe V, mais les succès du petit-fils de Louis XIV reti- 
rèrent pour toujours à Tancien royaume le peu qu'il avait pu sauver de 
ses privilèges. 

Au commencement du xix* s., le siège de Saragosse par les Français fut 
au nombre des faits les plus saillants de la résistance de l'Espagne à 
l'invasion napoléonienne. La plaqe fut investie par le maréchal Lannes, le 
28 décembre 1808. Bien que Saragosse fût à peine fortifiée, les premières 
attaques tentées de vive force ne purent réussir, et il fallut ouvrir la tran- 
chée comme devant une place régulièrement fortifiée. Au bout de 27 jours 
de tranchée et après un assaut général, les Français pénétrèrent dans 
l'enceinte par le couvent de Santa Engracia, mais ils ne purent avancer 
vers le centre do la ville qu'en faisant le siège do chaque maison, rencon- 
trant partout dos combattants infatigables. Enfin il fallut bien capituler. 

11 fut convenu que tout ce qui restait de la garnison sortirait par la porte 



100 — [R. 10] il SARAGOSSE. |t 

principale, déposerait les armes et serait prisonnière de guerre, à moins 
qu'elle ne voulût passer au service du roi Joseph. — « Le 21 février, dit 
Thiers, 10,000 fantassins, 2,000 cavaliers, pâles, maigres, abattus, défilèrent 
devant nos soldats saisis de pitié. Ceux-ci entrèrent ensuite dans la cité 
infortunée, qui ne présentait que des ruines remplies de cadavres en putré- 
faction. Sur 100,000 individus, habitants ou réfugiés dans les murs de Sara- 
gosse, 54,000 avaient péri. Rien dans l'histoire moderne n'avait ressemblé à 
ce siège, et il fallait dans l'antiquité remontera deux ou trois exemples, 
comme Numance, Sagonte ou Jérusalem, pour retrouver des scènes pareilles. « 
— Saragosse a reçu le titre de Siempre heroica, et le drapeau de sa milice 
a été décoré du collier de l'ordre de Saint-Ferdinand. 

L'ancien royaume d'Aragon est représenté de nos jours par les provinces 
de Saragosse, Huesca et Teruel. Son berceau fut le petit royaume de 
Sobrarbe fondé au viii« s.; la tradition nous a gardé la fière formule du ^ 
serment imposé par les Aragonais au premier souverain qu'ils se donnèrent % 
et qui fut prêté pendant quatorze générations de princes, de 734 à 1336, m 
depuis Garci Ximenez jusqu'à don Pedro IV : « Nous qui valons autant que 1 
vous et qui pouvons plus que vous, nous vous élisons roi à la condition que 1 
vous garderez nos franchises et libertés et qu'il y aura entre vous et nous m 
quelqu'un qui pourra plus que vous; sinon, non ». Et dans le corps de lois H 
du royaume une clause sévère ajoutait que : « si jamais le roi violait leurs 
fueros (ou privilèges), ils auraient le droit d'élire à sa place un autre roi, 
fût-il païen ». Ce quelqu'un, placé entre le roi et ses sujets et qui pouvait 
plus que lui et eux était le Justicia, haut magistrat chargé de la conserva- 
tion des lois, qui recevait le serment du roi et dont le pouvoir s'étendait 
sur les ministres, les juges et les fonctionnaires dont l'action portait sur le 
peuple. Il était d'autant plus redoutable qu'il était généralement respecté 
comme l'homme de la nation et qu'il n'était jugé par personne. — Ces pri- 
vilèges furent conservés par tous les rois, même après que les couronnes 
d'Aragon et de Castille furent réunies en 1409 sous le même sceptre. Ce fut 
ia dynastie des Bourbons qui, la première, foula aux pieds ces privilèges, 
pour punir les Aragonais d'avoir, avec les Catalans {V. Barcelone : Histoire)^ 
pris parti pour la maison d'Autriche dans la guerre de Succession. Mais le 
droit des fueros n'en reste pas moins vivant au cœur de l'Aragonais; c'est 
son flambeau politique. 

Les Aragonais sont froids, sérieux et tenaces (un proverbe dit qu'ils 
enfoncent des clous avec leur tête). Jamais ils n'ont cédé quand il a fallu 
combattre pour la défense de leurs lois, de leur indépendance nationale, 
de leur liberté et du trône de leurs rois. 

ITINÉRAIRE. — Une large voie, la ealle del Coso, tracée sur 
l'emplacement de l'ancienne enceinte, traverse tout le centre de la 
ville et aboutit, vers l'E., près de VUniversité (PI. 15), au nouveau 
puente de N. S, del Pilar, pont en fer sur TEbre, Entre cette artère 
principale et le fleuve s'étendent les vieux quartiers avec leurs 
rues en partie sombres et étroites, à travers lesquels on a percé 
deux rues nouvelles : la calle de Don Jaime, qui relie le Coso au 
vieux puente de Piedra, pont en pierre, du xv^ s., et la calle de Don 
Alfonso, qui va du Coso à la place del Pilar (F. ci-dessous). Tout le 
mouvement et le commerce de la ville sont concentrées dans ces 
trois voies. 

La plaza de la Constituciôn, située au milieu du Coso, est 
ornée d'un monument du Siège de Saragosse, par Quérol (1908), 
et son côté 0. est formé par le palais del Gobierno Civil y de la "" 
Diputacion Provincial (Pl. 12). — Au N. de cette place, à dr. au 
delà du Coso, sur lequel se trouvent le Théâtre principal (Pl. 22) et j 



n;^'\ 



Les Guides Bleiis 




LIBRAIRIE HACHETTE 



v arslépida. 




1 SgUse Sarv SaJboadov 
. ow LcbSeo. 3).2.3. 

4 ..ùl.Scut MUTUEL E.4. 

5 ...ïcU Santa.' Crimy- J).3. 

6 id/.SarvJuan^u. 

SojvPedro D.3. 

7 ...iàb.Scvntiaqo D.3. 

8 ..ÙLSarvPaSlo .B.3. 

9 ..JÙdUS^Féiûje,ySaJttùcufoQJ2>. 

11 FaloJÙPajn^vCépiscopaLet 
S&rurvarvo conctUar.. .Ji,Z 



SARAG^OSSE. 

YlHûpitaL militajcre . 



B.C.4 



18 Sbspice'proTnnciaZ/cle' 

loyMùs-éricorde/. ÂJbA. 

IS S^pitoLprovùiciaL. B.*. 

'IXi Musée/ provirœùiL. A-3 

21 GrxmjdbThÀdtre,dR 

PianateUù C.5. 

23 .-idxd£>Lop0rdBVefifv.-JiA. 
2* Sta±u£/ d&LcutWML .C.5. 

25 FosLeycuLoc/ lettres..., D3« 

26 TéL^raph0 JDJ0.4. 



® MôteL Ùjuitrolfcuxon/My 
dc' UUhjjoersa. 1X5. 

id.CbnttuJdoL- CA 

id.JElùxs Cequ£L . . . . ..\ï3t 



1X-2S Jmp. Jhi^énot/, Paris 



--■A ■:^:-.ir^rr,\.^ 



1 



Il LA SEO. Il [B. 10] - 101 

la Banque cVEspagne, commence la cnlle de don Jaime. Dans cette rue 
se trouvent, à g., Véglise de San Gil, à la svelte tour mauresque, et 
plus loin Véglise de Santiago (Pi. 7), bâtie sur remplacement de la 
demeure du saint apôtre ; la tour a une très vieille cloche, « campana 
goda », qui date, dit-on, du temps des Visigoths. 

A Tint., au maître-autel : retable (la V. apparaissant à St Jacques et lui 
remettant la sainte image). 

En face de l'église, dans la courte calle del Clavel, un vieux palais 
a des fenêtres et une corniche d'un très beau style. 

A quelques pas de l'église de Santiago, la calle de don Jaime 
aboutit à la plaza de la Seo : à dr. s'élève la Seo {V. ci-dessous); 
à g., la Lonja et TAyuntamienlo (V. ci-dessous) et,' en face, vers le 
N.. le Seminario Conciliar, contigu au palais de l'Archevêché (PI. H). 

La cathédrale (PI. 1), appelée la *Seo (seo ou sea, sede en espa- 
gnol, sedes en latin, « siège », c'est en effet le siège épiscopal de Sara 
gosse), ou San Salvador (elle est consacrée au Sauveur), bâtie de 
1119 à 1550 sur l'emplacement d'une ancienne mosquée qui rempla- 
çait une antique église, présente à son angle N.-O. une façade 
gréco-romaine de la fin du xvii* s., dominée ou, pour mieux dire, 
écrasée par une tour octogonale, d'un style fastueux et exagéré, 
dessinée à Rome en 1685 par Contint. Extérieurement la Seo est un 
édifice assez incohérent. Sur le côté N.-E. on remarquera la très inté- 
ressante décoration extérieure ^ en briques et en azulejos, d'un beau 
style mauresque. A l'angle N.-E., la Gapilla Mayor, formant saillie, 
a aussi une belle décoration extérieure, surtout à l'étage supérieur. 
Il reste encore quelques charmantes fenêtres de la période romane, 
dernier souvenir d'une construction antérieure, mal raccordée avec 
le reste de l'édifice. 

Intérieur. — On entre généralement par l'angle N.-O. de la façade sur la 
place de la Seo, ce qui fait qu'on n'a pas de suite un coup d'œil d'ensemble; 
l'entrée principale est au S.-O, dans une petite rue; de ce côté, il y a un 
vestibule ou porche de la fin du xv» s. avec une belle voûte gothique; pour- 
boire au sacristain qui montre les chapelles et la sacristie. L'intérieur 
forme, sur un plan presque carré et rappelant celui de la mosquée primi- 
tive, 5 nefs séparées par quatre rangées de beaux piliers gothiques; les 
socles sont en marbre jaune ; les chapiteaux, en feuillages avec figures, 
anges, etc., supportent les tailloirs dentelés, d'où s'élancent des faisceaux 
de nervures dessinant des ogives correctes dont les sommets sont ornés de 
riches rosaces. Le sol est pavé de larges dalles de marbre jaune, dans les- 
quelles s'incrustent des lignes en marbre noir et blanc, formant de grands des- 
sins géométriques qui correspondent à la projection des arêtes de la voûte. 

Trascoro, élevé en 1538 par Tudeliila (p. Lxxxrir) et orné par 1» même 
artiste de deux statues do St Vincent et de St Laurent (1583), avec de grands 
hauts-reliefs où figurent ces deux martyrs. — Au milieu, en face du grand 
portail de l'église, un autel surmonté d'un lourd baldaquin supporté par 
6 colonnes torses en marbre noir (que les Espagnols appellent « colonnes 
salomoniques »). Sur la coupole dorée du baldaquin, la statue du Rédempteur 
ressuscité. — L'art platercsque a décoré de toutes ses richesses l'enceinte 
extérieure du coro, dans laquelle sont ménagées des petites chapelles, cou- 
vertes d'une étonnante profusion d'ornements, de figurines, de bas-reliefs. 

Coro. — BqWq grille. — Stalles en chêne, très sobrement oroementéei 



102 - [R. 10] Il SARAGOSSE. || 

(dossiers à colonnettes gothiques et arceaux entourés de feuillages finement 
fouillés). — Siège épiscopal, richement sculpté. — Lutrin, œuvre magistrale 
de 1413. 

Côté O. — En faisant le tour de l'église et en commençant à dr. de la 
porte qui donne sur la place de la Seo : 1" chap. (de Santiago) : peintures 
de Rabiella. — 3® (das Santas Justa y Rufina) : panneaux peints par Jero- 
nimo y Mora. — 5* (de S. Maiicos) : peintures de Rabiella. 

Côté S. — 6® CHAP. (de s. Benito) : bustes d'anges. — 7« (de S. Bernardo) : 
à g., he^v * monument, de style plateresque, de l'archevêque Fernando do 
AragoK, ci, à. dr., celui de dona Ana de Gurrea, sa mère, deux œuvres do 
Diego Morlanes (xvi® s.); sur l'autel, bas-relief en marbre (la V. apparais- 
sant à St Bernard). 

Côté E. — il® CHAP. (de Zaporta), fondée, au xvi« s., par Gabriel Zaporta; 
elle a un bel encadrement en style plateresque et une remarquable grille 
en bronze. — 14® (de San Pedbo Arbués) : quelques ornements delà bonne 
époque gothique; 3 grands tableaux de Francisca Xlwenez de Tarazona. — 
Dans l'angle s'ouvre la porte de San Bruno. — Belle porte donnant accès 
à la Sacristie qui renferme plusieurs objets remarquables : custodia (taber- 
nacle) d'argent, du style plateresque (1537); croix en or sur laquelle le roi 
jurait de respecter les fucros do TAragon; calice de 1655; encensoir du 
XV* s. ; reliquaire d'argent du xiv® s. ; riches chasubles brodées, etc. ; dans 
la Sala Capitular, peintures de Rihera et de Zurbaran. 

Côté N. — Capilla Mayor : en avant, dôme ou cimborio octogonal bâti au 
commenc. du xv** s., reconstruit de 1505 à 1520 sur les plans de Enrique de 
Egas. Maître-autel avec '♦retable gothique en albâtre commencé (1445) par 
Père Joha (p. lxx) et terminé (1473-1477) par Hans, artiste allemand (scènes 
de la vie du Christ et des saints; au centre, 3 magniliques hauts-reliefs : 
l'Adoration, la Transfiguration et l'Ascension). De chaque côté, tombeaux 
de dilï'érents princes d'Aragon et (à g.) de l'archevêque St Juan d'Aragon; 
siège des officiants. — Chap. de la Virgen Blanga, à g. de la Capilla May or : 
quelques tombeaux de prélats ; tombeau du fondateur do la chapelle San Pedro 
Arbués, le célèbre inquisiteur, qui fut assassiné dans la cathédrale par Vidal 
Durans, en 1485. — Chap. de San Miguel ou Pahroquita (petite paroisse; 
ouverte le matin jusqu'à 9 h.) : aux murs, traces d'architecture mauresque; ^ 
dôme en style mudejar ; magnifique * tombeau gothique de l'archevêque Lope 
Fernandez de Luna (1382) par Père Moragues de Barcelone. 

La cathédrale possède d'anciennes tapisseries flamandes, rarement exposées. 

En sortant de la Seo on traverse la place en se tenant sur la dr. 
eton atteint la ^Lonja (Bourse; PI. 14), assez bel édifice de la Renais- 
sance (achevé en 1551), offrant un curieux mélange de gothique et de 
plateresque. A l'extérieur, sous le toit, court une magnifique corniche, 

A Tint., vaste salle (s'adr. à l'Ayuntamiento pour visiter; pourb. à l'homme 
qui ouvre), avec deux rangs de colonnes ioniennes, serties d'un anneau 
sculpté à mi-hauteur et surmontées d'une couronne d'écussons à la naissance 
des arcs de la voûte gothique. Autour règne une frise avec inscription. 

A côté de la Lonja est V Ayuntamiento ou hôtel de ville. 

La petite calle del Pilar, qui longe le flanc S. de l'a Lonja, aboutit 
à la. plaz a del Pilar, bornée au N. par le sanctuaire du même nom. 

Nuestra Senora del Pïlar (Notre-Dame du Pilier), ou la Virgen 
del Pîlar (PL 2), la seconde cathédrale de Saragosse, a pour origine 
une petite chapelle élevée par St Jacques pour recueillir une image 
miraculeuse de la Vierge. En 1681 on posa, à sa place, la première 
pierre de l'église actuelle, bâtie sur les plans de Herrera et de son 
continuateur Rodriguez. G^est un édifice d'aspect monotone présentant 



Il VIRGEN DEL PILAR. || [R. 10] — 103 

10 coupoles révolues d'azulejos de couleur, un grand dôme central 
et aux 'angles 4 tours dont 2 seulement achevées tout récemment. 

Intérieur. — L'int. (on y entre habituellement par les portes de la place 
del Pilar), à 3 nefs formées par 12 piliers carrés et entouré de chapelles, 
est long de 130 m. et larp-o de 65 m. Les parois et les piliers sont ornés de 
pilastres d'ordre corinthien qui supportent les arcs du plafond en partie 
constitué par des coupoles richement décorées. 

La partie E. encadre la ^capilla de Nuestra Senora del Pilar (visible 
plus aisément après 1 h., lorsque les messes sont terminées^, temple de 
forme ovale surmonté d'un dôme ajouré, consacré à la célèbre Madone 
miraculeuse, qui attire à Saragosse des milliers de pèlerins (la grande fête 
du 12 octobre est particulièrement très fréquentée; on vient à Saragosse 
de tous les points de l'Espagne); il est d'une richesse inouïe, tout y est 
marbre, bronze ou argent. Sur le côté O. de la chapelle, et protégés par 
une balustrade en argent, sont trois autels devant lesquels brûlent une 
grande quantité de lampes et de cierges. L'autel de dr. encadre la petite 
image vénérée qui, sur son pilier {pilar) de marbre, occuperait la place 
même où St Jacques l'aurait déposée il y a près do vingt siècles. Cette 
naiiite image d'albâtre (xiv s.?) est vêtue d'une riche dalmatique qui ne 
laisse paraître que la tête de la Vierge et celle de l'Enfant-Dicu. Elle est 
placée sous un dais d'argent, contre une tenture do velours de couleur 
sombre, semé d'étoiles, mal. éclairée par suite et difricilement visible. 
L'autel du milieu est surmonté d'un groupe sculpté : la Vierge, trônant sur 
les nuages, indique de sa main droite son image. A l'autel de g., un bas- 
relief représente St Jacques entouré de ses disciples. Dans une crj'pte 
reposent des évoques, et dans une urne est conservé le cœur du second 
don Juan d'Autriche, fils naturel de Philippe IV. 

Dans le passage qui sépare le petit temple du maître-autel, on voit, près 
d'un bas-relief en marbre, l'empreinte qu'aurait laissée sur une pierre le pied 
de la Vierge. La partie O. renferme la nouvelle cathédrale. Le maitre-autet^ 
tout décoré d'images d'argent, est surmonté d'un très beau '♦retable gothique 
en albâtre, par Damidn Forment (1505-1511; scènes de la vie do la Vierge). 

Coro. — Belle grille, œuvre de Juan Cetma (1574); trois rangs de stalles 
avec belles sculptures dessinées par Etienne d'Obray, exécutées par le Flo- 
rentin Giovanni Moreto (1542). 

Nef N. — Entre le temple de la Vierge et le coro, petites coupoles, ornées 
de fresques par Goya (la V. reine des martyrs, avec 4 figures de Vertus : 
la Foi, la Charité, la Force, la Patience) et Bayeu (1781-1782); à l'extré- 
mité N.-E. de cette nef, le Trésor {Tesoro de la Virgen) renferme tout ce 
qui reste auj. des joyaux, des vêtements, etc., offerts de tous temps à la 
sainte image, et un « Ecce Homo » attribué à Titien. 

L'église possède quelques belles tapisseries flamandes des xv« et xvi» s. 
qui sont exposées à certaines fêtes, notamment à l'époque de la Fête-Dieu. 

De la place del Pilar, la belle calle de Don Alfonso I se dirige en 
ligne droite vers le S. et aboutit au Coso (p. 100) que l'on peut 
suivre à dr. (vers l'O.; au n"* 29, remarquer la belle cour du palais 
jadis des comtes de Azara et les palais aux n°' 54 et 56) jusqu'à la 
♦Audiencia (Cour d'appel; PI. 16), ancien manoir des comtes de 
Luna, dont la façade est flanquée de deux tours; la porte, soutenue 
par deux énormes cariatides, est ornée d'un bas-relief représentant 
rentrée dans Rome de l'antipape Benoît XIII (de la famille des 
comtes de Luna; f 1423); à Tint., beau patio. 

Au delà de PAudiencia, la calle de Cerdan, à dr., conduit à la 
plaza de Lanuza (où se trouve un marché couvert construit en 1903 



104 — [R. 10] Il SARAGOSSE. || 

et qui présente, le matin, et surtout les dimanches, un aspect animé). 
Quelques-unes des rues aboutissant à cette place sont assez curieuses 
à parcourir, notamment la calle de la Manifestaciôn et Idicalle de Roda 
à Î'E., et les calles de San Pablo et de San Blas à l'O. 

A l'extrémité S. de la place de Lanuza se détache vers VO. la 
calle de San Pablo, qui passe devant (à dr.) l'antique église de San 
Pablo (PI. 8), de 1259, dominée par une tour octogonale avec orne- 
ments en briques. Sur le côté N. 4e l'église, vers la calle de San 
Blas, s'ouvre une porte sculptée du style gothique. 

A Tint., à 3 nefs, belles stalles du chœur, du xvi« s.; maître-autel avec 
retable en bois doré, par Damiân Forment et son atelier; dans le bas-côté 
S.-O., chapelle San Miguel, avec monument de l'évêque Diego de MonreaJ 
(xviii« s.); dans le déambulatoire, divers retables peints des xv« et xvi® s. 

A l'extrémité 0. de la ville et à quelques min. des dernières mai- 
sons se trouve r^Aljaferia (Castillo de la Aljaferia), transformé 
auj. en caserne. 

Visite : — le matin seulement-, il faut un permis du commandant, que Ton 
se procure au Gobierno militar, à côté de la pi. delà Constituciôn ; on remet 
l'autorisation au chef du poste à dr. de l'entrée; pourb. au soldat qui 
accompagne. 

Ce palais passe pour avoir été bâti par un certain Ben-Aljafa, qui lui 
laissa son nom; les conquérants chrétiens y installèrent un couvent; puis 
les moines disparurent, et la royauté en prit possession, l'orna et l'agrandit. 
Il fut détruit en grande partie en 1809. C'est dans l'Aljaferia qu'est placée 
une partie de l'action du Trovatore. Du vieux palais, par un temps clair, 
on voit dans la montagne le château de Castejar, qui tient aussi sa place 
dans l'opéra de Verdi. 

A dr. de la porte par laquelle on est entré s'ouvre une voûte à g. de 
laquelle est la porte d'une ancienne petite mosquée avec une remarquable 
coupole arabe. Un peu plus loin un escalier conduit à la cellule (torreta) 
qu'occupa le Trouvère. On traverse des salles servant de magasin d'armes 
et on visite la chambre {salon de la Alcoba) où est née, en 1270, Ste Elisabeth, 
qui fut reine de Portugal. On traverse ensuite des salles (surtout le Gran 
Salon) dont la décoration remonte au xv^ s. et qui ont des * plafonds très inté- 
ressants, puis on descend par l'esijaZfe?* royal, richement décoré (beau plafond). 

Au S. de la place de la Constitution commence la * calle de la 
Independencia (vulgairement paseo de Santa Engracia), large ^ 
avenue que parcourt le tram de Torrero (V. ci-dessous) et qui sert 
de promenade; elle se termine par une espèce de square, ait plaza 
de Aragon, au centre duquel s'élève un monument, haute pyramide 
avec statue assise de Lanuza {V. Histoire) par A. Querol (1907). 

Vers l'extrémité S.-E. de cette avenue, derrière le théâtre Pigna- 
telli (PI. 21), l'ancien cloître de Santa Engracia (PI. 3), détruit 
par le bombardement de 1808, a été transformé en caserne. Le 
portail de l'église, décoré de sculptures en marbre, avec les statues 
du roi Ferdinand le Catholique et de la reine Isabelle adorant la 
Vierge, et une série de têtes de chérubins, sur les voussures de la 
porte, est une œuvre remarquable de style plateresque par Juan et 
son fils Diego Morlanes (1505-1519; p. lxxviii). 

De l'église, reconstruite presque complètement à la fin du xix® s., on 
accède dans la crypte dite iglesia de la$ Santas Masas o^ de Iqs Mdrtires, ^ 



Il AUAFERIA. — SANTA ENGRACÎA. || [B. 10] — 105 

5 nefs, et où sont réunis les restes d'un grand nombre de martyrs chrétiens. 
On y voit quelques peintures fort anciennes, deux sarcophages^en marbre 
des premiers temps de l'âge chrétien; il y a une source formée, dit-on, par 
le sang d'un chrétien décapité. 

De la plaza de Aragon on gagne, par le paseo de la Mina, le nou- 
veau quartier sur l'emplacement duquel a eu lieu l'Exposition his- ^ 
pano-française de 1908. On y voit trois nouveaux édifices : la Caridad, ' 
VEcole supérieure de Commerce, Beaux-Arts et Industrie et le Musée. 

Le Musée (ouv. de 9 h. à 12 h., p. 50 par pers., 1 p. pour un 
groupe) a une cour intérieure, qui rappelle en grand le patio (trans- 
porté à Paris) de la maison disparue dite de la Infanta. 

Intéressante collection archéologique (sculptures mauresques provenant 
de l'Aljaferia, fragments d'architecture romains et gothiques, porte gothique 
du couvent do Santo Domingo, tombeaux, etc.) ; collection de peintures 
anciennes et modernes, contenant notamment quelques primitifs flamands 
et espagnols. 

A l'extrémité du paseo de la Mina, sur la plaza de San Miguel, 
Véglise San Miguel (PI. 4) a une tour de style mudejar et une nef du 
même style et également décorée de mosaïques et de briques (à Tint., 
retable du maître-autel de 1534 par JuanMoreto). Plus au N., à l'extré- 
mité du Goso, se trouvent V Université (PI. 15) et, à côté, Véglise Santa 
Maria Magdalena (belle tour mudejar avec ornements en briques). 

[Toprero (30 min. S. de la place de la Constitution ; 20 min. de la placo 
d'Aragon par le tram aboutissant au canal impérial, 10 c. ; c'est la plus fré- 
quentée des promenades aux alentours de Saragosse). — De la place d Ara- 
gon, après avoir laissé à dr. le paseo de la Lealtad et VEcole de Médecine., 
on'franchit le rio Huerva, puis on suit une chaussée ombragée, bordée 
d'habitations, de villas (^orres), de jardins populaires {Campos Eliseos) et de 
fabriques. — 15 min. env. Pied de la colline de Torrero (235 m.); à dr., 
réservoir d'eau de la ville. 

Torrero (ou el Torrero), point stratégique important, sur la rive g. du canal 
impérial d'Aragon, a une église à coupole [San Fernando) ei un ancien couvent, 
auj. caserne. — Si l'on suit à pied pendant quelques min. la route qui longe 
vers ro. le canal, on atteint une petite colline (beau coup d'œil). A quelques 
min. O., au delà d'un canal, olivette et un peu plus loin. Casa Blanca (aub. 
fréquentée par le populaire), où finit la huerta. C'est ici que le maréchal 
Lannes signa, en février 1809, les conditions de la reddition de Saragosse.] 

DE SARAGOSSE A CARINENA(^ 46 k. en 2 h. ; 5 p. 75, 4 p. 35, 2 p. 90). 

— 4 k. Casa Blanca (V. ci-dessus). — Stations sans importance. — 46 k. 
Carinena, ville de 3,000 hab. avec de vieilles murailles et une cathédrale 
qui a pour clocher une belle tour carrée, reste d'une forteresse des cheva- 
liers de Saint-Jean (nombreux vignobles). 

DE SARAGOSSE A UTRI LLAS-MONTALBAN (^ 126 k. en 5 h. 45; 

11 p. 80, 9 p. 45). — 52 k. Belchite, ville de 3,346 hab. près de la rive g. du 
rio Aguas-Vivas; le maréchal Suchet y battit les Espagnols le 18 juin 1809. 

— 62 k. Lécera. — Cette ligne doit être prolongée jusqu'à Téruel (p. 107). 



De Saragosse aPau,R. 8; — a Pampelune et Bayonne (Biarritz), R, 9; 
— A Madrid, R. 11. 

Distances par route, de Saragosse à : Oloron, 245 k. ; — Barcelone, 306 k., 
par (145 k.) Lerida; — Madrid, 321 k. par (86 k.) Calatayud; — Burgot, 
290 k. par (174 k.) Logrono; — Pampelune, 176 k. par (83 k ; Tudel^. 



106 — [R. 11] Il DE SARAGOSSE A MADRID. 



Route 11. — DE SARAGOSSE A MADRID 

^341 k., Madrid-Saragosse-Alicante, gare del Sepulcro (rive dr. de l'Ebre), 
en 7 h. 15, par express; en 10 h. 30 par le train-correo. — 42 p. 65, 
33 p. 05, 20 p. 25; suppl. pour le wagon-lits à l'express do nuit, 15 p. lU. 

Auto-cyclisme : — ^ 321 k. La route est en général assez bonue, mais 
elle a de nombreux tournants et commande la prudence. Trajet très pitto- 
resque, surtout entre Saragosse et Medinaceli. — 24 k. La Aluela. — 50 k. 
La Aimunia. — 66 k. 8. EL Frasno. — 71 k. 5. Aluenda. — 86 k. Calatayud, 
— 93 k. 4. Terrer. — 100 k. 7. Ateca. Quatre passages à niveau. — 108 k. 8. 
Bubierca. — 114 k. 6. Alhama de Aragon. — 116 k, 8. Contamina. — 129 k. 
Ariza. — 144 k. 2. Sta Maria de Huarte. — 153 k. 5. Arcos. — Descente 
dangereuse vers le Jalon qu'on traverse. — 163 k. 9. Jubera. Quatre pas- 
sages à niveau. — 171 k, 2. Medinaceli. Nombreux lacets. — 188 k. Alcolea 
del Pinar. La route devient très bonne jusqu'à Madrid, — 204 k. 4. l'orre- 
mocha del Campo. — 209 k. 5. Algora. — 249 k. 2. Torija. — 257 k. 5. Valde- 
noches. — 267 k. Guadalajara. Route désormais plate. — 292 k. 5. Alcalà de 
Henares. — 302 k. Torrejôn de Ardoz. — 313 k. 8. Canillejas. — 321 k. Madrid. 

En sortant de la gare del Arrabal, la voie ferrée vient toucher 
FEbre en face de la cathédrale, puis décrit une boucle sur la rive 
gauche, franchit le fleuve sur un pont de 5 travées et passe à côté 
du château de la Aljai'eria. — 10 k. Utebo-Monzalbarba (p. 98). 

14 k. Casetas, où l'on quitte à dr. la ligne de Miranda et de 
Pampolune (R. 9), pour se diriger au S.-O. dans la vallée du Jalôn^ 
qu'on remonte jusqu'à Medinaceli. A dr., Alagon, station de U 
ligne de Miranda. — La voie passe au-dessus du canal, puis franchit 
le Jalon au delà du croisement de cette rivière avec le canal impérial. 

27 k. Grisén. — A g., le Jalon. — 42 k. Rueda, à g. (habitations 
dans le rocher) sur la rivedr. du Jalon, sur le versant des hauteurs 
abruptes et âpres qui forment le bord de la sierra de la Maela ^ 
(ruines d'une forteresse mauresque qui portait le nom de Rota), — j| 
50 k. Salillas, à g. (habitations creusées dans un banc de craie; les 
cheminées seules s'aperçoivent au-dessus du sol). — 56 k. Calaiorao 
(antiquités romaines, vieux castillo). — 61 k. Rida (à dr.), à 365 m. 
(église avec tour en pierre rouge, de style mudejar). — La voie suit 
la jolie vallée du Jalon qu'elle franchit plusieurs fois, entre Ricla ] 
et Galatayud : elle passe au milieu de la sierra de Vicor dans 11 tun- 
nels mesurant 3,033 m. — 69 k. Morata (à g., grand couvent). — 
Ponts sur le Jalon. — 78 k. Mores à g. (sur un mamelon, ruines). — 
84 k. ParacuelloSj à g. , jolie huerta. — Nombreux travaux d'art (8 ponts, 
7 tunnels et de grandes tranchées) pour franchir la sierra de Vicor : 
défilés très pittoresques. — A dr., vue sur Galatayud et ses tours. 

97 k. CalataYud® (fondadeiil/uro, pens. 6 p.), l'antique 5i76i/is, 
patrie du poêle Slartial (f 121), détruite par les Maures, puis rebâtie 
par Ayub, qui lui donna son nom (Kalat-Ayub : château d'Ayub), 
est une ville de il, 526 hab., à 1 k. à dr. de la gare, sur le Jalon, 
près de son confluent avec le Jiloca, à 522 m. d'alt., au pied d'une 
colline couronnée par les restes d'un château mauresque. Le curieux 
quartier qui y monte, formé d'habitations creusées dans le rocher, 



IICALATAYUD. — TERUEL. f( [R. 11] — i07 

s'appelle laMoreria. — La Collégiale [Santa Maria la Mayor)^ ancienne 
moscjuée arabe, agrandie par Alphonse le Batailleur quand il prit 
la ville en 1120, restaurée en 1907, a un portail plateresque par 
Etienne Obray et Juan de Talavera (1528), un cloître ogival et une 
très belle tour octogonale. — Véglise del Santo Sepulcro, de 1141. 
réédifiéc en 1613, était la métropole des chevaliers de l'Ordre de 
Jérusalem. — Quelques autres églises ont des tours arabes (à San 
Andrés, tour octogone ornée d'arabesques et de tuiles vernies). 

DE CALATAYUD A VALENCE (^ 294 k. en 9 h. ; 18 p. 80, 14 p. 95, 
% p. 80). — 23 k. Villafeliche. — 4 tunnels. — On suit le cours du Jiloca. 

35 k. Daroca, 3,610 hab. petite ville très ancienne, dans un entonnoir 
entouré de hauteurs que couronne un© belle enceinte crénelée de 2,'500 m. 
de développement, flanquée d'une centaine de tours de caractère mauresque 
(triptyque dans l'église Santo Domingo, p. lxxih). — Une galerie {la qran 
Mina), pratiquée au xvi® s., sous la direction de Pierre de Bedel, architecte 
français, à travers la base d'une haute montagne, sert de déversoir aux 
eaux qui autrement inonderaient Daroca. 

La voie parcourt la plaine de (60 k.) Calamocha^ puis elle monte. — 74 k. 
Monreal. — 87 k. Villafranca del Camno. — 114 k. Cella. 

131 k. Teruel (g) (hôt. : Turia ; Central), ville de 11,931 hab., ch.-l. de la pro- 
vince du même nom, située à 892 m. sur la rive g. du Turia ou Guadalaviar, 
qui reçoit ici l'Alfambra. — Cathédrale gothique, mal restaurée. — San Fran- 
cisco, belle église gothique, fondée en 1399. — Tour de San Martin, du xii* s., 
intéressant spécimen du style mudejar, réparée en 1549 par Pierre de Bedel. — 
Célèbre aqueduc, construit sous la direction de Pierre de Bedel, de 1537 à 1558. 

La légende des Amants de Teruel est au nombre des plus populaires. 
Diego de Marcilla et Isabel de Segura, qui vivaient au xiii« s., sous le règne 
de Jaime d'Aragon, furent deux amants tendres et fidèles et moururent de 
douleur d'avoir été séparés. Ils furent ensevelis dans la même tombe dans 
une chapelle de ïér/lise San Pedro (entrée 20 c). 

La voie monte et atteint, au (150 k.) Puerto d'Escandôn, son point culmi- 
nant, à 1,218 m. — 2 tunnels. — 217 k. Caudiel. — Tunnel. — 224 k. Jérica 
Vivel. — Tunnel. — C'est d'ici à Segorbe la parti© la plus intéressante du trajet. 

238 k. Segorbe (fonda de la Paz), petite ville de 7,049 hab., d'origine 
romaine, joliment située entre deux collines couronnées par des châteaux. 

— La cathédrale possède un retable peint par Vicente Afacip (p. lxi). — 
L'église San Martin de las Monjas a un Christ aux Enfers de Francisco 
Hibalta. — Dans Véglise des Clarisse*, retable [Vie de S t Martin), peint par 
Jacomart Buço (1457). 

La voie franchit un viaduc. — 251 k. Algar. — Viaduc. — Vallée pitto- 
resque. — 260 k. Estibella-Albalat. — La voie franchit le Palencia et con- 
tourne la colline que couronne la citadelle de Sagunto. 

269 k. Sagunto (p. 438) X sur Tarragone (R. 6). 

294 k. Valence @, stat. du ch. de fer central de l'Aragon, sur la route du Grao. 

110 k. Aieca, sur la rive dr. du Jalon (très belle église a\ec tour 
en briques, en partie du style mauresque; à côté, autre tour arabe, 
reste du château d'où le Gid expulsa les Maures en 1173). — Pont 
sur le Jalon; 5 tunnels. — 118 k. Buhierca, pittoresquement bâtie. 

— 2 tunnels. 

123 k. Alhama de Aragon, station balnéaire, à 642 m., au 
pied des montagnes : sources thermales bicarbonatées calciques, 
très gazeuses (24° à 33° G.), alimentant quatre établissements. 

[Monastère de Pledra (@ 17 k. S.; ^ 16 p.), fondé au xiii» s., auj. 
séjour d'été fréquenté (établissement d'eaux bicarbonatées calciques; Gran 



108 — [R. 11] Il DE SARAGOSSE A MADRID. || 

Hôtel de Residencia de Piedra, pens. 8 p. 50 à 15 p.), avec de nombreuses 
cascades et une belle végétation qui en font une petite Suisse au milieu des 
terres arides du Haut-Aragon. De Saragosse on délivre des billets d'aller et 
ret. au prix de 42 p. 75 et 37 p. 15, course en voit, comprise.] 

136 k. Ariza, à dr., près de la rive g. du Jalon (murailles, mai- 
sons, rochers, tout est d'un ton rouge), point de jonctioa de la ligne 
de Goscurita à Valladolid (p. 177) qui se détache à dr. — 149 k. 
Haerta, première localité de la Vieille-Gastille : le monastère a de 
belles stalles, un réfectoire de style gothique et un cloître dont les 
statues sont peut-être Toeuvre de Berruguete. On visite (demander 
l'autorisation) la belle collection archéologique du marquis de Gerralbo 
qui, en 1907, a mis à découvert, sur les hauteurs d'El Villar, une 
ancienne cité ibérique que l'on suppose être Arcobriga. — Les mon- 
tagnes rougeâtres et désolées ont des contours bizarres. — 159 k. 
Arcos de Medinaceli (825 m.). — La voie s'élève pour aborder la 
sierra Ministra. — Tunnel et viaduc sur le Jalon. — 2 tunnels. 

175 k. Medinaceli, à 1,015 m. d'alt., sur une colline près de la 
rive g. du Jalon, ancienne place romaine, puis mauresque (dans .. 
Véglise, 14 sépultures des ducs de Medinaceli). — Tunnel de Horna 
(935 m.), sous lequel on franchit le point culminant de la ligne, à 
1,119 m., et la ligne de partage des bassins du Jalon et du Henarès. 

186 k. Torralba. 

DE TORRALBA A SORIA (^ 94 k. ; en 3 h. 20; un seul train par j.: 13 p., 
8 p. 85, 5 p. 30). — La voie traverse la sierra Ministra, puis descend dans 
la vallée du Duero. — 43 k. Coscurita où l'on joint la ligne de Valladolid à 
Ariza (p. 177). — 51 k. Almazân, à 935 m. (curieuse chapelle romane (p. lxvii), 
autre station de la ligne de Valladolid à Ariza que Ton quitte ici pour 
remonter au N. 

94 k.Soria (fonda del Comercio), ville de 7,296 hab., ch.-l. de la province du 
même nom, à 1,056 m., sur la rive dr. du Duero, et dominée au N. par les con- 
treforts escarpés de la sierra de la Cebollera. — Sur la plaza del Conde, vaste 
palais des comtes de Gomara (1577), auj. siège du gouvernement. — Eglise 
de Santo Domingo (xiii* et xiv« s.), romane (façade remarquable (p. lxvi). 
— Eglise San Pedro, romane (xii* et xiii* s.), avec une belle silleria et, 
adossé au trascoro, un tableau {Descente de croix) attribué à Titien ; très beau 
cloître (nombreux tombeaux). — A 200 m. du pont sur le Duero, pittoresques 
ruines du couvent de San Juan de Duero. — Sur les flancs de la montagne 
de Penalvas, ermitage de San Saturio, pratiqué en partie dans le rocher. — 
C'est à 5 k. env. N. de Soria que s'élevait, au sommet d'une colline domi- 
nant le confluent du Tera et du Duero, Y antique Numantia, célèbre pour son 
héroïque résistance contre les Romains qui détruisirent la cité l'an 133 av. 
J.-C. ; des fouilles récentes en ont découvert les restes.] 

202 k. Sîgûenza (g) (hôt. de la Estaciôn), l'antique Segontia celti- 
bère, ville de 4,600 hab., à 982 m. d'alt., en amphithéâtre sur les 
pentes d'une colline dominant le Henares, avec des restes de son 
enceinte et dominée par son ancien Alcdzar, est une véritable forte- 
resse, entourée de murailles flanquées de grosses tours. 

Surlap/ara Major, belle* cathédrale, du style de transition roma no- 
gothique (xni* s.), flanquée de tours massives. Au portail, médaillon 
moderne en marbre (la Vierge remettant la chasuble à St Ildefonse) et 
belle rosace. 

/atérieur : — îl3 nefs : beaux piliers; chaire du xvi« s. j trascoro de 1685 j 



Il SIGUE'NZA. — GUADALAJARA. || [R. H] — 100 

vaste coro avec belles boiseries de 1490 ; maître-autel de 1653 richement 
orné, ainsi que la sacristie; beau portail mudejar de la chap. de V Annon- 
ciation (vers 1510; p. lxiv); dans celle de Sta Librada, tombeau de la sainte 
et mausolée de D. Fadrique de Portugal (f 1539); dans celle de S. Marcos^ 
triptyque du xv® s. A di*. du chœur, chapelle de la famille de Arce': tom-^ 
beau de Martin Vasquez, tué en 1486 devant Grenade ; tombeau de l'évêque 
des Canaries, Fernando (1522). — Très riche sacristie avec voûte à caissons 
par Alonso de Covarrubias (1532). — Cloître ogival, du commenc. du xvi® s. 
(belle ornementation ; dans la Sala Capitular, belles tapisseries). 

Eglise romane de San Vicente (au maître-autel, Madone, par Morales). 

— Ancienne Université (auj. séminaire). — Aqueduc ancien alimen- 
tant d'eau la ville. 

La voie s'engage dans une gorge étroite très jolie où serpente le 
Henares, qu'elle croise plusieurs fois, avec 2 tunnels. — 218 k. 
Èaides, entouré de rochers et de montagnes arides. — 226 k. Matillas, 

— A g., vieux pont sur le Henares. — 237 k. Jadraque, petite ville de 
1,600 hab. — Au loin, à g., ruines d'un château des ducs d'Osuna. 

— On aperçoit à dr. les cimes souvent neigeuses du Guadarrama. 
A mesure que l'on descend vers la plaine, l'aspect de la vallée 
devient plus riant. — On dépasse plusieurs stations sans intérêt. 

285 k. Guadalajara (D (rest. : Pretty Boom; Moderne) à 1 k. à g., 
ville de 11,000 hab. env., ch.-l. de la province du même nom, VAnHaca 
des Romains et la Ouad-al-hadschara -des Maures, à 642 m., sur la 
rive g. du Henares, au pied d'une chaîne de collines. On y voit encore 
des restes de constructions romaines (entre autres Vaqueduc), 

Le * Palais des ducs de l'Infantado (entrée par la porte au-dessus 
de laquelle on lit : « Golegio de Huerfanas de la Guerra » ; offrande 
pour les orphelins et pourboire), du style plateresque, fut commencé 
en 1461 par Juan Guas et le maestro Enrique pour le marquis Diego 
Hurtado de Mendoza : c'est là que fut célébré le mariage de Phi- 
lippe II avec Isabelle de Valois. La façade^ dans un style gothique 
décadent, avec grand écusson armorié supporté par des satyres, est 
surmontée d'une galerie très originale reposant sur une corniche 
très ornementée. 

A Tint., patio à colonnes d'ordre dorique et à arcades bizarres suppor- 
tant une galerie haute, d'une ornementation fastueuse; la balustrade et les 
colonnes torses en sont les plus brillants morceaux. La Sala de los Linajes 
(généalogies), avec plafond mudejar en bois sculpté et doré, a été aménagée 
en chapelle. Dans la Sala de Cazadores, cheminée de 1560. 

Sur la plaza del Gonde Romanones, Academia de Ingenieros (école 
centrale du génie militaire), belle construction du temps de Phi- 
lippe V (xviii® s.); à côté, institut aérostatique. — Dans Véglise Santa 
Maria de la Fuente^ au N. de la belle promenade Goncordia, les fidèles 
vénèrent une image de la Vierge des Batailles, statuette en bois 
peint que, dit-on, le roi Alphonse VI portait à l'arçon de sa selle, 
lorsqu'il allait en guerre contre les Maures. — Dans la chapelle de San 
Franciifco, qui domine la ville à l'E., vaste caveau funéraire (28 tom- 
beaux en marbre rouge violet) de la famille de Mendoza. — Une 
autre église, San Ginès, possède les tombeaux style Renaissance de 
Pedro Hurtado de Mendoza et de sa femme, et du comte Tendilla, 



iiO — [R. 11] Il DE SARAGOSSE A MADRID. || 

le premier capitaine général de Grenade. Depuis 1911 Guadalajara 
possède un parc d'aérostation militaire. 

308 k. Alcalâ de Henares (hôt. Hidalgo), ville de 11,210 hab., : 
Tantique Complutum dont le nom actuel est d'origine maurescjue 
lal-Kalâj la place forte), est la pairie de Miguel de Cervantes (1547-16 IG), 
célèbre auteur de Don Quichotte. 

Itinéraire, — Au sortir de la gare, on suit le long paseo qui 
aboutit à la calle de los Libreros, d'où l'on voit à g. la belle façade 
Renaissance du Collège de Saint-Ildefonse; ce somptueux monument 
du xvr- s., terminé par Alonso de Covarrubias, renfermait "jadis l'Uni- 
versité fameuse fondée en 1508 par le cardinal Xirnénes Gisneros. 

A Tint, (pourb.) on voit : — trois beaux patios (xvi« s.); — le Paraninfo, .j 
grande salle contemporaine de Gisneros, avec sculptures plateresques en 
stuc et plafond mudejar; — une chapelle du même temps avec de beaux pla- > 
fonds artesonados, des sculptures dans le style plateresque et une belle grille. 

La vaste pla:a May or ou de Cervantes {statue en bronze de Cervantes ; 
église de Santa Maria la Mayor, où il fut baptisé le 9 oct. 1547) et la 
calt<i Mayor sont encore bordées de portiques. Gette dernière conduit 
à la Iglesia Magistral qui date, en majeure partie, du xv® s. et fut 
terminée par le cardinal Gisneros (portail 0., style de transition 
entre gothique et Renaissance); elle a été restaurée en 1908. 

L'int. (actuellement en restauration) présente 3 belles nefs gothiques avec : 
coro et capilla mayor (belle grille par Juan Francés). Devant l'entrée O., 
tombeau du cardinal Ca.rrillo de Aaina (xv« s.); devant le coro, magnifique 
* mausolée en marbre du cardinal Ximénes Gisneros (f 1517), dessiné par le 
Florentin Domenico Fancelli, exécuté après sa mort par Bart. Ordônez (1524; 
p. LxxviTi). — Dans le déambulatoire, derrière la capilla mayor, crypte de los 
Santos Ninos ; autres tombeaux. 

A quelques pas au N. de la Magistrale s'élève l'ancien Palais des 
archevêques de Tolède (xiv' s.), terminé par Alonso de Covarrubias, 
occupé par les archives du royaume. 

A Tint., beau patio à double étage de colonnades, d'où un escalier à déco- 
ration plateresque avec un mac^nifique plafond artesonado monte au l®*" étage, , 
où l'on visite (pourb. au concierge) 5 salles avec de remarquables plafonds 
à caissons (xvi^ s.), puis, précédée d'un aritesalon du môme style, la merveil- 
leuse * sala de Concilios (xiv« s. ; entièrement restaurée en 1678), vaste salle 
de 39 m. 60 sur 8 m. 50 avec plafond lambrissé et peint, et revêtements 
polychromes en stuc de style mudejar. Les archives (ouvert de 9 h. à midi 
et de 2 h. à 4 h. ou de 3 h* à 6 h. en été ; pourb. au gardien) sont installées 
dans 70 salles dont beaucoup ont des plafonds lambrissés et polychromes. 

Attenantes au palais, des fortifications anciennes sont flanquées 
détours. — Dans une rue étroite, près de la gare, est la maison qui 
passe pour la maison natale de Cervantes (né le 9 octobre 1547) ; plaque 
commémorative. 

318 k. Torrejôn de ^rcfos (beau domaine du duc d'Osuna) : en été, 
service de voit, pour les bains de Locches{\\ k.). — Pontsur le Jarama. 
— 322 k. San Fernando, ancien flef de la couronne, comme Aranjuez. 
-— 330 k. Vicàlvaro. — 335 k. Vallecas. A g., colline isolée de el 
Punto (p. 278). 

341 k. Madrid, gare du Midi (R. 24). 



m]-'^-U^'^W'^x4-, 



-DB'UXJÈMn SBCTIOT^ 
PROVINCES BASQUES. — VIEILLE-CASTîLLE 

SAINT-SÉBASTIEN. — BILBAO. — SANTANDER. — VITORIA. — 
BURGOS. — VALLADOLID. — AVILA. — SÉGOVIE 



Route 12. — DE BIARRITZ (BAYONNE) 
A SAINT-SÉBASTIEN 

A. — Par le chemin de fer. 

^ 48 k. — De Biarritz-Ville à Irun, 31 k. en 1 h. env. : 3 fr. 10, 2 fr. 15, 
j fr. 40; — d'Irun à Saint-Sébastien, 17 k. {Ferrocarril, ou Caminos de 
Hierro del Norte) on 30 m. : 2 p. 15, 1 p. 60, 1 p. 
iV. B. — Pour la description détaillée du parcours jusqu'à Hendayo, 

V. le Jeanne : Pyrénées^ et la monographie Joanne : Biarritz (1 fr.). 

3 k. La Négresse, jonction de la ligne de Bayonne. — 8 k. Bidart. 
— 10 k. Guétary. — 16 k. Saint- Jeaa-de-Luz. — La voie franchit la 
Nivelle; jolie vue à dr. sur le port de Saint-Jean-de-Luz; à g., vue 
sur la Uiiune. — 21 k. Urrugne (K. ci- après B). — A dr. se voient 
bientôt les rochers les Jumeaux, la plage d'Hendaye, puis l'embou- 
chure de la Bidassoa et Fontarabie. 

28 k. Hendaye (1), dernière station française. 

La voie franchit laBidassoasurun pont international long de 110 m. 

31 k. Gare d'Irun (g) (on change de train; douane espagnole, visite 
méticuleuse; bureau de change). 

Irun (D (hôt. Palace-Hôtel, paseo Colon, 8-10, déj. 3 fr. 50, dîn. 4fr. 
bains, chauiï., gar.), petite ville de 14,921 hab., appartenant à ia 
province basque de Guipuzcoa, est située à 20 m. d'alt. et à 1 k. 
env. de la gare, près de la rive g. de Testuaire de la Bidassoa, entre 
Tarête du mont Jaizquibel au N. et les dernières ramifications de 
la Haya au S. C'est une ville d'une grande importance commerciale 
etquis'estnotablementembellie etagrandie depuis quelques années. 

Un tram conduit de la gare à la ville d'Irun. La voie est com- 
mune pour les deux tramways d'Irun et de Fontarabie jusqu'à un 
petit pont où le tram de Fontarabie (F. ci-après) suit la roule à g., 
tandis que le tram d'Irun suit à dr. une belle avenue, bordée de 
constructions neuves. 

L'avenue suivie par le tram ou paseo Colon laisse à g. les arènes 
et un jardin public, conduit au Casino et à la plazadela Constitucion, 
où se trouve Vkôlel de ville (xvi* s.). — On descend ensuite à la 
plac<» en lerre-plein où Véglisc de Nuestra Senora del JuncaU récdifiée 
en 1508, olfre un type de l'architecture religieuse du Guipuzcoa 



il2 — [R. 12] Il DE BIARRITZ A ÔAÎNT-SÈBASTIEN. (I 

pendant la Renaissance (à Tint. : retable de 1647 de l'architecte 
Bernabé Gordero, sculpté par Juan Barcado; dans la sacristie, fonts 
en marbre remarquables; dans la nef, tombeau de l'amiral Pedro 
Zubiarre, 1568, enfant d'Irun). 

[Ile des Faisans (1,500 m. N.-E., en aval du pont de Béhobie). — La petite 
île des Faisans ou de la Conférence (territoire neutre), au milieu de la 
Bidassoa, rappelle d'importants souvenirs historiques. En 1469 eut lieu une 
conférence entre Louis XI, roi de France, et Henri IV, roi de Castille. En 1526, 
dans une barque, au milieu de la Bidassoa, François I*"", prisonnier, fut 
échangé contre ses deux fils, qu'il donnait en otages. En 1615, les ambas- 
sadeurs de France et d'Espagne vinrent échanger deux fiancées sur l'îlot : 
Isabelle, fille de Henri IV, roi de France, destinée à Philippe IV, et la sœur 
de ce dernier, Anne d'Autriche, destinée à Louis XIII. En 1659, le cardinal 
Mazarin vint s'entendre avec don Luis de Haro, pour traiter de la paix dite 
paix des Pyrénées, cimentée par le mariage de Louis XIV avec l'infante 
Marie-Thérèse. Un petit monument rappelle cette dernière entrevue. 

Mont San Narcial (2 k. 5 S.-E.). — Cette colline, dominant la rive g. de 
la Bidassoa, porte un ancien ermitage et un fort. On y a inauguré en 1913 
un monument à la mémoire des soldats français et espagnols tombés dans 
le combat d'août 1813 où le général espagnol Manuel Freire remporta 
l'avantage sur la division française de Reille. 

D'IRUN A FONTARABIE (3 k. N. ; ;i^^ de la gare d'Irun, en corresp. 
avec tous les trains ; 25 c. et 30 c. ; promenade intéressante). — Au petit pont 
{V. ci-dessus), le tram de Fontarabie, laissant à dr. la voie d'Irun, se dirige 
à g. — A g., couvent des missionnaires. — On quitte le tram, qui descend à 
la' Marine et à la plage (7. ci-après), pour monter à g. une rampe qui 
aboutit à la porte principale de Fontarabie. 

3 k. Fontarabie {Fuenterrabia; hôt. : Penon Cantâbricon, sur la plage, 
au terminus du tram ; de France, à la Marine, calle de San Pedro, déj. 3 p. 50, 
dîn. 4 p., ch. de 3 à 5 p., pens. de 5 à 12 p. ; Coucha, à la Marine ; Mouriscot^ 
près de la puerta de Santa Maria; rest. du Casino), 4,226 hab., jadis forte- 
resse importante, est une cité très archaïque, illustre par les fastes de son 
histoire, et assez bien conservée pour donner l'illusion des villes fortes espa- 
gnoles du moyen âge, dont elle est comme le prototype respecté par le temps 
et par les hommes; mais elle a été très modernisée ces dernières années, 
surtout dans le quartier de la Marine. Cest un séjour d'été de plus en plus 
fréquenté ; une ville d'étrangers s'est construite le long de la promenade 
qui domine l'embouchure du fl^euve. 

Histoire. — Fontarabie, en basque Ondarribia (fleuve plein de sable), fut 
pris par François I" en 1521, et en 1719 par le maréchal de Berwick. Assiégée 
en 1638 par Condé et Saint-Simon, la ville subit 20 assauts en 64 jours. Les 
munitions manquant, la résistance devenait impossible, lorsque l'alcade, 
D. Diego Butron, réunit la population et, prêchant d'exemple, offrit 1,500 livres • 
en argent pour en fondre des balles à défaut de plomb ; à sa suite, tous les 
habitants apportèrent leur argenterie et leurs bijoux. Les femmes jetaient 
du haut des murs de l'huile bouillante sur les assiégeants, et les enfants 
eux-mêmes, ramassant les escopettes des morts, ouvrirent un feu terrible 
sur la colonne française, tandis que les plus petits envoyaient de grosses 
pierres sur les ennemis. Enfin, le 7 septembre, veille de la Nativité de la 
Vierge, Cabrera, amiral de Castille, et le marquis de los Vêles, vice-roi de 
Navarre, tombèrent à l'improviste sur les troupes françaises fatiguées et 
les refoulèrent sur le Jaizquibel. Chaque année, du 7 au 10 septembre, cette 
délivrance, attribuée à N.-D. de Guadalupe, est commémorée par de grandes 
fêtes qui attirent à Fontarabie, surtout le 8 septembre, une foule considérable. 

Procession du Vendredi Saint. — Cette procession, d'un caractère exclu- j 
sivement religieux, attire beaucoup d'étrangers à Fontarabie : elle a iieu ^\ 



Il FONTARABIE. || , [R. 12] — 118 

vers 4 h. de l'après-midi. Le même jour, immédiatement après la procession 
de Fontarabie, a lieu une procession aussi très curieuse à Irun ; dès que 
la procession de Fontarabie est terminée, le tramway et tous les véhicules 
disponibles conduisent à Irun les étrangers et les habitants de Fontarabie. 

Itinéraire. — On pénètre dans Fontarabie par la porte principale ou puerta 
de Santa Maria, surmontée de l'écusson aux armoiries de la ville, avec des 
anpes de pierre vénérant limage de N.-D. de Guadalupe, patronne de la 
cité. Au delà, laissant à g. une fontaine et le paseo de la Muralla, prome- 
nade plantée d'arbres, tracée le long des antiques remparts, on suit la calle 
Mayor, d'un aspect pittoresque avec ses vieilles maisons à balcons et à mira- 
dores, ornées dénormes écussons de pierre, dont on embrasse la curieuse 
enfilade jusqu'à l'église et au sommet de la colline. On y voit encore de 
vieux balcons en fer ouvragé ; malheureusement pour les amateurs d'art, 
beaucoup ont été renouvelés. 

A g. {n° '20), on remarquera la Casa Consistorial ou mairie; la maison en 
face, n° 15, était celle de l'alcade Butron, lors du siège de 1638; à dr. (n° 3), 
belle maison Renaissance, malheureusement très restaurée. Plus loin, à g. 
(n° 8), le bel hôtel de Torrealta fait le coin de la calle de las Tiendas, sur 
laquelle s'ouvre à g. la calle Pampinot, avec de très vieilles maisons en 
bois. Il faut voir aussi la rue parallèle à la calle Mayor, dite calle del Obispo 
{maison n" 9), qui aboutit au chevet de l'église. 

Dans le haut de la calle Mayor, à dr., est l'église Santa Maria ou de 
Nuestra Senora de la Asunciôn (défense d'y circuler pendant les offices). 
Bâtie au xi* s., elle était un chef-d'œuvre de pure ogive. La Renaissance 
la dénatura en lui enlevant ses vitraux et en dorant à outrance ses figures 
sculptées: au xviiie s., l'œuvre de vandalisme fut achevée par un horrible 
badigeonnage en jaune. A Tint., on remarque : le chœur établi comme une 
tribune sur une voûte surbaissée ; les autels, trop surchargés de dorures ; à g., 
à l'extrémité du balcon de l'orgue, le drapeau de la cité ; dans la sacristie, 
le balcon de los Apôstoles (des Apôtres ; charmantes vues). De la terrasse du 
clocher, la vue est superbe. 

A l'extrémité de la calle Mayor (côté dr.), à l'encoignure de la place 
d'Armes, s'élève le Palais Royal ou Palais de Charles-Quint (entrée, 25 c), 
très imposant, mais vide à l'intérieur, où l'on peut consulter une notice his- 
torique, en espagnol et en français, affichée sur un pilier, près de l'escalier 
et de la petite cour-jardinet intérieure. Primitivement construit, au com- 
mencement du x« s., par le roi de Navarre Sanche-le-Fort, ce château se 
compose, en l'état actuel, de deux parties bien distinctes : la façade (en 
partie du xiv*, en partie du xvi^ s.), du côté de la place, et des constructions 
beaucoup plus anciennes qui dominent la Bidassoa. La première partie est 
connue sous le nom de Palais de Jeanne la Folle. De la terrasse, le pano- 
rama sur Hendaye, la Bidassoa et l'Océan est admirable; on a à ses pieds 
la jolie marine sableuse de Fontarabie, avec ses nombreuses barques de pêche. 

En sortant du palais sur la plaza de Armas (poste et télégraphe), doni il 
occupe tout un côté, on traverse la place pour descendre à dr. par la calle 
del Avorte et une petite rampe, à la Marine {marché couvert), très animée 
avec sa robuste population de pêcheurs, et oià une nouvelle ville égrène ses 
villas et ses hôtels le long de la Bidassoa et au-dessus de la digue-promenade^ 
éclairée à l'électricité, qui olfre une .vue imposante sur l'Océan, Hendaye- 
Plage, les rochers les Jumeaux et les montagnes. Cette digue domine la 
plage (cabines) de sable et continue la station balnéaire vers le cap du 
Figuier {V. ci-après). 

En face du'^couvent du Sacré-Cœur (ancien Palais Miramar) se détache, 
à dr. en revenant vers la ville, une route (suivie par le tram) qui longe à g. 
les remparts, à dr. les arènes des courses de taureaux^ puis, à g., \e jeu de 
pelote, et l'on descend en face de soi à la jetée. 

[EnviroDS. — On peut, par un bon chemin, faire une intéressante pro- 
menade (O.-N.-O. ; 1 h. à la montée; 30 min. à la desc), au sanctuaire de 

ESPAGNE. 8 



114 — [R. 12] Il DE BIARRITZ Ar SAINT-SÉBASTIEN. || 

Nuestra Senora de Guadalape (auberge attenante à la chapelle), but du 
pèlerinage religieux et patriotique du 8 septembre. De là, on monte aisé- 
ment au point culminant de la crête du Jaizquibel (584 m.), montagne qui 
s'élève en pente douce à partir du cap du Figuier et descend brusquemenô 
sur la baie de Pasajes. Du sommet, couronné par la redouts d'Artola, la 
vue s'étend sur l'Océan au N., sur le pays basque espagnol au S., sur les 
premières cimes des Pyrénées occidentales et sur le littoral français de 
l'Atlantique. — Aux bons marcheurs, nous recommandons, au lieu de monter 
de Fontarabie à N.-D. de Guadaliipe par le bon chemin, de suivre la rive g. de 
la Bidassoa jusqu'au cap du Figuier (phare), couvert d'asphodèles, au prin- 
temps, et d'où la vue sur les côtes et sur l'Océan est grandiose ; du cap, en gra- 
vissant la crête, on monte à N.-D. de Guadalupe, et de là jusqu'au sommet 
du Jaizquibel (très belles vues pendant la montée). La descente sur Pasajes , 
est douce, sauf à la fin, où elle s'effectue par un chemin pavé très raide 
(paysages magnifiques). L'excursion demande une bonne demi-journée.] 

Au delà d'Iruiiy la voie franchit la Jaizubia, affluent de la 
Bidassoa, et passe par un tunnel de 489 m. sous le col de Gaincha- 
risqiicta, qui relie la base de la Pena de Aya au Jaizquibel), puis 
descend par un joli vallon boisé vers TOyarzun. 

41 k. Lezo-Renteria{p. 128). 

La voie traverse FOyarzun. — Tunnel de 195 m., sous le pro- 
montoire de San Antonio. — A dr., baie de Pasajes, longue de ', 
2,600 m. de l'E. à PO. sur une largeur maxima de 360 m., formée ; 
par l'embouchure de l'Oyarzun, et qui communique avec la mer i 
par un étroit goulet entre deux hautes collines. 

42 k. Pasajes (on s'y rend le plus souvent de Saint-Sébastien, 
en 25 min. env., par le tram, p. 127). — La voie longe la baie, et 
descend dans la vallée de l'Urumea. 

48 k. Saint-Sébastien (R. 13). 

B. — Par la route. 

On sort de Biarritz par l'avenue de la Liberté qui traverse le 
quartier Saint-Martin. — 2 k. 750. Croisement de la route d'Espagne 
(près de la gare de la Négresse), tourner à dr. Deux passages à 
niveau successifs et on laisse à g. la route d'Arcangues et de 
Cambo. — A dr. lac Mouriscot et Bois de Boulogne. — La route 
s'élève sur un plateau (belle vue, on découvre à g. le pays basque 
français avec son fond de montagnes). Au loin, à dr. la villa Sachino, 
a la reine de Serbie. — Descente en lacets. 

6 k. 750. Bidart {un raccourci carrossable se détachant à dr, de la 
route d'Espagne amène directement à Véglise). — On passe au pied de 
l'église. — La route laisse à g. un petit chemin carrossable qui 
conduit à la chapelle d'Urouca (fontaine miraculeuse, pèlerinage 
en mai), puis descend pour franchir VOuhabia (à dr. embouchure 
du ruisseau) et remonte. — 9 k. Aussitôt après un pont sur le chemin 
de fer, on laisse à dr. le chemin de ta plage de Guéthary. . 

9 k. Guéthary. — On traverse une partie du villnge laissant 
l'église à g. — Descente en vue de la Rhune et de la Haya. — 
La route, bordée de grands peupliers est superbe. — Il k. Montée. 
— 11 k. 2. Plateau où se détache à g. la roule d'Ahclze. Après une 
descente, coude brusque pour passer au-dessus de la voie ferrée. 



Il PAR LA ROUTE. [| [R. 12] — 115 

— 14 k. 5. Descente. A g. se détache la route de SaiiU-Pée et 
Espelette. — 15 k. 5. A rentrée de Saint-Jean-de-Luz, peu après le 
temple protestant, bifurcation, prendre à g-, le boulevard Yictor- 
Hugo (à dr., rue Garnbetta) et on arrive ainsi directement à la 
place Pluviôse et au pont de Ciboure. 

16 k. Saint-rJean-de-Luz {ta route d'Espagne traverse la ville). — 
Sur la place Pluviôse, on laisse à g. la route de la gare et d'Ascain 
et Ton franchi^ le bassin. A dr., Ciboure et le Socoa. La route longe 
à g. la voie ferrée ; à dr. sur la hauteur, ancienne chapelle de N.-D.-de- 
la-Mer, — 17 k. 8. Après une légère moulée, la route descend et 
traverse à niveau la voie ferrée (coude brusque) qui s'éloigne à dr. 
En face, belle vue de montagnes. On laisse à g. la route du Socoa, 
puis, du mêroe côté, en contre-bas de la route, le beau parc du 
château d'Urtubie (à M. dé Larralde), ancien manoir dont les fossés 
ont été comblés et où Louis XI se rencontra, en 1462, avec les rois 
de Castille et d'Aragon. — Très jolie vue à dr. sur Urrugne et sa 
campagne dominée par la Haya. — 19 k. 8. Au bas d'une descente, 
on laisse à g. la route d'Olhette. A g. belles montagnes. — Pont; 
puis on monte à Urrugne. 

20 k. 8. Urrugne, 3,048 hab. (452 agglomérés). Belle église 
(à dr. de la route), en partie du xv^ s. (restes de fortifications), à 
trois rangs de tribunes superposées; elle est célèbre par l'inscrip- 
tion de son horloge : Vulnerant omnes, ultima necat (toutes frappent, 
la dernière tue). 

[A 15 min. N. (sentier derrière l'église), la chapelle de N.-D. de Sogorry, 
but de pèlerinage à la Vierge de Bon-Secours, offre une très belle vue.] 

La route descend, puis s'élève en rampe douce. — 24 k. Croix- 
des-Bouquets, plateau d'où l'on découvre à dr. le Jaizquibel, le cap 
Figuier et la mer, à g. un grand amphithéâtre de hauteurs (dont 
le Gholdocogagaa). On laisse sur la dr. la nouvelle route pour Subernoa, 
Uendaye- Plage et Hendaye-Ville. Alors commence une superbe 
descente, d'abord en lacets, puis presque à pic, sur Béhobie et la 
vallée de la Bidassoa (dans le fond, Irun). 

28 k. Béhobie, dernier hameau français. 

La route franchit la Bidassoa. 

Aussitôt après le pont international (douane), laissant sur la g. la 
route de Vera et Elizondo, on tourne à dr. et l'on suit la Bidassoa 
en vue de Vile des Faisans. — La route s'éloigne bientôt de la 
rivière pour courir à travers une plaine ondulée. 

31 k. Irun (V. ci-dessus, A), — Traversée difficile, rampe 16 0/0. 
On passe sur la place de la Constitution (hôtel de ville et casino) et 
l'on suit tout droit en montant la calle Mayor. — Boute assez 
accidentée offrant de belles vues, à dr. sur Hendaye et Fontarabie 
au pied du Jaizquibel, à g. sur le massif de la Haya. — Après avoir 
laissé sur la g. la route d'Oyarzun (ancienne route de Madrid) on 
tourne à dr. sur le pont du ch. de fer d'irun à Madrid. — On traverse 
alors une belle campagne et après une côte assez longue (viragees 
on passe plusieurs fois sous la voie ferrée (touroanls très brusqaes 
et très dangereux). 



116 — [R. 13j il SAINt-SÈBASÎlEN. || 

42 k. Remeria (p. 128). — On longe la promenade et la rivière' 
puis on s'engage dans la calle Viteri. — La route (que suit le tram 
pour Saint-Sébastien) s'élève; à dr. Lezo (nombreuses usines). On 
domine bientôt la baie de Pasajes (très belle vue à dr.). ' 

45 k. Pasajes (p. 127); de l'autre côté du port, San Juan et Sanl 
Pedro. — La route est plus monotone, mais on aperçoit bientôt au- 
dessus ée Saint-Sébastien le mont Igueldo et son observatoire. 
Laissant à dr. le mont Ulia, on passe à Ategorrieta, puis on entre 
dans Saint-Sébastien par le faubourg de Gros et la calle de Miracruz 
(à dr. Jes arènes). — Le pont Catalina et Vavenue de la Liberté^ tout 
droift, conduisent à la Goncha, centre de la ville. 

50 k. Salint'Sébastîen (R. 13). 



Route 13. - SAINT-SEBASTIEN 
ET SES ENVIRONS 

SAINT-SÉBASTIEN (San Sébastian), capitale du Guipuzcoa, 
ville de 50,000 hab., station de bains de mer aristocratique, séjour 
d'été de la Gour et station hivernale, est bâti dans un site char- 
mant, à l'embouchure de l'Urumea et autour d'une baie sablonneuse 
fermée à l'O. par le mont Igueldo, à l'E. par le mont Orgullo ou 
Urgull, qui porte la f<>rteresse dite le Château ou château de la 
Mota. Au centre, l'îlot de Santa Glara barre l'horizon, ne laissant 
que deux passages de mer étroits, surtout celui de l'O., entre la 
plage, le port et le large, et donnant ainsi à la baie la physionomie 
d'un véritable lac. 

La ville proprement dite se développe sur la rive g. de l'Urumea, 
entre ce fleuve, la baie, le mont Orgullo et le mont Igueldo. Elle 
se divise en deux parties bien distinctes, séparées par la belle pro- 
menade de l'Alameda : la vieille ville blottie aux pieds du mont 
Orgullo et de la forteresse et autour du port, dont les artères 
étroites, enchevêtrées, les places à arcades sont animées par 
l'incessant va-et-vient d'une foule affairée et bariolée; la ville 
neuve, dont les rues larges et droites, tracées au cordeau, bordées 
de hautes maisons peintes en tons clairs, ornées et rehaussées de 
miradores ou balcons saillants, ont un aspect de coquetterie et de 
gaité qui séduit d'emblée le promeneur. Une nouvelle ville est en 
voie de création sur la rive dr. de l'Urumea. Une société française 
y fait de grands travaux pour gagner des terrains sur la mer et 
créer une nouvelle plage; tandis que la Goncha est un véritable ■ 
lac, la plage de Gros aura en face d'elle la mer libre et elle s'étendra 
jusqu'au pied du mont Ulia. 

Pour les étrangers, les deux pôles d'attraction sont l'Alameda et 
le paseo de la Goncha. ^ 



RENSEIGNEMENTS PRATIQUES. 



[R. 13] — 117 



ARRIVÉE 

Gares : — du Nord, sur la rive dr. 
do rUrumea (lignes de France, de 
Madrid, de Pampelune, etc.); — de 
Bilbao et de Pampelune, barrio de 
San Martin, quartier S. (ligne à voie 
étroite). 

Buffet : — à la gare du Nord (déj. 

3 p., dîn. 3 p. 50 ; ch. 3 p. 50 à 10 p. ; 
pens. de 10 p. 75 à 12 p. 35 ; électr., 
eau chaude et froide dans les cham- 
bres). 

Omnibus : — des gares aux hôtels, 
50 c. par pers. : — bagages de 1 à 
10 kilog., 20 c; de 10 à 40 kilog., 
50 c. ; 40 kilog. et au-dessus, 1 p. 

RENSEIGNEMENTS DE SÉJOUR 

Hôtels : — Hôtels de 1°^^ ordre (or- 
dre alphabétique) : — Continental- 
Palace, paseo de la Concha, près des 
Bains (déj. 6 p., dîn. 7 p., v. n. c. ; 
ch. 6 à 20 p. ; gar. ; tout le confort 
moderne); — Ezcurra, paseo de la 
Zurriola, près de l'embouchure de 
l'Urumea (déj. 5 p., dîn. 7 p.; pens. 
dep. 20 p.); — de Londres et d'Angle- 
terre, paseo de la Concha, sur la 
filage (déj. 5 p., dîn. 6 p.; ch. 5 à 
6 p.; pens. dep. 20 p.); — Maria- 
Cristina, paseo de la Zurriola, au bord 
de rUrumea (déj. 6 p., dîn. 8 p., v. 
n. c. ; ch. à 1 lit dep. 5 p., à 2 lits 
dep. 8 p. ; tout le confort moderne). 
Hôtels moins chers (ordre alphabé- 
tique) : — Albenis^ calle Vergara, 16 
(pens. dep. 12 p.); — Aramendi (pens. 
dep. 12 p.); — Arana, calle Easo, 16 
(pens. dep. 12 p.); — Berdejo, calle 
Guetaria, 7, et calle San Marcial, 15 
(pens. dep. 12 p.); — Biarritz, pi. 
de TArenal (déj. 3 p. 50, dîn. 4 p.; 
ch. 3 à 6 p. ; pens. dep. 12 p.); — 
Bourdette, av. de la Libertad, près 
de la Concha (déj. 3 p. 50, dîn. 4 p. ; 
ch. 3 à 6 p.; pens. dep. 12 p.); — 
Central, sur l'Alameda (déj. 4 p., 
dîn. 5 p. ; ch. de 3 à 5 p. ; pens. dep. 
10 p.; gar.); — Europa, calle de 
Prim, 1, et calle San Martin (déj. 

4 p., dîn. 5 p. ; pens. dep. 12 p. ; asc, 
cliautf., bains); — FombelUda, calle 
Alfonso VIII, 7, près des gares (pens. 
dep. 12 p.); — de France, calle de 
Camino, près de la pi. du Guipuzcoa 
(déj. 3 p. 50 et 4 p., dîn. 4 et 5 p.; 
ch. 3 à 8 p.; peus. de 10 à 18 p.); — 



ffispano-Americano, calle de Prim, 2 
(déj. et dîn. 5 p., pens. dep. 10 p. 
l'hiv., 12 p. l'été); — Mexico, Ala- 
nieda, 23 (pens. dep. 12 p.); — Niza, 
paseo de la Concha (pens. dep. 12 p.) ; 

— de Paris, calle Fuenterrabia, 11 et 
calle Principe, 21 (déj. 4 p., dîn. 5 p.; 
ch. 3 à 5 p. ; pens. de 10 à 15 p.; 
bains, chauff.); — Bobinson, calle 
de Guetaria, 8 (pens. dep. 12 p.); — 
Terminus (F. buffet de la gare)-, — 
Urbana, pi. de Guipuzcoa (déj. ou dîn. 
4 p.; pens. dep. 12 p.); — Ursula^ 
calle Easo, 10 (pens. dep. 12 p.). 

Autres hôtels (ordre alphabétique) : 

— prix de pension variant de 8 à 
10 p. : Amunaarain, calle Vergara, 7 ; 

— Ayestaran; — Estrella; — Lau-^ 
rak-Bat; — Maison Dorée; — Olasa- 
gasti ; — La Perla. 

Restaurants principaux : — aux 
hôtels; — du Grand Casino (déj. 
6 p., dîn. 8 p., V. n. c); — café 
Oriental, sur l'Alameda (service à la 
carte); — à l'établissement de bains 
de la Perla; — la Urbana, plaza de 
Guipuzcoa (déj. et dîn. 4 p. et à la 
carte); — restaurant français Bour- 
dette, av. de la Libertad, 55 (déj. 
3 p. 50, dîn. 4 p. ; à la terrasse 50 c. 
de suppl.); — de Bayonne, calle Prin- 
cipe, 40; — de Bordeaux, calle San 
Martin, 22; — restaurant français 
Barrul, calle Larramendi, 6, derrière 
la cathédrale, à 250 m. de la gare 
(déj. et dîn. 2 fr. 50); etc. — En de- 
hors DE LA VILLE : au Montc Ulia 
(tram électrique; déj. 5 p., dîn. 6 p, 
et à la carte); — au Monte Igueldo 
(funiculaire; déj. 6 p., dîn. 8 p.). 

Pâtisseries (live o'clock); — Tea^ 
room, av. de la Libertad, 30; — iVo* 
velty, Alameda; — Garibay-Tea, calle 
Garibay. 

Cafés principaux (la plupart avec 
cinéma) : — Oriental, del Norte, No- 
velty, sur l'Alameda; — Brasseries 
Boyalty, du Bhin, av. de la Liber^ 
tad ; — Guipuzcoa, plaza de Bilbao ; 

— du Lion d'Or, au théâtre Victoria- 
Eugenia, paseo de la Zurriola; — 
de la Porla, Concha. 

Agences de location : — au syndic 
C8it d'initiative, Alameda, 14; — RoU' 
gier et C'«, calle de Prim, 14; — 
Jimenez et O^, pi. del Buen Pastor, 2. 

Banques et changeurs : — Crédit 
Lyonnais, av. do la Libertad, 40 (bu- 



118 — [R. 13] 

reaux ouverts de 9 h. à 13 h. et de 
15 h. à 17 h.); — Comptoir national 
d'Escompte^ calle Hernani, 13; — 
Société générale, calJe Miramar, 1 ; 
— Banque d' Espagne, calle de Gari- 
bay, 26 ; — Banque ae Saint- Sébastien, 
av. de la Libertad, 19; — Banque 
espagnole de Rio de la Plata, av. de 
la Libertad, •2'2; — Banque de Gui- 
puzcoa, av. de la Libertad, 21. 

Poste et télégraphe : — au coin de 
la calle de Andia et de la calle de 
Garibay, derrière le palacio de la 
Diputacion. — Ouv. de 8 h. à 20 h. 

Téléphone : — service interurbain : 
av. de la Libertad, 26; — service 
pour les provinces : calle de Zubieta, 
1, et palacio de la Diputaciôn ; — 
service pour la France : au bureau de 
Poste, calle Garibay. 

MOYENS DE TRANSPORT 

Voitures de place : — a 1 chev. • 
la course, 1 ou 2 pers., 1 p., chaque 
pers. en plus 25 c. ; Vlieure, 1 à 4 pers., 
2 p.; — A -2 CHEV. : la course, 1 ou 
2 pers., 1 p., chaque pers. en plus 
50 c. ; Vheare, 1 à 4 pers., 3 p. — Ces 
prix ne sont valables que dans la 
ville même, demander le tarif aux co- 
chers pour les 2® et 3® zone (les co- 
chers basques, à béret rouge, parlent 
français pour la plupart). — Prix spé- 
ciaux les jours de courses de tau- 
reaux. — Pour Pasajes, Benteria, 
Lezo, Hernani, Igueldo, Usurbil, 
Lasarte, voit, à 2 chev. et quand la 
promenade n'excède pas 4 h., landau, 
15 p., calèche, 12 p.; 3 p. par heure 
supplémentaire. — Pour les grandes 
promenades faire prix d'avance et 
bien spécifier que les péages sur 
route sont compris. 

Automobiles de place : — De 1 à 
4 pers., le premier k., 1 p. 25; par 
fraction de 100 m. 10 c. — Les jours 
de Courses de taureaux, de Concours 
hippique et de Foot-ball, les prix 
sont doublés 

Tramways électriques : — de VAla- 
meda à la station de Amara (service 
urbain, 5 c); — de VAlameda à Ven- 
taberri (10 c); — de VAlameda à Ate- 
gorrieta (10 c); IJerrera (15 c), Pa- 
sajes (20 c), Benteria (25 c); — de 
VAlameda au Monte Ulia (50 c. aller 
et ret. avant 2 h., 1 p. après 2 h.), 
prolongé jusqu'au sommet par un fu- 



TiEM. Il 



SAINT-SEBAST 



niculaire aérien (1 p. aller et ret.); — 
de VAlameda au Monte Igueldo (10 c. 
jusqu'à la gare du funiculaire : mon- 
tée 25 c. ; aller et ret. 50 c); — de la 
plaza de Guipuzcoa à Hernani (60 c); 

— de VAlameda à Tolosa (description, 
p. 130) ; — de la calle de Pena Florida 
à Irun, par Pasajes, Benteria et 
Oyarzun (tramway de Saint-Sébastien 
à la frontière française), t. 1. 30 min., 
trajet en 45 min. (description, p. 129) ; 

— de la calle de Pena Florida à 
Zamw^ (description, p. 131). 

Automobiles publiques : — pour 
Irun (2 p.), Ver a (4 p.) et Elizondo 
(9 p.) : description du trajet, p. 130. 

Garages principaux : — Garnier^ 
calle Iparraguirre (barrio de Gros); 

— Ibanez et C'^, calle Iparraguirre; 

— del Cantabrico, Gran Via; — Tre- 
mino, plazuela Lasala; — Madrid- 
Auiomovil, calle Miracruz, 26; etc. 

RENSEIGNEMENTS BALNÉAIRES 

Etablissement de bains de mer : 

— la Perla del Oceano, sur la Concha : 
café-restaurant, concerts, salle de 
gymnastique, 150 cabines; bains do 
mer, 75 c, 40 c, et 25 c, tarif spécial 
d'abonnements; — hydrothérapie 
complète : bains chauds, douches. 

— Tarifs réduits de 6 h. à 8 h. et de 
i4 h. à iO h. 

Bains chauds : — la Perla del 
Oceano, V. ci-dessus ; — Gazi Gueza, 
calle San Juan, 13. 

DISTRACTIONS ET SPORTS 

Grand Casino : — ouvert toute 
l'année; entrée : 1 p. jusqu'à 19 h., 
1 p. 50 après 19 h. — Concerts 1. 1. j . de 
17 h. à 19 h. et de 21 h. à 23 h. Repré- 
sentations théâtrales, cinéma, bals, 
fêtes diverses; — Café-restaurant. 

Spectacles : — Théâtre Principal, à 
l'entrée de la calle Mayor ; — Théâtre 
Yictoria-Eugenia, paseo de la Zur- 
riola; — Salon Miramar fCinema), 
junto al Rompeolas; — Belles Arles 
(cinéma), Urbieta;- — Amerikan Cark 
(a,ttractions), Atogarrieta. 

Musique : — au kiosque de VAla- 
meda; t. 1. j. en saison, de 20 h. à 
21 h. et de 22 h. à 23 h. ; les jeudis, 
dim. et fêtes, de 12 h. à 13 h. ; — sw 
la Terrasse du Casino, en général en 
saison de 17 h. à 19 U. et souvent de ^ 
21 h. 30 à 23 h. 



Il HISTOIRE. II [K. Î3J - H9 



Courses de taureaux : — à la 
Plasa de Toi'os, sur la rivo dr. de 
l Urumea : à Pâques, on juillet, en 
août (t. 1. dim. et le 15), en septembre. 
Consulter les affiches. Retenir les 
places à l'avance à la Libreria Cen- 
tral, avenida de la Libcrtad, ou au 
bureau de la Société de Courses, calle 
Elcano, 4, près l'Alanieda. 

Régates : — grand concours nau- 
tique en juillet; — coupes diverses 
en juin, juillet, août et septembre. 

Concours hippique : — en sep- 
tembre. 

Tir aux pigeons : — au Monte Ulia 
et à Pasajes : au printemps et en 
artomne fprix très importants). 

Jeu de Paume i — parties de 



pelote annoncées par journaux ou 
affiches, soit au paseo do Atocha, 
derrière la pare du Nord {fronton 
moderne et fronton de Atocha), soit 
au Jai-Alay, paseo de Ategoriettà. 

Foire : — on septembre, paseo de 
los Fueros. 



DIVERS 

Consulats : — France, calle San 
Martin, 24, l" étage; — Belgique, 
calle San Martin, 45. 

Cercles : — Easonense, au Casino ; 
— Français, calle Embeltran, 11; — 
Cantabrique, calle Andia, 13, etc. 

Syndicat d'initiative : — Alameda, 
14 ; bureau de renseignements gra- 
tuits (ou parle français). 

Histoire. — L'absence de documents rend obscures les origines de Saint- 
Sébastien. Il est à peu près certain que ce fut un Sébastianais, Jean Echaide, 
qui découvrit les bancs de Terre-Neuve; plusieurs localités de Terre-Neuve 
portent des noms basques, et l'une d'elles s'appelle Echaideportu. 

Les Guipuzcoans se donnèrent en 1-200 à Alphonse VIII, qui entra ainsi 
en possession des forteresses de Saint-Sébastien et de Fontarabie, confirma 
les antiques fueros ou privilèges et en accorda d'autres en 1204 et en 1209. 
Saint-Sébastien reçut les visites d'Alphonse X en 1280, de Sanche IV, qui 
accorda des privilèges au couvent de San Bartolomé, en 1286, de Pierre le 
Cruel en 1366, et de Henri IV en 1457. 

En 1512, la population se défendit si vaillamment contre les Français que 
Charles I»' accorda à la ville les titres de Noble et Leal (loyale). En 1662, 
Philippe IV lui donna le titre de Ciudad (cité) et, en 1699, Charles II ajouta 
Àïity (très) aux qualificatifs de Noble et Leal. En 1719, la ville manquant de 
vivres et de munitions dut se rendre au duc de Berwick, après un siège 
de deux mois et une résistance héroïque. 

De tous les incendies dont Saint-Sébastien eut à souffrir depuis 1278, 
aucun ne fut aussi désastreux que celui allumé en 1813 par l'armée anglo- 

gortugaise, commandée par Graham. Le général Rey, qui tenait Saint- 
ébastien, ayant refusé de recevoir un parlementaire le 17 juillet, des 
assauts répétés furent donnés; les Anglo-Portugais entrèrent dans la ville 
le 31 août, pendant que les troupes françaises se réfugiaient au Château. 
La population avait accueilli les coalisés en libérateurs; pour toute récom- 
pense, ceux-ci promenèrent partout le brandon incendiaire : il ne resta 
debout que 40 maisons sur 600. 

En 1835, la ville fut assiégée par les carlistes. La reine Isabelle II la 
visita fréquemment à partir de 1845, et Saint-S'ébastien fut sa dernière 
étape s^r le sol espagnol lorsqu'elle partit en 1868 pour l'exil. Amédée I®*" 
y vint en 1871, et Alphonse XII y entra en 1876 à la tête de son armée, au 
cours de la répression de Tinsurrection carliste : l'armée carliste avait 
bombardé Saint-Sébastien du mont Mendizorrolz. 

Saint-Sébastien, étranglé dans ses murailles, obtint de les démolir 
en 1863-1863, et l'empereur Napoléon III. qui venait souvent de Biarritz à 
Saint-Sébastien avec l'impératrice Eugénie, passa par la première brèche. 
Depuis, la ville n'a cessé de s'étendre, et son choix comme séjour d'été du 
roi d'Espagne et de la Cour en a fait le bain de mer à la mode du Nord 
de l'Espagne. 

Saint-Sébastien a vu naître le célèbre amiral Antonio Oquendo (1577-1640) 
et Catalitna de Erauso (1585-1645), plus connue comme la Monja alférez 
DOûoc-enseigne), qui, sans que son sexe fût découvert, entra dans la car- 



120 — [R. 13] Il SAINT-SÉBASTIEN. || 

rière militaire, se fit remarquer en maints combats par sa vaillance, et 
garda la plus austère vertu dans les milieux les plus licencieux. 

Les provinces basques (proviiicias vascongadas) : Alava (ch.-l. Vitoria), 
Guipuzcoa (ch.-l. Saint-Sébastien) et Vizcaya (ch.-l. Bilbao), sont habitées, 
comme une partie de la Navarre, par les Basques ou (ainsi qu'ils se nom- 
ment eux-mêmes dans leur idiome) les Euskaïdun. Ce peuple, qui, malgré 
son petit nombre actuel, forme encore une race distincte en Europe, est com- 
plètement séparé de ses voisins espagnols ou français par sa langue, par 
ses usages, par ses traditions, plus encore que par l'isolement de ses vallées 
et la nature montagneuse du sol. — La langue basque {euskara ou euskuara)^ 
qui présente un caractère profondément original et primitif dans sa structure 
et dans toute sa constitution grammaticale, s'est développée dans un isole- 
ment absolu de toute influence étrangère. C'est une langue agglutinante et 
incorporante avec des tendances au polysynthétisme. Elle se place par 
conséquent dans la seconde des grandes classes d'idiomes établies par 
les linguistes : entre les langues finnoises et les langues d'Amérique. — 
L'origine de ce peuple a donné lieu à beaucoup de suppositions. On peut 
admettre comme très vraisemblable l'hypothèse de ceux qui voient dans le 
basque le dernier représentant d'une famille linguistique qui aurait eu 
jadis pour domaine toute la péninsule. Il est permis d'ajouter que les Bas- 
ques, sont probablement les derniers témoins^ dans les Pyrénées, des 
hommes des âges de la pierre. — Ces provinces avaient conservé, à travers 
les révolutions politiques de l'Espagne, des coutumes {fueros ou fors) à elles 
et des formes particulières d'administration. Mais, en juin 1877, à la suite 
de la dernière guerre carliste, l'Alava, leGuipuzcoa et la Vizcaya perdirent 
leurs fueros et furent obligés de se soumettre au régime général de la 
péninsule. 

Presque tous les dimanches de Tannée, mais notamment aux fêtes de la 
Saint-Jean, ont lieu, entre joueurs français et espagnols, les célèbres parties 
de pelote ( V. Renseignements généraux, p. xl), le jeu national par excellence 
du peuple basque. Ces parties sont annoncées par les journaux et par voie 
d'affiches. 

Climat. — Le climat du Guipuzcoa en général et de Saint-Sébastien en 
particulier est tempéré et très sain. Ni chaleurs insupportables ni grands 
froids; la température moyenne de l'année est de 14*> centigrades, celle de 
l'été de 15° à 25*', celle de l'hiver varie entre 6° et 15° au-dessus de zéro^ ; 
C'est donc un climat très égal. Durant l'été, époque préférée pour les bains, 
la brise de mer, qui souffle généralement du N.-E., atténue la chaleur et 
rafraîchit agréablement l'atmosphère. L'hiver est très bénin, l'automne est 
également doux mais souvent pluvieux. 

Depuis quelques années, Saint-Sébastien est devenu station d'hiver fré- 
quentée; le Casino reste ouvert et des fêtes continuelles sont organisées. 

Bains de mer. — La plage principale de Saint-Sébastien est le superbe 
hémicycle de sable de ta, Coucha, en pente douce, où l'on se baigne à tout© 
heure sans danger et où l'on trouve un grand établissement de bains d- 
mer, la Perla del Oceano (p. 121) et plusieurs petites installations cône 
«urrentes. La plage de la Coucha, excessivement animée de 10 h. à . 
midi et de 17 à 19 h., surtout pendant la grande saison et le séjour de la 
Cour, est couverte de cabines jusqu'à l'emplacement réservé à la famille 
royale. 

Plus loin, au delà du Palais royal, la plage de VAntiguo au pied du 
moDt Igueldo, offre un très bel espace de sable aux baigneurs qui fuient 
la foule. 

La. plage de la Ziirriola, à l'embouchure de l'Urumea, rive g., n'est pas 
une plage à proprement parler, les étrangers ne s'y baignent pas; c'est 
plutôt un agréable belvédère où, du brise-lames du Beti-Jai, on va chercher 
le frais et respirer l'air de la mer. 

Mais il y a une véritable plage de sable, propice aux bains, dite plage dé 



Il LA CONCHA. Il [»• 13] - 121 

V Urumea, sur la rive opposée ou dr. du fleuve et s'étendant jusqu'au pied 
du mont Ulia (on y parvient par le pont de Santa Catalina, au delà duquel 
on suit à g. le nouveau quai). Cette plage (cabines et baigneurs) est assez 
dangereuse, surtout pour les enfants, à marée haute, à cause de la barre 
du fleuve et de sa forte déclivité immédiate. A marée basse, on s'y baigne 
avec sécurité, car, après la pente initiale, la mer y laisse à découvert une 
grande surface unie de beau sable. Ce quartier et la plage elle-même doivent 
être prochainement transformés. On doit y construire do nombreuses villas, 
un kursaal y est projeté et un pont nouveau jeté sur l'embouchure del'Uru- 
mea amènera directement à l'entrée de l'Alameda. 

Yisite de la ville, 

Saint-Sébastien est partagé en deux parties par la grande artère, 
bordée d'arbres de Tavenida de la Libertad (avenue de la Li- 
berté), centre du mouvement. 

Si l'on arrive en chemin de fer, on débarque à la gare du Nord située sur 
la rive dr. de l'Urumea. En sortant de la gare du Nord (ornn. et voit, de 
place) on gagne l'avenue de la Liberté en franchissant, en face, l'Urumea 
sur le pont Maria Christina, en ciment armé, puis en suivant de suite à dr. 
le payeo de Arbol de Guernica, beau quai sur la rive g. de la rivière jus- 
qu'au pont de Santa Catalina. L'avenue de la Liberté s'ouvre à g. en face 
du pont. On peut encore après le pont Maria Christina, suivre tout droit jus- 
qu'à la plazade Bilbao, d'où la calle de Guetaria à dr. amène au centre de 
l'avenue de la Liberté. 

Au S.-E. de l'avenue de la Liberté s'élève un quartier de con- 
struction tout à fait récente; au N.-O., la vieille ville, cité adminis- 
trative et politique, et un quartier plus moderne. C'est à la vieille 
ville et à la Concha (plage) que les touristes pressés devront consa- 
crer le temps quMls passeront à Saint-Sébastien. 

La * Concha. — L'avenida de la Libertad qui prend au pont de 
Santa Catalina, où elle laisse au N.-O. le paseo de la Zurriola 
( V. ci-dessous), conduit directement à la Concha, au fond de la baie. 

La baie de Saint-Sébastien est encadrée à dr. par le mont Urgull couronné 
par le vieux château [Castillo de la Mota), à g. par le mont Igueldo dominé 
par une vieille tour (observatoire), enfin au centre se trouve l'île de Santa 
Clara. 

Si, arrivé à Textrémité de l'avenida de la Libertad, on veut 
d'abord voir la plage, on prendra à g. le paseo de la Concha, 
qui longe la belle plage de sable et rétablissement des bains de mer 
de la Perla del Oceano et que bordent à g. des hôtels et de riches 
villas. 

Après avoir vu, sur la plage, la cabine royale, de style mauresque, 
surmontée d'une couronne, on aperçoit à g., sur la hauteur, le 
Palais Royal ou Real Casa de Campo de Miramar, vaste, mai^ 
très sitnple villa du genre anglais, entourée de beaux jardins. 

La route de la Concha passe en tunnel sous les terrains du palais (jardins 
en terrasse) et longe à dr. la plage de sable de VAntiguo (cabines; en face, 
très belle vue sur l'ilot de Santa Clara, le fort de la Mota, la vieille ville, 
à dr. sur toute la Concha), avec la vaste enceinte du concours hippique et, au 
bout, à g., au pied du mont Igueldo, la prison. En continuant de longer à 



122 ^ [R. 13] Il SAINT-SÉBASTIEN. || 

g. les murs «Je soutènement des jardins royaux, on arrive, après avoir laissé 
à g. l'entrée du palais, à la plaza Alfonso XIII (église moderne), où l'on 
peut prendre le tramway, pour revenir au point de départ, à l'extrémité de 
la Concha, ou bien jusqu'à l'Alameda (F. ci-dessousj, près du Casino. 

Revenu à l'entrée de l'avenida de la Libertad et suivant tout 
droit, on traverse d'abord une place irrégulière bordée de tamaris, 
sur le côté dr. de laquelle, face à la mer, se trouve la calle de Mira- 
mar, puis, face au Casino, le pare Alderdi-Eder (heWe fontaine) 
où s'élè' "'ul la statue de la Reine Marie-Christine et (1913) le monu- 
ment d\i centenaire de la Délivrance de Saint-Sébastien en 1813, 
inauguré eii 1913 (au sommet, char du Progrès; épisodes de l'entrée 
des Anglais; bas-relief représentant l'assemblée de Zubieta où les 
notables de Saint-Sébastien décidèrent la reconstruction de la ville). 

Le Gran Casino (ouvert toute l'année), encadré par les pentes 
boisées de l'Urgull, est précédé d'une terrasse longue de 100 m. 
sur 8 m. de largeur, où la musique se l'ait entendre, du T' juillet 
au 31 octobre, de 5 h. à 7 h. et de 9 h. à M h. du s. 

L'intérieur renferme une belle salle des Fêtes longue de 30 m., large de 
27 et haute de 14,' des salons de lecture et de jeux, un restaurant, un café, 
dos salles de bains, etc. 

Vieille Ville et Quartier N.-O. — En face de l'entrée du 
Casino s'ouvre l'Alameda ou Boulevard, large artère plantée d'arbres, 
qui se prolonge par la calle de la Reina Régente jusqu'à l'embou- 
chure de rUrumea. La partie de l'Alameda très fréquentée par les 
étrangers est celle qui s'étend entre le Casino et le kiosque où la 
Banda municipal (musique de la ville) se fait entendre fréquemment 
l'été, de midi à 1 h., et de 9 h, à 11 h. s., et surtout le côté dr., 
occupé par les cafés. Plus désert est le côté g,, où la plaza de VAla- 
meda (ou Vieja), point central de toutes les lignes de tramways, se 
présente à l'entrée de la calle Mayor, sur laquelle on voit à g. le 
théâtre {teatro principal, salle de spectacle d'hiver), et qui croise la 
calle del Puerto, allant du port (à g.) à la plaza de la Gonstituciôn 
(à dr. ; V. ci-après). 

Le fond de la calle Mayor est occupé par l'église Santa Maria, 
terminée en 1764, plaquée aux flancs boisés du mont Urgull, et à g. 
de laquelle se trouvent les montées du château (p. 124). Sa façade 
est remarquable par ses sculptures. 

Intérieur. — A Tint., remarquable par l'ampleur imposante de ses 3 nefs 
(52 m. de long sur 35 m. de large), les nervures des voûtes, et surtout par 
la tribune, qui occupe au bas de l'église toute la largeur de l'édifice : — pein- 
tures du maître-autel et deux médaillons des panneaux latéraux de son 
retable, œuvre remarquable de Robert Michel ; — autel de St Pierre (bas- 
côté g.), le Prince des Apôtres, sculptures d'Arismendir — autel de Ste Ca- 
therine, œuvre de Juan de Mena ; — orgue, de Cavaillé-Coll. 

A dr. de Santa Maria, la calle del Si Agosto conduit à l'église 
San Vicente (au n"" 40, on remarquera une plaque rappelant que 
cette rue fut la seule épargnée lors du formidable incendie du 
31 août 1813; V. Histoire). 

Au delà do l'église Saint- Vincent, la calle del 31 do Agosto laisse à g. 




mnmm/^ 









A ^Hiane 



Theâtce 



STSEBASTIEN 



■ ■ ■ ■ Tramways 
Mètres. ^ 

ioÔ 20Ô 300 

Scale of Yards 



C N C H A 



nautique 



D'après le plan, de HT José de Goicoa 



Bains 
delà 
Perlq 

~Mrigu€ldo,\ 



Ljffermajui, del^ 



LLcniuru£« nAiunciiiEi 




•'"■'* Irup. Jhifi'énoy , Pca-ùf . 



Il VIEILLE VILLE; QUARTIER N.-O. || [R. 13] — 123 

une caserne, passe devant le thcdtre-cirque, et aboutit à l'embouchure de 
rUruinea et à une terrasse sur la mer ( V. ci-dessous). 

L'église San Yicente, construite en 1014 et réédifiée en 1750, 
est, sauf la porte latérale et la sacristie (de style ^réco-romain), un 
édifice gothique à trois nefs fort élevées et d'égale hauteur. 

Au maître-autel, grand retable en bois doré de 1584, par Antonio de Beu" 
ffocchea et Juan de Iriarte. — En haut do la nef g. retable Renaissance 
(dans un médaillon, Stc Famille, sculpture de Felipe Arismendi). 

Devant l'église Saint-Vincent, la calle de Narrica, puis à dr. la 
calie de Inigo, conduisent à la plaza de la Constitueiôn, entourée 
de maisons régulières à arceaux, aux balcons numérotés (parce 
qu'ils servaient de tribunes payantes, lorsque les courses de tau- 
reaux se faisaient sur la place), et dont tout un coté est occupé par 
rAyuntamiento ou Casa Consistorial (hôtel de ville), construit de 
1828 à 1832 (on visite de 1 h. 30 à 3 h. 30; entrée sous les arcades; 
pourboire). 

Des deux côtés du grand escalier, marines rappelant des victoires do 
l'amiral Oquendo. — Au haut de l'escalier, à dr., cabinet du maire ou alcade ; 
— à rétage supérieur, salon avec curieux tableau à la plume de Besner é 
Ixigoyen; à dr., plumes ayant servi à faire le tableau et, à g., portrait de 
l'auteur. — Salon de réception avec trône pour le souverain : des deux côtés, 
vases de Sèvres donnés par Napoléon III et l'impératrice Eugénie. — Anti- 
chambre : gravures réprésentant le débarquement de Napoléon et Eugénie 
à Saint-Sébastien en 1856; tableau avec les armes de Saint-Sébastien bro- 
dées à la main; autre tableau brodé à la main avec ia couronne royale, 
donné à la milice de Saint-Sébastien. 

Près de l'hôtel de ville, la calle de San Geronimo ramène à TAla- 
meda. Traversant cette avenue on trouve bientôt à dr., en s'éloi- 
gnant du Casino, la calle de Elcano q\ii conduit à la plaza de Guî- 
puzeoa, entourée de maisons à arcades et au centre de laquelle a 
été aménagé un joli square (parterres, fontaines, statue et petit 
kiosque abritant des appareils astronomiques : baromètre, thermo- 
mètre, etc.). Le côté S.-O. de la place est occupé par Palacio de 
la Diputaeiôn (diète provinciale : voir de 1 à 4 h., toute la jour- 
née les jours de fête, la salle dos séances et le vitrail de l'escalier). 

De la plaza de Guipuzcoa on pourrait regagner la Concha par la 
calle de Andia (à dr. poste et télégraphe; à g. église des Jésuites, 
Residencia) qui borde l aile g. du Palais, ou l'avenida de la Libertad 
par la calle de Churruça, mais il est préférable de suivre la calle de 
Camino, prolongement vers le N.-K. de la calle de Andia, qui con- 
duit au paseo de la Zurriola, très beau quai dominant la rive g. 
et l'embouchure de l'Urumea et où se trouve, entre le Théâtre Vic- 
toria- Eiigenia et le monumental hôtel Marie-Christine, la statue, en 
bronze, de Vamiral Oqaendo {V. Histoire), œuvre de Marcial Aguirre. 

Le piédestal, en marbre, est orné de figures allégoriques de la Guerre et 
de la Marine, et les bas-reliefs, en bronze, représentent les faits les. plus 
mémorables de la carrière du héros surnommé V Invincible. 

Au pasco delà Zurriola succède, au delà de la calTe Reina Régente 
(prolongement de l'Alameda), \q paseo de Salamanca, qui aboutit à 



124 — [R. 13] 11 SAINT-SÉBASTIEN ET SES ENVIRONS. || 

une terrasse, adossée aux rochers du mont Urgull et d'où Ton a 
une belle vue sur l'embouchure de l'Urumea {Rompe-Olas ou brise- 
lames), le Barrio de Gros ou quartier des x\rènes que domine le mont 
Uiia (tout à fait sur la dr. la montagne Haya). Cette promenade 
doit être prolongée et faire le tour du mont Urgull. 

Le pont Santa Gatalina conduit, de l'autre côté de l'Urumea, dans 
le faubourg ou barrio de Gros où se trouve la Plaza de Toros 
(arènes, 13,000 places), et dont la plage doit être prochainement 
transformée et aménagée. Derrière la plaza s'élève Vhôpital. 

Quartier S. et S,-E. — Vers le centre et au S.-E. de l'ave- 
nida de la Libertad se détache la calle de Loyola, à l'extrémité de 
laquelle s'élève la belle église moderne du Bon-Pasteup (Buen 
Pastor; style gothique; portail surmonté d'un beau clocher avec 
flèche). 

Derrière l'église, dans la calle Urdaneta, se trouvent VInstiiut et 
VEcole des Arts et Métiers {Escuela de Artes y Oficios) où sont installés 
la Biblioteca Municipal (de 10 h. à 1 h. et de 3 h. à 6 h. s.) et le 
Museo historico y artistieo (conservateur, don Pedro Manuel 
de Soraluce), ouvert t. 1. j., sauf le lundi, de 9 h. à 1 h. et de 3 
à 5 ou 6 h. (entrée libre). 

Le Greco. St Dominique. — Panneaux gothiques espagnols du xv« s. (pro- 
phètes Ezéchiel et David : évangélistes St IVIarc et St Luc). — Carnicena, 
Hollandais du xvii* s. — ff. Rockmayer. La Toilette de Diane et des Nym- . 
phes, cuivre. — Vicente Lopez. Fernando VIL — Alenza. Portraits d'hommes 
politiques du commenc. du xix« s. — Ugarte. Le Météorologiste Oreoiaga — 
Diaz de la Pena. Forêt de Fontainebleau. — Mateo Cerezo. La Vierge du 
Rosaire. — Memling. La V. et l'Enf. — V. Carducho. St Bruno. — Goya. Le 
Brigadier D. Alexandre O' Reilly, buste. — Maynô. St Jean-Baptiste. — 
Arcos. Jeu de pelote. — Toiles de Avendano, Becquer, Benlliure, Muguruza, 
Castellano, Checa^ Léon L\scosura, Esquivel, Ferrandiz, Gassis y Minondo, 
Pablo Gonzalvo, Bispaleto, Irureta, Lopez y Portana, Èugenio Lucas, Mar- 
tinez Abades, Martinez-Cubells y Ruiz, Martinez Sierra, Gabriel Maureta, 
Morera, Plà, Dario de Regoyos, Rico y Ortega, Rosello Luque, Ignacio Ugarte, 
José Villegas, peintres de l'école moderne espagnole. — Important médail- 
lier national. — Collection de souvenirs historiques se rapportant aux rois 
Ferdinand VII, Amédée I*', Alphonse XIII, et à la reine Marie-Christine. 
— Orfèvrerie civile et religieuse. — Armes; ferronnerie; bannières et 
étendards civils et militaires. — Sceaux. — Archives historiques. — Col- 
lection archéologique et préhistorique. — Dessins et miniatures. 

Entre l'Institut et TEcole des Arts et Métiers s'ouvre la calle de 
Isabel la Catholica, belle artère moderne qui aboutit au bord de 
PUrùmea ou de suite, à dr., la calle de Moraza amène à la gare de 
Bilbao. Prenant à dr. devant la gare la calle de Easo, non encore 
achevée, on passe, au pied du couvent de San Bartol'omé et devant la 
petite chapelle des Reparadores (à g., dans la calle San Martin, nou- 
veau palais de justice) pour aboutir à la Goncha. 

Environs de Sainf-Séhasfîen. 

1* '♦"CHATEAU (superbe promenade de 40 à 50 min., très recommandée, 
surtout le matiq ou après 5 h. s. ; la montée est assez pénible pendant les 



IIGHATEAU; - MONT ULIA, H [R. 13] - 12^ 

heures chaudes). — On part de l'église Santa Maria (p. 122), où l'on a lo 
choix entre deux chemins à g. de l'église, l'un (plaque indicatrice en espa- 
o-nol, en français et en anglais) indiqué par une main et qu'il vaut mieux 
suivre au retour qu'à l'aller, à cause de la vue. L'autre chemin, tout à côté, 
à dr. laissant à g., au-dessus de marches, la chapelle du couvent de Santa 
Toresa, s'élève par une rampe pierreuse, sur les flancs du mont UrguU, 
dans l'enceinte, ouverte toute la journée, du château de la Mota. A partir 
de l'entrée dans cette enceinte de la forteresse, on jouit d'une succession de 
vues splendides sur la mer, l'embouchure de TUrumea et, plus loin, sur les 
montagnes de la côte de Biscaye. 

20 min. Au sommet de la montée, on laisse à g. un chemin qui monte au 
Château (défense d'y pénétrer), puis, du môme côté, dans les gazons, se 
montre le cimetière anglais, composé surtout des sépultures des officiers 
ans-lais morts en 1836-1837, en défendant Saint-Sébastien contre les carlistes, 
et de leurs familles. ^ , 

On descend en vue des monts Cantabres. A dr., on découvre le mont 
Igueldo et son phare, l'îlot de Santa Clara et la plage de l'Antiguo avec la 
prison. , . , . 

On sort du fort par une terrasse portant des canons, puis un chemin om- 
bragé, offrant la vue entière de la Concha, descend à une poterne près de 
l'église Santa Maria. 

2© * MONT ULIA (2^^ électr. de l'Alameda; traiet en 30 min.; 50 c. 
aller et ret. avant 2 h., 1 p. après 2 h.; funiculaire aérien du restaurant au 
sommet, 1 p. aller et ret. — Promenade très recommandée par temps clair. 

^ jusqu'au sommet). — Le tram quittant l'Alameda prend la calle de 

Hernani, laissant à dr. la Concha, et sort de Saint-Sébastien par l'avenida 
de la Li'bertad et le pont Santa Catalina. — On suit la calle de Miracruz 
qui laisse à g. les Arènes, et longe à dr. la ligne d'Irun. Peu avant la 
halte à'Ategorrieta, on laisse sur la dr. la ligne du tram de Pasajes- 
Renteria et on aborde bientôt la montée. Tranchées, puis jolie vue à g. sur 
Saint-Sébastien et la mer. Route en corniche, et l'on s'engage dans une 
gorge boisée (pins et fougères). Lacets et dernier tournant où l'on retrouve 
la vue de la mer et des montagnes de Saint-Sébastien. Terminus du tram 
à 200 m. d'alt. près du restaurant (déj. 5 p., dîn. 6 p.), magnifique terrasse 
dans un petit parc bien aménagé. — Sur la g. on trouve la gare du funi- 
culaire aérien qui, traversant (1 p. aller et ret.) une gorge boisée, mène au 
sommet, près du Tir aux pigeons. (A pied, on gagne le sommet par un 
petit sentier pittoresque qui descend dans la gorge.) Trois belvédères ont 
été installés, à g. la Pena de Aguila et la Pena del Ballenero., à dr. la Perla 
del Rey (très belle vue sur le Jaizquibel baignant dans la mer). Quand le 
temps est clair on a de ces trois belvédères une vue merveilleuse sur 
Saint-Sébastien, sa baie et la région montagneuse qui l'entoure, du côté de 
la mer on distingue la côte depuis Biarritz jusqu'à Lequeitio. 

Il est possible de descendre à pied sans fatigue, par des bois de pins 
(belles vues), sur Saint-Sébastien. 

[Los marcheurs pourront descendre l'Ulia sur Pasajes en 1 h. 30 env. 
(excursion charmante et sans fatigue). Passer devant la maison des cara- 
biniers qui indiquent obligeamment les sentiers à suivre. — A Pasajes on 
prend le tram électrique pour Saint-Sébastien.] 

3° ILOT DE SANTA CLARA (on trouve des barques au port; 1/2 p.). 
~ En quelques min. les barques abordent à l'i^o^ de Santa Clara^ situé au 
milieu de l'entrée de la baie. Très belles vues, surtout du phare., sur la mer, 
la plage et la ville. 

4'' MONT IGUELDO (à l'O. — Funiculaire-, aller 25 c, aller et ret. 50 c, 
un tramway partant de l'Alameda amène directement à la gare inférieure 
du funiculaire, 10 c. ; — En voiture : @ partant de la plage de l'Antiguo et 



U < 0^ "S- 

Si 21 

ij Z u) . 




Il PASAJES,. Il [te. 13] - 127 

allant jusqu'au sommet : voit, de place b p. la !•■• heure, 3 p. chaque 
heure suivante. — A pied : 1 h. par les sentiers, 2 h. par la route. Ascension 
très recommandée par temps clair). — La station du funiculaire se trouve 
derrière la prison près de la plage de VAiitiguo. On atteint en quelques 
minutes la station supérieure. En descendant du funiculaire on se trouve 
dans une galerie circulaire couverte (boutiques diverses), qui supporte la 
terrasse où a été installé le café-restaurant (déj. 6 p., dîn. 8 p.j. De la galerie 
ou de la terrasse, ou mieux encore du sommet de Y Observatoire^ restauré en 
1913, la vue est admirable à l'O. sur la mer, au N. et au N.-E. sur le Jaiz- 
quibel, le mont Ulia, le mont Orgullo, Saint-Sébastien et la Concha, vers 
l'E. et le S.-E. sur tout le massif montagneux des pays environnants, enfin 
vers le S.-O. sur la magnifique côte cantabre (en contre-bas, petit phare) au 
delà de Deva. 

[Une admirable excursion pour les marcheurs un peu entraînés (3 h. env.) 
consiste à descendre d'Igueldo sur Orio (p. 135), où l'on prend le train pour 
rentrer à Saint-Sébastien. On a alternativement de merveilleux points de 
vue sur la mer et sur la montagne (vallée de TOria), jusqu'au moment où 
l'on surplombe soudain, presque à pic, le portd'Orio, vers lequel on descend 
par un chemin creux, rocailleux et assez rude.] 

5° PASAJES, LEZO ET BENTERIA (à l'E.; ^ du Nord, ligne d'irun ; 
!^yrî7> de Renteria ou d'irun; pour Renteria, aller 70 c. et 25 c, aller et ret. 
75 c. et 50 c. ; voit, de place, p. 118. — L'excursion, pour être intéressante, 
doit être faite partie par le tramway de Renteria et partie à pied en suivant 
l'itinéraire ci-après; elle demande une demi-journée). — On prend à l'Ala- 
meda ou à l'avenida de la Libertad le tram pour (20 c.j Pasajes-Ancho. — Le 
tram, après avoir franchi TUrumea sur le pont de Santa Catilina, s'engage 
dans le populeux et industriel faubourg ou barrio de Gros, où commence la 
route de France, et suit d'abord la route de voiture qu'il quitte bientôt (à g., 
ligne du mont Ulia) pour s'arrêter à la station à!Ategorrieta. Au delà il se 
tient à g. de la voie ferrée, puis s'élève au-dessus de celle-ci, passe dans un 
tunnel et rejoint la route près de la croisée de chemins de Miracruz (arrêt). 
On laisse ensuite à g. la route de Pasajes-San Pedro {V. ci-dessous), et, en 
contre-bas, de nombreux chais au bord de quais sillonnés de voies ferrées. 

5 k. Pasajes(en franc. Passages), 1,375 hab. : le terminus du tram est au 
bas d'une côte (si l'on est dans un tram allant jusqu'à Renteria, descendre 
en haut de la côte, d'où une rampe à g. mène à l'embarcadère des barques). 
Cette côte gravie, on aperçoit à g., au delà du bassin, Pasajes-San Juan 
( V. ci-dessous), pittoresquement blotti contre le Jaizquibel, et, après être 
passé avec la route au-dessus de la voie du ch. de fer du Nord, on descend 
au quai des Transatlantiques, où se trouvent les agences des C'** maritimes 
et l'agence consulaire de France. Cette partie de Pasajes, dite Ancho, qui 
possède la station du ch. de for du Nord, est la plus moderne et la plus 
mouvementée, mais non la plus pittoresque de ne port, le meilleur de 
toute la côte de Biscaye (c'est là que Lafayette s'embarqua pour la guerre 
de l'Indépendance américaine), devenu très important gr^ce au commerce 
des vins, qui est presque entièrement, de même que la distillerie des eaux- 
de-vie, entre des mains françaises. Des services réguliers mettent Pasajes 
en relations (marchandises et émigrants seulement) avec Rio-de-Janeiro, 
Santos, Montevideo et Buenos-Ayres. 

On descend au quai, que l'on suit à dr. jusqu'à l'embarcadère des barques 
(25 c. minimum par pers.).'On laisse à g. San Pedro, composée d'une étroite 
rue dite calle Unica, resserrée entre la falaise du mont Ulia et la rive O. 
du goulet, avec une église à trois nefs, du xviii* s., et les restes dune tour 
de défense de 16*21. 

[De San Pedro, course intéressante de 4 h. à pied, par le chemin de la 
falaise, qui domine le goulet, au phare.] 

On débarque de l'autre côté du goulot, à San Juan (restaurant avec ter« 



128 — [R. 13] Il ENVIRONS DE SAINT-SÊBASTIEN. H 

rasse), formé d'une rue adossée au Jaizquibel appelée, comme à San Pedro, 
calle Unica et parfois si resserrée qu'elle est obligée de passer sous des 
maisons (beaucoup sont anciennes et décorées d'écussons). 

La maison de Victor Hugo porte la plaque suivante : « En 1843, ici vécut 
Victor Hugo; hommage de deux Français en 1902 ». Au l"' étage (la clé est 
au n° 56) deux chambres sont ornées de dessins, gravures, photographies, 
autographes, bustes, médaillons et souvenirs. Du balcon la vue est char- 
mante. 

Après avoir vu V église^ du xvi« s., on montera en quelques minutes (on 
est obsédé par les gamins qui s'offrent à conduire les visiteurs) par le 
chemin de la Corniche, au Castillo, ruiné, pour voir les passes; le séma- 
phore s'aperçoit sur la falaise, à dr. 

[De San Juan, très belle et très intéressante course d'une demi-journée à 
pied à N.-D. de Guadalupe (p. 114), par le chemin de chars qui suit la 
crête du Jaizquibel (calvaire sur le. chemin); de N.-D. de Guadalupe, on 
descend en 30 min. à Fontarabie ( V. 6«).] 

De San Juan, on se rendra à Lezo, soit en barque, soit par le joli chemin 
qui longe la côte N. de la partie E. du bassin. 

Lezo (9 k. de Saint-Sébastien par la route), ancienne « Université », a 
gardé de son antique splendeur de vieilles maisons de pierre aux façades 
ornées d'énormes écussons. Mais les étrangers y sont surtout attirés par 
sa basilique du Santo Cristo^ fondée par St Léon, évêque de Bayonne, et 
reconstruite au xvii^ s. ; son Christ miraculeux, qui passe pour donner à 
qui l'implore « la santé, de l'argent et un bon mari {salud, dinero y un 
buen marido) », est un but de pèlerinage, et la fcte de l'Exaltation de la Sainte- 
Croix y attire beaucoup de monde le 14 septembre. Aux approches du sanc- 
tuaire, on est poursuivi par les senoritas qui offrent aux visiteurs des cierges 
à faire brûler devant le Christ. 

On passe devant une fabrique de minium séparée par le canal de la fon- j 
derie de Capuchinos, on traverse à niveau la voie ferrée, et l'on arrive à : 
Renteria. 

Renteria (7 k. de Saint-Sébastien par la route; — restaurants : Ourso " 
Jba}j, fréquenté par la Maison Royale; le Panier Fleuri, sur la route dç 
Lezo; le Grand Balcon, au terminus du tram de Saint-Sébastien) est une 
bourgade très industrielle (papeterie; fabrique de biscuits Olibet, etc.), ter- 
minus du tram do Saint-Sébastien et desservie par une gare de la voie \ 
ferrée d'Irun ; elle possède une église du xvi® s., digne d'une visite (beau 
retable de 1784, en jaspe, par Ventura Rodriguez)» 

[Oyarzun (S.-E. ; ^ 3 k.; desservi par le tram électrique de Saint-Sébas- 
tien à Irun) possède l'antique église San Esteban et, sur la place, la mairie 
ou Casa Consistorial^ où fut installée, en 1823, la Junte de Régence au nom 
de Ferdinand VILl 

On revien(îra de Renteria à Saint-Sébastien par le tramway. 

6° FONTARABIE (àTE.-N.-E. ; excursion très recommandée, qui demande 
une journée entière, prendre le train ou le tram électr. jusqu'à Irun et de 
là le tram jusqu'à Fontarabie). 

A. En voiture (^ 20 k. 5; voit., 25 à 35 p. aller et ret.). — On sort 
de Saint-Sébastien par le pont de Santa Catalina. — 4 k. Miracruz (p. 127), 
où on laisse à g. la route de Pasajes-San Pedro, pour passer au-dessus de 
la voie ferrée. — 5 k. Pasajes-Ancho (p. 127). — 7 k. 8. Renteria {V. ci- 
dessus). — Le trajet devient très pittoresque; la route est dominée à g. par 
le Jaizquibel; elle croise plusieurs fois la voie ferrée. — 17 k. 8. On quitte 
la route de France pour prendre à g. (N.) celle de Fontarabie, près de la sta- 
tion d'Irun. — 20 k. 5. Fontarabie (p. 112). 

n. Par le chemin de fer (^ 17 k. jusqu'à Irun; 2 p., 1 p. 50 et 90 c; , 
jas de billets d'aller et ret. ; ^pg^ électr. 3 k. de la gare d'Irun à Fontarabie, • 



Il RENTERIA. — HERNANI. || [R. 13] — 129 

corresp. à tous les trains, 25 et 30 c). — La voie, quittant bientôt la vallëe 
do 1 Urumea, pénètre dans plusieurs tranchées successives. — 6 k. Pasajes, 
stai. établie à Ancho ( V. 5*>). — Tunnel de Capuchinos (195 m.). — 7 k. Lezo- 
Renteria, stat. qui dessert à g. Lezo (p. 1-28) et à dr. Renteria (p. 128). — 
Tunnel de Gainchurisqueta (466 m.), puis trancliées profondes. 

17 k. Station d'Irun. 

Le tram pour Fontarabie part de la station sans passer par Irun. 

C. Par le tram électrique (partant de la calle de Penaflorida, près de la 
plaza de Guipuzcoa; aller 1 p. 55 et 90 c., aller et ret. 2 p. et 1 p. 25). — 
Le tram traverse Saint-Sébastien et l'Urumea, puis rejoint la ligne du 
chemin de fer qu'il longe presque continuellement. Il dessert Pasajes, Ren- 
teria, quitte le chemin de fer pour desservir la station d'Oyarzun et aboutit 
à irun sur le paseo Colon, entre la gare et la ville. 

7° HERNANI (au S.; Intéressant, mais inutile si Von est allé aupara^ 
vant à Fontarabie', même genre^ avec les remparts et les vues de mer en^ 
moi7is}. — A. En tram ou en voiture (@ 7 k. par la route directe; 9 k. 3 par 
Astigarraga; on va par une route, on revient par l'autre; voit, de place, 
5 p. la première heure, 3 p. chaque heure suivante; ^^^ électr. partant 
de la plaza de Guipuzcoa, 60 c). Le tram suit, avec la route, la rive g. 
du méandreux Urumea, dessert (2 k.) Loyola, (4 k.) Martutene (casino, grottes, 
école d'agriculture), franchit la rivière, puis un ravin descendu à-'Asiigar- 
raga (à g.), repasse après Ergobia sur la rive g. et croise le chemin de fer. 

B. Par le chemin de fer (gare du Nord, ligne de Madrid; traj. en 10 à 
19 min.; 85 c. en 1'* cl.; pas de billets d'aller et ret. — Hernani peut se 
visiter en 1 h., 1 h. 30 avec le double trajet à pied de la gare à la ville; 
c'est donc une promenade à faire entre deux trains). — La voie ferrée 
pénètre dans des tranchées, franchit l'Urumea sur un pont métallique, puis 
se tient dans un bassin de cultures entre belles colline's. 

7 k. Station d'Hernani. — En sortant de la gare, on suit la route à g., 
dans un cadre de belles montagnes et bientôt, sur la g., sur un mamelon, 
se montre Hernani, dominé par la tour de- son église. A g., on longe les 
murs et grilles d'un grand et superbe parc, et la route s'élève pour péné- 
trer dans Hernani. dont elle forme la rue principale ou calle Mayor. 

Hernani (15 min. de la gare), 3,481 hab., l'une des dix-huit villes où se 
tenaient successivement les assemblées générales de la province de Gui- 
puzcoa, a beaucoup souffert des guerres civiles. Assiégée par les carlistes 
en 1874, elle ne reçut pas moins de 2,000 projectiles. 

En remontant la calle Mayor on remarquera de superbes et antiques 
balcons en fer ouvragé et en bois et d'énormes écussons sur les façades. A 
peu près au centre s'ouvre à g. la plaza Nueva. Plus loin, une rue qui 
s'ouvre du même côté fait entrevoir un arceau de pierre et une faible por- 
tion des anciens remparts : c'est une très étrange échappée sur le barrio 
de los Alfueros (V. ci-après). 

La calle Mayor aboutit à une belle place dont le fond est occupé par la 
Casa Consistorial ou nouvelle mairie, construite en remplacement de celle 
détruite oar les boulets carlistes en 1874. 

A dr. s élève ïéglise, à laquelle on accè«de par un perron de huit marches, 
et qui se termine par une curieuse tour à balcons de fer. A Tint., formé 
d'une nef unique, autels surchargés de dorure; à g. du maître-autel des 
inscriptions pompeuses, celle de dessus en latin, l'autre en espagnol, 
indiquent la sépulture de Juan de Urbieta (f 1553), qui fit prisonnier Fran- 
çois I*' à la bataille de Pavie. 

La ville finit à la place ; mais il ne faut pas manquer, au lieu de revenir 
sur ses pas, de passer avec la route sous la voûte de la mairie. Là, oi» 
prendra à g., à côté des Escuelas publicas (écoles publiques), une vieille rue 
étroite traversée par des ponceaux et des arceaux de pierre, et avec laquelle 
on passera, à g., sous l'arceau du barrio de los Allueros, pour rejoindre 
par cette ruelle pavée de petits cailloux et aux maisons noifcs et hautes 



130 — [R. 13] Il ENVIRONS JDE SAINT-SÈBASTIEN. || 

la calle Mayor : ce coin du Barrio de los Alfueros est la partie d'Hernani 
la plus imprégnée de saveur artistique et locale. On descendra à dr. la 
calle Mayor, pour regagner la gare. 

8° TOLOSA (O.-S.-O. ; ville d'un caractère très espagnol et fort intéres- 
sante à visiter; de préférence par la route). — A. Par le chemin de ter 
(26 k.; ligne de Madrid, p. 152; traj. en 35 à 55 ra4n.). — Par (7 k.) Her- 
nani, V. ci-dessus (14 k.) Andoain, (18 k.) Villabona. 

B. Par la route (26 k., ^^ électr. suivant la route, aller 2 p. 20, 1 p. 20, ^ 
aller et ret. 2 p. 40 et I p. 50). — Sortant de Saint-Sébastien, la route longe i 
la Concha, passe sous le parc de Miramar, laisse à dr. le champ de foire et 
la prison, r- On traverse Venta- Berri, faub. de Saint-Sébastien, par la 
calle de Matna. — A g. la route longe la ligne de Bilbao qu'elle croise 
bientôt sous un pont (virages dangereux) pour la recroiser ensuite sur un 
passage à niveau. — Bifurcation, prendre a g. pour Tolosa; la route en face» 
est celle de Zarauz et Rilbao. — Jolie vue sur le village de Zubieta qu'on 
laisse à dr. ; beau cirque de montagnes. — 8 k. Lasarte (station sur la ligne 
de Bilbao). — 10 k. Oria, fabrique de papiers. — La route suit le joli vallon 
boisé de l'Oria, dont elle remonte la rive dr. On laisse successivement à g., 
des carrières, le village d'Urnieta, et une route pour Urnieta et Hernani. . 

— 15 k. Andoain {café-restaurant Trianon), village pittoresque avec une 5 
église de la Renaissance. — La route franchit le rio Leizaran et laisse à .■ 
dr. le village de Cizurquil. — 20 k. Villabona (élevage de taureaux). La 
route parcourt un vallon assez large et bien cultivé, — 23 k. Irura. Beau 
fond de montagnes grisâtres. La route s'engage dans une belle vallée 
cultivée entre de hautes montagnes rocheuses et laisse à dr. le petit village 
d'Anceto. On franchit l'Oria immédiatement avant d'entrer dans Tolosa. 

26 k. Tolosa (hôt. '.Français y env. 10 p. par j. ; Central \ fonda Bustamente), 
ville de 10,000 hab., dans un assez beau site, à 76 m., sur la rive g. de 
rOria, dans une large boucle de la rivière, un peu en aval des confluents du 
rio Berastegui, remonté pçir la pittoresque route de Berastegui et {luici, et 
du rio Araxes, remonté par la grande route de Pampelune (les deux routes 
se rejoignent près de Lecumberri et permettraient de faire en voit, ou ei| 
auto, un charmant circuit de Tolosa à Tolosa). 

On visitera Véglise Santa Maria (intérieur somptueux, grands tableaux 
représentant des scènes de l'Histoire Sainte) et VArmeria (xii« s.). — 
Statue du colonel Duyiols par A. Marinas. ~ Grandes papeteries. — Belles 
promenades. 

[de tolosa a pampelune par la route (^ 63 k.). — Laroute monte en 
lacets, par (6 k.) Lizarza, vers (14 k.) la limite des provinces de Guipuzcoa 
et de Navarre (les autos paient 5 p.). — Après (22 k.) BetélUy la route par 
une montée très dure de 15 à 18 0/0 commence l'ascension du col de 
Lecumberry (beau panorama). — Descente vers (45 k.) Irurzun ; à partir d© 
là, droite et ondulée, la route parcourt la plaine jusqu'à (63 k.) Pampelune 
(p. 94).] 

9° ELIZONDO (© 68 k., rouie accidentée et pittoresque^ desservie t. 1. j. 
par un service d'automobiles, en correspondance avec le service d'auto- 
mobiles d'Elizondo à Pampelune, V. ci-après; se renseigner au Syndicat 
d'initiative, Alameda, i4, pour les prix et les heures de départ et d'arrivée). 

— De Saint-Sébastien à Irun suivre la route décrite 6°, mais laisser à g. la 
route de Fontarabie et traverser Irun (pentes rapides et rues étroites). A la 
sortie de cette ville, la route suit la rive g. de la Bidassoa avant d'atteindre 
Behobia. 

20 k. Behobia. — On laisse à g. la route de France et le pont international 
et l'on remonte la rive g. de la Bidassoa dont la vallée est d'abord assez 
large et bien cultivée. — A g., petit village français de Biriatou. — Les 
deux rives s'élèvent et la vallée se resserre; la rivière coule entre de jolies 



Il TOLOSA. Il [B- 13] - 131 

hauteurs boisées. -^ 24 k* San Miguel. — Péage de la limite des provinces 
de Guipuzcoa et de Navarre. — 28 k. On traverse la Bidassoa, dont les 
deux rives sont maintenant espagnoles, au village à." Endaplaza. — La vallée 
pst resserrée entre des hauteurs couvertes de fougères et de prairies sans 
ombrage (rochers), puis la vallée s'élargit et la route décrivant une grande 
boucle (vue sur la Rhune, un instant) le long de la rivière, atteint Vera. 

32 k. Vera (fonda del Casino Berrataria), 2,300 hab,, centre d'une impor- 
tante exploitation minière, fréquenté par des Anglais, qui y pèchent la truite. 

On traverse une partie du village, on tourne à dr. et on laisse à g. une 
route pour Urrugne et Ascain par le col d'Ibardin. En arrière, la Rhune se 
profile. — Mines de Vera. — La route continue à renaonter la rive dr. de la 
Bidassoa, belles rives boisées. On laisse à dr. la route de Lesaca et Arana, 

Suis après un petit bois de chêne, à g. la route d'Echalar. Montée, puis 
escente (nombreux tournants) dans une jolie gorge bordée de montagnes 
verdo^-^antes (mines sur la g.). La route descend plus accidentée et offre 
avant Sumbilla une belle vue à dr. sur le mont Ecaitza. 

52 k. Sumbilla (fonda; curieuses maisons; excellent centre pour la pêche 
à la truite). — Grands rochers à dr. — On laisse sur la dr. Santesteban et 
la route de Zubieta dans un élargissement de la vallée. 

60 k. Santesteban (fonda Bidassoa), le meilleur centre de pêche de la 
région, près de la rive g. de la Bidassoa, au débouché d'un petit vallon qui 
reçoit lui-même près de là plusieurs tributaires fourmillant de truites. 

La route incline à g. et remonte à présent une large vallée bien cultivée. 
On traverse Marcate, Aronoz, pittoresques villages navarrais, puis Arrayoz 
et Irurita où l'on rejoint la route d'Elizando à Pampeiune, prendre àg, ; 
on aperçoit bientôt Elizondo dominé à dr. par le pic de Hausa. Large et 
belle vallée du Sastan. 

68 k. Blizondo (p. 91). 

I0<* ZABAUZ ET GUETARIA (0.; très belle excursion permettant de 
visiter une plage espagnole et de suivre une partie de la superbe corniche; 
aller en ch. de fer jusqu'à Zarauz et en 'voit, ou à pied de Zarauz i, 
Guetaria, 5 k. — Les automobilistes pourront combiner cette promenade 
avec Saint-Ignace de Loyola, V. ci-dessous 11°, ou avec Deva, Ondarroa et 
la côte jusqu'à Bilbao, p. 136). 

A. De Saint-Sébastien à Zarauz par chemin de fer (^ à voie étroite, 
27 k. ; gare dans le quartier S., rive g. de TUrumea, barrio de San Martin; 
trajet en 40 à 55 min. ; tramways automoteurs fonctionnant sur la voie du 
ch. de fer ; aller 3 p. 25, 1 p. 50, aller et ret. 4 p. 45, 2 p. 05). Description 
du parcours, R. 14. 

B. De Saint-Sébastien à Zarauz par la route (@ 26 k.; très roulante 
jusqu'à Orio, puis forte montée et descente sur Zarauz ; ^'oZie 'promenade). — 
Sortant de Saint-Sébastien par Venta-Berri, on laisse bientôt sur la dr. les 
usines de la Providencia (colle) et l'on suit les rails du tram de Tolosa. — 
La route croise la ligne de Bilbao (virages dangereux) puis franchit un 

Çassage à niveau. Aussitôt après on suit tout droit, laissant à g. la route de 
'olosa, Pampeiune et Madrid. — 12 k. Usurbil (p. 135). — On descend 
la vallée de l'Oria, assez large et bien cultivée ; la route est très sinueuse. 
— La rivière s'élargit en estuaire pour former le port d Orio. — 20 k. Qrio, 
dans une très pittoresque situation (p. 135). Dans le village la route d© 
Zarauz tourne à g., passe la rivière sur un pont de fer et tourne à dr. (très 
jolie vue à dr. sur le village et la rivière). — . Montée en lacets au col d'Orio 
(belle vue). — En haut de la côte on laisse à g. une route pour Tolosa, puis 
la descente commence offrant une jolie vue $ur Zarauz et sa baie, — On 
entre dans Zarauz par une belle allée d'arbres, puis la calle Mayor amène 
à l'église, à dr. de laquelle prend la route de Guetaria. — - 26 k. Zarauz 
(p. 135). 

C. De Zarauz à Guetaria (N.-O. ; @ 5 k. ; desservie par un tramway à 
chevaux, se renseigner pour les départs; voit, de place 5 p. aller et ret., 



i32 -- [E. 13] Il ENVIRONS DE SAINT-SÊBASTIEN. || 

à pied 1 h. à 1 h. 10 ail.; magnifique promenade). — La route après l'église, 
laisse à dr. le Palais du Marquis de Narros ( V. ci-dessus), le petit port de 
pêche et s'élève pour suivre en corniche toutes les sinuosités d'une côte \ 
superbe et très découpée. — On aperçoit bientôt Guetaria relié par une \ 
digue au mont San Antonio. — 5 k. Guetaria (p. 136). 

Il® SAINT-IGNACE DE LOYOLA (S.-O. ; visite intéressante du monas- ^ 
tère; aller en ch. de fer jusqu'à Zarauz et de là prendre une voiture parti- "• 
culière, il existe un service de voiture publique, se renseigner; ou bien 
continuer en ch. de fer jusqu'à Arrona-Cestona d'où part un service d'au- 
tomobiles. — Les automobilistes feront un admirable circuit de 101 k. en 
Cassant par Zarauz, Guetaria, Zumaya, Saint-Ignace, le col de Regil et 
'olosa). 

A. De Saint-Sébastien à Zarauz ou Arrona-Cestona par le chemin de 
fer. — De Saint-Sébastien à Arrona-Cestona, R. 14 et de là à Saint-Ignace 
de Loyola, ^ 24 k., serv. d'autobus; on rejoint à Iraeta la route décrite ci- 
dessous, C. 

B. De Zarauz à Saint-Ignace de Loyola par la route {deux itinéraires : 
la route directe, dite l'Alto de Meagas, 24 k. ou la route côtière par 
Zumaya, 31 k. ; voit. part, aller par la route côtière et ret. par la route de 
Meagas, 25 à 30 p. plus 10 p. 100 de pourboire au cocher). — De Zarauz à 
Guetaria, V. ci-dessus, 10°. — 5 k. Guetaria (p. 136). — La route lon^e la 
mer (vues magnifiques surtout en arrivant vers Zumaya, on aperçoit la 
côte jusqu'à la pointe de Deva). 

9 k. En arrivant à Zumaya (p. 136), on franchit l'embouchure du rio 
Urola et on tourne à dr., nouveau pont, puis laissant le village à dr., on 
tourne de suite à g. — La route suit la rive gauche de l'estuaire, laisse à g. ^ 
une route directe pour Zarauz, passe sous le ch. de fer, puis tourne à g., , 
laissant s'éloigner à dr. la route de Bilbao. — On passe dans une campagne ^ 
cultivée et verdoyante, puis la route descend et remonte bientôt et eh face 
du village d'Arrona s'engage dgins une tranchée rocheuse, après laquelle il 
faut prendre à g. ; la route descend dans la vallée de l'Urola, qu'elle fran- 
chit sur le pont de Munasoro. 

18 k. Iraeta, où l'on rejoint à g. la route directe de Zarauz. On remonte 
désormais la rive dr. de l'Urola dans une vallée étroite et boisée. 

20 k. Cestona ou Santa Cruz de Cestona (hôt. : Oyarzabal; de Roque 
Arocena), carrières de marbre. On traverse le village, puis le quartier des 
hôtels avant de passer à dr. devant les Bains. 

22 k. Etablissement des bains de Cestona (on peut demander à visiter), ' 
ouvert du 15 juin au 15 sept. Les eaux chlorurées sodiques (27 à 31*>) de 
Cestona, exploitées depuis 1784, sont souveraines contre les catarrhes ■ 
chroniques de l'estomac, la dyspepsie, les calculs biliaires, la chlorose, la 
neurasthénie, l'hystérie, le rhumatisme, la goutte, l'obésité, etc. L'eau de 
l'une des sources de Cestona, prise en boisson, a un effet purgatif instantané. 
L'établissement comprend : le Grand-Hôtel, avec vaste salle à manger, 
salon de restaurant, salle de fêtes et théâtre, pharmacie, poste, télégraphe 
et téléphone, des salles de bains et de douches, une installation hydrothé- 
rapique très complète, un magnifique parc avec gymnase, vélodrome, tir 
au pistolet et à la carabine, etc. ; une galerie couverte de 200 m. ; une 
chapelle desservie pendant la saison, etc. 

On traverse TUrola dont on suit la rive g, par une jolie route de mon- 
tagne qui contourne sur la dr. le mont Itzarraitz (San Ignacio se trouve 
derrière cette montagne). — Vallée étroite qui s'élargit bientôt et l'on 
arrive à Azpeïtia qu'il faut traverser en suivant dans toute sa longueur la 
calle San Ignacio qui passe à la plaza Mayor. 

29 k. Azpeïtia (hôt. Casino, calle de Santo Domingo, 10, déj. ou dîn. 3 p., 
ch. de 1 à 3 p., pens. 6 p. 50, gar., électr., jardin; fonda Artache\ fondai 
Ecciza), ville de 6,115 hab. (nombreux fabricants d'espadrilles travaillant \ 
Kur les pas des portes), possède deux édifices religieux remarquables * ^ 



Il SAINT-IGNACE DE LOYOLA. || [R. 13] — i33 

Véglise paroissinle^ dédiée à St Sébastien, de style gothique, avec un 
portique, du célèbre architecte Ventura Rodriguez (à Tint., fonts de marbre, 
où fut baptisé St Ignace, et tombeau de D. Martin Zubarno, évêque de Tuy) ; 
Véglise N.-D., de la Soledadj du xvi« s. (à Tint., tombeau en marbre de 
son fondateur, D. Nicolas Saenz de Elola). Azpeïtia, relié par une route de 
19 k. (voit, publiques) à la station de Zumarraga de la ligne du Nord, est 
une petite cité très animée. La fête de St Ignace y attires le 31 juillet de 
chaque année, ainsi qu'au sanctuaire, une foule de pèlerins et de visiteurs 
et il faut alors prenare ses précautions d'avance pour s'y loger, aussi bien 
qu'aux hôtels entourant le sanctuaire. 

La route se tient dans la vallée élargie et cultivée (à dr. couvent de reli- 
gieuses). Bientôt à g., au delà de la rivière, se montre dans un bassin austère, 
encadré de belles montagnes, lé fameux sanctuaire. On y arrive après avoir 
franchi un pont, à g. de la route. 

Devant le monastère, un long et épais quinconce offre ses ombrages 
propices aux pique-niques (marchands de médailles, de souvenirs et de 
photographies, dont quelques-uns parlent français). Sur la route, en face 
du pont, se trouvent \ hôtel Amenabar (bien tenu) et la fonda de Echarus. 
Il y a un autre hôtel, Vhôtel Loyola, au bout du quinconce, à g. du monastère. 

31 k. ^Sanctuaire de San Ignacio de LoYoIa, propriété de la province 
de Guipuzcoa (qui le revendiqua après sa confiscation par Charles III) et 
noviciat (125 à 150 religieux) de la province de Castille de l'Ordre de Jésus : 
on l'appelle communément la « merveille de Guipuzcoa ». Il a été élevé par 
ordre de la reine Marie-Anne d'Autriche, veuve de Philippe IV, sur le 
domaine de la famille de Loyola, et autour du vieux manoir où naquit 
St Ignace. La reine acheta le domaine et le remit aux Jésuites qui appe- 
lèrent de Rome l'architecte Fontana pour diriger la construction. La pre- 
mière pierre fut posée le 28 mars 1689. Le plan de l'édifice est un parallé- 
logramme rectangulaire, auquel deux appendices latéraux donnent la figure 
d'un aigle prêt à prendre son vol. Le corps est formé par l'église, la têie 

Sar le portail, les ailes par la Santa Casa et par le collège, la queue par 
ivers oâtiments secondaires. Le portail, entièrement de marbre (sur l'esca- 
lier, itatue de St Ignace) aucjuel conduit un magnifique perron à trois corps 
flanqué de balustrades de pierre et de lions en marbre, est surmonté d'un 
fronton triangulaire avec écusson aux armes d'Espagne, soutenu par deux 
anges (inscription rappelant la cession du domaine à Marie-Anne d'Autriche, 
en 1861), et donne entrée dans un vaste vestibule semi-circulaire (statues 
en marbre de St Louis de Gonzague, de St François Borgia, de St François 
Xavier et de St Stanislas Kostka), au fond duquel se trouve la grande 
porte d'entrée de Téglise, surmontée de la statue de St Ignace entre deux 
colonnes salomoniques. L'aile g. de l'édifice n'était pas achevée lors de 
l'expulsion des Jésuites sous le règne de Charles III; elle n'a pas été 
continuée. L'aile dr. est occupée par le collège, qui renferme une très riche 
bibliothèque (documents sur l'histoire de l'Ordre), et dont l'escalier est une 
œuvre remarquable. 

L'église (se visite librement), rotonde de 36 m. de diamètre, est d'un bel 
effet décoratif; huit grandes colonnes supportent la coupole en pierre, de 
21 m. de diamètre et haute de 56 m., éclairée par 8 fenêtres. Riches choix 
de marbre au maître-autel. Plafond de la coupole aux armes d'Autriche. 
Belle porte en bois sculpté. 

Pour visiter la Santa Casa (fermée de 11 h. 30 à 14 h.), demander l'auto- 
risation à la porte du couvent sur la g. de l'église; on est introduit dans un 
parloir (tableaux et bustes de saints) où un jésuite (demander un père 
parlant le français) vient chercher les visiteurs et leur donne les explications. 

La Santa Casa, où naquit St Ignace, est enclavée dans l'édifice; ce n'est 
plus qu'une tour de l'ancien manoir de Loyola, dont la partie supérieure 
fut rasée en 1390 sur l'ordre de Henri III de Castille ; l'aïeul de St Ignace fit 
reconstruire cette partie en brigues. 



134 — [R. 14] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BILBAO. || 

On visite successivement : une chapelle moderne de style byzantin (remar- 
quer une meurtrière de l'ancien château fort); une autre chapelle; — dans 
I'escalier, bronze représentant St Ignace blessé et relevé par les soldats 
français à Pampelune, tableaux représentant des scènes de la vie de St Ignace. 
— A l'entresol : petite chapelle ornée d'un retable représentant la grotte de 
Mandreza où St Ignace écrivit ses Exercices. — AtJ premier : dans la chambre 
où probablement est né St Ignace, on montre : la chasuble de St François 
Borgia, brodée en 1551 par sa sœur Louise de Borgia; Vautel (dans unô 
petite chapelle décorée récemment) où St François Borgia célébra sa pre- 
mière messe (il avait deux fils qui épousèrent deux nièces de St Ignace); 
un vitrail représentant St Ignace blessé à Pampelune le ^ mai 1521 (c'est 
après cette blessure qu'il se convertit). — Au second : dans la sacristie de 
la chapelle, portrait de St Ignace (c'est là qu'il se convertit), autographe 
du saint et morceau de sa ceinture; dans la chapelle en onyx, remarquer un 
autel d'or et d'acier (valeur 110,000 fr.), des médaillons et des bas-reliefs dus 
à un jésuite (Mort de St Ignace, Glorification de l'Ordre, Mort de St François 
Borgia, etc.): dans une autre chapelle on montre un doigt du saint, envoyé 
de Rome, par les Jésuites, à la reine Marguerite d'Autriche, femme de 
Philippe III (ce doigt est placé, en son reliquaire, dans la poitrine ouverte 
de la statue du saint); sous l'autel, statue de St Ignace blessé; vitraux repré- 
sentant des épisodes de la vie du saint; la pièce est séparée en deux par 
une grille : plafond du xvni» s. en bois doré représentant aussi des épisodes 
de la vie du saint, vitraux modernes. 

Au pied de la Santa Casa, admirable statue de St Ignace (bronze ; visage 
en onyx), en soldat vêtu de la cuirasse, sur une fontaine à laquelle uO 
homard en bronze sert de robinet avec sa pince. 

En dehors de l'église et de la Santa Gasa, il faut une permission spéciale 
pour visiter le reste du couvent et les dames ne sont pas admises. 

Le retour à Zarauz s'efl'ectue par la route de Taller jusqu'à Iraeta, à làl 
croisée de la route directe et de celle de Zumaya. On prend la première, 
qui s'élève en lacets et par de fortes rampes dans des bois de pins Cbelles 
échappées sur la vallée de l'Urola) au faîte ou alto de Méagas (vue étendue); 
de là une descente rapide amène à (24 k. du sanctuaire) Zarauz. 



De Saint-Sébastien a Pampelune, R. 9; — a Biarritz, R. 12; — a Bilbao 
R. 14; — A BuRGOS, K. 16 

Route 14. — DE SA I NT-SÉBASTIEN A BILBAÔ 

PAR DEYA ET MALZAGA 

^ 115 k.; à voie étroite, gare dans le quartier S. (barrio de San Martin^ 
près de la rive g. de l'Urumea; trajet en 3 h. ou 4 h. — 13 p. 65, 10 p. 25, 
6 p. 20. — Suppl. de 5 p. pour le train de luxe, quelle que soit la distance. 

— Route très pittoresque. — Entre Saint-Sébastien et Bilbao on compte 
35 tunnels mesurant une longueur de 9,412 m. 

Auto-cyclisme : — deux routes, en général bien entretenues et en bon 
état, avec virages relevés et pans de montagnes abattus dans les virages. / 

— A. Par là côte {^ 136 k.) par Zarauz et Guetaria (p. 131) d'où on suit 
la ligne de Bilbao jusqu'à (52 k.) Deva; de Deva à Lequeitio, p. 136; la 
route devient accidentée (plusieurs cols) puis descend dans là vallét dti 
Mandaca jusqu'à (103 k.) Ôuernica où l'on prend la route de (115 k.) Amo- 

. rebieta.— fî. Par i'iiltérieuf (@ 113 k.); 52 k. jusqu'à Deva (V. ci-dessus A); 
parallèlement à là voie ferrée on remonte là jolie et pittoresque vallée dti 
rib Deva; â MaUaga tourner à dr. ; 72 k. Eibar\ 74 k. limite des provinces 
de Guipuzcoa et de la Biscaye (péage); inohtéê ptiis descente très dure; 




DE ST-SEBASTIEN 
A BILBAO 



I J^^inoipa^s routes (léaxarsiorv '^"^' 
Chesmùhs de fer 

Kilomèti^es 



Viforia.27hI.M^ 



Bucfios, Vi_ 




Jnip. Ihf/hérujg , Punis. 



IIZARAUZ. Il [R. 14] — 135 

82 k. BerjHz; 88 k. Durango\ 97 k. Amorebieta; la route, très accidentée, 
passe au milieu de plusieurs centres miniers arant d'arriver à l'octroi de 
(113 k.) Bilbào (autos, 4 p.)- 

La voie longe la rive g. de l'Urumea (à g., belle vue) dont elle 
quitte ensuite la vallée. — Au delà du tunnel d'Ayete (839 m.) la 
voie serpente entre des petits coteaux. Au delà d'un autre tunnel, 
grand circuit vers la g. — 8 k. Lasarte. — La voie franchit l'Oria 
dont on suit la vallée, puis décrit un grand lacet vers la dr. 

10 k. Zabieta, h g. Tout à côté de la station, la casa Aizpurua 
porte une plaque commémorativë de la mémorable assemblée de 
1813, où le patriotisme guipuzcoan fît renaître de ses cendres la 
ville de Saint-Sébastien (p. 119). 

12 k. Usârbil, 1,753 hab. (antiques et pittoresques maisôdà), daiii 
une belle situation au pied du mont Mendizzorrotz. — Là Vallée se 
rétrécit; on se rapproche de l'Oria, avec lequel la voie décrit un 
grand coude à dr. A g., on longe les maisons de San Esteban. 

16 k. Aguinaga-San Esteban. — Tunnel et contours. 

22 k. Aya-Orio, station qui dessert (à g., 3 k.) Aya^ 2^225 hab. 
{église du xvi' s.), et (à dr.) Orio, 1,144 hab., village de pêcheurs 
et de constructeurs de bateaux, d'aspect très pittoresque. 

La voie s'éloigne de la rivière, tourne à dr., franchit un viaduc 
de 14 m. de hauteur et passe dans un tunnel de 700 m. 

27 k. Zarauz (hôt. : Grand-Hôtel, maison tenue à la française, 
clientèle slHstocràtique, gar., terrasse sur la plage ; Hijos de Otamendi^ 
pens. 7 p. 50, calle Mayor, 20; de la Perla, calle del Vizconde, bains 
chauds; Buenos- A ires, déj. 3 p., dîn. 3 p. 50, pens. 6 fr. ; Beina Vic- 
toria), petite ville de 2,864 hab., située au pied du mont Santa Bar^ 
bara, à Textrémité 0. d'une plaine de 3 k. de circonférence, entourée 
â*un amphithéâtre de collines, est une station de bains de mer fré- 
quentée par l'aristocratie madrilène. 

Au sortir de la gare, on prend un chemin étroit qui Aboutit à 
Vavenida de Los Fàeros, que l'on suit à g., ainsi que son prolonge- 
ment, la calle Mayor (à dr., en face de la poste, curieuse mûisofi)^ 
pour atteindre une place en retrait, à g., sur laquelle se trouve la 
Casa Consistoriai, et, plus loin. Xa plazaeta de la Marquesa de Narros, 
avec un curieux clocher séparé par une rue dallée de Véglise (xVïïi* s.). 
Contournant l'église àdr., on arrive à Varrabaldel Poniente et, pas- 
sant sous une passerelle en bois, on débouche à Textrétnité 0. de 
la plage, dominée à dr. par le palais du marquis de Narrôs (xv* s.), 
d'un grand caractère, avec beau parc en arrière (on peut le tra- 
verser); c'est dans ce palais que la reine Isabelle II reçut notifica- 
tion de sa déchéance, et c'est de là qu'elle partit pour la France 
(l868). — On suit à dr., longeant le palais, la digue au-dessus de 
la plage, et, par la calle del Visconde de Zolino, sur laquelle s*ouvrent 
à g. des descentes à la plage, on arrive à l'alameda de Madoss, 
boulevard planté de platanes (bancs de repos). De l'Alameda, on 
peut revenir à la gare en prenant à g. la calle de S^an P'rancisco, qui 
débouche à l'entrée de la calle Mayor, et en suivant à g. l'avenida 
de ios Fueros {V. ci-dessus). — Sur le flanc d'un coteau (vue de la 
mer), Villa Manuela, entourée de vastes jardins, dans laquelle eàt 



\\ 



136 — [R. 14J II DE SAINT-SÉBASïJEN A BILBAO. || 

iiix.iiic le i>e:i^ioniu:i Sainte-Ursule du Sacré-Cœur de Zarauz, teau 
puj ieb l ibulines de l'ancien couvent de Saint-Sever (Landes). 
De Zarauz a Guetaria par la route, p. 131. 

32 k. Guetaria-Oiquina, halte desservant Guetaria, port de 
1,350 hab. (cidre renommé), dans une situation d'un pittoresque 
achevé, sur une langue de terre étroite et escarpée. Au-dessus du 
port de pêche on voit la statue de Juan Sébastian de Elcano^ le célèbre 
navigateur, né à Guetaria et qui fit le premier le tour du monde 
(1519-1522). Uéglise San Salvador {monument national) fut bâtie du 
XIII® au XIV' s. dans le style gothique. 

Les touristes qui se trouvent à Guetaria un dimanche ne devront pas 
manquer d'entrer dans l'église pendant l'office; l'édifice n'est éclairé que 
par des rats-de-cave allumés par terre derrière des petits bancs ou même 
des boîtes en bois placées devant chaque assistant. 

Si l'on peut disposer de 30 à 40 min., on fera bien de franchir la jetée du 

Fort et de monter au sommet de Vile fortifiée de San Antonio (phare), d'où 
on a une vue très belle et étendue. 

34 k. Zumaya (hôtel), petite ville de pêcheurs et station de bains 
de mer (pittoresque ermitage de San Telmo; phare), à Tembouchure 
de rUrola que l'on franchit. 

De Zumaya au Sanctuaire de Loyola, p. 132. 

36 k. Arrona-Cestona, station pour Iraeta et l'établissement 

de bains de Gestona (p. 132). 

D'ARRONA-CESTONA AU SANCTUAIRE DE LOYOLA (#20 k. ; serv. 
d'autobus pour Azcoitia par Iraeta, les Bains de Cestona, Azpeïtia et le Sanc- 
tuaire). — Trajet décrit, p. 132, 

Tunnels de 978 m. et de 552 m. — Belle vue des côtes (jusqu'à 
Biarritz). 

45 k. Deva (hôt. : Egana; Deva; de la Alameda; de la Playa; Mon- 
réal', Lorenzo Celava), 3,000 hab., ville très curieuse à l'embouchure 
du rio Deva, petit port et station de bains de mer possédant une 
belle plage, précédée d'une promenade ombragée avec bancs et 
kiosque à musique et sur laquelle donnent les principaux hôtels; 
près de la gare, promenade couverte; église du xv® s., avec joli porche 
et une haute nef soutenue par des colonnes cylindriques, retables 
dorés; à dr. de l'église, intéressant cloître ogival du xv* s.; au 
hameau de Garagarza, touchante la \i\\e, fontaine de Quilimon^ inter- 
mittente — elle s'arrête 3 à 4 fois Tété et chaque fois pour 12 h. — 
qui fait mouvoir une forge et des moulins. 

DE DEVA A ONDA>^ROA ET A LEQUEITIO: LA ♦CORNICHE 
CANTABRE (^ 9 et 23 k., extrêmement pittoresque, le loua d'une côte aux 
meroeilleuses découpures \ serv. d'autobus, 2 p. 50; admirable excursion, tout 
au moins jusquà Ondarroa), — La route traverse le ch. de fer, puis le rio 
Deva; tracée en corniche au-dessus d'un rivage maritime extrêmement 
découpé, elle est d'une incomparable beauté ; les sites pittoresques s'y suc- 
cèdent avec une variété inouïe : falaises couvertes d'ajoncs, rocs abrupts, 
bois de pins et d'eucalyptus, bouquets de chênes verts et d'oliviers, châtai- 
gneraies descendant jusqu'à la mer. — 5 k. Motrico, pittoresque village de 
pêcheurs. — Très forte montée et virages dangereux, puis la route descend 



Il DEVA. — BIBAR. — DURANGO. jj [B. 14J -- 137 

dans im vallon verdoyant avant de remonter, en regagnant la mer jusqu'au 
<8 k.) poste de Portazgo, limite des provinces de Guipuzcoa et de Viscaya 
jvisite des papiers do la voiture par les gardes provinciaux). — Descente 
rapide en corniche et à tournants brusques vers Ondarroa. A l'entrée de la 
ville, péage de la province de Biscaye (5 p. par auto). 

9 k. Ondarroa (hôt. : de la Bahia, omn. à la gare de Deva, déj. dep. 3 p. 50, 
dtj^. dop. 4 p., ch. 1 p. 50 à 3 p., pens. dep. 6 p., construction moderne» 
électr., bains, on parle français; del Comercio, 6 p. par j.), petit port avec 
des centaines de barques de pêche, de hautes maisons de pêcheurs, qui 
s'étagent jusqu'au Calvaire du cimetière, et une vieille église surélevée 
par d'immenses arcades (de la terrasse, très belle vue). C'est un site d'ar- 
tistes, un endroit délicieux, surtout à marée haute, quand la petite ville est 
toute ceinturée d'eau. 

La route, montueuse et tortueuse, offre une succession ininterrompue de 
beaux points de vue ; elle passe par Mendeja et franchit le rio Lequeitio. 

23 k. Leq^ueitio (hôtels peu confortables : Pablo Beitia, Mendia, 5 à 6 p. 
par j.), petit port de pêche et modeste station de bains de mer, communique 
par un service d'omnibus (^ 55 k. ; intéressante et recommandée) avec Guer- 
nica ( V. ci-dessous), où l'on trouve le ch. de fer, soit pour Bermeo (ligne et 
route le long de l'estuaire du rio Mundaca), soit pour Bilbao (par Amorebieta). 

58 k. Élgoibar (fonda Iqnaccio Barrutia), 4,400 hab. (manufacture 
d'armes). 

62 k. Malzaga, X pour Vergara-Zumarraga (p. 153). — La voie 
franchit le rio Deva sur un pont métallique (3 travées), où se rac- 
corde à g. Tembr. de Zumarraga. 

64 k. Eibar (hôt. : Julian, bon restaurant; del Comercio), ville de 
10,000 hab., avec une église du xvii* s. et de très importantes indus- 
tries (fabriques d'armes à feu ; ateliers de damasquinerie et incrusta- 
tions sur métaux et bijoux, dont les ouvriers sont de véritables artis- 
tes; intéressant à visiter). 

La fête ou romeria d'Eibar, qui commence le 8 sept, et dure huit jours, est 
très courue des touristes, qui peuvent y voir les véritables danses basques. 
Elle se tient sur la montagne d'Arriate (superbe panorama; ermitage dédié 
à la Nativité de la Vierge). 

68 k. Ermua (beau manoir des marquis du Val de Espina). — La 
voie remonte un vallon, entre monts élevés. — Tunnel de 610 m. 
— 74 k. Zaldivar ou Zaldua (vieille église; établissement de bains; 
sources salines et sulfureuses), dans un site pittoresque. 

82 k. Durango (hôt. : Miota, 6 p. par j.; Et Centra, 8 p.; Siglo^ 
6 p.; Lapico, 6 p. ; gare au N. de la ville, près du jeu de paume; 
tram pour Bilbao, p. 140), ville de 4,974 hab., sur le rio Durango, 
dans un bassin dominé par de hautes montagnes. — Quatre portes 
de Tancienne enceinte. — Eglise de San Pedro de Tavira^ très ancienne, 
et dont une vaste halle longe tout un côté; près de l'entrée, deux 
curieux iomfeeaua? sans inscription. — Eglise de Santa Anna, ayec haute 
tour et beau maître-autel. — Sur la route de Vergara, vieille croix 
ie pierre remarquable. — Près de Vermitage de Migueldi, rhinocéros 
sculpté dans un bloc énorme, avec un globe à ses pieds; sur la baae, 
inscription et figures très anciennes, de signification inconnue. 

La voie descend la vallée rocheuse et boisée du Durango jusqu'à 
son confluent avec le Nerviôn. 

93 k. Amorebieta, 3,800 hab. 



138 — [R. 14] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BILBAO. || 

D'AMOREBIETA A PEDERNALES (^ 25 k. N.,en 1 h. 15; 3 p., 1 p. 95, 
l p. 40). —7 k. Zugastieta. — 12 k. Magica. 

15 k. Guernica (hôt. Comercio, 7 p. par j.), petite ville dans une belle 
vallée arrosée par le rio Mundaca, est la cité sainte du pays basque espagnol. 
Elle possède les restes du chêne historique sous lequel, de tHmps immémo- 
rial, était prêté le serment d'observation des fueros; le vieil arbre symbo- 
lique est pieusement conservé dans une cage en fer et verre et un arbre 
nouveau a été planté tout près de là à côté de la maison de l'Ayunta- 
miento. — Il faut voir encore à Guernica le Parlement, les tribunaux, V église 
Santa Maria (xv* s.; portail gothique de 1518; tombes anciennes; belle 
statue de la Vierge dans une chapelle fermée par une remarquable grille 
en fer). 

La ligne remonte la rive O. du Mundaca qui s'élargit en estuaire et passe 
plusieurs stations sans importance (à dr. du village de Gauteguiz, château 
de l'impératrice Eugénie) avant d'arrivpr à (25 k.) Pedernales. 

De là un tram sur la route du bord de mer (60 c.) mène en 20 min., par 
Mundaca, petit bourg de pêcheurs à l'embouchure du fleuve du même nom 
qui apparaît comme coupé en deux par l'île de Izaro, à Bermeo, 9,060 hab., 
le plus important port de pêche de la Biscaye (école nautique; à6 k. N.-O.^ 
au cap Macfiichaco, phare de l®*" ordre). 

97 k. Lemona (voit, pour les bains (VElejahéitiû'y sources sulfurées 
calciques). — 109 k. Ariz-dos-Caminos (p. 16^. 

115 k. BILBAO (gare d'Achuri, rive dr. du Nerviôn), ville indus- 
trielle, riche et prospère, de 93,500 hab.,ch.-l. de la province de Bis- ; 
caye^ est situé à 12 k. de la mer sur les deux rives de Nerviôn (tra- 
versé par cinq ponts) qu'encadrent de belles montagnes. C'est le 
port et l'entrepôt de la région minière, et le centre du pays du fer, 
dont les importants gisements sont exploités par des Compagnies j 
espagnoles, anglaises et franco-belges. 

Bilbao se compose de deux villes distinctes : — la vieille ville, aux 
rues étroites, enchevêtrées et bordées de hautes maisons, sur la 
rive dr. du Nerviôn; la ville neuve, qui comprend le quartier du 
Gampo Volantin sur la rive dr. du fictive et tout le quartier neuf, 
à l'aspect moderne, construit sur le plateau de la rive g. du Ner- 
viôn, en arrière et autour de la gare du Nord. 

à 12 p.) ; — Londres, Arenal, 2 (déj. 



Gares : — Station del Norté, plaza 
Circular, service général du centre 
de l'Espagne. — Station de Santan- 
der, calle de Bailen. — Station de 
Achuri, calle de Achuri ; lignes de 
Saint-Sébastien et de Zumarraga 
(ligne de Madrid). — Station Puente 
del Arenal, ligne de Portugalete. — 
Station plaza de San Nicolas ; ligne 
d'Algorta et Plencia par Las Arenas. 
— Station plaza del InstitUto, ligne 
de Lezama. 

Hôtels : — Inglaterra, Arenal et 
calle de Correo, 2 (déj. ou dîn. 5 p.; 
eh. 5 p. ; pens. 10 à 30 p.) ; — Vièçaya, 
calle de Fueros (déj. 5 p., dîn. 6 p.; 
ch. 6 p.; pens. de 12 à 25 p.); — 
Arana, Arenal et calle Bidebarrieta, 
2 (déj. 3 p. 50, dîn. 3 à 5 p.; pens- 8 



et dîn. 4 p. ; ch. 3 p. ; pens. 7 à 15 p.); 

— Antonia, Arenal et calle Bidebar- 
rieta, 1 (déj. 4 p., dîn, 5 p. ; ch. 5 p. ; 
pens. dep. 9p.); — Torrontegui, plazâ 
Nueva, 12 (déj. 4 p., dîn. 5 p. ; pens. 

9 à 15 p.); — Eibarresa^ Arenal, 2 
(déj. ou dîn. 3 à 5 p. ; pens. 8 à l2 p.); 

— Comercio, câlle Victor (déj. ou dîû. 
3 p.; penfe. dep. 6 p.); — Galdôna, 
calle de Banco de Espana, 4 (déj. ou 
dîn. 3 p. ; ch. dep. 5 p. ; pens. 7 à 

10 p.); — Camara, calle (ie Banco de 
Espana, 3 (déj. 2 p. 50, dîn. 2 p. ; c^i. 
2 p.; pens. 6 à lO p.); — Viudu de 
Marono, calle Corréo, 23 (pens. 6 p.); 

— Marco, calle Amistad, 2 (pens. 8 à 
10 p.). — Dans les hôtels ci-après 
(fonda) plus particulièrement espa- 



H BILBAO. Il 

gnols, les prix des repas varient de 
j p 50 à 3 p., les chambres se payent 
de l p. 50 à '2 p. et la pens. complète 
ne dépasse pas généralement 1 p. : 
La Estrella, calle Maria Munoz, 6; 
Santiago Goni, calle Sombrereria, -2; 
Azuria^ calle Buenos-Ayres, 17 et 19; 
La Provinciana, calle Bidebarrieta, 
12 (pens. de 5 à 10 p.); Antonia, calle 
Buenos-Ayres, 11; 'Valmasedanu, caWe 
Amistad. 1. 

Pensions de famille (plus spéciale- 
ment françaises) : — Mme Ehrard, 
Alameda de Mazarredo, 2"7 (pens. 
5 p.]j — Mme Malot, calle Ibanez, 8 
(pens. 4 et 5 p.). 

Restaurants : — aux hôtels ; — café 
du Boulevard, Arenal; — Antiguo, 
calle de Bidebarrieta; — Torrontegui, 
plaza Nueva. 

Cafés principaux : — sur l' Arenal : 
du Boulevard, del Comercio, du Théâ- 
tre, Inglea ; — sur la Gran Via : Garcia, 
Lion dOr. 

Poste et télégraphe : — Alameda 
de Mazarredo, H. 

Téléphone : — Edificio de la Boisa. 

Bains : — El Nervion, calle Nueva, 
près du théâtre Arriaga. 

Banques : — de Bilbao, plazuela de 
San Nicolas; — de JEspana, calle de 
Banco de EspaSa (vieille ville); — 
del Comercio, calle de la Estacion, 1; 

— de Viscaya, Gran Via, 1 ; — Espa- 
gnole du Rio de la Plata, plaza Cir- 
cular. 

Changeur : — Jacquet^ calle del 
Correo, 1. 

Voitures de place : — Les prix 
suivants s'entendent de 6 h. du matin 
{1 h. rhiver) à minuit; en dehors de 
ces heures traiter avec le cocher. 
A 1 cheval, /'• zone ; pour 1 ou 2 pers., 
la course 1 p., l'heure "2 p.; chaque 
pers. en plus 50 c. — 2^ zone : pour 
1 ou 2 pers., la course 1 p. 50, l'heure 
3 fr. : chaque pers en plus 75 c. — 
A2 chevaux, f'^zone; pour lou2 pers., 
la course 1 p. 50, l'heure 2 p. 50; 

Four 3 ou 4 pers., la course 2 p., 
heure 3 p.; chaque pers. en plus 50c. 

— 2^ zone; pour 1 ou 2 pers., la 
course 2 p. 50, l'heure 3 p. 50 ; pour 

3 ou 4 pers., la course 3 p., l'heure 

4 p.; chaque pers. en plus 75 c. 
Automobiles de place : — A la 

course. De I à 2 pers, : 1,000 m. ou 
fraction, 1 p. 25; par 200 m. en plus 



[n. 14] — 139 

20 c. — 5 pers. : 750 m. où fraction 
1 p. 25; par 150 m. en plus 20 c. — 
4 pers. ou plus : 500 m. ou fraction 
1 p. 25; par 100 m. en plus 20 c. — 
A 1 heure : 20 c. par 4 min., quel quie 
soit le nombre des voyageurs. — En 
dehors de Bilbao : I p. par k. 

Tramways : — Tramways urbains 
(en général 10 c. ; cartes dabonne- 
ment pour 25 voyages, 2 p.) ; — Lineu 
del Ensancke (nouvelle ville ; plaque 
blanche et lettres noires), de la calle 
de Henao à la gare d'Achuri, par las 
calles Astarloa, Gran Via, Estacion, 
Arenal, Ribera et Achilri. — Linea 
del Velodromo (plaque bleue, lettres 
blanches), de la calle de Alameda de 
San Marnés à la garé d'Achuri pal" 
las calles Fernandez del Gampo, Hur- 
tado de Amezaga, Estacion, Arenal, 
Ribera et Achuri. — ■ Plaza Èliptica 
(plaque jaune avec bordure rouge, 
lettres noires), de la plaza de San- 
tiago à la Casa de Miserieordia par 
les calles Bidebarrieta, Arenal, Esta- 
cion, Gran Via, plaza Eliptica, pro- 
longation de la Gran Via (retour de 
l'Arenal à la plaza de Santiago par 
las calles Ascao et Tenderiaj. — 
Linea de Castanos à Achuri (plaque 
jaune, lettres ronge^, aller par les 
calles Tivoli, Campo volantin, Viuda 
de Epalza, Arenal, Ribera et Achuri, 
retour par les calles Achuri, Ribera, 
Arenal, Esperanza, Sendeja, Campe 
Volantin, Tivoli. — Linea Casilfa, 
San Francisco, Baiten (plaque rouge 
avec bordure verte, lettres blanches) 
desservant les calles San Francisco 
et Bailen. — Linea de Plaza EUpticii 
à Achuri (plaque blanfchë et rouge) 
par les calles de Alameda dé Re- 
calde, de Mazarredo, Gràn Via, Es- 
tacion, Arenal, Ribera et Achuri. — 
Linea de San Mdmés à Custanos 
(plaque blanche et verte) par lé^ 
calles Alameda de San Mamés, Fer- 
nandez del Campo, Alameda de Re- 
calde, plaza Eliptica, Gran Via, Es- 
tacion, Arenal, Viuda de Epàlza, 
Sendeja, tivbli. — Linea de Be'goriu 
(50 c. aller et ret.) par les calles Gtâh 
Via, Estacion, Arenal, Ascao, Itur- 
bide et retour parles calles Tenderia, 
Bidebarrieta, Arenal. 

Tramways suburbains. — Linea 
Bilbao- Algorta (17 k. ; section 10 c, 
parcours total 50 c.) desservant 



440 — [B. 14] 



Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BILBAO. 



l>eusto, Erandio, Lejona, Arenas et 
Algorta. — Linea Bilbao-Santurce 
(11 k. ; section 10 c, parcours total 
50 c.) desservant Basurto, Zorroza, 
Baracaldo, Sestao, Portugalete et 
Santurce. — Linea Bilhao-Duravgo 
(29 k. ; parcours total 1 p. 60) desser- 
vant Basauri, Galdâcano, Lemona, 
Amorebieta et Durango. — Linea Bil- 
bao-Céanuri (parcours total 1 p. 60) 
desservant Basauri, Galdâcano, Le- 
mona, Yurre, Villaro, Castillo Eleja- 
beitia et Céanuri. 

Garages : — Damborenea, campo 
Volantin, 10; — Bilbao, calle Salve 
(stock Michelin) ; — Vizcaya, alameda 
de Recalde; — Jnternacional, ala- 
meda de Urquijo, 10. 

Librairies : — Ver des ^ calle del 
Correo, 9; — au bureau de tabac 



[Estanco] de l'Arenal, près de l'hôtel 
d'Angleterre, on trouve des journaux 
français. 

Théâtres : — Teatro Arriaga, Are- * 
nal; — Teatro Trueba, calle Colôu 
de Larreategui ; ■— Teatro de los 
Campos Eliseos, calle Bentendona ; 
— Olympia, Gran Via, 17. -, 

Fronton : — Euskalduna, calle 
de Hurtado de Amézaga; — plusieurs . 
frontons aux environs. 

Plazas de Toros : — Vista Alegre et 
de Indauchu^ toutes deux au S.-O. de 
la nouvelle ville, rive g. du Nerviôn. 

Consulats : — France : alameda 
de Mazarredo, 20; — Angleterre :, 
plaza Circular, 1. | 

Syndicat d'initiative : — calle de 
la Estaciôn, 1, au 1«' étage : rensei- 
gnements gratuits. 



Histoire. — Bilbao a été fondé en 1300 par don Liego Lopez de Haro, 
seigneur de la Biscaye. Son histoire ne présente rien de notable pendant le 
cours de cinq siècles. Saccagé en 1808 par les Français, Bilbao a joué un 
rôle très important dans les guerres civiles de 1833, 1835-1836 et 1873. Assié- 
gée trois fois (1834, 1836, 1873) par les armées carlistes, la ville se défendit 
avec une remarquable énergie et consacra de nouveau le surnom de Ciudad 
invicta, que lui avait conféré la reine Isabelle. Dans l'histoire des popula- 
tions basques, la Biscaye fut la première des trois provinces qui fut habitée ; 
elle est la terre noble et libre par excellence. 

Industrie. — Les mines de la Biscaye, dont les plus importantes sont celles 
de Somorrostro, s'étendent sur une longueur de 24 k., du N.-O. au S.-E. 
(grands massifs de Triano et de Matamoros). Toute cette région est une 
ruche, un foyer d'activité extraordinaire. Les trois usines métallurgiques 
les plus importantes sont la Vizcaya, les Altos Hornos et la Santa Anna de 
Bolueta. Pour avoir une idée de cette industrie, il faut se rendre à Portuga- 
lete par le ch. de fer, ou à las Arenas par le tram. 

Port. — Les travaux de cet immense port de Bilbao, qui comprend 14 k. 
de rivière, ont été adjugés pour 30 millions de pesetas à des constructeurs 
français, MM. Félix AUard, Coiseaux et Gouvreux. Le commerce d'exporta- 
tion avec la France comprend surtout les minerais de fer et les fontes en 
gueuses; l'importation comprend des ciments de Boulogne, des bois des 
Landes, des briques et tuiles, des huiles industrielles, des vins, liqueurs, 
tissus, etc. Bilbao a une chambre de commerce française et une colonie 
française, formée principalement d'ingénieurs, contremaîtres et ouvriers 
d'usines, négociants, couturières et gens de service. Le mouvement du port 
s'élève à plus de 4,000 navires par an. 

ITINÉRAIRE. — Nous avons divisé notre itinéraire en deux pro- 
menades, la première sur la rive dr. du Nerviôn avec TArenai et 
la vieille ville, la seconde sur la rive g., où se trouve la ville 
neuve. 

De la gare de Saint-Sébastien (gare nouvelle inaugurée en 1914) qui se 
trouve calle de Achuri, dans le faubourg du même nom, on gagnera l'Arenal 
(tous les tramways y conduisent, 10 c.) en suivant à g. la calle de Achuri. 
On laisse à g. le pont San Anton, l'église San Anton (V. ci-dessous), et le 
marché ; la calle de Ribera^ bordant le quai du Nerviôn, amène au théâtre 
Arriaga, derrière lequel s'étend l'Arenal. 




8 



BILBAO 

Église de SanUâffo E.2.3 

...ùl..J^AntoTv.... ...F. 3 

..M.J'^Mcolas deyJBari E.2 

.Jjd...de levResidencicu. D.3 

Ayimtamienijo (Sôtel dz VUlt).. D. 1 

Falacw provincùaL. .C.3 

Institut ( Biibbothkqvje, , Cai^dA 
Physùfue et d'Mst/^'-naturH-...^ . 2 
EsajudjOL d£,Art£sy Ofùdos, 

etMiseo de^Pùiùiras--. J^.Z 

médtre ..., E.2 

Banco d&Esvana,.. ...E.2 

...U...Az£Ûbao ...£.2 

Statue^ de,£ope>^ de^Earo. D.2 

]ùd.,.^d&Truebcb et 

Jardùtes deAIbicu ...C.2 

Postx, et tdé^aphe (B'^Cerv^l.. C . 2 

Tramways 

Mètres ^ 

) 100 200 300 *oo 

Scaleof Yards ^ 

100 200 300 400 



=^f^ 



\\\i^Y M 




i!-£s Imp- Jhi/r&ioy , Paris . 



* 



Il BILBAO. Il [R. 14] - 141 

Rive droite du Nerviôn (Arenal et Vieille Ville), — Le paseo 
del Arenal (PI. D.-E., 2), véritable centre du mouvement de Bil- 
bao, est une vaste esplanade (arbres en quinconces; kiosques à 
musique) que le beau pont Isabelle II (ou del Arenal) met en com- 
munication avec la ville neuve et que borne vers le S., la petite 
plaza de Arriaga sur laquelle a été érigé en 1890, par Tarchitecte 
Rucoba, le monumental Teatro de Arriaga (salle de 1,500 places). 
Au S.-E. s'étend le boulevard de VArenal où se trouvent les princi- 
paux hôtels et cafés et à l'extrémité N.-E. duquel s'élève, au pied de 
la hauteur que couronne le Cimetière oy Campa Santo de Mallona, 
l'église San Nicolas de Bari, de forme octogonale, entièrement 
reconstruite à la moitié du xviii* s. sur les ruines de l'antique sanc- 
tuaire du XIV* ou XV® s. (à Tint. : statues par Juan de Mena, célèbre 
sculpteur de Séville; grand retable en bois sculpté). 

Au centre du boulevard de l' Arenal s'ouvre la calle de Correo qui, 
traversant la vieille ville, amène à la plaza de Santiago sur laquelle 
s'élève l'église de Santiago, bâtie en style gothique pur vers 1379, 
mais dénaturé après les restaurations nécessitées par un incendie 
en 1571. C'est un édifice grandiose avec un beau cloître gothique. 
Un vaste portique de la Renaissance est adossé à l'édifice (à Tint. : 
le grand autel est une œuvre moderne de l'architecte Achucarro; 
statue gothique dans la sacristie). 

[Non loin de l'église de Santiago, sur la calle de la Cruz^ se trouve Véglise 
Santos Juanes, de l'ancien collège des Jésuites (beau retable au maître-autel).] 

Derrière l'église de Santiago, la calle Tenderia amène au pitto- 
resque marché (mercado) installé sur le bord du Nerviôn, devant 
Véglise San Anton (du xv® s., style gothique de transition, avec 
remaniements postérieurs). 

[Près de l'église San Anton s'ouvre la calle de Achuri dans laquelle on 
rencontre Vécole des Arts et Métiers (escuela de Artes y Oficios, ancien hôpital 
civil; façade ornée de quatre colonnes doriques) et la gare de Achuri ou 
de Saint-Sébastien (construction nouvelle de style mauresque).] 

En suivant sur la droite le quai du Nerviôn, la calle de la Ribera 
ramène à l'Arenal, d'où l'on pourra aller voir, par la calle de Fueros 
(avant d'arriver à l'église San Nicolas) la plaza Nneva, entourée 
d'arcades (parterres, kiosque à musique, restaurants) et qui sert de 
promenade couverte les jours de mauvais temps. 

Au delà de l'église San Nicolas, en suivant le quai de la rive dr. 
du Nerviôn, où accostent de gros navires, la calle de Viuda de Epalza 
puis la calle de la Sendeja, conduisent en face d'un pont tournant 
(5 c.) à une petite place sur laquelle s'élève rAyuntamiento 
(hôtel de ville), achevé en 1890 par l'architecte Rucabado, sur l'empla- 
cement de l'ancien couvent de San Augustin. C'est un des plus 
riches monuments municipaux de l'Espagne, Sur la façade, statues 
de la Loi et de ia Justice, par Basterra. 

A l'intérieur, très riche et très somptueux, on remarque le vestibule et 
Vescalier d'honneur, en marbre blanc, la salle des fêtes de style arabe. Dans 
le cabinet de l'Alcade, collection de documents intéressant Thistoire de 
Bilbao. 



142 -. [H, 14] Il DE SAINT-SÊBASTIÈN A BILBAO. || 

Au dfttà de l'Ayuntamienlo s'ouvre le paseo del Campo Vo- 

Icintin, belle promenade ombf'.igée (parterres de fleurs) longeant 
le Nerviôn et qui, après avoir «^passé la petite église de las Esclavas, . 
devient une artère aristocratiq • avec de belles constructions toutes 
modernes adossées à la colline. U'est l'extrémité en amont du port 
de Bilbao (p. 140) qui a^étend jusqu'à l'embouchure du Nerviôn. 

Au delà du Campo Volantin, le quçii de la Salve, suivi par le tram élec- 
trique, conduit au faubourg de Dçusto, où se trouvent le grand Collège 
appartenant aux Jésuites et le Collège pour Sourds-Muets et Aveugles. 

On peut revenir à l'Aretfal par le tramway (10 c.)» 

Rive gauche du Nerviôn {Nouvelle ville ou Ensanche). — De 
PArenal, en traversant le pont Isabelle II ou de VArenal, on gagne 
la calle de la Estaciôn où s'élèvent à g. la gare de Portugalele, la gare 
de Santander, la grande gare du Nord, et qui aboutit à la plaza de 
la Estaciôn (plaza Circular) qui est ornée au centre de la statue en 
bronze de Diego Lopez de Haro, fondateur de Bilbao (1300). 

En face s'ouvre la Gran Via de Lopez de Haro, large et 
luxueuse artère moderne, voie principale du nouveau Bilbao, et 
dans laquelle se détache d'abord à g. Valameda de Urquizo (église de la 
Residenoia des Pères Jésuites, avec deux élégants clochers gothiques, 
œuvre de l'architecte Basterra) et à dr. Valameda de Mazarredo où 
se trouvent à dr. le Jardin d'Albia (statue de l'écrivain populaire 
Ant. de Traeba, mort en 1889, par Benlliure) derrière lequel s'élèvent 
le nouveau teatro Trueba, et l'église de San Vicente (xvi" s., style de 
transition entre le gothique et la Renaissance). Au delà du jardin 
d'Allia, sur la g. de l'alameda, poste et télégraphe. 

Continuant à suivre la Gran Via, au delà de l'alameda de Ma^ar^ 
redo, on voit sur la g. le somptueux Palacio de la Diputaeiôn, 
œuvre de l'architecte Aladren et terminé en 1897 (à Tint. : bel e^ca* 
lier, peintures de Guinia, Echena et Gonde). La Gran Via aboutit k 
la vaste plaza de Lopez de Haro (plaza Eliptica) ornée de la statue 
de Doha Casilda Yturrizar, veuve de Epalza, bienfaitrice de Bilbao. 

[Au delà de la plaza Eliptica, la Gran Via traverse un quartier neuf et en 
pleine construction (à 200 m., Yâste jardin public) et aboutit à la Santa Casa 
de Misericordia, hospice et asile installés dans l'anc. couvent de San Mamès.] 

De la plaza Eliptica on prendra à g. (au S.) Valameda de Recalde 
qui traverse un quartier neuf et sur laquelle s'élève à dr. la nou- 
velle Alhondiga Municipal, ou entrepôt des vins, très curieux et 
étrange édifice couvrant plus de 9,000 mètres carrés et terminé en 
1908 par l'architecte Bastida. — A l'extrémité de l'alameda de 
'Recalde, on suivra à g. Valameda de San Mamès qui traverse la catle 
Joncha (qui, prise à dr., conduit à la calle Vista Alegre où se trouve 
la plaza de toros) et aboutit à la plaza de Zabalburu devant les jolis 
jardins de la Villa Mena. 

La calle de Hurtado de Amezagua qui s'ouvre à g. ramène à la plaza 
Circular et à l'Arenal en laissant : à dr. Véglise de San Francisco de 
Asis, œuvre de l'architecte Landecho (moderne gothique; deux 
élégants clochers de 60 m. de haut; beaux vitraux modernes); à g. 



Il PORTUGALETE. || [B. 14] — 14S 

le grand bâtiment de VEuskatdana (jeu de paume) et dans la ealle 
de Bentendona le bizarre Teatro de los Campos Eliseos {i ,20() places). 

[On peut signaler encore à Bilbao : — V Hôpital cioil, situé à Basurto, sur 
la route de Portugalete, terminé en 1909 par l'architecte Epalza, établisse- 
ment pouvant hospitaliser plus de 800 pensionnaires et dont l'installation 
est absolument moderne; — le Cimetière de Visla Alegre (10 k. de Bilbao; 
^j^ de Lezama, en 20 min.), dont les principales constructions de style 
byzantin sont dues à l'architecte Epalza et ont été terminées en 1901} 
superbes monuments, columbarium et four crématoire.] 

NOSTRA SENORA DE BEGONA (N.-O., îfgS^ électr., de l'Arenal 50 c. 
aller et ret., trajet en 15 min.). — Le tram longe l'église San Nicolas, prend 
la calle Ascao, puis après la plaza del Inatituto tourne à ff., commence à 
monter très fortement, franchit un tunnel et oiïre bientôt de belles vues. 

'^'Nostra Senora de Begona, pèlerinage très fréquenté, est une belle église 
du XVI® s., souvent remaniée. Le clocher moderne est Tœuvre de l'archi- 
tecte Basterra. A l'intérieur les murs sont garnis de grandes peintures; à 
g. le Pèlerinage de Begona, toile de Zeheno. La Vierge, objet du pèlerinage, 
est richement habillée et parée de bijoux offerts par les membres de la 
famille royale. A dr. de l'église, un petit cloître offre une belle vue de mon- 
tagne et conduit à une promenade. Curieux cimetière avec columbarium. 

PORTUGALETE, LE PUENTE VIZCAYA, LAS ARENAS ET PLENCIA 

(^^ 12 k. jusqu'à Portugalete, gare près du pont de l'Arenal, dép. t. 1 
If'Z h.; jfgn? partant de l'Arenal, 45 c. ; on prend ensuite le pont transbor- 
deur entre Portugalete et Las Arenas, 10 c. ; un autre tram, partant de la 
même gare, va directement à las Arenas et à Plencia, 2 p. 30, 1 p. 60; de 
Bilbao à Portugalete par la route, R. 15, 2®). — La voie longe le Nerviôn. 

— Haltes de San Marnés et de (4 k.) Olaveaga. 

6 k. Zorroêa] à g., ch. de fer de Valmaseda (p. 144). Au delà d'un pont 
métallique sur un cours d'eau on revoit le Nerviôn à dr., à une petite dis- 
tance, puis on s'en éloigne pour passer au milieu d'usines et de cités 
ouvrières. — Tunnel. 

9 k. El Desierto, d'où un embranchement se détache à l'O. vers (16 k.) 
San Iulian de Musqués qX doit être prolongé jusqu'à Castro-Urdiales (p. 146). 

— Pont métallique, puis tunnel. — 10 k.^es^ao, ville industrielle; à dr., grande 
usine de la Vizcaya. — A dr., pont transbordeur et embouchure du Nerviôn. 

12 k. Portugalete (hôt. Portugalete, déj. ou dîn., 4 p. 50), 5,200 hab., l'un 
des bains de mer et le faubourg maritime de Bilbao, à l'embouchure du 
Nerviôn, rive g. En sortant de la gare, on se trouve sur le quai, on traverse 
d'abord une petite place où s'élèvent la nouvelle Casa Consistorial et le 
monument de Victor Châvarri. Laissant sur la g. la vieille ville bâtie en 
amphiihéâtre sur la rive dr. du Nerviôn {église Santa Maria^ sur la hauteur) 
on suit le quai, qui prend le nom de MiLelle de Churrûca, laisse à g. le Grand 
Hôtel, à dr. le pont transbordeur ( V. ci-après) et bordé de villas mène à la 
plage (établissements de bains chauds), puisa la grande jetée (phare à l'extré- 
mité). A g., Santurce {fonda Irarac-bat, déj. et dîn., 4 p. 50; J@9I électr. 
pour Bilbao) s'échelonne pittoresquement surles flancs d'une colline conique 
qui porte une tour. 

[A 6 k. O.-N.-O de Portugalete, Somorrostro (fonda Biain, repas 3 p.) 
importantes mines de fer et forges de la Société franco-belge-, port où les 
barques chargent le minerai; vieux château de San Martin, du xiv* s., 
entouré d une muraille de 216 m. de tour, bastionnée et percée d'embrasures 
pour 110 pièces d'artillerie.] 

Revenant sur ses pas, on passe de l'autre côté du Nerviôn par le puante 
Vizcaya ou puente trasbordador (wagonnet- nacelle, prix unique 10 c. ; tra- 
versée en une min. ; ascension des pylônes, 50 c. vue magnifique), ouvrage 



144 — [H. 14] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BILBAO. || 

grandiose conçu par l'ingénieur espagnol Alberto de Palacio et exécuté eu 
1893 par l'ingénieur français Arnodin. Ce pont réunit, sur une longueur de 
160 m., les deux rives du Nerviôn, entre Portugalete et Las Arenas; au- 
dessous du tablier métallique, suspendu à 45 m. au-dessus du niveau des 
plus hautes marées, circule, à la hauteur des quais et mue par le vapeur,? 
une plate-forme de 50 m. carrés. 

Au delà du pont, on se trouve sur le quai de Las Ai*enas, autre statioo 
de bains de mer de Bilbao (hôt. : Peninsular, déj. ou dîn., 4 p., pens. 8 p. 
Zamacona, pens. 8 p.; Antolin, déj. ou dîn. 4 p. 50, pens. 8 p.; restaurant 
Eguia, repas 4 p.). Une digue court le long et au-dessus de la plac/e dé 
sable (au centre casino-cercle où aboutit le tram de Bilbao), bordée de villas, 
et qui se termine à la galerie Balnearia (bains chauds et froids). — De Las 
Arenas on peut revenir à Bilbao, soit par le tram, soit par le chemin do fer. 

Le tram continue au-delà de Las Arenas vers : — 3 k. Algorta (fonda 
Ugarte, pens. 7 p.), village de plaisance et de bains de mer, sur la falaise, 
en face de Santurce ( V. ci-dessus). — 5 k. Guecho. — 6 k. Berango. — 8 k. 
Sopelana. — 10 k. Urduliz; au delà, petit tunnel au sortir duquel on jouit 
d'une belle vue. — 15 k. Plencia (hôt. : Comercio-, Estacion), petite ville do 
pêcheurs fondée par Lopez de Haro, et située sur une colline, est reliée à 
la rner par une route ombragée ; plage avec casino. Aux environs (voit, à 
la gare) château de Butron, du xiii« s. et bien restauré. 

DE BILBAO A LEZAMA (^ 12 k. en 35 à 45 min., 1 p. 10, p. 65). — 
5 k. Goiri-Sondica (jonction à Sondica avec la ligne de Munguia). — 8 k. 
Derio. — 12 k. Lezama. 

DE BILBAO A MUNGUI A (^ 22 k. N.-E., en 1 h. 15 env., 1 p. 95, 1 p. 75, 
1 p. 05). — Cette ligne se détache à (6 k.) Luchana de celle de las Arenas. 
— 10 k. Sondica. — 22 k. Munguia. 

DE BILBAO A VALM.ASEDA ET A LA ROBLA (^ 316 k. en 11 h. 40; 
35 p. 65, 26 p. 45, 13 ;^.)- — 24 k. de Bilbao à Aranguren (X de la ligne de 
Bilbao à Santander, R. 15). — Là ligne remonte la vallée du Cadagua. 

33 k. Valmaseda (hôt. Lambarri, 6 p. par j.)- petite ville de 2,300 hab., 
sur le Cadagua (3 vieux ponts), dans une vallée des Pyrénées Cantabres 
{église du xii« s. ; forges importantes). — 59 k. Cadagua. 

80 k. Espinosa de los Monteros, à "754 m. d'alt., petite ville importante 
de 2,500 hab., bien située sur le Trueba, au pied de la punta de la S'ia; c'est 
là que, le 11 nov. 1808, le général Blake fut battu par le général Victor. — 
93 k. Sotoscueva, 2,700 hab. — 100 k. Pedroso. — On franchit lo Néla, puis 
la Virga dont on remonte la rive g. — 130 k. Las Bosas, au confluent de la 
Virga et de l'Ebre, qu'on franchit pour en descendre la rive dr. — On rejoint 
la ligne de Palencia à Santander. 

154 k. MatcLporquera (p. 171). — On croise la ligne de Quintanilla à 
Branosera. — Pont sur le Pisuerga. -- 187 k. Vado-Cervera; à 4 k. Cervera, 
1,900 hab., à 1,012 m. dans une haute vallée des montagnes cantabriques, 
sur la rive dr. du Pisuerga. — On traverse de nombreux petits cours d'eau 
qui descendent de la sierra del Brezo. — 221 k. Guardô, sur le Carriôn. — 
La ligne, tracée au flanc de la Punta Corada (1,831 m.) fait d'innombrables 
contours (belles vues de montagnes) avant d'atteindre (262 k.) Cistierna. — 
288 k. Boflar, sur le Porma. — 295 k. La Vecilla, 910 hab., sur le Curueno. . 

316 k. La Robla, X de la ligne d'Oviedo à Leôn et à Palencia (p. 200). ' 



De Bilbao a Santander, R. 15; — a Orduna et Miranda de Ebro, R. 17; , 
— A Saragosse, r. 17. 

Distances par la route, de Bilbao à : Saint-Sébastien, 118 k. ; — Viioriay 
66 k. ; — Pampelune, 161 k. ; — Burgos^ 179 k.; — Santander, 113 k. 



IItRETO. — SANTONA. || [R. 15] — ^^^ 



Route 15. — DE BILBAO A SANTANDER 

1*^ Par chemin de fer, 

^ à voie étroite, 119 k. ; gare à côté de celle du Nord; en3 h. 40 à 4 h. — 
12 p. 15,8 p. 60, 6 p. 65. — .Trajet pittoresque, l'un des plus beaux de 
toute l'Espagne. 

Laissant à dr. la ligne de Portugalete, la voie franchit le Gada- 
gua. — Montée dans une vallée étroite et boisée. — 13 k. Zaramillo, 
dans une région des plus pittoresques. — Au delà de (18 k.) Sodupe 
la voie franchit le Gadagua. 

24 k. Aranguren (grande fabrique de papier). 

D'Aranguren a Mataporquera et- a la Rorla, p. 144. 

Pont sur le Gadagua et montée. — 8 tunnels; viaducs. 

32 k. Traslaviha, à 245 m. d'alt., relié par un embr. de 23 k. à 
Gastro-Urdiàles (p. 146). 

Tranchées, viaducs ; la voie atteint son point culminant à 269 m. 
dans la sierra de Saldoja. — 40 k. Villaverde de Trucios, à 250 m., sur 
le Munaco, dans une vallée dominée au S. par les montagnes du 
pays des Encartaciones. — Viaducs, tranchées; tunnel de la Escrita 
(1,429 m.); ponts sur le Lames et descente dans la vallée du Gar- 
ranza. — 51 k. €arranza, à 138 m. — Ponts sur le Garranza; petit 
tunnel; pays boisé et très accidenté; viaducs et tranchées dans une 
vallée étroite que domine la Peha de Uval. — 60 k. Gibaja. — Ponts 
sur TAsôn; petit tunnel. -*- 64 k. Udalla. — Pont sur l'Asôn. — 69 k. 
Marron. — Pont sur le rio de Garrasa. ^ 

77 k. Treto, près des marais salants, ou Marismas, que la voie 
traverse et qui touchent vers le N. à la baie de Santona. 

[Santona (5 k. N. de Treto; J^ en 20 min.), petite ville de 5,444 hab., au 
bord d'une presqu'île dominée par la colline du même nom (403 m.), dans 
une baie défendue par des fortifications. D'origine très ancienne, Santona a 
été toujours regardée, grâce à sa position exceptionnelle, comme le plus 
formidable boulevard du nord de la péninsule. Aussi, lorsque Napoléon 
donna à son frère Joseph le trône d'Espagne s'était-il assuré la possession 
de Santona. On y remarque Véglise (style ogival du xiii® s. avec réminis- 
cences byzantines du xii*), le couvent de San Sébastian de Ano et un établis- 
sement pénitentiaire moderne del Dueso.] 

La voie recommence à monter. — Tunnel. — 88 k. Beranga, à 57 m. 
— Viaduc sur le Solorzano et tunnel de Jésus del Monte (596 m.), à 
102 m. d'alt. — Descente. — 96 k. Hoz de Anero, à 43 m. — Pont sur 
'e San Tomàs. — 99 k. Villaverde de Pontones. — Pont sur le Niera. 

102 k. Orejo, où s'embranche la ligne de Solares et Lierganes 
,p. 150). — Pont sur la ria Tijero. — 105 k. Heras, à Textrémité S. 
de la baie de Santander. — Pont sur le San Salvador. 

110 k. Astillero (hôt. la Gran Via), 3,585 hab. (anciens chantiers 
de constructions; villas); embr. de la ligne d'Ontaneda, (p. 151). 

119 k. Santander (p. 147). 

KSFAONX. • 10 



446 — [R. 15] Il DE BILBAO A SANTANDER. || 



2° Par la route. \ 

I 

^ 113 k. ; magnifique route, bien entretenue mais très accidentée avec de^ 
superbes vues de mer et de montagne. Nous indiquons la mute pœr% 
Portuyalete qui n'allonge Vitinéraire que de 8 k. | 

On sort de Bilbao par la plaza Gircular et la calle Hurtado de ; 
Amezaga, à l'extrémité de laquelle on prend à dr. la calle 
Autonoinia. — 2 k. 4. Basurto. A dr. bâtiment de VHôpital civil. 

— La route, suivie par le tram, s'élève en dominant la vallée du 
Nerviôn. — Pont et octroi de Bilbao. — 7 k. 8. Luchana. Le iNerviôn , 
s'agrandit et on traverse plusieurs centres miniers (nombreuses ^ 
usines). — Passages à niveau. — On aperçoit bientôt l'embouchure! 
du Nerviôn, le puente Viscaya (p. 143) et sur la rive dr. Las Arenas. 

— 11 k. Sestao. 

12 k. Portagalete (p. 143). — Forte montée en longeant la 
vieille ville à dr.; en haut de la côte on tourne à g. laissant 
s'éloigner à dr. la route de Santurce (p. 143) et le tram. — La 
route monte encore et offre une très belle vue à dr. sur l'embou- 
chure du Nerviôn qu'encadrent de jolies plages. — Route acci- 
dentée. — Nocedal, où l'on rejoint la route directe venant de Bilbao. 

— Montée puis on laisse sur la dr. la route de Gerviana. — La 
route traverse plusieurs villages, puis on entre dans la province de 
Santander. — Admirable route en corniche au-dessus de la mer, 
mais très accidentée et avec virages dangereux. 

36 k. Castro-Urdiaies (hôtels et cafés; ^ 23 k. pour Traslavinaf 
p. 145), petite ville de 5,000 hab., station balnéaire agréable et port 
dans une baie bien abritée fréquenté par des navires venant 
charger du minerai. Belle église Santa Maria à l'extrémité d'une 
presqu île rocheuse dominant la iner. — On traverse le bourg bal- 
néaire par une longue avepue ombragée, puis on tourne à g. avant 
d'entrer dans la vieille ville. — La route, toujours très accidentée 
(montées et descentes continuelles, virages très dangereux, faire 
attention) suit longtemps la mer. A g. se dresse le pic de Cercada, 

On contourne l'estuaire de l'Agnera dans un paysage grandiose 
que domine de l'autre côté de la baie les rochers grisâtres et 
imposants de la pointe de Sonabia, Une fois le pont de l'Agnera: 
franchi, la route remonte et se déroule dans une vallée sauvage. 

— Vitlanueva. — Montée; à g., belle vue sur un cirque vert entouré 
de toutes parts de hautes roches grisâtres. — On aperçoit bientôt 
le vaste golfe de Santona et l'on descend (lacets dangereux) sur 
Laredo. 

60 k. Laredo (hôtel) 4,113 hab., fut au xvii° s. un port très impor- 
tant : église gothique avec deux lutrins de bronze couronnés d'aigles 
qui furent donnés, dit-on, par Charles-Quint; ayu/iiamienio, couvents- 
et maisons intéressants. — On traverse le village et on tourne à g. 
^ La route contourne la vaste et belle baie de Santona et rejoint 
la ligne de Bilbao à Santander à Carasa où l'on tourne à dr. pour 
traverser le fond de la baie. — Treto (p. 145). — A Barcena on 



Il SAiNTANDER. |^ 



[R. 15] — 147 



laisse à dr. la route de Santona (p. 145). On abandonne la voie 
du chemin de fer pour prendre sur la g. la route de Snlarès. 

93 k. i^olarès (^ à voie étroile se rattachant à [2 k.] orc u^ 
à la ligne de Biibao à Santander). — La route rejoint bie. lt>i e 
chemin de fer et on aperçoit la baie de Santander que l'on va con- 
tourner. — On traverse San Salvadory Astiliero, Herrera (où il faut 
prendre à dr.) et l'on arrive à Santander par la gare. 

113 k. Santander. 



SANTANDER, ville de 70,000 hab., ch.-l. de la province du 
même nom et siège d'un évéché, est située sur la rive N.-O. d'une 
baie magnifique et sûre. Bâtie en partie au bord de la baie et en 
partie sur Une colline, elle se divise en deux quartiers bien dis- 
tincts : à rO. la vieille ville aux rues étroites et au pittoresque 
cachet espagnol, à l'E. le quartier neuf aux larges boulevards 
modernes. Son magnifique port est accessible aux navires de tout 
tonnage. Le climat de Santander est très égal et la ville a fait 
depuis quelques années de très grands progrès au point de vue 
hygiénique. C'est une résidence très agréable et très gaie, surtout 
vers le mois d'août à l'époque des grandes fêtes. La proximité 
de la jolie plage de Sardinero desservie par plusieurs lignes de 
tramways permet de se rendre en quelques minutes au bord de 
l'Océan. 

Hôtels : — Grand- Hôtel Gomes, 
paseo de Pereda, 11 et 12 (déj. 4 p., 
dîn. 5 p.; ch. 11 à 15 p. ; confort mo- 
derue); — Europa, calle de Mendez 
Nuùez, façade sur le boulevard (de 10 
à 20 p. par i.); — Continental, calle 
de Mendez iNùSez; — Labadie, calle 
de Ribera, 13, plaza Velarde (déj. 
3 p. 50, dîn. 4 p. ; ch. 3 à 10 p. ; pens. 
dep. 8 p.). 

Cafés principaux : — sur le paseo 
de Pereda et aux abords du théâtre, 
alameda de Alfonso XIII; — Canta- 
bro, en face de l'Ayuntamiento dans 
la vieille ville. 

Poste : — plaza de Remedios. 

Télégraphe : — calle Arcillero, 1. 

Téléphone : — plaza Vieja. 

Voitures de place : — De la gare : 
à un point quelconque de la ville 
pour 1 ou 2 pers. 2 p., au-dessus de 
2 pers. 3 p. ; pour Miranda, la Mag- 
dalona et Sardinero, 3 p. — Pour la 



La course : dans le centre de la ville, 
pour 1 ou 2 pers. 1 p. 50, pour 4 pers. 
2 p. \pour le paseo del Alta, 1 ou 2 pers. 
2 p. ; 4 pers. 4 p. — L'heure : 1 ou 
2 pers. 4 p., au-dessus de 2 pers. 5 p. ; 
chaque demi-heure en plus 2 p. 50. 

Trams électriques : — Trams 
BLANCS : de Santander à : — Astil- 
iero, toutes les 1/2 h. (10 c. par sect.) : 
— Penacastillo, toutes les 1/2 h. (10 c. 
par sect.). — à Sardinero, toutes les 
5 min. (20 c.) par San Martin (10 c), 
laMagdalena(15c.). — Trams jaunes: 
faisant tous le service de Sardinero 
par différents itinéraires du quartier 
neuf et de la ville haute (10 c, 15 c. 
et 20 c). 

Garages : — Sancho , plaza de 
Canadio; — Galdona, calle Magal- 
lanz; — Corcho, calle Madrid. 

Théâtres : — Grand Théâtre, calle 
Arcillero, 27 ; — Salon Pradera, ala- 
meda de Alfonso XIII. 



PLAZA DE ToROS : par pers. 1 p. 

Histoire. — On croit que Santander occupe l'emplacement de l'ancien 
Porlus Blendium des Romains. C'est de Santander que partit, en 1248, la 
flotte de Ferdinand III de Castille, destinée au blocus de Séville (ce fait (-st 
rappelé dans les armoiHes de la ville), et c'est à Santander que débarqua, 
en juin 1522, Gharles-Quint venant prendre possession de l'Espagne. En 
novembre 1808 lei troupes de Soult saccagèrent la ville. 



il SANTANDER. || • [R. 15] — 149 

ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare on débouche sur le quai ou 
miielie de Muliaho et on trouve à g. un petit jardin où Ton voit un 
monument commémoratif élevé près de l'endroit où, le 3 nov. 1893, 
le bateau à vapeur 7t/ac/iic/iaco, chargé de dynamite et de rails, sauta 
avec son chargement et causa la mort de 300 personnes. Ce jardin 
borde au N. la calle de Calderon de la Barca qui amène à l'enlrée 
de Talameda de Alfonso XUl conduisant à g. à la plaza Velarde. 

Le centre de l'animation de Santander est la plaza Velarde 
(monument de Velarde, un des deux « héros du 2 mai » né à Santiago) 
où viennent aboutir d'une part la large et belle alameda 
Alfonso XIII où se trouve le théâtre Salon Pradera, et le '♦"paseo 
de la Pereda, long boulevard, un des plus beaux de l'Espagne, 
bordé d'un côté par de grands immeubles modernes (hôtels, cafés, 
magasins divers) et de l'autre par une vaste promenade ombragée 
(parterres de fleurs, kiosque de musiqut;, bancs) tracée sur les 
quais du port, où s'élève le monument du littérateur Pereda la Mon- 
tana et d'où la vue est admirable sur le port, la baie et les montagnes. 

Au fond de la plaza Velarde, à g. se trouve la cathédrale, du 
xui* s. On voit d'abord sur la g. l'entrée de la vaste crypte (en 
partie romane), puis passant sous plusieurs voûtes on croise le début 
de la calle de Ruamayor pour entrer dans un cloître clos de vitres 
(médaillon en souvenir de Vévéque Vicente Santiago Sanchez de Castro, 
prélat de Santander de 1884 à 19093. L'entrée de la cathédrale se 
trouve de suite à g. 

L'intérieur est sombre. On y remarque de curieux et lourds retables dorés, 
des tableaux (copies) anciens. Dans lo chœur fermé d'une grille, belles 
stalles, vieux missels et curieux livres de lutrin. 

Sortant de la cathédrale on laisse à g. la calle Ruamayor (école des 
Industries, manufacture de tabac) pour suivre en face la calle del 
Pudnie jusqu'au pont franchissant la calle de la Ribera où Ton des- 
cendra et que l'on prendra sur la g. Au delà du curieux marché au 
poisson, la calle Atarazanas aboutit à \ a plaza Pi y Margall sur laquelle 
s'élève à dr. le bel édifice moderne de VAyantamiento (hôtel de ville) 
où se trouvent la bibliothèque et le musée (objets préhistoriques, parti- 
culièrement des importantes cavernes de Altamira et de Viesgo; 
collection de monnaies; souvenirs de Daoiz et de Velarde; peintures 
de Goya, Vicente Lopez, Madrazo, Casimir o Sainz, etc.). 

[Au delà de la place Pi y Margall la calle de Amos de Escalante ou la calle 
de Becedo conduisent à la petite place ombragée de ïalameda Jésus de Monas- 
terio d'où par la calle de Burgos on pourrait gagner le vaste paseo de V Ala- 
meda.] 

Près de TAyunlamiento se trouve la vieille église San Francisco 
(derrière Téglise, marché) près de laquelle s'ouvre la pittoresque 
calle de San Francisco, sans trottoir, artère vivante et com- 
merçante qui aboutit à la plaza de la ConstUaciôn (à dr. calle del 
Puente et cathédrale) sur laquelle s'élève Véglise de la Compania à 
l'entrée de la calle Eugenio Gutierez et de la calle de Santa Clara (diU 
n° 1, plaque sur la maison natale de Bustamente, illustre marin, né 
le 3 sept. 1758). 



150 — [R. 15] Il DE BILBAO A SANTANDER. |f ' 

Suivant la calle Eugenio Gutierez on laisse à g. la plaza de 
Escuelas {chambre de commerce), puis on prend à dr. une courte ruelle 
qui descend à la plaza de la Aduana au fond de laquelle, au delà de 
la piazueia del Principe, la calle Fernan Coriès passe devant la monu- 
mentale Banque Mercantile et le palacio de la Diputaciôn pour aboutir 
au beau paseo de la Libertad (belle promenade plantée d'arbres, 
kiosque à musique). — A g. derrière une maison à arcades, église . 
Santa Lucia. ' 

De ià il suffit de prendre une des rues qui s'ouvrent sur la dr, 
pour arriver au paseo de Pereda {V. ci-dessus) qui à dr. ramènerait 
à la plaza Velarde et à g. conduit au port (près de la station des 
tramways, petit musée de Biologie maritime, collection intéressante 
de poissons et de coquillages). 

[On pourra faire une belle promenade jusqu'à l'A Zamcrfa alta, belle avenue 
au sommet de la colline qui domine tout Santander et d'où la vue est admi- 
rable. On y monte directement de la plaza Velarde par la calle de Ribera, 
d'où l'on monte à la calle del Puente^ que l'on suit à dr. et toujours tout 
droit la calle de Santa Clara^ la calle de Atalaya à l'extrémité de laquelle 
on tourne à g. De l' Alaipeda alta on peut gagner facilement le Sardinero | 
par Miranda {très joUe promenade).] s 

DE SANTANDER A SA R Dl NERO (|^^ jaunes et blancs, 20 c. : les trams ; 
blancs qui suivent la côte ont un plus joli trajet, les trams jaunes desservent 
Mirandaetles belles avenues qui s'étendent sur la colline de Santander). — ' 
Le tram blanc que l'on peut prendre calle de Colesia, première rue parallèle ; 
au paseo de Pereda, longe le port et prend la belle avenida de la Reina 
Victoria, dessert San Martin, la Magdalena et oifre de superbes vues sur la ; 
baie, le château-royal et l'îlot Mauro, passe près de la chapelle San Roque ] 
et aboutit à la plage. "^ 

Sardinero (hôt. : sur la première plage : Gi^an Hôtel', Castilla; Hijos 
4e Hoyola; Suisa; Paris; sur la seconde plage : Conception) est la plage ■ 
fréquentée de Santander, elle doit sa vogue à son climat très égal : la tem- 
pérature descend rarement plus bas que -h 5° et ne s'y élève ordinairement 
pas à plus de 20 à 25°. 

La plage, de sable fin, est dominée par une large terrasse, abritant une.^ 
promenade couverte (bibliothèque, café, magasins de souvenirs) et les éta- ' 
blissements de bains. Derrière la terrasse, là où aboutissent les trams, se ' 
trouve un petit square {buste de G. de Linarès, naturaliste) sur lequel, 
donnent les principaux hôtels et le Casino (concerts en été). ; 

A rO. de la plage, sur un rocher la séparant de la seconde plage, a étéj 
aménagé un petit parc ombragé de tamaris et d'où l^ vue est superbe sup^ 
les deux plages, la chapelle San Roque, la presqu'île de Magdalena, l'îlot ; 
Mauro, l'entrée de la rade et le côté È. 

[A TE. de la presqu'île de Magdalena, rocher isolé de la Pena HoradadaJ 
formant une arche gigantesque.] 

DE SANTANDER A LIERGANES (^ à voie étroite, 28 k., en 50 min.; 
2 p 30, 1 p. 90, 1 p. 45). — Jusqu'à Orejo (17 k.), le train suit la ligne d& 
Bilbao i V. ci-dessus). 

19 k. Solarès (hôt. : Grand-Hôtel-, del Balneario, tous deux de 1" ordre, 
avec annexes, pens. de 10 p. à 15 p.; de Madrid) est une jolie petite lo' a- 
lité très bien située avec de beaux parcs, fréquentée surtout pour ses eaux 
miaérales chlorurées; à 2 k. bains connus de Hoznayo. 

21 k. Cecenas. — 25 k. Za Cavada. — 28 k. Lierganes. 

DE SANTANDER AONTANEDA (^44 k; en 2 h. env. ; 4 p. 25, 3 p. 50, : 
2 p. 30). —9k Astillero (p. 146) où l'on quitte la ligne de Bilbac — 35 k. 



Il SARDINBRG. — ONTANEDA. — SOLARES. || [R. 15] — 151 

Puente-Viesco, 1,600 hab., sur la rive dr. du Pas, à 60 m. d'alt. (établisse- 
vient thermal] eau chlorurée sodique, à 35"). — On remonte la jolie vallée 
de Toranzo, par (35 k.) El Sota, (38 k.) Santiurde, (42 k.) San Vicente. 

44 k. Ontaneda, station thermale, à 160 m. dalt. (hôtels et villas) qui 
se complète par la station voisine d'Alceda (établissements très bien ins- 
tallés; eau sulfatée calcique, à 25°). 

DE SANTANDER A OVIEDO (^ économique, 216 k., en 7 à 8 h. env., 
22 p. 90, 17 p. 30, 12 p. 75; ligne très pittoresque; — ^ 212 k. ; bonne route 
ondulée, suivant la ligne du ch. de fer, très pittoresque surtout entre Tor- 
relavega et Cabezôn, et entre Ribadesella et Arriondas). — Après quelques 
stations sans importance on atteint (27 k.) Torrelavega^ d'où se détache à dr. 
la ligne de Venta de Banos (p. 172). 

[Comillas (^ 20 k. ; ^, 2 fois par j.). — On passe tantôt par Navales, 
tantôt par Santillana (maisons pittoresques; église de la Collegiata, romane, 
avec le tombeau de Ste Julienne; cloître avec curieuses sculptures aux cha- 
piteaux; Lesage a popularisé le nom de Santillane dans son Gil Blas). — 
20 k. Comillas (fonda de la Nicoiesa) est situé au bord de la mer canta- 
brique, (palais ancien de Sanchez de Cueto; palais moderne du marquis 
Lopez de Comillas; jolies promenades).] 

La voie remonte, vers l'O., la vallée du Saja qu'elle franchit efn aval du 
confluent du Saja et du Besaya. 

30 k. Puentp San Miguel d'où l'on peut faire une excursion fclefs chez 
l'alcade; guide 2 p.) aux grottes à^Altamira (curieux dessins préhistori- 
ques). — 46 k. Cabezôn de la Sal (source saline). — La voie atteint la côte 
cantabrique; belle vue sur la presqu'île de San Vicente, surmontée d'une 
vieille église; au fond veis le S., les Picos de Europa. — On suit la vallée 
de l'Escudo. 

68 k. San Vicente de la Barquera, port des plus pittoresques. La petite 
ville sétage sur les flancs d'une hauteur couronnée par les ruines d'une 
ancienne forteresse. — Bains de mer fréquentés. 

[Los Picos de Europa. — De San Vicente, on peut, par la vallée du Deva 
6t Potès dans la vallée de la Liebana, faire des excursions et des ascensions 
dans ce massif, jusqu'à présent à peu' près inexploré et dont les plus 
hauts sommets sont la Perla Vieja (2,665 m.), le Cerredo (2,642 m.) et la 
Peîîa Santa (2,586 m,).] 

81 k. Colombres. — 91 k. Vidiago. — 101 k. Lianes (g) (hôt. del Universo) 
19,000 hab., petit port très pittoresque {église ij^othique du xV' s.). — 131 k. 
Ribadesella, sur une vaste baie, enserrée dans une ceinture de montagnes 
(grotte remarquable : belles stalactites). — La voie s'éloigne de la mer 
pour remonter le cours du Sella vers le S. 

148 k. Arriondas, d'où part le tram à vapeur de Cangas de Onis et Cova- 
donga(p. 206). 

170 k Infiesto, dans la vallée du Pilona. — La voie, se dirigeant vers l'O., 
parcourt une vallée aux aspects ^riants et variés; au S. la Pena iMayor 
(1,350 m.). — 198 k. Pola de Sierro, 245 m. d'alt. — 203 k. Noreria, où l'on 
croise le ch. de fer de Laviana à Gijôn. — 216 k. Oviedo (R. 20). 

De Santander a Palencia et a Venta de Baîïos, p. 171, en sens inverse. 

Distftnces par la route, de Santander à : Saint-Sébastien, 231 k. ; — VitO" 
ria, 169 k. ; — Burgos, 155 k. ; - Palencia, 177 k. ; — Oviedo, 185 k. 



152 — [K. 16] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BURGOS. || 

Route 16. — DE SAINT-SÉBASTIEN A BURGOS 

PAR ZUMARRAGA, ALSASUA ET MIRANDA DE EBRO 

ç^ du Nord, 251 k. ; en 6 h. par le Sud-Express ou par le rapide, en 7 h. 
par l'express ordinaire (l"^® et 3®cl.) et en 9 h. par le train-correo (l»e, 2*, 
3e cl.)- — 31 p. 35, 23 p. 65, 14 p. 10; suppl. pour le Sud-Express, 15 p. 75. 

Auto-cyclisme : — ^ 229 k. ; très bonne route, un peu encombrer© jusqu'à 
Tolosa, fort agréable ensuite ; le défilé de Pancorbo est magnifique. — On 
sort de Saint-Sébastien par l'avenida de la Libertad, et les calles S. Mar- 
cial et Matia. — 9 k. Lasarte. — 16 k. Andoain. — 27 k. Tolosa (sortir par 
la calle de S. Francisco). — 32 k. Alegria. — 44 k. Beasain; montée 10 0/0. 

— 50 k. Idiazabab ; montée puis descente de 5 à 7 0/0 (au k. 62, péage 
5 p.). — 70 k. 7. Alsasua (à la sortie, péage 5 p.). — 74 k. Olazayutia; au 
k. 79, entrée de la province de Guipuzcoa (péage 5 p.). — 85 k. 7. Eguilaz 
(péage de la province d'Alava, 5 p.). — 91 k. Salvatierra. — 108 k. Matauco» 

— 116 k, Vitoria (droit de passage 2 p.; sortir par la calle de Castilla). — 
133 k. La Puebla de Arganzôn. — 140 k. Arminon (péage 5 p.). — 150 k. 
Miranda de Ebro (sortir par la calle de Madrid). — Après (159 k.) Ame- 
gugo, on entre dans le sinueux défilé de Pancorbo. — 173 k. Cubo, — 
188 k. Briviesca; route désormais plane jusqu'à (229 k.) Burgos (droit 2 p.). 

La voie franchit l'Urumea. — Tunnel de 300 m. — A g. Asti^ 
garraga. — A dr. jolie vue surHernani. 

7 k. Hernani (p. 129). 

Tunnel de 1,000 m. — 14 k. Andoain^ petite ville {église de la 
Renaissance), à dr., au delà de la station, sur une colline que la 
voie traverse en tunnel. — Pont sur le Leizaran. — La voie s'élève 
en remontant le cours de l'Oria jalonné de papeteries. — 18 k. Villa- 
bona-Cizurquil, 

26 k. Tolosa (p. 130). 

[Saint-Ignace de Loyola (^ 26 k.). — La route se détache à dr. de la 
route de Saint-Sébastien à Madrid, et bientôt monte rapidement par de 
nombreux petits lacets, à travers une contrée verdoyante. — 7 k. 5. Vidania. 

— 10 k. Col de Begil. — Descente en lacets sur (14 k.) Régit, curieux village 
dominant une jolie vallée qu'on va suivre : au loin, le mont Itzarraitz, à dr.' 
le mont Hernie. — 24 k. Azpeïtia (p. 132). — 26 k. Sanctuaire de Saint-Ignace 
de Loyola (p. 133).] 

Ici commence la série des travaux d'art nécessités par le passage 
de la chaîne cantabrique. — La voie (se placer à g.) s'élève dans une 
vallée étroite et boisée; entre Tolosa et Beasain elle franchit 15 fois 
rOria et traverse 4 petits tunnels. — 34 k. Legorreta; à dr., 
montagne conique d'Alalar. — 38 k. Villafranca. — La vallée s'élargit. 

42 k. Beasain (usine de construction de matériel de ch. de fer). 

— Les rampes deviennent plus fortes; d'ici à Zumarraga on compte 
9 petits tunnels. — La voie fait un grand détour au N.-O. — Viaduc 
de 300 m., haut de 36, au-dessus de la riche vallée et du pittoresque 
village d'Ormaïztegui^ patrie du célèbre chef carliste Zumalacarregui, 
tué en 1833 devant Bilbao. — - Suite de tunnels, dont le dernier est 
percé sous le col du Fizaga, qui sépare la vallée de l'Arerin di 



IIZUMARHAQA. — ALSASUA. || [R. 16] — 153 

celle de l'Urola et débouche en face des deux petites villes de 
Zumârraga et Villareal, que sépare l'Urola. 

56 k. Zumârraga X (hôt. Attuna, pens. 8 à 10 p.), station à 
338 m. d'alt. — A dr., Zumârraga, 2,034 h.ib., patrie de Lopez de 
Legazpi, conquérant des Philippines en 1569; sa statue est Fœuvre de 
Marinas. — A g., Villaredl (statue du poète de J.-M. Iparraguirri, 
par Font), dominée par le mont Irimeo qui porte le château d'Ipenar- 
rieta, construit en 1605. 

[Onate (^ 8 k.; service public aux trains du matin) : collège et église 
fondés en 1542 par D. Rodrigo de Moncada, œuvre importai|te de l'archi- 
tecte et sculpteur français Pierre Picart. 

Azpeîtia et Saint-Ignaee de Loyola (^ 16 k. ; service public 1. 1. j., 2 p. ; 
on trouve aussi à la stat. de Zumârraga des voit, particulières pour le 
Sanctuaire, 20 p. aller et ret.). — La route se dirige au N., passe par 
Villareal et descend la vallée de l'Urola. — 12 k. AzcuïLia, petite ville dans 
un joli site, au pied du mont Itzaritz, sur la rive g. de l'Urola. — 14 k. En 
deçà, d'un pont la route bifurque; on laisse à g. celle d'Aspeïtia (p. 132) 
que l'on aperçoit devant soi, pour prendre à dr. celle du Sanctuaire. Sur la 
route, en face du pont, se trouve Vhôiel Amenabar. — 16 k. Sanctuaire de 
Loyola (p. 133).] 

DE ZUMARRAGA A BILBAO, PAR MALZAGA (é^ 81 k., en 4 h.; 
9 p. 45, 7 p. 10, 4 p. 25). — La voie s'élève sur les flancs du mont Irimoo 
(belles vues), traverse un tunnel près de Puerto de Bescarga et 5 au' '/"S 
tunnels. — 10 k. Anzuola. — 3 tunnels. — 16 k. Vergara (hôt. IdareHa), 
petite ville de 3,000 hab., dans un site accidenté (dans ï église San Pedro, 
célèbre et magnifique statue du Christ agonisant, chef-d'œuvre de /. Mar- 
tinez Montanès; au collège, statue de St Ignace, par Gregorio Hernandez). 

— La voie parcourt la vallée du Deva. — 23 k. Placencia (fonderie de 
canons). — Tunnel et pont sur le Deva. — 28 k. Malzaga et de Malzaga à 
(81 k.) Bilbao, R. 14. 

La voie décrit une courbe, ayant à dr. la riche vallée de Legaipia, 
au fond de laquelle coule TUrola. — 65 k, Brincola. — Sur 11 k., 
entre Brincola et la montagne d'Otzaurte, on compte 14 tunnels, 
ayant ensemble une longueur de 7,351 m. Le plus considérable 
est le 2®, celui d'Oazarza (2,953 m.). — Entre les tunnels, la vue 
domine à g. la jolie vallée très profonde et la petite ville de 
Cegama : sous le chœur de l'église repose Zumalacarregui (p. 152). 

— Viaduc et petit tunnel. 

76 k. Cegama-Otzaurte (à g., beaux rochers), à l'entrée du tunnel 
d'Otzaurte (1,158 m.), au milieu duquel la voie atteint son point 
culminant, 614 m. 20; au débouché on découvre, à dr., la mon^ 
tagne d'Aitzgorri. — La voie descend et décrit des courbes entre 
des hauteurs boisées dont quelques-unes sont surmontées de grands 
rochers. Après avoir contourné à dr. la base pittoresque des 
monts d^Alzanidy la voie débouche en Navarre, dans la vallée du 
Borunda. 

86 k. Alsasua ?§), X petite ville à 533 m., sur la rive g. de l'Ara- 
quil (ancien sanctuaire del Santo Cristo, très vénéré). 

D'Alsasua a Saragosse, par Pampelune et Castej(Sn, r. 9. 

Laissant à g. la ligne de Pampelune, la voie se dirige à l'O. 
Jusqu'à Vitoria. — Elle remonte d'abord la vallée du Borunda, — 



154 — [R. 16] Il DE SAÏNT-SÉBASTIEN A BURGOS. || 

88 k. Olazagutia, dominé à g. et à dr. par des montagnes aux flancs 
rocheux. — 98 k. Araya, à dr. — La voie franchit le Borunda et 
passe dans la vallée du Zadorra, affluent de l'Ebre. 

105 k. Salvatierra, sur une colline à dr., avec deux églises et des 
restes de murailles. — - Tunnel de 520 m. dans un contrefort de la 
sierra de Arlaban. 

117 k. Ategria, à g. — A dr., sur un contrefort d§ la sierra, 
ruines du château de Guevara, construit au xv® s. sur le modèle du 
château Saint-Ange à Rome. — La voie traverse la plaine fertile de 
VAiava. — A dr., ville de Vitoria; à g., vaste monastère de las Satesas, 
bâti en 1880 (chapelle à flèche élancée). 

131, k. Vitoria (hôt. : de Pallares, calle de Postas, 40; Quin- 
tanilla, calle de la Estaciôn, 27), ville de 32,225 hab., ch.-l. de la pro- 
vince d^Alava, à 528 m., sur une petite hauteur qui domine la 
plaine. La ville, qui date de la fin du xii* s., s'est beaucoup moder- 
nisée de nos jours; une de ses particularités ce sont les nombreux 
« miradores » ou balcons vitrés que l'on aperçoit aux façades des 
maisons. 

Itinéraire. — De la gare, la calle de la Estaciôn conduit à la 
ville moderne, à la plaza Naeva, carré de 60 m. de côté, formé 
d'édifices d'égale hauteur, avec arcades au rez-de-chaussée. La 
Casa Consistorial s'élève au centre, du côté N. (bel escalier double 
et beau balcon de pierre). 

On y conserve le machete vitoriano (glaive victorien) sur lequel le, syndic 
procureur général prêtait serment de bien remplir sa charge, sous peine 
d'avoir la tête tranchée. 

Ici commence la vieille ville, formée par huit rues concentriques, 
bordées d'anciennes maisons armoriées qui s'élèvent autour de la 
ville haute (villa suso), encore entourée de murailles et où se trouve 
la cathédrale de Santa Maria, monument gothiciue du xiV s. (très 
beau porche) avec une tour moderne (dans la sacristie, tableau de 
la Piedad, attribué à van Dyck ou à Murillo). 

A côté et à rO. de la plaza Nueva est la plaza de la Constituciôn, . 
d'où un escalier monte à Véglise San Miguel (xii® s.), enclavée dans 
les murailles de la haute ville (à Tint., maître-autel, œuvre de Juan 
Yelazquez et de Gregorio Hernandez). 

De la place de la Constitution la calle de la Constitucion conduit à 
la plaza de la Provincia, avec la statue en bronze (1895) de Mateo^ 
Benino Moraza, le défenseur des privilèges des Basques, et le paacio. 
de la Diputaciôn (dans la salle du conseil, peintures de Rihera : 
Christ en croix, St Pierre et St Paul). 

La promenade de la Florida (beaux ombrages, statues, fontaine) 
est située hors la ville, vers le chemin de fer. Une avenue avec ua 
pont sous la voie la relie au Prado, autre promenade publique. 

Salinas de Léniz (^ 19 k. N. en 50 min.), dans la yallôe d^ Deva^ 
vii âge entouré de hautes montagnes, possède une source, considérée 
coûiuie la plus riche d'Espagne, dont on extrait le sel par évaporation.} 

Au delà de Vitoria,, la voie parcourt une belle plaque où, \e 



;i VITORIA. — PANGORBO. || ^ [R. 16] — 155 

21 juin 1813, Wellington infligea une sanglante défaite aux Fran- 
gais. — Pont sur le Zadorra dans un site pittoresque. 

144 k. Nanclarcs de la Oca, village à 489 m. (sources alcalines, 
bicarbonatées, sodico-calciques, azotées, gazeuses, à 20°). — La voie 
descend vers TEbre par la vallée du Zadorra : plusieurs ponts. 
Montagnes rocheuses. A dr., sur une hauteur, ruines du castillo de 
Arganzôn. — 155 k. Manzanos. — A g. Arminon (pont pittoresque de 
6 arches sur le Zadorra). — La voie débouche dans la large vallée 
de l'Hlbre sur un haut remblai, sous lequel passe en biais la ligne 
de Bilbao (F. ci-dessous). 

164 k. Miranda de Ebro ((§) avec quelques ch.; X sur Bilbao 
et sur Gastejôn-Saragosse), ville de 5,600 hab., à 490 m. sur 
TEbre et appartenant à la Vieille-Gastille ruines d'une enceinte 
fortifiée. 

De Miranda de Ebro a LogroSo et a Saragosse (240 k.), a Bilbao 
(104 k.), R. 17. 

On franchit TEbre (curieuse vue à g. sur Miranda) près de son 
confluent avec rOn)ncillo, descendu des gorges de Pancorbo, vers 
lesquelles la voie s'élève par une rampe sinueuse (très belles vues 
sur la vallée de l'Ebre) au flanc de montagnes calcaires et colorées, 
qui appartiennent à la sierra de Oha. — 168 k. Biij^do : à g., 
se montrent dans un cirque rocheux les vastes constructions du 
monastère de Bujedo, noviciat des Frères des Ecoles chrétiennes. 
La voie parcourt une terrasse cultivée et atteint l'entrée, pareille 
à une brèche, du défilé connu sous le nom de *Garganta (gorge) 
de Pancorbo, formé par deux bassins ou entonnoirs successifs. La 
voie tracée en corniche au flanc de la gorge (au fond la route de 
Castille se faufile le lone: du torrent), traverse 2 tunnels (200 m. 
et 300 m.), puis un viaduc de 6 arches, haut de 33 m.; après avoir 
franchi TOroncillo, on passe sur un 2® viaduc (3 arches), haut de 
37 m., aboutissant à un tunnel percé dans un grand rocher déchi- 
queté en aiguilles et, au delà d'un autre tunnel, on débouche dans 
le 2" bassin où se trouve, à dr., la petite ville de Pancorbo, dominée 
par une muraille naturelle de rochers déchiquetés. 

183 k. Pancorbo, 1,304 hab., à 635 m., resserré, avec la voie, la 
route et le torrent, entre deux parois rocheuses, ne conserve plus 
que les ruines insignifiantes des deux châteaux qui le défendaient : 
l'un, Santa Marta, bâti parles Maures; Pautre, Santa Engracia, sur 
le sommet N., construit en 1794, rasé en 1823 par les Français. En 
1813, les débris de l'armée française, retranchés dans le défilé, 
contraignirent Wellington à opérer dans une autre direction. 

Le ch. de fer entre tout aussitôt dans la plaine de la Bareba qui 
fait présager la monotonie du plateau de la Vieille-Gastille. 

206 k. Briviesca, 3,375 hab., à 710 m., entouré de murailles. 
Dans Pancienne Collégiale et dans Véglise Santa Clara, grands 
retables du xvi* s. en bois sculpté et peint. 

C'est à Briviesca que, dans une assemblée des Certes, tenue en 1388, le 
roi don Juan !•' fit déclarer que le preinier-né de la couronne de Castillo 
porterait letitre de prince des Asturies, et il présenta sous ce titre son fils Henri, 



156 — [R. 16] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BURGOS. jj 

[Ona (27 k. N., sur la route de Santander), avec le célèbre couvent de San 
Salvador (auj. grand collège de Jésuites), fondé en 1011 (tombes royales 
surmontées de dais en bois ajouré, du temps des Rois Catholiques; cloître 
du même temps (fin du xv« s.)- A 5 h. d'Ofïa, pont romain d'une seule arche 
sur TEbre, nommé la Boradada]. 

La voie remonte la vallée de TOca. 

220 k. Santa Olalla. — La voie s'élève en décrivant une grande 
courbe, puis coupe, par 4 tunnels de 408, 199, 229 et 1,042 m., dans 
les monts d'Oca, le faîte désolé de la Brûjula, à 963 m. d'alt. (le 
sommet de la montagne atteint 995 m.), puis elle descend. 

236 k. Quintanapalla, à 914 m.; le village est à 1 k. à dr., dans 
un repli du terrain, avant la station. Le roi Charles II vint y rece- 
voir sa fiancée Marie-Louise de Bourbon, fille aînée du duc 
d'Orléans, frère de Louis XIV; le mariage royal fut ratifié dans 
l'église du village. — La voie franchit l'Arlanzôn. A g., Chartreuse 
de Miraflores (v. ci-dessous). A dr., échappée sur Burgos et les 
belles allées de peupliers du paseo de la Quinta. 

251 k. BURGOS, ville de 31,415 hab., célèbre par sa cathédrale 
et les souvenirs du Cid, ch.-l. de la province du même nom, 
ancienne cap. de. la Vieille-Castille, résidence des premiers rois, 
est située à 856 m. d'altit. sur la rive dx- de l'Arlanzôn, qui la 
sépare de ses faubourgs de Santa Clara et de Vega, et de la gare. 
Son site est nu et sévère; son climat est très chaud en été, très 
froid le reste de l'année. 



Hôtels : — del Norte y de Londres^ 
plaza de la Audiencia, au boul. de la 
calle Laïn Calvo (entièrement remis à 
neuf;pens.lO à 12 p.). — rfe Pa?^*, calle 
de Vitoria (dep. 10 p. par j.) ; — Uni- 
versaU calle del Almirante Bonifaz, 9 



(autrefois Monin; dep. 10 p. par j.). 

Poste : — sur rÉspolon, 58. 

Télégraphe : — calle de Laïn 
Calvo, près de la calle de San Juan. 

Agence des chemins de fer {Des- 
pacho central) : — à l'hôtel de Paris. . 



Histoire. — Burgos, fondé en 882 par Alphonse III le Grand, roi de Léon 
et vainqueur à mainte reprise des Sarrasins, fut la résidence des comtes et 
ensuite des rois de Castille et de Léon. Son importance, comme centre de 
l'indépendance de la Castille, à la suite de la domination des Goths, date 
du moment où une assemblée des nobles et des prélats décida, vers le com- 
mencement du x« s., de confier la direction des affaires de la Castille à deux 
juges indépendants, âjânt les attributions des juges du peuple hébreu et 
des consuls romains. Ce pouvoir, qui avait appartenu un instant à Diego 
Porcellos, illustre capitaine et fondateur de la première forteresse de Burgos, 
aurait été remis, selon la tradition, en 924, à Laïn Calvo, qui avait com- 
battu contre Léon et contre les Asturiens, et à Nuno Rasura, un juge res- 
pecté, gendre de Laïn ; mais l'existence de ces personnages est probléma- 
tique. Le célèbre comte Fernan Gonzalez, élu comte souverain de Castille, 
fixa sa résidence à Burgos. Son fils Garcia Fernandez lui succéda, et lorsque 
mourut (en 1029) son arrière-petit-fils Garcia Sanchez, le, pouvoir souverain 
échut à don Sancho el Mayor (1001-1035), roi de Navarre, beau-frère de , 
Garcia Sanchez. Après celui-ci vint Fernando I", qui fut surnommé le Grand 
lorsque, en 1037, il parvint à réunir à la Castille les royaumes de Léon, 
de Galice et les postes avancés de Toro et de Zamora. Ce fut la glorieuse 
époque de Burgos, qui, à la suite d'une grande bataille livrée, dans le 
Campo de la Verdad, à une armée coalisée des rois de Navarre et d'Aragon, > 
vit surgir Rodrigo Diuz de Vivar (?e Cid, dit le Campeador, né à Burgos | 
vers 1026, mort à Valence en 1099), issu de la plus illustre famille de Cas- :| 



Les Guides Bleus 




LEGENDE 

1 Caihédrale^^S^Mirùv) _ D.2 

ZH^Uae S^Affnedu C.2 

3 id. SarvZorenxo E.2 

4 id. et^droSoJtJyïcolas.-.-C.Z 

5 Gzsa^ Con^isiorixxZ' D.2 

6 Arco de S^^ariec (Afitsée 

lYoviTiciaZ) i D.2 

Z Palcœio ArxohispaL . _ C.2 

8 Seminario de S?ûeroninvo- _ .C.2 
^Haspital d^ S^Juan F.2 



12 Poste azzjc l^ir&s E.2 

IZTèléffrapJie E.2 

Principaux Hôtels 
"^EkelddForiRydeZaridreslLfl [ 

^ iA.de>Farés È.2. 

^ xdA Z^iùr^rsoL...... -..E.2.- 



UBRÂIRIE HACHETTE 




Il BURGOS. Il [R. 16J ~ 157 

tille. Toute riiis^oiro héroïque du Cid, lors même qu'on la dégage des récits 
merveilleux de ia légende, appartient à Burgos. 

Les rois se succédèrent à Burgos, tenant à distance l'invasion musulmane, 
et lorsque cotte puissance croula en 1492 à Grenade, Burgos, chef-lieu de 
la Vieille-Castille, dut céder son rôle de capitale à Valladolid. 

En 1808 les Français battirent les Espagnols à Burgos et, en 1812, ils y 
furent assiégés par Wellington, dont l'armée occupa la ville en 1813. 

La Vieille-Castille {Castilla la Vieja), qui était pour ainsi dire la province 
métropole de l'ancienne union espagnole, comprenait les territoires de 
Burgos, Logrono, Soria, Segovia et Avila, qui sont aujourd'hui des pro- 
vinces séparées. L'origine du nom de Castille est connue. Lorsque, vers la 
moitié du viii« s., les Maures se répandirent dans la péninsule et y établi- 
rent leur domination au nom des califes de Bagdad, les chrétiens, refoulés 
dans le Nord, élevèrent des châteaux fortifiés (en latin castella^ devenus 
castilla dans lé vulgaire) pour s'y maintenir contre les Musulmans; c'est de 
là que le pays de Burgos reçut dans l'usage populaire le nom de Castille, 
qui s'étendit graduellement, par la suite, aux territoires successivement 
repris sur les infidèles. Les chefs des territoires chrétiens n'avaient eu dans 
l'origine que le titre de juges; l'un de ces juges, Fernan Gonzalez, fut élu 
comte héréditaire de Castille en 933. En 1037 les comtes reçurent ou prirent 
le titre de roi. Le premier roi de Castille fut Fernando I®'" el Grande, fils de 
Sancho el Mayor^ de Navarre, qui était de la maison de Bigorre (V. ci- 
dessus). — Dès 1475 le titre séparé du royaume de Castille s'était éteint par 
le mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon et la monarchie 
espagnole constituée dans son unité. Toutefois la Castille, premier centre 
d'où la monarchie a rayonné sur la Péninsule, a donné son nom — comme 
un titre d'honneur, — à la nation espagnole, qui porte avec orgueil le titre 
de peuple castillan. 

La fierté castillane est passée en proverbe. Un dicton connu est le sui- 
vant : « Je suis toujours la même Castille qui s'humilie seulement devant 
Dieu; — le temps rouille toute chose, seul mon honneur resplendit toujours ». 

Pays de plateaux (sauf un certain nombre de vallées) peu favorisés de 
la nature, la Vieille-Castille — de môme que la Nouvelle — na rien de 
commun avec ce qu'on nomme « la chaude et poétique Espagne ». Ce sont 
l'une et l'autre deux contrées parmi les plus dépouillées, les plus monotones, 
les moins douces de climat. quMl y ait dans l'Europe occidentale. Par contre, 
elles sont fertiles en céréales et, quand l'année est pluvieuse, il y pousse 
de magnifiques récoltes de froment. 

ITINÉRAIRE. — En face de la gare, une avenue aboutit à PAr- 
'.anzôn; là on suit à dr. la rive g. de la rivière par le paseo de las 
Deliclas (à dr., nouveau Séminaire, 1897), la plaza del Instituto (à dr., 
Institut provincial, avec une curieuse façade et une porte Renais- 
sance); à g., pont de Besson (conduisant au nouveau Palacio de Jas- 
licia\ la calle de la Merced (à dr., église de la Merced à 3 nefs, de 
style gothi([ue. avec un très beau portail) jusqu'à \di plaza de Vega^ 
au début de la promenade dite paseo del Espolôn Nuevo. 

On franchit l'Arlanzôn sur le pont de Santa Maria (à dr., paseo del 
Espolôn Viejo, V. ci-dessous), en face de la porte de Santa Maria. 

L'*Areo de Santa Maria (PI. 6), Tun des plus remarquables 
monuments de Burgos, est flanqué de 2 demi-tours et surmonté de 
4 tourelles. Il est orné des statues de Nufio Ftasura, de Laïn Calvo, 
de Diego Porcellos, du comte Fernan Gonzalez, du Cid et de 
Charles-Quint, en l'honneur de qui la porte fut commencée en 1536, 
à la place de l'ancienne tour, construite vers la un du xi* s., et dans 



158 — [R. 16J II DE SAÎNT-SÉBASTIEN A BURGOS. || 

laquelle se tenaient, dès le xiv* s., les séances du conseil municipal. 
Cette date de 1536 explique l'introduction de la statue de Charles- 
Quint parmi les chefs des temps héroïques. Le monument, attrib'ié 
à Philippe de Vigarni, est d'un goût discutable peut-être, mais 
d'une conception originale, due au chanoine Castro, de la cathé- 
drale de Burgos. 

L'Arco de Santa Maria, qui a servi longtemps d'hôtel de ville, est 
affecté auj. au Musée Provincial {Museo historico y artistico). 

Cet intéressant petit musée (l'entrée est à g., sous la voûte, en venant du 
pont; sonner; pourboire; il est accessible toute l'année de 10 h. à midi 30, 
de 2 b. 30 à 4 h. d'oct, à fév.,,de 3 h. à 5 h. en mars, avril, août et sept., 
de 3 h. à 6 h. en mai, juin et juillet) est formé en très grande partie 
d'objets anciens recueillis dans les monuments, vieilles églises, anciens 
couvents de la Vieille-Castille. 

f^ ÇALLE : magnifique * tombeau de Juan de Padilla, page de la Reine Catho- 
lique, -J* 1491, en albâtre, attribué à Gil de Siloë (belle statue agenouillée, 
dans la niche, bas-relief d'une exécution remarquable : Pietà); à dr., tom- 
beau de don Antonio Salmento (j- 1533) et de sa femme, dans le style de la 
Renaissance; à g., tombeau ae don Geronimo de Aranda (f 1531 j. — 
2« SALLE : au centre, tombeau gothique de la mère de l'évêque Luis de 
Acuna (xv» s.); à dr. : tombeau de dona Luisa de Padilla, femme de Antonio 
Manrique, et à côté dans la galerie, tombeau de don Antonio Manrique 
(xv« s.); jolis dessus de portes doubles du style mudejar (xv® s.), chapiteaux, 
sarcophages, stèles, statuettes, fragments de sculptures, écussons; beaux 
retables des xiv® et xvi® s. — Dans la galerie supérieure, dans des vitrines, 
objets précieux provenant du monastère de Santo Domingo de Silos : coffret 
arabe en ivoire représentant des bêtes fabuleuses persanes, avec monture 
en émail de Limoges (1026; la monture est postérieure), coffret émaillé 
limousin du xiii® s. et étui en ivoire hispano-arabe (x« s.). — Petite salle 
(à g. de la 2« salle) : plafond octogonal artesonado et peint; superbe retable 
en émail champlevé à figures d'applique en bronze doré (art espagnol visi- 
blement influencé par l'école de Limoges; fin du xii*» s.), provenant égale- 
ment de Santo Domingo de Silos. 

Au delà de l'Arco de Santa Maria s'étend la plaza del Duque de la 
Victoria (naguère del Sarmental), où s'élève l'ancien palais de VAr- 
chevéché, du xiv* s. (curieuse façade;, d'où une courte rue {catle de la 
Lanceria) conduit à la cathédrale. 

La *"♦■ cathédrale [Santa Maria ; PL 1), de style gothique (p. Lxxxvni) 
fondée en 1221 par l'évêque Mauricio, fut ouverte au culte dès 1230, 
mais on y travailla encore pendant 300 ans. D'une architecture 
très élégante et d'un riche ton doré, elle produit une impression 
non moins saisissante à l'intérieur qu'à l'extérieur. 

La façade est sobrement majestueuse avec son portail et ses 
flèches élancées et à jour. Le portail Santa Maria a été malheureu- 
sement remanié à la fin du xvni® s. et privé de la plupart de ses 
sculptures; les deux portes latérales, en grande partie .dégarnies de 
leur riche décoration, sont surmontées de bas-reliefs {Conception 
et Assomption) par Juan de Poves (1653). La rosace est d'une grande 
élégance ainsi que les fenêtres et la frise qui la surmontent. Les 
deux clochers, hauts de 84 m., ont été construits au milieu du xv® s. 
par Jean de Cologne; ils se composent d'une tour carrée et d'une 
flèche octogoaale « tailladée en scie, découpée à jour comme à 



l! RUKGOS : — CATHÉDRALE. || [E. 16] — 159 

remporte-pièce, festonnée et brodée, ciselée jusque dans les moin- 
dres détails comme un chaton de bague » (Th, Gautier). 

Un dôme octogonal élance, à 2 étages, sculpté avec une profusion 
inouïe et flanqué de 8 énormes pinacles finement ciselés, s'élève à 
rintersection de la nef et du transept (F. ci dessous). 

Les portes latérales sont au nombre de trois : deux sur le côté N. 
et une sur le côté S. — Des deux premières, l'une (presque toujours 
fermée), dite puerta de la Coroneria ou puerta Alla et autrefois p«fr^a 
de los Apôsioles (elle correspond au transept et donne sur la caile de 
Fernâii Gonzalez), ornée de statues d'apôtres et de bas-reliefs, remonte 
au xiii" s.; l'autre, dite puerta de la Pellejeria (donnant sur la calle 
de la Pellejeria, en contre-bas de la calle de Fernân Gonzalez), se 
trouve tout au N., à l'angle formé par le transept ei l'abside; cons- 
truite en pleine floraison de la Renaissance (1516), par François de 
Cologne, dans le style plateresque, elle a l'aspect d'un grand retable 
en marbre, couvert d'une profusion d'ornements. 

De cette porte on peut continuer, par la calle de Diego Porcellos, à 
contourner la cathédrale; on remarquera la décoration extérieure 
de la chapelle du Connétable, dont les angles sont ornés de cloche- 
tons ajourés, de statues, (f'écussons. On contourne le cloître, et de 
la calle de la Paloma on entre dans la cathédrale par la puerta 
del Sarmental (xiii® S.; style français), également très ornée, qui 
s'ouvre sur le côté S., entre le cl-oître et l'ancien palais archiépis- 
copal et à laquelle accède un large escalier. Une rosace et de belles 
fenêtres gothiques surm^ontent ce portail. 

^Intérieur. — 3 nefs coupées par le transept et entourées de chapelles 
disti'ibuées d'une manière très irrégulière. 11 a 84 m. de longueur jusqu'à 
la chajpelle del Condestabie, et 106 m. y compris cette chapelle; 59 m. de 
larg. à la croisée et 26 dans les nefs. La croix latine formée par la nef 
principale et le transept est éclairée par de hautes fenêtres ogivales et 
entourée à mi-hauteur par une galerie dont les baies à 4 meneaux forment 
une élégante guirlande ; au milieu de la croisée s'élève un * dôme magniMque 
haut de 50 m., d'une grande hardiesse de construction. Cette belle œuvre, 
dont le plan est attribué à Philippe de Bourgogne (Philippe Vigarni), fut 
achevée en 1567 par ses aides Juan de Vallejo et Juan de Castaîïeda; la 
décoration en est formée par les armoiries de Charles-Quint, de la ville de 
Burgos, ainsi que par des figures de prophètes, de patriarches et do séraphins, 
œuvre de Limoges. 

Nef. — Dans le bas de la nef, à g., tout en haut sous la voûte, horloge 
du xvi® s. avec la figure populaire du « Papamoscas » (gobe-mouches), figure 
à mi-corps qui ouvre la bouche en sonnant les heures; les heures sont son- 
nées à deux reprises. — Coro (1497-1512) : grille massive, de 1002; au centre, 
tombeau, en cuivre émaillé, du fondateur de l'église, l'évoque Maurice (f 1238), 
œuvre de Limoges; 103 stalles en noyer sculpté, avec incrustations de huis, 
curieux mélange de sujets mythologiques et de scènes de l'Ancien Testa 
ment, d'après les dessins de Philippe Vigarni. L'extérieur du coro, dans le 
style de la Renaissance, est orné de peintures de Juan Rizi. — CapUla 
Mayor -.maître-autel orné d'un retable dessiné et exécuté, dans le style cie 
îa Renaissance, par Rodrigo et Martin de la Haya, Domingo de Berriz et 
Juan de Ancheta (1562-1580); la prédelle est surtout remarquable pour les 
charmants petits sujets de son ornementation. Près du maître-autel reposent 
plusieurs membres de l'ancienne maison royale de Castille. 

Les chApellM méritent presque toutes d être vues (pourboire au gardieo 



160 — [R. 16] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BURGOS. [j 

qui conduit). Nous les décrivons en commençant par celle du Christ, la l" à 
dr. en entrant par la grande porte. 

Bas-côté dr. — Chapelle dll Santisimo Cristo, en forme de croix, res- 
taurée en 1895, et Panthéon des derniers archevêques de Burgos : voûte 
remarquable ; au centre du retable, célèbre Christ provenant, dit-on, de 
l'Orient et attribué par la tradition à Nicodème, qui l'aurait modelé d'après ' 
le corps du Sauveur lorsqu'on le descendit de la croix; il est flexible à la 

Sression du doigt parce qu'il est fait en peau de bête, et porte des cheveux, 
es sourcils humains (il date, au plus, de la fin du xiv« s.) 

Chap. de la Présentaciôn, fondée en 1519 par le chanoine Gonzalo de 
Lerma : grilles par Cristôbal Andino; élégante voûte octogonale; au centre, 
tombeau du chanoine Gonzalo de Lerma, par Philippe Vig ami-, sur l'autel! 
Madone, œuvre remarquable de Sébasliano del Piombo (1520); à g., en face 
de l'autel de g., tombeau du chanoine Jacques de Bilbao; 3 tombeaux de la 
famille de Lerma (xyi* s.). 

CriAP. DE S. Juan de Sahagùn : tableaux espagnols duxv» s. sous l'influence 
flamande; le Belicario, contigu à cette chapelle, renferme la statue mira- 
culeuse de la Madona de Oca, des reliquaires, etc. — Tombeau de Luis de 
Miranda, à l'angle du transept. 

Transept dr, — Chap. de la Visitaciôn (ou de Sta Isabel), attribuée à 
Jean de Cologne (1442), l'architecte des deux flèches de la cathédrale; au 
centre, magnifique * tombeau en albâtre de l'évêque Alfonso de Cartagena 
(f 1456), attribué à Jean de Cologne (il est du commencement du xvi« s.) ; 
sur les côtés, 6 autres tombeaux remarquables, bien que de moindre valeur. 

A dr., en sortant de cette chapelle, s'ouvre la porte del Sarmental {V. ci- 
dessus), et, en face de la chapelle de la Visitation, la puerta del Claustro (du 
Cloître), du xiv* s., décorée de bonnes sculptures (à g., ï Annonciation-, à dr., 
David et Isaïe) et à vantaux en bois sculpté (xv« s.), très remarquables, con- 
duit au cloître {Y. ci-dessous). 

Déambulatoire. — Chap. de San Enrique : monument (statue agenouillée, 
en bronze) de Enrique de Peralta y Cardenas (f 1679). 

Après la nouvelle sacristie, chap. de Santiago, la plus grande de la cathé- 
drale, bâtie de 1524 à 1534, par Juan de Vallejo et servant d'église parois- 
siale : belles voûtes nervées; à g., tombeau de Jean Ortega de Velasco, 
abbé de San Quirce (-i* 1559) ; 4 autres tombeaux Renaissance. 

* Chapelle del Condestable, riche et élégant appendice, construit à partir 
de 1482 dans le style ogival fleuri, en dehors de l'abside, aux frais du « conné- , 
table » de Castille Pedro Hernândez de Velasco, comte de Haro, sur les plans 
de Jean de Cologne et -de son fils Simon. — Magnifique grille, chef-d'œuvre 
de Cristôbal Andino (1523), encadrée de piliers ornés de reliefs et de statues. 

— Imposant dôme octogonal sur plan carré offrant au sommet une étoile 
ajourée avec, aux croisements des nervures, des clefs sculptées et dorées. 

— Aux murs, écussons gigantesques (par Gil de Si7oé?). — En face du 
maître-autel (orné d'un grand retable du xvi« s. par Philippe de Bourgogne), ' 
au milieu de la chapelle, tombeau du fondateur, le connétable Hernândez 
de Velasco, f 1492, et de sa femme dona Mencia de Mendoza, f 1500. Les 
sarcophages sont en marbre des carrières d'Atapuerca (environs de Burgos), 
et les belles statues, œuvres d'un atelier génois (p. lxxvii), ont été taillées 
dans deux blocs de Carrare. — Aux autels latéraux : à g., St Jérôme pénitent 
devant un Christ, précieuse statuette en bois, par Gaspar Becerra, et, à dr., 
retable de Saints. — Paroi à dr., bon triptyque (la V. avec TEnf. J. et 3 anges; 
aux deux côtés, la Nativité et la Présentation au Temple) de l'école de Gérard \ 
David; Descente de croix, de l'école flamande*. Un petit coro à g. offre d'élé- * 
gantes stalles. — Dans la petite sacristie attenante : petit tableau flamand 
du xv« s. {Christ au Jardin des Oliviers). — Dans les armoires : Madeleine, 
belle peinture de Gian Petrino, élève de Léonard de Vinci ; gracieux médaillon 
ovale en albâtre d'une madone italienne; chasuble du xv» s. 

Tras Sagrario, ou partie postérieure du maître-autel : cinq '^hauts-reliefs 



BURGOS : CATHÉDRALK. || 



[R. 16] — 161 



remarquables représentant : ÏAgonie de Jésus, le Portement de croix, la 
Crucifixion, la Descente de croix et la Résurrection, Y Ascension. Le 1«' et le 



5* sont l'œuvre d'A/onao de 

* CaJIe 



Bios (seconde moitié du xvii« s.), les trois 
de Die^o_ Forcellos 




.an a 



autres sout de Philippe Viyarni, qui ies exécuta de 1498 à 1513; l'influence 
do la Renaissance italienne s'y mainieste. Au-dessous de tous ces bas- 
reliet's, on voit des statues d'Apôtres et de Pères de l'Eglise. 
^ Chap. de San Greoorio : deux tombeaux gothiques du xiv« s. ^^ 

Chap. de la Asunciôn, du xv« s. ; tombeau gothique. — A l'angle du tran- 
sept, tombeau de l'archidiacre Pedro do Villegas (f 1536), belle oeuvre du 
style ogival de la dernière période. 

Transept g. — Chap. de San Nicolas ^xiii* s.) : à g., tombeau de l'évôquo 
Jean de Villahoz (f 1275). 



11 



162 — [E. 10] Il DE SAIiNT-SÉBASTlEN A BURGOS. || 

Dans l'angle N., est la porte dite de Pellejeria {V. ci-dessus) et, à l'extré- 
mité du transept, la porte de la Coroneria ou puerta Alta ( V. ci-dessus), à 
laquelle on accède par un * escalier {escaiera dorada) à double rampe et à 
balustrade richement décorée. Il est l'œuvre de Diego de Siloé (1519), fils de 
GU. et porte les armoiries de l'évêque Fonseca, qui le fit exécuter; 1* balus- 
trade en fer est du Français EiLaire. 

Bas-côté g. (en descendant). — Chap. dk Sta Ana, bâtie par Simon d© 
Cologne (1471 à 1488) : au centre, mausolée du fondateur, l'évêque D. Luis 
Osorio de Acuna (f 1495), par Diego de Siloé; à g., tombeau gothique fleuri, 
orné de statues, de l'archidiacre Diaz (f 1492); à dr., retable du maître-autel 
(restauré en 1870), somptueux monument de l'art ogival fleuri, avec la généa- 
logie de la Vierge et du Christ (arbre de Jessé), par Gil de Siloé et Diego 
de la Crus. En face, grand retable du style Renaissance. 

Chap. de Sta Tecla (1736) : remarquable voûte coloriée en « média 
naranja », haute de 16 m. Elle est due, avec son ornementation de mauvais 
goût, à Churriguera (xviii® s.); beaux fonts baptismaux du xii« s. 

Le * cloître (on y accède par la porte del Claustro, V". ci-dessus) s'appuie 
au flanc S.-E. de la cathédrale ; à 2 étages, d'un style gothique très élégant, 
il date de la fin du xiii® s. et a été récemment restauré. On y voit un grand 
nombre de statues et plus de 15 sépultures. A g. de l'entrée, les ^statues 
dites de St Ferdinand et de sa femme Béatrix de Souabe (xiii" s.): en face 
est la chapelle de San Jeronimo, avec un retable de la Renaissance. — Sur 
le côté N.-E. s'ouvrent trois chapelles. La 1" est la chap. de Sta Catalina 
ou DE LA Sacristia Vieja (1316-1354; au tympan extérieur. Déposition de 
croix ; voûte élégante du xiv« s. ; armoires sculptées renfermant de très belles 
chasubles et ornements d'autels; portraits d'évêques). — La 2* ou chap. 
DEL Corpus Christi (ou de Juan Cuchiller), dans laquelle on voit, sur le 
sol, le tombeau supposé de Juan Cuchiller (xiv« s.), page du roi D. Enrique III 
el Doliente et, sous l'escalier à dr., les tombeaux des comtes et de la comtesse 
de Castaneda (xiii« s.); en haut sur la paroi à g., est suspendu un cotfre 
bardé de fer (x[* s.) nommé le coffre du Cid (c'est, dit-on, 1 un de ceux que 
l'illustre guerrier remplit de ferraille et de sable, et remit à certains mar- 
chands Israélites en leur disant qu'ils renfermaient sa vaisselle et son argen- 
terie, et en leur demandant contre ce gaere une somme de 600 marcs d'argent, 
qui lui était nécessaire pour faire fac^e aux dépenses de la guerre) ; un beau 
candélabre (tenebrario) en fer forgé et doré du xvi« s. — Dans la 3« chap. ou 
SALA Capitular, attouaut à la chapelle du Corpus Christi, on voit : un beau 
plafond artesonado (xvi« s.); un tableau {Agonie du Christ) attribué à Mateo ; 
Cerezo, un triptyque de l'école flamande du xv» s. et une Déposition de croix. 
par Ribera (?). — A l'extrémité de la galerie N.-E., à g., remarquable tom- 
beau roman, dit de Mudarra, transporté en 1896 du monastère (en ruines) 
de S. Pedro de Arlanza (xi« s.). — Sur le côté S.-O., tombeau de Diego de 
Santander (f 1532), du style le plus pur de la Renaissance, attribué à Diego 
de Siloé. — Durant toute l'octave ae la Fête-Dieu, on expose, tout autour 
du cloître, la superbe collection de tapisseries appartenant à la cathédrale. 

Dans les archives de la cathédrale on conserve, entre autres documents, 
Tacte (en latin) des fiançailles du Cid avec Jimena Diaz. 

De la cathédrale on reviendra au quai de TArlanzôn pour suivre 
à g. le paseo del Espolôn Viejo, promenade très fréquentée, 
ornée de statues et de fontaines et qui aboutit au théâtre. A g:., une 
arcade, sous la Casa Gonsistorial, fait communi(juer la promenade 
avec la plaza Mayor, vaste polygone irrégulier entouré de galeries 
à portiques. 

La plaza Mayor {on plaza de la Constituciôn)^ sur laquelle s'eléve; 
la statue de Charles III, œuvre d'Antonio Tome (1784), est le centre 
du mouvemeat de la ville. 



Il BURGOS : — CASA DEL GORDON. |1 [R. 16] - 163 

Bous les arcades, du côté S., se trouve l'entrée de la Casa Con* 
sistopial (PI. 5). 

Au 1" étage on peut voir (sur demande; pourboire) :1a salle des séances, 
renfermant le soi-disant siège des juo^es de Castille, Laïn Calvo et Nuno 
Ilasura, ancêtres hypothétiques du Cid; — une pièce transformée en cha- 
pelle où, dans un cotfre, sont réunis les ossements du Cid et de dona 
Jimena (Chimène) Dias, son épouse, qui avaient été enterrés au couvent 
de San Pedro de Gardena (p. 166). 

A quelques pas à TE. de la plaza Mayor est la plaza del Priniy ou 
del MercadOy qu'un pâté de maisons sépare de la plaza de la Libertad^ 
dont le côté N. est formé par la casa del Cordon (auj. Capilania 
général), manoir flanqué de tours, bâti vers la fin du xv* s. pour le 
connétable Hernandez de Velasco et sa femme dona Mencia de 
Mendoza et récemment restauré (1907). Il doit son nom au grand 
cordon de St François, — ou, peut-être, de l'ordre teutonique, — 
sculpté au-dessus de la porte et reliant entre elles les armoiries 
royales et celles des maisons de Velasco, iMeiKioza et Figueroa. 

A Tint., un patio est à double et triple étage de galeries. — C'est dans ce 
palais que Ferdinand d'Aragon et Isabelle d© Castille reçurent, en 14%, 
Christophe Colomb, aa retour de sa seconde expédition, et que mourut, en 
1506, Philippe le Beau, mari de Jeanne la Folio et père de Charles-Quint. 

De la plaza de la Libertad on peut aller, par la calle de la Puebla^ 
visiter Véylise de San I^esmes, avec un très beau portail og^ival et 
le groupe de rAnnoqciation sur les deux jambages. 

A Tint. : 3 vastes nefs ogivales, lombeau(Jc ^t autels de style gothique 
fleuri et de la Renaissance. Dans la chapelle à dP. du maître-autel, magni- 
fique retable, du gothique de la dernière période, avec des reliefs en bais 
très reniarquahles. 

En face de cette église, VHospital de San Juan (PI. 9), fondé en 
1479 et destiné à héberger les pèlerins, a une belle porte surmontée 
des armes de Castille et de Técusson pontifical, hommage rendu 
au pape Sixte IV, qui avait accordé à Thospice des privilèges et 
des induits. 

Par la calle de San Juan, on va dans le quartier N. de la ville, 
où, sur les dernières pentes de la coMîne, s'élève Tégiise de San 
Gil; construite au xiv* s., elle renferme des tombeaux et des 
retables sur bois intéressants. 

intérieur. — A g., 2« chap. (de la Natividad) : belle voûte octogonaiie avec 
ro8£^ce au sommet : très beau retable sculpté (xvi" s.) en hauts-reliefs avec 
sujets relatifs à la vie de la Vierge; Pieta, tableau flamand du xv* s.; des 
chaque côté de l'autel, tombeaux de la famille de Castro. — Entre les 2* et. 
3*» chap., 2 tombeaux plateresque et gothique. — 3" chap (del Santisimo 
Cristo) : crucifix vénéré dit très saint Christ de Burgos et 2 tombeaux du 
XVII» s. — A g. du maître-autel, chap. de la Buena Manana : retable 
sculDté, cinq tombeaux (2 gothiques et 2 plateresques). — A dr. du maître- 
autel, CHAP. DE LOS Reyes Magos : retable sculpté; sur le sol, tombe avec 
ef/igies des fondateurs de la chapelle (xv" s.). — Sur la dr.» à côté d'un 
tombeau gothique, une porte vitrée s'ouvre sur rANTÉSACKisTiE à l'intérieur 
de laquelle se trouvent 2 tombeaux gothiques merveilleusement ciselés. 
avec gisants d'albâtre et marbre noir, et un tombeau Renaissance. 



164 — [R. 16] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BURGOS. || 

Au N.-E. de San Gil, le Couvent de la Trinidad présente une belle 
porte gothique. 

De San Gil, ou (si l'on n'est pas allé jusqu'à San Gil) de la plaza 
Mayor, on gagnera la calle Fernân Gonzalez qui longe, en contre- 
haut, le flanc N.-O. de la cathédrale et dans laquelle subsistent 
encore quelques maisons seigneuriales du xvp s. : n"" 27 et 29 
{portails Renaissance), n°' 39, 41 (écussons), n" 57 (portail, belle 
voûte à caissons en média naranja). En haut de la plaza Santa Maria, 
s'élève l'église de San Nicolas (PI. 4), construite par François de 
Cologne à la fin du xv* s. (beau portail). 

Intérieur. — En restauration (offrande). Au maître-autel, * retable en 
pierre du commenc. du xvi« s., magnifiquement sculpté et d'un fouillé 
extraordinaire (scènes de la Bible, de la vie de St Nicolas, Couronnement 
de la Vierge). Aux deux côtés de l'autel, tombeaux de Alfonso Polanco 
(f 1490) et de sa femme, à g., et de Gonzalo Polanco (f 1505) et de sa 
femme, à dr. — Dans le bas-côté g., retable avec 10 panneaux peints de 
l'éc. flamande ; 3 tombeaux gothiques. Au bas-côté droit et sous le jubé, 
2 tombeaux plateresques. 

A quelques min. au N. de San Nicolas est l'église de San Este- 
ban (1280 à 1350), du style gothique (beau portait 0, et belle rosace).. 

Intérieur. — 3 nefs. — A g., près de l'entrée, beau sépulcre gothique, 
orné de bas-reliefs, abritant les fonts baptismaux. — Dans la nef centrale, 
charmants modèles du style plateresque; chaire, retable qui encadre un bas- 
relief {la Cène), arcs soutenant l'orgue et le jubé. — Bas-côté g. : 3 tom- 
beaux. — Bas-côté dr. : sculptures de la Renaissance, grandiose et somp- 
tueuse chapelle enserrant 2 tombeaux. — On conserve, dans la sacristie, de 
magnifiques tapisseries (on ne montre les plus rares qu'avec la permission 
du curé ; elles sont exposées à la Fête-Dieu). — Cloître gothique primaire. 

De San Esteban, on peut monter, en 5 min., par la calle delArco 
de San Esteban (à son extrémité N., Arc de San Esteban,poTie arabe 
du X® ou du XI* s.), au Castillo, d'où l'on a une assez belle vue. Ce 
château, jadis résidence des souverains de la Gastille, a été presque 
entièrement détruit par le feu en 1736; les Français s'y défendirent 
vigoureusement contre Wellington en 1812; au moment de leur 
retraite, en 1813, ils le firent sauter, 

En descendant du château par le chemin qui laisse à dr. le 
cimetière, on arrive à l'Arc de Ferndn Gonzalez (PI. 11), arc de 
triomphe d'un goût douteux, érigé par Philippe II en l'honneur du 
héros burgalais. De cet endroit, on se rend en passant devant le 
Cimetière (devant l'entrée, monument du général Juan Martin Diez, 
dit et Empecinado, 1775-1825), au Solar del Cîd ou sol de la 
maison du Cid. Un monument a été érigé, en 1784, sur les ruines 
de cette demeure illustre; il se compose d'une stèle portant un écu 
armorié et un écusson; des deux côtés sont deux obélisques : Tun 
porte les armes du monastère de San Pedro de Cardena, où le Cid 
fut inhumé; l'autre, l'inscription Oaput Castellœ et les insignes par- 
ticuliers de la ville de Burgos. Au delà du Solar del Cid, VArc de 
San Martin, datant du x' ou du xi* s., est une ancienne porte 
arabe flanquée de 2 cubos (mesure castillane), par laquelle les 
rois faisaient leur entrée solenn(^lle dans la ville. On voit sous la 



Il LAS HUELGAS. II [H. 16] — 165 

voûte à g. en venant de la ville la trace d'une barre qui y était 
encastrée et qui représentait, dit-on, la longueur de la Tizona, i'épée 
du Gid (d'autres prétendent que c'était le jalon d'une mesure cas- 
tillane). De là on domine la promenade dite paseo de los Cubos, suc- 
cession de bastions circulaires, garnis de bancs, au pied des rem- 
parts de la ville, et à Tabri du vent du Nord; les Burgalais en font 
leur promenade d'hiver. Plus bas, près de la rive dr. de l'Arlanzôn, 
le pasèo de la Isla est très fréquenté pendant la belle saison. 

Un peu plus bas et à quelques pas au delà de l'Arc de Fernân 
Gonzalez Véglise de Santa Agueda (ou Santa Gadca; PI. 2), du style 
gothique (à Tint., tombeau du fondateur à dr. du maître-autel; un 
autre forme la niche des fonts baptismaux). C'est ici que le Gid Ht 
entrer le roi don Alphonse VI, pour lui faire jurer qu'il n'avait eu 
aucune part à la mort de son frère don Sanche, tué devant Zamora. 
A TE. de l'église, dans la calle de los Cabos, le Seminario de San 
Jeronimo (PI. 8) a été érigé, en 1897, en Université ecclésiastique. Le 
nouveau. Palacio Arzobispal (archevêché) s'élève à l'angle de cette 
rue et de la nouvelle calle de Aparicio y Buiz qui aboutit à la plaza 
de Castilla d'où l'on peut revenir à la gare en passant l'Arlanzôn 
sur le pont de Gastille. 

Dans le faubourg de Vega, sur la rive g. de l'Arlanzôn, il nous 
reste à signaler : au n° 29 de la calle de la Calera, la * casa de 
Miranda (PI. 10), de 1545, type d'une maison de la noblesse au 
XVI* s.; le patio, avec portiques et frises sculptées, est encore très 
beau en dépit de l'état de délabrement où on l'a laissé; on monte 
par l'escalier, dont l'entrée oITre un joli encadrement, à la galerie 
du 1" étage d'où l'on domine le patio. A côté, au n** 27, la casa de 
AngulOy du xvi* s., avec un portail flanqué de tourelles et de croi- 
sées ornées de*sculptures. 

MONASTÈRE DE LAS HUELGAS (25 min. O. ; prendre au delà du pont 
de Santa Maria, la calle de la Merced et longer la rive g. de l'Arlanzôn 
jusqu'au chemin qrj, au delà de l'avenue de la gare, se dirige vers las 
Huelgas; du monastère aller à l'hôpital del Rey et revenir à Burgos par 
le pont de Malatos et le paseo de la Isla; aller et ret. 1 h. 30). — Par une 
1'" porte on pénètre dans le hameau qui entoure le couvent. Une 2« porte 
sous une tour accède à la cour, au fond de laquelle s'élève le couvent. 

Le monastère de las Huelgas fut construit vers la fin du xii® s., par 
le roi Alphonse VIII, sur l'emplacement d'un palais surnommé las Huelgat 
del Rey (les loisirs du roi). Placé directement sous le patronage royal et 
richement doté, il fut destiné dès sa fondation à recevoir cent religieuses 
nobles dos premières maisons de l'Espagne (elles sont soumises à la règle 
de l'ordre de Cîteaux et sont appelées dames : sefïoras donas). 

On ne peut malheureusement voir les cloîtres, la partie la plus intéres- 
sante de l'édifice, h'église, de style gothique, construite en 1219, sous Ferdi- 
nand III, présente du côté N. une belle four carrée et une galerie romano- 
ogivale ; elle est accessible du côté du transept N. par un porche gothique 
contenant de magnifiques sarcophages. — Capilla Mayor : au-dessus des 
stilles, trois belles tapisseries des Gobelins (xvi« s.); de chaque côté du 
maître-autel, en haut, statues agenouillées, à g., d'Alphonse VIII, à dr. 
d'Eléonore d'Angleterre, sa femme; à la voûte, reproduction de l'étendard 
mauresque pris par Alphonse VIII à la bataille de las Navas de Tolosa (1212) 
et que l'on conserve au couvent. — TJn mur avec une grande baie grillée 
sépare le transept du chœur des religieuses inaccessible au public On 



166 — [R. 16] Il DE SAINT-SÉBASTIEN A BURGOS. || 

remarque à côté de ce mur une très curieuse petite chaire en fer repoussé 
et doré du xiii* s. A travers la baie on aperçoit vaguement les tombes 
d'Alphonse VIII, de sa femme et d'autres membres de la famille royale et 
des tapisseries du xvi« s. 

Le lendemain de la Fête-Dieu a lieu dans ce monastère une proces.^fon 
pittoresque en mémoire de la victoire de las Navas de Tolosa sur les Maures. 

A 10 min. (à pied) O. de las Huelgas, l'Hospital del Rey, fondé par. 
Alphonse VIII, possède une porte d'entrée de style plateresque très riche- 
ment ornementée à l'extérieur comme à l'intérieur. A dr. de la cour s élève 
la maison des pèlerins {Casa de los Borneras), avec une porte et des fenêtres 
plateresques; de l'autre côté, une galerie à arcades sveltes et élégantes, 
couronnée d'une frise à médaillons, sert d'avant-corps à l'église; un porche 
gothique et une très belle porte en bois sculpté lui donnent accès. 

CARTUJA (CHARTR.EUSE) DE MIRAFLORES (© 5 k. env. E., 50 min. 
à pied; ouverte les j. ordinaires de 9 h. 15 à 12 h., de I h. 30 à 2 h. 30 et 
après 4 h. jusqu'à 7 h. en été, les j. fériés et dim. de 11 h. à 12 h., de 1 h 
à 2 h. 45 et de 4 h. 15 à 7 h. ; une voit, à 2 chev. 12 p. 50; pour ce prix, la 
voit, vous conduit ensuite au monastère de las Huelgas et à l'Hospital del 
Rey, deux édifices beaucoup moins intéressants que la Chartreuse ; il faut 
compter 3 h. env. pour toute la promenade). — La route passe par le fau- 
bourg de Vega (rive g. de l'Arlanzôn) et suit le paseo de la Quinta, long de 
2 k. et près de Textrémité duquel on prend à dr., croise le chemin de fej:,, 
passe sous VArco de la Vieja, arc ogival construit par Henri III et sur lequel 
sont sculptées les initiales J. C. R. R. R. (Jésus-Christ, Rédempteur, Roi 
des Rois), puis monte (vue étendue à g.) jusqu'à la porte du couvent. 

La Cartujade Niraflores, dont la fondation date de 1441, occupe l'empla- 
cemeni d'un palais de Henri III; après 1 incendie de 1451, elle fut recon- 
struite par Jean de Cologne et son fils Simon. L'église présente à l'extérieur 
dé Jolies fenêtres et un couronnement gothique. 

On entré (sonner) par une porte ogivale dans une galerie s'ouvrant sur une 
petite cour plantée où s'élève à g. le portail de 1 église du style ogival fleuri, 
avec deux grands écussons (à s;., de Castille et Léon ; à dr., de Don Juan II). 

L'intérieur, à une nef, du style ogival, est divisé dans le sens de la lar- 
geur en trois parties dont la !■■• sert pour les fidèles, la 2« pour les frères 
lâis, la 3^ pour les pèrès. — Dans la l'«, à g., Madeleine par Ribera, — Dans 
là 2''. stalles Renaissance sculptées par Simon de Bueras {\bh%). — Dans la 
3«, belles stalles gothiques, sculptées par Martin Sânckez (1488), et chaire en 
partie du xv« s. Devant le maîire-autel, magnifique * mausolée octogone en 
nâarbre blanc (statues couchées du roi D. Juan II et de la reine D» Isabel 
de Portugal), œuvre de Gil de Siloé (1489-1493), orné d'une profusion de 
sculptures et statuettt-s et entouré d'une belle grille. — * Maîtré-autel, belle 
œùVre de Gil de >>ilùé et de Diego de la Cruz (1496-1499), orné de statues 
et dé sujets tirés de la vie du Rédempteur; au milieu, le Christ, avec 1^ 
V. et St Jean, est surmonté d'un pélican nourrissant ses petits; dans les 
ahglèâ inférieurs, à g., le roi Jean II et, àdr.,la reine Isabelle, son épouse; 
il est richfenlefit doré, av«e le premier or, dit-on, qui arriva d'Amérique; 
ce fut la reine Isabelle qui le fit élever ainsi que le mausolée et le chœur. 
— A j*., Télégânt * tombeau en albâtre de l'infant Alonso, frère d'Isabelle la 
Catholique '{f 1470, à l'âge de 16 ans), est une autre œuvre importante d« 
Giî de Siîoé (belle Statue agenouillée du prince dans la niche décorée de 
gTiipures d^albàtre; grille, par Frap Francisco de Salamanc'a). Au mur à dr, 
de l'autel, grand triptyque flamand (fin du xv« s.). A g., Annonciatî^tn, de 
Jà. CèYezo. A g., dans la chap. de Saint-Bruno, sur l'autel, statue de St Bruno, 
par Per^ira. 

{À 3 k. plus loin le couvent de San Pedro de Cardem conserve la sépul- 
ture vide du Cià et de sa femme.] 

À B BAYÉ 0€ SAt»îT'0 DOMINGO 0€ S41.0S (50 k. emv. S. de Burgns ; ii 



GARTUJA DE MIRAFLORES [R. 17] — 167 

faut toute une journée pour l'atteindre). — Une diligence (5 p.; dép. callo 
de la Merced), qui part le matin de Burgos, mène en 4 h. 30 à Barbaaillo 
del Mercado en suivant d'abord la route de Madrid, puis celle de îSona à 
travers un pays âpre et désert. Là on trouve les mulets que l'on a demandés 
d'avance à labbaye et l'on gagne en quelques heures, par des sentiers de 
montagne qui contournent le Penon de Garazo, le monastère de Santo 
Domingo de Silos, ancienne abbaye occupée depuis 1881 par des bénédic- 
tins français de Solesmes et de Ligugé (on y reçoit l'hospitalité moyennant 
une olfrande; les dames ne peuvent entrer). Elle renferme un beau cioitre 
roman à deux étages construit du milieu du xi® s. au comraenc. du xiii* s. 
(p. Lxvj ; les chapiteaux très ouvragés sont dus en partie à des ouvriers 
mauresques ,*les piliers des angles oS'rent des bas-reliefs de sujets bibliques, 
œuvres de sculpteurs toulousains des xii" et xiii» s. Le plafond en bois 
artesonado de la fin du xiv« s. est orné de curieuses peintures. — Le trésor 
contient encore quelques objets de valeur, notamment un calice en argent, 
travail mauresque du xi« s. 

La musique est très cultivée dans l'abbaye de Silos et Ton peut y entendre 
le chant grégorien dans toute sa pureté. 



De Burgos a Valladolid, R. 18 ; — a Madrid, R. 18 et 19. 

Distances par la route, de Burgos à : — Saint-Sébastien, 229 k. ; — 
Logrono, 116 k. ; — Calatayud, 240 k. ; — Madrid, 242 k. ;— Valladolid, 167 k.; 
— Palencia, 122 k.; — Santander, 157 k. ; — Bilbao, 179 k. 



Route 17. — DE BILBAO A SARAGOSSE 

A^ 344 k. en 9 h. 10 env. par Texpress, en 12 h, env. par le correo; 48 p., 
32 p. 25, 19 p. 35. 

Auto-cyclisme : — ^ 318 k.; route en général bonne et très pittoresque 
jusqu'à Logrono. — On sort de Bilbao par le quartier de Achuri; 9 k. 
Galdicano ; tourner à dr. ; au k. 16 laisser Lemona à g. — 21 k. Yurre. 
laisser à g. la route de Dima. — 27 k. Villaro. — 31 k. Ceanuri; montée de 
7 à 12 0/0 avec de nombreux lacets (belle vue à dr.). — 39 k. Alto de 
Barazar. — 43 k. 7. Urbidea; nouvelle montée moins dure. — 44 k. 2. Sta 
Engracia, limite des provinces de Vizcaya et d'Alava (remboursement des 
droits d'octroi, visa du reçu, péage de 5 p.). — 55 k. Luco. — 62 k. Gamarra; 
pont sur le Zadorra. — 66 k. Vitoria (sortie par la route de Castille). — 83 k. 
La Pus b la de Arganzôn. — 90 k. Arminan (péage provincial); on laisse 
la route de Miranda de Ebro pour prendre à g. — 97 k. Zambrana\ an 
Jeu avant Brinas on tourne à dr. et on traverse TEbre. — 98 k. Haro. — 
i02 k. Gimeleo, point de jonction de la route de Santander ; à g. la voie 
ferrée; 4 k. après (122 k.) Fuenmayor, on joint la route de Burgos. — 144 k. 
Logrono (sortie par la calle de Espartero) ; route presque plate. — 174 k. 
Ams^jo; montée, descente sinueuse. — 193 k. Calahorra, — 216 k. Alfaro 
(péage 5 p.). — 235 k. Tudela (sortie par la calle de D. Juan Sodevila); 
au k. 251, péage provincial. — 259 k. Malien; route désormais plate, sol 
médiocre et parfois mauvais. — 292 k. Alagôn. — 318 k. Saragosse. 

La voie pénètre sous un tunnel (986 m.)» puis passe dans la jolie 
vallée de la Pena (usines et moulins animés par le Nerviôn). 

7 k. Dos Caminos, X ligne de Bilbao à Saint-Sébastien (p. 138). 
— 10 k, Arrigoriaga (église du xi° s. érigée à la suite d'un combat, 
en 848, contre Tinfant de Castille don Ordono; son tombeau est 
auprès de la porte). — Viaduc et tunnel; 8 ponts. — 15 k. Mira- 



168 — [R. 17] 



Il DE BILBAO A SARAGOSSE. || 



valles, — 34 k. Amurrio et, à dr., sur le Nerviôn, Luyando (sources 
ferrugineuses). La voie est dominée à dr. par les roches abruptes 
de la Peha de Gorbea (1,538 m.); à g. on aperçoit toutes les sinuo- 
sités de la boucle de 45 k. que l'on va parcourir, pour monter de 
249 m. à 625 m. d'alt. 

39 k. Orduna, vieille ville, jadis fortifiée, de 3,300 hab., à 285 m. 
sur le Nerviôn, au pied des rochers calcaires de la Pena de Orduna 




(1,950 m,). — La voie fait un grand détour de 15 k. sur le flanc des 
montagnes et jusqu'au fond du cirque qu'elles forment autour de 
la plaine d'Orduna. Au sommet de la courbe, se trouve à g. le vil- 
lage de Delica. — Viaduc sur le Nerviôn, qui prend sa source à peu 
de distance, dans les rochers du mont Santa Agueda. — Deux petits^ 
tunnels. — On aperçoit à g. Orduna au fond de la vallée profonde 
de plus de 120 m. — 55 k. Lezama, — La voie monte par une pente 
de 14 mm. sur 17 k. au flanc des montagnes qui dominent à g. 
l'immense vallée de TOrozco, plantée de forêts, décrit une série de 
courbes, revient presque sur elle-même et rencontre 3 tunnels. - 
64 k. Inoso. — On revoit, à g., la vallée rocheuse de l'Orozco; tran- 
chée; point culminant de la ligne (625 m.) à l'entrée du tunnel 
creusé dans la montagne de Gujuli. — 70 k. Izarra. — La voie, 
resserrée dans un bois de chênes* décrit une courbe. — 82 k. Zuazo 
(sources sulfureuses), — Sur la g., Catadiano et Anda^ dont les églises 



Il ORDUNA. — LOGROSO. || [R. 17] — 169 

ressemblent à des forteresses, — La voie descend la vallée du 
Bayas qu'elle franchit à plusieurs reprises. — Tunnel; défilé de 
Techas. — 89 k. Pobcs. — A dr., vieux manoir de San Pelayo. 

104 k. Niranda de Ebro (i) (hôt Troconiz, bon), X sur Saint- 
Sébastien-Burgos (R. 16). 

Au sortir de Miranda, la voie franchit TEbre. — 117 k. San Felices. 
— On quitte la plaine pour pénétrer dans le défilé de Las Couchas 
de Ebro; deux tunnels. — A Thorizon, sierra de la Demanda avec 
le Cerro de San Lorenzo (2,305 m.), sierra de Nielo, et Pico de 
Urbion (2,255 m.); à g., l'Ebre aux grandes sinuosités. 

125 k. Haro (hôt. : Suizo, pens. 6 p.; ia Adela), 7,922 hab., sur 
la rive dr. de TEbre (vin estimé). 

[Santo Domingo de la Calzada (18 k. S. ; dilig. 1 p. 50) a une Collégiale 
romano-gothique (à Tint., triptyque flamand du début du xvi* s.; tombeau 
de Pedro de Carranea, de 1517 ; retable en bois sculpté par Damiàn Forment.) 

On franchit le Tirôn. — 132 k. Briones, 2,872 hab., sur le pen- 
chant d'une colline qui domine l'Ebre. — 137 k. San Asensio (le 
bourg est à dr. hors de la vue); dans l'église, remarquable retable 
de 1569, par Pedro Arhulo Marguvete. — On franchit la Najerilla. — 
129 k. Cenicero, 2,508 hab., au milieu d'un pays planté de vignes. 

[La Guardia (@ 10 k. N. par El Ciego), sur la rive g. de l'Ebre, au pied 
des montagnes ae la sierra de Tolono, vieille ville aux remparts flanqués 
do tours, jouit d'un doux climat (culture du mûrier, récolte de la soie). 

Nâjera (@ 10 k. S.-O.), petite ville de 2,800 hab., sur le Najerilla, est une 
ancienne résidence royale, où fut couronné, en 1217, le roi don Fernando II. 
C'est en réalité sous ses murs que se livra la bataille qui porte le nom de 
bataille de Navarette ( V. ci-dessous). Dans l'église (xi® s.) du couvent de 
Santa Maria, sont les tombeaux des rois de Navarre, de Castille et de 
Léon (à remarquer les sculptures du mausolée de don Sancho III [1157] et 
de dona Blanca). — A 17 k. S.-O., abbaye de San Millàn de la Cogolla, 
fondée en 537, rebâtie au xvi» s. dans le style de Herrera (dans la chapella, 
reliquaire de St Millan, de 1035, intéressant retable et tableau de Juan Hizi).] 

159 k. Faenmayor, dans une plaine fertile. 

[Navappete, à 6 k. S., petite ville qui donna son nom à la célèbre bataille 
dans laquelle Henri de Transtamare et Du Guesclin furent battus par Pierre 
le Cruel et le Prince Noir (1367).] 

173 k. Logrono (hôt. : Grand-/fd<e/, ouvert en 1914. confort 
moderne, jardin, gar. ; def Comercio; de Paris), 19,237 hab., ch.-l. 
de prov. de Vieille-Castille, à 320 m. d'alt., au centre des vigno- 
bles de la Rioja. — Eglise de Santa Maria del Palacio, fondée au 
xu" s. (dans le chœur, boiseries et fresques du xvnr s.) ; église de 
Santa Maria la Bedonda, du xv* s. — Sur VEspolôn^ statue équestre du 
général Espartero qui naquit à Logrono et y résida après sa régence 
jusqu'à sa mort (1879). — Pont sur lEbre, construit en 1183 par 
le dominicain Juan de Ortega. 

Pont sur riregua. — - 182 k. Becajo. — Pont sur laLeza. Au bas du 
remblai on aperçoit le village de Agoncillo, l'ancienne ville romaine 
d'Egon (château avec 4 tours). — A l'horizon se dessinent au loin 
les Pyrénées. — 195 k. Mendavia. — 202 k. Alcanadre. A g., vestiges 
d'un aqueduc romain. — 209 k. Lodosa, —-La voie franchit l'Ebra* 



170 — [R. 18] Il DE BURGOS A MEDINA DEL CAMPO. || 

222 k. Calaborra (hôt. : Epinosa; Inclan), 7,723 hab., dominant 
la rive p;, du Zidacos. C'est l'ancienne Calagarris Nassica des Ibères, 
la patrie de Quiniilien, jù Seriorius soutint, mal'rré les horreurs 
de la famine, un long siège contre Pompée. Rome fut tellement 
émue de cet héroïsme féroce que la famés calagurritana y devint 
proverbiale. C'est là que Bertrand Du Guesclin, en 1366, proclama 
roi de Castille don Henri de Trastamarre. — Cathédrale, rebèitie vers 
la fin du xv** s. par Maestro Juan. 

[Arnedillo (^ 27 k. S.-E., par Arnedo) possède deux établissements de 
bains au pied d'une montagne rocheuse nommée la Encineta; les eaux 
chlorurées sodiques, bromurées et lithinées (44-48°) sont recommandées pour 
les rhumatismes et les affections traumatiques.] 

Pont sur le Zidacos. — 235 k. Rincon de Soto. — A g. sur la hau- 
teur, Milagro (p. 97). — Pont sur TAlama. — 244 k. Alfaro (belle 
église collégiale en briques, du xvii® s.). 

250 k. Castejôn (g), jonction avecla ligne de Pampelune-Alsasua 
(R. 9, 2^. 

344 k. Saragosse (R. 9, 2°). 



Route 18. — DE BURGOS A VALLADOLID 
ET A MEDINA DEL CAMPO 

^ Nord 163 k. ; en 3 h. 20 par les express, en 5 h. par le train-correo (l'», 
2e, 3« cl.). -- 20 p. 20, 15 p. 35, 9 p. 20 ; suppl. par le Sud-Express, 7 p. 60. 

Auto-cyclisme : — @ 170 k. ; route presque plane, poussiéreuse. — On sort 
de Burgos par la calle de la Merced. — 8 k. 3. San Marnés. — 10 k. Quin- 
tana. — 20 k. Estepar. — 29 k. Villanueva de las Carrelas. — 42 k. Barrio 
de Muno\ montée de 6 0/0 durant 800 m. — 53 k. 5. Quintana del Puente; 
passage à niveau et pont sur l'ArlanzcSn. — 65 k. 4. Torquemada ; la route 
est toujours médiocre. — 76 k. Maqaz. — A (85 k.) Caïabazanas on rejoint 
la route de Santander à Valladolid, et Ton passe à (90 k.) Duenas et à 
(109 k.) Cabesôn. — 122 k. Valladolid (sortie par le paseo de Zorilla); 
route assez bonne jusqu'à Médina. 134 k. Puente Duero. — 143 k. Vil» 
lanueva de Duero. — 150 k Serrada ; laisser à dr. la route de Tordesillas. 
— 156 k. La Seca. — 170 k. Médina del Campo. 

La voie longe à dr. les murs du domaine de las Huelgas 
(p. 165) et parcourt la vallée de TArlanzôn. — 10 k. Quintanilleja. — 
Pont sur l'Arlanzôn. — 20 k. Estepar^ à dr., près du confluent de 
l'Hormaza et de TArlanzôn. — 42 k. Villodrigo (pyramide en 
mémoire du monastère de Saint-Vincent, qu'occupa le roi Wamba 
et où ses cendres furent conservées avant leur transfert à Tolède). 
— Pont sur le confluent de TArlanza et de l'Arlanzôn. — 64 k. 
Torquemada, petite ville à 741 m. (vin renommé), à dr. — Pont 
(122 m.) sur le Pisuerga. 

85 k. Venta de Banos (D, à 722 m. d'alt. ; X pour Santander, 
Leôn, Oviedo, Monforte, La Gorogne et Vigo. 

[A 1 k. de la ^are, à côté d'une fontaine, une petite église visigothe de 
Saint- Jean- Baptiste (restaurée) a été construite en 661 par le roi Recesvinto.] 



Il VENTA DE BASÎOS. — REINOSA. || [B. 18] — 17J 

DE VENTA DE BANOS A SANTANDER ('^ Nord 230 k. en 6 h. 45 par 
le corroo-e>:[>ress; eu 9 n. 30 par lo Lrain mixte, l*"®, '2® et 3* cl. : 32 p. 25. 
22 p. 90. 1-2 p. 95). — La voie se dirige vers le N. — 11 k. Palenda (p. 193): 
à g. ligne de Galice. — La voie traverse la plaine immense et dénudée de 
la tierra de Carnpos, au milieu de laquelle s'élève un monticule conique 
avec l'ermitage du Cristo de l Olmo (xii« s.). — On laisse à g. Busillos auprès 
du confluent du Carriôn et de l'Ucieza. 

24 k. Monzôn de Campos, à dr.. dans la plaine dominée au N. et à l'E. 
par deux collines que surmontent deux châteaux ruinés, est une ancienne 
résidence royale (vieux palais de rAitamira). — Pont sur TUcieza. — 33 k. 
Atnusco (grande et lourde église avec un maître-autel large et haut, orné 
de statues en bois doré). — 38 k, Pina de Campos (ruines d'un château cré- 
nelé, couronné de 8 tours rondes). — On franchit TUcieza et le canal de 
Castille. — 45 k. Frômista (église Saint-Martin de 1066; grand retable du 
xve s.). — 56 k. Las Cabanas; à 60 m. à l'O., vieille tour carrée à 4 étages, 
haute de 40 m. 

62 k. Osorno, dans une plaine fertile, arrosée par TAbanades, que fran- 
chit la voie. — Pont sur le Buedo. — 72 k. Èspinoza de Villaqonzalo^ 
ancienne petite ville murée. — Remblai de 2 k. puis profonde tranchée 
pour franchir le massif de San Cristobal (860 m.) laissant à dr. le village 
de ce nom et à g. Santa Crux de Boedo: descente vers le Pisuerga qu'on 
traverse. — 85 k. Herrera (ruines d'un château). — On aperçoit au loin à dr. 
le sommet des montagnes de Ona et de Pancorbo. — 91 k. Atar-San Quirce 
(entrepôts de blés et de farines), où aboutit la branche du canal de Castille, 
venant de Valladolid. — Se placer à g. — 101 k. Mave. — A la hauteur de 
Villaeseusa la vallée se rétrécit et la voie pénètre dans le Congosto, gorge 
étroite en entonnoir, formée par de belles roches verticales; on franr-hit 
trois fois le Pisuerga et on débouche dans une plaine cultivée. — Deux ponts 
sur le Cameta. 

110 k. Aguilar de Campôo, peut-être l'antique ville romaine de Vellica^ 
aa pied de deux collines couronnées par des châteaux en ruines, a joué uu 
rôle dans les agitations du moyen âge; les Rois Catholiques érigèrent le 
bourg en margraviat et le donnèrent en fief à Fornandez Manrique qui y 
recueillit Charles V de 1517 à 1522; on y voit les restes de son enceinte 
fortifiée, de son château, et dans les églises Santa Cecilia, de style roman, 
et San Miguel, des tombeaux des xii®-xvi* s. — A 30 min. O. monastère de 
Santa Maria la Real, du xiii® s. (p. lxvii). 

116 k. Quintanilla, X POur (13 k.) Baruelo, village minier. —Deux ponts 
sur le Cameta. 

122 k. Mataporquera (g), où l'on croise la ligne de Bilbao-Valmaseda 
(p. 144). — A dr. belle vallée et village de Hormiguera. — La ligne tnonte 
sur le flanc de la sierra de Sepos, Jusqu'à (131 k.) Pozazal, où elle atteint 
son point culminant (984 m.). Traversant les monts ibériques et cantabri.(ues, 
•elle devient excessivement pittoresque et offre de superbes échappées. On 
aperçoit sur la g. le viaduc de Cervatos (12 arches) et Cervatos dont l'église 
collégiale est l'un des plus intéressants spécimens de la période romane 
secondaire fxi« s.; groupes de grotesques au portail, aux frises, aux chapi- 
teaux). — Pont sur le Hijar. 

U2 k. Reinosa (g), petite ville fort ancienne de 5,000 hab., séjour d'été à 
847 m. (verrerie, minoteries: grande foire de S. Mateo); à 4 k. O. pitto- 
resque source de l'Ebre, à Fontibre. — La voie franchit TEbre sur un pont 
en fer de 5 arches, entre dans un tunnel de 1,276 m., le premier et le plus 
important des 22 existant entre Reinosa et Barcena, et suit le cours du 
Besaya. Une courbe à g., avec un tunnel de 471 m., contourne le village de 
Caîietla. On est dans une gorge sauvage, dominée par des collines boisées. On 
contourne Lnntueno et on franchit le Besaya, un peu avant (152 k.) Santiurde, 

La voie se trouve alors sur le flanc des montagnes, à une grande hauteur 
au-dessus du Besaya et descend par des pentes de 12 à 15 mm. au milieu 



172 — [R. 18] Il DE BUBGOS A MEDINA DEL GAMPO. || 

de belles roches calcaires. — 156 k. Pesquera. Les tunnels se succèdent. 
Après celui de Campo postrero on voit à dr. la vallée de Barcena qui se j 
trouve à 2 k. 5 en ligne droite (16 k. par ch. de fer). On passe au-dessous f 
du village de Media-Concha. — 165 k. Montablis, station de prise d'eau. La 
voie décrit une courbe au fond de l'espèce de cul-de-sac formé par la vallée 
de Media-Concha, franchit le Galcrôn et revient par le versant N. — Courbes 
successives en n pour contourner le vallon de Pujayo. — Pont sur le 




Pujayo. — Le village du môme nom' est au-dessus de la voie, à g. On est 
revenu en face du village de Barcena, mais la voie continue à contourner 
la vallée, pénètre dans un nouveau cul-de-sac, passe en tunnel sous le 
hameau de las Llosas, laisse à g. le village de Villordun, décrit une courbe 
de 2 k. 5 dans des tranchées de roches rouges, qui la ramène, en face et 
au-dessous de las Llosas, au hameau de la Real où se trouve le 22* tunnel. 
Un dernier détour nous ramène dans la grande vallée où on franchit le lit 
rocheux du Besaya. ^ 

l'75 k. Barcena (^, à 287 m. — 178 k. Portolin. — 180 k. Santa Cruz, dans- 
une vallée parsemée d'usines. — 183 k. Las Fraguas; à g., villa du marquis 
de Moriano. — Gorge de Media Hoz (4 tunnels), débouchant sur la riante 
vallée de Buelda. — 196 k. Las Caldas de Besaya (sources thermales chlo- 
rurées sodiques; Gran Hotel;k mi-côte de la montagne, ancien couvent, auj. 
maison de correction). — Gorge, puis belle vallée (à g., mines de calamine 
de la Real Asturiana de Reocin). 

202 k. Toprelavega (hôt. de Horga\ de la gare, belle vue), ville indus- 
trielle de 7,800 hab., à 3 k. O. de la station; X sur Oviedo (p. 151). 

La voie franchit le Pas. — 210 k. Renedo, d'où Ton peut aller aux bains 
de Puente Viesgo et d'Ontaneda (p. 151). — On atteint, le bord S. de la baie 
de Santander. — 219 k. Guarnizo et château de VAstillero. — Beau pano- 
rama sur Santander et la mer. — 222 k. Boô. 

230 k. Santander (R. 15).] 

De Venta de Banos a Palencia, Leôn, Oviedo et Gijôn, R. 20; — a la 

COROGNE, ViGO ET St JaCQUES DE COMPOSTELLE, R. 21. ^ 

La voie franchit le Garriôa en deçà de son confluent avec le Pisuerga 
et se déroule entre la rio Pisuerga et le canal de Gastille (à dr.). 

91 k. Duenas, à dr. sur les pentes"^ d'une colline au pied de ; 
laquelle passe le canal de Gastille. Eglise du xin** s. (au maître- ; 



IIVALLADOLID.il [R. 18] - 173 

autel, retable gothique). Couvent de San Tsidro, fondé au x* s. 
(curieuse éi::,lise à coupole avec belle façade). — Nombre d'habita- 
tions, signalées seulement par leurs cheminées, sont pratiquées 
dans la colline même. 

105 k. Corcos-Aquilarejo; en face, ruines du couvent de Santa 
Maria de Palazuelos. — 109 k. Cabezôn, étage au flanc de la mon- 
tagne pelée d'Altamira (château en ruines). — Pont de 9 arches 
(153 m.) sur le Pisuerga; pont sur rEsguevn. 

121 k. VALLADOLID, ville de 71,066 hab., ch.-l. de la province 
du même nom et siège d'un archevêché, est située à 694 m. d'alt., 
sur la rive g. du Pisuerga, à son confluent avec l'Esgueva et tout 
à côté du canal de Castille. — Son université (près de 1,000 étu- 
diants) peut passer pour la troisième de la Péninsule. — L'indus- 
trie y a pris un développement considérable. 

Valladolid, qui précéda Madrid dans le rôle de capitale du 
royaume, mérite encore, toute déchue qu'elle soit de sa primauté, 
d'arrêter le touriste. Elle a de beaux édifices, témoins de son 
ancienne splendeur, et un musée où trois des plus grands artistes 
espagnols du xvi" s., Berraguete^ Juan de Juni et Hernandez^ sont 
représentés par plusieurs de leurs meilleurs ouvrages. 

Poste : — calle Mendizâbal. 
Télégraphe : — plazuela de Santa 
Ana, 3. 
Trams : — de la pi. de la Constitii- 



ciôn à la gare du Nord, à la gare de 
Rioseco, au Cimetière, à la plaza de 
Toros; du paseo de Zorrilla à la 
Rubia. 
Théâtre : — de Calderôn, 



Hôtels : — Inglaterra, calle Dona 
Maria de Molina, 2 (dep. 9 p. par j.; 
asc. ; gar.); — Moderno, pi- de la 
Constituciôn (bon; pens. lo p.); — de 
France, calle de Teresa Gil, 23 (8 p. 
par j., chauff., asc, bains); — Vic- 
toria, calle del Peso, 4 et 6; — Bs- 
panol, calle de la Pasion, 4 (dep. 6 p. 
par j.); — CastUla, calle de la Con- 
stituciôn, 6; — Impérial, pi. Mayor 
(dep. 5 p. par j.). 

Histoire. — Valladolid, dont le nom apparaît pour la première fois dans 
les chroniques sous le nom de Belad Valed (Terre du Vali), à l'époque de 
la domination arabe, fut, à partir du xiii® s. et pendant longtemps, la rési- 
dence du gouvernement de la Castille, la ville préférée des rois. C'est à 
Valladolid que fut célébré, en 1469, le mariage de Ferdinand le Catholique, 
roi d'Aragon, et d'Isabelle, héritière de Castille. En 1560, Philippe II décida 
de faire de Madrid la capitale et d'y installer la cour, mais Philippe III 
revint en 1601 à Valladolid et le gouvernement y siéga de nouveau; plus 
tard, l'avènement de Philippe IV (1621) rappela la cour à Madrid et Valla- 
dolid ne fut plus qu'une des résidences royales. 

Insurgée contre les Français en 1808, cette ville fut prise par eux, le 
12 juin, et Napoléon y tint son quartier général en 1809. 

Christophe Colomb mourut à Valladolid en 1506, 

ITINÉRAIRE. — - En face de la gare, une courte avenue conduit 
à la belle avcnidade Alfonso XIÎI, bordée à dr. par Vacera (trottoir) 
de Recoletos et à g. par le paseo de VAlaineda. A Tentrée, beau et 
grandiose monument de Christophe Colomb par Susillo, érigé en 
1905. A l'autre extrémité, statue du poète Zorrilla par Carretero. — 
A g. s'étendent les beaux jardins du Campo Grande avec des 
fontaines et un petit lac. — A dr. par la cailc de Miguel Iscar on 
va voir au n" 14 de la calle del Raslro (2" rue à dr.) la maison qua 



174 — [R. là] Il DE BURGOS A MEDÎNA DEL GAMPO. || 

Cervantes habita en lôO"); auj. elle appartient à l'Etat qui doit y 
insaller un musée. De l'âvenida, la catle de Santiago (suivie par le 
trarn) aboutit à la plaza de la Constiiuciôn ou plaza Mayor, entourée 
de ^^aleries à portiques et dont le plan actuel fut conçu au xvi'' s. 
après le grand incendie de 1561. On y voit une statue du comte 
Pedro Ansûrez par Carretero (1904). Au IN. est VAyuntamiento, édifice 
moderne. G est sur cette place qu'avaient lieu les exécutions et les 
combats de taureaux et que Philippe II fit célébrer, le 6 cet. 1559, 
le premier auto da fé, resté mémorable. 

A TE. de la place de la Constitution est la petite plaza M Oçhq,po 
où fut exécuté, en H53, le grand connétable Alvaro de Lijn^, 
favori de Jean II, abandonné par son maître après de longs service»?. 

A l'E. de la place de l'Ochavo se trouvent la plaza de la Fuente 
Dorada et, plus loin, U cathédrale. 

La cathédrale (PL 1), élevée sur l'emplacement de l'ancienne 
collégiale du xi° s., fut commencée sous Philippe II, qui chargea 
Herrera, en 1585, d'en faire les plans; mais, après' la mort de ce 
prince, les travaux furent arrêtés et l'église ne fut j&mais terminée i 
telle qu'Herrera l'avait projetée. La façade se compose de deux J 
corps d'ordre dorique. Des quatre tours, la seule terminé^ ^'écroula j 
le 31 mai 1841, mais fut réédifiée. 1 

Intérieur. — Le style est d'une sobriété excessive, propre à Herrera. — 

Coro : stalles Renaissance, dénuées de sculptures, du couvent de San Pablo, 
faites sur les dessins d'Herrera. — Maître-autel: Assomption, par Zacavias 
Velazquez. — Chapelle à l'extrémité de l'aile g. c tombeau du comte Pedro 
Ansûrez, seigneur et bienfaiteur de Valladolid ; chap. S. José, à dr. du tran- ; 
sept : statues en marbre de la famille de Vineros. — Sacristie (pourboire) : , 
belle * custodia (tabernacle en argent), haute de 5 m. et pesant 63 kilog,, \ 
chef-d'œuvre de Juan d^Arfé (159u); le sujet principal représente Adam «t 
Eve dans le paradis terrestre; petite custodia plus ancienne, en bronze et 
arg:ent. — Salle Capitulaire avec stalles Renaissance (figures de Saints). "- ^ 
Dans les archives on peut voir La maquette de la cathédrale telle (ju'Her- 
rera l'avait projette. 

Au N.-E. de la cathédrale, sur la plaza de Santa Mavia, Péj^lise \ 
Santa Maria la Antigua (PL 2), fondée au x« ou xi* s., mais :• 
datant pour la plus grande part dans son état actuel dn xin® s„ j 
offre un intéressant mélange de roman et de gothique; 1^ cjoehêf i 
est roman, ainsi que le cloître, récemment restauré. '^ 

Intérieur (en restauration) remarquable par ses colonnes et • les trois 1 
absides terminales. — Maître-autel ; sculptures par Juan de /wn/(i556). > 

Sur le côté opposé de la place (S.) VUniversité <PL 9) a été bâtie j 

au xvH" s. dans le style baroque; on y ajoute de nouveaux bâti- J 

lïieiiis ; elle compte 4,000 étudiants env. La Bibliothèque a 35,000 vol. , 

et 500 manuscrits dont un : les Commentaires de Beatus sur l'Apo- j 

cals psie, date de 970. ] 

À qi]i»b|ues min. S.-G. de l'Université, sur la plazuela de Belen^ i 
raiicnn ^Co'efiio Mayop de Santa Cruz(PL 10) a été construit 

h la Un du xv ' «. par Enriqne de Egas dans le style plateresque, ■ 
iii.i s su :s i'inOîK^iKf* triarquée du style guthicjue. Ldi façade est par- 
ticaii«ieiiient intéressante : portail avec au-dessus de la pi)rte 



Les Guides Bleus 



LIBRAIRIE HACHETTE 




LEGEMΠ

\CçdJvédraU> B.2. 

ZJB^cUS*f^Maria laAjtU^fnau B.2. 

3 zai Scuv Mariùt^ B.l. 

kid. Sarv ntblo Bl. 

5>ûd dBloyMaffdtOma, Cl 2. 

6 id. JV^-S^flara. de las 

An^iLstias . B.2. 



Jn^I^Use de S^enilo (ûtseme}. _ . A.2. 

^raladoReal B.l 

9 l^iàvnsiié.SOtlMhéyae.^ B.2. 

\OCbSeffe de S^f^O-ux^.Jtusee C.2. 

W ..id. ScavGretfaio B.l. 

\Z77iéâlm Calderan, _._B.2. 

XiM^de>Ceryajttés B.3. 

14 Auuntamicnto A-2. 

ViMàisorvde Faiio JVeBi A.l. 

\^fhAte cuLOû lettres B.2. 

17 T^lèffrapTie A2. 

i&Siahtede'Zoj^'lla^- A3. 

TVincipaux hôlds 

'^Jf:rtel Modemo. .-... 

% < delnnlaterm/ 

r- fc 



.B.2, 
-A.2 
-B.2. 



200 SÔo ~lôé mètres 



ii^iis Imp. Jh(/rénoi/, Boris . 



1( VALLADOLID. || [R. 18] - 175 

l'image du fondateur, l'évêque de Mendoza, agenouillé devant la 
Vierge; magnifique corniche avec balustrade. Cet édifice renferme 
le Musée. 

* Nusée (ouvert t. 1. j. de 9 h. à la nuit). — Rez-de-chaussée. — Cloître, 
sous les arcades à g. et en face : sculptures en bois par Berruguete, qui les 
exécuta de 1526 à 1533 pour le couvent de San Benito . Sacrifice d'Abraham, 
St Augustin, St Benoît, St François, St Paul, pa.r fferruguete; Ste Thérèse^ 
Pietà, Baptême du Christ (relief) par Gregorio Hernandes (f 1636); cadavre 
en décomposition, par Gaspar Becerra (1520-1590). 

Quelques chambres attenant à ce cloître renferment le Christ au tombeau 
(groupes de figures en ronde-bosse ; remarquer la vérité anatomique du corps 
du Rédempteur et les figures de la Vierge et de St Jean), par Juan de Juni 
(f 1566), et une série de figures en bois (notamment le Cyrénéen par Her» 
nandez), que l'on promenait jadis par les rues dans les processions de la 
Semaine Sainte. Ces figures, exécutées avec une verve presque brutale, 
seraient l'œuvre de Gregorio Hernandez et de ses élèves; elles représentent, 
outre la crucifixion même, tous les acteurs de la Passion, jusqu'aux sou- 
dards et aux gens du peuple qui insultent Jésus que l'on conduit au sup- 
plice : « Jamais, — dit M. Rouanet, — je n'ai vu traduire avec une vérité 
aussi crapuleuse les joies et les basses passions de la plèbe ». La statue de 
St Benoît est de Berruguete. 

Grand Salon : au iond et sur les côtés, stalles du chœur de San Benito, 
par J. de Najera (et non Berruguete), qui y déploya un rare talent d'orne- 
maniste; statues agenouillées, en bronze, du duc et de la duchesse de 
Lerma, par Juan de Arfelp. lxxxiv). — Crucifix, appelé le Cristo de la Luz, 
chef-d'œuvre de Hernandez. — Sur les chevalets, peintures de Alonso Ber- 
ruguete (xvi« s.), etc. 

l^"" étage. — Galeries et Salles : peintures, notamment de curieux 
tableaux sur cuivre et des tableaux de V. Carducci (xvii« s.). 

Bibliothèque : env. 30,000 vol. provenant en partie des couvents sup- 
primés; portrait du cardinal de Mendoza, fondateur du collège. 

2« étage. — Salles : coff'res espagnols; tableaux en nacre; objets d'art 
du moyen âge (crucifix en émail d'école limousine); sépulcre et linceuls d'un 
prinf'e du xiii" s.; bois sculptés, notamment un retable anversois du début 
du XVI» s. et quelques œuvres de Berruguete ; quelques tableaux espagnols 
du xv« s. 

Au N.-E. du Musée, la calle de Cristohal Colon conduit à Véglise 
de la Magdalena (PI. 5), du xvi* s. (à la façade, immense écusson; 
à Tint., beau retable par Esteban Jordan, 1597). — Au N.-E. de 
l'église s'étend la promenade du Prado de la Magdalena, 

De l'église de la Magdalena la calle de la Audiencia, puis la ealle 
de Padilla conduisent au *Colegîo de San Gregorio (PI. 11), con- 
struit de 1488 à 1496, dévasté par les Français dans la guerre 
d'Espagne. La façade, d'un gothique fleuri intempérant, présente 
un portail d'une ornementation surchargée. 

On entre dans un petit patio, avec, au-dessus de l'entrée, une très jolie 
fenêtre, puis à dr. dans un magnifique patio, avec colonnes torses suppor- 
tant un loggia très ornée (décoration plateresque somptueuse; frise ayant 
pour motif les flèches et le nœud gordien des armes des Rois Catholiques). 
On accède à l'étage supérieur par un magnifique escalier. Les fenêtres et 
portes ont une ornementation gothique fleurie. Dans la salle servant jadis- 
de bibliothèque, beau plafond artesonado. 

A côté de San Gregorio, à l'angle de la plaza de San Pablo^esl 
l'église de San Pablo (PI. 4), qui date en plus grande partie du 



176 — [R. 18] II DE BURGOS A MEDINA DEL GAMPO. || 

XV* s., mais a été remaniée au xvii* et restaurée au xix* s. La 
façade, de la dernière époque du gothique (fin du xv* s.), est «d'une 
ornementation surabondante. 

A Tint., belle voûte; tombeaux par A. Berruguete (p. lxxxiii) et P. Leoni^ 
(p. Lxxxiv); aux extrémités du transept, riches portes gothico-plateresques. 

En face de San Pablo, le Palacio Real (PI. 8), considérablement 
agrandi, en 1601, par Philippe IlI,aétéréparéaucommenc. du xix*s. 

A Tint., beau patio entouré de galeries à arcades ornées de médaillons 
qui encadrent des bustes d'empereurs romains en demi-reliéf, attribués à 
Berruguete. — Vastes galeries (gai. de Savoie). 

A quelques min. au S.-O. de la plaza de San Pablo, San Martin 
(PL 3), église modernisée, qui a conservé une tour du xiii* s.; dans 
la calle de las Angastias se trouvent Véglise de Nuestra Senora de las 
Angiistias (PI. 6), du xvii** (maître-autel attribué à Pompeo Leoni; 
dans une chapelle à dr., célèbre « Virgen de los Guchillos >» ou 
Madone des sept douleurs, sculpture de Juan de Juni), et, en face, 
le théâtre Calderon (PI. 12). 

Par la vieille et typique calle de las Platerias, on atteint Véglise 
San Julian y San Miguel non loin de la plaza San Miguel. 

A Tint. : beau retable {Nativité et Circoncision)^ par Becerra, quelques 
autres sculptures (St Michel et les Apôtres, par Pompeo Leoni; St François 
et St Ignace, par G. Rernandez; un crucifix en ivoire); tombeaux des 
comtes de Fuensaldana; dans la sacristie, St François par Ribera, 

Il nous reste à signaler : — au S. de la place de la Fuente 
Dorada, près de l'hôtel de France (PI. B,2), Véglise San Salvador, qui 
renferme dans une chapelle à dr. du maître-autel un * retable 
sculpté flamand avec des volets peints par Quentin Metsys (offert 
en 1504); — dans le quartier N.-O. de la ville : la belle église 
gothique de San Benito (PI. 7), du xv* s., restaurée en 1893 (porche 
massif à 2 étages et, à Tint., imposante nef de basilique; dans le 
couvent, auj. caserne, cloître des types dorique et ionique, par 
Rivero). — Plus au N., la maison de Fabio Nelli (PI. 15), le Mécène de 
Valladolid, avec une belle porte et une belle cour; en face, la cha- 
pelle del Convento de la Purisima Concepciôn, avec un beau jubé. 

De là on pourra bélier jusqu'au bord du Pisuerga (rive g.), que 
longe la promenade dite paseo de las Moreras ou del Espolôn, 

[Simancas (@ Il k. S.-O. ; serv. de dilig., dép. calle de Santiago, 84), 
la Septimanca des Romains, petite ville sur la rive dr. du Pisuerga que 
franchit un beau pont de 17 arches, possède un ancien château dans lequel , 
sont conservées, depuis le temps du cardinal Ximenez, les archives géné- 
rales du royaume, riche collection de documents précieux.] 

DE VALLADOLID A MEDINA DE RIO SECO (^ 44 k. en 2 h. 10 à 

S h. 25; 4 p. 40 et 3 p. 30). — 8 k. Zaratan. — 15 ^rVillanubla. — 28 k. La 
Mudarra. — d9k. Valverde. — 44 k. Médina de Rio Seco (à l'église, custodia 
de Antonio de Arphe, 1585, et autres ouvrages d'art). —Une ligne de 46 k. 
relie Médina de Rio Seco à \Hlada (p. 195) en desservant (27 k.) Villalôn 
d'où part un embranch. de 45 k. pour Palencia (p. 193). — Une autre ligne 
de M k. relie Médina de Rio S«co à Palanquinos (p. 195) par (75 k.) Yalencia 
de Don Juan, 



Il SIMANGAS. — MEDINA DEL GAMPO. || [H. 19] ~ 177 

DE VALLADOLID A ARIZA (^ 256 k. en 8 h. par le tr^in correo-mixte 
32 p., '24 p., 16 p.). — Principales stations : 20 k. Tudela de Duero. — 33k 
Surdon de Duero. 

60 k. Penafiel; à 1 k. de la gare, magnifique château se dressant sur un 
cône aride et composé d'un donjon et d'une double ceinture de murailles avec 
tours. — La voie longe presque constamment l'une ou l'autre rive du Duero. 

100 k. Aranda de Duero (église du xv» s.). — 145 k. San Esteban de Gor- 
maz (sur la hauteur, château du temps de la guerre des Maures; vieux 
pont). — 153 k, Osma, ville importante au temps dos Maures, a une cathé- 
drale gothique du xiii* s. ; près du village, sur une hauteur, ruines d'un 
donjon do l'ancienne Uxama. 

204 k. Almazan (p. 108) où l'on joint la ligne de Soria-Torralba que l'on 
suit jusqu'à (211 k.) Coscurita où elle se détache à dr. 

256 k. Ariza, X ^® ^^ ligne de Saragosse à Madrid (p. 108). 

En sortant de Valladolid, la voie pénètre dans une région à 
plantations de pins, vignes et cultures. — 135 k. Viana. — Pont en 
treillis sur le Duero. — 140 k. Valdestillas. — Pont sur l'Adaja. — 
147 k. Matapoziielos, à 732 m. — 155 k. Pozâldez, à g. (église avec 
tour carrée à campanile octogonal). 

163 k. Nedina del Campo (b), quelques ch. assez bonnes; hôt. 
Victoriay pens, 7 p.), gare à 722 m. d'alt., X des lignes de Sala- 
manque-Porto-Lisi)onne, de Madrid par Avila ou Ségovie et de 
Zamora. 

La ville est à 1 k. S. de la gare, au milieu d'une plaine fertilisée 
par le Zapardiel. Elle est dominée vers l'E. par les belles * ruines 
rougeàtres de la Mota, forteresse bàlie en 1440, habitée par la cour 
de Castille au xv" s., et spécimen très intéressant de Farchitecture 
militaire à cette époque. — V église San Aniolin (xvi' s.) a un maître- 
aulel remarquable (belle grille en fer). 

De Médina del Campo a Madrid par Avila ou Ségovie, R. 19; — a 
Zamora, R. 22; — a Salamanque, R. 23 ; — a Lisbonne, par Salamanque, 
R. 43. 



Route 19. — DE MEDINA DEL CAMPO A MADRID 

A. — Par Avila. 

f^ 200 k. en 5 h. par les express, en S h. 30 par le correo. — 25 p., 
18 p. 75, 11 p. 25; suppL par le Sud-Express, 12 p. 50. 

La voie, laissant la ville à dr., passe à g., au pied du vieux 
château de la Mota. — A dr., au loin, Madrigal, lieu de naissance 
d'Isabelle la Catholique. — On commence à apercevoir la chaîne 
du Guadarrama. — 18 k. Ataquines, village à 1 k. à dr., dominé 
par 7 petits mamelons. — Viaduc sur le confluent de TAdaja et de 
l'Arevalillo. — Grande courbe. — 35 k. Arevalo (à dr.), avec un vieux 
château, des églises et des couvents qui attestent de son ancienne 
prospérité. — A l'horizon, à dr., sierra de Avila. — 46 k. Adanero; 
plus loin, à g., hautes montagnes de Somosiorra. — 55 k. San Chi- 
drian (935 m.). — A dr., ti\ avant, puerto d'Aviia, col ou dépression 
que franchira la voie ferrée. 

KSPAO.NS. 12 



178 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. || 

72 k. Mlngorria, à dr., sur le penchant d'une colline; on i 
exploite les blocs de granit épars sur les pentes du Guadarrama, 
— Tranchées, grande courbe et remblai à côté et au-dessus d^Avila 
qui se présente à dr. sur la pente d'une colline. 

86 k. AYILA (D (la gare, à 1,132 m. d'alt., est à près de 1 k. du 
centre de la ville), ville de 11,885 hab., ch.-l. delà province du même 
nom, et siège d'un évêché qui fait partie de la Vieille-Gastille, est 
située à 1,114 m. d'alt. sur une colline découpée en promontoire 
au-dessus de la rive dr. de l'Adaja. Avila a un aspect conventuel 
sombre et froid; mais cette ville déchue offre au visiteur une 
enceinte du moyen âge et une collection d'églises romanes sans 
égales en Espagne. 

L"*^enceinte de murailles, construite dans les dernières années 
du XI" s. sous Raymond de Bourgogne, bien conservée, mais très 
restaurée, forme un quadrilatère irrégulier d'env. 2,400 m. de tour; 
d'un grand aspect, avec ses 88 tours de granit, presque toutes 
demi-cylindriques (c«6os), et ses 8 portes, elle est considérée comme 
une des plus belles fortifications du moyen âge. La cathédrale se 
rattache, par son abside, au système général de défense de la ville. 

Hôtels : — Gran Hôtel Inglès, en 
face et à l'O. de la cathédrale (mai- 
son espagnole ; chauff. ; pens. dep. 
7 p. par j.; voiture de la gare à 
l'hôtel, 1 p.); — J\uevo Hôtel del 

Histoire. — Avila, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, est 
mentionnée au temps des Romains sous le nom de Avela. Au début du 
viii" s., elle tomba au pouvoir des Maures, qui la fortifièrent, mais qui, à 
la fin du XI* s., furent obligés de l'abandonner. Vers le xvi« s., Avila était 
une ville florissante de 20,000 hab., mais l'expulsion des Morisques (des- 
cendants des Maures), sous le règne de Philippe III (1607-1610), lui fit 
perdre sa prospérité. 

Ste Thérèse (1515-1582) naquit à Avila. 

ITINÉRAIRE. — On arrive dans la ville par la plaza de Santa Ana, 
avec Véglise du même nom, à dr. de laquelle s'étend la promenade 
du Canipo de Recreo, et, par la calle del Daque de Alba, on atteint la 
plaza del Mercado Grande ou del Alcâzar, centre d'animation de la 
ville {statue de Ste fhérèse). A l'E. de cette place, s'élève l'église 
San Pedro (le sacristain habite calle de San Segundo, 7), belle 
construction romane des xii* et xiii® s., avec quelques parties dans 
le style de transition : élégante rosace et belles portes de la façade 
et latérales; belle abside à colonnes et corniche du pur roman. — 
A l'extrémité 0. de la plaza del Mercado la puerta del Alcâzar est 
une des portes les plus remarquables de l'enceinte de la ville. 

A l'extrémité S.-E. de la plaziiela del Marques de Novaliches, la 
calle de San Roque conduit au paseo de Sanlo Tomas, qui aboutit au 
couvent de Santa Tomas, édifice fondé par les Kois Catholiques, de 
1478 à 1493 (cloîtres intéressants). 

Santo Tomâs, intéressante église du style ogival de la dernière 
période, a un portail orné de statues et des armes des Rois Catho- 
liques. 



Jardin, calle San Segundo, 1, en face 
et à l'E. de la cathédrale (dep. 6 p. 
parj.); — del Comercio, calle Tomas 
Ferez, 14 (pens. 6 p.). 
Poste : — Mercado grande. . 



'> fm 'pjiop^ii^A ^^vw.'^p ^f^ 



ytpupBjAl 




> w g S '^ 

■ i I 



if 201 'anbuBuis/Bf^ 



iSO — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. || 

Intérieur : — à une nef flanquée de chapelles, disposition assez origi- 
nale. Le coro (belles stalles du gothique le plus fleuri) est placé au-dessus 
d'une arcade qui forme l'entrée de l'église; en face, à l'extrémité opposée, 
une voûte surbaissée supporte le * maître-autel, avec le chef-d'œuvre d'un 
peintre de l'école espagnole primitive, Pedro Berruguete (p. lxxx), qui a 
reproduit difl'érents épisodes de la vie de St Thomas d'Aquin, son portrait 
et ceux des quatre Pères de l'Eglise latine. — Au milieu du transept, * tom- 
beau en marbre du prince Juan, fils unique de Ferdinand et d'Isabelle (f à 
19 ans, en 1497), œuvre intéressante du Florentin Domenico FanceLli{\Dl'd)\ 
tombeau de Juan d'Avila et de si femme Juana Valâzquez de la Torre (1504), 
dans la 3« chap. à g. — Dans la sacristie est enterré le grand inquisiteur 
Torquemada. 

On revient vers la ville par la carreta de Santo Tomâs, qui con- 
duit au faubourg ou barrio de las Vacas, où elle se continue par 
la calle de San Cristôbal'^ à son extrémité, on monte à g. en quelques 
min. à la puerta del Rastro, d'où Ton découvre en contre-bas les 
églises romanes de Santiago et de San Nicolas. En entrant par cette 
porte, à dr. une rue mène à la plaza de la Frata en longeant 1er 
palacio de Abrantes; à g. on aperçoit le noble et puissant Torreon de 
Ohate (tour fortifiée). De la porte del Rastro, on suit, vers l'O., la 
promenade de el Rastro, le long des murailles de la ville, jusqu'à 
la puerta de Santa Teresa, qui donne accès à une petite place; en 
face se trouve l'ancien couvent de Santa Teresa avec une église de 
style baroque, bâtie sur l'emplacement de la maison natale de 
Ste Thérèse; sur le côté 0., la casa del Duque de la Roca est une 
assez belle construction du xv* s. (fenêtres à colonnettes). 

En longeant l'église Santa Teresa à g., on voit Véglise romane. 
de San Domingo; plus Ipin le Palacio de Polentinos, qui renferme* 
l'Académie (école) d'administration militaire; cet édifice présente 
un beau portail et à l'intérieur un patio à double étage d'un style 
plateresque non moins riche. 

Par la calle de Valespin, on monte à l'E. à la plaza Mayor ou de. 
la Constitucion. Au N. de cette place, à dr. de VAyuntamiento, un^ 
courte rue mène à la place de la Capilla Mosén Rabi, belle et impo- 
sante construction de la Renaissance en forme de croix, abritant 
un tombeau et les statues des fondateurs (s'adresser à g. de la 
place; on notera, en entrant, l'écho prolongé que renvoie la voûte' 
très surbaissée du jubé). De cette place se détache, à l'E., la calle^ 
de Sofraga, que bordent, à g. et à dr., des demeures seigneuriales, "^ 
et qui aboutit à la puerta de San Vicente (F. ci-dessous); on prend 
à dr. la calle del Tostado, qui longe la belle façade avec écussons de 
la Casa Torreon de los Abrines, en débouchant sur la place de l§i 
Cathédrale. 

La * cathédrale' (San Salvador), partie romane, partie des pre- 
miers âges gothiques, est à la fois une église et une forteresse 
(p. Lxvn). — L'édifice actuel, commencé à la fin du xi° s., ne fut 
terminé qu'au xiv^ s. La partie la plus ancienne, l'abside, est encas- 
trée dans l'enceinte de la ville, formant une énorme tour ave( 
mâchicoulis et créneaux. La façade est flanquée de deux ioars ''don 
une est achevée et couronnée de créneaux) de style romano* 
gothique. Le portail monumental, rajouté au xvi" s., a des sculp- 



Il AVILA. I! [B. 19] - 181 

lures médiocres. Beaucoup plus intéressant est le portail N,, orné 
de statues et de bas-reliefs du xiv* s. 

^Intérieur. — 3 nefs. — La belle nef centrale est très élancée ainsique 
le transept. — L'abside, avec son double déambulatoire, sa couronne de 
chapelles, les baies de la Capilla Mayor, est un puissant modèle d'archi- 
tecture romane. 

Trascoro (côté extérieur du chœur, du côté de l'entrée). — II est décoré 
de bas-reliefs du xyi* s. (scènes de la vie du Rédempteur), et surmonté d'un 
crucifix de marbre. ' . 

Coro (de 1530). —Stalles ornées défigures de saints et d'épisodes de leur 
vie par le Hollandais Cornelis (vers 15 10). 

Transept. — Adossés aux piliers de la croisée, à dr. et à g., 2 très jolis 
autels en albâtre de la Renaissance avec des scènes de la vie de St Segond 
et de Ste Catherine, et chaires en fer repoussé et doré, celle à dr., du style 
gothique, et celle à g. de la Renaissance ; beaux vitraux. Dans le bras de 
dr.. diverscowî6eaMj?duxvi«s., notamment celui de don SanchoDavila(-î- 1534). 

Capilla Mayor. — Belle g^nlle; retable (scènes de la vie du Christ) peint de 
1499 à 1508, par Pedro Berruguete., Jean de Bourgogne et Santa Crus (Fen- 
cadrement estde Vasco delà Zarza); dans la partie postérieure, * monument 
de l'évèque Fernandez de Madrigal, dit el Tostado (f 1455), oeuvre magnifique, 
dans le style de la Renaissance, par Vasco de la Zarza (achevée en 1518). 

A dr. de l'abside, Sacristie : belle voûte octogonale; dans les niches, 
4 groupes delà Passion, en terre cuite; riche autel en albâtre avec bas- 
rcli^s attribués à Berruguete\ dans le vestibule, belle custode en argent 
par Juan de Arfe (1574). 

Nef latérale g. — V^ chap. (sous la tour) datant de la fin du xii« s. : tom- 
beaux des premiers âges de l'Eglise. — 2« chap., précédée des fonts baptis- 
maux en marbre (encadrement do la niche et base des fonts par Vasco de 
la Zarza\ les fonts, ornés de reliefs, sont une œuvre allemande du xv« s.); 
belle grille (xvi« s.); Descente de croix (Piedad)^ d'après Michel-Ange. — 
3" chap. : triptyque (xv* s.); tombeau. 

Nef latérale de dr. — Statue assise de St Pierre, en bronze. 

Une porte romane donne accès au cloître, gothique (xiv^s.) avec un cou- 
ronnement de la Renaissance; à g. (E.) chap. du cardinal Cisneros avec 
une magnifique grille; à dr. (O.), chap. de la Vierge des 7 glaives; du 
côté vS., belle chapelle avec retable peint par V. Joanes. 

Du haut de la tour (sonner à dr. de l'entré©, pourb.), on a une vue parti- 
culièrement intéressante sur la ville avec ses demeures seigneuriales, ses 
couvents et l'enceinte du moyen âge. 

On sort de l'enceinte par la puerta delPeso^k côté de laquelle on 
verra l'énorme tour à mâchicoulis dans laquelle est encastrée 
l'abside de la cathédrale; on suit au N. la catle de S. Segundo (à g., 
porte du xvi* s. de l'ancien hôpital San Martin), et en quelques 
min. on atteint la puerta de San "VicentejJ'une des plus remar- 
quables de l'enceinte, flanquée, comme la porte de l'Alcazar (F. plus 
haut), de 2 tours très hautes, reliées par un arc à la partie supé- 
rieure. A côté est l'église de San Yicente. 

L'^église San Vicente (sacristain au n** 5 de la galle de Val- 
ladolid), bâtie du xii" au xv*s. et la plus intéressante des églises 
romanes de la ville (p. lxv), "a été élevée à l'endroit où St Vincent 
et ses deux sœurs subirent le martyre au iv® s.; elle est actuelle- 
ment en restauration. — Belle façade 0., avec un portail, du xii° s., 
à deux portes dont les piliers sont ornés de statues d'apôtres, de 
style bourguignon, et les archivoltes décorées d'une profusion d^oy- 



182 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. || 

nements du roman fleuri ; seufe, la tour N. a un seiîond étage (ajouté 
au xv^s). Le luii^ du côté S. court une sorte de portique inaclievé 
(xvjii" s.) sur leijuel s'ouvre le portail latéral du*xii® s. orué d'in- 
téressantes sculptures (Annonciation, rappelant les statues du por- 
tail de Vézelay). Au-dessus des nefs se développe une jolie cor- 
niche qui entoure aussi la triple abside. 

intérieur. — L'int. est celui d'une petite basilique, avec 3 nefs, un tran- 
sept, 3 absides, dans le style roman et romano-ogival. — Magnifique *tom- 
beau de !St Vincent et de ses deux sœurs, sarcophage du xii* s., porté par 
de gracieuses colonhettes gémelées et orné de reliefs remarquables repré- 
sentant le martyre des saints, sous un baldaquin gothique fleuri (1465). — 
La crypte, très ancienne, où descend un escalier dans le bas-côté g., a été 
modernisée. 

A quelques pas au N. de San Vicente est Véglise roniane de San 
Andrés, semblable à la première. 

De San Vicente on pourrra achever de faire lecteur de l'enceinte 
de la ville (1 h. env.) en suivant d'abord le côté N., parfaitement 
conservé, qui présente les portes del Carmen et del Mariscalet, et 
quelques tours carrées, à dr., on aperçoit le clocher roman de 
Vermitage de S. Martin, —r Le petit côté 0., défendu par de grosses 
tours très rapprochées, est percé d'une seule porte, la puerta del 
Puente, — En contre-bas, sur la rive de TAdaja, Ermita de Satf Se- 
gundOy qui rappelle les églises normandes (portail roman). 

A Tint, (s'adresser à côté, à dr.), tombeau de St Segond, premier évêque 
d Avila, avec une statue par Jua7i de Juni. 

De Tautre côté du rio Adaja, on a une belle vue sur la ville. — En 
continuant à suivre le mur d'enceinte, on atteint le côté S., et on 
rejoint bientôt les portes Santa Teresa et del Rastro et la pro- 
menade de el Rastro {V. ci-dessus) qui ramène au Mercado Grande, 
près de laquelle s'ouvre la porte de l'Alcazar, et d'où Ton peut 
regagner la gare. 

En allant à l'aventure dans la ville intérieure ou extérieure à 
l'enceinte, on verra nombre de portails de demeures seigneuriales 
datant de l'apogée du royaume espagnol; on rencontrera aussi des 
animaux bizarres sculptés très grossièrement dans le granit et 
paraissant représenter des sangliers: ce sont des œuvres remon- 
tant aux époques les plus primitives et dont la destination nous 
échappe. 

Au delà d' Avila, la voie s'élève pour franchir la chaîne du 
Guadarrama, en traversant sur un parcours de 71 k., — jusqu'à 
l'Escorial, — plusieurs viaducs et 16 tunnels présentant ensemble 
une longueur de 4,478 m. — On contourne la vallée de la Lagar- 
tera, puis, au delà d'un grand viaduc (114 m. de long.) et de 3 tun- 
nels, on découvre à dr. une vallée profonde et désolée, dominée par 
la masse rocheuse du Canto del Pico. Au tunnel de la Canada^ long 
de 945 m., ouvert dans le Puerto de Avila, dépression entre la sierra 
de iVlalagôn à l'E. et la Palamera de Avila au S.-O.^ montagnes qui 
Unissent la sierra de Guadarrama à celle de Gredos» la ligne atteint 
son point culminant (1,360 m.). 



IIVILLALBA. — OLMEDO.II [B. 19] — 183 

109 k. Herradôn-La Canada. — Descente par des pentes rapides. 
— A dr., panorama étendu; au loin, la sierra de Tolède. 

118 k. Navalperal, à 1,270 m. — Ici c(înimence une immense et 
mao:nifique forêt de pins, dont on extrait la résine et qui appartient 
au duc de Medinaceli. — Viaduc et tunnels. — A dr., vaste pano- 
rama. — 123 k. Las Navas del Marques, 2,800 hab., avec un ancien 
palais (restauré) de don Pedro de Avila (xvi" s.) appartenant auj. 
au duc de Medinaceli. — 141 k. Robledo, à 1,009 m.; la voie con- 
tourne Tun des grands contreforts de la sierra de Guadarrama, 
ayant, à 2 k. à dr., dans le bas de la vallée, Robledo de Chavela, 
dont Véglise renferme un retable en 17 compartiments (scènes de 
la vie de la Vierge), attribué à Ant del Riiicôn (1446-1500). — Au 
delà d'un tunnel, étranges superpositions de blocs de granit. A dr. 
s'étend le plateau de Madrid. — A g., on voit le monastère de 
TEscorial. 

149 k. El Escorial, stat. à 920 m. (description, p. 267). 

161 k. Villalba, à 875 m., à la jonction de la ligne Medina- 
Avila aveccellede Medina-Ségovie (F. ci-dessous, B). — On traverse 
le rio Guadarrama. — 169 "k. Torrelodonés, avec des sites du pitto- 
resque le plus impressionnant. — Tunnel. — 182 k. Las Rosas. — 
A g., domaine royal du Pardo (p. 266). — 191 k. Pozaelo. — La 
voie décrit une grande courbe. — A g., village de Chamartin {palais 
des ducs d'Ossuna; grand collège tenu par les Jésuites.) 

Napoléon établit son quartier général à Chamartin, dans le palais des 
ducs d'Ossuna, où il reçut, le 2 décembre 1808, la capitulation de Madrid. 
Il en partit avec 60,000 hommes pour franchir la Guadarrama et aller à la 
recherche des Anglais qui occupaient la Vieille-Castille. 

La voie franchit le Manzanares et longe les jardins de la Moncloa 
et de la Florida. 
200 k. Madrid, gare du Nord @ (R. 24). 

B. — Par Ségovie. 

^ 194 k. en 4 h. 30 par les rapides, en 6 h. par le correo, en 7 h. 30 par 
train mixte ; 24 p. 25, 18 p. 20, 10 p. 85. 

On laisse à dr. la ligne d'Avila (F. ci-dessus, .4), en passant au 
pied du château de la Mota (F. ci-dessus, A), à g. — La voie monte 
dans la direction N.-O.-S.-E. à travers une région à grandes plan- 
tations de pins 

22 k. Olmedo, 2,800 hab., ancienne place forte, qui a joué un 
rôle important dans l'histoire de l'Espagne et de laquelle on 
disait : « Qui veut être le maître de la Gastille doit avoir à son 
côté Olmedo et Arevalo ». 

37 k. Coca, au confluent du Voltoya et de l'Eresma : restes de 
l'ancienne enceinte; très intéressant * château fort de la famille 
de Fonseca, bâti au xv* s. par des Maures (p. Lxni); dans l'église, 
♦tombeau de Juan Rodriguez de Fonseca, par Bart. Ordonez, et 
tombeaux d'autres.Fonseca, œuvres italiennes du xvi* s. — A g. un 
bois appelé Pinar de Nieva. — 56 k. Ortigoia de Peslano, à dr. f^t 



184 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. || 

Santa Maria de Nieva, à g., fondée par Catherine de Lancastre 
1en 1395 et où Henri IV convoqua les Certes en 1473. — Quelques 
localités agricoles sans importance. — La voie remonte TEresma 
jusqu'à Ségovie. — A g. on découvre Ségovie, dominée par la 
cathédrale et TAlcazar. 

93 k. SÉGOVIE @, ville de 14,658 hab.,ch.-l. de la province du 
même nom, située à 998 m. d'alt., à une petite distance des pre- 
miers versants de la chaîne du Guadarrama, est bâtie sur un 
immense rocher isolé qui domine d'env. 100 m. deux torrents, au 
N. TEresma et au S. le Clamores, qui se réunissent à l'O. au pied 
de l'Alcazar. Elle est entourée de murailles remontant au temps 
des Romains et reconstruites au xi® s., avec certaines parties à 
peu près intactes au N. et au S., crénelées, flanquées de 86 tours 
et percées de portes, dont les plus importantes sont celles de San 
Andrés ou del Socorro au S., et de Santiago ou de San Cibriàn 
au N. De ces côtés, l'aspect des murailles, à demi cachées par les 
grands arbres qui escaladent la pente du rocher, est particulière- 
ment pittoresque. Du côté E. une profonde dépression, séparant la 
haute ville de ses faubourgs, est franchie par l'aqueduc romain. 

En se promenant dans le dédale des ruelles, on verra un peu 
partout de curieuses façades anciennes et un grand nombre d'an- 
ciens écussons seigneuriaux. 



Hôtels : — Comercio y Europeo^ 
calle Infanta Isabel, 24 (7 p. 50 à 
15p. par j., chauff., bains); — Fornos 
y Paris, même rue, 15 (7 à J2p. parj.) ; 
— Villa Ochoa, en face de la gare 
(dep. 7 p. 50). 

Poste : — calle de la Trinidad, 1. 



Télégraphe : — calle de Juan 
Bravo, 2. 

Agence du chemin de fer : — plaza 
Mayor. 

Omnibus : — de la gare à l'agence, 
50 c. par place. 



Histoire. — Ségovie a été jadis une ville importante : d'abord l'une des 
grandes étapes de la domination romaine, puis capitale au temps de la 
domination arabe, puis résidence des rois chrétiens, d'Alphonse le Sage 
(1284), qui y composa ses fameuses tables astronomiques, et de quelques- 
uns de ses successeurs. Toutes ces époques ont laissé à Ségovie de magni- 
tiques et éloquentes traces : Rome, l'aqueduc; les Goths, des monuments 
religieux; Alphonse VI, l'Alcazar, et ce furent probablement les Maures 
qui apportèrent les premiers éléments de cette industrie qui donna long- 
temps une grande célébrité, — perdue de nos jours, — aux fabriques de 
drap et aux laines de Ségovie. 

ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare, on suit à dr. VAlameda 
del Obispo Quesada, que continue le paseo Ezequiel Gonzalez. Sui- 
vant, à dr., la calle de Zorilla (naguère del Mercado), long faubourg 
de la ville, on franchit \epont de la Muerte y la Vida et, par la calle 
de la Muerte et la calle de San Francisco, — où VAcadémie d'Artil- 
lerie occupe l'ancien couvent de San Francisco, fondé en 1220, — on 
atteint la plaza del Azoqiiejo, que traverse le fameux ** aqueduc 
romain, un des monuments de l'antiquité les plus majestueux et 
les mieux conservés. 

Cet aqueduc amène à Ségovie un ruisseau qui prend sa source à 17 k. de 
la ville, sur le flanc N.-O. de la sierra de Fuenfria. Une série:çle 118 arches 
traverse, sur une étendue de 818 m., les faubourgs et la vallée. La conduite 



^ 



Il III 'Il ■— — MM I ^fÊÊmmmmmmmmmÊmmmmmmÊmammmmmmmmmm 

'>i^9'P!^psy\l\'>ill 'BJuEjg B/ 'UJ oo-fy B SJBQ 

i Mm r-^Pkm i 




186 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. 1| 

aboutit à l'Alcazar. La direction de l'aqueduc et sa hauteur varient sui- 
vant les dispositions du terrain; les arcades s'élèvent au point de départ, 
à 7 m., et au point le plus profond (à la place del Azoquejo), à 28 m. 50. 
Ici, et sur une longueur de '276 m., en ligne droite, elles sor>t distribuées 
sur deux étages, avec une hardiesse et une légèreté remarquables. La con- 
struction tout entière est en belles pierres de granit du Guadarrama, si 
parfaitement parées qu'elles ont été posées à sec, sans mortier, ni ciment. 
Plusieurs arches détruites au xi® s., lors de la prise de Ségovie par les 
Maures, furent réédiliées à la fin du xv« s. En 1520 les images d'Hercule, 
qui se trouvaient dans la niche du plus haut pilier, ont été remplacées par 
celles de Notre-Dame et de St Sébastien. 

On remonte la calle de Cervantes et la calle de Juan Bravo. Au 
coin de la calle del Sauco^ à dr., au n° 49, la casa de Los P'icos (du 
XIV® s.; la façade est du xvi* s.) était jadis la forteresse qui défen- 
dait la porte de San Martin et qui servait en même temps d'habi- 
tation au premier magistrat de la ville; c'est là qu'on recevait les 
rois et qu'ils s'engageaient à conserver les privilèges et les statuts 
de la cité. 

Plus loin, sur une place en terrasse avec fontaine, s'élève l'église 
San Martin (portail, porche et jolie galerie extérieure du style 
roman). 

A Tint, quelques tombeaux et un tableau du xv« s. : la V. apparaissant à 
St Ildefonse. A g., chapelle du style gothique fleuri {tombeau de marbre et 
très curieux retable). 

A l'E. de la place, casa de Marqués de Lozoya avec une belle tour 
(xv* s.); au N., VEscuela de Artes contenant le petit Masee provincial. 

Quelques tableaux, notamment une bonne réplique de l'Ecce homo de 
/. Bosch qui est à l'Escorial, sculptures, inscriptions. 

De la place de San Martin une courte rue à g. descend au Salon 
de Isabel II, jolie petite promenade en terrasse plantée d'arbres. 

De la place de San Martin la calle de Juan Bravo, dans laquelle, 
à g., estVéglisedu Corpus Christi, ancienne synagogue de style mau- 
resque, analogue à Sta Maria la Blanca à Tolède, conduit à la 
plaza de la Constitueiôn, ou plaza Mayop, avec portiques. Sur 
cette place s'élèvent, au N.-O. ÏAyuntamiento, solide construction 
du xvn* s. (au 1" étage, salons de sessions; salon des portraits; 
gracieuse salle de réception avec plafond peint à fresque psiT Antonio 
Gracia), au N.-E. Véglise San Miguel (à Tint., triptyque flamand, 
p. Lxxn) et, au S.-O., la cathédrale. 

La *eatliédrale, d'un style gothique très mitigé, commencée en 
1522 par Juan Gil de Hontahôn, continuée par son fils Rodrigue, est 
un des plus beaux monuments de ce genre qui soit en Espagne. 
La tour, haute de 90 m. env., est surmontée d'une coupole. La 
grande coupole, au-dessus de la croisée, s'élève à 67 m. L^e chevety 
où s'irradient d'élégants contreforts, est très remarquable. • 

Intérieur. — L'int., long de 105 m., large de 48 m., a 3 nefs et offre une 
grande richesse de décoration. Les chapelles sont fermées de grilles en fer 
d'un beau travail. — Coro : stalles d'une grande richesse do décoration 
gothique, provenant en partie de l'ancienne église (xv« s.). — Maitre-autel : 
qiarbres ; statue ivoire et argent de la Vierge de la Pa,Sy ornée de pierres 



IISÊGOVIB. Il [R. 19] — 187 

précieuses. — A g., 5* chap. ^de la Piedad) : * retable sculpté à figures 
coloriées (1571), représentant la Descente de croix et connu sous le nom do 
la IHedad de Juni (du nom de lauteur, Juan de Juni, p. lxxxiv) : en face, 
• triptyque flamand du commenc. du xvi« s. (sous l'influence de Q. Metsys). 
— A dr., 4« CHAP. (de Santiago) : dans la partie g. du retable, beau por^ 
trait de Fr. Guterez de Goxer, fondateur de la chapelle, par Pantoja de 
la Crus, — 5« chap. (del Cristo del Consuelo) : 2 tombeaux d'évêques, 
belle porte gorhique donnant accès au cloître (V. ci-dessous). — Chap. du 
Sagrario (elle s ouvre dans la l''^ baie du déambulatoire) : très belles 
tapisseries flamandes du xvi« s. (Aventures de Pompéi, Vie de Zénobie, les 
Jardins); Christ de Alonso Cano. — A g. de la chap. du Sagrario, sacristie: 
riches ornements d'église des xv«, xvi« s., etc. (s'adresser au sacristain 
pour voir la sacristie et le cloître). 

Le beau * cloître gothique, bâti en 1524 par Juan Campero et récemment 
restauré, renferme les sépultures des anciens évoques et, dans l'angle S.-O., 
la tomba de Maria Saltos, juive accusée dadultère que son mari tit préci- 
piter du haut du rocher et qui, ayant invoqué la Vierge, fut sauvée mira- 
culeusement (tableau); elle mourut en 1237. Sur le côté O. du cloître s'ou- 
vrent la chapelle Sta Catalina (à- la base do la grande tour; tombeau de 
l'infant don Pedro, 1366 ; grande -custodia en argent, xvii* s.) et la salle 
CAPiTULAiRE toudue de velours cramoisi du xvi® s., magnifique plafond en 
bois artesonado et peint. A l'angle S.-O., chapelle Renaissance; à l'angle 
S.-E., belle chapelle du gothique fleuri. 

De la place de la Constitution, par la calle de los Leones (au n° 6 
palais du Marqués del Arco avec un beau patio du xvi* s.), la Canongia 
Nueva (à g., église San Andrés, du xii* s. mais modernisée, abside 
romane), on atteint une terrasse plantée d'arbres, qui s'étend devant 
l'Alcazar et d'où la vue plonge sur les vallons de l'Eresma à dr. 
et du Glamores à g., ainsi que sur les à-pic qui supportent le châ- 
teau. On a érigé sur cette place en 1910 un monument par A. Ma- 
rinas, à Daoiz et Velarde^ héros de la guerre de l'Indépendance. 

L' *Alcazap s'élève à la pointe 0. de la ville, à 80 m. au-dessus 
du confluent de l'Eresma et du Glamores, qui baignent sa base. Le 
roi Alphonse IV (le roi du Gid), qui vivait vers la fin du xi® s., 
chassé de ses Etats par son frère, don Sanche le Fort, s'était réfugié 
chez les Maures et y avait étudié la construction de l'Alcazar de 
Tolède; rentré en Gastille, il résolut d'opposer aux ennemis de sa 
religion une autre forteresse. Fondé au xi* s., l'Alcazar fut rebâti 
et considérablement agrandi dans la première moitié du xv* s. par 
Jean II. G'est un château avec tours à hauts pignons, parmi les- 
quelles s'élève un énorme donjon rectangulaire, le Castillo (80 m. 
au-dessus du fond du fossé), dont la plate-forme est flanquée de 
tourelles et qui servit longtemps de prison d'Etat. Fortement endom- 
magé par un incendie en 1862 et complètement restauré depuis, il 
renferme les archives militaires d'Espagne. Un pont-levis franchit 
un profond fossé au pied du Gastillo. 

A Tint, (visible sur demande) on visite, au rez-de-chaussée, à dr. de la 
cour d'honneur, des salles remplies d'archives où se voient des restes de 
frise et d'ornements de style mud.ejar(des balcons, belles vues plongeantes). 
De là on passe sur le paseo de los Reyes, plate-forme crénelée à l'extrémité 
de l'éperon rocheux et dominée par la tour del Homçnaje (belle vue). Par 
lejoa^io de Armas on revient à la cour d'honneur. 

De l'Alcazar il faut suivre à dr. le paseo de Don Juan II (belles 



188 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRTD. |1 

vues) pour aller voir la puerta del Socorro et de là revenir à la place 
de la Constitution. 

Nous signalerons encore dans la ville les églises romanes de San 
Esteban (dans la partie N.), avec une galerie romane et une haute 
et très belle tour du xm^ s., dans le style roman de transition, 
actuellement en reconstruction (à Tint., tableau d'Ambrosiiis Benson); 
de San Juan (àrextrémitéN.-E.) avecde très intéressantes sculptures 
romanes; de San Millân (portail, très belle abside, galerie), dans la 
faubourg du Sud. 

En sortant de la ville par la puerta de Santiago, on trouve, sur la 
rive g. de l'Eresma, l'ancienne casa de la Moneda (Monnaie), élevée 
en 1586, abandonnée depuis 1730; presque en face, sur la rive dr., 
est l'ancien monastère del Parral, fondé en 1447, avec une église 
construite en 1494 par Juan Gallego. Portail avec écussons de la 
famille de Villena. (La visite, comme celle de Vera Gruz, se fait 
sous la conduite d'un employé de TAyuntamiento; il faut donc s'y 
adresser d'avance.) Au S., patios en ruines; dans une salle, tom- 
beau provenant de San Juan. 

Au transept dr., portail du style gothique de la décadence et, à côté, 
tombeau de la comtesse de Medellin ; grand retable, peint par JDiego de 
Urbino (1553); tombeaux plateresques des marquis de Villena, fondateurs du 
couvent ( K. p. lxxix); nombreux tombeaux gothiques. 

La situation charmante de l'église et du vieux couvent entouré de jardins, 
autrefois bien entretenus, a donné lieu au dicton : « Las Huertas del Par- 
ral, paraiso terrenal » (Les jardins du Parral, paradis terrestre). 

A quelques minutes 0. de là, sur la hauteur qui domine la rive dr. 
de la rivière, l'église de la Vera Cruz est une curieuse construc- 
tion romane du commenc. du xm* s., bâtie sur le modèle du Saint- 
Sépulcre de Jérusalem; elle appartenait aux Templiers et fut res- 
taurée vers 1830. C'est une église polygonale à 12 côtés avec 
2 portails et une partie centrale à deux étages, dont l'inférieur 
représente le sépulcre (les gentilshommes faisaient la veillée des 
armes à l'étage supérieur et étaient armés chevaliers à la partie 
inférieure). 

Dans le faubourg de San Lorenzo, au N.-E. de la ville, où l'on 
descend par la porte San Cibridn, se trouve près du pont de San 
Cibridn, sur la rive g. de l'Eresma, l'ancien couvent de Santa Cruz, 
dont Véglise, érigée en 1218 par St Dominique au-dessus d'une grotte 
qui lui, servit d'asile, a été réédifiée avec une vaste nef gothique 
(un riche poriaii gothico-plateresque; dans la lunette, une Pietà et, 
de chaque côté, le roi Ferdinand et la reine Isabelle à genoux). 
Plus loin, à l'E., Véglise San Lorenzo (restaurée en 1900) est une 
intéressante église romane, offrant sur les côtés S. et 0. une galerie 
à colonnes gémelées, coiffées de curieux chapiteaux. 

Enfin on peut faire une admirable promenade en suivant le fond 
du vallon de l'Eresma jusqu'à son confluent avec le Glamores, en 
contournant l'Akazar et en revenant, par le vallon de Glamores, 
profond ravin. 

SAN ILDEFONSO ET LA GRANJA(#11 k. de Ségovie; ne pas visiter 
pendant les séjours delà famille royale, d'ailiCurs pou fréquents; oujuilus 



Il LA GltANJA. Il [B. 19] - 189 

correspondant avec les trains, plusieurs fois par j.; 2 p. par pers.; billets 
daller et ret., les jours de fête seulement : 3 p.; une voit, jusqu'à 3 pers., 
depuis 10 p. aller et ret.; les fontaines des jardins jouent généralement le 
23 janvier, les 17 et 30 mai, les 21 et 24 juillet, le 26 août, les 11 et 24 sept.; 

Eendant l'été, les jeudis et dim., deux fontaines jouent à partir de 5 h.). — 
a route, qui traverse une contrée dénudée, monte puis descend vers le 
fond de verdure où Ton aperçoit la Granja. — 8 k. On longe à g. le domaine 
royal de Quita Pesares ou Sans-Souci (nombreux peupliers); puis, après une 
descente à travers des arbres, on remonte. 

11 k. San Ildefonso (hôt. : Roma ; Europeo^ sur la plaza del Palacio), 
bourg de 3,600 hab., dans iasierra de Guadarrama, au pied du Picô de Penalara 
(2,406 m.), est une station d'été agréable par suite de son altitude (1,191 m. 
au château royal). Il y existe enoore les restes d'une cristallerie et verrerie 
jadis célèbre. 

Histoire. — Ce bourg doit son origine au roi Henri IV qui, se promenant 
un jour de l'an 1450 dans les forêts giboyeuses q.ui entourent le village de 
Balsain (ou Valsain), fit bâtir une maison et un ermitage dédié à l'arche- 
vêque St Ildefonse, dans un endroit pittoresque nommé Casa del Polio. Les 
moines hiéronymites du couvent du Parral {V. ci-dessus, Ségovie) étant 
devenus propriétaires de la maison et de l'ermitage, firent bâtir une sorte 
de ferme-auberge {Granja), de construction solide et d'un style sévère, dont 
la cour est encore conservée au centre du palai's; c'est de cette Granja du 
monastère du Parral que prit son origine le bourg de San Ildefonso. — 
Philippe V, voulant bâtir un palais qui lui rappelât le Versailles de sa jeu- 
nesse, chargea Theodoro Ardemans, directeur des bâtiments royaux, do 
dresser les plans. Les travaux commencèrent le 1*"" avril 1721, et furent 
achevés dès 1723. Les jardins entrepris en même temps, sous la direction 
de René Carlier et Et. Boutelou, artistes français, ne furent terminés que 
sous le règne de Charles III (p. xciv). 

Itinéraire. — La. plaza del Palacio, qui s'ouvre par la porte de Ségovie, 
s'étend au N.-O., devant sa façade postérieure (jardins). Les pavillons, de 
construction uniforme, qui l'entourent, sont réservés aux personnes de la 
cour et aux gens de service. 

Le Palais Royal {lieal Palacio) de la Granja a la forme d'un rectangle 
avec 4 ailes parallèles. La façade priccipalo au S.-E., du côté des jardins, 
155 m. de long, offre un beau portique central surmonté d'un attique avec 
4 Saisons sous forme de cariatides. Sur la façade postérieure (place du 
Palais) s'avance un puissant avant-corps, la chapelle du palais, ou Colegiata, 
que surmontent une coupole et des tours (V. ci-dessous). — Les appartements 
(entrée par l'aile N. au fond de la place, à g.; pourb., 1 p.) renferment à 
l'étage principal un riche mobilier et une somptueuse décoration du xyiii^s. 
Au rez-de-chaussée, dans une galerie, moulages et reproductions de sculp- 
tures antiques qui ont été transférées dici au musée du Prado de Madrid. 

L'église de la Colegiata. adossée au palais, date du règne de Philippe V 
(première moitié au xviii* s.)- On entre par 2 portes latérales. A Tint., les 
voûtes et les coupoles sont décorées de fresques par Maella et Bayeu; le 
maitre-autel^ en beaux marbres et bronzes, est l'œuvre du Napolitain Soli- 
mena, d'après les dessins d'Ardenians. Au-dessus du coro, tribune royale. — 
A g. du maître-autel, on pénètre dans le Panthéon, chapelle avec le sarco- 
phage en marbre et en bronze, par Pituë et Dumandre, de Philippe V et 
d'Isabelle Farnèsc. — Dans la sacristie et la salle capitulaire on montre 
quelques objets d'art. 

Les* jardins, à bon droit célèbres et bien entretenus, ont été dessinés par 
Boutelou. L'étendue des jardins et des bois est de 146 hect., renfermés dans 
une grande enceinte de 5,970 m. de longueur. Ils s'étagent sur une croupe 
jusqu'à une altitude de 1,325 m. 

Les** fontaines monumentales sontau nombre de 26; elles sont comparables, 
sinon supérieures, à celles do Versailles, Elles ont été sculptées sur plomb 



190 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. || 

par Frpmin et Thierri, puis par Dtiniandre et Piiué. — On entre par l'angle S. 
de la place du Palais (à dr. de la Collégialej. Devant la façade latérale îS.-O. 
du palais s'étend le magnitlque parterre de la Fama, orné des statues de l 
Daphné et Apollon et de riches vases, jusqu'à ïs, fontaine de la Fama, où la 
Renommée montée sur Pégase lance un jet d'eau à 47 ui. de hauteur ; l'allée 
du parterre (celle du Valsain) aboutit aux Bailos de Diana, la plus belle dei 




fontaines; elle représente Diane sortant du bain en présence d'une vingtaine 
de nj^mphes. Une allée perpendiculaire à la précédente monte à la fontaine 
de las Ranas ou de Latone, où une multitude de batraciens lancent des jets 
» d'eau. Prenant une nouvelle direction perpendiculaire, à g. [calle Larga), 
on rencontre successivement aux carrefours ; 4 figures de nymphes, 4 muses, 
les 8 fontaines de las Ocho Galles ornées de divinités, puis d'autres muses 
et Apollon, pour aboutir à la fontaine des Trois-Gràces (V. ci-dessous). De 
la plaza de las Ocho Galles partent 4 allées obliques par rapport à la calle ' 
Larga qui conduisent à l'O. et au N. aux 2 fontaines des Dragons, et au S. 
et à l'E. (partie haute) aux 2 fontaines des Vasques-, entre ces 2 dernières, 
un chemin monte à la fontaine del Ganastillo (corbeille de fleurs et fruits). 
L'élégante fontaine des Trois-Gràces domine la cascade et la fontaine 
d'Amphitrite et le parterre devant la façade du palais. A l'angle É. de ce 
dernier descend en cascade la fontaine de Selva ou de Pomone. Parallèle à 
la cascade se déroule la carrera de Caballos, composée des fontaines de 
VAbanico, de Neptune, à! Apollon vainqueur du serpent Python, des Dragons 
et d'Andromède délivrée par Persée. Autour de cette dernière, plaee et par- 
terre bordés de statues et de vases. 

> De la fontaine d'Andromède, on monte au bois, et, en quelques min., on 
atteint un lac artificiel, nommé el Mar, qui alimente les fontaines; sur ses 



Il LA GRANJA. || [R. 19] - 191 

bords se voient une cascade et une maisonnette abritant une gondole de 
Charles III. 

[Environs. — Les environs de San Ildefonso sont très jolis. On peut s'y 
promener en voilure ou à pied quand on reste quelques jours à la Granja. 

1« Le Valsain est un bois de pins à 3 k. S., de 11,000 hect., avec les restes 
du palais du Valsain. 

2^ La forêt royale de Riofrio (700 hect.) est à 12 k. S.-O. Le Palais, de 
forme carrée et à quatre façades semblables, renferme des peintures de 
Jordan, Carces, Carduccio, Bayeu^ Maella, Galvez^ Ribera et Zacariaa 
Velazquez, etc. 

8** A. 10 k. E. (chemin escarpé), par le puerto de Reventon, col au pied 
du Pico de Penalara, chartreuse del Paular (auj. verrerie), fondée par 
Jean 1*"" à la fin du xv** s. dans la vallée du Lozoya. Une porte Renais- 
sance donne accès au cloître, luéglise, bâtie de 1433 à 1440 par le célèbre 
architecte maure Abd-er-Rahman, est richement décorée. Au maître-autel, 
le magnifique retable en marbre, malheureusement badigeonné, est l'œuvre 
de sculpteurs génois (milieu du xv« s.). La chapelle du Tabernaculo (xvii«s.) 
est d'une ornementation exubérante (à la voûte, peintures de Palomino).] 

En sortant de Ségovie, la voie commence l'ascension des 
premiers contreforts de la sierra de Guadarrama et gagne la petite 
vallée de Hontoria, où elle traverse le Riofrio et ensuite le rio Pecès. 
— Tranchées, rampes et courbes. — i03 k. La Losa-Navas de Rio- 
frio; à dr., à env. 2 k., château de Riofrio (V. ci-dessus). — 112 k. 
Otero de Herreros, à 1,224 m. — Tunnel. — Col. — La voie des- 
cend et franchit le rio Moros. 

121 k. Espinar, à 1,198 m. — La voie remonte. — Tunnel de 
100 m. — 125 k. Halte de San Rafaël (villas modernes), au milieu 
d'une région boisée de pins. — La voie s'engage dans le grand 
tunnel de 2,500 m., percé sous le col ou puerto de Guadarrama 
(1.530 m.) et où elle atteint son point culminant (1,289 m.). — 
immédiatement après, petit tunnel au delà duquel on découvre à 
dr une vue très étendue sur la Nouvelle-Castille. — La voie des- 
cend en décrivant un grand contour. — Petit tunnel. 

137 k. Cercediila, à 1,154 m. (tout autour, villas modernes). — 
3 petits tunnels. — La ligne continue à descendre (sur la dr. on 
apen-oit rEscorial) et franchit le rio Guadarrama. 

153 k. Villalba (p. 183). — Pour la description du trajet entre 
Villa iba et Madrid, p. 183. 

194 k. Madrid, gare du Nord, (g) (R. 24). 



TJ{07S1BMB SECTJÛJ^ 
LÉON. — ASTURIES. — GALICE. 

LEON. — OVIEDO. — LA COROGNE. — ORENSE. — VIGO. — PONTE 
VEDRA. — SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE (SANTIAGO). 



Route 20 — DE VENTA DE BANOS A LEON, 
OVIEDO ET GIJÔN 

^ 304 k. en 8 h. 20 par le rapide bi-hebdomadaire, entre Madrid et Gijôn, 
et vice versa (!'* cl. et wagon-lits); en 10 h. par le correo. — 34 p. 35, 
Î5 p. 75, 15 p. 45. 

Auto-cyclisme : — || 284 k. de Valladolid (route de Madrid) à Gijôn; la 
route, en général ondulée avec des pentes variant de 5 à 10 0/0, est 
très poussiéreuse jusqu'à Léon, et même mauvaise de Valladolid à 
Médina et d'Oviedo à Gijôn; la descente du col de Pajares est très pit- 
toresque, mais dangereuse avec des virages brusques. — 40 k. Médina 
de Rioseco (traversée par le corro del Carmen, à g. après le pont, et la 
calle May or). — 48 k. Berrueces. — 87 k. Mayorca. — 116 k. Mansilla de 
las Mutas. — 135 k. Léon (sortie par la route de Asturias). — 161 k. La 
jRobla. — 169 k. Pola de Gordon. La route devient admirable (plusieurs 
passages à niveau). — 175 k. Ciriera. — 191 k. Busdongo. La montée con- 
tinue jusqu'à (196 k.) Puerto de Pajares, où la route commence à des- 
cendre rapidement (pentes de 7, 10 et 15 0/0). — 201 k. Pajares. — 
210 k. Puente de Los Fierros, où finit la descente ; la route est encore 
sinueuse, mais ondulée. — 221 k. Pota de Lena. — 231 k. Santullano. — 
241 k. Madi-u; descente en lacets de 10 à 15 0/0. — 245 k. Olloniego; 
montée de 7 à 12 0/0, puis descente de 7 à 10 0/0. — 255 k. Oviedo. — 
260 k. Lugones; montée puis descente raide. — 280 k. Roces. — 284 k. Gijôn. 

La voie, se détachant de la grande ligne Madrid-ïrun (p. 170), se 
dirige vers le N.-O. 

11 k. Palencia @ (hôt. : Iheria, calle Mayor Principal, 8; 
Samaria, calle S. Juan, 2; Continental, 8 p. par j., barrioNuevo, 14), 
Ja Pallantia des Romains, ville de 18,907 hab., ch.-l. de la province 
du même nom et siège d'un évêché, située au milieu d'une plaine 
sur les deux rives du Carriôn, fut au moyen âge une des villes 
les plus importantes de la Gastilie. Les Gortès y furent convo- 
quées en 1312. 

Itinéraire. — De la gare située au N. de la ville, on se rend, 
par la plaza de Cedn, à rentrée de la calle Mayor ^ rue bordée de por- 
tiques qui traverse la ville du N. au S. (jusqu'à la promenade du 

ESPAGNE. 13 



194 — [R. 20] Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. || 

Salon). De la plaza de Léon, on prend, à TO., la calle de la Vireina 
et la calle dei Emperador, qui mènent à la plaza de San Anlolin, sur 
laciuelle s'élèvent un monument à Clmmaculée Conception (1905) et la 
cathédrale. 

La * cathédrale, très bel édiPice du style gothique de transition, 
a été bâtie du xiv® au xvi« s. Elle manque de façade, mais les portes 
latérales donnant accès aux transepts sont, par contre, très intéres- 
santes, surtout Idi porte deVOhispo (transept dr.), richement ornée 
par Diego Hartado de Mendoza (lin du xv** s.) avec une statue de la 
Vierge au-dessus delà porte et une statue de St Antolin au sommet 
du grand arc; une grosse tour carrée (on y monte, belle vue; 
pourb.) sépare cette porte d'une autre plus petite, qui ne manque 
pas d'élégance. L'autre porte, dite de los Reyes (transept g.), est éga- 
lement ornée de sculptures. 

Intérieur. — L'abside et les 4 dernières travées de TE. formaient la 
cathédrale primitive du xiv« s. A la fin du xiv« s., on l'agrandit de 6 tra- 
vées avec une nouvelle capilla mayor, un transept (5» travée) et un coro. 

— La nef centrale, magnifique, est "flanquée de 2 nefs latérales. 
Trascoro. — Sculptures en pierre, bas-reliefs, par Gilde Siloe^ encadrant 

un intéressant retable peint sur bois (1505) par Juan de Holanda (8 com- 
partiments; au centre, la Vierge avec l'évêque de Fonseca, le donateur; 
scènes de la vie du Christ). — Devant le trascoro, un bel escalier, de style 
plateresque, descend à une crypte ou caveau (-2 parties voûtées), d'origine 
visigothe, où don Sanchez le Grand, suivant la tradition, découvrit la statue 
de St Antolin, patron de l'église et de la ville. — En avant, à g., chaire, 
avec dais, en noyer sculpté, œuvre charmante de la Renaissance de 
Hiqinio Balmaseda. 

Coro. — Belle grille (1555); stalles sculptées du xvii« s. — Aux murs 
latéraux du coro sont adossés des retables^ chefs-d'œuvre du gothique fleuri 
et do la Renaissance plateresque (statues de St Louis, roi de France, et do 
St Herménégilde, roi d'Espagne). 

Transept. — A g., porte de los Reyes. — A dr., porte de l'Obispo, et, en 
haut, horloge bizarre avec un groupe de 3 figures (un chevalier qui frappe 
l'heure, un lion qui frappe les quarts et un Maure à grosse tête grimaçant 
à chaque coup). 

Capilla Mayor. — Grille de Cristôbal Andino (1520); beau retable du 
XVI* s., en 12 cadres orné de figurines sculptées et pointes, œuvre de Juan 
de Flandes [Jean de Flandre) et d'A/onso Berruguete (au centre, St Antolin ; 
au-dessus, la Vierge); tombeaux. — Capilla Mayor primitive : à g. tom- 
beau de Dona Urraca de Navarre (xii® s.) et de dona Inès de Osorio (1492). 

— Au chevet, chapelles du pur style gothique (chap. de la Justicia, à dr.), 
avec des tombeaux du xvi» s. ■ ^ 

La sacristie possède, avec quelques tableaux remarquables, une grande 
custodia en argent ciselé (pourb. au sacristain qui la montre), œuvre de 
/. de Benavente (xvi« s.), de riches chasubles brodées, un cotfret arabe, etc.; 
au-dessus de l'entrée, Crucifiement de Mateo Cerezo. 

Sur le côté dr.. cloître (fermé) et grande salle capitulaire avec de 
magnifiques tapisseries flamandes du xvi® s., aux armes de l'évêque Fonseca 
(pourb. au sacristain). , 

Dans le quartier N. de la ville, à côté de la plaza de Leôn, sur la 
petite plaza de San Pablo, église de San Pablo, du xv® s. avec une 
façade de la Renaissance. 

Coro alto : stalles remarquables (xvi« s.). — Capilla Mayor : maître-autel 
plateresque; à dr., superbe tombeau de la famille de Rojas,.avec les 



H PALENCIA. - LEON. Ij [R. 20] ~ 19b 

figures agenouillées du marquis et de la marquise do Poza (1557) par Alonso 
Beri-uguete, 

A rO. de la ville, dans la calle Mayor anligaa^ curieuse église de 
San Miguel, du style rornano-gothique (xiii' s.); grande tour ou 
donjon crénelé avec de belles et grandes fenêtres gothiques. 

Le Garriôn coule à 10. de la ville; on y voit, près d'un grand 
pont moderne, un curieux pont ancien en forme dT. 

De Palencia a Santander, R. 18; — a Villalôn (p. 176). 

Au delà de Palencia la voie franchit le Garriôn et le canal de 
Castille. — 17 k. Grijota, — 25 k. Becerril. — 32 k. Paredes de 
Nava, patrie du célèbre sculpteur et peintre Berrnguetey né en 
1480? (régiise Santa Eulalia contient quelques sculptures de cet 
artiste). — 46 k. Cisneros. — Pont sur le Sequillo. — 57 k. Villada, 
X sur Médina de Rio Seco (p. 176). — 67 k. Grajal (jolie église; 
château fort, du xvi" s., crénelé et flanqué de tours rondes aux 
quatre angles). — Pont sur le Valderaduey. 

73 k. Sahagûn, 2,600 hab., l'anc. Camala, jadis célèbre par soD 
couvent de Bénédictins, auj. en ruines (dans Téglise, tombeaux du 
roi don Alfonso VI de Léon et de personnages de Léon et de Cas- 
tille); antique église San Tirso, du style roman (xi® s.). 

La voie franchit le Gea. — Au delà de (107 k.) Santas Marias, à 
4 k. env. sur la rive g. de PEsla, petite ville de Mansilla de las Mutas 
et, à l'horizon, montagnes des Asturies (on reconnaît, à une dépres- 
sion, le col de Tarna, dominé par trois énormes rochers, dits les 
Frailes de Maraha). — 116 k. Palanquinos, X de la ligne de (94 k.) 
Médina de Rio Seco par (19 k.) Valencia de Don Juan (p. 170). — 
Pont en fer (.300 m.) sur TEsla. 

134 k. LÉON (Ledn)®, ville de 19,580 hab., ch.-l. de la province 
du même nom et siège d'un évêché, est situé à 832 m. d\'ilt. sur la 
rive g. du Bernesga. — Léon était jadis entouré de murailles d'un 
aspect imposant ayant de 4 à 5 m. d'épaisseur, flanquées de grosses 
tours rondes et dont une partie subsiste encore. Malgré tous ses 
souvenirs historiques la ville n'a rien de l'aspect d'une capitale et 
seuls quelques monuments peuvent encore témoigner de son 
ancienne splendeur. 

Histoire. — Le nom de Léon témoigne à lui seul de l'ancienneté de la 
ville, car il n'est autre que celui delà Legio Septima, la VII« légion d'Au- 
guste, qui avait placé à cet endroit son quartier général. Après les Romains, 
les Gotns, puis les Maures, — qui, défaits et chassés, reviennent plus tard 
sous la conduite du célèbre El-Mansour, — mettent la ville à feu et à sang, 
mais ne la gardent pas longtemps. Au x« s. Ordono II, fils d'Alphonse le 
Grand, roi des Asturies, choisit pour capitale Léon et, au xi« s., Ferdinand I*"", 
roi de Castille, ajouta la couronne de Léon à la sienne, mais les deux 
royaumes se séparent pour se réunir définitivement sous le règne de Fer- 
dinand III (xiii* s,). 



Hôtels : — de Paris, calle San 
Marcelo, 8 (pens. 7 à 12 p., chauff., 
bains) ; — Inglèa, anc. Noriega, calle 
delaCatedral, 8(pens.7 p.); — Tberia, 
calle Ordono II, 1 (pons. 6 p.). 



Poste : — à l'angle de la calle 
Cervantes et de la calle Damaso Me- 
rino. 

Télégraphe : — calle San Mar- 
celo, 3. 



cflft 




Il LEON. Il [R- 20] - 197 

ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare (qui est à 1 k. env. de la 
ville), on franchit le Bernesga et on traverse la plaza de Guzman el 
BuenOy décorée de la statue de Guzmân par Marinas (1900). De cette 
placeuse détachent, à dr., ie paseo de Guzman el Bueno et, à g., le 
paseo de San Marcos {V. ci-dessous). On suit la calle Ordono II, 
boulevard aboutissant à la petite plaza de Santo Domingo, contiguë 
à g. à la grande plaza del Rastro, et d'où l'on atteint, à dr., la plaza 
de San Marcelo, au centre de la ville. 

Sur cette place se trouvent : — au S.-O. et au S., VAyuntamiento, 
bâti au XVI* s. par J. Ribeira, attenant au théâtre, et Véglise de San 
Marcelo (construite au xn* s., mais presque entièrement modernisée) ; 

au N., le vaste palais moderne de la famille Fernandez, par 

Gaudi; — à l'E., la casa de los Guzmancs, imposant palais édifié en 
1560 par Tévêque Juan (^uinones y Guzmân, et occupé auj. par le 
gouverneur civil (profusion de grilles et de balcons de fer forgé, 
beaux encadrements de fenêtres Renaissance, écussons sculptés; 
patio à ornementation plateresque; à Tint., escalier en pierre, en 
limaçon); Philippe II, voyant ce palais, disait: « C'est beaucoup 
de fer pour un évêque ». 

En suivant à TE. la calle de San Marcelo, on atteint en quelques 
min. la plaza de la Catedral, 

La ** cathédrale, ou Santa Maria de Régla, est un des plus inté- 
ressants et des plus anciens spécimens du style ogival (xiii-xv* s.). 
M. Street, dans son excellent travail sur 1' « Architecture gothique 
en Espagne », la considère comme un monument d'origine et de 
caractère français, et parmi les noms de ses architectes se trouve 
celui d'un Guillaume de Rohan. Les travaux d'édification com- 
mencés en 1199, ne furent poussés avec activité que depuis le milieu 
du xiii" s. Au commenc. du xiv® s. l'édifice était à peu près ter- 
miné. L'extrême légèreté de l'édifice en compromit la solidité et il 
dut être complètement restauré dans la seconde moitié du xix* s. 
par Juan de Madrazo (f 1880), Demetrio de los Bios et autres. 

La façade 0., avec le grand portail construit dans la seconde 
moitié du xiii' s. à l'imitation des porches du transept de la cathé- 
drale de Chartres, se compose de cinq beaux arcs en ogives ornés 
de sculptures et surmontés d'un vaste balcon à jour que dominent 
deux tourelles; elle est percée de trois portes : celle de San Juan de 
Begla à g. (au-dessus, Visitation, Nativité, Adoration des Mages, 
Fuite en Egypte, Massacre des Innocents, bas-reliefs); de Nuestra 
Sehora la Blanca au milieu (dans les tympans, Résurrection, Récom- 
pense des justes, Punition des méchants, le Christ en souverain 
juge); de San Francisco à dr. (au-dessus, bas-reliefs. Couronnement 
et Dormition de la V.). — Le portail latéral S., remarquable par 
son élégance, est à trois étages et à trois portes : à g., celle de fa 
Maerte, au milieu celle de San Froilan et à dr. celle de la Reina, 
actuellement murée. — A l'angle S.-E., l'extérieur de la sacristie 
est du style plateresque; sur le côté E., on remarquera l'extérieur 
de la Capilla Mayor, atix élégants pinacles. Deux «ours -surmontent 
l'édifice : la tour N. (65 m.) est la plus ancienne; l'autre (68 m.), 
çst de la fin de la période gothique. 



198 — [R. 20] 



Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔiN. H 



Intérieur. — 91 m. de long sur 40 m. de large; 3 nefs de l'entrée au 
transept (qui est extraordinairement largo) et 5 nefs du transept au maitre- 
autel ; les piliers, formés de faisceaux do colonnes, sont d'une finesse et 
d'une' légèreté extrêmes. Toute la partie supérieure des croisées, finement 
découpée, est garnie de magnifiques * vitraux, ainsi que les immenses 



rosaces aux deux extrémités de la croix et à l'entrée 

Autour du sanctuaire (Ca- 

pilla Mayor), au-dessus du 

maître-aùtol, tout est à jour. 

Ces vitraux, qui occupent une 

superficie d'environ 1,200 m. 



la grande nef 




âe 
tancisco 






,ô.e^ 



^IS^r -^ 



■^<tc„ 



carrés, sont l'ornement le plus 
précieux de la cathédrale et 
forment un ensemble unique 
en Europe; les sujets com- 
prennent tous les styles de- 
puis le XIII® s. jusqu'à4nos 
jours : particulièrement re- 
marquables sont les vitraux 
de la Capilla Mayor, de la Capilla de Santiago et du transept N. 

Trascoro, en albâtre, très richement sculpté, du style plateresque. — 
CoRO du XV* s. ; stalles sculptées par maître Theodoric (1468-1481). — Capilla 
MAYOR : le maître-autel avec un élégant tabernacle, une urne et une belle 
custodia d'argent (xvi® s.) est surmonté d'un retable moderne encadrant des 
peintures sur bois du xv* s. provenant en partie de l'ancien retable de la 
cathédrale (p. lxxi). 

Dans le Tbas-Sagrario, ainsi que dans les chapelles de l'abside, on voit 
quelques tombeaux intéressants : — Cap. del Carmen : tombeau de l'évêque 
Rodrigo (■^ 1532), de Zamora. — En face de la sacristie, tombeau Renais- 
sance de l'évoque San Pelayo; à g., portada del Cardo, élégant portail du 
xv« s., donnant accès au maître-autel. — Cap, del Salvador : à g., tombeau 
de la comtesse Sancha par el Maestro Marcos (xiv« s.). — En face, au mur 
de la Capilla mayor, mausolée d'Ordono II (f 923), du xiv« s. avec un enca- 
drement du xv« s. — Cap. de la Concepciôn : à g., tombeau do révêc^ue Man- 
rique de Lara (f 1232), fondateur de l'église. — Cap. de Ioa Asunciôn : tom- ' 



Il LEON. Il [R. 20] - 199 

beau de l'évoque Arnaldo (f 1235). — Cap. de N. S. del Dado : au-dessus do 
l'autel, statue gothique on pierre pointe, de la « Vierge au dé » : la légende 
raconte qu'un joueur malchanceux jeta ses dés contre la statue, qui saigna. 

— La vaste cap. de Santiago, du style ogival du xv« s., est la plus belle 
de toutes; elle est richement ornée de sculptures et de vitraux (ceux du 
côté E. représentent VI apôtres, 12 vierges et li évoques). — Do cette cha- 
pelle on passe dans la cap. de San Andrks, qui a un portail, de la fin du 
xiii« s., décoré de statuettes de rois et d'évêques. 

La porte del Dado donne accès au beau * cloître, bâti au xiv« s., mais fort 
altéré par des remaniements ultérieurs, qui forme un carré régulier, ayant 
sur chaque côté six arcs gothiques : les ailes O. et N. conservent encore 
des fragments de fresques exécutées de 1464 à 1470; au milieu de l'aile N., 
près de la cap. du comte de ReboLledo (monument de ce gentilhomme, -^ 1636), 
l'escalier montant à la salle du Chapitre est un curieux spécimen du style 
platcresque. — La cathédrale possède dos archives intéressantes. 

Revenu à la pi. San Marcelo, on prend à dr. la calle del Cid qui 
va à la plaza San Isidoro où se trouve Téglise collégiale de ce nom. 

"♦"San Isidoro, le « Saint-Denis espagnol » des premiers siècles, 
a été fondé au xi* s. par le roi Ferdinand I"' et agrandi au xn* s. 
L'église, consacrée en 1U7, est un spécimen intéressant du style 
roman (p. lxv) : ses lourds piliers, ses portes et ses fenêtres plein 
cintre lui donnent l'aspect d'un couvent plutôt que d'un temple. Le 
côté S. offre deux portails romans : celui de g., qui donne accès 
dans l'église, est surmonté d'un fronton ajouté au xviii* s. portant 
la statue équestre de San Isidoro en son costume d'archevêque de 
Se ville, la mitre en tête et Tépée au poing; le portail dr. (muré) a 
au tympan un intéressant bas-relief de la Descente de croix. 

Intérieur. — Du style roman avec traces de gothique primitif et adjonc- 
tions postérieures. Les chapiteaux romans dos colonnes sont richement ornés 
do sculptures. — A g. de l'entrée, fonts baptismaux sculptés du xi" s. — 
Capilla Mayor, par Juan de Badajoz (1513) : maître-autel « manifiesto », 
c'est-à-dire ayant le privilège de garder apparente l'hostie du Saint- Sacre- 
ment; châsses de St Vincent, l'une en ivoire, l'autre (du xiii" s.) émaillée. 

— A l'extrémité 0., *Panthéou (chap. de Santa Gatalina), du xi" s., ayant 
beaucoup souffert à l'époque do l'invasion française (déc. 1808) : sépul- 
tures de 11 rois, de 12 reines et de 21 princes ou grands seigneurs (parmi 
les rois, Alphonse V, f 1028, et Ferdinand 1<", jr 1065; parmi les reines, 
dona Urraca, reine do Zamora, fin du xi® s., Zaïda, fille du roi maure de 
Séville, qui épousa Alphonse VI. lo conquérant de Tolède, commenc. du 
XII" s. et doua Sancha); à la voûte, peintures de la fin du xn® s. — Le 
trésor^ très riche et difficile à voir en entier, contient notamment une 
belle croix processionnelle du xvi« s., un calice en agate du xi« s., des 
ivoires, etc. 

Cloître, fortement modernisé : dans l'aile E., chapelle du xii« s. avec 
fresques très anciennes. — Bibliothèque (on y accède du transept N. ; pour- 
boire), jadis très importante ; elle a conservé quelques pièces intéressantes 
(bible de 960; bréviaire avec miniature du xv« s.); la salle d'entrée iCamara 
de la Raina ou de dona Suncha) oiiro des restes do pointures murales, 
apparemment de l'école toscane. Un bel escalier Renaissance mène au 
2» étage. 

De San Isidoro, la chaussée du faubourg de Renueva conduit, au 
N.-O., au '^monastère de San Marcos, ancienne commanderie de 
Saint-Jacques, dont l'origine paraît dater du commenc. du xii'^s. et 
qui a été rebâtie au xvi* s., dans le style plateresque, par Juan de 



200 — [R. 20] Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. || 

Badajoz, La façade principale est particulièrement remarquable 
L entrée d un aspect monumental, est surmontée d'un fronton 
sculpte (statue de St Jacques au sommet). Dans la tribune haute 
du chœur belles stalles très ornées de 1541-1547, par le Français 
Gmllaiime Doncel (compar. Auch). La sacristie, à trois voûtes est 
1 œuvre de Juan de Badajoz. Dans la salle capitulaire ouvrant sur 
le cloître, un beau plafond en bois de santal. L'édifice est en partie 
occupe par le musée provincial (pourboire), qui contient des œuvres 
romaines notamment un autel dédié à DianedeTépoque de Traian 
et des sculptures chrétiennes (croix byzantine, Vierge gothique, etc.)! 
On voit dans le couvent la cellule où fut emprisonné par Philipne IV le 
iTL^LfentZtilZT'''''^"'''''''''' ^'''''''''^ ' cause^'d-écrits s^aPtiriques 

On peut voir, principalement au N. et à TE. de la ville, les restes 
intéressants des remparts romains. 

r„[i^.^!l^^-f ni' T. m Q^" ^^ ^^"^1' ^"^^«.??® ^^lise S^^ Miguel de Escalada, 
qui date, dit-on, de 913, mais paraît sensiblement postérieure à cette époque.] 

De Léon a Monforte, la Corogne, Vigo, R. 21. 

Au delà de Leôn, la voie remonte vers le N. la vallée du 
Bernesga (rivière à dr.), au pied d'une ligne de collines. — 145 k 
Santibanez. — Pont sur le Bernesga. 

160 k. La Robla, X où aboutit à dr. la ligne du chemin de 
fer houiller venant de Bilbao par Valmaseda et Mataporquera 
(p. 144) et desservant les riches charbonnages de la région — 
En avant de la voie, on aperçoit la ligne des monts Asturiens 
aux cimes dentelées. — Bientôt commence la partie intéressante 
du trajet. « Parmi les traversées de chaînes de montagnes par des 
voies ferrées, dit M. de Saint-Saud, il peut en être d'aussi pitto- 
resques que celle du col de Pajares, dans les Asturies, mais il 
n'en est pas de plus belles, à la condition toutefois d'aborder la 
Cordillère par l'Espagne, c'est-à-dire par les plaines monotones 
du Léon. » 

168 k. Pola de Gordon, sut le Bernesga. — Tunnel. — 174 k 
Cinera. — La voie s'engage dans un étroit déQlé avec la route et là 
rivière, qu'elle franchit 14 fois; elle coupe par 7 tunnels les pre- 
miers contreforts de la chaîne des Asturies : tranchées ravins 
gorges sauvages. A l'issue de ce défilé, vallée plate, dominée par 
de hautes montagnes. — 180 k. Villamanin. — - 3 tunnels. 

188 k. Busdongo. — Tunnel de Busdongo ou de la Perruca (3 050 m ) 
percé à l'ait, de 1,283 m., au-dessous du col dit Puerto de Pajares] 
crête de la chaîne cantabrique qui forme la limite des provinces 
de Léon et d'Oviedo (Asturies). — Le bas de la vallée vers laquelle 
on descend est à 11 k. en droite ligne (42 k. 6 par le ch. de fer) et 
à une différence de niveau de 767 m. Le tunnel de la Peruca qui 
s'ouvre au milieu des pentes arides du versant méridional, débouche 
sur les vallées du versant N. qui se développent à g. de la voie 
vertes et cultivées depuis les sommets jusqu'au rio Pajares. ~ 
Pescente en courbes j 60 tunnels mesurant bout à bout 23,255 m.. 



202 — [R. 20] Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. || 

dont 10 entre Busdon^o et Pajares; dans les courts intervalles qui 
les séparent, belles échappées sur la vallée. 

198 k. Pajares. 18 tunnels entre Pajares et Parana; la voie forme 
deux lacets opposés en contournant le ilanc de deux vallées; à g, 
on aperçoit la suite du tracé et, en bas des deux boucles, le village 
de San Andrès. — 208 k. Navidiello-Parana, 14 tunnels jusqu'à la ^ 
station suivante. Deux courbes en fl» en sens opposé, contournent 
la jolie vallée de Congosiinas, au milieu de laquelle se trouve le , 
village de ce nom. — - 218 k. Linares. 10 tunnels. Après le tunnel 
de Bustiello, la voie décrit une boucle; à g. en contrebas, on voit la i 
ligne de retour et la ligne iïiférieure qui parcourt le fond de la vallée. 
— 223 k. Malvedo. 8 tunnels. A dr., à 120 m. en contre-bas, on 
aperçoit la ligne au fond de la vallée. — Nouvelle boucle, parcourue 
en souterrain. 

231 k. Puente de los Fierros, à 516 m., au confluent du Pajares •; 
et du Parana. — 237 k. Campomanes, près du confluent du Pajares 
et du rio Huerna. — 243 k. Pola de Lena, Le paysage change d'aspect ; 
la vallée large et riante est entourée de collines vertes. — Viaduc. 

250 k. C/jo, village minier, X' de la ligne vasco-asturienne • 
(p. 206) qui dessert aussi plus loin Mierès et Ablafia. — 251 k. 
Santullano, — A dr., vieux pont. 

255 k. Mierès, petite ville industrielle de 2,900 hab., au pied de 
montagnes très riches en mines de houille, de fer, de cinabre, de 
soufre (école pratique de mécanique). — 258 k. Ablaha. — En face, 
à dr., importante/onc/me de fer de Mierès. — On franchit le Caudal; 
à g., monts del Padrani; à dr., pont et route d'Oviedo. — 261 k. Ollo- 
niego; au delà de la rivière, colline boisée avec un ermitage au 
sommet. — Tunnel d'Olloniego, au-dessous d'une cime couronnée 
d'un château maure; à dr., petite vallée du rio Nalôn. — Au delà 
d'un petit tunnel, étroit défilé (se placer à g.) et pont sur le Nalôn; 
belle vue sur la magnifique vallée du Barco Soto, parcourue par le 
Nalôn que la voie va dominer à mi-côte. 

266 k. Soto de Rey. 

DE SOTO DE REY A Cl A NO (^ 22 k. en 1 h.). ~ Cotte li^ne, qui suit^ 
les bords du Nalôn, dessert des centres industriels et miniers. — 8 k. Tudela- \ 
Veguin (carrières calcaires, fabr. de ciment). — 17 k. La Felguera (usines 
métallurgiques, constructions mécaniques, raines de charbon). — 19 k. Sama 
(mines, fonderies). — 22 k. Ciaiio- Santa- Ana. 

268 k. Las Segadas. — Viaduc. — Au delà d'un tunnel, fabrique 
de poudre. — Dernier tunnel; au delà, carrières de gypse de 
Et Fresno et pont de los Pilares, — On passe sous VaquedaCy long 
de 382 m., qui amène à Oviedo les eaux de la source de Fitoria. 

274 k. OVIEDO (g), ville de 27,000 hab. (48,100 avec sa ban- 
lieue), ch.-l. de la province du même nom avec le titre particulier 
de Principauté des Asturicj et siège d'un évêché, est située, à 228 m. 
d'alt., sur un terrain un peu en pente et entouré d'une plaine fertile. 
Construite, comme toutes les vieilles cités, sans plan déterminé et 
un peu de tous les temps, Oviedo n'en est pas moins une assez 
jolie ville, propre, avec de belles maisons et un joli parc près du 



Il OVIEDO. Il 



[R. 20] — 203 



centre; elle est plus animée que bien d'autres chefs-lieux de pro- 
vince d'Espagne. 



Hôtels : — de Paris, callo Pelayo, 
13, et calle Uria, 14 (direction fran- 
çaise; dep. 7 p. 50 par j.; rest.) ; — 
Francés, calle de Jovellanos, 1; — 
Covadonga, callo Mendizabal. 

Tram : — de la garo à la ville, 75 c. 



Poste et télégraphe : — calle Po- 
sada Ferrera. 

Voitures de place : — la course, 
1 ou 2 pers. 1 p., chaque pers. on 
plus, 50 c; l'h. 2 p. pour 2 pers., 
chaque pers. en plus, 1 p. ; colis, 50 c. 



Histoire, — Les Asfuri étaient une nation guerrière, ayant l'horreur du 
joug étranger, s'alliant aux Cantabres contre Carthage, puis aux Carthagi- 
nois contre Rome, et obligeant même Auguste à venir en personne pour 
les réduire; mais Auguste, fatigué de la lutte contre cette poignée de mon- 
tagnards, laissa à ses généraux le soin de la conquête. Vaincus par le 
nombre, les Asturi furent contraints de descendre dans la plaine et d'y 
habiter avec leurs vainqueurs. Mais lorsque Rome fut tombée, les Asturi 
rentrèrent dans leurs montagnes devant l'invasion des Vandales et des 
Goths. Ces derniers engagèrent la lutte; le nombre encore leur assura la 
victoire ; la race nouvelle se confondit avec la vieille race pour fonder ce 
petit peuple de héros qui devait plus tard sauver les libertés du pays. 

Ce fut dans les montagnes des Asturios que Pelage, otage échappé de 
la cour du roi de Cordoue, donna, au vu* s., le signal de la révolte. Les 
Asiuriens, conduits par lui, attaquèrent les Maures, descendirent dans les 
plaines et les dévastèrent. L'an "718, El-Horr, vice-roi de Cordoue, envoya 
contre eux une armée que Sébastien de Salamanque fait monter à 
124,000 hommes. Pelage l'aurait attendue dans les gorges de Covadonga et 
l'aurait anéantie sans qu'il en restât un seul homme (!). Effrayés par cette 
terrible défaite, les Maures respectèrent le repos de cette poignée de 
révoltés et, derrière ces montagnes infranchissables, se fonda la jeune 
monarchie, le berceau des monarchies espagnoles (F. Covadonga. p. 206). 

Fruela, ou Froïla, 3* successeur de Pelage, fonda, en 757, Oveta, qui 
depuis devait devenir Oviedo. En 810, Alphonse le Chaste y transporta la 
résidence des souverains des Asturies, qui avaient jusqu'à cette date établi 
leur demeure à Cangas de Onis et à Pravia. 

Ordono !•', roi d'Asturie (f 866), et, après lui, Alphonse le Grand (f 910), 
passèrent les monta/^nes, et portèrent jusqu'aux rives du Duero les limites 
du royaume chrétien. Alphonse avait trois fils : Ordono, Garcia et Froïla; 
il partagea entre eux ses conquêtes. Froïla II (f 924) eut Oviedo; Garcia, 
la Galice. Ordono II fonda, à Leôn, la capitale d'un royaume nouveau. 
Froïla succéda à ses deux frères ; il choisit Leôn pour sa métropole et les 
Asturies ne furent plus désormais qu'une province du royaume de Léon. 

Après la mort d'Alphonse VII (1157) un semblant de royaume se recon- 
stitua à Oviedo, avec dona Urraca pour reine, et lorsque Alphonse X, en 
guerre avec son fils, disait c[ue Séville ne l'avait pas abandonné, il oubliait 
qu'Oviedo et les Asturies lui restaient fidèles. 

En 1388, les Certes du royaume réunis à Briviesca, déclarèrent, sur la pro- 
position du roi, que les Asturies constitueraient désormais une principauté 
et que le premier-né de la couronne de Castille serait nommé désormais 
prince des Asturies. Ce suprême honneur, qui récompensait la vieille fidélité 
des Asturiens, assurait leur dévouement futur et ils en donnèrent des 
preuves nombreuses. En 1808 ils se prononcèrent contre l'invasion française, 
instituèrent une junte suprême et organisèrent la'résistance. 

ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare, on suit la calle de Uria, 
(parcourue par un tram aboutissant à la plaza Mayor), qui monte 
vers le centre de la ville et sur laquelle s'élèvent des constructions 
récentes; à dr., V Ecole normale (renfermant le Museo Arqueologico 



204 — [R. 20] 



Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. 



Asturlano, ouvert de 10 h. à 1 h. : intéressante collection d'antiquités 
locales; fragments romains, tombeaux du xit** s.), et à g., un peu 
en arrière, le nouveau théâtre^ très élégant. Derrière Técole, hospice 
provincial, construit en 1752 par Ventura Rodriguez. — On longe, ^ 
à dr., le Campo de San Francisco et le Salon Del Bombe, deux prome- 



6l iôn,29k.7 ' 




Leôn. 120k. \ la Trubia 



nades, et on atteint la phza May or (ou de la Constituciôn)^ au centre 
d'Oviedo et bordée d*arcades; au N., les Casas Consistoriales^ de 1662, 
ont un aspect assez imposant; à l'O. église San Isidoro (1578). 

Au N. de la place, la calle de Cimadevillay prolongée par la calle 
de la Rua, conduit à la cathédrale. 

La* cathédrale est une magnifique construction de style gothique 
(1388-1528). — Le portail 0. se compose de trois grandes arcades 
(celle du centre est plus élevée) avec portes richement ornées de 
fleurons, de guirlandes (au-dessus de la porte principale, la Trans- 
figuration et bustes de Fruela et d^ Alphonse le Chaste). Sur le côté N, 
de ce portail on remarquera un curieux arc biais. — La tour (pre- 
mière moitié du xvi* s.), haute de 80 m., par ses ornements si bien 
distribués, et par les quatre tourelles si sveltes et si élégantes qui 
flftn(juent l'étage des cloches, peut être regardée comme l'une des 



Il OVIEDO. Il [I^. 20] - 205 

plus belles d'Espagne (on peut y monter, entrée â l'extrémité 0. de 
ia nef de dr.; belle vue du sommet). 

Intérieur. — L'int. (pourb. au sacristain) n'a que 67 m. de long sur 22 m. 
de large; mais ses proportions exactes et ses nombreuses ouvertures sem- 
blent accroître ses dimensions. — Les piliers ont pour chapiteau une simple 
toutfe de feuilles, les arcs s'élancent avec une majestueuse nudité, et la 
galerie qui entoure la uef et contourne les deux bras de la croix est d'une 
gracieuse légèreté. Au-dessus de cette galerie, de grandes fenêtres, divisées 
en six compartiments par des arêtes de pierre et garnies, du côté du S., de 
vitraux, s'élèvent jusqu'à la voûte. 

Capilla Mayor. — Contre l'un des piliers de dr., sur un fût de colonne ayant 
pour chapiteau des coquilles de pèlerins renversées, très ancienne statue du 
Sauveur^ contemporaine, dit-on, de l'évêque Pelage (xii« s.). — Au maître- 
autel, fastueux *retable des xv« et xvi« s., achevé vers 1525 par Giralte et 
Balmaseda. A g., tombeau gothique de l'archevêque Arias de Villar (1490). 

Les chapelles latérales ont pour la plupart une ornementation baroque 
des XVII» et xviii« s. 

Bas-côté dr. — Dans la chap. de Ste Barbe, stalles de l'ancien coro; 
la 4*^ chap. est dénommée « del Cristovelarde » ; dans le bras dr. du tran- 
sept, porte donnant accès à l'escalier qui monte à la Câmara Santa^ pré- 
cédée d'une petite chapelle contenant de curieuses stalles du xvi« s. 

La ♦ Câmara Santa (ancienne chap. de San Miguel : visible le mat. à 9 h. 
et l'après-midi à 3 h. 30; les chanoines qui montrent les reliques donnent 
aux visiteurs une notice concernant ces reliques ; il est d'usage de déposer 
dans le tronc une otfrande de i p., ou de 2 p. si l'on est plusieurs) se divise 
en deux parties : la plus grande, en forme de voûte semi-circulaire, présente, 
sur les côtés, 6 piédestaux portant chacun deux statues d'apôtres, adossées 
aux colonnes à chapiteaux représentant des animaux fantastiques ; elle date 
du règne de Ferdinand II (xii® s.) ; la plus petite, qui contient le reliquaire, 
remonte au temps d'Alphonse II (ix« s.) ; elles ne sont éclairées que par 
deux étroites fenêtres. Le reliquaire (on ne l'ouvre jamais) est un coffre de 
bois de cèdre couvert de larmes d'argent travaillées en relief montrant le 
Christ, la Vierge, les Apôtres et des scènes de la vie du Christ : il a été 
donné par Alphonse VI. Il contenait les reliques exposées auj. : deux mor- 
ceaux de la vraie croix, l'un des trente deniers de Judas, un morceau du 
cœur de St Barthélémy, un fragment de la baguette de Moïse, une sandale 
du pied droit de St Pierre, un morceau de pain multiplié dans le désert, de la 
manne, un débris du tombeau de Lazare, des cheveux de la Madeleine. Parmi 
les joyaux exposés dans la Câmara Santa il faut citer la célèbre *Cruz de 
los Angeles (croix des Anges), couverte de pierreries (rubis d'une rare gros- 
seur; gemmes gravées; travail en filigrane d'une exquise finesse) qui a 
été donnée à la cathédrale par Alphonse le Chaste (808). A dr., au-dessus 
d'un coffret qui renferme deux intéressants dyptiques en ivoire, la Cruz de 
la Victoria (croix de la Victoire) provient, dit-on, de Pelage; elle est en bois; 
Alphonse III la fit couvrir d'or ciselé et de pierreries. 

Une porte, voisine de celle qui conduit à la Câmara Santa, donne accès 
au cloître ( V. ci-dessous). 

Abside. — Dans les chapelles, quelques tombeaux peu importants. 

Bas-côté g. — Au fond du bras g. du transept, porte donnant accès à la 
célèbre Capilla del Rey Casto fondée par Alphonse II (f 843); démolie 
en 1705, elle fut reconstruite en style baroque par l'évêque Thomas Reluz. 
On y pénètre par un arc gothique dont les fleurons surmontent une grille 
de fer d'un riche travail. L'intérieur est richement orné de sculptures élé- 
gantes. A g. en entrant, autel de Nuestra Senora de la Luz, avec retable 
richement ornementé; des deux côtés, statues de St Pierre et de St Paul. 
Au tond, à dr., le Panthéon des rois des Asturies ne renferme plus qu'un 
seul sarcophage ancien ; 9 urnes portant chacune un écusson royal et con- 



206 — [R. 20] li DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. || 

leDant les cendres des rois sont rangées contre les murs. — Dernière cha- 
pelle, en descendant, (de Santa Eulalia) : châsse du xi® s. en argent doré. 
Le cloître (entrée voisine de la porte de la Câmara Santa), de petites 
dimensions, mais d'une riche architecture de style gothique (sculptures 
variées des chapiteaux), date de la première moitié du xiv" s. ; il contient 
des tombeaux des xii% xiii* et xiv» s. — La salle capitulaire, du xiii« s., a 
des stalles du xvi* s. — L'archive renferme des pièces intéressantes (actes 
de donation* d'Alphonse le Chaste ; manuscrits précieux). 

A l'angle S.-O. de la place de la Cathédrale, Tantique église de 
San Tirso a été en très grande partie modernisée (à Tint., Adoration 
des Mages, assez bonne peinture). 

A quelques pas au N.-E. de la cathédrale se trouvent deux églises : 
celle du couvent de San Vicente, bâtie au xvi* s. (cloître intéres- 
sant), et celle de San Pelayo, attenant au cloître des Bénédictines. 

La fabrique d'armes, à l'extrémité N.-E. de la ville près de la 
route de Santander, occupe l'ancien couvent de la Vega et l'église 
romane de Santa Maria de la Vega. 

En revenant de là, on peut visiter, au N.-O. de la plaza Mayor, 
VUniversité, de la fin du xvi® s. (entrée, calle San Francisco); elle 
contient quelques peintures de Bibera, Zurbaran, Giordano, etc. 

[1° Naranco (1 h. N. d'Oviedo; chemin assez mauvais), à 1,233 m., sur la 
colline de la Cuesta de Naranco, possède une église Santa Maria de Naranco 
qui date, dit-on, de 850, mais paraît avoir été terminée au xii« s. ; un peu , 

Elus haut, l'église de San Miguel de Lino, du ix« s. (portail avec sculptures j 
arbares imitant des ivoires byzantins; p. lxiv). i 

2'>Trubia (^, 2 lignes : 13 k., par la ligne du Norte; 18 k. par le ch. de 
fer vasco-asturien), ville de 4,295 hab., avec une fonderie de canons et une 
fabrique d'armes de guerre. — La ligne vasco-asturienne passe par (11 k.) 
J^uso de la Reina d'où un embr. desservant le district minier va à (16 k.) \ 
Ablana, à (19 k.) Mieres et à (24 k.) Ujo (p. 202). — De Trubia, la ligne se ; 
prolonge jusqu'à (39 k.) San Esteban de Pravia, port de mer. 

3° Covadonga (^^68k. en 2 h. 20 jusqu'à Arriondas, ligne de Santander, 
p. 150; 6 p. 80, 4 p. 80, 3 p. 65; ^^ à vap., d'Arriondas à Covadonga, en 
1 h., 2 p. 35, 1 p. 20). — 9 k. Gangas de Unis (aub. de Avelino Cuesta), l'an- 
tique résidence des premiers rois des Asturies, n'offre de remarquable que; 
son vieux pont, mais une excursion dans la pittoresque gorge du Sella (5 àJ 
6 h., aller et ret.; bonne route) est très recommandée. 

17 k. Covadonga (aub. ou Hospederia, modeste) est situé sur un promon-î 
toire rocheux dans une petite vallée entourée par les hautes montagnes 
d'Enol, dont le calcaire dénudé contraste avec la verdure du fond de la 
vallée. — On peut rester un jour à Covadonga: les promenades le long 
du torrent, la visite de la grotte où est enterré le roi Pelage, fondateur du 
royaume des Asturies, celle de la basilique (vue de la galerie extérieure), 
occuperont la matinée; l'après-midi on ira (6 h. aller et ret. à pied ou à 
âne) au lac Enol (vue intéressante sur les montagnes asturiennes). 

C est à de pieux souvenirs, perpétués d'âge en âge, que Covadonga doit 
cette sorte d'auréole mystique qui entoure son nom et qu'il doit d'être devenu i 
un pèlerinage si fréquenté. — Au pied du pic qui domine vers l'O. la petite 
vallée, dans les flancs d'un rocher s'ouvre (un bel escalier en marbre y' 
accède) la célèbre Cueva, la grotte où Pelage s'était réfugié avec 300 de ses 
guerriers et où il soutint un sièo^e contre les bandes sarrasines. Elle renferme 
le sarcophage de Pelage (f 737), de sa femme Gaudiosa et de sa sœur Herme- 
sinda. — A côté, la petite chapelle de Santa Maria renferme l'autel de N. S. 
de Covadonga et le tombeau du roi Alphonse I" (f 757). — L'ancienne abbaye, 
avec la petite église collégiale, date du xvi« s. (dans le cloître, deux tom- 



Il COVADONGA. — GIJÔN. || 



[R. 20] — toi 



beaux do l'époque romane). Auprès est la nouvelle épli^c, bâtie en style roman 
de 1877 à 1901. — Au-dessous, la Deva tombe en formant une belle cascade. 
De Covadonga on peut revenir à Cangas par Biera et Soto, et visiter, à 
Abamia l'antique église Santa Eulalia, renfermant les curieuses sépul- 
tures qui seraient, dit-on, celles de Pelage et de son épouse; l'église a été 



GIJON 

Principaux Hôtels 

(l) HôteLMaLelfils 

id.. JberLoL 
@ ÙL. djelComercLo 

Mètres 




fortement modernisée, mais il reste encore des parties (entre autres le 
portail latéral) de l'édifice du xii« s. — D'Abamia, on atteint Cangas par 
une belle forêt de châtaigniers et en suivant le cours du Buena et du Rizozo. J 
D'OviEDO A Santander, p. 150. ^ s 

En sortant d'Oviedo, la voie traverse une jolie campagne.— 
Petit tunnel. -- 279 k. Lugonès. — On franchit le Nora. — La voie 
coupe un petit contrefort des monts Asturiens. — 285 k. Villahona, 
V pour (18 k.) Aviîes et (21 k.) San Juan de Nieva (F. ci-dessous). 
1^ 2 viaducs. — 297 k. Verina (ruines d'un château fort), relié par 
un ch. de fer local à (8 k.) Candas. — Plaine fertile. 

304 k. Gijôn, ville de 46,400 hab., port d'exportation minière, est 
située entre deux baies protégées par les deux promontoires du cap 
San Lorenzo à l'E. et du cap Torres à rO., et que sépare la colline 
rocheuse de Santa Catalina, presque entièrement entourée par la 
mer Cantabrique; elle s'est considérablement agrandie vers le Sud. 



'' Hôtels : — Malet fils, muello delSur 
(dep. 10 p. par j., asc, chauff.); — i6e- 
ria, calle Trinidad, 24 (dep. 8p.); 
— del Comercio, pi. del Marques. 

Trams : — de la gare du Nord au 
port; du port à Somiô par la Gui» 



Voitures de place : — la course 
l p. pour 2 pers., Ih. 2 p. 

Poste et télégraphe : — calle 
Jovellanos, 46. 

Bateaux à vapeur : — pour San- 
tander et Bilbao, la Corogne. 



âÔg — [R. 21] (IDE VENTA DE BANOS A MONFORTE. || 

Itinéraire. — De la gare du Nord, la calle del Marques de San 
Ësteban et la caile del Comercio conduisent au port, le meilleur de 
la côte cantabrique, abrité vers TE. par le promontoire et la col- 
line de Santa Catalina (belle vue du sommet); on travaille à son 
agrandissement en construisant à TO. le puerto del Musel pour les 
transatlantiques. Sur la plaza Marques qui termine le muelle del 
Sur, fontaine avec la statue de Pelage, par J. Lopez (1891). 

Au S. du port, la calle del Boulevard ou Corrida conduit a la. plaza 
del 6 de Agosto, avec la statue de Gaspar Melchor de Jovellanos 
(1744-1811), écrivain et homme politique. Ujne courte rue à g. aboutit 
au paseo de Alfonso XII, belle promenade avec kiosque à concerts. 

On revient à g. jusqu'à la calle de Jovellanos; à l'angle g. se trouve 
VInstituto asturiano Jovellanos, fondé en 1794, auj. école de commerce 
€t de marine (belle bibliothèque ; remarquable collection compre- 
nant 800 dessins de maîtres espagnols et italiens, visible en semaine; 
pourb. au concierge). En suivant cette rue à dr., on arrive à la 
plage San Lorenzo (bains de mer très fréquentés; cabines), d'où on 
peut aller, au pied de la colline de Santa Catalina, visiter Véglise 
San Pedro du xv* s. (dans la nef à dr. tombeau de Jovellanos avec 
un médaillon par Fuxa) et la manufacture de tabacs (1,400 ouvrières). 

DE GIJON A SAN JUAN DE NIEVA (^ Nord 40 k., en 1 h. 45, 4 p. 60, 
3 p. 40, 2 p. 10). — 19 k. Villabona (p. 207), où l'on change de train. — 
37 k. Aviles, ville de 12,783 hab. sur la ria de Avilos; sur la plaza San 
Francisco, buste de l'instituteur Juan de la Cruz (f 1898); San Tomas, 
église moderne avec 2 tours hautes de 47 m.; plusieurs palais intéressants, 

— 40 k. San Juan de Nieva, port. 

DE GIJON A LAVIAN A (^ 52 k. S., en 2 h. 10, 5 p. 85, 4 p. 40, 2 p. 95). 

— Départ de la gare de Langres. — 7 k. Sotiello : embr. sur (7 k.) Musel' 
Abono. — 22 k. Norena, où l'on croise le ch. de fer de Santander à Oviedo 
(p. 151). — 39 k. Sama, également desservi par la ligne de Soto de Rey à 
Ciano (p. 202). — 52 k. Pola de Laviana. 

Route 21. — DE VENTA DE BANOS 

A LA COROGNE, 

VIGO ET SAINT-JACQUES DE COM POSTELLE 

j^ De Venta de Bahos à Monforfe. 

fgjfi Nord, 372 k. en 8 h. 45 par le rapide bi-hebdomadaire, en 9 h. 20 par 
le correo-express (l'«, 2« et 3« cl.). — 37 p. 50; 28 p. 15; 16 p. 85. 

Auto-cyclisme : — ^ 45 k. de Leôn à Astorga où Ton joint la route de 
Madrid à la Corogne. — ^ 285 k. d'Astorga à la Corogne ; route passable, 
très accidentée avec des vues magnifiques. — 10 k. 3. Combarros. — 
22 k. 3. Manzanal del Puerto ; on passe la crête de la sierra de Leôn à 
1,101 m. d'alt. — 35 k. 2. Torre\ deux ponts étroits. —45 k. 2. Bembibre. 
— 64 k. Ponferrada, X sur Vi^o (p. 214). —77 k. 3. Cacabelos. — 85 k. 5. 
Villafranca del Vierzo; pont sur le Burbia; la route suit la vallée do 
"Valcarce. — 102 k. 6. Vega de Valcarce. La. route pénètre dans la mon- 
tagne et s'élève (rampe de 7 à 10 0/0) jusqu'au col de (116 k. 2' Pie- 
drafita^ à 1,123 m., limite des provinces de Leôn et de Lugo; descente 



Il ASTORGA. — PONFERRADA. || [R. 21] — 209 

rapide de 7 à 10 0/0. — 129 k. 8. Doncos. — 133 k. 8. Nogales-, montée 
dans la sierra de Becerreâ (belles vues). — 145 k. 3. Becerreâ. — Après 
(347 k.) Cerezal, descente de 1 0/0 sur (157 k.) Baralla. — 181 k. 3. 
IVadela. — 188 k. 5. Lugo. — La route est plane jusqu'à (215k.)5aa- 
monde. — 227 k. 4. Guitiriz; montée 7 0/0, lacets. — 260 k. 5. Betanzos. — 
267 k. 6. Espiritu Santo. — 276 k. Tapia. — 285 k. La Corogne. 

134 k. de Venta de Banos à Leôn (R. 20). — On laissée dr. 
la ligne des Asturies (R. 20). — 154 k. Villadangos; le pays, jus- 
qu'ici à peu près plat, devient plus riant aux approches de TOrbigo 
qu'on franchit. — 169 k. Veguellina; X à g. sur Zamora (R. 22). 

186 k. Astorga, à 859 m., VAsturica Augusta des Romains, 
petite ville de 6,000 hab., entourée de murailles en ruines, flanquée 
de tours semi-circulaires (fabriques de chocolat et de petits-beurres). 

— Cathédrale gothique, du xv" s. (portail surchargé d'ornements; à 
Tint., au maître-autel, retable, œuvre capitale de Gaspar Becerra, 
exécutée de 1558 à 1569; boiseries et vitraux du chœur; beau cloître). 

— Sur la plaza Mayor, Casas ConsistorialeSy de la Renaissance. 

A rO. sur les pentes des cols de Manzanal et de Foncebadon, 36 villages 
composent le pays des Maragatos qui ont conservé les mœurs primitives et 
les costumes de l'ancien temps. 

D'AsTORGA A Zamora, p. 229, et a Médina del Campo, R. 22. 

197 k. Vega de Magaz. — Tranchées. — Au delà de (212 k.) 
Brahuelas, la voie aborde la sierra de Menzanaly dont elle traverse 
la crête par un petit tunnel à 1,096 m. d'alt. — Descente par de 
fortes pentes, de grandes courbes et une succession de 13 tunnels 
{se placer à g.). — 225 k. La Granja San Vicente, au sommet d'une 
colline. — La voie décrit dans le vallon du Silva une boucle hélicoï- 
dale d'env. 5 k. 5 de tour. Revenue à 1 k. en avant de la station, 
elle passe à angle droit au-dessous du point où elle se trouvait tout 
à l'heure par un tunnel de 1,035 m., pour déboucher dans la vallée 
du Tremor. — 235 k. Torrej au confluent du Tremor et du Silva. — 
On franchit le Boeza. — 243 k. Bembibre, sur la rive dr. du Boeza 
(ruines d'un manoir des ducs de Frias; église San Pedro, xv" s., anc. 
synagogue). — 6 tunnels. — On franchit le Sil; à dr., enceinte, 
vieux château et groupe pittoresque des maisons de Ponferrada. 

262 k. Ponferrada (g), l'antique Interamnium Flavium, 4,000 hab., 
au confluent du Sil et du Boeza; dans l'église de la Encina, retable 
par un élève de G. Becerra, Ste Madeleine de Greg, Hernandez; 
hôtel de ville du xvii® s. ; sur la hauteur, ruines d'un château des 
Templiers. — La voie suit la vallée du Sil. — 277 k. Toral de los 
VadoSy X sur (10 k.) Villafranca del Vierzo, sur le Burbia et le 
Valcarce (palais du xvi* s. avec 4 tours rondes; collégiale de 1726). 

On franchit le Burbia et le Sil. — 12 tunnels. — Gorges rocheuses. 

— 302 k. Sobradelo, au sommet d'un rocher. — 309 k. El Barco, — 
Tranchées; tunnels. — 330 k. Montefurado. — Le Sil disparaît 
sous les rochers de son lit sur une étendue de 400 m. — Pont sur 
le Sil. — 345 k. San Ciodio. — 2 tunnels et pont sur le Sil. — Murs 
de soutènement considérables sur le flanc des coteaux de Cobas. — 

KSPAGNE. 14 



Il MONFORTE. — LUGO. — LE FERROL. H [R. 21J — 211 

Tunnels. — La voie passe dans la vallée du Lor et du Lemus, 
qu'elle descend en traversant un pays accidenté. 

372 k. Monforte ®, d'origine Tort ancienne, jadis fortifiée, à 
384 m., sur une hauteur dont la base est baignée par Je Cabe. — 
Château fort des comtes de Monforte (le donjon seul est conservé). 

— Belle église de San Juan de Dios. 

2^ De Monforte à la Corogne. 

ç^ Nord, 186 k. ; en 4 h. 30 par lo rapide, en 5 h. 5 par le correo-express 
(l'«, 2* et 3e cl.). — 18 p. 60, 13 p. 95, 8 p. 40. 

La voie parcourt la vallée du Cabe que Ton franchiL — Rampes, 
tranchées; 5 tunnels, dont le dernier de 1,865 m., à 604 m. d'alt. 

— 26 k. Oural, — Descente. — 36 k. Sarrià. — On franchit deux 
fois le Sarrià. — Viaduc sur le ravin du Chanca. 

71 k. Lugo (hôt. : Mendez Nuhez^ calle de la Rcina, 1; Vniversal, 
pi. Sto Domingo, 10), vieille ville de 14,000 hab., ch.-i. de la province 
du même nom, le Lucus Augusti des Romains, à 483 m,, sur une 
hauteur, au S. de laquelle coule le Mino. — Des * murailles flanquées 
de cubos ou tours massives demi-circulaires, et datant de l'ère 
romaine, entourent la ville. — Sur la plaza Muyor, ornée d'une fon- 
taine avec statue de FEspagne, se trouvent l'hôtel de ville et la 
cathédrale, commencée vers 1 130, intéressant édifice roman (la façade 
est du xvir s.), où se manifeste l'influence française. 

A Tint. : mailre-autel rococo en marbre avec ornements en bronze doré : 
belles stalles de 1624, par A. Mouro; chapelle de San Froilan, servant de 
sacristie. — Cloître très somptueux du xvii» s. 

Dans la calle de Baiitales, au N. de la plaza Mayor, intéressante 
mosaïque romaine, découverte en 1842. — Sur la plaza Santa Domingo ^ 
buste du musicien Juan Montes et église du xiw" s. — Près de lapuerta 
de Santiago, au S.-O., inscription romaine encastrée dans la mu- 
raille. — A 600 m. env. S.-O., près de la rive g. du Mino, le Bain 
minéral (source sulfureuse, thermale, 44^ G.) occupe l'emplacement 
d'un établissement romain. 

La voie traverse une région parsemée d'habilations, puis elle 
contourne et franchit une ligne de hauteurs avant de descendre et 
de franchir le Mandeo. 

137 k. Curtis, d'où une voiture de la poste (coche-correo) fait le 
service pour Santiago (p. 217). 

164 k. Betanzos X, ville de 8,175 hab. (vignobles), sur une 
hauteur entre le iMandeo et le Mifio. 

DE BETANZOS AU FERROL (^ 43 k. N., en 1 h. 30 env., 4 p. 30, 
3 p. 25, 1 p. 95). — 13 k. Mino. — 24 k. Puentedeume, 2,000 hab. sur la 
rive g. et près de Tembouchure de TEume dans la baie de Betanzos; à 
1,500 m. eu aval, ruines du château et de l'ancien pont d'Andrade (long. 
852 m., 58 arches). 

43 k. Le Ferpol (hôt. : Varela; Swzo), vi.le fortifiée de 25,280 hab. et 
port militaire, un des plus sûrs et des plus considérables de l'Espagne, 
situé dans une ramification do la magnifique baie de la Corogue. Il faut, 



LA COROGNE 

Principaux Hôtels : 
JD jffôteL d&Fraiiciay '^ 
idb. d£/Europcu 

;D ijoi. ROTTVCU 

idb. FerroccuTiUajuv 




Il LA COROGNE. Il [R. 21] - 213 

Eoury arriver delà mer, passer par un goulet ou fjord long de 6 k. et 
érissé de batteries. — De la promenade de VAlameda (belle fontaine) 
situé au bord de la (}7^an Darsena, on a un beaucoup d'œil; à quelques pas 
au N., la plaza del Carmen est également ornée d'une/r fontaine surmontée 
d'un obélisque en mémoire de l'amiral Churruca (tué à la bataille de Tra- 
falgar, 1805). — Établissements militaires très importants. 

Pont sur le Mero, à rextrémité de la baie de la Gorogne. — 
180 k. El Burgo Santiago. — La voie longe la mer (belle vue à dr.). 

186 k. LA COROGNE {la Conma), ville fortifiée de 60,000 hab., 
ch.-l. de la province du môme nom, est bâtie sur une presqu'île 
qui sépare la ria ou baie de la Gorogne (à l'E.) de l'anse de TOrzan 
(à ro.) et qui se termine vers le N. par un promontoire s'avançant 
dans TAtlantique et dominé par la tour d'Hercule (F. ci-dessous). 



Hôtels : — de Francîa., Alameda, 1 
(pens. dep. 12 p. 50); — de Europa, 
calle de San Andres, 81 ; — Borna, 
calle Castillar, 3 ; — Ferrocarrillana, 
calle Real ; — la Perla ; — Provin- 
ciana; — Continental. 

Tramways : — de la gare à la 
puerta Real; — de la plaza de Mina 
à la plage de Riazor, ou à la puerta 
de Aires. 



Voitures de place : — la course 
1 p., à 2 chev, 2 p.; l'h. 2 ou 3 p. 

Poste et télégraphe : — calle de 
la Fama. 

Bateaux à vapeur : — pour le 
Ferrol (2 fois par j. en 1 h, 30; — 
Gijôn, Santander et Bilbao; — Vigo 
et Lisbonne, t. 1. 15 j.; — St-Nazaire 
et la Pallice, 1 fois par mois; — 
Le Havre et Douvres, t. 1. 14 j. 



Histoire. — L'ancien royaume de Galice forme de nos jours les provinces 
de Corogne, Lugo, Pontevedra et Orense. Fondé par les fcsuèves en 409, le 
royaume de Galice fut conquis par les Visigoths en 585 et par les Maures 
en 713. H fut, avec les Asturies et le royaume de Léon, une des provinces 
espagnoles où grandit et se développa le nouveau pouvoir chrétien au 
viii" s. Longtemps, la Galice conserva des allures indépendantes; les habi- 
tants, renfermés dans leurs montagnes, se souciaient fort peu do l'autorité 
royale; les seigneurs étaient maîtres absolus sur leur territoire, encoura- 
geaient l'indépendance de leurs vassaux, pillaient les étrangers qu'attirait 
la sainteté du célèbre tombeau, donnaient Texemple des désordres les plus 
graves, mais, à la fin du xv'^ s., Ferdinand et Isabelle firent cesser ce 
désordre en organisant l'administration du royaume sur des bases tellement 
fortes qu'elle a survécu jusqu'à nos jours. 

Les Galiciens, comme les Asturiens, vont chercher dans les villes des 
conditions qui leur procurent quelque profit. Les uns se font domestiques 
de place ou portefaix, et presque tous ceux de Madrid — les mozos de 
cordel — sont Gallegoa; les autres se louent dans la saison d'été pour aller 
faire la récolte dans les pays voisins. 

ITINÉRAIRE. — De la gare, on laisse à dr. la manufacture de 
tabacs, on atteint bientôt le bord de la mer et on pénètre dans la 
ville basse, ou Ciudad nueva, entourée de fortifications, bien bâtie et 
aux rues bien alignées; les castiUos de S. Diego et de S. Anton com- 
mandent le port. Par la ealle del Canton, qui touche à la béWe pro- 
menade dite paseo de Mandez Nuhez et à VAlamada (statue du député 
Daniel Carballo, par Farino), conliguës au rivage, on arrive à la calle 
Real et à la calle del Riego de Agua. Gette dernière aboutit à la 
plaza de Maria Pita, le centre de la vie urbaine (hôtel de ville). 

A TE. de cette place s'étend la vieille ville (ciudad vieja), située 
sur une hauteur : on y remarque les églises ronianes de Santiago et de 



214 — [R. 21] Il DE MONFORTE A VIGO. || 

Santa Maria del Campo, qui ont toutes deux un portail sculpté du 
XIII* s., et V église Santa Barbara de la dernière époque du gothique 
(intéressant bas-r»Iief au-dessus de la porte d'entrée du couvent 
voisin). 

A l'extrémité B. de la vieille ville, jardin de San Carlos^ avec le 
monument du général anglais sir John Moore, blessé mortellement 
à l'attaque de la Gorogne par le maréchal Soult, en janvier 1809. 

A l'extrémité N, de la presqu'île sur laquelle est bâtie la Gorogne 
s'élève, sur un monticule, à 2 k. env. de la ville, la * Torre de 
Hercules (tour d'Hercule), qui est considérée comme l'œuvre des 
Phéniciens ou des Carthaginois, mais dale en réalité de l'époque 
romaine; son intérieur est bien conservé. Au sommet on a élevé 
deux tourelles, dont l'une sert de phare. Belle vue. 

DE LA GOROGNE A SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE. — A. Par 
la route {^ 67 k. ; auto-omnibus, départ calle de Francisco Marine, en 
6 h., 12 p. 50 et 10 p.; diligence t. 1. j., en 8 h. env., 6 p., coupé ou ber- 
lina, 10 p., dép. à l'hôt. Rama). — La route traverse un pays accidenté; 
beaux points de vue, surtout vers l'E. — 20 k. Carrai (relais). — Ponts del 
Lago et d'Abileira. — La route, sur le versant N.-O. du mont Castromayor^ 
atteint l'ait, de 439 m., et laisse à g. le sommet de la colline (557 m.). — 
Descente. — 34 k. Leira (relais). — On franchit le Gindibon. ~ 46 k. Mon- 
taos (relais). — 50 k. Sigiieiro. — Pont sur le Tambre. — 67 k. Santiago 
(p. 217). 

B. Par mer et Carril {J^ plusieurs fois par sem. Les touristes qui dis- 
poseraient de leur temps pourront donner la préférence à cette route, qui 
leur permettra de voir la côte pittoresque de la Galice; des bateaux de 
C'«* espagnoles : Ibarra et C*®, etc., ou étrangères : Royal Mail Steam, etc., 
font le service entre la Gorogne et Carril ; ils partent ordinairement dans 
l'après-midi de la Gorogne et arrivent le lendemain à Garril, d'assez bonne 
heure pour permettre de prendre le ch. de fer pour Santiago : 42 k. en 
1 h. 45; 5 p. 25, 3 p. 95, 2 p. 35). — Le bateau passe au pied de la presqu'île 
dominée par la tour d'Hercule (p. 213) et, se dirigeant vers le S., con- 
tourne constamment la côte. — On remarque le cap Torinana et le cap 
Finisterre, au delà duquel s'ouvrent les deux baies de Corcubion et de Muros. 
— A la hauteur de la Punta Falcoeira, qu'il contourne, le bateau atteint la 
belle baie ou ria de Arosa, devant laquelle se dresse ïilot de Salvoeira 
(phare). — On laisse à dr. un petit archipel et on arrive à Garril. — 42 k. 
de Garril à Santiago (p. 217). 

5° De Monforfe à Yigo. 

^^ 178 k. en 5 h. par le rapide bi-hebdomadaire, 1" cl.; en 6 h. par le 
train correo (l'«, 2« et 3® cl.). — 19 p., 14 p. 25, 8 p. 55. 

Auto-cyolisme : — ^ 273 k. de Ponferrada (p. 208) à Vigo; route en général 
bonne, dure par endroits, avec quelques beaux points de vue. — 7 k. 
Villalibre (vue à g.). — 16 k. Santalla-, montée 5 à 7 0/0 et descente. — 
25 k. Carrocedo. — 37 k. Puente de Domingo Flores, limite des provinces 
de Leôn et d'Orense. — 52 k. Barco de Valdeorras ; 3 passages à niveau. — 
63 k. La Rua. — 67 k. Petin; pont romain sur le Sil; montée. — 73 k. 
Laroco ; descentes et montées à tournants brusques. — 90 k. Puebla de 
7 rives ; descente vers les défilés du Navea puis montée en lacets. — 103 k. 
Cerdeira; nouvelle descente (belle vue) et route accidentée. — 114 k. 5. 
Cuslrocaldelas; mosulées de et centos successives ne dépassant pas 7 0/0. 



(I ORENSE. Il [R. 21] - 215 

-— 133 k. 8. Alto de Rodicio; devant soi on voit la route qu'on va parcourir 
ee dérouler en zigzags sur la montagne; belles vues à g. puis à dr. — 
143 k. Esgos. — 156 k. Orense (sortie par la porte Romano). — 196 k. Riba- 
davia. — 205 k. 8. Melon. — 213 k. 9. La Caniza ; la route est désormais mau- 
vaise et sinueuse, — 230 k. Paraîïos. — 244 k. Puenteareas. — 256 k. 5. 
Porrino, — 2'73 k. Vigo. 

La voie s'engage dans le défilé de las Gargantas. — Série de tun- 
nels. — 20 k. :<an Esteban. — Pont sur le Mino. — 37 k. Barrade Mino, 

46 k. Orense (|) (hôt. : Roma, bains, asc, chauff., pens. dep. 6 fr. ; 
Mino, chauCf., bains thermaux de las Burgas) ville de 16,195 hab., 
ch.-l. de province, à 144 m. sur le Mino que franchit un beau pont 
du XIII* s. de 7 arches (celle du milieu mesure 44 m. d'ouverture 
et 38 m. de haut). — Cathédrale imitée de Saint-Jacques de Gom- 
postelle; belle coupole de Rodrigo de Badajoz et portique intérieur 
stalles du chœur de Diego de Solis et de Juan des Anges, grille 
de Celma; dans la chap. del Cristo. Christ très vénéré attribué à 
Nicodème ; dans la capilla mayor, retable gothique, tabernacle du 
XVII' s. et tombeau du xiv* s. — Dans la calle del Instituto, statue 
du moine érudit Benito Jéronimo Feijôo (f 1764), par J. Soler. — Au 
musée provincial, petite collection d'antiquités. — Sources thermales 
de las Burgas (66° à 68°), analogues à celles de Garlsbad. 

La voie longe la rive dr. du Mino, dont la vallée présente des 
aspects variés ; on commence à voir les chemins couverts de 
treilles, supportées par des piliers en granit, qui caractérisent 
cette contrée très cultivée qu'on appelle le grenier de la Galice. — 
74 k. Rivadavia, dans une situation pittoresque, au confluent de 
TAvia et du Mino. — 2 tunnels. — Au delà de (96 k.) Frieira, le 
Barja se jette à g. dans le Mino à l'endroit dit les Passes de San 
Gregorio. Le Mino forme ici la frontière entre l'Espagne et le Por- 
tugal auquel appartient la rive g. de la rivière. — 3 petits tunnels. 

— Sur le territoire portugais, collines boisées, très cultivées, à leur 
base; partout dans la verdure, des hameaux ou des habitations 
isolées. La petite place forte de Melgaço domine la rive g. du Mino. 

— 101 k. Poasa. — 2 petits tunnels. — 109 k. Arbô. — Tunnels. — 
121 k. Las Nieves, — A g., en Portugal, sur les pentes d'un joli 
vallon, petite place forte de Monçâo (Monzon). 

128 k. Salvatierra, ancienne place forte qui a appartenu au 
Portugal (vieilles et pittoresques murailles). 

[Nondariz (^, 6 k. O,, omnibus et automobiles dans la saison ; hôt. : 
Avelino, 6 à 10 p. ; Francès; America, 6 à 8* p., etc.), station balnéaire sur 
le Tea : sources minérales bicarbonatées sodiques, 18® C., surnommées le 
« Vichy do l'Espagne ».] , 

On franchit le Tea. — 136 k. Caldelas de Tuy (sources azotées, 
chlorurées sodiques et sulfureuses). — Le pays est charmant : un 
peu en avant de Caldelas, tour féodale carrée couverte de lierre; au 
milieu du fleuve, île rocheuse, plantée d'arbustes. 

141 k. GuillareY, X pour Porto par Valença de Minho (R. 52). 

Au delà de Guillarey, la ligne de Vigo se dirip:e vers le N. 

152 k. El Porrino, 8,000 hab., à dr.; à g., le Louro. — Tunnel 
courbe (1,000 m.}. — Viaduc au-dessus d'un quartier de Redondela. 



216 — [R. 21] Il DE VIGO A SANTIAGO. i| 

160 k. Redondela, 5,000 hab. ; à dr., embr. de Pontevedra (F. ci- 
dessous). — Au delà d'un petit tunnel, la voie commence à longer 
la rive S. de la ria ou * baie de Vigo, qu'un petit archipel d'îlots 
rocheux abrite du large^ vers le S.-O.; c'est un admirable paysage. 

178 k. Vigo (omnibus; hôt. : Moderno; Continental; Univerml; 
de Europa), ville de 32,000 hab., s'élève en amphithéâtre dans un site 
délicieux sur la rive S.-E. d'une magnifique rade, le plus sûr refuge 
de tout le littoral espagnol. Les maisons sont belles, la plupart en 

franit blanc, les rues larges, mais tout cela est moderne ou mo- 
ernisé. Sauf la * vue, qui est superbe, Vigo n'offre rien de parti- 
culièrement remarquable. 

C'est près de Vigo qu'eut lieu, en 1719, l'attaque des galions 
d'Amérique, et que furent engloutis plusieurs centaines de Fran- 
çais, marins du comte de Château-Renaud (F. ci-dessous). 

Vers le S.-E., le faubourg de VArenal, qui longe la rade, présenté 
une ligne, assez originale, d'habitations modernes. — Le Castillo cou- 
ronne le sommet de la colline du Castro; on y monte en 20 min.; 
très belle vue sur la magnifique plage. 

[Cangas (3 à 4 h. aller et ret. de Vigo ; barque 4 à 5 p.; à pied, en longeant 
le bord de la baie, 45 min. env., jusqu'à Bouzas, où l'on trouve des barques, 
3 à 4 p.; très belle promenade^ très recommandée surtout l'après-midi). — On 
traverse la baie dans toute sa largeur; au S.-O., à l'entrée de la baie, petit 
archipel rocheux des iles Ciès. — Cangas est une petite ville pittoresque, 
située en face de Vigo, sur le flanc de la presqu'île de Morrazo, qui borne 
la rade au N. ; église assez intéressante et jolies habitations, mais c'est sur- 
tout le charme du paysage qui forme la véritable attraction. La rade, 
défendue de tous les vents par uno ceinture de montagnes, se déroule au 
milieu de plusieurs plans de collines verdoyantes.] 

^° De Vigo à Ponfevedra et à Saint-Jacques 
de Compostelle, 

cSffl 106 k., en 4 h. 15 env.; on change de train à Pontevedra; 13 p. 30, 
^ 10 p., 6 p. 

Auto-'Cyclisme : — ^91 k. ; bonne route ondulée, sinueuse et pittoresque 
sur tout le parcours. — On sort de Vigo par la calle del Duque de la Vic- 
toria. — 13 k. b. Redondela. — 22 k. 3. Alcade ; ralentir, passage dangereux, 
pont très étroit sur le Verdugo. —23 k. 1. Puentesampayo; 3 passages â 
niveau. — 34 k. Pontevedra (suivre les rues Peregrina, Michelena et del 
Obispo Malvar). — 38 k. Sta Maria de Alba ; montée de 7 0/0. — 54 k. 7. 
Caldas de Reyes. — A (68 k. 7) Puente Césures on retrouve la ligne ferrée 
qu'on a presque toujours longée. — 70 k. 2. Padrôn ; plusieurs passages 
à niveau. — 76 k. 4. Esclavitud. — 91 k. Santiago. 

12 k. Redondela {V. ci-dessus). — La voie longe la rive N.-È. 
de la baie de Vigo (très belle vue à g.). — Au delà de (1 k.) 
Santiago de Arcade^ la voie franchit le Oitaven; à g., Santa Maria 
de Puenta Sampayo, dans une situation charmante. On aperçoit du 
même côté Redondela et Vile de San Simon. 

Ce n'est pas loin de cet endroit que s'étaient réfugiés, pendant la guerre 
de Succession (1719J, 40 navires français et espagnols, escortant des galions 
d'Amérique, charges dé lingots d'argent et poursuivis pàt une flotte do 



Il VIGO. — PONTEVEDRA. — SANTIAGO. || [R. 21] — 217 

200 bâtiments anglo-hollandais. Le comte de Château-Renaud et le général 
Velasco coulèrent les galions et tirent sauter leurs navires. 

31 k. Pontevedra (hôt. : Engracia, 7 p. par j.; Mendez Nunez)^ 
ville de 22,350 hab., ch.-l. de la province du même nom, dans une 
situation pittoresque, sur la rive dr. du Lerez, au fond de la ria de 
Pontevedra, a conservé un cachet tout particulier, avec sa vieille 
enceinte ruinée, ses longues rues en arcades et ses maisons mas- 
sives à écussons armoriés. — Eglise de Santa Maria la May or (1555), 
du style gothique (à Tint., délicats ornements sculptés). — Palais 
épiscopal du xn® ou du xiii® s. (belle tour crénelée). — Ancien 
couvent de S. Francisco (tombeaux gothiques). — Ruines de Véglise 
de Santo Domingo (abside gothique et fragments des nefs latérales) 
convertie en musée lapidaire (stèles romaines, tombeaux du moyen 
âge, écussons). — Belle promenade de VAlameda de Santo Domingo 
(vue étendue). — Un tram relie Pontevedra à Marin, petit port sur 
la rive S. du golfe. Service d'automobiles de Pontevedra à la Toja^ 
station thermale et balnéaire située dans une ile (eaux chlorurées, 
bromurées-sodiques et ferrugineuses; saison du l*"* juin au 30 sept.; 
grand-hôtel). 

La voie (ferrocaril Gompostellana) franchit TUmia. 

64 k. Viilagarcia de Arosa, gare desservant Carril, petite ville 
située sur le bord N.-E. d'une baie ravissante, entourée de collines 
boisées; allées d'eucalyptus et de platanes. 

De Carril la voie longe pendant quelques min. le bord de Pestuaire 
(belle vue à g.), puis s'en éloigne et franchit le Ulla et le Sar. 

84 k. El Padpôn, sur l'emplacement de l'antique Ma Flavia : 
église collégiale de Santa Maria, dont la fondation remonte au xi® s. 

89 k. Esclavitixd; à dr., église de Nuestra Sehora de la Esclavitud 
(pèlerinage). — Montée en courbe; vers le N., jolie vue sur S^antiago, 

106 k. SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE ou SANTIAGO 
(hôt. : Suizo, calle del Cardinal Paya; Vizcaina, Europa, tous deux 
calle de la Senra); est une pittoresque ville de 24,300 hab., bâtie 
à 228 m,, sur une hauteur isolée qu'entourent des collines assez 
nues, dont la plus élevée est le Monte Pedroso (594 m.), à l'O. Cette 
ancienne capitale de la Galice est toujours le siège d'un des plus 
importants archevêchés de l'Espagne (l'archevêque est, de droit, 
premier chapelain de la couronne) et d'une université. 

Histoire. — Santiago est le plus ancien et le plus célèbre pèlerinage de 
l'Espagne. On sait que St Jacques (en espagnol Santiago) est le patron de 
la nation espagnole et que « Santiago! » était, jadis, le cri de guerre des 
Espagnols. — D'après la légende, lorsque l'apôtre St Jacques le Majeur vint 
évangéliser l'Espagne, il aurait débarqué au Padrôn ( V. ci-dessus), Au ix« t. 
l'apparition d'une étoile aurait indiqué miraculeusement l'endroit où gisait 
le corps de l'apôtre, qui aurait été transporté à l'endroit où devaient surgir 
l'église et la cité de Santiago : de là le nom de Campus Stellse (Champ de 
l'Etoile), devenu ensuite, par corruption, Compostelle. — Au moyen âge le 
pèlerinage de St Jacques était un des plus populaires de toute la'chrétienté. 
Des contrées les plus éloignées, de nombreux pèlerins entreprenaient à pied 
le « Voyage de St Jacques » et les routes qu'ils suivaient sont encore 
jalonnées d'hospices et de chapelles sous le vocable du saint. Quoique sou3 
uhe autre forme, l'affluence est encore considérable de nos jours. 



218 — [R. 21] Il DE VIGO A SANTIAGO. |1 

ITINÉRAIRE, — De la gare, située dans le faubonrp; de Cornes, 
on arrive à la ville, en passant (à g.) devant VAlameday très belle 
promenade d'été (beau panorama) où sont les monuments de l'amiral 
Mendez Nunez, par Sanmartin y Sema, et, en face de l'anc. couvent 




Viqor9ik. /Gare a 1500V 



SANTIAGO 

Principaux Hôtels 
® Hôtel SuLzo 
(2) i£L. Vizcaifw 
Mètres 



San Clementey celui du théologien Ventura Figueroa, par Fr. Vidal. 
Par la calle del Franco (à g., Colegio de Fonseca, V. ci -dessous), on 
atteint la vaste plaza Mayor ou de Alfonso XII' (dite aussi del 
Hospital), sur laquelle s'élèvent : à dr. (E.), la cathédrale (V. ci- 
dessous); à g. (0.), le grand édifice du Consistorio (xviii'' s.), ren- 
fermant les bureaux de l'Ayuntamiento; au S., l'ancien couvent 
de San Jerônimo, auj. Ecole Normale (beau portail du xvi* s., cloître 



!1 SANTIAGO. Il [B. 21] — 219 

assez iDtéressant); au N., VHospital Real ou Hospicio de los Reyes, 
bâti en 1504 (beau portail) par Enrique de Egas, sur Tordre du roi 
Ferdinand et de la reine Isabelle. 

A Tint., bellps cours. — La * chapelle (s'adresser au portier; pourboire), 
véritable bijou de style ogival, est une des plus riches de l'Espagne. 

La *♦ cathédrale, une des plus anciennes et des plus intéres- 
santes églises de la péninsule Ibérique, date du xii*' s.; elle a été 
remaniée aux xvji* et xviii* s., principalement à l'extérieur. 

Histoire. — En 910, Alphonse le Grand fit construire une basilique à 
la place de l'humble sanctuaire bâti au ix® s. par Toodomiro, évêque dlria. 
Cette basilique était grande et riche à l'époque où El-Mansour vint, à la fin 
du x® s., dévaster tout le N.-O. de l'Espagne. En entrant à Santiago, dont 
les habitants s'étaient enfuis, il n'y trouva qu'un vieux moine assis sur le 
tombeau de l'apôtre ; l'église fut rasée, seul le tombeau resta inviolé. Toutes 
les richesses furent enlevées et, avec elles, les cloches que des prisonniers 
chrétiens durent porter sur leurs épaules jusqu'à Cordoue (ces mêmes clo- 
ches, retrouvées parle roi Ferdinand lorsquil entra dans cette ville en 1236, 
furent rapportées à Santiago par des captifs musulmans). — Quand le roi 
Bermudo eut repris, au commenc. du xi« s., Santiago aux Maures, il en 
releva les ruines et, pour ranimer le zèle des pèlerins, il fit tracer à travers 
la Navarre et la Vieille-Castille un chemin pour les dévots venant de France. 
Plus tard, sous A.lphoijse VI (1072-1108) et l'évêque Diego Pelaez, on com- 
mença les constructions de la cathédrale actuelle, à la place même où exis- 
tait le tombeau de l'apôtre, et l'ancien sanctuaire, rasé par El-Mansour en 
997, constitua la base de l'église actuelle, dont il forme, pour ainsi dire, la 
crypte. L'église, qui ressemble fortement à Saint-Sernin de Toulouse, est 
certainement l'œuvre d'architectes français. Elle a été consacrée en 12U. 

La façade 0., par Fernando Casas y Novoa, dite de VOhradoïro^ 
donne sur la plaza Mayor entre le palais archiépiscopal (à g.) et le 
Chapitre (à dr.). Précédée d'un escalier à double rampe, et datant 
de 1738, c'est un très remarquable spécimen du style churrigue- 
resque, à quatre corps, couvert d'une véritable profusion de statues 
et d'ornements depuis le sol jusqu'au sommet des deux tours, ter- 
minées, à 67 m. de hauteur, par des coupoles. — Sur le côté S., la 
paertadelas PlateriaSy donnant accès au transept, date de la fin du 
XI® s.; c'est la plus intéressante: les sculptures qui décorent ce 
portail et qui sont l'œuvre d'un atelier toulousain, proviennent en 
partie de l'ancien portail N. détruit : elles datent pour la plus grande 
part de la première moitié du xii* s.; à g., là où le cloître com- 
mence, dans la partie supérieure, une console en forme de coquille 
(concha) est regardée comme un tour de force architectural. Entre 
cette porte et la suivante se »^resse, à l'angle S.-E. de l'église, la 
grande et lourde tour de l'Horloge. — Sur le côté E., la partie de 
l'édifice donnant sur Xa plaza de los Literarios (ou de la Quiniana) est 
richement décorée. A l'abside, la puerta Santa (porte sainte), que 
l'on ouvre seulement aux années de Jubilé, est flanquée de statues 
en granit du xn* s.; trois autres statues (St Jacques et deux de 
ses disciples, habillés en pèlerins) surmontent la frise.— Enfin, sur 
le côté N., la puerta de la Parroquia ou de la Azabacheria (de la seconde 
moitié du xviii* s.), par Ventura Rodriguez, s'ouvre sur la plazuela 
de la Faeniede San Juan (ou Azabacheria)^ qui communique, par des 



220 



.'[R. 21] 



DE VIGO A SANTIAGO. 



arcades ouvertes dans le palais archiépiscopa 1, avec la plaza Mayor; 

au-dessus de Tattique, Adoration de St Jacques par Ordono II et 

Alphonse III. 
Intérieur. — L'int. est à trois nefs, précédées par le magnifique porche 

dit *Pôrtico de là Gloria, le chef-d'œuvre du maître Mathieu (maître de 

l'œuvre de la cathédrale 
depuis 1168; les linteaux 
de la porte centrale por- 
tent la date de 1183), orné 
de nombreuses figures en 
relief pleines d'expression 
et de vie; au milieu, à la 
partie supérieure est la 
statue du Sauveur assis et 
entouré des quatre Evan- 
gélistes; au-dessous de 
lui, adossée au pilier cen- 
tral, et supportée par une 
colonne en ! 



PLAZA DE 
LOS LITERARIOS 





PLAZA MAYOR 

J,-B, Celma (1563) : maître-autel monnmtrntal, en marbre et du style clîur-* 
rigueresque (statue de St Jacques assis et tenant à la main le bourdon dflp 
pèlerin ; c'est à peine si l'on aperçoit la tête de la statue, couverte qu'elle; 
est par une riche pèlerine en argent, surchargée d'ornements en or et en 
pierres précieuses ; en arrière, quatre statues de rois agenouillés soutien-i 
nent une autre image du saint, également ornée d'une profusion de pierres- 
précieuses); encensoir {botafumeiro) colossal suspendu à la voûte. Quelques 
pièces servant à la décoration de la Capiîla Mayor et du maître-autel auX; 
jours de grande fête sont conservées dans le Relicario ( V. ci-dessous). — 
Derrière l'autel est un escalier par où les pèlerins montent à la file, les 
jours solennels, pour baiser la pèlerine de la sainte statue. — Au-dessous; 
du maître-autel et de la Capilla Mayor est une petite chapelle souterraine'. 
dans laquelle reposent l'apôtre et ses deux disciples, fet Théodore et) 
St Athanase. 

■2 Quelques-unes dés chapelle^ sont ornées de hiarbres précieux. — Dans .^ 
le bas-côté dr., 2« chapelle dite du Relicario (chapelle des Reliques; 



Il SANTIAGO. Il tfe. 2iî- 221 

ouverte le matin à 9 h. : plus tard, s'adresser au sacristain, 1 p.) : reliques 
(le crâne de St Jacques dails,un reliquaire. du xiv« s. ; une épine de la cou- 
ronne du Christ, dans un très beau reliquaire du xv« s.; un bras de St Chris- 
tophe, etc.); objets servant au culte (splendide custodia d'or et d'argent 
exécutée par Antonio de Arfe, 1544, toute ciselée et repoussée dans le goût 
plateresque; croix du ix« s.; petite figure de St Jacques couverte de 
gemmes, etc.); tombeaux de quelques rois de Léon et d'autres princes, des 
xii*" et xiii" s. — 3« CAP. (de San Fernando): autel orné de bas-reliefs du 
xv« s. (le Martyre de St Jacques). — Bas-côté g., cap. dite del Cristo de 
BuRGOs, tombeau de l'archiprêtre Carillo (f 1667). — Dans le bras g. du 
transept : 2* cap. (del Espiritu Santo) : tombeaux de Francisco Pena 
(xiv s.), de Juan Mergalejo (f 1534) et du cardinal Varela (f 1574); cette 
chapelle communique avec la cap. de la Corticela, du x* s. — Dans le 
Tras-Sagrario (ou pourtour du coro), 1" cap. à g. (de San Bartolomé) : 
élégant tombeau de Diego de Castille (1521); cap. absidale (del Rey de 
Francia) ; tombeau et retable ornés de ligures de saints. — Au-dessous du 
portique de la Gloria, antique chapelle souterraine de San José, du style 
roman (sculptures intéressantes). ♦ 

Sur le flanc S. de la cathédrale, le * cloître, Tun des plus grands et des 
plus beaux de l'Espagne, a été bâti de 1521 à 1580, dans le style gothique 
fleuri, sur l'emplacement de l'ancien cloître du xn« s. ; il forme un carré 
régulier de 39 m. de côté. — La belle Sala Capitular (plafond en pierre 
sculptée) est tendue de superbes tapisseries choisies dans la riche collec- 
tion de la fabrique qui se compose de 44 pièces tissées en Espagne, en Italie 
et dans les Flandres, d'après les dessins de Teniers, de Goya, etc., et qui 
est exposée dans le cloître deux fois par an, pendant l'octave de la Fête- 
Dieu et le jour de la Saint-Jacques ; c'est dans cette salle que l'on garde, 
lorsqu'on ne s'en sert pas à l'église, l'encensoir colossal mentionné ci-dessus 
dans la Capilla Mayor. 

Au N. de la cathédrale est le couvent de San Martin, fondé au 
x*" s., mais entièrement reconstruit au xvi* s.; Téglise (1590-1645) est 
à voir; au maître-autel, un curieux refa6/e, de dimensions énormes, 
avec sculptures et figures en bois doré et peint; derrière le retable, 
de belles stalles; de Fernando de Prado (1044) trois autres retables 
intéressants. 

A l'extrémité N.-E. de la ville, Santo Domingo est une belle église 
du style ogival (quelques tombeaux intéressants). 

Au N.-O. de la ville, le couvent de San Francisco^ fondé au xn® s., 
réédiflé au xvi® s., renferme le tombeau de Cotoiay, son fondateur 
(xiiï® s.). 

V Université, fondée en 1532, n'a que les facultés de droit, de 
médecine et de pharmacie. Les cours de ces dernières sont installés, 
dans la calle del Franco, au Colegio de Fonseca (xvi® s. ; beau por- 
tail; riche cloître; quelques beaux plafonds). 

Non loin de l'Université, dans la rua Nueva, Véglise Santa Maria 
Salomé a un portail roman, deux chapelles gothiques et un bénitier 
très ancien. 

[Environs. — Al k. S. onv., dans le faubourg de fforreo, est Véglise de 
Santa Mctria la Beat de Sar, datant du xii® s. et ayant appartenu jadis aux 
Templiers. L'intérieur est à 3 nefs et triple abside (les piliers de la nef 
centrale vont en s'évasant 4n sol à la voûte). A côté sont les restes d'ua 
cloître richement orné et que l'on attribue au maître Mathieu. 

A 2 k. O. de la ville, dans le faubourg do San Lorenzo de Afuera, se trouve 
ïëylise San Lorenzo (propriété particulière dos ducs de Mediua Terres) 



222 — '[R. 22] Il DE MEDINA A ZAMORA. H 

qui date du commenc. du xiii« s. et renferme d'intéressants tombeaux de la 
Kenaissance, œuvres d'ateliers italiens qui pr<Tviennent deSéville. 

Les environs de Santiagro sont pittoresques et des hauteurs du Pico Sacro, 
du Monte Pedroso^ etc., on jouit d'une belle vue. 

De Santiago a la Corogne, p. 214 en sens inverse. 



Route 22. — DE MEDINA DEL CAMPO A ZAMORA 

^ 90 k., en 4 li. env. ; un train par jour; 11 p. 25, 8 p. 45, 5 p. 65. 
Auto-cyclisme : — ^ 89 k. ; route plane et monotone jusqu'à Toro. — 13 k. 
Jiueda. — 23 k. 'I or de si II as; on quitte la route de Madrid-la Corogne 
pour tourner à g. — Après le pont sur le Hornija, limite des provinces de 
Valladolid et Zamora. — 57 k. Toro. — 74 k. t^resno de la Rioera. — 89 k.' 
Zamora. • , 

La voie, se dirigeant à l'O., franchit le Zapardiel, passe par (17 k.) 
Nava dcl Rey (belle église romane), franchit le Duero avant (49 k.) 
San Roman (église du viii* s. avec tombeaux de rois goths), puis 
franchit le Hornija et le Banizo. 

58 k. TorOy 8,400 hab. ; Colegiata, belle église romane à tour 
centrale (p. lxvii et lxix; portails intéressants de la fin du xiii® s.; 
à Tint., retable gothique en bois sculpté); San Lorenzo (peintures' 
de Fernando GalLego. — La voie suit le Duero et franchit le Valde- 
ruadey. 

90 k. Zamora (hôt. del Comercio, calle de Viriato au-dessus du ^ 
Grand Café de Paris; omnibus à la gare, chauiï., baine, gar.), • 
ville de 17,391 hab., ch.-l. de la province du môme nom et siège ' 
d'un évêché, est située à 619 m, d'alt. sur la rive g. du Duero. De 
son ancienne enceinte en pierre, assise sur le rocher et d'où la vue 
s'étend sur la plaine, il reste des pans de muraille. Vers le S.-O. , 
la citadelle renferme la cathédrale, Tévêché et le château. Peu de 
villes, d'ailleurs, furent aussi glorieuses que Zamora et sont auj. 
aussi mortes. 

C'est sous les murs de Zamora que se passèrent les drames héroïque^ 
racontés par les chroniques du Cid : la mort du roi don Sanche ; le combat 
des fils d'Arias Gonzalo, défenseurs de la ville, contre Diego de Zara, 
champion de Tarmée royale. 

Itinéraire, — De la gare, par la porte et la calle San Torcuato, 
on atteint la plaza Mayor au centre de la ville. Près de la place, 
à rO., église San Juan du style flamboyant avec belle porte; aU; 
N.-E., église San Vicente du style roman, simple et pur; au N.,; 
restes du palais dedona Uraca, portant encore l'inscription : Afueral 
af lierai Rodrigo, el soberbio castellano, empruntée à une ancienne 
ballade, faisant allusion à l'expulsion du Cid de Zamora. 

De la place, à l'angle S.-O., la calle de la Rua, passant devant 
Véglise de la Magdalena, petit édifice roman du xii' s. (tombeau* 
roman, xin* s.), et devant celle de San Pedro e Ildefonso, du styla 
gothique (dans la sacristie : triptyque d'école flamande, beau! 
calice, etc.)> conduit à la citadelle et à la cathédrale. 



Il ZAMORA. — SALAMANQUE. \\ [R. 23] — 223 

La * cathédrale, bâtie de 1151 à 1174, est un édifice roman d'une 
grande simplicité et d'une remarquable pureté architecturale, 
malheureusement altéré par des additions postérieures. La Capiila 
Mayor, de style gothique, est de la fin du xv* s. La façade N., avec 
son portail imitant un arc romain, est en désharmonie avec le 
reste de l'église. — Le portail latéral S., dit pueria del ObispOj de 
style roman, est très remarquable. 

Intérieur. — Coro : murs et grille sont une délicate dentelle de pierre ou 
de Ter; belles boiseries (lutrin, stalles sculptées par un maître allemand, 
escalier de la chaire épiscopalc). — Maître-autel avec beau retable {la 
Transfiguration). — A l'extrémité de la grande nef, cap. del Cardenal : 
intéressant retable à compartiments, peint par Fernando Gallego (xv^ s; 
p. Lxxii); tombeau des Romero. — A g. delà précédente, cap. San Juan : 
magnifique tombeau du chanoine Juan de Grado (1507). — Sacristie : tapis- 
series; ostensoirs du xv« s., etc. 

A côté de la cathédrale est le palais épiscopal; vers le N. le 
Château domine le faubourg d'Olivarès et le vallon du Valorio (des 
remparts, belle vue). 

De Zamora ▲ Salamanque et a Astorga, p. 229. 



Route 23. — DE MEDINA DEL CAMPO 
A SALAMANQUE 

^ de la C* de Médina à Salamanca, 77 k. en 1 h. 50 par le Sud-Express 
Paris-Lisbonne, train de luxe quotidien (wagons-lits, wagons-salons, 
wagon-restaurant), et en 2 h. 12 par le correo (P®, 2«, 3« cl.), en 3 h. env. par 
les autres trains. — 9 p. 65, 7 p. 25, 4 p. 35; suppl. pour le Sud-Express, 
4 p. 85. 

Auto cyclisme : — @ 65 k. ; bonne route, presque toujours plane. — 9 k. 
Morales. — 19 k. 5. Corrales. — 31 k. 5. Cuba de Vino. — 51 k. Calzada 
de Valdunciel. — 65 k. Salamanque. 

La ligne de Salamanque s'embranche à Médina fp. 177), sur la 
grande ligne du Nord, d'Irun à Madrid et passe à TE. de Médina 
autour de laquelle elle décrit une grande courbe. — 22 k. El Car- 
pio, au milieu de la plaine et à 2 k. à dr. de la station (palais 
des comtes del Garpio; lieu de naissance de Bernard del CarpiOy 
le célèbre héros du romancero). — La voie franchit le Trabancos. — 
33 k. Cantalapiedra. — La voie franchit le Guarana et le Gotorillo. 
— 43 k. Carolina, — 53 k. Pedroso. — 65 k. Gomecello. — 70 k. 
Morisco. 

77 k. SALAMANQUE {Salamanca; omnibus des hôtels à la gare, 
située à 1 k. env. de la ville; hôt. : del Comercio^ pi. Santo Tome, 
8 à 10 p., chauff., bains; del Pasaje, pi. Mayor; Terminus, calle doctor 
Riesco, 18, chauff., bains), ville de 25,690 hab., ch.-I. de la province 
du même nom, siège d'un évéché et de la plus célèbre des univer- 
sités espagnoles, est située, à 807 m. d'alt., sur trois petites collines, 
au-dessus de la rive dr. du Termes. Ses rues ont conservé^ en général» 



Iâ4 — [n. 2âî II DE MEDINA A SALAMANQUE. || 

leur asp